la lettre du cambodge - Khmer
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LA LETTRE DU CAMBODGE U N E P U B L I C AT I O N D E L A C H A M B R E D E CO M M E R C E F R A N CO - C A M B O D G I E N N E ÉDITORIAL Numéro 10 OCTOBRE 2007 La CCFC a dépassé les 100 membres ! SOMMAIRE ÉDITORIAL 1 DOSSIER SPÉCIAL 2 SANTË & BIEN-ÊTRE - Le marché du SPA - Entretien avec AMATA ENQUÊTE REGIONALE 9 Les enfants ne pensent-ils qu’à s’amuser? BRÈVES 10 - Ressources et Matières Premières - Macroéconomie - Vie des Affaires - Financement de l’Economie PRÉSENCE FRANÇAISE 14 L’Agence Française de Développement (AFD) ÉDITEUR Chambre de Commerce Franco- Cambodgienne Hôtel Cambodiana, 313 Quai Sisowath, Phnom Penh, Cambodge Aujourd’hui, forte de plus de 100 membres, notre Chambre de Commerce aborde la rentrée avec une grande sérénité et des projets ambitieux. Le dynamisme de notre association porte ses fruits et nous en sommes fiers. La récent Prix de l’Innovation 2007 que nous a attribué l’UCCIFE (Union des Chambres de Commerce et d’Industrie Françaises à l’Etranger) pour l’organisation du Forum des Carrières souligne l’originalité et l’intérêt de notre démarche dans un contexte en plein développement. Les événements de notre Chambre de Commerce continuent d’attirer de plus en plus de monde, qu’il s’agisse d’évènements informels ou formels tels que nos déjeuners mensuels ou encore notre dîner de Gala qui aura lieu le 15 Novembre prochain. L’année 2007-2008 s’annonce pleine de défis, tant sur le plan de notre implication en faveur de l’emploi dans le pays qu’à travers de nouveaux projets d’accueil de missions d’entreprises. En effet, les prévisions de croissance continuent de se maintenir à un niveau plus qu’honorable et l’intérêt mérité que suscite le Cambodge auprès des investisseurs ne se dément pas. C’est dans ce contexte très positif que, de concert avec la Mission Economique de Phnom Penh, la décision a été prise de reprendre la publication de la Lettre du Cambodge entièrement à la charge de la CCFC. Depuis la publication du premier numéro de la Lettre, le support que nous a apporté la Mission Economique a été certainement l’un des garants du succès de cette publication. En unissant nos efforts, notre volonté était non seulement d’offrir à nos lecteurs une information diversifiée et de qualité mais aussi de faire découvrir le Cambodge hors de nos frontières. A cet égard, c’est un succès. La Lettre du Cambodge a reçu un accueil très positif de votre part, au-delà même de nos espérances. L’expérience acquise durant ces derniers mois nous sera profitable et la Lettre continuera de satisfaire ses nombreux lecteurs. Nous remercions chaleureusement toute l’Equipe de la Mission Economique qui nous a apporté son support durant cette période écoulée. Fort heureusement, notre collaboration ne s’arrête pas là. Elle se renforce au contraire au travers de liens désormais étroits et de grande confiance. Je profite également de cette occasion pour vous souhaiter à tous une très bonne rentrée. Directeur de la Publication: Ratana PHURIK-CALLEBAUT [email protected] Date de parution : 1er Octobre 2007 www.ccfcambodge.org Abonnement : [email protected] Jean-Boris ROUX Président de la Chambre de Commerce Franco-Cambodgienne DOSSIER SPÉCIAL INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 LE MARCHÉ DU SPA À PHNOM PENH Ratana PHURIK-CALLEBAUT Directrice , CCFC [email protected] Dossier préparé par Anne NAYRAL de PUYBUSQUE CCFC La croissance exponentielle du secteur du tourisme au Cambodge est accompagnée parallèlement par le développement d’autres secteurs et de niches. Le secteur ‘‘de la santé et du bien-être”en fait partie. Le potentiel de ce secteur est indéniable sur le long terme mais il demeure encore peu exploité, faute peutêtre de la part des grands acteurs internationaux. Deux études ont été réalisées sur le sujet, la première porte sur le marché du Spa que nous publions dans ce numéro, la seconde sur le marché des cosmétiques au Cambodge. Si le marché du Spa ne représente qu’une importance limitée dans l’économie du pays, la multiplication récente d’établissements dans la capitale témoigne du dynamisme du secteur. C’est également une occasion de donner un aperçu des habitudes et mentalités du consommateur local. La synthèse que nous présentons ici est tirée est réalisée à partir d’entretiens avec les acteurs les plus importants du secteur à Phnom Penh. Nous avons choisi de nous concentrer sur le développement du marché à Phnom Penh car celui-ci témoigne le mieux des développements qui existent actuellement. A Siem Reap, le développement du marché du Spa est également en forte croissance mais ne s’adresse qu’aux touristes. Aucun chiffre consolidé et fiable n’est à ce jour disponible, les chiffres receuillis quant à eux sont d’une grande hétérogéneité. Introduction En Asie du Sud-Est et en particulier en Thailande se sont développés de nouveaux concepts de bien-être et de détente tels que le Spa tropical, éloigné du concept occidental de Spa, qui se réfère plus à la thalassothérapie ou la balnéothérapie. La définition que nous utilisons au Cambodge pour le marché du Spa est celle très générale de l’espace de détente et de bien-être, offrant la plupart du temps des massages et des soins de beauté. On est encore très loin des standards du Spa occidental, mais aussi de ceux du Spa thailandais. Le Spa est néanmoins un symbole exotique du tourisme en Asie. L’essor du tourisme au Cambodge s’est donc traduit par un essor du marché du spa. De nombreuses possibilités existent sur ce marché de niche, encore peu sophistiqué mais qui évolue. La présence française dans le secteur est discrète. Elle se manifeste surtout à travers l’utilisation des produits de soins (Clarins, Algoane, Oligospa...) reconnus par l’ensemble des acteurs comme des produits de qualité, même si le choix des produits semble provenir davantage d’opportunités. Les marques ne semblent pas vraiment avoir une stratégie active sur le marché cambodgien dans ce domaine. Le Marché • En forte croissance, estimée à environ 20% par an; • Encore peu d’acteurs mais ceux-ci se multiplient ces dernières années; • Une adéquation apparente de l’offre et de la demande; • Pas de véritables professionnels du Spa sur le marché actuel; • Un potentiel réel (beaucoup de niches à prendre); • Une rentabilité forte avec des marges importantes; • Des prix raisonnables car pas de positionnement très haut de gamme; • Une dichotomie forte entre clientèle locale et clientèle étrangère; • Les mots clés pour un Spa de qualité sont investissement, formation, innovation; • Concept du Spa étranger à la population cambodgienne; • Marché dominé par les méthodes et les produits thailandais. Les acteurs du marché • Principaux acteurs : Bliss, Senses, Aziadée, O’Spa, Souche Spa, Champei, Sawasdee, In-style, You&Me … • Multiplication récente des établissements : aujourd’hui, plus d’une vingtaine de compétiteurs. • Si certains se distinguent dans le haut de gamme comme Senses ou Bliss, aucun leader ne prédomine. LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE SECTEUR NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 • Si la compétition est vive, il y a néanmoins une clientèle d’habitués, relativement fidèles, dont bénéficient clairement les acteurs établis depuis longtemps sur le marché. • Il n’y a pas encore au Cambodge, d’équipes spécifiquement formés spécifiquement au métier du Spa, comme on peut en voir en Thailande. Les établissements existants sont des initiatives locales, individuelles, provenant de gestionnaires ou d’entrepreneurs. • Dans le segment du haut de gamme, les entrepreneurs étrangers sont prédominants, il y a très peu d’entrepreneurs locaux. • La réputation d’un établissement tient encore beaucoup au bouche-à-oreille. Si les stratégies marketing commencent à s’affiner, elles sont encore peu élaborées (publicité, cartes fidélités) L’Offre Les Soins L’offre se diversifie petit à petit, avec quelques lignes majeures. C’est un marché où il y a de grandes possibilités de différenciation, de niche, et de nouvelles idées ou de concepts, mais cette diversification n’est pas très présente au Cambodge car la tendance est souvent de copier et reproduire les concepts qui marchent bien. BEAUTÉ vs BIEN-ÊTRE Contrairement à la Thailande, le Spa n’est pas une tradition au Cambodge. Les notions de relaxation, de bien-être avec des méthodes naturelles, sans effets extraordinaires sont des notions étrangères pour la plupart des cambodgiennes, qui sont souvent à la recherche de la beauté, avec effet immédiat et parfois dangereux sur le long terme !!! Est ce lié à l’histoire tourmentée récente du pays ? Toujours est-il qu’on constate souvent chez la population une préférence pour le court terme, avec une véritable difficulté pour se projeter dans l’avenir. S’il existe donc un véritable marché pour les soins cosmétiques, ce sont surtout les produits blanchissants, à appliquer soi-même, qui sont populaires. En effet, en Asie, la blancheur de la peau est un critère de beauté. Ces soins blanchissants, parfois dangereux, ne sont d’ailleurs géneralement pas proposés par les spas. La grande majorité des Spas au Cambodge propose des massages. Peu sont spécialisés dans un type particulier de massages. Les catégories les plus courantes sont : - les massages chinois, - les massages thaï, - les massages « Khmers » qui sont en réalité une invention marketing (massages non codifiés), généralement plus doux que les massages thai. Des soins plus internationaux sont également proposés: aromathérapie, massages faciaux, body scrubs, waxing… Plus rarement d’autres techniques sont proposées : massage suédois, réflexologie, hot stone massage, massage ayurvédique, physiothérapie… Les Produits La qualité des produits utilisés reflète géneralement celle du Spa. Les produits sont importés, surtout de Thaïlande mais aussi d’Indonésie, d’Europe, des Etats-Unis ou d’Australie. Le pays d’importation dépend souvent de la nationalité du gestionnaire qui bénéficie de réseaux particuliers. Seul Amata assure une production locale, mais encore artisanale. Aucune marque ne prédomine, au contraire, une grande diversité de marques est présente sur le marché. Il existe un problème d’approvisionnement liés à la difficulté de stocker des produits importés des EtatsUnis ou d’Europe, souvent chers, et donc achetés souvent en petites quantités. Les retards de livraison ou les ruptures de stock entraînent couramment des changements de gamme de produits. Il n’existe pas réellement de distributeurs de produits de spa au Cambodge, un créneau qui n’a de fait pas encore été exploité. La vente de produits de Spa reste marginale. Or, la plupart des spas commencent à proposer des soins liés à l’esthétique, très populaires parmi la clientèle locale. Le potentiel existant sur ce créneau semble évident mais il est pour le moment rarement exploité car nécessite souvent des coûts marketing et un positionnement ciblé au niveau de l’offre de produits. Peu de Spas cherchent à développer leur offre de services à travers une marque. LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE SECTEUR NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 La Demande Elle essentiellement étrangère (de 70 à 80 % en moyenne), et en majorité occidentale. On peut distinguer trois catégories bien définies : La clientèle expatriée Pour les établissements de la capitale, c’est la clientèle cible : clients fidèles, au pouvoir d’achat élevé avec lesquels le travail de qualité et de long terme peut payer et être valorisé. Les massages et autres soins en Spa sont des activités abordables au Cambodge, pratiqués régulièrement par beaucoup d’étrangers. La plupart des gestionnaires / propriétaires de Spa, souvent expatriés eux-mêmes, bénéficie de leurs réseaux et d’une clientèle dont ils connaissent bien les besoins et les attentes. Cette clientèle régulière permet aussi d’amortir les frais de fonctionnement assez importants d’un spa. AZIADÉE : DES PRINCIPES SIMPLES MAIS EFFICACES Installé depuis 2003 à Phnom Penh, Aziadée est géré par une expatriée française, associée à une Cambodgienne. Ce Spa s’est implanté au début de l’expansion du marché. Bénéficiant d’une expérience préalable dans la gestion d’un Spa au Cambodge, la directrice a néanmoins été surprise par la rentabilité rapide. Ses attentes ont été surpassées, à la fois sur le plan du retour sur investissement et sur la fréquentation du Spa. Ce Spa a su allier les avantages dus à la nationalité khmère du propriétaire, avec ceux d’une gestion par un expatrié, à la vision internationale et au réseau plus élargis. Consciente que les soins de Spa ne sont pas encore présents dans les habitudes des Khmers, la gestionnaire a ciblé la clientèle expatriée en priorité, puis en second les touristes, nombreux dans le quartier. Les expatriés constituent une base solide de clientèle, fidèle et stable, avec lesquels le travail de qualité et de long terme est valorisé, et dont elle connaît le mieux les besoins et exigences. Elle y répond en offrant un “Spa-loisir”, que l’expatrié consomme régulièrement, dans un cadre ordinaire. Sa communication est d’ailleurs assurée en majeure partie par le bouche-à-oreille. Offrant un large panel de massages, Aziadée a fait sa réputation autour de la qualité de la formation de ses employés, point fondamental sur ce marché, ainsi qu’autour du massage à l’huile et du massage thaï et cela, sans proposer des soins très innovants par rapport aux autres Spas. Aziadée, dont le profil se rapproche de celui de Bliss, incarne un modèle de réussite, déjà suivi par de nouveaux venus sur le marché. Les touristes À Siem Reap, la clientèle cible est bien évidemment celle des touristes. Les prix pratiqués sont plus élevés et les commissions aussi. La configuration est aussi différente, avec davantage d’hôtels de très haut de gamme à Siem Reap, avec des spas de qualité attenants, dont la gestion est souvent déléguée à des établissements tiers. La clientèle est donc plus captive mais ne nécessite pas d’être fidélisée. De plus, la plupart des établissement travaille avec des tours operateurs. A Phnom Penh, les touristes de toutes catégories sont également demandeurs de ces soins qui véhiculent une certaine idée du luxe mais qui sont très abordables en Asie. La clientèle khmère C’est la clientèle la plus difficile à cibler. Il n’existe d’ailleurs pas vraiment d’offre spécifiquement destinée à la clientèle khmère locale. La clientèle concernée est d’ailleurs réduite, les khmers aisés sont relativement peu nombreux et beaucoup ont pris l’habitude d’aller à l’étranger pour ce genre de soins. Une cible pourrait être les khmers de l’étranger, ou du moins ceux qui ont une éducation occidentale, mais il n’existe pas pour le moment d’offre véritablement spécifique pour cette clientèle dont on ne connaît pas encore véritablement les besoins ou les attentes, si ce n’est qu’ils sont plus réceptifs aux soins de beauté. Peu d’établissements jugent cette clientèle véritablement intéressante à développer. Seul Champei commence à développer une stratégie spécifique, couronnée d’ailleurs de succès. LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE SECTEUR NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 CHAMPEI : LE 1ER SPA CAMBODGIEN ? Créé en novembre 2006, le Spa Champei a rapidement acquis une place particulière sur le marché. En effet, il se différencie des autres acteurs en cherchant à capter également la demande locale, et plus précisement la clientèle khmère aisée. Pour ce faire, Champei s’est particulièrement concentrée sur les attentes de cette clientèle pour lui faire découvrir en même temps les soins de Spa. En ouvrant un salon de coiffure et de beauté juste à côté du Spa et en proposant des packages réunissant soins de beauté et soins relaxants, l’équipe de management vise à amener progressivement les Khmers aisés vers la recherche du bien-être, en passant par l’étape obligée de la beauté. La conjugaison de ces deux pôles de services, esthétique et Spa, semble être une recette gagnante : d’une part, elle attire la clientèle locale et d’autre part, elle permet de se distinguer sur un marché fortement concurrentiel. Par ailleurs, si la clientèle étrangère est également composée d’Occidentaux, la proportion d’asiatiques y est plus importante que dans les autres spas, ce qui témoigne encore une fois de la particularité de Champei, qui serait ainsi un “Spa asiatique”, et se rapprocherait le plus de l’idée d’un « Spa Cambodgien ». L’équipe de direction, composée d’entrepreneurs khmers, y est certainement pour quelque chose. Le succès rencontré par leur établissement montre le potentiel qui existe dans ce créneau local de la clientèle, encore peu exploité. Les Ressources Humaines : La clé de la Réussite De l’avis de tous, ce sont les ressources humaines et en particulier la qualité des masseurs qui vont faire la réputation d’un spa. La formation • La formation vient de Thaïlande, de Singapour. Les traitements viennent de Bangkok. Les praticiens et professeurs sont très souvent thaïlandais. • Nécessité d’un suivi et d’une formation continus. • Les formations professionnelles spécifiques liées au spa sont absentes au Cambodge. Fait aussi défaut une formation génerale, axée sur les comportements à avoir face à une clientèle essentiellement étrangère, qui enseignerait le sérieux et l’assiduité, l’esprit de discipline, d’entreprise et d’équipe. Manque également une initiation anatomique et médicale. Le recrutement • La préférence va généralement vers des personnes sans expérience, que l’on peut former ab initio, afin d’avoir un véritable contrôle sur la qualité • Il n’existe pas encore de véritables écoles de massage ou d’esthétique, comme en Thailande. • Les employés représentent réellement un investissement sur le moyen/long terme. La formation coûte cher et les employés de qualité sont souvent bien rémunérés. • Le spa ne bénéficie pas d’une bonne image dans la société cambodgienne car il est souvent assimilé par les khmers à des salons de «massages » peu fréquentables.. Au ministère du tourisme (dont dépendent d’ailleurs les spas), des idées de projets ont été évoquées pour assainir la profession et pour mettre en place une école qui dispenserait une formation médicale et sérieuse des masseurs. A ce jour, il est difficile d’évaluer l’avancée de ces projets. Principaux problèmes L’absence de réglementation constitue bien évidement un problème. Aujourd’hui, tout le monde peut ouvrir un institut qui aurait l’appellation Spa, il n’y a d’ailleurs pas de critères définis au Cambodge. Il y a d’ailleurs malheureusement encore des confusions chez certains clients qui confondent spas et salons de rencontres... La profession de masseur/masseuse aux yeux de la population khmère véhicule d’ailleurs une mauvaise image. LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE SECTEUR NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 Une règlementation minimum pourrait permettre d’améliorer cette image, développer davantage une clientèle locale, en particulier féminine et permettre un début de professionnalisation de ce marché. Les problèmes d’approvisionnement en produits laissent à penser qu’il existe une niche réelle dans ce domaine, aussi bien pour le développement de la production locale (comme l’a fait AMATA) que dans la distribution de produits de spas. Les problèmes liés aux ressources humaines sont également nombreux. Le recrutement des masseurs/thérapeutes se porte essentiellement sur des personnes inexpérimentées, la formation est donc très coûteuse. Or la croissance du marché entraine également une rotation plus importante de personnel et une perte sèche importante par rapport à cet investissement. Au niveau du management, il existe aussi le risque de voir des employés khmers partir et reproduire à l’identique le concept de l’établissement. C’est souvent arrivé. L’absence de soins personnalisés , liés au manque de formation anatomique et médicale, est également un frein à une plus grande professionnalisation du secteur. LES SPAS ASIATIQUES Beaucoup d’établissement qui se disent “spas” et qui sont tenus par des asiatiques sont en fait de simples salons de massage, tenus par des vietnamiens pour les plus bas de gamme ou par des chinois, qui ont parfois des immenses établissements (avec plus de 100 masseurs) et qui travaillent en collaboration avec les tours opérateurs asiatiques. Parmi les établissements qui peuvent être considérés comme de vrais spas, les thailandais et les indonésiens se distinguent. Sawasdee, In Style ou Senses par exemple, offrent des prestrations de grande qualité, et un positionnement bien au dessus de la moyenne. Les propriétaires sont souvent des personnes ayant une expérience longue et une tradition culturelle des massages dans leur pays d’origine. Possédant d’ailleurs souvent un réseau utile, pour la formation de leurs employés ou pour l’approvisionnement de leurs produits, leur vision du marché, diffère un peu de celle de leurs concurrents occidentaux. Si ceuxci visent à satisfaire dans l’ensemble une certaine idée du luxe et de bien-être véhiculée en occident à propos des spas en Asie, les spas dirigés par des asiatiques, tout en visant également une qualité élevée, font preuve de plus de pragmatisme en s’appuyant davantage sur un réel savoir-faire, qu’ils essaient de transmettre à leur personnel. L’image du Spa au Cambodge, surtout auprès de la population locale, n’est pas encore particulièrement associée au luxe. L’investissement et le contrôle très importants que prennent les Chinois et les Coréens sur le marché avec d’énormes instituts de massage chinois (ex : Master Kang) en partenariat avec les tour operators coréens y joue peut-être un rôle. Ce marché spécifique (la clientèle touristique asiatique) n’est pas en concurrence directe avec le développement d’un marché du spa, plus tourné sur les expatriés et les touristes et dont le positionnement est plus haut en gamme. Il joue néanmoins un rôle sur la vision négative du secteur auprès d’une population locale, encore difficile à toucher mais qui recèle un potentiel intéressant. Conclusion Développement de nouveaux concepts (package pour hommes d’affaires, spas exclusifs de très haut de gamme), de nouvelles méthodes ( massages ayuverdiques...), de nouveaux produits (de soins), développement de chaines au niveau national...les idées sont nombreuses et le marché n’est pas encore saturé. Il est certain dans tous les cas que le marché continuera à croître, parallèlement à la croissance du tourisme mais également en fonction du développement de la classe moyenne au Cambodge. La clientèle locale, et surtout féminine, constitue un potentiel très important mais l’offre nécessite certainement d’être mieux définie dans une société comme le Cambodge pour qui la notion de bien-être, sur le long terme, est une notion relativement étrangère. Les instituts qui se positionnent sur un créneau alliant esthétisme et spas ont certainement une carte intéressante à jouer. Les produits français ont une véritable réputation de qualité sur le marché, mais faute de distribution adéquate, ne sont pas pour le moment mis en valeur et risquent de se faire distancer par des produits thailandais, plus accessibles, aussi bien financièrement que géographiquement. Le marché du spa cambodgien est donc en pleine évolution, testant les différents créneaux, explorant les possibilités qui s’offre à lui. Il lui reste peut-être à découvrir ses orientations principales mais il dispose en tout cas d’acteurs motivés, prêts à saisir les opportunités. LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE SECTEUR NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 ÂMATA & LE CABINET DE KINÉSITHÉRAPIE Entretien avec M.Jean-Claude DHUEZ Masseur-Kinésithérapeute et Directeur de ÂMATA Propos recueillis par Anne NAYRAL DE PUYBUSQUE, CCFC Quelle est votre perception du marché ? Le marché du Spa est en pleine expansion, tous les acteurs s’accordent à le dire. L’offre y est de plus en plus large avec parallèlement une demande qui progresse régulièrement. Une particularité à noter sur ce marché concerne la méconnaissance du Spa au Cambodge. Les services offerts sous le nom de “Spa” se limitent en grande partie à de simples massages et des soins du corps. Le véritable Spa, plus proche de la balnéothérapie ou de la thalassothérapie, n’existe pas encore ici. Le “marché du Spa”, au sens international du terme, n’y est qu’embryonnaire. Ceci est d’ailleurs dû au fait qu’il n’y a que très peu de professionnels du Spa, la plupart des établissements sont dirigés par des gestionnaires, des managers, des entrepreneurs qui ne se sont retrouvés sur ce marché que par un simple hasard, ou parce qu’ils y ont vu un fort potentiel de développement. La seconde particularité à mentionner est l’hégémonie des méthodes et des produits thaïlandais sur le marché. C’est tout à fait frappant. Les Thaïs ont développé le concept du “Spa tropical”, qu’ils diffusent dans toute l’Asie du Sud-Est. Présent dans tous les Spas, le massage thaï est devenu une référence inévitable au Cambodge. Il serait souhaitable que le marché puisse s’émanciper de cette hégémonie pour se diversifier davantage. En quoi consiste votre activité ? M.Jean-Claude DHUEZ Je suis masseur kinésithérapeute, de formation et je me suis spécialisé dans la thérapie manuelle (manipulations douces), les massages et l’aromathérapie. Le choix limité sur le marché m’a amené à m’intéresser à la conception et la réalisation de mélanges d’huiles essentielles. Mon activité est rapidement passée d’une petite occupation dominicale à une véritable production. Âmata propose aujourd’hui des huiles végétales, des huiles essentielles pures, des compositions, des huiles de massage, des gels corporels etc. spécialement conçus pour les spas, tout en répondant aux besoins des particuliers qui pratiquent l’aromathérapie. Pourquoi ce positionnement bien spécifique représente-t-il une nouveauté sur le marché ? C’est simplement parce que nous sommes les seuls au Cambodge à assurer la production locale de produits pour le Spa. Avant 2004, tous les produits existant sur le marché étaient exclusivement des produits importés (Thaïlande, Indonésie, Europe …), et il y avait une totale absence de produits finis “made in Cambodia”. Nous importons aujourd’hui des matières premières du monde entier, avant de les transformer à Phnom Penh. Centrée sur l’aromathérapie, Âmata a su devenir une référence sur le marché. Nos produits ont peu à peu su se faire une place parmi certaines références internationales tels que Dermatologica…etc. Quelle a été votre stratégie pour parvenir à faire reconnaître vos produits ? Utilisant mes propres produits, ce sont mes patients qui naturellement en ont bénéficié et qui, séduits, sont devenus mes premiers clients. C’est donc par mon cabinet de kinésithérapie que j’ai commencé à développer ces produits. Dans un second temps, j’ai pris contact avec les grands hôtels de Siem Reap qui gèrent des Spas, souvent positionnés dans le haut de gamme. Les atouts sur lesquels j’ai pu m’appuyer sont, bien entendu mon expérience professionnelle et le fait qu’en tant que masseur-kinésithérapeute, j’utilise moi-même les produits de la gamme Âmata. Aujourd’hui, j’ai acquis une certaine réputation. Le marché étant relativement étroit, mes ventes se font par bouche-à-oreille, sans vraiment de démarche marketing active. Beaucoup de gestionnaires de spas ne sont pas qualifiés sur ces produits spécifiques. On constate qu’ils font souvent l’erreur de se fournir auprès de marques asiatiques de qualité médiocre. Mon but était de leur faire LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE SECTEUR NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 comprendre que la qualité de leur Spa dépendait en partie de la qualité de leurs produits de soins. L’objectif sur le long terme est de faire privilégier la qualité au prix, et de concourir ainsi à améliorer le niveau global des spas au Cambodge. Quels sont les problèmes du marché, et plus particulièrement, les difficultés que vous avez rencontrées ? C’est un marché encore jeune. Il y manque, de façon globale, de réelles connaissances et compétences professionnelles. L’un des principaux problèmes est lié à la formation des masseurs. Il y a une absence totale de soins personnalisés. Les masseurs refont inlassablement les gestes que leur formateur leur a enseignés, avec toujours le même timing, sans aucune adaptation au cas du patient. Les manipulations, essentiellement thaïes et indonésiennes, sont donc de simples et répétitifs « copier-collers ». L’origine de ce problème vient de l’absence, en amont, d’une formation professionnelle qui en plus de notions d’anatomie et de physiologie, enseignerait aux élèves-masseurs les bons gestes techniques avec pour objectif de leur permettre de choisir à bon escient les techniques en fonction des besoins du client et ainsi donc de personnaliser le massage. C’est d’ailleurs pour répondre à ce manque que je travaille sur la mise en place de formations de remise à niveau. La création d’une vraie formation diplômante serait l’idéal. En ce qui concerne Âmata plus particulièrement, il y a quelques problèmes liés à notre positionnement qui est haut de gamme avec des produits fabriqués artisanalement et à une toute petite échelle. Ils sont donc relativement chers par rapport au marché. Ils sont donc peu compétitifs par rapport aux produits thaïs, moins chers, mais de moins bonne qualité, sur un marché cambodgien qui privilégie encore beaucoup l’effet prix à la qualité... Quels sont les aspects du marché que vous considérez comme des atouts et quels sont ceux qui vous ont attiré sur ce secteur ? Une caractéristique indéniable du marché cambodgien est que c’est un marché d’entrepreneurs. Beaucoup de choses y sont possibles pour peu qu’on ait des idées et qu’on y mette de la volonté. L’espace de liberté que l’on a, en tant qu’entrepreneur, pour lancer son projet est un vrai atout. Mon activité a été novatrice sur le marché cambodgien et la nouveauté d’un projet, s’il est bien conçu, est souvent valorisée et récompensée. Le marché foisonne d’opportunités, plus ou moins audacieuses, qui se révèlent fructueuses, et plus remarquable encore, souvent au rythme choisi. Pour ma part, j’avais préféré démarrer très progressivement, en commençant par une activité artisanale. Quand j’ai voulu accélérer les ventes pour en faire une activité rémunératrice, les chiffres ont suivi, avec une réactivité appréciable. Un autre atout notable du marché, qui m’a poussé à m’y investir, c’est la diversité et l’expansion de la demande en produits de soins adaptés au Spa, et des huiles essentielles en général. En effet, ma clientèle est très large : spas d’hôtels, instituts de Spa, particuliers, boutiques de décoration pour la maison etc. et dans des configurations géographiques variées (Phnom Penh et Siem Reap). Cette diversification permet d’assurer plus de stabilité à une activité qui se positionne sur un marché encore étroit. Je profite notamment de l’augmentation du nombre des instituts de Spa, que ce soit à Phnom Penh ou à Siem Reap. Pourriez-vous nous faire part de vos projets de développement ? Comme beaucoup d’acteurs sur le marché du Spa, j’ai des idées, voire des projets plein la tête. Je pense tout particulièrement à l’ouverture d’un établissement qui rassemblerait le cabinet de kinésithérapie déjà existant, un Spa et un salon d’esthétique. Centré sur l’aromathérapie et différentes méthodes de massage, l’ensemble se positionnerait sur ces trois plans clés : les soins paramédicaux (kinésithérapie), la relaxation et la beauté. Ce nouveau concept suivrait la demande propre au Cambodge, où les besoins de soins esthétiques sont importants, tout en procurant des services personnalisés de qualité par des professionnels de la santé et du massage. Mes principaux atouts étant une solide expérience dans ces deux domaines, une clientèle en kinésithérapie et en aromathérapie bien établie et aussi une bonne connaissance de la demande tant de la part de la clientèle « expatriée » que cambodgienne. LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE ENQUÊTE RÉGIONALE NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 Les enfants ne pensent-ils vraiment qu’à s’amuser? Le niveau de vie dans les villes majeures de la région ne cesse de s’améliorer. Dans cette édition de Indochina Research’s I-TRAK™, nous nous sommes intéressés à l’interaction entre les parents et leurs enfants, ainsi qu’aux différentes activités normalement pratiquées par les enfants plus spécialement durant les vacances scolaires. IRL propose des études quantitatives,qualitatives, retail, sectorisation spatiale, etudes média et sociales. Créé en 1999 avec la fusion de BDT & Associates au Vietnam et d’IMIC au Cambodge. IRL possède des bureaux au Cambodge, Vietnam et Laos. Le sport au Laos & les livres au Vietnam • Regarder la télévision et jouer sont les principaux divertissements des enfants et ce, à travers la région – cela est vrai aussi bien les week-ends que la semaine. La fréquence de ces activités augmente durant les week-ends et d’autres loisirs s’y rajoutent. • Quelques différences à noter: les enfants laotiens semblent préférer le sport, ceux au Vietnam lisent plus de livres et les petits cambodgiens ont tendance à jouer de la musique et pratiquer la danse. • 78% des parents vietnamiens affirment que leurs enfants lisent régulièrement des livres contre seulement 52% au Cambodge et 35% au Laos. Ce fossé s’accentue durant les week-ends. IRL a acquis une expertise L’humour & l’amusement à divers degrés très forte du marché local. • Le 1er choix des enfants se porte sur les dessins animés et bandes dessinés. Les plus jeunes au Vietnam préfèrent les contes de fées, alors que les cambodgiens aiment les histoires drôles et les laotiens ont un penchant pour les contes populaires. • Le jour de plus grande écoute TV est le dimanche mais les pics d’audience varient: au Vietnam le soir de 5 à 6; au Cambodge le midi de 11 à12 et au Laos le matin de 8 à 9. Méthodologie de I-TRAK™ : Méthodologie de I-TRAK™ : Sélection aléatoire de 400 mamans avec des enfants agés de 3 à 11 ans selon 3 segments d’âge: 3-5 ans, 6-8 ans et 9-11 ans. Etude menée en août 2007 auprès de résidents de Hanoi et HCMC (Vietnam), Phnom Penh (Cambodge) et Vientiane (Laos). Week End Moins de 2h 2 - 6 heures Plus de 6h Les vietnamiennes: des femmes actives • La majorité des mères au Cambodge et Laos passent plus de 2 heures avec leurs enfants pendant la semaine et plus de 6 heures le 85% Cambodge 12% week-end. 16% Vietnam 32% 53% • En revanche, la moitié des mères vietnamiennes passent moins de 2 heures par Semaine jour avec leurs enfants – ceci reflète une activité 3% 41% Laos 56% professionnelle plus intense des femmes au 49% Cambodge 46% sein de l’économie en ébullition du Vietnam. 5% • Comme l’on peut s’y attendre les mamans Vietnam 55% 45% consacrent plus de temps à leurs progénitures les week-ends – à rendre visite à des amis ou à regarder ensemble la télévision. Laos 16% 83% Pas de planning pendant les vacances • Près de la moitié des mères à travers la région affirment qu’elles n’ont pas de planning spécifique pendant les vacances scolaires pour divertir leurs enfants. Du coup, ces jeunes gens se rabattent sur les options par défaut (TV et jeux) pour s’occuper pendant ces périodes. • Celles qui disent avoir planifié des activités ont généralement prévu des voyages courts dans d’autres villes ou un peu de tourisme. % fréquentant des cours lors des vacances scolaires Pour obtenir les rapports complets par pays – ou de plus amples informations sur I-TRAK™ - merci de contacter pour chacun des pays : Vietnam: [email protected] Cambodge : [email protected] Laos : [email protected] Investir dans leur futur •Même les tous petits semblent suivre des cours pendant les vacances scolaires – et cela est d’autant plus fragrant au Vietnam et Laos et démontre pourquoi le taux d’alphabétisation est de 90% dans ces 2 pays 56% •La plupart des cours porte sur les mathématiques, la 47% littérature, la grammaire et l’anglais – tous les ingrédients 36% pour progresser. • Au Vietnam et Cambodge, 1 enfant sur 3 passe plus de 8 heures par semaine en cours particulier alors que ce chiffre tombe à un enfant sur 6 au Laos Vietnam Laos Cambodge • Ce sont les mamans qui gèrent habituellement les dépenses liées au divertissement et à l’éducation de leurs enfants. Le montant de ces frais augmente pendant les vacances à cause du prix des cours particuliers qui viennent s’ajouter aux dépenses du foyer. • Le budget mensuel typique consacré aux loisirs des enfants se situe entre 3 et 6 USD. Dans une région où 25% des 100 millions d’habitants est âgés de moins de 10 ans, cela équivaut à un marché d’au moins 75 millions de USD par mois ou 900 millions de USD par an. LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE BRÈVES NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 RESSOURCES ET MATIERES PREMIERES Le pétrole, nouvelles données ? Selon une déclaration du Représentant-résident du FMI à la presse fin septembre, l’Etat pourrait bénéficier de ses premiers revenus pétroliers en 2011. Ceux-ci se monteraient alors à 174 Millions de dollars US. Les flux progresseraient pour atteindre un plafond annuel de 1,7 milliard de dollars en 2021, avant de décliner. Le total cumulé des revenus pétroliers du Cambodge se situerait à hauteur de 15 milliards de dollars. L’étude prend en compte les revenus estimés du bloc A dévolu à Chevron, mais aussi ceux espérés sur les autres blocs. Ces données sont bien plus modestes que celles qui avaient souvent circulé jusqu’ici, puisque les montants annuels des recettes de l’Etat étaient estimés entre 150 millions et 1,4 milliard de dollars annuels dès le début de la production, situé en 2009. Les montants restent toutefois significatifs pour un PMA comme le Cambodge dont le PNB 2007 se situe à 7,3 milliards de dollars US et le budget de l’Etat à 630 millions de dollars. Depuis les déclarations faites au Forum économique du Cambodge en janvier 2006 les expertes glosaient à partir des mêmes données. Il est significatif que ces informations sortent alors que les résultats de la dernière campagne de Chevron doivent commencer à être connus des autorités. Gaz : quel volume de réserves ? Alors que jusqu’ici les seules informations disponibles faisaient état de volumes de gaz de 3 à 4 TCF, des commentateurs évoquent à présent 10 TCF, tandis que d’autres indiquent que les dernières explorations auraient fait apparaître très peu de réserves de gaz. MACROECONOMIE La croissance jusqu’en 2006 Taux de croissance BNC 1994 9.2 BM BASD FMI 1995 6.5 1996 5.3 1997 5.7 1998 5.0 1999 12.6 2000 8.4 8.4 9.2 2001 7.7 7.7 8.0 2002 6.2 6.2 6.2 6.5 2003 8.8 8.6 8.6 8.5 2004 10.0 10.0 10.0 10.0 2005 13.4 13.4 13.4 13.5 2006 10.6 10.5 10.4 10.8 2007 (est) 9.0 9.5 9.5 2008 (est) 6.8 9.0 7.8 BNC : Banque Nationale du Cambodge EIU Economist Intelligence Unit BM : Banque Mondiale EIC Economic Institute of Cambodia BAsD Banque Asiatique de Développement FMI Fonds Monétaire Internationale MEF Ministère de l’Economie et des Finances 10 LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE BRÈVES NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 Prévisions de croissance économique Source Prévisions 2007 Date Taux croissance BM East Asia and Pacific Update avr.-07 9,0 BAsD Asian Develoment Outlook 2007 avr.-07 9,5 EIC Cambodia Economic Watch avril-07 8,7 FMI Article IV 11-juil.-07 9,1 EIU Country Report septembre-07 8,5 MEF Discours Ministre finances 4-sept.-07 9,1 FMI Déclaration 18-sept.-07 9,5 Source Prévisions 2008 Date Taux croissance BM East Asia and Pacific Update avr.-07 6,8 BAsD Asian Develoment Outlook 2007 avr.-07 9,0 EIC Cambodia Economic Watch avril-07 8,2 FMI FMI Article IV 11-juil.-07 7,9 EIU Country Report septembre-07 7,0 FMI Déclaration 18-sept.-07 7,75 Croissance au Cambodge 14,0 12,0 10,0 BNC 8,0 BM BASD 6,0 FMI 4,0 11 2008 (est) 2007 (est) 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000 1999 1998 1997 1996 1995 0,0 1994 2,0 LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE BRÈVES NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 VIE DES AFFAIRES Signature d’un contrat de 150 millions de dollars US pour Alcatel-Lucent Le deuxième équipementier mondial des télécoms renforce sa position de principal fournisseur du leader national de téléphone mobile CamGSM avec la signature de cette transaction portant sur la période 20072010. Connue du grand public sous le nom de Mobitel, la joint-venture entre le groupe local Royal et l’entité européenne Millicom verra ainsi son réseau bénéficier d’une importante extension en termes de capacité de lignes afin d’accompagner la forte croissance du marché. La cérémonie de signature entre le Président de CamGSM et le Directeur Général Asie du Sud-est d’Alcatel-Lucent s’est déroulée en présence du Vice-Premier Ministre, de l’Ambassadeur de France et de plusieurs personnalités du Gouvernement ainsi que les représentants de plusieurs missions diplomatiques. Kentucky Fried Chicken au Cambodge L’arrivée dans le pays de la chaîne de restauration rapide de poulets frits aux épices la plus connue du monde est le résultat d’un partenariat entre la compagnie malaysienne QSR Bhd, le groupe local Royal, et la société Rightlink Corp Ltd Hong Kong. Quatre restaurants devraient voir le jour dans le courant du mois de novembre suite à un investissement initial de 3 millions de dollars US. Le groupe table également sur une ouverture de deux points de vente supplémentaires chaque année. L’introduction réussie des fast-foods KFC pourrait conditionner l’entrée d’une autre chaîne leader sur son marché à savoir Pizza Hut, qui est également une autre enseigne phare de l’ancienne filiale restauration du groupe Pepsico. Une troisième brasserie au Cambodge serait à l’étude Selon son bureau régional basé aux Philippines, la société San Miguel envisagerait de construire une usine au Cambodge pour répondre à la demande croissante pour ses bières dans le pays. Selon le porte-parole de la société basé à Manille, le Cambodge importe annuellement plus de 70 000 caisses de bière San Miguel. Le coût d’investissement dans cette usine serait de 16 millions de dollars US. Nouvel opérateur aérien d’hélicoptère Le groupe Sokimex Co. vient de mettre en service Sokha Helicopter Airline, un nouveau service d’hélicoptère haut de gamme. Basée sur un héliport de 500 m² tout récemment construit, la compagnie dispose d’une flotte composée de 6 appareils dont 2 hélicoptères français de type Ecureuil. L’opérateur dessert quotidiennement, 6 destinations à partir de Phnom Penh : Sihanoukville, Siem Reap, Battambang, Poipet, Bavet, et le site du Bokor situé dans la province de Kampot au sud du pays. Destiné à une clientèle aisée, ce service permet au groupe cambodgien d’étendre ses activités dans le secteur touristique où il est déjà fortement présent. FINANCEMENT DE L’ECONOMIE Avancée dans la création du marché financier domestique Le gouvernement vient récemment d’annoncer la mise en place d’un marché boursier au Cambodge pour le courant du deuxième semestre de l’année 2009. Le projet de loi portant sur la création d’une Bourse des valeurs a été adopté par l’Assemblée Nationale le 13 septembre dernier. L’approbation par l’Assemblée Nationale du projet de loi sur l’émission des titres privés constitue une nouvelle étape vers l’établissement d’un marché financier domestique qui pourrait rendre le pays davantage attractif pour les investisseurs étrangers. Le nombre d’entreprises qui seront cotées lors de l’ouverture reste inconnu (de 20 à 200) mais elles devraient faire l’objet d’un audit complet pour une certification de leurs comptes, avant leur introduction en bourse, si la logique était respectée. Ce projet de création de bourse de valeurs mobilières, dont le coût envisagé est de l’ordre de 15 millions de dollars, est élaboré avec le support technique de la South Korean Stock Exchange et un don du Gouvernement sud-coréen d’1,8 million de dollars US. 12 LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE BRÈVES NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 Ouverture de la première banque d’investissement vietnamienne En ouvrant fin août, la « Rong Roeung Investment Specialized Bank », qui est la première banque vietnamienne spécialisée dans l’investissement, devient un important partenaire dans l’économie cambodgienne. Elle devrait fournir les services bancaires traditionnels : le financement et le prêt. Elle annonce qu’elle veut notamment aider les TPE-PME auxquelles les banques prêtent difficilement. DIPLOMATIE ET AIDE AU DEVELOPPEMENT Octroi d’une aide supplémentaire par le gouvernement américain Les Etats-Unis ont accordé une aide supplémentaire de trois millions de dollars au Cambodge pour améliorer le secteur sanitaire, ce qui porte à 30 millions de dollars le montant total de l’aide américaine dans ce domaine et dans l’éducation pour l’année 2007. L’amendement aux deux accords bilatéraux a été signé hier entre le ministre des Affaires étrangères et la chargée de mission de l’USAID. Les projets sont mis en œuvre par les ONG locales et internationales en étroite collaboration avec le gouvernement du Cambodge et l’USAid. Coopération khméro-chinoise Une délégation de la province chinoise de Chongking a rencontré le Premier ministre. Le député Wang Yang, qui dirigeait cette délégation, a notamment remercié le gouvernement cambodgien pour sa fidélité à la politique d’une seule Chine. Réciproquement, Hun Sen a rendu hommage à la Chine. Par ailleurs, une société faisant partie de la délégation a signé un mémorandum d’entente avec une compagnie cambodgienne sur la coopération dans le domaine des plantations de mûriers et d’élevage des vers à soie. DROIT ET ENVIRONNEMENT DES AFFAIRES Une ouverture du droit à la propriété pour les investisseurs étrangers Lors du 12ème forum Gouvernement-Secteur Privé, les représentants des investisseurs étrangers ont réitéré leur souhait de voir modifier la Constitution afin de permettre l’accès du droit à la propriété immobilière aux investisseurs étrangers. Le secteur privé argumente qu’une telle possibilité permettrait d’attirer et d’augmenter les investissements et d’aider le développement du marché de l’immobilier en pleine croissance. Le gouvernement réplique qu’il allait étudier sur la demande. La loi sur le code de la route entre en vigueur Le nouveau code de la route est entré en vigueur depuis ce mois de septembre 2007. Ce texte dont l’application vise à diminuer les accidents de la route, oblige notamment les cyclomotoristes et automobilistes au port obligatoires du casque et de la ceinture de sécurité. En effet, les accidents de la route sont responsables de 4 morts et 70 blessés par jour, taux d’accidents mortels le plus élevé de la région. Ces derniers constituent un des premières causes de mortalité dans le pays. Projet de loi sur les concessions adopté Pour marquer cette rentrée parlementaire, l’Assemblée Nationale a adopté successivement plusieurs projets de loi dont celui sur les concessions, malgré l’abstention de l’Opposition. En effet, le texte prévoit les procédures d’obtention d’une concession, par les sociétés privées, des biens immobiliers appartenant à l’Etat tels que les musés, routes ou zones économiques spéciales jusqu’à une durée de 30 ans et ce sans obligation de recours à un appel d’offre. Selon l’Opposition, sans appel offre et sans compétition, le Cambodge n’intéresse pas les investisseurs. Par ailleurs, les concessions octroyées avant l’adoption du texte ne seront pas revues car la loi n’est pas rétroactive. 13 LA LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE PRÉSENCE FRANÇAISE Ratana PHURIK-CALLEBAUT NUMERO 10 - OCTOBRE 2007 L’AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT (AFD) L’AFD est une institution financière spécialisée, dotée d’une mission d’intérêt public. Son objectif est de contribuer au financement du développement durable à travers des projets portés par les pouvoirs publics locaux, les entreprises publics et les secteurs privé et associatif. En proposant une gamme d’instruments financiers (prêts, subventions, assistance technique…) et à travers des partenariats avec les autres acteurs du développement, l’AFD contribue à l’élaboration des politiques publiques et permet de soutenir la croissance économique. L’AFD est l’opérateur central du dispositif français d’aide publique au développement. Au Cambodge, l’AFD est présent depuis 1993. Avec une équipe de 10 personnes, dont 3 expatriés, l’AFD gère actuellement une vingtaine de projets en cours, qui ont une durée de vie moyenne de 4 à 5 ans. Dans le passé, les projets se sont concentrés essentiellement sur l’agriculture (irrigation et diversification des productions) et les infrastructures urbaines sur Phnom Penh et Siem Reap/Angkor. Aujourd’hui, les nouvelles priorités portent sur : - le secteur du développement rural, notamment la gestion de la ressource en eau (irrigation) et l’appui à la diversification de l’agriculture (hévéaculture) Pour en savoir plus sur les activités de l’AFD au Cambodge : http://www.afd. fr/jahia/Jahia/site/ - le secteur de la santé - la protection de l’environnement Dans le secteur de la santé, l’AFD conduit avec le Ministère un projet qui vise au niveau d’une province entière (celle de Takeo) et de Phnom Penh à accroître la qualité de l’offre de soins et son accessibilité auprès des populations défavorisées. Il s’agit de fournir aux centres de santé un accompagnement technique et de mettre en place une microassurance santé. Cette assurance permettra d’engranger des recettes qui serviront aux frais de fonctionnement des centres et à motiver le personnel. Ce système permet ainsi d’agir positivement sur l’offre et la demande de soins en même temps. Des expériences, couronnées de succès ont été menées au préalable au niveau de quelques districts par le GRET avec le programme Sky. Il va dans le sens de l’objectif du gouvernement de mettre en place à terme un système d’assurance santé universelle. Un autre intérêt de ce projet est pour l’AFD d’appuyer le renforcement de la tutelle du Ministère de la Santé sur les centres : leur mise à niveau devrait se faire dans le cadre d’un contracting interne et non pas externe à travers des ONG, ce qui se faisait jusqu’à présent habituellement. Dans le domaine de l’agriculture, l’AFD intervient sur trois secteurs : - l’irrigation, afin de promouvoir des nouvelles pratiques (conception technique des projets, pratiques culturales, gestion durable des périmètres réhabilités …) - l’hévéaculture où l’AFD a été sollicité dès l’origine en relançant notamment les plantations familiales en 1999. En effet, jusque dans les années 90, il y avait une prédominance des plantations d’Etat. Or, la culture du caoutchouc, d’excellente qualité au Cambodge, est source de revenus très intéressante pour les populations rurales qui se sont appropriées totalement les techniques spécifiques. Le programme expérimental de l’AFD portant sur le développement de plantations villageoises a créé une forte dynamique locale. A côté des 3 000 hectares prévus et réalisés avec l’appui du projet, c’est près de 25 000 hectares qui ont été plantés spontanément par des privés. Aujourd’hui, l’objectif est d’aider le gouvernement à bâtir une véritable stratégie nationale de développement de l’Hévéa, prenant en compte l’ensemble de la filière, du jardin à bois jusqu’à l’exportation. - la diversification agricole avec le développement de nouvelles approches culturales afin de diversifier les types de culture sur des sols « pauvres » et les revenus des paysans. L’AFD, avec le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) appuie un projet, mené par l’ONG Conservation International, de protection du massif des Cardamomes, l’un des rares hotspots de biodiversité d’Asie du Sud Est. Le Cambodge bénéficie du Programme de Renforcement des Capacités Commerciales (PRCC) financé par le Ministère français de l’Economie et des Finances et mis en œuvre par l’AFD : les projets actuels concernent les secteur de l’hévéaculture (certification du caoutchouc cambodgien), du textile (programme Better Factories, amélioration de la productivité), et de l’agriculture et de l’artisanat (label d’ Indications Géographiques Protégée). Un appui au Ministère de la Culture est prévu en 2008, pour promouvoir le Cambodge comme « terre d’accueil des tournages de films étrangers ». Le volume de subventions que l’AFD consacre au Cambodge est de l’ordre de 7 à 8 millions d’euros par an. L’évolution rapide du Cambodge amènera l’AFD, au sein du dispositif français de la coopération à procéder à une revue de sa stratégie en 2008. Il y a une volonté forte de la part de l’AFD d’optimiser son aide en adéquation avec la stratégie de ses partenaires cambodgiens et à travers la recherche de partenariat avec les autres bailleurs de fonds, notamment européens. Aujourd’hui la France est le cinquième bailleur de fonds bilatéral au Cambodge et le 1er européen. Copyright Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation expresse de la Chambre de Commerce Franco-Cambodgienne. La CCFC s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, elle ne peut en aucun cas être tenue responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication qui ne vise pas à délivrer des conseils personnalisés qui supposent LETTRE DU CAMBODGE - UNE PUBLICATION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCO-CAMBODGIENNE l’étude et l’analyse de cas LA particuliers. 14