G 1136 L`ALLIANCE RENAULT
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G 1136 L`ALLIANCE RENAULT
DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT CCMP 49 rue de Tocqueville 75017 Paris Tél : 01 55 65 65 97 Fax : 01 40 54 06 93 E-mail : [email protected] Site web : www.ccip.fr/ccmp G 1136 L'ALLIANCE RENAULT - NISSAN Par : Fabien BLANCHOT - Michel KALIKA Université Paris IX - Dauphine Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE TOUTE COMMUNICATION A DES TIERS INTERDITE Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 1 L’alliance Renault-Nissan1 Ce cas a été réalisé en fonction des données disponibles sur Renault, Nissan et l’alliance RenaultNissan Par : Fabien Blanchot, Université Paris-Dauphine Michel Kalika, Université Paris-Dauphine Toute communication sans accord des auteurs est interdite 1 Document pédagogique qui n’engage que ses auteurs et, en aucun cas, les entreprises citées. Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 2 PLAN DU CAS RENAULT-NISSAN 1.Objectifs de l’alliance ....................................................................................................... p.3 2. Modalités initiales de l’alliance ....................................................................................... p.6 2.1. Objet ................................................................................................................................ p.6 2.2. Modalités financières ...................................................................................................... p.6 2.3. Modalités d’organisation de Nissan ................................................................................ p.7 2.4. Modalités d’organisation du partenariat .......................................................................... p.8 3. La perception de l’accord par l’environnement .......................................................... p.10 Questions & Liste des ressources (Annexes, vidéo, sites, bibliographie) ...................... p.12 Annexe 1 : le marché de l’automobile au tournant du 21ème siècle ................................ p.14 1. Les tendances ................................................................................................................................ p.14 2. Les croyances ................................................................................................................................ p.14 3. Les acteurs ..................................................................................................................................... p.15 4. Les marchés mondiaux ................................................................................................................. p.16 Annexe 2 : l’entreprise Renault (jusqu’au début de l’alliance) ..................................... p.17 1. Quelques dates clés ....................................................................................................................... p.17 2. Domaines d’activité ....................................................................................................................... p.17 3. Objectifs et stratégies .................................................................................................................... p.17 4. Gamme .......................................................................................................................................... p.17 5. Implantations géographiques ......................................................................................................... p.19 6. Principales forces et faiblesses (relativement à la concurrence) ................................................... p.20 7. Structure du capital et capitalisation boursière (1999) ................................................................. p.20 8. Données financières (en millions de FRF), commerciales et sociales .......................................... p.20 Annexe 3 : l’entreprise Nissan Motor Co., Ltd ............................................................... p.21 1. Quelques dates clés ....................................................................................................................... p.21 2. Domaines d’activité ....................................................................................................................... p.21 3. Objectifs et stratégies .................................................................................................................... p.22 4. Gamme .......................................................................................................................................... p.23 5. Implantations géographiques ......................................................................................................... p.24 6. Principales forces et faiblesses (relativement à la concurrence) ................................................... p.25 7. Structure du capital et capitalisation boursière (1999) ................................................................. p.25 8. Données financières, commerciales et sociales ............................................................................ p.25 Annexe 4 : Profils de Louis Schweitzer et Carlos Ghosn ............................................... p.26 Annexe 5 : L’Asie et le Japon ............................................................................................ p.27 1. Les marchés ................................................................................................................................... p.27 2. Gestion des ressources humaines et système de relations sociales au Japon ................................ p.28 2.1. Tendances en matière de gestion des ressources humaines au Japon ........................... p.28 2.2. Le système de relations sociales .................................................................................... p.29 3. L’entreprise japonaise ................................................................................................................... p.29 4. La culture ....................................................................................................................................... p.30 4.1. Résultats des recherches de Hofstede et de Trompenaars pour quelques pays ............. p.30 4.2. Autres résultats de recherche sur la culture japonaise .................................................. p.31 4.3. Le point de vue de quelques personnalités du monde des affaires sur les Japonais .... p.34 Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 3 Début janvier 1999, des informations circulent sur des pourparlers entre Renault et Nissan mais la Direction de Renault ne souhaite pas commenter ces informations et souligne simplement que ce type de rumeurs abonde dans le monde automobile (La Tribune, 04/01/1999). Nissan avait démenti mi-décembre 1998 des informations similaires parues dans la presse allemande : « il n’est pas vrai que nous envisagions de former une alliance ou de fusionner avec une quelconque société » déclare alors un porte-parole du constructeur japonais (La Tribune, 06/01/1999). Pourtant, le 27 mars 1999, un accord est signé à Tokyo entre les deux firmes automobiles qui donne naissance à l’alliance Renault-Nissan, propulsant le nouvel ensemble au 4ème ou 5ème rang mondial en termes de parts de marché ou de production. On apprendra dans la foulée que les premières rencontres et discussions ont débuté dès juin 1998 et que Louis Schweitzer, le PDG de Renault était à la recherche d’un partenaire asiatique depuis fin 1997 (cf. encadré 1). 1. Objectifs de l’alliance Selon les dires mêmes de Louis Schweitzer, il s’agit de former un groupe binational, fondé sur le respect, la compréhension réciproque et le maintien de l’identité des deux entreprises. À travers cette alliance globale, les partenaires entendent : (1) Réduire leurs coûts : l’objectif est de réaliser des économies de l’ordre de 3,3 milliards de dollars (environ 3,6 milliards d’euros) sur la période 2000-2002. Cet objectif est fondé sur les études réalisées par les 12 groupes de travail conjoints constitués pour préparer l’alliance. Économies visées (en millions de $ US)2 Année 2000 (estimation) 2001 (estimation) 2002 (estimation) 2005 (prévisions) Achats3 491 607 657 1400 % 86% 51% 42% 47% Autres4 79 573 913 1600 % 14% 49% 58% 53% Total 570 1180 1570 3000 Cumul 570 1750 3320 (2) Améliorer la qualité de leurs prestations (3) Développer leurs parts de marché à l’international : l’objectif est de détenir plus de 10% du marché automobile mondial à l’horizon 2010 et de réaliser une part de marché conjointe de plus de 17% en Europe occidentale à l’horizon 2005. (4) Redresser Nissan : • réduire sa dette : les dirigeants de Nissan ont annoncé, le mercredi 7 avril 1999, un ambitieux programme de réduction des pertes, qui devront passer de 18 milliards d'euros en mars 1999 à 5 milliards en 2001. L'entrée de Renault au capital du groupe japonais se traduira par l'injection de 640 milliards de yens (4,89 milliards d'euros). (Le Monde du 9/4/1999) • réduire ses pertes : l’objectif est un retour au profit à l’horizon 2000 et un résultat d’exploitation égal à 4,5% du chiffre d’affaires d’ici 2002 (contre 1,4% en 1999). (www.renault.com) 2 Estimations et prévisions basées sur les ventes de Renault et Nissan au 31/12/1998 grâce à une politique d’achats conjoints 4 Les autres sources d’économie incluent : les marges sur des ventes supplémentaires: la R&D,; les frais généraux et commerciaux, les coûts de fabrication, les investissements. 3 Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 4 Encadré 1 : Le processus de conclusion de l’alliance Point de départ (fin 1997) • La crise économique qui touche la région à la fin de 1997 et qui provoque un changement dans les rapports de force : autrefois conquérante, l’Asie devient une terre d’investigation pour la recherche d’un partenaire. • Un constat du PDG de Renault au cours d’un première périple dans la région : les capacités de production sont excédentaires et les réseaux de distribution sous-employés. • Une double conviction de L. Schweitzer : l’Asie est un champ possible mais difficile ; pour Renault, construire une usine de toutes pièces est trop coûteux. Premières recherches : en Corée (sans succès) puis au Japon => étude de 4 dossiers • Suzuki et Subaru sont vite écartés. • Mitsubishi est potentiellement intéressant mais déjà associé à Volvo et en négociation avec ce dernier pour un élargissement de leur partenariat. • Nissan est un dossier à étudier. Premiers contacts avec Nissan : juin 1998 • Sans passer par un intermédiaire, L. Schweitzer envoie un courrier au dirigeant de Nissan lui proposant de lancer une discussion pour la conclusion d’une alliance (exclusion d’une fusion totale) avec prise de participation (éventuellement réciproque). • M. Hanawa répond immédiatement avec une proposition de négociation exclusive. • Constat : Nissan est aussi à la recherche d’un partenaire. Objet des premières discussions avec Nissan • Des projets modestes, tels que la location d’usines ou la commercialisation de véhicules sont envisagés. • Mais le constructeur japonais apparaît disposé à discuter d’une alliance plus globale et à entrer dans des négociations exclusives, ce qui conduit à la décision de L. Schweitzer de rencontrer son homologue japonais (M. Hanawa). Rencontre entre les 2 PDG : 22 juillet 1998 à Tokyo (siège de Nissan) • Constat : les 2 hommes semblent sur la même longueur d’onde. • Conséquence : décision d’étudier ce qui pourrait être fait ensemble. • Secret des pourparlers (non de code : « pacifique »). Juillet et août 1998 : les deux entreprises font connaissance • Une mission française est envoyée à Tokyo pour faire connaissance avec l’entreprise nippone et explorer les sources de synergies potentielles. • 24 sujets d’étude sont répertoriés (moteurs, coopérations géographiques, plate-formes communes…). Septembre 1998 : signature d’un mémorandum avec clause d’exclusivité Signé par M. Schweitzer et M. Hanawa. Clause d’exclusivité valable jusque fin décembre 1998. Concerne l’évaluation technique et financière des synergies. Décision de créer des équipes conjointes (joint studies) franco-japonaises chargées d’évaluer les synergies pour les différents sujets d’études. • 200 personnes mobilisées sur le projet (une centaine par constructeur) pendant 9 mois (mais ces personnes n’y travaillent pas toutes à temps plein, conservant leurs missions habituelles). • • • • Septembre – Novembre 1998 : précision des contours de l’alliance par les joint studies • Visite d’usines, échanges d’informations (plans, prix, marges...) pour évaluer l’opportunité d’une coopération dans chaque domaine. • Réunions dans presque tous les sites des 2 groupes : Paris, Tokyo, Mexico... • Réunion mensuelle d’un comité : point sur l’avancée des travaux. • « Dans les deux tiers des cas, les échanges d’informations se faisaient de façon spontanée, mais parfois, il fallait l’intervention de chacune des deux directions pour que les équipes collaborent… le monde de l’automobile est un milieu où l’on garde jalousement ses secrets de fabrication (culte du secret). Or, pour établir si cela coûte moins cher de fabriquer une voiture à deux plutôt que seul, il faut parler prix et marges bénéficiaires… » (Georges Douin, directeur général adjoint de Renault). • Les complémentarités entre les 2 entreprises se précisent. • La stratégie industrielle possible émerge. Sources : Le monde du 9/4/1999 et Gomez et al. (2001) Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 5 Encadré 1 : Le processus de conclusion de l’alliance • • 11 novembre 1998 : intervention de L. Schweitzer auprès du conseil d’administration de Nissan Présentation par L. Schweitzer des grandes lignes de la possible future alliance au comité de direction (conseil d’administration) de Nissan. Réunion de 3 heures où Renault expose sa vision stratégique du partenariat, présente un diagnostic sans concession de la situation stratégique et financière de Nissan et donne des conseils de gestion. Les modalités financières ne sont discutées qu’à partir du mois de décembre 1998 • Étude du précédent Ford-Mazda : utilisation comme repère culturel et financier sans vouloir le copier. • Étude des comptes de Nissan. • La prise en main des finances de Nissan par Renault ne peut se faire qu’en harmonie avec les banquiers historiques de Nissan, comme ce fut le cas pour le redressement réussi de Mazda par Ford. • Pour Renault, un enjeu de la négociation est de déterminer l’ampleur des efforts consentis par les banques Fuji et IBJ, piliers du keiretsu Fuyo dont fait partie Nissan, pour améliorer sa situation. • • • 23 décembre 1998 : nouvelle rencontre entre les partenaires à Tokyo Définition des conditions générales de la poursuite des négociations. Nissan annonce une modification des termes de la négociation : la négociation doit désormais porter sur l’ensemble du groupe Nissan, dont Nissan Diesel ; la clause d’exclusivité ne sera pas renouvelée ; Renault sera mis en concurrence avec un nouveau partenaire potentiel : Daimler-Chrysler. La date de fin des négociations reste inchangée et fixée au 31 mars 1999 (signature d’une lettre d’intention). • Jusqu’alors, Daimler-Chrysler ne s’intéressait qu’à la branche camions de Nissan. Mais à partir de décembre, il se déclare intéressé par la branche véhicules. • Handicap de Renault par rapport à Daimler-Chrysler: pas de notoriété en Asie, capacités financières réduites. • • • • Les mêmes équipes de Nissan négocieront désormais à la fois avec Daimler et Renault. Le doute s’installe. Le 1er mars, Louis Schweitzer fait part à son conseil d’administration d’à peine une chance sur deux d’aboutir. Crainte de L. Schweitzer qu’un « second Volvo » se produise (échec avec Volvo de février 1994). 10 mars 1999 : rupture des discussions entre Daimler et Nissan 13 mars 1999: rencontre entre les 2 PDG à Roissy (hôtel Sheraton) • Discussion des derniers détails de l’opération. • Participants à la négociation : les deux présidents ; leurs banquiers conseils respectifs (Merrill Lynch pour Renault ; Salomon Brothers pour Nissan ; deux des hommes-clé du rapprochement : Georges DOUIN (directeur général adjoint de Renault) et Yutaka Suzuki. • Offre informelle de prise de participation remise par L. Schweitzer. 16 mars 1999 : soumission du projet au Conseil d’Administration de Renault (sujet non mentionné à l’ordre du jour, mais L. Schweitzer a informé en tête à tête chacun des administrateurs) • Explication de la pertinence du projet aux administrateurs par Carlos Ghosn. • Question des administrateurs « vous avez bien mesuré les risques que vous prenez et le sacrifice que cela représente pour les gens que vous envoyez là-bas ? ». • Projet approuvé après 3 heures de réunion. • Présentation du projet au comité central d’entreprise. 27 mars 1999 : signature finale à Tokyo Sources : Le monde du 9/4/1999 et Gomez et al. (2001) Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 6 2. Modalités initiales de l’alliance 2.1. Objet L’objet de l’alliance est multiple. L’accord porte aussi bien sur la recherche et le développement que sur les achats, la production et la distribution, puisqu’il s’agit, pour l’essentiel, de : 5 • développer des plate-formes communes : 10 plate-formes communes visées à l’horizon 2010 ; • utiliser des composants (moteurs, transmissions, boîte de vitesse…) communs ; • mettre en place une politique d’achats conjointe ; • combiner les gammes de véhicules des deux constructeurs ; • combiner les réseaux de distribution des deux constructeurs ; • s’épauler mutuellement pour le développement à l’international de chacun. 2.2. Modalités financières L’accord se traduit par une prise de participation de Renault dans le capital de Nissan (encadré 2)6. Encadré 2 : Modalités financières de l’accord • • • Prises de participation de Renault dans le capital de Nissan 36,8% du capital de Nissan Motor. 22,5% du capital de Nissan Diesel. (cédés par Nissan Motor à Renault) 100% du capital des huit filiales financières de financement des ventes de Nissan en Europe (Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Espagne, Pays-Bas). • Investissement total pour Renault Le tout correspond à un investissement de 643 milliards de yens (4,89 milliards d’euros) dans Nissan, financé par la trésorerie disponible et un recours à l’endettement. • • • • Modalités de la prise de participation dans Nissan Motor Souscription à une émission de capital réservée de 1464 millions d’actions au prix de 400 yens par action (pour un cours de bourse de 465 yens au jour de l’accord). Renault dispose d’une option pour augmenter, au moment qu’il choisira, sa participation à hauteur de 39,9% au cours des 4 premières années de l’alliance et jusqu’à 44,4% la cinquième année par l’exercice de bons (warrants) au même prix de 400 yens par action. Nissan a la possibilité d’entrer ultérieurement dans le capital de Renault. Entrée du PDG de Nissan (Yoshikazu Hanawa) au Conseil d’Administration (CA) de Renault. À l’issue de cette prise de participation, la répartition du capital de Nissan est la suivante : Actionnaires de Nissan Renault SA Autres institutionnels* Individuels * Aucun ne détient individuellement plus de 3% du capital 5 % du capital 36,8% 56,8% 6,4% % cumul* 36,8% 93,6% 100% Un système de plate-forme correspond à un soubassement et un processus de fabrication à partir desquels il est possible de décliner plusieurs modèles différents. 6 S’ajoute à cette participation de Renault, un effort des principales banques de Nissan puisque celles-ci ont souscrit 10,8 milliards de FRF (1,65 milliards d’euros) d’obligations à 5 ans (Source : Lettre de Renault à ses actionnaires, www.renault.com) Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 7 2.3. Modalités d’organisation de Nissan Ce volet financier s’accompagne d’une recomposition de l’équipe de management de Nissan (encadré 3), comme prélude à l’élaboration d’un plan de redressement de Nissan dont la mise en œuvre débutera en octobre 1999. Encadré 3 : Nouvelle structure de management (pour renforcer le management de Nissan) • Nomination de Carlos Ghosn (ancien directeur général adjoint de Renault) au poste de directeur général et membre du conseil d’administration de Nissan (le 27 juin 1999) : lors de son départ de Renault, C. Ghosn entraîne une vingtaine de cadres de Renault qui l’accompagneront au Japon. Un an plus tard (20 juin 2000), C. Ghosn deviendra président de Nissan. • Tous les DG adjoints de l’entreprise lui sont rattachés. • Entrée de deux autres dirigeants de Renault à la direction générale et au conseil d’administration de Nissan : o Patrick Pelata (ancien Directeur du Développement de l’ingénierie véhicule de Renault) nommé DG adjoint Produit et Stratégie et nommé membre du conseil d’administration. o Thierry Moulonguet (ancien Directeur du contrôle des investissements de Renault) nommé Directeur financier adjoint de Nissan. • Réduction par Nissan du nombre des membres de son conseil d’administration : passage de 37 à 10. Nouvelle structure de management de Nissan (juin 1999) Président Y. Hanawa Directeur général C. Ghosn DGA Fabrication H. Kojima DGA Planification Produits & Stratégie P. Pelata DGA Achats I. Koeda DGA Commercial H. Moriyama DGA International N. Matsumura DGA Ingénierie N. Ohkubo DAF K. Anraku DAF adjoint T. Moulonguet Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 8 2.4. Modalités d’organisation du partenariat En ce qui concerne l’organisation des rapports entre les deux partenaires, l’accord prévoit la mise en place d’une structure de délibération, de comités techniques ou structures d’exécution et d’organes de support et de liaison (encadré 4). Encadré 4 : L’organisation des rapports entre les partenaires Une structure de délibération (« Global Alliance Committee », GAC ou Comité Stratégique) • • • Composition : o PDG de Renault (Louis Schweitzer) et de Nissan Motor Co. (Yoshikazu Hanawa) : co-dirigeants o 5 dirigeants de Renault (Georges Douin, DGA8 Plan, Produits et Opérations internationales ; François Hinfray, DGA Directeur Commercial ; Shemaya Levy, DGA.; Michel de Virville, Secrétaire Général et Directeur des Ressources humaines; Pierre-Alain de Smet, DGA). o 5 dirigeants de Nissan (Carlos Ghosn, DG ; K. Anraku DGA et Directeur Administratif et Financier; N. Matsumura, DGA International ; N. Ohkubo, DGA Technologie et Développement de l’Ingénierie ; P. Pelata, DGA Produit, Design et Stratégie). Mission : la structure de gouvernance de l’alliance, o définit la stratégie conjointe et décide des coopérations ou des synergies proposées par les CCT o mais n’a pas de pouvoirs propres ; les participants conservent leurs pouvoirs et n’en délèguent aucun au GAC. Réunion tous les mois. Des groupes de travail transverses opérationnels (CCT) • • • • • 12 groupes de travail transverses (Cross-Company Team) mobilisant environ 150 collaborateurs de Renault et Nissan (11 groupes prévus dans l’accord et opérationnels dès juin 1999, un 12ème ayant été créé en juillet 1999). Groupes : ingénierie véhicules ; organes mécaniques ; achats ; planification et stratégie du produit ; production (créé en juillet 1999) ; Europe ; Mexique-Amérique Centrale ; Amérique du Sud ; Asie-Océanie ; Afrique – MoyenOrient ; Japon ; CEI-Turquie-Roumanie. Composition de chaque CCT : Équipe de 6 à 15 membres. Mission de chaque CCT : o Proposer des projets destinés à optimiser les synergies, chaque proposition se fondant sur une étude technique et quantitative incluant les impacts financiers o Mettre au point les plans d’action nécessaires à la mise en place des projets, comprenant le partage des responsabilités, les business plans, les projets de contrat ainsi que les modifications organisationnelles recommandées et les systèmes et méthodes de suivi (Comité suivi et contrôle) o Effectuer le suivi de la mise en place des plans d’action et des décisions de chaque partie Direction et pilotage de chaque CCT : o codirection par les deux partenaires pour le groupe « Planification et stratégie produit » ; o direction par un responsable issu de l’une ou l’autre entreprise, nommé en fonction des seuls critères de compétence, pour les autres groupes. Son adjoint est automatiquement issu de l’entreprise partenaire ; o chaque CCT inclut en outre un pilote qui est de la même entreprise que le responsable du CCT, et un pilote adjoint chez l’autre partenaire. Ils sont responsables du travail au quotidien de leur CCT et de la coordination d’une équipe de 6 à 15 personnes. Des groupes de travail fonctionnels (FTT) • • • 8 9 groupes de travail fonctionnels (Functional Task Teams). Missions de chaque FFT : o Résoudre les questions soulevées par les CCT ou par le GAC (en particulier dans les domaines des systèmes d’information, de la qualité, de la fiscalité, du droit…) o Harmoniser les procédures et les outils pour une bonne mise en œuvre de l’alliance o Développer l’échange des meilleurs modes de travail Les FTT doivent agir sans empiéter sur le domaine de compétence des CCT, à la demande de ces derniers ou du GAC Directeur général adjoint Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 9 Encadré 4 : L’organisation des rapports entre les partenaires (suite) Un comité d’organisation (steering committee) chez chacun des deux partenaires • • Coordonne le travail réalisé par chaque CCT (réunit environ tous les 15 jours les directeurs (ou adjoints) de chaque CCT dans l’entreprise) afin de préparer les réunions du GAC sous la direction d’un bureau de coordination. Dirigé chez Renault par Georges Douin (ayant pour adjoint un cadre de Nissan) et chez Nissan par Patrick Pélata (ayant pour adjoint un cadre de Renault). Un bureau de coordination de l’alliance • • • • Assiste le comité d’organisation. Missions : o Centralise l’information, évalue les besoins, coordonne et assure le suivi des travaux réalisés par CCT et FTT. o Établit le planning général de l’alliance et les ordres du jour des réunions du GAC. Rassemble les fonctions suivantes (17 personnes en 2001) : planification et reporting, ressources humaines, communication interne et évaluation économique (tableaux de bord alliance…). A une antenne à Paris chapeautée par un cadre de Renault et une antenne à Tokyo chapeautée par un cadre de Nissan. Un Conseil International de l’alliance (IAB) • • • • • Prévu dès la signature de l’alliance et mis en place en octobre 1999, à l’occasion du 3ème GAC. Composition : o Co-présidé par le PDG de Renault et le Président du Conseil d’Administration de Nissan. o Constitué de 10 à 15 membres compétents et expérimentés du Japon, de France et d’autres pays. o Membres nommés pour une période de trois ans. o Chaque Président nomme un vice-président parmi les membres. Les membres sont informés des résultats financiers et des évolutions de l’alliance. Mission : o Identifier des approches, des stratégies et des solutions nouvelles afin de renforcer la compétitivité et le développement durable de l’alliance. Ce conseil se réunit une fois par an. Une charte de l’alliance • • Charte à destination des personnes impliquées dans les deux entreprises. Vise à promouvoir les valeurs communes du nouveau groupe (ambition partagée, confiance mutuelle, respect des différences équilibre entre les deux partenaires), la confidentialité et les règles de travail en commun au quotidien. Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 10 3. La perception de l’accord par l’environnement Juste avant l’annonce officielle de l’alliance, des bruits courent sur l’opération qui ne constituent pas des informations suffisamment pertinentes pour pouvoir porter un jugement sur son opportunité. La tendance est alors à l’attentisme avec une certaine inquiétude de la part des marchés financiers et des analystes (encadré 5). Encadré 5 : Quelques brèves parues dans la presse une semaine avant la signature officielle de l’accord • • • • • Standard & Poor’s a placé la note « A2 » sur les émissions à court terme du constructeur français, « sous surveillance avec implication négative », dans l'attente de plus d'informations sur l'opération. Son concurrent Moody's a fait de même en révisant, de positive à négative, la perspective attachée à la note Baa1, parallèlement confirmée. L'agence Fitch IBCA a aussi placé hier sous surveillance avec implication négative la note à court terme F1 de Renault Crédit International, la filiale de crédit du constructeur français. l'agence S&P a indiqué que la note BBB- à long terme de Nissan demeurait sous surveillance avec implication négative, tandis que la note A-3 à court terme (la plus mauvaise note) était aussi conservée. « la prise de participation de Renault dans le capital du constructeur de poids lourds Nissan Diesel - des sources de marché évoquaient hier une entrée à hauteur de 20 % - pourrait se révéler problématique. En effet, celui-ci subit des pertes depuis plusieurs années et pâtit d'une structure financière dégradée. Cette situation explique la faible capitalisation de Nissan Diesel (environ 2,6 milliards de francs) en comparaison de celle de sa maison mère (quelque 59 milliards de francs). » Source : Les Echos du 18/03/1999 À la suite de l’annonce officielle de l’alliance, les marchés financiers et les analystes semblent soulagés mais certaines inquiétudes persistent (encadré 6). Encadré 6 : Après l’annonce de l’accord, un certain soulagement… • « les marchés financiers ont été rassurés le 29/03/1999 par les précisions qu'a apportées Renault sur son rapprochement avec Nissan. Alors que le cours du constructeur français a fait preuve ces derniers jours d'une forte volatilité, le titre s'est bien tenu hier, gagnant 2,94 % à 35 euros. La prestation de Louis Schweitzer, le patron de la firme au losange, devant les analystes financiers hier matin a été plutôt bien perçue ». • « Avant cette réunion, nous nagions dans l'incertitude. Mais nous y voyons désormais plus clair », notaient hier des professionnels, qui se félicitaient d'un discours fouillé et dense, preuve d'un engagement « sérieux » du constructeur français dans cette aventure nippone. Élément positif, le montant colossal de la dette de Nissan a été quelque peu démystifié. Hier, Renault a indiqué que, selon les normes internationales IASC, la dette du constructeur japonais atteint 25,1 milliards d'euros, si tout est pris en compte. Très élevé, ce montant a toutefois le mérite d'être circonscrit, et devrait éviter les mauvaises surprises. Sur ce total, 18,3 milliards correspondent à la dette du constructeur lui-même, 3 milliards d'euros à celle des concessionnaires indépendants, souvent insolvables, et 3,8 milliards d'euros à la dette de Nissan Diesel. Juridiquement, Renault n'est pas tenu au remboursement de ces créances, mais il aurait « l'engagement moral » de soutenir ces sociétés en cas de difficulté. • « La dette totale devrait déjà être réduite par l'injection de capital de Renault (environ 5 milliards d'euros), ainsi que par les cash-flows futurs que le nouvel ensemble devrait dégager. Car la seconde nouvelle rassurante concerne la bonne santé industrielle de Nissan. « L'excédent brut d'exploitation (EBE) a atteint 9,1 % sur l'exercice 1997-1998 clos en mars dernier, et devrait être de l'ordre de 8,8 % pour l'exercice qui se termine. C'est tout à fait correct », explique un professionnel. Et les économies attendues de 20 milliards de francs sur la période 2000-2002 semblent réalisables ». Source : Les Echos du 30/03/1999 et le Monde du 9/4/1999 Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 11 Encadré 6 : … mais la persistance de sources d’inquiétudes • • • • L'agence d'évaluation financière américaine Moody's émet des doutes.. L'agence américaine constate la « réduction supplémentaire de la dette résultant de l'apport de fonds propres de Renault » et « les synergies potentielles découlant de l'alliance ». Mais elle souligne aussi que le niveau de l'endettement restera élevé et met en avant « les difficultés [liées aux] différences de culture entre les deux groupes ». Elle relève aussi « l'absence de soutien direct de Renault aux créanciers de Nissan ». Les analystes financiers sont sceptiques sur les chances de Nissan de réduire de manière aussi importante son endettement. Le plan annoncé ne tient en effet pas compte de la réforme de la comptabilité des entreprises japonaises en vue de les harmoniser avec les standards internationaux. Ces nouvelles méthodes de comptabilité révéleront-elles des " trous noirs " encore insuffisamment explorés ? Selon Jean-François Estienne, auteur de « Réforme et avenir des retraites : les enseignements de l'exemple japonais (Documentation française) » : " les fonds de pension japonais restent largement opaques, n'étant pas tenus de rendre publiques les informations les concernant. Dans le cas de Nissan, il existe une dizaine de fonds de pension et la première question que l'on peut se poser est de savoir si le chiffre annoncé couvre l'ensemble de ceux-ci. Seconde question : les fonds de pension ne sont pas les seuls engagements sociaux des entreprises : il y a aussi par exemple les pécules (indemnités de fin de carrière). Selon Nissan, la perte de 580 milliards de yens inclurait le provisionnement des pécules. Mais le périmètre des engagements sociaux de l'entreprise demeure flou. " Au déficit de la caisse des retraites de Nissan s'ajoutent d'autres déconvenues financières. Selon le quotidien des milieux économiques Nihon Keizai, les résultats non consolidés du constructeur automobile à la fin de l'exercice clos le 31 mars (1999) dégagent un déficit de 35 milliards de yens (267 millions d'euros), soit trois fois plus que le montant attendu. La situation serait d'autant plus alarmante, poursuit le quotidien, qu'en raison de la remontée des cours de Nissan en mars, les moins-values latentes avaient fortement diminué. Mais les ventes ont baissé de 15,9 % en mars, soit plus que le recul de 10,1 % du marché, et devraient continuer à décliner. Source : Les Echos du 30/03/1999 et le Monde du 9/4/1999 Evolution du cours de bourse de Renault (euros) 50 40 30 20 Annonce de l'alliance 10 0 11 12 15 16 17 18 19 22 24 25 26 29 30 31 1 6 7 8 9 12 13 14 15 16 19 20 21 du 11/03/1999 au 21/04/1999 Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 12 Questions 1. La stratégie de développement de Renault est-elle pertinente ? 2. Le choix de Renault de recourir à une alliance vous paraît-il fondé ? Identifiez et évaluez les autres options envisageables. 3. Que pensez-vous du choix de Nissan comme partenaire ? 4. Évaluez les modalités initiales de l’accord. 5. Formulez des recommandations, concernant le pilotage de l’alliance, visant à limiter les risques d’échec de la coopération. Liste des ressources Des annexes 1. 2. 3. 4. 5. Le marché de l’automobile au tournant du 21ème siècle L’entreprise Renault L’entreprise Nissan Le profil de Louis Schweitzer et de Carlos Ghosn L’Asie et le Japon Une vidéo Interview de Pierre Loing, NISSAN, site www.media9.dauphine.fr, rubrique CAMPUS puis, ANNALES Des sites Internet • • • • • www.dauphine.fr/crepa : pour des données d’actualisation sur le cas www.renault.com www.nissan-global.com www.oica.net www.ccfa.fr Bibliographie • Ariño A., de la Torre, J (1998) « Learning from failure : Towards an Evolutionary Model of Collaborative Ventures », Organization Science, 9 ; 3 ; 306-325. • Blanchot F. (2000), « Le e-management des fusions », Revue Française de Gestion, n° 131, novembre-décembre • Blanchot F. (2000), « L’organisation Partenaire », in : Kalika M. et al. (2000), « Décloisonnée et transversale, l’organisation change », Expansion Management Review, n° 98, septembre • Blanchot F. 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Des investissements de plus en plus lourds : un nouveau modèle coûte entre 10 et 15 milliards de francs (entre 1.5 milliards d’euros et 2.3 milliards d’euros) et un nouveau moteur environ 5 milliards de francs (762 millions d’euros). Les voitures de demain, qui seront encore plus sûres, plus performantes, plus sophistiquées et moins polluantes, devraient engendrer des frais de R&D encore plus importants. Des législations plus contraignantes. Par exemple, la loi européenne sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone limitera, à l’horizon 2008, la consommation moyenne de la gamme d’une marque à 5.8 litres aux 100 kilomètres. De ce fait, les constructeurs de grosses berlines seront contraints d’élargir leur gamme vers le bas (ex : Daimler-Chrysler), renforçant ainsi la compétition sur un segment déjà très concurrentiel. Des à-coups conjoncturels variables selon les continents. Une couverture mondiale (Europe, Amérique du Nord, Japon) permet de lisser les à-coups conjoncturels d’un continent à l’autre). Un poids croissant des achats : Renault, par exemple, « externaliserait 80% de ses coûts auprès de fournisseurs » (Les Echos du 29/01/2002). 2. Les croyances « La guerre des coûts va continuer à être très dure, affirme Thierry Gadou, associé du Cabinet Deloitte Consulting. Toyota, Mercedes et Nissan poussent très haut les standards de qualité, la durée de la prise en garantie de la production va s’allonger, et pourtant les prix vont continuer à baisser : il faudra avoir les reins très solides pour tenir avec de telles contraintes » (Expansion n° 599,1999). Pour rester compétitifs, les constructeurs doivent atteindre la taille critique de 4 millions produits par an. Voici, à titre de preuve, la question posée par des actionnaires à Jean Martin Folz (PDG de PSA) lors de l’assemblée générale des actionnaires de PSA du 24 mai 2000 (site PSA :www.psa.fr) : « Certains analystes fixent à 4 millions de véhicules par an, la production minimum à atteindre pour demeurer compétitifs. Il ne devrait ainsi bientôt rester que six constructeurs dans le monde. Que va-t-il advenir de PSA Peugeot Citroën dans ces conditions ? ». Des perspectives dans les pays émergents. (il s’agit des perspectives, telles que disponibles à fin 1997- début 1998, période de la décision par Renault d’un développement en Asie). • En 1998, la lettre d’information du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA) précise que « Les constructeurs français ont clairement affirmé leurs ambitions hors de l’Europe, qui constitue de fait leur marché national. L’Asie, l’Europe centrale et orientale et l’Amérique latine constituent les voies de l’avenir à travers des pays émergents qui sont les porteurs de la croissance. 1998 sera pour Renault et PSA Peugeot-Citroën très largement l’année du Mercosur, avec la mise en place d’investissements colossaux et d’une stratégie adaptée… Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 15 Confrontés à des marchés d’origine parvenus à maturité, les constructeurs se sont tournés vers les pays dont le niveau de développement permettait d’atteindre une croissance durable des marchés automobile. Les pays du Mercosur, qui représentent environ 80 % du marché automobile d’Amérique du sud, possèdent une réelle culture automobile : à preuve le nombre de coureurs argentins et brésiliens qui ont fait la gloire du sport automobile. Le développement d’une classe moyenne supérieure, en particulier en Argentine ou le PIB par tête atteint 8 000 dollars par rapport à une moyenne de 4 300 dollars en Amérique latine, crée les conditions pour que se développe le marché automobile. Avec une répartition des revenus plus inégalitaire, mais disposant d’un marché intérieur énorme (162 millions de personnes), le Brésil recèle aussi un fort potentiel d’accroissement de la motorisation. Toutefois, ces perspectives de croissance ne mettent pas les marchés à l’abri d’une évolution en dent de scie, et tous les constructeurs présents dans la zone s’attendent à connaître des baisses brutales des marchés suivies de reprises fortes. » (AutoActualité, n° 4, mai 1998). • Selon les prévisions de l'EIU (Economist Intelligence Unit, site : www.eiu.com): « les ventes de véhicules en Asie chuteront de 29 % cette année (1998), après une baisse de 7 % l'an dernier. La croissance devrait revenir sur tous les marchés l'an prochain, mais il faudra attendre au moins 2001 pour retrouver les niveaux record de 1996. La région Asie-Pacifique ne représentera que 8 % des ventes mondiales de véhicules cette année, contre 11% en 1996, indique l'EIU, qui prévoit de forts reculs en Corée du Sud et dans les pays du Sud-Est asiatique les plus affectés par la crise. Les ventes devraient ainsi chuter cette année de 70 % en Indonésie, de 60 % en Corée du Sud, de 37 % en Thaïlande et de 33 % en Malaisie. Une baisse plus modérée est prévue en Chine et en Inde (5 et 9 % respectivement). Le recul de la production sera moins marqué que celui des ventes, car la Corée du Sud et la Malaisie pourront exporter une partie de leur production vers des pays plus avancés. L'EIU pense toutefois qu'une période de rationalisation est imminente, notamment en Corée du Sud, où seuls trois constructeurs pourraient subsister à l'avenir (Daewoo, Hyundai et éventuellement Samsung) » : (FINANCIAL TIMES 2/2/98) • « M. Padilla, responsable de Ford South America, évalue le marché brésilien à 1,45 million d'unités en 1999, soit un recul de 6,5 % par rapport à 1998 et de 25 % par rapport à 1997. »(AUTOMOTIVE NEWS EUROPE 7/12/98) 3. Les acteurs Les douze premiers constructeurs mondiaux en 1998 (nombre de véhicules particuliers et utilitaires produits en milliers) Constructeur General Motors Ford Toyota Volkswagen Daimler-Chrysler Nissan Fiat Honda PSA Renault Suzuki Mitsubishi BMW-Rover Mazda Monde 7508 6484 4931 4797 4226 2584 2578 2328 2247 2201 1298 1432 1209 914 Europe* 1968 1835 179 3227 1247 386 1685 112 2130 1918 33 101 1135 0 Source : Organisation Internationale des constructeurs Automobiles, site www.oica.net * Véhicules produits dans l’Union Européenne: ces chiffres peuvent être considérés comme une bonne approximation des ventes des constructeurs considérés en Europe (sachant que les importations hors Europe pour la vente en Europe et que les productions européennes pour la vente hors Europe sont très limitées). 4. Les marchés mondiaux (cf. tableau) Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 16 MARCHÉS MONDIAUX Voitures particulières 1999 2000 milliers % milliers EUROPE dont : Europe occidentale Europe centrale et orientale AMERIQUE dont : ALENA* États-Unis Amérique du sud ASIE-OCEANIE dont : Corée du sud Japon AFRIQUE TOTAL Variation 1999/2000 17 782 15 054 2 335 11 543 9 968 8 698 1 575 8 139 911 4 154 358 37 822 47,0% 39,8% 6,2% 30,5% 26,4% 23,0% 4,2% 21,5% 2,4% 11,0% 0,9% 100,0% 17 465 14 725 2 180 12 053 10 299 8 847 1 754 8 665 1 058 4 260 372 38 555 1,9% Véhicules utilitaires 1999 2000 % milliers % milliers 45,3% 2 683 15,2% 2 858 38,2% 2 190 12,4% 2 299 5,7% 387 2,2% 399 31,3% 10 210 57,7% 10 554 26,7% 9 696 54,8% 10 005 22,9% 8 717 49,2% 8 965 4,5% 514 2,9% 549 22,5% 4 588 25,9% 5 030 2,7% 362 2,0% 373 11,0% 1 707 9,6% 1 703 1,0% 226 1,3% 221 100,0% 17 707 100,0% 18 663 5,4% Total Variation 1999 2000 00/99 % milliers milliers % 15,3% 12,3% 2,1% 56,6% 53,6% 48,0% 2,9% 27,0% 2,0% 9,1% 1,2% 100,0% 20 465 17 244 2 722 21 753 19 664 17 415 2 089 12 727 1 273 5 861 584 55 529 20 323 17 024 2 579 22 607 20 304 17 812 2 303 13 695 1 431 5 963 593 57 218 3,0% -0,7% -1,3% -5,3% 3,9% 3,3% 2,3% 10,2% 7,6% 12,4% 1,7% 1,5% 3,0% *ALENA : Canada, États-Unis et Mexique. Source : www.ccfa.fr Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 17 Annexe 2 : l’entreprise Renault (jusqu’au début de l’alliance) 1. Quelques dates clés • • • • • • • • • • • • 1898 : création de l’entreprise. 1980 : Renault prend 46% d’American Motors Corporation (AMC), 4ème constructeur américain. 1984 : Renault en quasi-faillite : perte de 12,5 milliards de FRF. 1987 : Renault cède sa participation dans AMC à Chrysler. 1990 : Renault et Volvo signent une lettre d’intention sur un échange de participation. 1992 : L. Schweitzer succède à Raymond Lévy. 1993: annonce de la fusion Renault-Volvo, et 2 mois plus tard, de son rejet par le CA de Volvo. 1994 : ouverture du capital de Renault. 1996 : privatisation de Renault (L’État ne dispose plus que de 46% du capital). 1998: candidat au rachat du roumain Dacia (acquisition de 51% de son capital en septembre 1999 et participation portée à 82,72% en mai 2001). Des liens étroits de coopération avaient été noués dans les années 60-70 entre les deux constructeurs. 1999 : alliance Renault-Nissan. 2000 : acquisition de 70,1% de Samsung Motors (par ailleurs, partenaire technique de Nissan). 2. Domaines d’activité • À la fin des années 90, l’entreprise est présente dans 3 principales branches d’activité ou industries (mais, en juillet 2000, Renault cède sa branche Véhicules Industriels à Volvo) Branche d’activité Branche automobile (80% du CA) • • Branche financière (17% du CA) • • • Branche véhicules industriels (3% du CA) • • Commentaires cœur d’activité du groupe. conçoit, fabrique et commercialise des voitures particulières et des utilitaires, ainsi que du matériel agricole via Renault Agriculture. première marque en Europe occidentale. holding « Compagnie Financière Renault ». regroupe plus de 40 sociétés de financement des ventes de véhicules ainsi que deux banques. premier groupe de crédit automobile européen. Renault V.I./Mack. 3. Objectifs et stratégies • • L’objectif de Renault en Europe et dans le monde est un objectif de « croissance rentable ». Pour ce faire, l’entreprise s’appuie sur 7 axes stratégiques. Les 7 axes stratégiques pour une croissance rentable Axe 1 : Satisfaire pleinement ses clients par la qualité et la fiabilité de ses produits et services Objectif : offrir aux clients une garantie de mobilité totale. Deux priorités : devenir le constructeur de référence pour la fiabilité et se distinguer de la concurrence par la qualité du réseau et des services. La qualité fidélise et favorise la construction de l’image de marque. Axe 2 : Être le constructeur le plus compétitif en Europe Actions prioritaires : poursuivre le programme de réduction des coûts à tous les niveaux de l’entreprise, accroître la performance produit-process et celle de l’outil de production, accroître la flexibilité et la réactivité, améliorer la qualité des produits et des services, devenir la référence en matière de délais de livraison. Penser et agir en fonction du client. Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 18 Les 7 axes stratégiques pour une croissance rentable Axe 3 : Offrir une gamme jeune, forte et innovante L’audace conceptuelle et le design de ses produits les plus emblématiques sont l’essence de l’identité de la marque. A cette spécificité Renault s’ajoute la qualité de motorisations efficaces et sobres qui respectent l’environnement ainsi que des services innovants et compétitifs. Axe 4 : Accélérer l’internationalisation de Renault L’internationalisation est un élément majeur de la croissance de Renault. Objectif : conquérir de nouveaux marchés à partir d’une base européenne solide et vendre la moitié de sa production hors d’Europe à l’horizon 2010. L’internationalisation, c’est aussi l’intégration de sang neuf dans le Groupe. Axe 5 : Développer un groupe cohérent et ouvert Les trois branches du Groupe (Automobile, Véhicules Industriels et Branche Financière) doivent développer synergies internes et stratégie de coopérations et partenariats. Objectif : volumes économiques et accès à de nouveaux marchés à moindre coût. Axe 6 : Mieux travailler ensemble Développer les compétences, la responsabilité et la mobilité de chacun, favoriser performance et réactivité par le travail d’équipe et les démarches transversales fournir une information transparente, rémunérer en fonction des résultats individuels et collectifs : la réussite de l’entreprise passe par sa capacité à évoluer. Axe 7 : Dégager des bénéfices qui répondent à l’attente des actionnaires et financent le développement de Renault Le groupe doit dégager une marge bénéficiaire de 4% en moyenne sur un cycle et rentabiliser ses capitaux propres à hauteur de 11%. Cela afin de fidéliser ses actionnaires, et de favoriser son développement. Source : www.renault.com • En ce qui concerne la stratégie d’innovation en matière de concept-produit (Offrir des modèles de voiture conceptuellement innovants, tels que : Espace, Twingo, Kangoo, Avantime, Vel Satis), elle exige pour être durablement viable : o l’indépendance financière nécessaire pour pouvoir prendre les risques indispensables, o un point mort bas pour supporter les inévitables échecs, o l’imagination pour percevoir à temps et répondre adéquatement aux attentes nouvelles, o la réactivité organisationnelle pour être en mesure de saturer rapidement la demande en cas de succès et être capable, en cas d’échec, de reconvertir rapidement et au moindre coût les ateliers, grâce à la confiance et à la compétence du personnel. 4. Gamme • Dans le secteur automobile, l’entreprise est considérée comme un généraliste : elle offre une large gamme de véhicules destinés à tous les segments de marché (à l’exception du futur véhicule à destination exclusive des pays en voie de développement, qui sera commercialisé sous la marque DACIA à un prix qui ne devrait pas excéder 6000 USD, environ 5450 euros). Gamme 6000 USD Entrée de gamme Inférieure Moyenne inférieure Moyenne supérieure Haut de gamme Monospace 4x4 Pick-up Véhicules utilitaires Renault (production annuelle approximative en milliers, 2000) Dacia (50) Twingo (200) Clio (650) Megane, Scénic (800) Laguna (200) Spider, Safrane (<100) Espace (100) Express, Kangoo VP et VU, Traffic, Master (250) Source : www.renault.com Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 19 5. Implantations géographiques • • • En 1996, Renault et PSA n’auraient vendu à eux deux que 8 véhicules aux États-Unis, sur un marché où s’est écoulé pendant la même période 15 millions de véhicules neufs (L’Expansion n° 566, 5/02/1998) : les 2 constructeurs semblent avoir renoncé au plus important marché du Monde à la fin des années 80 (en 1987, Renault a cédé sa participation dans AMC qu’il avait acquise en 1980). Renault est un constructeur essentiellement européen. Depuis 1997, il a accéléré son développement en Amérique du sud et dans les pays de l’Est. Le rapport financier de 1997 ne fait état d’aucune ambition en Asie. En 1998, Renault devient la 1ère marque automobile en Europe, devant l’allemand Volkswagen (mais pas le 1er constructeur européen). (Les Echos du 17/03/1999) Répartition géographique des ventes (2000) Pays France Allemagne Espagne Italie Grande Bretagne TOTAL EUROPE DE L’OUEST Etats-Unis Canada Mexico TOTAL AMERIQUE DU NORD Japon TOTAL JAPON Brésil Argentine Autres TOTAL MERCOSUR9 AUTRES REGIONS MONDE Renault 784143 219401 213893 185657 174663 1872631 0 0 0 0 2075 2075 56608 58781 5031 120420 356718 2351844 % 80% 0% 0% 5% 15% Source : www.nissan-global.com Implantations industrielles (1999) Pays Amérique du Sud Argentine, Colombie, Uruguay Brésil Chili Europe Occidentale France, Espagne Portugal Asie Chine, Malaisie Afrique Maroc Europe centrale, orientale et Russie Roumanie Russie, Slovénie, Turquie Type d’usine Carrosserie / Montage Mécanique + Carrosserie / Montage Mécanique Mécanique + Carrosserie / Montage Mécanique Carrosserie / Montage Carrosserie / Montage Mécanique + Carrosserie / Montage Carrosserie / Montage Source : www.renault.com 9 Mercosur: Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay + Chili Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 20 6. Principales forces et faiblesses (relativement à la concurrence) • • • • Forces Maîtrise des coûts. Stratégie globale de plate-formes et d’achats. Produits et styles innovants, créatifs, imaginatifs. Relations avec les fournisseurs. • • • • • Faiblesses Qualité produits. Délais de développement nouveaux modèles (36 mois). Productivité des usines. Délais de livraison. Motorisations pour le haut de gamme Source : Rapport annuel Renault (1999) et divers articles de presse (Echos du 29/1/2002, www.fenetreeurope.com du 28/12/2001…) 7.Structure du capital et capitalisation boursière (1999) Actionnaires de Renault État français Public Groupe des actionnaires associés (pacte d’actionnaires institutionnels) Salariés Auto-détention % du capital 44,22 47,69 3,24% 2,75% 2,10% % cumul 44,22% 91,91% 95,15% 97,9% 100% Source : www.renault.com • Au 26 mars 1999, la capitalisation boursière de Renault est de 53,4 milliards de FRF (8,1 milliards d’euros) 8. Données financières (en millions de FRF), commerciales et sociales Chiffre d’affaires Résultat exploitation Résultat avant impôts Résultat net CAF Investissements Trésorerie nette10 Endettement net11 Dettes à long terme Dettes totales Capitaux propres Effectif • • • 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 161438 174477 163620 171502 184252 169789 178537 184065 184078 207912 243934 246589 263534 14385 12944 6299 4813 7734 609 2137 1259 -5987 2030 10839 9736 11173 8975 9725 1380 3969 6481 1094 3485 1976 -5645 4095 11145 7610 11302 8834 9289 1210 3078 5680 1071 3636 2139 -5248 5427 8847 3506 7082 15260 15050 7919 12305 16117 11017 12145 11669 6918 13804 20321 21745 22379 7295 10361 13213 20637 13565 12043 16050 15499 17046 16289 14902 49192 23990 9117 24431 28192 23786 17593 27110 15528 8727 7851 -1458 3368 9385 4181 -10569 17705 31441 38746 57335 63434 102526 133449 152819 14012 22466 17014 31331 33965 33877 42784 43796 37770 43917 51562 53689 63314 178665 174573 157378 147185 146604 139733 138279 139950 140905 141315 138321 159608 166114 Source : www.renault.com En 1998, Renault a vendu 2,128 millions de véhicules (véhicules particuliers et utilitaires) dans le monde, soit 16% de plus qu’en 1997, dont 1,7 millions en Europe Occidentale, 110000 dans le Mercosur et 68517 en Europe Centrale (Les Echos du 17/03/1999) En 1998, la part de marché de Renault est de 29,9% en France, de 11% en Europe (Les Echos du 17/03/1999) et de 4,3% dans le monde (www.renault.com) Part de marché mondial de Renault au tournant du 21ème siècle : 4,2% en 2000 ; 4,4% en 2001 (Les Echos du 4-5/01/2002). 10 Fonds de roulement net global – besoin en fonds de roulement L'endettement net, ou dette financière nette, d'une entreprise est le solde de ses dettes financières d'une part, du disponible et des placements financiers (destinés à rémunérer les liquidités de l’entreprise) d'autre part. Il représente la position créditrice ou débitrice de l'entreprise vis-à-vis des tiers et hors cycle d'exploitation. 11 Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 21 Annexe 3 : l’entreprise Nissan Motor Co., Ltd (jusqu’au début de l’alliance) 1. Quelques dates clés • 1933 : création de Nissan. • 1966 : fusion de Nissan avec Prince Motors, qui en fait l’égal de Toyota. • 1968 : premières exportations vers les US et premières implantations à l’étranger. • années 80 : accélération du développement international. 2. Domaines d’activité Nissan Motor, créé en 1933 est un keiretsu12 vertical affilié au keiretsu horizontal Fuyo mais néanmoins largement indépendant. D’après L. Schweitzer, c’est un « keiretsu faible ». Au départ, c’était un petit producteur de véhicules et d’équipements automobiles. Aujourd’hui, Nissan se définit comme « l’un des fabricants mondiaux leader d’automobiles, dédié pour créer des voitures qui rencontrent réellement les besoins des consommateurs mondiaux… ». Structure du keiretsu vertical Nissan Motors Filiales et participations Aichi Machine Industry Autech Japan JATCO Kinugawa Rubber Industrial Nissan Finance Nissan Kohki Nissan Motor Car Carrier Nissan Shatai Tennex Vantec • • • • • • • • • • 8 filiales en Amérique du Nord • • • • • 12 Filiales en Europe • • • • 2 filiales en Australie • • 1 filiale au Moyen-Orient 1 filiale en Asie • 1 filiale en Afrique • Calsonic & Kansei Ikeda Bussan Nissan Diesel Motor (Créée en 1935) Unisia JECS • • • • • • • Caractéristiques Filiales japonaises consolidées Production et vente de véhicules et de moteur Développement, production et vente de véhicules en série limitée Équipementier automobile Équipementier automobile Services financiers pour les compagnies du groupe Fabrication de moteurs pour voitures et bateaux Opérations d’exportation de voitures Société d’assemblage de petites voitures et de véhicules utilitaires Équipementier automobile Transport maritime Filiales à l’étranger consolidées 1 siège social pour l’Amérique du Nord (USA) 2 filiales spécialisées dans les services financiers (Canada, USA) 1 filiale commerciale automobile (Canada) 1 centre de design automobile et 1 centre de R&D automobile (USA) 2 unités de production automobile (Mexique ; USA) 1 siège social pour l’Europe (Pays-Bas) 7 filiales commerciales automobile (France ; Italie ; GB ; Suisse ; Allemagne ; Espagne ; Pays-Bas) 1 filiale spécialisée dans les services financiers pour Europe (GB) 2 unités de production (Espagne ; GB) et 1 centre de R&D pour l’Europe (GB) 1 filiale commerciale auto 1 unité de production (fonte d’éléments aluminium) 1 filiale commerciale 1 filiale commerciale + 2 participations non consolidées (dans la production à Taiwan) Unité de production (Afrique du Sud) Participations au Japon (non consolidées) Équipementier automobile Équipementier automobile Spécialisé dans les véhicules lourds (véhicules industriels) et utilitaires Détenu à 40% par Nissan Motors Équipementier automobile Source: Moreau (1994, Que sais-je ?) ; rapport annuel Nissan 1999, www.nissan-global.com 12 La plupart des grandes entreprises japonaises sont connectées à des sociétés affiliées ave lesquelles elles forment un système appelé Keiretsu qui peut être horizontal (conglomérat) ou vertical (nombreux fournisseurs-sous-traitants sous l’ombrelle d’une importante société industrielle). Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 22 3. Objectifs et stratégies Le rapport annuel de mars 1998 met l’accent sur la mise en place d’un « plan de réforme de l’activité globale » (Global Business Reform Plan) comme stratégie de succès face à la concurrence internationale. L’objectif de ce plan est : • d’atteindre un ratio profit opérationnel/ventes de 5% pour mars 2001 et de 6% pour mars 2002 ; • de diviser par 2,5 le poids des intérêts de sa dette globale ; • un recentrage sur certaines activités avec pour principe de : o privilégier la profitabilité à la croissance des ventes, o donner la priorité aux modèles les plus rentables, o poursuivre le développement à l’étranger et tout particulièrement aux US, o démontrer la compétitivité de l’entreprise à travers le développement en propre de technologies avancées, la focalisation sur la protection de l’environnement et la sécurité des véhicules. Les principaux axes envisagés pour atteindre ces objectifs sont les suivants: Principaux axes Nouvelle structure organisationnelle Nouvelle structure de développement • • • • • Rationalisation du réseau • de distribution japonais Reconstruire les • opérations américaines • • • Accroissement de la productivité • • Améliorer la position financière • • Détails Clarification des responsabilités de l’équipe de direction. Accélération du processus de décision en déléguant plus de pouvoir et d’autorité au middle management. Réorganisation de la division produit pour créer des produits destinés à plus de succès. Priorité aux produits les plus profitables. Réduction du nombre de plate-formes et renforcement du marketing. Passer d’un système de 4 canaux de distribution à deux canaux de distribution. Modification de l’organisation de façon à développer l’orientation marché et à accélérer les prises de décision (rapprochement du siège US et de la filiale commerciale US). Introduire de nouveaux modèles à un rythme agressif. Réduire les coûts de fabrication, les stocks… Renforcer l’image de marque de l’entreprise en introduisant un modèle phare. Développement de la production de modèles différenciés ayant une plate-forme commune et assemblés sur une même ligne, en utilisant des systèmes de production flexible. Développement de l’activité de production de transmissions avec ventes à l’extérieur (pour réduire les coûts). Cession d’actifs. Réduction des stocks. Source : Rapport d’activité Nissan 1998, www.nissan-global.com Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 23 4. Gamme Nissan a jusqu’ici misé sur une gamme très diversifiée de modèles classiques, d’une grande perfection et fiabilité mécaniques, mais d’un style banal et ayant peu de pièces en commun. Gamme Inférieure Moyenne inférieure Moyenne supérieure Haut de gamme Monospace 4x4 Pick-up Véhicules utilitaires Nissan (production approximative en milliers, 2000) March, Micra, Cube (500) Almera, Sunny, Sentra, Tino (600) Bluebird, Primera (400) Altima, Maxima, Infiniti, Q45, Cedric, Gloria (550) Quest, Elgrand, Prairie (200) Safari, Patrol, Terrano, Xterra, Pathfinder, Xtrail (300) Pick-up (300) Atlas Civilian, Cabstar (200) Source : www.renault.com Les 15 modèles clés de Nissan Modèles President Micra Cube Serena-Elgrand Tina Infiniti 130 Patrol GR Xterra Terrano II Almera Primera Skyline Caractéristiques Haut de gamme ; 685 ventes en 1998 1 million d’exemplaires fabriqués en Europe à fin 1998, actuellement concurrencée par la Yaris de Toyota Petit modèle. Concurrencée par la Toyota Yaris Monospace Clone de la Scénic de Renault Marque haut de gamme de Nissan 4x4 4x4. Démarre très fort aux US 4x4. Succès au Japon. Vient d’être relooké Niveau de gamme correspond à celui de la Mégane de Renault Niveau de gamme correspondant à celui de la Laguna de Renault Ligne sportive haut de gamme Source : www.renault.com Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 24 5. Implantations géographiques L’entreprise est présente sur tous les continents, tant en termes de ventes qu’en termes d’implantation industrielle. C’est le 2ème constructeur automobile japonais, derrière Toyota Répartition géographie des ventes (2000) Pays France Allemagne Espagne Italie Grande Bretagne TOTAL EUROPE DE L’OUEST États-Unis Canada Mexico TOTAL AMERIQUE DU NORD Japon TOTAL JAPON Brésil Argentine Autres TOTAL MERCOSUR13 AUTRES REGIONS MONDE Nissan 36905 76963 82826 66602 89809 507320 752088 47404 173066 974074 729739 729739 211 1000 9201 10412 407499 2629044 % 19% 37% 28% 0,4% 15,5% Source : www.nissan-global.com Implantations industrielles Pays Amérique du Nord États-Unis Amérique centrale Mexique Europe Occidentale Espagne, Grande-Bretagne Europe centrale, orientale et Russie Iran, Pakistan Afrique Afrique du Sud, Égypte, Kenya, Zimbabwe Asie Chine, Indonésie, Malaisie, Philippines, Taïwan, Vietnam Japon Thaïlande Type d’usine Carrosserie / montage / mécanique Carrosserie / montage / mécanique Carrosserie / montage / mécanique Carrosserie / montage Carrosserie / montage Carrosserie / montage Carrosserie / montage / mécanique Carrosserie / montage / mécanique Source : Expansion n° 605 + www.renault.com 13 Mercosur: Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay + Chili Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 25 6. Principales forces et faiblesses (relativement à la concurrence) • • • • • • • Forces Premier constructeur nippon à construire des voitures en Europe. Aux traditionnels points forts des Japonais (fiabilité, prix, équipement, technologie), Nissan ajoute un design classique mais conforme à la sensibilité européenne. Motorisations de bon niveau (« as de la motorisation »). Études et technologies avancées (« champion technique et mécanique ») Productivité des usines au meilleur niveau mondial. Maîtrise de la qualité. Délais de production de nouveaux modèles. • • • • • • • • • • • Faiblesses Manque de personnalité (d’originalité) et renouvellement trop lent de la gamme : manque d’imagination. Un déficit de notoriété sans doute lié à un souci trop affirmé de se fondre dans le paysage automobile européen. 27 plate-formes différentes. Une vingtaine de moteurs. 3857 points de vente dans le seul Japon. Management lourd et conformiste qui assèche la créativité Une direction pléthorique. Une situation de sureffectif : un cadre moyen sur 5 serait de trop chez Nissan. Des capacités de production inutilisées pour un tiers (taux d’utilisation de 51% en moyenne au Japon). Une dette globale évaluée à 25 milliards d’euros en mars 1999. Des pertes récurrentes. 7. Structure du capital et capitalisation boursière (1999) Avant l’accord avec Renault, les principaux actionnaires de Nissan étaient, par ordre décroissant : Actionnaire The Dai-Ichi Mutual Life Insurance Company The Fuji Bank The Industrial Bank of Japan Nippon Life Insurance Company The Asahi Bank The Chase Manhattan Bank Sumitomo Trust & Banking State Street Bank & Trust Company The Sumitomo Bank The Nissan Fire & Marine Insurance Co. % du capital 5,1 4,6 4,3 4,0 3,0 2,8 2,5 2,3 2,3 2,0 % cumul 5,1 9,7 14,0 18,0 21,0 23,8 26,3 28,6 30,9 32,9 Source : Rapport annuel Nissan (1999), www.nissan-global.com Au 26 mars 1999, la capitalisation boursière de Nissan est de 1168,6 milliards de yens (9,07 milliards d’euros) et le cours de l’action à 465 yens. 8. Données financières, commerciales et sociales Principales données pour 1998-1999 330 milliards de FRF (51 milliards d’euros) 65 milliards de FRF (9,9 milliards d’euros) 2465863, dont 937402 (38%) hors du Japon 20,4% 4,6% 137201 Chiffre d’affaires Fonds propres Véhicules produits Part de marché au Japon Part de marché aux États-Unis Effectif Source : Expansion n° 605 du 23/09/2001 ; www.renault.com Évolution du résultat net (en milliards de yens avec 1 FRF ≅20 yens) 1992 101 1993 -56 1994 -87 1995 -166 1996 -88.4 1997 77,7 1998 -14 1999 -27,7 Source : Monde du 18/05/2001 Évolution de la part de marché mondial de Nissan 1988 5,8% 1989 6,2% 1990 6,4% 1991 6,6% 1992 6,2% 1993 6,1% 1994 5,8% 1995 5,7% 1996 5,5% 1997 5,2% 1998 4,9% Source : www.nissan-global.com Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 26 Annexe 4 : Profils de Louis Schweitzer et Carlos Ghosn Louis Schweitzer a été l’initiateur de l’alliance Renault-Nissan. Dirigeant réputé pour son calme, il a d’abord embrassé une carrière de haut-fonctionnaire avant d’entrer chez Renault en 1986 comme Directeur à la Direction Générale puis Directeur Financier et du Plan et Directeur général adjoint. Il devient Directeur général de Renault en 1990 et Président Directeur Général en 1992. Louis Schweitzer est licencié en droit, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris et ancien élève de l’ENA. Il est né le 8 juillet 1942 à Genève, est marié et père de 2 enfants. Une fois scellée l'alliance franco-nippone, Louis Schweitzer envoie Carlos Ghosn, également partisan de l'entrée de Renault dans le capital du constructeur japonais, chez Nissan pour qu’il assure son redressement. Carlos Ghosn devient directeur général de Nissan en juin 1999. Le 18 octobre 1999, il présente son « Plan de renaissance de Nissan ». Il est alors seul à parler, Yoshikazu Hanawa, le président, restant muet. Le 20 juin 2000, il accède à la tête de Nissan. • • • • • • État civil (Carlos Ghosn) Français, Brésilien d'origine (né en 1954 au Brésil), petit-fils de Libanais. Marié à une Libano-Brésilienne. 4 enfants, dont 3 nés outre-atlantique (US). langue utilisée à la maison : l’anglais. Études A fait ses études à Paris. Polytechnique (1974) – Mines (1978). • • • • Biographie A beaucoup voyagé dans son enfance. Entré chez Michelin à vingt-quatre ans (en 1978). Prend la direction de la filiale brésilienne du manufacturier clermontois en 1985, avant d'assumer la présidence de Michelin North America en 1990. A eu la tâche délicate de fusionner Michelin et Uniroyal Goodrich aux Etats-Unis en 1990. Embauché par Renault en octobre 1996, comme Directeur général adjoint. « Tueur de coûts » : prône des mesures draconiennes, qui aboutiront à la fermeture de l'usine belge de Vilvorde. Ne se contente pas de restructuration, il prône aussi la croissance à tout crin. • • Amateur de sports nautiques. Passionné de voitures de sport. • • Domicile depuis sa nomination Tokyo avec sa femme et ses enfants. Quartier de Meguro, près de l'ambassade de France et du restaurant Taillevent. « Ce sont les enfants qui ont choisi », assure-t-il. Ils ont voulu être proches des nouveaux quartiers branchés du port de Tokyo. • • • • • • • • • • • Loisirs Durée prévue du séjour à Tokyo en octobre 1999 : 3 ans Comme cela se passe traditionnellement au Japon, il n'a pu prendre qu'une semaine de vacances avant de s'installer avec sa femme et ses quatre enfants à Tokyo. A fait assez de progrès en japonais pour prononcer des petits discours préparés à l'avance, mais pas assez pour soutenir une conversation. Style de direction et tempérament Brillant, convaincu de sa valeur. Ambitieux. Volontiers autoritaire. Homme pressé, qui avoue « ne pas tolérer la lenteur ». Grande capacité d’écoute. Son calme est impressionnant, son visage toujours aussi lisse. Bourreau de travail. Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 27 Annexe 5 : L’Asie et le Japon 1. Les marchés Principales caractéristiques en matière d’attrait Chine Malaisie Taïwan Singapour Indonésie Hongkong Philippines Corée Thaïlande Japon PNB PNB/Habitant Croissance Inflation Chômage Stabilité politique Flux d’investissements Facilité d’établissement Contrôle des changes Rapatriement des capitaux Impôts Main d’œuvre qualifiée Coûts de la main d’œuvre Bureaux Coûts d’exploitation Favorable Défavorable Source : Lasserre & Schütte (1996, p. 40) Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 28 2. Gestion des ressources humaines et système de relations sociales au Japon 2.1. Tendances en matière de gestion des ressources humaines au Japon • • • • • • Gestion de l’emploi et des carrières Emploi à vie considéré comme une caractéristique distinctive du système RH japonais. Mais faible proportion d’employés concernés (20 à 25% de la force de travail à la fin des années 80). Profil des employés bénéficiaires d’un emploi à vie : « hommes clés » des grandes entreprises. Pratique présente dans la majorité des grandes entreprises japonaises. Contrepartie demandée en échange d’un emploi à vie : loyauté, dévouement et fidélité envers l’entreprise. Existence de nombreux contrats précaires assurant la flexibilité requise pour compenser l’emploi à vie. • • • • Recrutement Emploi à vie associé à un recrutement sélectif de jeunes diplômés. Recrutement de nouveaux employés considéré comme une activité cruciale. Recherche des jeunes diplômés d’écoles prestigieuses ayant le potentiel d’apprendre de nombreux métiers. Grande importance accordée à la personnalité des candidats (capacité à assimiler la culture de l’entreprise). • • • • • • • • • • • • • Appréciation et rétribution Rémunération et promotion des employés clés largement fondée sur l’âge et l’ancienneté plutôt que sur le classement des emplois ou la performance. Pratique qui reflète les efforts fournis pour retenir les employés clés. Mais tendance au déclin de cette pratique de la rémunération et de la promotion à l’ancienneté, comme conséquence, notamment, du ralentissement de la croissance au Japon, ralentissement qui a réduit l’embauche, élevé l’ancienneté moyenne et augmenté les coûts du travail. Remplacement progressif par le salaire au mérite. Mais conception de la notion de mérite différente de l’approche occidentale focalisée sur les résultats au travail : inclut les aptitudes à communiquer, le comportement coopératif et le sens des responsabilités. Coopération encouragée par des systèmes d’appréciation focalisés sur le travail d’équipe avec des bonus d’équipe. Efforts réalisés pour limiter les écarts de rémunération avec la prise de conscience de l’importance du rôle de la base et le développement des pratiques de cercles de qualité… Formation et développement Employés souvent considérés comme des actifs (plutôt que des charges) avec investissement formation important. Pratique qui s’explique partiellement par le caractère très général des formations initiales. Importance de la formation par la rotation sur les postes. Compétences acquises par les salariés plutôt spécifiques à la firme et difficilement valorisables à l’extérieur. Rôle intégrateur de la formation: socialisation par rotation sur les postes. Potentiel de promotion surtout fonction de l’ancienneté et du diplôme. • • • • Organisation du travail et relations hiérarchiques Caractéristiques du travail souvent fonction de l’âge et de l’ancienneté. Implication des salariés japonais envers leur organisation souvent attribuée à un travail complexe et autonome . En fait, travail des japonais souvent moins varié, autonome et changeant comparativement au travail dans d’autres pays (notamment US). Travail multi-tâches pour répondre exigences de flexibilité. Rotation du travail préférée à la spécialisation. Division du travail entre groupes plutôt qu’entre individus. Grande hiérarchie des statuts et des rangs qui reflète l’importance accordée à la hiérarchie. • • • Gestion participative Participation des niveaux subalternes aux décisions de l’entreprise à travers le système ringi. Mais contrôle du processus de décision par le top management pour les décisions importantes. => ringi : davantage un processus d’intégration qu’un processus de transfert de pouvoir au bas de la hiérarchie. • • • D’après Izutsu (1997) ; Lassere et al. (1996) ; French (1995) Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 29 2.2. Le système de relations sociales • Des syndicats d’entreprise qui privilégient la négociation. Mais l’organisation de grèves partielles touchant des ateliers stratégiques n’est pas exclue en cas d’échec des négociations. • Un syndicat puissant chez Nissan. C’est l’un des plus puissants dans l’industrie automobile. • Une opposition aux licenciements sans reclassement. Une manière jugée acceptable de fermer une usine consiste à arrêter l’embauche de façon à faire baisser naturellement les effectifs (baisse de 15 à 30% en 3 à 5 ans), à jouer sur la mobilité intra-groupe et à susciter les départs volontaires grâce à des primes. (source : Interview de I. Takagi, expert en relations sociales, in : Expansion n° 605) 3. L’entreprise japonaise Le droit japonais connaît la SARL et la SA (forme juridique la plus courante et la mieux considérée). Les organes d’une SA japonaise Organe L’assemblée générale • • • Administrateurs Conseil d’administration • • • • • • Le directoire (comité de direction) • • • • • • • Auditeurs internes • Attributions Décisions fondamentales : approbation des comptes et des propositions d’affectation des bénéfices ; nomination des administrateurs et de l’auditeur interne. Réunion au moins une fois par an. Prises de décision : à la majorité simple avec quorum d’au moins 50% en principe ; majorité des 2/3 requise pour toutes les décisions qui entraînent modification des statuts => la participation décisive est à 33%. Désignés par l’AG. Ne sont pas obligatoirement actionnaires. Responsables de la gestion des affaires (les administrateurs sont en quasi-totalité les directeurs des différentes fonctions de l’entreprise) => confusion entre direction et contrôle. Représentants de la société (mais plusieurs signatures conjointes requises pour ce faire). Théoriquement investi par les actionnaires des pouvoirs nécessaires pour décider la politique générale de la société et pour contrôler les résultats réalisés par la direction de l’entreprise. En réalité, le CA se réunit généralement une fois par mois et se contente d’approuver automatiquement les décisions prises par le comité de direction. Siège à côté des administrateurs et se recrute parmi eux. Est constitué par le Président et quelques-uns de ses collaborateurs (les plus proches et les plus importants, qui lui apportent leurs compétences et leur avis). C’est le vrai centre de décision. Est en principe chargé de la mise en œuvre de la politique générale décidée par la CA. Mais, en réalité, c’est de facto l’instance de prise de décision car la politique générale est élaborée puis proposée par le comité de direction au CA qui l’approuve automatiquement. Se réunit en règle générale une fois par semaine. Décide en collège à la majorité. Contrôle la gestion individuelle des administrateurs (directeurs opérationnels). Contrôlent la gestion des administrateurs en expertisant les comptes. D’après Yoshimori (1984) et Langefeld-Wirth (1992) Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 30 4. La culture Ce concept renvoie aux particularités des habitants de certaines régions, pays… en termes de comportements, croyances, valeurs, attitudes, manière de penser. Il fait référence à des tendances. 4.1. Résultats des recherches de Hofstede et de Trompenaars pour quelques pays Scores concernant 5 aspects de cultures nationales (Hofstede) Pouvoir (1) Pays Chine Corée du Sud États-Unis France Hong Kong Inde Indonésie Japon Malaisie Philippines Singapour Taiwan Thaïlande Rang Individualisme (2) Indice 27-28 38 15-16 15-16 10-11 9 33 1 4 13 29-30 21-23 Rang 60 40 68 68 77 78 54 104 94 74 58 64 Masculinité (3) Indice 43 1 10-11 37 21 47-48 22-23 36 31 39-41 44 39-41 Rang 18 91 71 25 48 14 46 26 32 20 17 20 Indice 41 15 35-36 18-19 20-21 30-31 1 25-26 11-12 28 32-33 44 Contrôle de l’incertitude (4) Rang Indice 39 62 43 57 56 46 95 50 64 48 45 34 Orientation (5) Rang Indice 1 118 85 5 75 46 17 29 86 29 2 96 40 48 7 61 92 4 80 36 44 21 19 8 9 48 69 3 87 64 8 56 16-17 43 10-15 49-50 45 41-42 7 46 44 53 26 30 Source : Hofstede (1993) (1) (2) (3) (4) de la plus grande inégalité de pouvoir perçue (indice le plus élevé) à la plus faible (indice le moins élevé). du plus grand individualisme (indice le plus élevé) au plus faible (indice le moins élevé). du degré de masculinité le plus élevé (indice le plus élevé) au moins élevé (indice le moins élevé). du moins tolérant face à l’incertitude (indice le plus élevé) au plus tolérant (indice de contrôle de l’incertitude le plus faible). (5) de l’orientation à long terme (indice le plus élevé) à l’orientation à court terme (indice le moins élevé). Scores concernant 6 aspects de cultures nationales (Trompenaars) Pays Chine Corée du Sud États-Unis France Hong Kong Inde Indonésie Japon Malaisie Népal Philippines Singapour Thaïlande Universaliste % Rang (1) 47 4 26 1 95 36 68 16-17 55 6 58 9 42 3 67 14-15 48 5 69 67 61 Individualiste % Rang (2) 64 26-27 49 6-7 79 37-38 48 5 69 31-32 61 23 60 31 18 14-15 50 11 50 21-22 % Neutre Rang (3) 40 34 55 3 2 5 75 83 9 10 1 8-9 8-9 42 4 Diffus % Rang (4) 28 1 Statut acquis % Rang (5) 65 20-23 Contrôle % Rang (6) 35 1-2 89 32-33 66 76 48 83 64 40 12-13 18 4 24-25 10 2 77 73 67 61 42 36 32-33 24 11-13 3 89 81 69 72 73 56 23 55 2 9 56 60 6-7 8 53 7-8 37 29-32 14 21 22 4 58 6-7 71 18-20 Source : Trompenaars (1993) (1) (2) (3) (4) (5) (6) du plus particulariste (1er rang) au plus universaliste (dernier rang). du plus collectiviste (1er rang) au plus individualiste (dernier rang). du plus affectif (1er rang) au plus neutre (dernier rang). du plus diffus (1er rang) au plus spécifique (dernier rang). des plus favorables au statut attribué (1er rang) aux plus favorables au statut acquis (dernier rang). d’un sentiment de « contrôle externe » (1er rang) à un sentiment de « contrôle interne » (dernier rang) Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 31 Compléments sur les caractéristiques culturelles des japonais d’après Trompenaars (1994) Caractéristique • • • Statut attribué plutôt qu’acquis Neutralité plutôt • qu’affectivité • • Adaptation à la nature plutôt • que recherche de son contrôle • Commentaires Dans les cultures attribuant le statut, on consacre un important budget à la formation. Cela permet d’obtenir des anciens une compétence accrue. La reconnaissance du statut est particulièrement déterminante en négociation. Exemple: que se passe-t-il si des interlocuteurs au statut acquis rencontrent des interlocuteurs au statut attribué ? Dans le cas d'une négociation nippo-néerlandaise, par exemple, l’entreprise hollandaise envoie ses spécialistes, âgés de 30 ans, compétents et déterminés ; les Japonais, eux, sont moins spécialisés sur le sujet. En revanche, ils sont plus âgés et hiérarchiquement élevés. La communication va s'établir difficilement : les Hollandais jugent les Japonais insuffisamment qualifiés pour le sujet, et les Japonais sont peu persuadés de la légitimité et de la réelle autorité de ces jeunes hollandais. Les neutres considèrent qu'il ne faut jamais manifester ses émotions, surtout pas sur le lieu de travail. Pour eux, l'attitude affective accuse un manque de maîtrise et d’objectivité. Les cultures asiatiques font partie de celles qui respectent la nature et se laissent guider par ses lois. Quand les Japonais "copient" les produits occidentaux, ils considèrent en fait qu'ils recueillent les fruits développés par leur environnement. Les Japonais (culture ouverte sur l’extérieur) semblent accorder un moindre intérêt à la stratégie en soi. 4.2. Autres résultats de recherche sur la culture japonaise D’après Lassere et Schütte (1996) ; E.T. Hall (1983); d’Iribarne (1998) ; Usunier (1991 ; 2001) ; Simons (2000, p. 62) ; Gauthey et al. (1993, p. 79) Tendances concernant les relations entre individus au Japon Évitement des conflits • Les conflits ouverts sont jugés très perturbants. • La plupart des règles sociales de bienséance interdisent la manifestation de la colère. • L’harmonie est recherchée. Importance de sauver la face • La plupart des sociétés asiatiques sont régulées par la honte, en opposition à la culpabilité qui est le fait des sociétés judéo-chrétienne. • La honte publique est inacceptable et peut amener une vengeance. • Le stress se traduit souvent par un sourire. Respect de l’autorité et de l’ancienneté • Les dirigeants sont censés être attentifs à la vie personnelle des employés (paternalisme). • On ne discute pas ouvertement l’autorité formelle. • La dépendance n’est pas nécessairement humiliante. • La dignité est moins associée à l’exercice du pouvoir et plus au respect avec lequel, au sein même d’une position de dépendance, on est traité par ses supérieurs. • Place importante donnée aux questions d’étiquette : loin de conduire à une réelle codécision, les procédures de consultation (ringi) constituent souvent une simple manifestation d’adhésion de la base à des décisions déjà prises par les supérieurs. • L’âge apporte une aura paternelle. Comportement dans les négociations (Usunier, 2001) • Les Japonais accordent une grande importance aux aspects humains (ningensei) : ils considèrent qu’il y a un besoin crucial de ningensei pour développer la bonne volonté des parties. Les éléments concrets ne sont pas suffisants et le ningensei, lié au principe de philosophie Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan • 32 confucéenne, est essentiel pour obtenir des concessions des Japonais. Ainsi, le rituel d’échange de cartes de visite (meishi) est typique d’une étiquette fondée sur un principe confucéen. Les Français, et plus généralement les occidentaux, auraient plutôt tendance à se précipiter sur les questions d’équilibre financier et à réclamer des décisions rapides sur le contrat en discussion. Tendances concernant les relations entre l’individu et le groupe Référence au groupe La conformité aux normes du groupe est exigée. L’individu n’est pas tant jugé en fonction de son caractère, de son comportement ou de ses performances que de son attitude et de ses rapports avec les autres membres de la société. • Les comportements individualistes sont condamnés. • La plupart des décisions subissent l’influence du groupe au sein duquel l’individu s’inscrit et traduisent la peur de perdre la face si l’individu ne se conforme pas aux normes sociales. • La réussite individuelle se mesure en termes de contribution de l’individu à la société dans son ensemble. • Les transactions individuelles sont basées sur l’affiliation au groupe, ce qui conduit aux réseaux. • • Famille élargie et népotisme • Le soutien familial est une norme reconnue. • Les organisations sont considérées comme une extension des structures de soutien familial et donc comme pourvoyeuses d’aide sociale. • Il est normal de donner la préférence aux membres de la famille dans les transactions d’affaire. Tendances concernant les rapports au temps et aux décisions Rapport au temps • • • 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. Français intellectuellement monochroniques, avec un comportement réel polychronique. Japonais polychroniques à l’égard d’eux-mêmes, mais capables d’adopter un comportement monochronique dans leur rapport aux cultures anglo-saxonnes. Grande capacité des japonais à se projeter à long terme : expliquerait l’aptitude des firmes japonaises à construire des stratégies sur de très longues périodes (Usunier, 1992, p. 414). Cultures monochroniques individus ne font qu’une chose à la fois, se concentrent exclusivement sur le travail en cours. individus respectent les plans ou programmes établis. individus arrivent à l’heure. individus lents, soucieux du respect des délais. individus distants par rapport à leurs collègues et réservés dans leurs relations avec autrui . individus respectueux des engagements et de la parole donnée concernant les délais. tâches à accomplir décomposées en sous-tâches. traitées séquentiellement selon un agenda pré-établi => culture de l’agenda. imprévu et incertitude limitées à travers une formalisation et organisation maximales. incidents et imprévus engendrent rupture dans le plan d’organisation. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Cultures polychroniques individus changent régulièrement d’occupation, mènent plusieurs tâches simultanément, et peuvent communiquer avec plusieurs personnes en même temps. individus modifient régulièrement les plans ou programmes, abandonnent ou modifient facilement le plan de travail préétabli. individus accordent peu d’importance à la ponctualité. individus rapides, désordonnés, enclins à l’impatience. individus privilégient des relations personnelles fortes avec leurs collègues (engagements envers les personnes plutôt qu’envers les délais). les relations entre les individus sont plus importantes que les objectifs à atteindre. gestion simultanée de plusieurs obligations ; tâches traitées simultanément. interruptions et imprévus fréquents ; stress élevé. Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 33 Rapport à la décision • Au Japon, la décision n’est pas étroitement séparée de sa mise en œuvre (le processus du ringi, consultation collective préalable, examine en détail les conséquences de la décision, en particulier ses contraintes de mise en œuvre). • En France, le choix est plutôt cartésien entre des options abstraites. Tendances comportementales des Japonais en matière de communication • Quand les Japonais veulent exprimer leur pensée, ils se réfèrent constamment au contexte pour interpréter les aspects non-explicites des messages (communication à message implicite et fort contexte). En conséquence, ils sont habitués à deviner ce que l’autre veut dire, et donc à un processus intellectuel assez sophistiqué par lequel ils doivent constamment chercher le sens plutôt que le trouver dans une phrase explicite. De fait, les japonais sont en général très à l’écoute, alors que les occidentaux sont avant tout préoccupés de la clarté de la communication qu’ils émettent (communication à message explicite et contexte faible). • La conversation est plutôt séquentielle chez les anglo-saxons, sans blanc (silence) ; elle se chevauche chez les latins (interruptions) ; elle est entrecoupée de blancs chez les orientaux (asiatiques), ces moments de silence étant vécus par les occidentaux comme un échec dans la conversation. • Le ton de la voix des asiatiques est aussi spécifique Les tons de voix selon les cultures • Anglo-saxon Intonations moyennement marquées (montées dans les aigus, descente dans les graves). • • Latin Intonations très marquées. • les intonations très marquées montrent que l’affaire vous • tient à cœur. • Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002 Asiatique ton neutre : voix monocorde. ton neutre = marque de respect. les intonations très marquées dénotent une absence de sérieux. Autorisation de reproduction accordée à : IAE NICE Cas Renault-Nissan 34 4.3. Le point de vue de quelques personnalités du monde des affaires sur les Japonais • • • • • • • • • • • • • • • • « Si un japonais vous dit littéralement : « je vais y penser », vous n’aurez jamais la réponse. C’est une façon polie de dire non » (Akio Miyabayashi, ancien PDG de Minolta Europe). « Pour ne pas me faire perdre la face, il m’est arrivé qu’un partenaire me réponde oui alors que je sentais que ce serait clairement non. Pour comprendre, je me fie plus aux signes qu’aux mots » (Noëlle Asano, DG de Yves-SaintLaurent à Tokyo). « Dire non est une déclaration de guerre. Dans une culture pulsionnelle où les rapports de forces sont omniprésents, des codes de maîtrise de soi ont été instaurés. Ne pas dire non en est un » (Serge Airaudi, spécialiste du Japon, qui prépare les équipes de Carlos Ghosn avant leur départ). « J’ai souvent l’impression que les Japonais s’attachent aux détails avant de considérer globalement un projet. Nous avons organisé récemment une vente au personnel de produits de la maison et avons du passer 20 minutes à parler de la position de l’adhésif sur les sacs. Tout doit être prévu à l’avance, mais ensuite, l’opération se déroule parfaitement » (Noëlle Asano). « L’étude sémantique du japonais permet de comprendre ces nombreuses différences. Chaque idéogramme a un sens propre avant même de former une phrase. Il n’y a pas de détail pour un japonais. Toute information constitue la pièce d’un puzzle, aussi nécessaire qu’une autre pour reconstituer un tout. Les idéogrammes entraînent chez les Japonais une pensée concrète et visuelle.» (Serge Airaudi). « Nous devons faire beaucoup plus de réunions qui décortiquent concrètement et pratiquement un problème » (Philippe Guelton, Directeur général Hachette-Filipacchi Japon). « Dans une réunion avec des Français, tout le monde parle en même temps ; les gens continuent à parler sans écouter les autres, puis ils passent à un autre sujet sans savoir si une solution a été trouvée » (Tomoko Moukoyama, responsable japonaise du marketing pour Lancôme à Tokyo). « Au Japon, le processus de prise de décision est différent. Le cadre dirigeant qui veut résoudre un problème ne convoque pas une grande réunion. Il en parle de façon informelle, dans le couloir ou devant la machine à café à une personne qui va, elle même en parler à une autre, et ainsi de suite. Ce processus de concertation collective a même un nom : le nemawashi. Lorsque la réunion a lieu, c’est seulement pour entériner officiellement une décision que tout le monde connaît déjà » (Noroko Awazu, Responsable de l’Eurasian Institute – Groupe HEC ». « Un ordre venant d’en haut ne suffit pas, comme avec les Américains. On doit expliquer la décision, le pour et le contre, et défendre son point de vue. On peut toujours tenter d’imposer une décision arbitraire, mais cela n ‘est pas viable à moyen terme » (Philippe Guelton). « Il faut faire du marketing interne, c’est à dire vendre son idée sur ce que les Japonais appellent « le marché intérieur aux idées de l’entreprise ». (Serge Airaudi). « Le consensus est nécessaire sous peine d’avoir en face de soi des collaborateurs qui acquiescent puis ne font rien car ils n’ont pas compris ou ne sont pas d’accord ». (Noëlle Asano). « Contrairement à l’Occident, ce n’est pas la prise de décision qui apporte un pouvoir dans l’entreprise. Le dirigeant japonais ne prend pas de décisions opérationnelles. Un dirigeant occidental, au contraire, pour asseoir son autorité, décidera de choses très concrètes pour des échelons beaucoup plus bas de la hiérarchie. Le dirigeant nippon a principalement un rôle de prospective. D’où l’incompréhension de cadres intermédiaires japonais face à des ordres donnés par des dirigeants occidentaux » (Serge Airaudi). « Au Japon, la raison d’être d’une entreprise est de survivre, donc de se reproduire » (Serge Airaudi). « Ils (les japonais) sont extrêmement pudiques » (Bernard Long, DRH International Nissan). « Les japonais consacrent beaucoup de temps à l’analyse et à la compréhension des objectifs. Tant que cette compréhension n’a pas atteint les 100%, rien ne bouge » (Bernard Long, DRH International Nissan). « Dans les sociétés japonaises, il faut passer par le consensus, c’est une diabolique machine à diluer les idées, il faut sans cesse remettre les objectifs au centre des préoccupations, c’est l’école de la patience » (Thierry Viadieu, Directeur au sein de la stratégie industrielle de Nissan). Source : Le Monde du 27/10/2001 Fabien Blanchot & Michel Kalika, 2002