LA PALMERAIE DE MARRAKECH _UN PAYSAGE PÉRIURBAIN

Transcription

LA PALMERAIE DE MARRAKECH _UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
LA
PALMERAIE
DE
MARRAKECH
_UN
PAYSAGE
PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
APA 4300
PROCESSUS
ET
DESIGN
RAPPORT FINAL
YANNICK ROBERGE
_UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL
ÉCOLE D’ARCHITECTURE DE PAYSAGE
PROF. RESPONSABLES
PHILIPPE POULLAOUEC-GONIDEC
STEFAN TISCHER
DÉCEMBRE
2004
INTERFACE
TABLE DES MATIÈRES
1. WORKSHOP_
_____3
2. ANALYSES_
_____5
questionnement général du projet, enjeux et
problématiques
3. CADRE ANALYTIQUE_
_____ 12
4. INTENTIONS_
_____14
5. DESIGN_
_____16
6. BIBLIOGRAPHIE_
_____24
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL
Yannick Roberge
ritoire de la Palmeraie de Marrakech devint, si l’on veut, un laboratoire
particulier dans lequel put émerger, à travers la réalisation de projets,
différentes hypothèses et réflexions d’aménagement adressant la
question de la préservation et de la réinvention des paysages de la
périphérie de cette ville historique.
1.
WORKSHOP
CONTEXTE GÉNÉRAL
Le cadre général dans lequel se sont posées les différentes problématiques associées au devenir des paysages de la Palmeraie de
Marrakech est celui d’un questionnement général sur l’avenir des territoires adjacents aux grandes villes de ce monde dans un contexte de
globalisation. En effet, l’expérience du temps montre que depuis plus
de 10 ans, les conditions de ces territoires dits ‘périurbains’ constituent
une problématique majeure pour les différents devenirs des sociétés
humaines : social, économique, culturel, etc. De toutes ces facettes
qu’interpelle le développement périurbain, le devenir paysager est
sans doute celui qui interpelle le plus l’architecte paysagiste.
Se développant soit sous la forme de ‘Slum’ ou de bidonvilles dans les
pays émergents, soit sous la forme d’immenses zones résidentielles
grugeant à une vitesse difficilement évaluable les territoires bordant les
villes, ces nouvelles configurations spatiales sont aussi créatrices de
nouveaux paysages. C’est à la question de ces nouveaux paysages et
de leur positionnement face aux réalités et qualités
historiques/contemporaines des territoires sur lesquels ils se déploient
que le Workshop Marrakech 2004 s’adressait de façon globale. Le terLA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
Les résultats issus du Workshop Marrakech 2004 s’inscrivent donc sur
cette jonction entre la réflexion particulière sur un territoire donné et
son apport documentaire à une réflexion plus large sur le devenir des
territoires périurbains. Organisé par la CUPEUM (Chaire en paysage
et en environnement de l’Université de Montréal), les résultats issus de
cette activité internationale, en plus de faire l’objet d’une exposition
publique dans la ville de Marrakech, seront aussi le sujet d’une publication de la CUPEUM vouée à diffuser, à faire rayonner et à partager
les résultats de recherche de cette activité. Ainsi, la diffusion des résultats de cette activité veut être à la fois un levier à la coopération locale
en permettant aux aménagistes, aux décideurs et aux collectivités
locales de la municipalité de Marrakech d’en bénéficier et un apport
réflexif aux réflexions plus générales déjà entamées dans le cadre de
l’Observatoire international des paysages périphériques : villes et
métropoles de la CUPEUM.
Cette dialectique entre la réflexion sur des particularités locales et son
apport à une réflexion plus globale que corporalise le Workshop au
niveau de ses intentions se refléta aussi au niveau des différents
acteurs et disciplines que la réalisation du projet regroupa. En effet, le
Workshop Marrakech 2004 mis en contact, autant au niveau du corps
professoral que des étudiants participants et des experts invités, des
individus issus de différents pays (Maroc, Italie, Montréal, Liban) faisant partie du réseau de la CUPEUM et de différents champs disciplinaires : architecture, tourisme, architecture de paysage, agronomie.
Les onze équipes participantes étaient donc composées d’étudiants
appartenant tous à des horizons culturels et disciplinaires pluriels; chaque individu de chacune des équipes devait appartenir à une université
différente et, conséquemment, à un champ disciplinaire particulier. On
peut donc dire que le projet de paysage élaboré par chacune des équipes est aussi la matérialisation, du moins en théorie, de cette dialectique entre le local et le global. L’espace du Workshop fut le temps et
l’espace de rencontre particulier de savoirs, de façons d’être et d’horizons pluriels qu’il matérialisa sous la forme du projet de paysage. Au
terme de l’exercice, les réseaux de connections humaines et de savoir
que cette rencontre permit sont encore difficiles à évaluer dans leur
richesse. Le temps que nécessite l’appropriation d’une expérience travaille toujours. Le rapport qui suit veut être entre autres l’initiation de
cette appropriation.
RAPPORT FINAL 3
Yannick Roberge
OBJECTIFS
l’expérience
Le Workshop Marrakech 2004, au-delà de ces intentions générales et
de ce contexte pluridisciplinaire et multiculturel, poursuivait un ensemble d’objectifs particuliers. Ces objectifs touchaient différents aspects
:
l’analyse
Expérimenter différentes modalités de travail (recherches individuelle
et pluridisciplinaire, charrette en groupe multiculturel) ;
Expérimenter une coopération internationale dans un contexte de projet d’architecture de paysage et dont la finalité est :
_ sensibiliser la société civile et les organismes gouvernementaux à
Analyser les enjeux de développement, d’aménagement du territoire,
l’invention
et à la mise en valeur des paysages (et plus largement du
de préservation et de mise en valeur des paysages de la Palmeraie de
territoire)
Marrakech;
_ apporter des solutions d’aménagement viables vis-à-vis des enjeux
Analyser les composantes physico spatiales, environnementales,
ciblés
par les collectivités locales.
socio-économiques et culturelles du territoire de la Palmeraie en vue
de dresser un bilan prospectif de la situation;
le projet
Énoncer des stratégies et des actions et esquisser des intentions de
projet ;
Développer des habilités à créer un programme, un concept d’intervention et un projet de paysage (stratégie et esquisse de design) cohérents supportés par :
_ une réflexion sur les enjeux de la périphérie de Marrakech (secteur
de la Palmeraie)
_ une compréhension des facteurs et des phénomènes qui déterminent l’avenir de ce territoire
_ Développer une compétence forte d’articulation entre programmation, concept et design à toutes les échelles;
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 4
Yannick Roberge
2.
ANALYSES
questionnement général du projet, enjeux et problématiques
“La palmeraie de Marrakech est la seule oasis occupant au Maroc la partie nord de la chaîne du Haut Atlas. Elle est le jardin par
excellence de la cité de Marrakech, elle fournit encore des dattes consommées surtout localement, des troncs utilisés dans les
toitures et des palmes de combustible pour les fours (cuisson des aliments, chauffage des bains, poterie, industrie…). Elle alimente l’artisanat local et abrite des cultures céréalières et maraîchères et aussi des arbres fruitiers (grenadiers, oliviers, agrumes…); c’est la continuité de la Médina et de ses jardins intra-muros (Riad, Arset, Jnane). Elle a toujours été un espace de loisirs, de récréation et de détente pour la population marrakechie. Elle est un espace vert d’importance majeure pour l’équilibre
écologique.”
Saïd Boujrouf, Nouvelles formes d’occupation de l’espace touristique de la ville de Marrakech: l’exploitation de la Palmeraie in
Méditerranée, revue géographique des pays méditerranéens, numéro 3, 1996, pp. 27-97
Les enjeux et problématiques qui sous-tendent l’unité paysagère qu’est la Palmeraie de Marrakech
sont nombreux et interpellent des aspects et composantes variées pouvant avoir des implications
variées quant à son aménagement, à sa préservation et à sa mise en valeur. Les quelques journées
du Workshop passées sur le terrain à rencontrer différents experts sur les divers aspects de la problématique ont été riches en enseignements. Ces rencontres furent aussi l’occasion de confronter ou de
faire des liaisons avec différents thèmes de recherche abordés durant la phase préparatoire au
Workshop qui s’est déroulée à Montréal entre les mois de septembre et de novembre. Ces différents
thèmes touchaient à des aspects aussi variés et généraux que les jardins islamique, le concept de ‘paysage’ au ‘Maghreb, la question de l’eau au Maroc, les paysages de l’oasis, le tourisme et la transformation des territoires marocains, les temps social, économique et naturel du Maroc contemporain, les
politiques d’aménagement du territoire, etc.
On présentera dans cette section les différents éléments de problématique qui nous apparurent primordiaux pour la compréhension de ce territoire et des pratiques qui le façonnent. Tirés à la fois des enseignements sur le terrain et de quelques-unes des recherches préparatoires, ils représentent le cadre
d’analyse dans lequel la question du projet relatif à la Palmeraie se posa et, à travers lui, celle de son
avenir et des populations qui en dépendent ou qui la vivent.
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 5
Yannick Roberge
1898
1953
1986
1990
_transformation de la Palmeraie de Marrakech
de 1898 à 1990
HISTORIQUE
images tirées de El Faïz,2002
La Palmeraie de Marrakech commence au pied des murs d’enceinte de la Médina et s’étend sur
le territoire «Nord-est» de la périphérie de Marrakech jusqu’aux rives de l’Oued Tensift. Aujourd’hui, la
Palmeraie occupe une superficie de plus de 6 000 hectares. Cependant, la superficie de la Palmeraie
occupait autrefois un territoire beaucoup plus vaste que celui d’aujourd’hui.
À l’origine, toute l’étendue ceinturant les murs de la Médina de Marrakech pouvait être considérée
comme une Palmeraie. Un grand jardin nourricier que la présence permanente des paysans entretenait et préservait. La Palmeraie était alors, comme l’affirme El Faïz (2002), un réservoir dans lequel
toute une population puisait les symboles de son enracinement, mais aussi la mamelle nourricière de
la ville et de son artisanat. À travers l’agriculture donc, grâce au faîtage du palmier dattier qui protège
des rayons du soleil, et donc de l’assèchement des sols, toute une variété de sous cultures pouvaient
naître qui apportait à la ville un apport en aliments et en matériaux de tous genre.
En plus de cette fonction nourricière et agricole, la Palmeraie était aussi lieu de promenade et de loisir
pour les habitants, un «poumon qui rythmait du souffle de sa respiration l’espace de la cité, lequel restait encore, malgré les agressions du béton, un espace de bahja, cette « joie de vivre » tant célébrée
par les chanteurs et les poètes » (El Faïz, 2002)
Aujourd’hui, ce patrimoine végétal, culturel et patrimonial est entrain de se détériorer à une vitesse
remarquable pour plusieurs raisons.
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 6
Yannick Roberge
DÉPRISE AGRICOLE ET CULTURES INTENSIVES
_friche végétale _photos
de Philippe Poullaouec-Gonidec
Une des causes de la détérioration et de la mort des palmiers est celle de la déprise agricole dans le
secteur de la Palmeraie. La diminution de cette activité agricole, nécessaire à l’entretien et à la persistance du palmier dattier, a diminuée pour plusieurs raisons dont celle de la reconversion de la population vers des secteurs économiques plus rémunérateurs, laissant ainsi le palmier à son propre sort. En
effet, si certaines zones de palmiers peuvent toujours survivre de l’eau qu’ils tirent de façon autonome
de la nappe phréatique si celle-ci n’est pas trop loin, d’autres nécessitent l’apport en eau issue de l’irrigation dans les zones où la nappe phréatique est plus distante. La structure paysanne se désagrégeant, l’ancien système d’irrigation traditionnel, nécessitant un entretien constant, se désagrégea lui
aussi, participant au déclin de la Palmeraie et, plus spécifiquement, à la mort des palmiers. Le nouveau système d’irrigation par pompage qui prévaut actuellement y participe aussi (cette question de
l’eau sera abordée plus précisément dans la section suivante). Ainsi, on voit apparaître sur les lieux
laissés vacants par les palmiers et l’agriculture une toute nouvelle friche végétale composée de toutes
nouvelles espèces.
Une autre cause du déclin du palmier est celle des nouvelles cultures intensives qui ont remplacées les
cultures plus traditionnelles. Traditionnellement, les cultures étaient organisées en trois strates. La
première, constituée des palmiers, ombrageait les plus petits arbres fruitier : citronniers, orangers,
figuiers, oliviers, etc. Par la suite, ces petits arbres fruitiers servaient eux-mêmes à protéger les cultures plus basses de tomates, piments, carottes, blé, orge, luzerne, henné, maïs, etc. Chacune des strates créait donc un microclimat favorable à la culture de l’autre. Au sein de cette organisation, le palmier diminuait les effets asséchant du soleil et du vent. Sans occuper de façon régulière toute la superficie cultivée, le palmier était plutôt régi par le paysan qui le conservait ici et là pour favoriser l’ombrage
en des endroits particuliers. Les cultures intensives, avec leurs allées de plantation serrées et leur
absence de diversité, excluent ce type d’organisation en strates et donc le palmier.
_zones de culture actuelles de vergers dans la Palmeraie (oliviers, orangers)
carte de 1994
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 7
Yannick Roberge
QUESTION D’EAU
système traditionnel
L’agriculture traditionnelle de la Palmeraie reposait sur un système d’irrigation particulier qui permit au
Haouz de Marrakech de connaître le développement agricole qu’il connaît aujourd’hui. Écosystème
aride et semi-aride caractérisé par une faible pluviométrie et des températures moyennes élevées,
avec de grands écarts mensuels et journaliers, le Haouz pu échapper au destin des zones désertiques
grâce à la proximité de ce château d’eau qu’est la chaîne montagneuse des Hauts Atlas.
_khettaras
_captage
raine
de
l’eau
souter-
Ce système d’irrigation traditionnel était basé sur deux types de systèmes complémentaires : le système des khettaras et le système de la seguia. Les seguias sont des canaux à ciel ouvert qui acheminent et captent l’eau par gravité. Les khettaras sont quant à elles des lignes de puits régulières alignées avec une rigueur extrême. Le principe sur lequel les khettaras se basait était d’aller capter l’eau
de la nappe phréatique et de l’amener par gravité jusqu’aux zones de la palmeraie à irriguer.
Les deux systèmes étaient associés. L’eau sortante des khettaras était acheminée dans le réseau de
seguias de surface qui parcouraient et circonscrivaient les terres à drainer. Les khettaras avaient
l’avantage d’assurer un débit constant d’eau sans risque d’épuiser la nappe phréatique. L’association
des deux systèmes réduisait l’évaporation excessive que seul un système d’irrigation par seguias aurait
créée. Aussi, leur association créait un équilibre entre l’eau drainée de la nappe souterraine et celle
qui y retourne par gravité en parcourant le système des seguias. Tout le dispositif semble avoir été
conçu de manière à pouvoir jouer de ruse avec la nature et à pouvoir s’y adapter sans épuiser ou diminuer les capacités de renouvellement en eau.
_khettaras + seguias
_canaux
à
ciel
retour de l’eau
nappe
ouvert;
vers la
La priorité accordée aux eaux souterraines par la dynastie almoravide (1601-1147) s’explique d’abord
par des causes physiques et naturelles. En effet, le niveau de la nappe phréatique du Haouz décroît
du sud vers le nord, passant de 60 mètres dans la limite sud à 10 mètres dans la limite nord. Ainsi,
près de 40 % de la plaine du Haouz est située dans une zone ou le toit de la nappe phréatique se trouve
à une profondeur inférieure à 10 mètres, prédisposant ainsi les hydrauliciens arabes du Moyen-Âge à
une utilisation des « eaux cachées ». Ce réseau ancien dense, diversifié et complexe, atteignait des
performances hydrauliques considérables.
_khettaras + seguias +
végétation (culture)
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 8
Yannick Roberge
système par pompage
Aujourd’hui, la tradition d’entretien des seguias et des khettaras à l’intérieur de la Palmeraie n’est plus
coutume; le système de khettara qui emmenait l’eau de la nappe phréatique vers les seguias n’est plus
entretenu. Plutôt, c’est par pompage de l’eau directement de la nappe phréatique que la plupart des
besoins en eau sont comblés. Ce système contribua à abaisser la nappe phréatique en dessous des
40 mètres à partir du niveau du sol selon les dires de certains. La quantité d’eau utilisée dépasse donc
largement la capacité de renouvellement de la nappe phréatique. Les nouvelles formes d’occupations
touristiques dans la Palmeraie y contribuent énormément comme on le verra plus loin.
Le nouveau système d’irrigation par pompage a des effets aussi sur les modes de vie. Alors que le système traditionnel nécessitait la coopération intertribale et le renforçait, le nouveau système contribue à
l’individualisation des modes de vie et la privatisation de la ressource aqueuse. L’abaissement de la
nappe phréatique créé par ce nouveau système d’irrigation, issu de la rationalité moderne du protectorat français selon El Faïz, a plusieurs effets au niveau de la structure paysagère du territoire de la
Palmeraie dont la mort des palmiers qui se nourrissaient à même la nappe phréatique (zone près de
l’Oued Tensift); rendue trop basse, leurs racines sont incapables d’en puiser l’eau. Aussi, ce nouveau
système change aussi la trame au sol créé par l’ancien système des seguias. Bien qu’elle était toujours apparente à certains endroits lors de nos visites de terrain, il est à prédire que les qualités paysagères particulières que ce système offrait devraient disparaître avec les nouvelles méthodes d’irrigation.
avant_ 10 m sous le sol
aujourd’hui_ 40 m sous le sol
_abaissement de la nappe phréatique résultant du pompage
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 9
Yannick Roberge
OCCUPATION DE LA PALMERAIE
L’urbanisation de la Palmeraie est l’une des causes de sa transformation sous plusieurs aspects. Même
si elle est protégée par un dahir remontant à 1929, la Palmeraie de Marrakech est depuis 1990 le lieu
d’une pression de développement ayant plusieurs effets entre autres sur les questions de l’eau et de
l’agriculture discutées auparavant. Ces nouvelles formes d’occupation de la Palmeraie de Marrakech,
touristiques, commerciales et résidentielles, s’effectuant sans organisation globale au gré des dérogations au schéma directeur, contribuent à transformer les structures traditionnelles de l’habitat (les
douars). Elles contribuent aussi de différentes façons au recul et à la disparition des cultures traditionnelles et maraîchères en occupant les terres
_mitage et urbanisation de la Palmeraie de Marrakech (en rouge)
carte de 1994
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 10
Yannick Roberge
_douar Guennoune
_unité d’habitation résidentielle
douars
occupations récréotouristiques
Les douars sont des structures d’habitation traditionnels liés au mode de vie des peuples nomades agricoles. Le Petit Robert les définit comme étant des ‘Agglomérations de tentes disposées en cercle que
les Arabes nomades installent temporairement’ (Le Petit Robert, 2003). Ils évoluent dans leur forme et
se solidifient à mesure que les revenus des habitants qui y vivent augmentent. Ainsi, les agglomérations originelles se transforment peu à peu en maisons en pisé avec cours intérieures et enclos pour le
bétail.
La qualité des paysages de la Palmerais, du moins celle que l’on vend à travers les images de cartes
postales, attire un nombre croissant de touristes, de résidents étrangers et d’investisseurs dont la
venue a précisément pour effet de créer une menace réelle, que ce soit par l’augmentation de la valeur
des terres ou par la difficulté d’assurer l’insertion harmonieuse des nouvelles implantations ou par le
maintien d’activités agricoles traditionnelles.
Si les douars, à l’époque où la Palmeraie agissait comme jardin nourricier, ont joués un rôle positif avec
la ville en entretenant son plus grand ‘jardin’, la perception de cette relation douars/ville a bien changée. C’est qu’aujourd’hui, comme l’explique El Faïz (2002), les douars sont passés d’une fonction agricole à une fonction beaucoup plus urbaine. « L’urbanisme de l’après indépendance, en dilapidant la
réserve foncière de la ville et en détruisant ses vergers et ses jardins, a non seulement sapée l’économie de ces douars, mais aussi privé les générations présentes et à venir du droit au minimum vital de
verdure et d’oxygène. » (El Faïz, 2002)
Privés de sources de revenus satisfaisantes, les douars contemporains sont caractérisés par une pauvreté parfois extrême. D’ailleurs, leur existence en périphérie de Marrakech, incluant la zone de la
Palmeraie, cause beaucoup de problèmes aux aménagistes. ‘À aucun moment on n’a vu dans ce phénomène une manifestation sociologique et humaine produite par la marginalité urbaine et la destruction
de l’agriculture traditionnelle. […]’ (El Faïz, 2002). Les douars et leur pauvreté sont bien les résultats
de la transformation des structures de l’habitat traditionnel marocain. La Palmeraie est l’un de ces sites
où se manifestent ces transformations, souvent paradoxales. La cohabitation des douars avec les nouvelles exploitations commerciales, agricoles et touristiques en offre la meilleure image.
Aujourd’hui, il semble que ces douars se retrouvent le plus souvent près des grandes voies d’accès.
Tournés vers les routes, ils peuvent ainsi tirer certains revenus des passants qui se dirigent vers la ville.
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
_golf
Comme pour l’arrivée des vergers commerciaux, le changement radical qu’est l’urbanisation de la
Palmeraie est l’une des premières causes de la migration des paysans à l’extérieur de la zone, soit
dans le nouveau quartier du Gueliz, dans les bidonvilles ou les zones industrielles. C’est suite au protectorat français (1912-1956) que les premières phases d’urbanisation surviennent, en médina et dans
le Guéliz. Suite à cette vague, la Palmeraie accueillera en 1973 son premier complexe hôtelier dans
le quartier de Semlalia, en plein cœur de la Palmeraie. À partir de 1985, l’état marocain mettra de
l’avant de nombreux avantages fiscaux pour attirer les investissements étrangers au Maroc. La
Palmeraie deviendra l’un de ces lieux où ces fonds étrangers viendront se déployer.
On peut donc voir apparaître de nouveaux types d’architectures comme la villa et le complexe touristiques et ses hôtels 5 étoiles mais aussi des nouvelles activités à caractères récréatifs comme les golfs,
les centres d’équitation, etc. Espaces fermés et tournés vers l’intérieur, il tentent le plus souvent de
reproduire cet idéal de Palmeraie attendu par les visiteurs étrangers tout en leur offrant les services que
le tourisme s’attend à avoir : palmiers verdoyants, gazon bien entretenu, fontaines, etc. Il va sans dire
que l’intégration de ces complexes dans le paysage de la Palmeraie est parfois contrastante avec, par
exemple, l’architecture et les conditions des douars. Aussi, les espaces ultra verdoyants qu’ils réussissent à créer à l’intérieur de leurs enceintes résonnent mal avec les palmiers desséchés de l’environnement aride juste de l’autre côté de leur mur. En effet, ces installations (golf, jardins, etc.) nécessitent
une quantité d’eau incroyable qu’ils puisent par pompage. Le type de tourisme qui se développe au
cœur de la Palmeraie dépasse donc largement la quantité de ressources disponibles en eau du climat
aride et semi désertique de la Palmeraie, contribuant ainsi à sa transformation.
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 11
Yannick Roberge
LE
TAUX
EN
1936
3.
D'URBANISATION
AU MAROC QUI N'ÉTAIT QUE DE L'ORDRE DE 20%
29,3% EN 1960 ET À 51.3% EN 1994. IL
EST ACTUELLEMENT ESTIMÉ À 55% ET IL EST PRÉVU D'ATTEINDRE 62% À
L'HORIZON 2010 ET PRÈS DE 70% À L'HORIZON 2025
EST
PASSÉ
À
LE
NOMBRE
117
DES
COMMUNES
ET
CENTRES
URBAINS
CADRE ANALY TIQUE
EST
1960 À 1547 EN 1999.
DANS CES
PHÉNOMÈNES , L'INTENSIFICATION DE L'EXODE RURAL
POUR BEAUCOUP ; : 49.4% DE 1982 À 1994.
PASSÉ
EN
DE
Les différents éléments de problématique découverts de visu lors du
Workshop ainsi que par les recherches et conférences préparatoires de
l’avant départ montrent que le projet devant être développé devait prendre en
compte une complexité de données assez importante :
JOUE
d’ordre environnemental (mutation du couvert végétal, apparition de friches
végétales, transformations des écosystèmes naturels, abandon des systèmes d’irrigation traditionnels (khettara) et problèmes d’approvisionnement en
eau)
d’aménagement du territoire (mitage foncier, transformation des structures
traditionnelles de l’habitat (douar), recul et disparition de cultures traditionnelles et maraîchères)
d’ordre culturel et social (perte de l’identité paysagère et mutation des
expressions paysagères, absence de mesures publiques de mise en valeur
de la Palmeraie, privatisation d’un paysage d’intérêt patrimonial et emblématique)
d’ordre économique : développement touristique extensif et intensif et domiciliaire de haut de gamme.
Devant cette complexité, les solutions, même pour les intervenants sur le
site, n’étaient pas toujours des plus évidentes surtout si on se replace dans
le contexte culturel marocain où il semble que la mobilisation collective,
nécessaire à tout projet, n’est pas une pratique commune.
C’est dans l’optique de faire une synthèse, si l’on veut, de la plupart de ces
éléments de problématique que nous avons dirigé notre cadre d’analyse en
vue du projet. Plus particulièrement, l’urbanisation de la Palmeraie nous est
apparue comme un des éléments majeurs sur lequel il fallait se pencher.
Prospectivement, comme notre travail préparatoire général sur le Maroc
nous l’a montré, il semble que les pressions de développement ne feront
qu’augmenter dans le futur. Ces pressions, peut-on croire, seront issues à la
fois de l’augmentation des implantations touristiques et de l’arrivée de nombreuses populations rurales fuyant les espaces ruraux pour les villes. Le
phénomène de la ‘douarisation’ et de la ‘disneyification’ de la Palmeraie n’en
sera qu’encore augmenté avec, comme corollaire, les problèmes discutés
précédemment et schématisés dans les croquis d’analyse suivants.
COPIER/COLLER URBAIN
DANS LA PALMERAIE?
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 12
Yannick Roberge
SYNTHÈSE ANALYTIQE
fracture physique/symbolique
implantations touristiques
urbanisation
exode rural
douars
La Palmeraie est soumise actuellement à deux forces opposées qui la mettent en péril. D’une part, l’exode rural qui
augmentera l’occupation de la Palmeraie par les douars et,
d’autre part, le développement de l’urbanisation et des structures d’accueil touristiques qui continueront à gruger, de
façon peu planifiée, des portions de la Palmeraie. La prolifération de ces implantations touristiques consommatrices
d’espace et d’eau et l’extension, en nombre et en superficie,
des douars prolifiques ne possédant bien souvent pas de
sources de revenus locales posent la question de ce qu’il
adviendra des portions de Palmeraie restantes.
L’interface paysager ville/palmeraie, si emblématique pour
l’image de la ville est plus ou moins lisible selon les endroits;
les caractéristiques paysagères particulières du site à ce
niveau semblent étouffées par un phénomène de surdensification et d’étalement urbain ne prenant pas en compte les
qualités paysagères de cet interface et, conséquemment, la
relation qui unit la ville à la Palmeraie.
Cette fracture physique entre la ville et la Palmeraie trouve
aussi un écho au niveau symbolique. Alors qu’avant elle
était perçue comme un espace public, un jardin de rencontre pour les habitants de Marrakech, sa privatisation accélérée engendre une perception négative; ils s’y sentent exclus.
_RELATION HISTORIQUE NOURRICIÈRE
douars/Palmeraie/ville
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
_RELATION CONTEMPORAINE
destruction de la Palmeraie
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 13
Yannick Roberge
DOUARS OU IMPLANTATIONS
AGRICOLES
4.
ANCIENNE KHETTARA
INTENTIONS
STRATÉGIE Volonté de renforcer la relation paysagère ville-palmeraie en proposant une nouvelle
forme d’implantation du bâti à l’intérieur de la palmeraie sensible à la matrice historique et paysagère
du territoire qui puisse, à long terme, redéfinir de nouvelles relations d’occupation socio-économiques.
En ce sens, la stratégie porte aussi sur la création d’interactions et d’accès publics entre la ville et la
Palmeraie ainsi que sur la valorisation d’espaces d’agriculture non intensives et leur échange avec le
monde urbain.
_ZONES D’IMPLANTATIONS
TOURISTIQUES/RÉSIDENTIELLES
Ces intentions de design reposent sur les éléments de problématiques posés précédemment.
Premièrement, elles reposent sur la problématique de l’urbanisation de la Palmeraie qui devrait, si nos
analyses sont bonnes, augmenter dans le futur autant au niveau de l’implantation touristique que de la
venue des douars. Aussi, elle tient compte de l’échelle du site et de sa situation dans la forme urbaine
et régionale de la région de Marrakech. L’espace de la Palmeraie possède bien cette qualité ‘d’entredeux’, d’espace interface entre l’espace urbain et l’espace régional. Sa périurbanité, dans notre stratégie, est clairement assumée. Les caractéristiques sociales de son occupation actuelle (tourisme,
résidents étrangers, douars) et ses limites, bordée d’un côté par les murs de la médina et, de l’autre,
par l’espace régional, tendent en effet à brouiller les traditionnelles distinctions conceptuelles entre l’urbain et le régional, le local et le global. Au cœur de la palmeraie, ces oppositions semblent bien vouloir cohabiter et s’exprimer.
Idée radicale pour certains, la destruction de certaines portions de la Palmeraie pour le bâti doit être
pensée autrement. Le bâti devient en quelque sorte l’initiateur d’une nouvelle configuration spatiale
autrefois axée sur le système d’irrigation traditionnel. Ce système n’est plus mais sa mémoire subsiste,
tournée vers le futur, par l’orientation des îlots et, comme on le verra plus loin, dans la structure même
des îlots.
_PROPOSITION SCHÉMA
DIRECTEUR GLOBAL
La matrice territoriale que
forme le système de kettaras
toujours perceptible sur le
territoire
est
la
trame
organisatrice de l’implantation.
Cette trame de kettaras est aussi historique
puisqu’elle est à l’origine
de l’orientation de la ville
de Marrakech
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 14
Yannick Roberge
Au niveau idéel, cette nouvelle logique passe par la création, dans les bandes d’urbanisation et d’infrastructures, d’une architecture et d’un micro-urbanisme capable de capter et de gérer l’eau afin d’en faire
bénéficier les zones agricoles de la Palmeraie qu’elles bordent. Des espaces de marché par exemple
devraient aussi être pensés à l’intérieur des bandes structurantes afin que puissent s’établir de nouvelles fonctions nourricières et commerciales entre les espaces bâti et les espaces de la Palmeraie, parfois agricoles.
Enfin, notre stratégie participe aussi à une redéfinition de limites claires pour la Palmeraie. Il est de
notre avis que l’urbanisation qui s’y fait, en n’ayant aucun schéma directeur ou d’idée globale, morcelle
et mite son contenu et brouille ses limites de sorte que la lecture de l’entité ‘Palmeraie’ est plus ou
moins claire. Notre proposition vise donc aussi à mettre en valeur les interfaces, les rencontres et, par
le fait même, leur caractères propres. Comme dans les jardins islamiques où les rapports entre extérieur et intérieur sont clairement définis, notre proposition vise, à l’intérieur même de la Palmeraie, à
faire succéder ces contrastes bâti/jardin qui participent à sa lecture.
gestion et apport d’eau
apport nourricier vers l’urbain
_schéma conceptuel des relations architecture/urbanisme/Palmeraie
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 15
Yannick Roberge
5. DESIGN
C'est à l'Interface entre la limite de la ville de Marrakech et la Palmeraie, juste de l'autre côté du Oued, que notre proposition de design se porte à la fois comme un modèle
prototypique de l'implantation des zones bâties et comme un modèle particulier répondant aux qualités particulières du site. Cette zone fut choisie pour plusieurs raisons
en lien avec les intentions décrites précédemment.
Premièrement, cette zone est l'objet d'une extension de la ville qui commence à gruger la Palmeraie de l'autre côté du Oued, nuisant ainsi à l'image d'une 'Palmeraie qui
commence aux pieds de la Médina'. La frontière entre la ville de Marrakech (la médina
et la nouvelle ville) d'un côté et la Palmeraie de l'autre est plus ou moins claire au
niveau paysager.
Cette zone frontière avec la ville est aussi significative en tant qu'elle pourrait être, de
par sa proximité, la porte d'entrée des Marrakechis pour ce grand jardin qu'est la
Palmeraie. Au niveau urbanistique cependant, les accès et les relations piétonnes
entre les différentes entités de la ville et la Palmeraie sont absents.
Ainsi, on a tenté de montrer comment une zone d'implantations pourrait se faire dans
cet espace afin d'atteindre les trois objectifs suivants :
- mise en valeur de l'interface ville-Palmeraie, si importante pour l'image de la ville à
cet endroit
- être établie en accord avec les trois séquences paysagères que l'on peut retrouver
lorsqu'on parcourt la route située à la limite du Oued et de la ville : périphérie nouvelle ville médina
- reconnecter, au niveau urbanistique, la Palmeraie avec la ville afin que les
Marrakechis puissent y avoir accès
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 16
Yannick Roberge
_ CONCEPT GLOBAL
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
_URBAIN
_OUED
_LIMITER
répondre à la
séquence des
vides, des pleins,
des axes et des volumes créés par la
trame bâtie
vaste dépression se
sculptant par la
pression de l’eau
qui y voyage,
espace limitrophe à
la ville et à la
Palmeraie, l’intervention vise à
redonner à l’oued
l’espace qui lui est
nécessaire
planifier les limites
de l’extension
bâtie,autant résidentielle que touristique, afin de renforcer la transition
ville_palmeraie
_KETTARA
_INTÉGRER
_AGRICOLE
ancienne forme d’irrigation, sa trace se
superpose à la zone
bâtie comme un axe
structurant d’espaces verts
comme le lit de
l’oued dévorant sur
son passage des
morceaux de territoire faconnés par
un passage
antérieur, la forme
émergeant du territoire peut intégrer
en elle-même la
diversité des
espaces bâtis
qu’elle rencontre
territoire cultivalbe
entre les ilôts
urbains. La cohabitation de l’urbain et
du territoire de la
Palmeraie permettent les échanges
agricoles.
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 17
Yannick Roberge
a
_PÉRIPHÉRIE
analyse visuelle
L’espace périphérique à la ville se caractérise par des vues dégagées à la fois du côté de la
Palmeraie et du côté de la ville. Si quelques implantations touristiques peuvent être perceptibles dans la section de la Palmeraie la plus au nord, on peut dire que de facon générale, la
présence du palmier est encore assez forte.
Du côté de la ville, il est à croire que les terrains vacants seront bientôt construits. Sur la frontière de cette portion pourraient donc se rencontrer la ville et ses formes et la frivolité du palmier dattier.
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 18
Yannick Roberge
a
_PÉRIPHÉRIE
réponse formelle
bande de Palmeraie/agriculture conservée et valorisée
douar intégré à la bande
d’implantation
espace d’urbanisation futur
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
route
oued
bande de palmiers/agriculture conservée
WORKSHOP MARRAKECH 2004
zone bâtie avec kettara structurante
Palmeraie et cultures
RAPPORT FINAL 19
Yannick Roberge
b
_NOUVELLE VILLE
analyse visuelle
Point de rencontre entre la nouvelle ville d’un côté qui vient border la route et d’un douar improbable à cheval
sur le oued. Ce rétrécissement signe l’entrée vers la zone urbaine. Les rapports volumétriques entre le bâti
de la nouvelle ville et le végétal de la Palmeraie sont équilibrés. Des zones d’implantations touristiques ou
résidentielles plus luxueuses sont aussi perceptibles de la route. La forme de la Palmeraie se fait plus discrète; elle semble s’éloigner. À remarquer aussi la technique de végétalisation en bordure de la route qui sert
à camoufler un douar des usagers de la route (troisième photo)
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 20
Yannick Roberge
b
_NOUVELLE VILLE
réponse formelle
Bande de palmiers/agriculture conservée
Détail de la place carrefour entre la route de Fes,
la vieille médina et la nouvelle ville. Espace pivot,
il est en quelque sorte la fin de l’esplanade (voir c.
réponse médina) s’accrochant dans l’un des vides
de l’ancienne médina comme un retour sur luimême que le piéton peut emprunter. De l’autre
côté de la route de Fes, vers le nord, il se termine
dans l’épaisseur de la Palmeraie. Un traitement
au sol marque la particulatiré de cet espace
occupé, entre autres, par des palmiers. Avec le
bâti qui le borde, elle contribue à marquer le point
en créant un passage entre un espace plus étroit
et un espace plus ouvert.
médina
route
oued place pivot
zone bâtie intégrée et nouvelle avec kettara structurante
Palmeraie et cultures
c’est dans cette zone charnière que le bâti atteint sa hauteur maximale
comme une réponse volumétrique à l’espace de la ville avec qui il est en
lien
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 21
Yannick Roberge
c
_MÉDINA
analyse visuelle
Rencontre du mur de l’ancienne médina avec ce qui est supposé être la Palmeraie. Le mur qui longe la presque totalité
de l’interface, répondant de facon presque symétrique à celui de l’ancienne médina, en coupe l’accès à la fois physiquement et visuellement. Un dégagement bien souvent aménagé est conservé près de chaque mur afin qu’on puisse y circuler.
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 22
Yannick Roberge
c
_MÉDINA
Entrée Palmeraie (espace jardin)
Place Jemaa El-Fna (espace profane)
réponse formelle
Esplanade piéton planté
de palmiers avec traitement au sol distinct.
Conserve une distance
permettant d’observer de
loin la vieille médina. On
peut y accéder par des
accès surmontant le
oued à la sortie de chacune des portes de la
médina. Le point fort est
la place donnant accès à
la Palmeraie, en lien
symbolique avec la
Place Jemaa El-Fna et la
Mosquée
Koutoubia.
Une place monumentale
à l’échelle du jardin
qu’elle met en lien avec
la ville.
Mosquée Koutoubia (espace sacré)
médina
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
route
oued
esplanade
WORKSHOP MARRAKECH 2004
entrée Palmeraie
Palmeraie et cultures
RAPPORT FINAL 23
Yannick Roberge
6.
BIBLIOGRAPHIE
EL FAÏZ, Mohammed (2002) Marrakech : Patrimoine en Péril, Acte Sud / Eddif.
ROYAUME DU MAROC (2001) Rapport sur l'État de l'Environnement du Maroc, Ministère de
l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'environnement, Département de
l'Environnement, 2001.
LA PALMERAIE DE MARRAKECH _ UN PAYSAGE PÉRIURBAIN
WORKSHOP MARRAKECH 2004
RAPPORT FINAL 24
Yannick Roberge