LA PALMERAIE DE MARRAKECH _UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
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LA PALMERAIE DE MARRAKECH _UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 APA 4300 PROCESSUS ET DESIGN RAPPORT FINAL YANNICK ROBERGE _UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ÉCOLE D’ARCHITECTURE DE PAYSAGE PROF. RESPONSABLES PHILIPPE POULLAOUEC-GONIDEC STEFAN TISCHER DÉCEMBRE 2004 INTERFACE TABLE DES MATIÈRES 1. WORKSHOP_ _____3 2. ANALYSES_ _____5 questionnement général du projet, enjeux et problématiques 3. CADRE ANALYTIQUE_ _____ 12 4. INTENTIONS_ _____14 5. DESIGN_ _____16 6. BIBLIOGRAPHIE_ _____24 LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL Yannick Roberge ritoire de la Palmeraie de Marrakech devint, si l’on veut, un laboratoire particulier dans lequel put émerger, à travers la réalisation de projets, différentes hypothèses et réflexions d’aménagement adressant la question de la préservation et de la réinvention des paysages de la périphérie de cette ville historique. 1. WORKSHOP CONTEXTE GÉNÉRAL Le cadre général dans lequel se sont posées les différentes problématiques associées au devenir des paysages de la Palmeraie de Marrakech est celui d’un questionnement général sur l’avenir des territoires adjacents aux grandes villes de ce monde dans un contexte de globalisation. En effet, l’expérience du temps montre que depuis plus de 10 ans, les conditions de ces territoires dits ‘périurbains’ constituent une problématique majeure pour les différents devenirs des sociétés humaines : social, économique, culturel, etc. De toutes ces facettes qu’interpelle le développement périurbain, le devenir paysager est sans doute celui qui interpelle le plus l’architecte paysagiste. Se développant soit sous la forme de ‘Slum’ ou de bidonvilles dans les pays émergents, soit sous la forme d’immenses zones résidentielles grugeant à une vitesse difficilement évaluable les territoires bordant les villes, ces nouvelles configurations spatiales sont aussi créatrices de nouveaux paysages. C’est à la question de ces nouveaux paysages et de leur positionnement face aux réalités et qualités historiques/contemporaines des territoires sur lesquels ils se déploient que le Workshop Marrakech 2004 s’adressait de façon globale. Le terLA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 Les résultats issus du Workshop Marrakech 2004 s’inscrivent donc sur cette jonction entre la réflexion particulière sur un territoire donné et son apport documentaire à une réflexion plus large sur le devenir des territoires périurbains. Organisé par la CUPEUM (Chaire en paysage et en environnement de l’Université de Montréal), les résultats issus de cette activité internationale, en plus de faire l’objet d’une exposition publique dans la ville de Marrakech, seront aussi le sujet d’une publication de la CUPEUM vouée à diffuser, à faire rayonner et à partager les résultats de recherche de cette activité. Ainsi, la diffusion des résultats de cette activité veut être à la fois un levier à la coopération locale en permettant aux aménagistes, aux décideurs et aux collectivités locales de la municipalité de Marrakech d’en bénéficier et un apport réflexif aux réflexions plus générales déjà entamées dans le cadre de l’Observatoire international des paysages périphériques : villes et métropoles de la CUPEUM. Cette dialectique entre la réflexion sur des particularités locales et son apport à une réflexion plus globale que corporalise le Workshop au niveau de ses intentions se refléta aussi au niveau des différents acteurs et disciplines que la réalisation du projet regroupa. En effet, le Workshop Marrakech 2004 mis en contact, autant au niveau du corps professoral que des étudiants participants et des experts invités, des individus issus de différents pays (Maroc, Italie, Montréal, Liban) faisant partie du réseau de la CUPEUM et de différents champs disciplinaires : architecture, tourisme, architecture de paysage, agronomie. Les onze équipes participantes étaient donc composées d’étudiants appartenant tous à des horizons culturels et disciplinaires pluriels; chaque individu de chacune des équipes devait appartenir à une université différente et, conséquemment, à un champ disciplinaire particulier. On peut donc dire que le projet de paysage élaboré par chacune des équipes est aussi la matérialisation, du moins en théorie, de cette dialectique entre le local et le global. L’espace du Workshop fut le temps et l’espace de rencontre particulier de savoirs, de façons d’être et d’horizons pluriels qu’il matérialisa sous la forme du projet de paysage. Au terme de l’exercice, les réseaux de connections humaines et de savoir que cette rencontre permit sont encore difficiles à évaluer dans leur richesse. Le temps que nécessite l’appropriation d’une expérience travaille toujours. Le rapport qui suit veut être entre autres l’initiation de cette appropriation. RAPPORT FINAL 3 Yannick Roberge OBJECTIFS l’expérience Le Workshop Marrakech 2004, au-delà de ces intentions générales et de ce contexte pluridisciplinaire et multiculturel, poursuivait un ensemble d’objectifs particuliers. Ces objectifs touchaient différents aspects : l’analyse Expérimenter différentes modalités de travail (recherches individuelle et pluridisciplinaire, charrette en groupe multiculturel) ; Expérimenter une coopération internationale dans un contexte de projet d’architecture de paysage et dont la finalité est : _ sensibiliser la société civile et les organismes gouvernementaux à Analyser les enjeux de développement, d’aménagement du territoire, l’invention et à la mise en valeur des paysages (et plus largement du de préservation et de mise en valeur des paysages de la Palmeraie de territoire) Marrakech; _ apporter des solutions d’aménagement viables vis-à-vis des enjeux Analyser les composantes physico spatiales, environnementales, ciblés par les collectivités locales. socio-économiques et culturelles du territoire de la Palmeraie en vue de dresser un bilan prospectif de la situation; le projet Énoncer des stratégies et des actions et esquisser des intentions de projet ; Développer des habilités à créer un programme, un concept d’intervention et un projet de paysage (stratégie et esquisse de design) cohérents supportés par : _ une réflexion sur les enjeux de la périphérie de Marrakech (secteur de la Palmeraie) _ une compréhension des facteurs et des phénomènes qui déterminent l’avenir de ce territoire _ Développer une compétence forte d’articulation entre programmation, concept et design à toutes les échelles; LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 4 Yannick Roberge 2. ANALYSES questionnement général du projet, enjeux et problématiques “La palmeraie de Marrakech est la seule oasis occupant au Maroc la partie nord de la chaîne du Haut Atlas. Elle est le jardin par excellence de la cité de Marrakech, elle fournit encore des dattes consommées surtout localement, des troncs utilisés dans les toitures et des palmes de combustible pour les fours (cuisson des aliments, chauffage des bains, poterie, industrie…). Elle alimente l’artisanat local et abrite des cultures céréalières et maraîchères et aussi des arbres fruitiers (grenadiers, oliviers, agrumes…); c’est la continuité de la Médina et de ses jardins intra-muros (Riad, Arset, Jnane). Elle a toujours été un espace de loisirs, de récréation et de détente pour la population marrakechie. Elle est un espace vert d’importance majeure pour l’équilibre écologique.” Saïd Boujrouf, Nouvelles formes d’occupation de l’espace touristique de la ville de Marrakech: l’exploitation de la Palmeraie in Méditerranée, revue géographique des pays méditerranéens, numéro 3, 1996, pp. 27-97 Les enjeux et problématiques qui sous-tendent l’unité paysagère qu’est la Palmeraie de Marrakech sont nombreux et interpellent des aspects et composantes variées pouvant avoir des implications variées quant à son aménagement, à sa préservation et à sa mise en valeur. Les quelques journées du Workshop passées sur le terrain à rencontrer différents experts sur les divers aspects de la problématique ont été riches en enseignements. Ces rencontres furent aussi l’occasion de confronter ou de faire des liaisons avec différents thèmes de recherche abordés durant la phase préparatoire au Workshop qui s’est déroulée à Montréal entre les mois de septembre et de novembre. Ces différents thèmes touchaient à des aspects aussi variés et généraux que les jardins islamique, le concept de ‘paysage’ au ‘Maghreb, la question de l’eau au Maroc, les paysages de l’oasis, le tourisme et la transformation des territoires marocains, les temps social, économique et naturel du Maroc contemporain, les politiques d’aménagement du territoire, etc. On présentera dans cette section les différents éléments de problématique qui nous apparurent primordiaux pour la compréhension de ce territoire et des pratiques qui le façonnent. Tirés à la fois des enseignements sur le terrain et de quelques-unes des recherches préparatoires, ils représentent le cadre d’analyse dans lequel la question du projet relatif à la Palmeraie se posa et, à travers lui, celle de son avenir et des populations qui en dépendent ou qui la vivent. LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 5 Yannick Roberge 1898 1953 1986 1990 _transformation de la Palmeraie de Marrakech de 1898 à 1990 HISTORIQUE images tirées de El Faïz,2002 La Palmeraie de Marrakech commence au pied des murs d’enceinte de la Médina et s’étend sur le territoire «Nord-est» de la périphérie de Marrakech jusqu’aux rives de l’Oued Tensift. Aujourd’hui, la Palmeraie occupe une superficie de plus de 6 000 hectares. Cependant, la superficie de la Palmeraie occupait autrefois un territoire beaucoup plus vaste que celui d’aujourd’hui. À l’origine, toute l’étendue ceinturant les murs de la Médina de Marrakech pouvait être considérée comme une Palmeraie. Un grand jardin nourricier que la présence permanente des paysans entretenait et préservait. La Palmeraie était alors, comme l’affirme El Faïz (2002), un réservoir dans lequel toute une population puisait les symboles de son enracinement, mais aussi la mamelle nourricière de la ville et de son artisanat. À travers l’agriculture donc, grâce au faîtage du palmier dattier qui protège des rayons du soleil, et donc de l’assèchement des sols, toute une variété de sous cultures pouvaient naître qui apportait à la ville un apport en aliments et en matériaux de tous genre. En plus de cette fonction nourricière et agricole, la Palmeraie était aussi lieu de promenade et de loisir pour les habitants, un «poumon qui rythmait du souffle de sa respiration l’espace de la cité, lequel restait encore, malgré les agressions du béton, un espace de bahja, cette « joie de vivre » tant célébrée par les chanteurs et les poètes » (El Faïz, 2002) Aujourd’hui, ce patrimoine végétal, culturel et patrimonial est entrain de se détériorer à une vitesse remarquable pour plusieurs raisons. LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 6 Yannick Roberge DÉPRISE AGRICOLE ET CULTURES INTENSIVES _friche végétale _photos de Philippe Poullaouec-Gonidec Une des causes de la détérioration et de la mort des palmiers est celle de la déprise agricole dans le secteur de la Palmeraie. La diminution de cette activité agricole, nécessaire à l’entretien et à la persistance du palmier dattier, a diminuée pour plusieurs raisons dont celle de la reconversion de la population vers des secteurs économiques plus rémunérateurs, laissant ainsi le palmier à son propre sort. En effet, si certaines zones de palmiers peuvent toujours survivre de l’eau qu’ils tirent de façon autonome de la nappe phréatique si celle-ci n’est pas trop loin, d’autres nécessitent l’apport en eau issue de l’irrigation dans les zones où la nappe phréatique est plus distante. La structure paysanne se désagrégeant, l’ancien système d’irrigation traditionnel, nécessitant un entretien constant, se désagrégea lui aussi, participant au déclin de la Palmeraie et, plus spécifiquement, à la mort des palmiers. Le nouveau système d’irrigation par pompage qui prévaut actuellement y participe aussi (cette question de l’eau sera abordée plus précisément dans la section suivante). Ainsi, on voit apparaître sur les lieux laissés vacants par les palmiers et l’agriculture une toute nouvelle friche végétale composée de toutes nouvelles espèces. Une autre cause du déclin du palmier est celle des nouvelles cultures intensives qui ont remplacées les cultures plus traditionnelles. Traditionnellement, les cultures étaient organisées en trois strates. La première, constituée des palmiers, ombrageait les plus petits arbres fruitier : citronniers, orangers, figuiers, oliviers, etc. Par la suite, ces petits arbres fruitiers servaient eux-mêmes à protéger les cultures plus basses de tomates, piments, carottes, blé, orge, luzerne, henné, maïs, etc. Chacune des strates créait donc un microclimat favorable à la culture de l’autre. Au sein de cette organisation, le palmier diminuait les effets asséchant du soleil et du vent. Sans occuper de façon régulière toute la superficie cultivée, le palmier était plutôt régi par le paysan qui le conservait ici et là pour favoriser l’ombrage en des endroits particuliers. Les cultures intensives, avec leurs allées de plantation serrées et leur absence de diversité, excluent ce type d’organisation en strates et donc le palmier. _zones de culture actuelles de vergers dans la Palmeraie (oliviers, orangers) carte de 1994 LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 7 Yannick Roberge QUESTION D’EAU système traditionnel L’agriculture traditionnelle de la Palmeraie reposait sur un système d’irrigation particulier qui permit au Haouz de Marrakech de connaître le développement agricole qu’il connaît aujourd’hui. Écosystème aride et semi-aride caractérisé par une faible pluviométrie et des températures moyennes élevées, avec de grands écarts mensuels et journaliers, le Haouz pu échapper au destin des zones désertiques grâce à la proximité de ce château d’eau qu’est la chaîne montagneuse des Hauts Atlas. _khettaras _captage raine de l’eau souter- Ce système d’irrigation traditionnel était basé sur deux types de systèmes complémentaires : le système des khettaras et le système de la seguia. Les seguias sont des canaux à ciel ouvert qui acheminent et captent l’eau par gravité. Les khettaras sont quant à elles des lignes de puits régulières alignées avec une rigueur extrême. Le principe sur lequel les khettaras se basait était d’aller capter l’eau de la nappe phréatique et de l’amener par gravité jusqu’aux zones de la palmeraie à irriguer. Les deux systèmes étaient associés. L’eau sortante des khettaras était acheminée dans le réseau de seguias de surface qui parcouraient et circonscrivaient les terres à drainer. Les khettaras avaient l’avantage d’assurer un débit constant d’eau sans risque d’épuiser la nappe phréatique. L’association des deux systèmes réduisait l’évaporation excessive que seul un système d’irrigation par seguias aurait créée. Aussi, leur association créait un équilibre entre l’eau drainée de la nappe souterraine et celle qui y retourne par gravité en parcourant le système des seguias. Tout le dispositif semble avoir été conçu de manière à pouvoir jouer de ruse avec la nature et à pouvoir s’y adapter sans épuiser ou diminuer les capacités de renouvellement en eau. _khettaras + seguias _canaux à ciel retour de l’eau nappe ouvert; vers la La priorité accordée aux eaux souterraines par la dynastie almoravide (1601-1147) s’explique d’abord par des causes physiques et naturelles. En effet, le niveau de la nappe phréatique du Haouz décroît du sud vers le nord, passant de 60 mètres dans la limite sud à 10 mètres dans la limite nord. Ainsi, près de 40 % de la plaine du Haouz est située dans une zone ou le toit de la nappe phréatique se trouve à une profondeur inférieure à 10 mètres, prédisposant ainsi les hydrauliciens arabes du Moyen-Âge à une utilisation des « eaux cachées ». Ce réseau ancien dense, diversifié et complexe, atteignait des performances hydrauliques considérables. _khettaras + seguias + végétation (culture) LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 8 Yannick Roberge système par pompage Aujourd’hui, la tradition d’entretien des seguias et des khettaras à l’intérieur de la Palmeraie n’est plus coutume; le système de khettara qui emmenait l’eau de la nappe phréatique vers les seguias n’est plus entretenu. Plutôt, c’est par pompage de l’eau directement de la nappe phréatique que la plupart des besoins en eau sont comblés. Ce système contribua à abaisser la nappe phréatique en dessous des 40 mètres à partir du niveau du sol selon les dires de certains. La quantité d’eau utilisée dépasse donc largement la capacité de renouvellement de la nappe phréatique. Les nouvelles formes d’occupations touristiques dans la Palmeraie y contribuent énormément comme on le verra plus loin. Le nouveau système d’irrigation par pompage a des effets aussi sur les modes de vie. Alors que le système traditionnel nécessitait la coopération intertribale et le renforçait, le nouveau système contribue à l’individualisation des modes de vie et la privatisation de la ressource aqueuse. L’abaissement de la nappe phréatique créé par ce nouveau système d’irrigation, issu de la rationalité moderne du protectorat français selon El Faïz, a plusieurs effets au niveau de la structure paysagère du territoire de la Palmeraie dont la mort des palmiers qui se nourrissaient à même la nappe phréatique (zone près de l’Oued Tensift); rendue trop basse, leurs racines sont incapables d’en puiser l’eau. Aussi, ce nouveau système change aussi la trame au sol créé par l’ancien système des seguias. Bien qu’elle était toujours apparente à certains endroits lors de nos visites de terrain, il est à prédire que les qualités paysagères particulières que ce système offrait devraient disparaître avec les nouvelles méthodes d’irrigation. avant_ 10 m sous le sol aujourd’hui_ 40 m sous le sol _abaissement de la nappe phréatique résultant du pompage LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 9 Yannick Roberge OCCUPATION DE LA PALMERAIE L’urbanisation de la Palmeraie est l’une des causes de sa transformation sous plusieurs aspects. Même si elle est protégée par un dahir remontant à 1929, la Palmeraie de Marrakech est depuis 1990 le lieu d’une pression de développement ayant plusieurs effets entre autres sur les questions de l’eau et de l’agriculture discutées auparavant. Ces nouvelles formes d’occupation de la Palmeraie de Marrakech, touristiques, commerciales et résidentielles, s’effectuant sans organisation globale au gré des dérogations au schéma directeur, contribuent à transformer les structures traditionnelles de l’habitat (les douars). Elles contribuent aussi de différentes façons au recul et à la disparition des cultures traditionnelles et maraîchères en occupant les terres _mitage et urbanisation de la Palmeraie de Marrakech (en rouge) carte de 1994 LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 10 Yannick Roberge _douar Guennoune _unité d’habitation résidentielle douars occupations récréotouristiques Les douars sont des structures d’habitation traditionnels liés au mode de vie des peuples nomades agricoles. Le Petit Robert les définit comme étant des ‘Agglomérations de tentes disposées en cercle que les Arabes nomades installent temporairement’ (Le Petit Robert, 2003). Ils évoluent dans leur forme et se solidifient à mesure que les revenus des habitants qui y vivent augmentent. Ainsi, les agglomérations originelles se transforment peu à peu en maisons en pisé avec cours intérieures et enclos pour le bétail. La qualité des paysages de la Palmerais, du moins celle que l’on vend à travers les images de cartes postales, attire un nombre croissant de touristes, de résidents étrangers et d’investisseurs dont la venue a précisément pour effet de créer une menace réelle, que ce soit par l’augmentation de la valeur des terres ou par la difficulté d’assurer l’insertion harmonieuse des nouvelles implantations ou par le maintien d’activités agricoles traditionnelles. Si les douars, à l’époque où la Palmeraie agissait comme jardin nourricier, ont joués un rôle positif avec la ville en entretenant son plus grand ‘jardin’, la perception de cette relation douars/ville a bien changée. C’est qu’aujourd’hui, comme l’explique El Faïz (2002), les douars sont passés d’une fonction agricole à une fonction beaucoup plus urbaine. « L’urbanisme de l’après indépendance, en dilapidant la réserve foncière de la ville et en détruisant ses vergers et ses jardins, a non seulement sapée l’économie de ces douars, mais aussi privé les générations présentes et à venir du droit au minimum vital de verdure et d’oxygène. » (El Faïz, 2002) Privés de sources de revenus satisfaisantes, les douars contemporains sont caractérisés par une pauvreté parfois extrême. D’ailleurs, leur existence en périphérie de Marrakech, incluant la zone de la Palmeraie, cause beaucoup de problèmes aux aménagistes. ‘À aucun moment on n’a vu dans ce phénomène une manifestation sociologique et humaine produite par la marginalité urbaine et la destruction de l’agriculture traditionnelle. […]’ (El Faïz, 2002). Les douars et leur pauvreté sont bien les résultats de la transformation des structures de l’habitat traditionnel marocain. La Palmeraie est l’un de ces sites où se manifestent ces transformations, souvent paradoxales. La cohabitation des douars avec les nouvelles exploitations commerciales, agricoles et touristiques en offre la meilleure image. Aujourd’hui, il semble que ces douars se retrouvent le plus souvent près des grandes voies d’accès. Tournés vers les routes, ils peuvent ainsi tirer certains revenus des passants qui se dirigent vers la ville. LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN _golf Comme pour l’arrivée des vergers commerciaux, le changement radical qu’est l’urbanisation de la Palmeraie est l’une des premières causes de la migration des paysans à l’extérieur de la zone, soit dans le nouveau quartier du Gueliz, dans les bidonvilles ou les zones industrielles. C’est suite au protectorat français (1912-1956) que les premières phases d’urbanisation surviennent, en médina et dans le Guéliz. Suite à cette vague, la Palmeraie accueillera en 1973 son premier complexe hôtelier dans le quartier de Semlalia, en plein cœur de la Palmeraie. À partir de 1985, l’état marocain mettra de l’avant de nombreux avantages fiscaux pour attirer les investissements étrangers au Maroc. La Palmeraie deviendra l’un de ces lieux où ces fonds étrangers viendront se déployer. On peut donc voir apparaître de nouveaux types d’architectures comme la villa et le complexe touristiques et ses hôtels 5 étoiles mais aussi des nouvelles activités à caractères récréatifs comme les golfs, les centres d’équitation, etc. Espaces fermés et tournés vers l’intérieur, il tentent le plus souvent de reproduire cet idéal de Palmeraie attendu par les visiteurs étrangers tout en leur offrant les services que le tourisme s’attend à avoir : palmiers verdoyants, gazon bien entretenu, fontaines, etc. Il va sans dire que l’intégration de ces complexes dans le paysage de la Palmeraie est parfois contrastante avec, par exemple, l’architecture et les conditions des douars. Aussi, les espaces ultra verdoyants qu’ils réussissent à créer à l’intérieur de leurs enceintes résonnent mal avec les palmiers desséchés de l’environnement aride juste de l’autre côté de leur mur. En effet, ces installations (golf, jardins, etc.) nécessitent une quantité d’eau incroyable qu’ils puisent par pompage. Le type de tourisme qui se développe au cœur de la Palmeraie dépasse donc largement la quantité de ressources disponibles en eau du climat aride et semi désertique de la Palmeraie, contribuant ainsi à sa transformation. WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 11 Yannick Roberge LE TAUX EN 1936 3. D'URBANISATION AU MAROC QUI N'ÉTAIT QUE DE L'ORDRE DE 20% 29,3% EN 1960 ET À 51.3% EN 1994. IL EST ACTUELLEMENT ESTIMÉ À 55% ET IL EST PRÉVU D'ATTEINDRE 62% À L'HORIZON 2010 ET PRÈS DE 70% À L'HORIZON 2025 EST PASSÉ À LE NOMBRE 117 DES COMMUNES ET CENTRES URBAINS CADRE ANALY TIQUE EST 1960 À 1547 EN 1999. DANS CES PHÉNOMÈNES , L'INTENSIFICATION DE L'EXODE RURAL POUR BEAUCOUP ; : 49.4% DE 1982 À 1994. PASSÉ EN DE Les différents éléments de problématique découverts de visu lors du Workshop ainsi que par les recherches et conférences préparatoires de l’avant départ montrent que le projet devant être développé devait prendre en compte une complexité de données assez importante : JOUE d’ordre environnemental (mutation du couvert végétal, apparition de friches végétales, transformations des écosystèmes naturels, abandon des systèmes d’irrigation traditionnels (khettara) et problèmes d’approvisionnement en eau) d’aménagement du territoire (mitage foncier, transformation des structures traditionnelles de l’habitat (douar), recul et disparition de cultures traditionnelles et maraîchères) d’ordre culturel et social (perte de l’identité paysagère et mutation des expressions paysagères, absence de mesures publiques de mise en valeur de la Palmeraie, privatisation d’un paysage d’intérêt patrimonial et emblématique) d’ordre économique : développement touristique extensif et intensif et domiciliaire de haut de gamme. Devant cette complexité, les solutions, même pour les intervenants sur le site, n’étaient pas toujours des plus évidentes surtout si on se replace dans le contexte culturel marocain où il semble que la mobilisation collective, nécessaire à tout projet, n’est pas une pratique commune. C’est dans l’optique de faire une synthèse, si l’on veut, de la plupart de ces éléments de problématique que nous avons dirigé notre cadre d’analyse en vue du projet. Plus particulièrement, l’urbanisation de la Palmeraie nous est apparue comme un des éléments majeurs sur lequel il fallait se pencher. Prospectivement, comme notre travail préparatoire général sur le Maroc nous l’a montré, il semble que les pressions de développement ne feront qu’augmenter dans le futur. Ces pressions, peut-on croire, seront issues à la fois de l’augmentation des implantations touristiques et de l’arrivée de nombreuses populations rurales fuyant les espaces ruraux pour les villes. Le phénomène de la ‘douarisation’ et de la ‘disneyification’ de la Palmeraie n’en sera qu’encore augmenté avec, comme corollaire, les problèmes discutés précédemment et schématisés dans les croquis d’analyse suivants. COPIER/COLLER URBAIN DANS LA PALMERAIE? LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 12 Yannick Roberge SYNTHÈSE ANALYTIQE fracture physique/symbolique implantations touristiques urbanisation exode rural douars La Palmeraie est soumise actuellement à deux forces opposées qui la mettent en péril. D’une part, l’exode rural qui augmentera l’occupation de la Palmeraie par les douars et, d’autre part, le développement de l’urbanisation et des structures d’accueil touristiques qui continueront à gruger, de façon peu planifiée, des portions de la Palmeraie. La prolifération de ces implantations touristiques consommatrices d’espace et d’eau et l’extension, en nombre et en superficie, des douars prolifiques ne possédant bien souvent pas de sources de revenus locales posent la question de ce qu’il adviendra des portions de Palmeraie restantes. L’interface paysager ville/palmeraie, si emblématique pour l’image de la ville est plus ou moins lisible selon les endroits; les caractéristiques paysagères particulières du site à ce niveau semblent étouffées par un phénomène de surdensification et d’étalement urbain ne prenant pas en compte les qualités paysagères de cet interface et, conséquemment, la relation qui unit la ville à la Palmeraie. Cette fracture physique entre la ville et la Palmeraie trouve aussi un écho au niveau symbolique. Alors qu’avant elle était perçue comme un espace public, un jardin de rencontre pour les habitants de Marrakech, sa privatisation accélérée engendre une perception négative; ils s’y sentent exclus. _RELATION HISTORIQUE NOURRICIÈRE douars/Palmeraie/ville LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN _RELATION CONTEMPORAINE destruction de la Palmeraie WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 13 Yannick Roberge DOUARS OU IMPLANTATIONS AGRICOLES 4. ANCIENNE KHETTARA INTENTIONS STRATÉGIE Volonté de renforcer la relation paysagère ville-palmeraie en proposant une nouvelle forme d’implantation du bâti à l’intérieur de la palmeraie sensible à la matrice historique et paysagère du territoire qui puisse, à long terme, redéfinir de nouvelles relations d’occupation socio-économiques. En ce sens, la stratégie porte aussi sur la création d’interactions et d’accès publics entre la ville et la Palmeraie ainsi que sur la valorisation d’espaces d’agriculture non intensives et leur échange avec le monde urbain. _ZONES D’IMPLANTATIONS TOURISTIQUES/RÉSIDENTIELLES Ces intentions de design reposent sur les éléments de problématiques posés précédemment. Premièrement, elles reposent sur la problématique de l’urbanisation de la Palmeraie qui devrait, si nos analyses sont bonnes, augmenter dans le futur autant au niveau de l’implantation touristique que de la venue des douars. Aussi, elle tient compte de l’échelle du site et de sa situation dans la forme urbaine et régionale de la région de Marrakech. L’espace de la Palmeraie possède bien cette qualité ‘d’entredeux’, d’espace interface entre l’espace urbain et l’espace régional. Sa périurbanité, dans notre stratégie, est clairement assumée. Les caractéristiques sociales de son occupation actuelle (tourisme, résidents étrangers, douars) et ses limites, bordée d’un côté par les murs de la médina et, de l’autre, par l’espace régional, tendent en effet à brouiller les traditionnelles distinctions conceptuelles entre l’urbain et le régional, le local et le global. Au cœur de la palmeraie, ces oppositions semblent bien vouloir cohabiter et s’exprimer. Idée radicale pour certains, la destruction de certaines portions de la Palmeraie pour le bâti doit être pensée autrement. Le bâti devient en quelque sorte l’initiateur d’une nouvelle configuration spatiale autrefois axée sur le système d’irrigation traditionnel. Ce système n’est plus mais sa mémoire subsiste, tournée vers le futur, par l’orientation des îlots et, comme on le verra plus loin, dans la structure même des îlots. _PROPOSITION SCHÉMA DIRECTEUR GLOBAL La matrice territoriale que forme le système de kettaras toujours perceptible sur le territoire est la trame organisatrice de l’implantation. Cette trame de kettaras est aussi historique puisqu’elle est à l’origine de l’orientation de la ville de Marrakech LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 14 Yannick Roberge Au niveau idéel, cette nouvelle logique passe par la création, dans les bandes d’urbanisation et d’infrastructures, d’une architecture et d’un micro-urbanisme capable de capter et de gérer l’eau afin d’en faire bénéficier les zones agricoles de la Palmeraie qu’elles bordent. Des espaces de marché par exemple devraient aussi être pensés à l’intérieur des bandes structurantes afin que puissent s’établir de nouvelles fonctions nourricières et commerciales entre les espaces bâti et les espaces de la Palmeraie, parfois agricoles. Enfin, notre stratégie participe aussi à une redéfinition de limites claires pour la Palmeraie. Il est de notre avis que l’urbanisation qui s’y fait, en n’ayant aucun schéma directeur ou d’idée globale, morcelle et mite son contenu et brouille ses limites de sorte que la lecture de l’entité ‘Palmeraie’ est plus ou moins claire. Notre proposition vise donc aussi à mettre en valeur les interfaces, les rencontres et, par le fait même, leur caractères propres. Comme dans les jardins islamiques où les rapports entre extérieur et intérieur sont clairement définis, notre proposition vise, à l’intérieur même de la Palmeraie, à faire succéder ces contrastes bâti/jardin qui participent à sa lecture. gestion et apport d’eau apport nourricier vers l’urbain _schéma conceptuel des relations architecture/urbanisme/Palmeraie LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 15 Yannick Roberge 5. DESIGN C'est à l'Interface entre la limite de la ville de Marrakech et la Palmeraie, juste de l'autre côté du Oued, que notre proposition de design se porte à la fois comme un modèle prototypique de l'implantation des zones bâties et comme un modèle particulier répondant aux qualités particulières du site. Cette zone fut choisie pour plusieurs raisons en lien avec les intentions décrites précédemment. Premièrement, cette zone est l'objet d'une extension de la ville qui commence à gruger la Palmeraie de l'autre côté du Oued, nuisant ainsi à l'image d'une 'Palmeraie qui commence aux pieds de la Médina'. La frontière entre la ville de Marrakech (la médina et la nouvelle ville) d'un côté et la Palmeraie de l'autre est plus ou moins claire au niveau paysager. Cette zone frontière avec la ville est aussi significative en tant qu'elle pourrait être, de par sa proximité, la porte d'entrée des Marrakechis pour ce grand jardin qu'est la Palmeraie. Au niveau urbanistique cependant, les accès et les relations piétonnes entre les différentes entités de la ville et la Palmeraie sont absents. Ainsi, on a tenté de montrer comment une zone d'implantations pourrait se faire dans cet espace afin d'atteindre les trois objectifs suivants : - mise en valeur de l'interface ville-Palmeraie, si importante pour l'image de la ville à cet endroit - être établie en accord avec les trois séquences paysagères que l'on peut retrouver lorsqu'on parcourt la route située à la limite du Oued et de la ville : périphérie nouvelle ville médina - reconnecter, au niveau urbanistique, la Palmeraie avec la ville afin que les Marrakechis puissent y avoir accès LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 16 Yannick Roberge _ CONCEPT GLOBAL LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN _URBAIN _OUED _LIMITER répondre à la séquence des vides, des pleins, des axes et des volumes créés par la trame bâtie vaste dépression se sculptant par la pression de l’eau qui y voyage, espace limitrophe à la ville et à la Palmeraie, l’intervention vise à redonner à l’oued l’espace qui lui est nécessaire planifier les limites de l’extension bâtie,autant résidentielle que touristique, afin de renforcer la transition ville_palmeraie _KETTARA _INTÉGRER _AGRICOLE ancienne forme d’irrigation, sa trace se superpose à la zone bâtie comme un axe structurant d’espaces verts comme le lit de l’oued dévorant sur son passage des morceaux de territoire faconnés par un passage antérieur, la forme émergeant du territoire peut intégrer en elle-même la diversité des espaces bâtis qu’elle rencontre territoire cultivalbe entre les ilôts urbains. La cohabitation de l’urbain et du territoire de la Palmeraie permettent les échanges agricoles. WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 17 Yannick Roberge a _PÉRIPHÉRIE analyse visuelle L’espace périphérique à la ville se caractérise par des vues dégagées à la fois du côté de la Palmeraie et du côté de la ville. Si quelques implantations touristiques peuvent être perceptibles dans la section de la Palmeraie la plus au nord, on peut dire que de facon générale, la présence du palmier est encore assez forte. Du côté de la ville, il est à croire que les terrains vacants seront bientôt construits. Sur la frontière de cette portion pourraient donc se rencontrer la ville et ses formes et la frivolité du palmier dattier. LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 18 Yannick Roberge a _PÉRIPHÉRIE réponse formelle bande de Palmeraie/agriculture conservée et valorisée douar intégré à la bande d’implantation espace d’urbanisation futur LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN route oued bande de palmiers/agriculture conservée WORKSHOP MARRAKECH 2004 zone bâtie avec kettara structurante Palmeraie et cultures RAPPORT FINAL 19 Yannick Roberge b _NOUVELLE VILLE analyse visuelle Point de rencontre entre la nouvelle ville d’un côté qui vient border la route et d’un douar improbable à cheval sur le oued. Ce rétrécissement signe l’entrée vers la zone urbaine. Les rapports volumétriques entre le bâti de la nouvelle ville et le végétal de la Palmeraie sont équilibrés. Des zones d’implantations touristiques ou résidentielles plus luxueuses sont aussi perceptibles de la route. La forme de la Palmeraie se fait plus discrète; elle semble s’éloigner. À remarquer aussi la technique de végétalisation en bordure de la route qui sert à camoufler un douar des usagers de la route (troisième photo) LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 20 Yannick Roberge b _NOUVELLE VILLE réponse formelle Bande de palmiers/agriculture conservée Détail de la place carrefour entre la route de Fes, la vieille médina et la nouvelle ville. Espace pivot, il est en quelque sorte la fin de l’esplanade (voir c. réponse médina) s’accrochant dans l’un des vides de l’ancienne médina comme un retour sur luimême que le piéton peut emprunter. De l’autre côté de la route de Fes, vers le nord, il se termine dans l’épaisseur de la Palmeraie. Un traitement au sol marque la particulatiré de cet espace occupé, entre autres, par des palmiers. Avec le bâti qui le borde, elle contribue à marquer le point en créant un passage entre un espace plus étroit et un espace plus ouvert. médina route oued place pivot zone bâtie intégrée et nouvelle avec kettara structurante Palmeraie et cultures c’est dans cette zone charnière que le bâti atteint sa hauteur maximale comme une réponse volumétrique à l’espace de la ville avec qui il est en lien LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 21 Yannick Roberge c _MÉDINA analyse visuelle Rencontre du mur de l’ancienne médina avec ce qui est supposé être la Palmeraie. Le mur qui longe la presque totalité de l’interface, répondant de facon presque symétrique à celui de l’ancienne médina, en coupe l’accès à la fois physiquement et visuellement. Un dégagement bien souvent aménagé est conservé près de chaque mur afin qu’on puisse y circuler. LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 22 Yannick Roberge c _MÉDINA Entrée Palmeraie (espace jardin) Place Jemaa El-Fna (espace profane) réponse formelle Esplanade piéton planté de palmiers avec traitement au sol distinct. Conserve une distance permettant d’observer de loin la vieille médina. On peut y accéder par des accès surmontant le oued à la sortie de chacune des portes de la médina. Le point fort est la place donnant accès à la Palmeraie, en lien symbolique avec la Place Jemaa El-Fna et la Mosquée Koutoubia. Une place monumentale à l’échelle du jardin qu’elle met en lien avec la ville. Mosquée Koutoubia (espace sacré) médina LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN route oued esplanade WORKSHOP MARRAKECH 2004 entrée Palmeraie Palmeraie et cultures RAPPORT FINAL 23 Yannick Roberge 6. BIBLIOGRAPHIE EL FAÏZ, Mohammed (2002) Marrakech : Patrimoine en Péril, Acte Sud / Eddif. ROYAUME DU MAROC (2001) Rapport sur l'État de l'Environnement du Maroc, Ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'environnement, Département de l'Environnement, 2001. LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN WORKSHOP MARRAKECH 2004 RAPPORT FINAL 24 Yannick Roberge