Le nombre d`or De quoi s`agit-il
Transcription
Le nombre d`or De quoi s`agit-il
Le nombre d’or Ah ! le fameux Nombre d’Or, la formule magique, le « gri-gri » censé transformer instantanément toute création en œuvre d’art ! Il n’a pas été inventé par Stradivarius, ni par Le Corbusier, ni même par Leonard de Vinci. Sa présence est attestée dès la plus haute antiquité (dans la Pyramide de Kheops, par exemple qui date de 2800 avant JC). Ses propriétés remarquables ont fasciné les esprits : Pythagore (mathématicien Grec (580-490 avant JC) l’a associé à sa secte. Un moine mathématicien du quattrocento, Luca Pacioli (env. 1450-1514), l’a appelée « divine proportion ». Au 19ème siècle on l’a baptisé de la lettre grecque « phi » en hommage au sculpteur Grec Phidias (490-430 avant JC). De quoi s’agit-il ? Le nombre d’or est un nombre décimal qui vaut 1,618034…(les décimales s’égrènent à l’infini). C’est le résultat de la fraction (√5 +1) / 2. Il s’agit donc d’un rapport de deux grandeurs. C’est tout ? Oui, mais ce rapport a des propriétés uniques et remarquables. Explications : Dès lors que vous voulez créer quelque chose, vous serez amené à définir des dimensions : faire un dessin, agencer votre jardin, construire un objet, bâtir une maison, tout cela fait intervenir des grandeurs, en général différentes, et qu’on compare instinctivement entre elles. On parle alors de proportion(s) : le(s) rapport(s) entre les différentes dimensions. Un tableau, par exemple, est d’abord une surface qui se définit par une largeur et une longueur. Si ces deux grandeurs sont égales, c’est un carré. Le nombre d’or définit une proportion particulière en ce sens qu’elle se répète à l’infini : prenons une grandeur AB représentée par un segment de droite. On peut diviser ce segment par un point C en une infinité de manières qui donneront des rapports différents : si C est au milieu de AB, le rapport est AC/BC=1 et AB/AC=2. Lorsque C divise AB de telle sorte que le grand segment est au petit dans le même rapport que le tout est au plus grand, la proportion est égale à AC/BC = AB/AC = (√5 +1) / 2 = phi. En additionnant chaque nouveau segment au précédent, cette relation se répète à l’infini, dans un sens ou dans l’autre, croissant ou décroissant. Pourquoi cette fascination pour cette relation particulière ? Comme l’a démontré au 13ème siècle déjà le savant Italien Leonardo Fibonacci, dit Leonard de Pise, le nombre d’or est la limite d’une série mathématique convergente qui porte désormais son nom : la série de Fibonacci, soit 1-1-2-3-5-8-13-21-34-55…etc, chaque nouveau terme étant la somme des deux précédents. Leonard l’a découverte en étudiant la reproduction d’un couple de lapins. En fait cette série se retrouve dans tous les phénomènes de croissance de la nature : plantes, coquillages, animaux, soit quasiment partout ! On peut ainsi retrouver le nombre d’or dans les différentes parties du corps humain : hauteur du corps (de la tête aux pieds) par rapport à celle du nombril, longueur des différents os de la main, etc… Cette série est rapidement convergente, et ceci est vrai quels qu’en soient les premiers termes. En effet amusez votre entourage avec ce « tour de magie » : faites choisir à quelqu’un deux nombres quelconques M et N (entre 1 et 10 pour faciliter le calcul, mais ça peut être n’importe quels nombres). Sans qu’il les dévoile, dites-lui de les additionner : M+N=N1, puis encore N+N1=N2, N1+N2=N3,…chaque nouveau nombre trouvé est augmenté du précédent. Au bout de six à dix additions, demandez-lui de donner le rapport entre les deux derniers N10/N9. Vous constaterez que ce résultat est très proche de 1,618, quels que soient les nombres de départ. Graphiquement, cette propriété s’illustre par le dessin suivant : les deux nombres de départ définissent la largeur et la hauteur d’un rectangle. Construisez ensuite sur le grand côté de ce rectangle un carré : l’ensemble constitue un nouveau rectangle sur le grand côté duquel vous construisez à nouveau un carré, et ainsi de suite. Vous obtenez rapidement un rectangle phi. Partant par exemple des nombres 2 et 7 (le rectangle en noir), on obtient après huit itérations seulement : 280/173=1.6185, et plus on avance, plus le rapport se rapproche de phi=1.618034 Nombre d’or et chiffre 5 Le nombre d’or est le rapport qui permet de diviser le cercle en cinq arcs égaux. Il permet donc de construire un pentagone régulier, convexe ou étoilé. Les côtés de ce dernier se coupent dans la proportion phi, ce qui permet de reproduire la figure à l’infini. Cette propriété a fortement marqué les esprits et on retrouve ainsi le pentagramme ou pentacle (en fait le pentagone étoilé) dans beaucoup de signes et symboles, depuis la Kabbale et les sectes pythagoriciennes (dont c’était le signe de ralliement) jusqu’aux emblèmes nationaux de nombreux pays (Chine, Etats-Unis, ex-URSS, etc…). Par ailleurs son expression mathématique fait intervenir le nombre 5 (voir ci-dessus) et c’est cette proportion qui permet de construire les corps Platoniciens, les polyèdres réguliers inscriptibles dans la sphère, et qui sont au nombre de…cinq, ni plus, ni moins : pyramide, cube, tétraèdre, icosaèdre et dodécaèdre. Musique et nombre d’or Beaucoup d’artistes ont utilisé le nombre d’or : les architectes de l’Antiquité, les bâtisseurs de cathédrales, ceux de la Renaissance, les peintres, orfèvres, céramistes, ingénieurs, designers, luthiers…Son emploi n’est pas la garantie d’une œuvre d’art réussie : on peut faire des choses laides en l’utilisant de même qu’on peut créer des merveilles sans lui. Il a surtout dominé le Moyen-Age. A la Renaissance, on a commencé à lui préférer les rapports de nombre entiers comme 8/5 =1.6, assez proche de 1.618…mais permettant de construire des accords musicaux. En effet l’acoustique musicale est aussi affaire de proportion : la corde vibrante peut être divisée en segments qui rendent des sons différents selon leurs longueurs. Une corde de longueur AB divisée par un point C situé aux 2/3 de sa longueur donne une quinte, aux ¾ une quarte. Cette propriété est connue aussi depuis la plus haute antiquité et a beaucoup occupé Pythagore, encore lui. N.B. Pour ceux qui voudraient en savoir plus je conseille l’excellent ouvrage de M Marius CLEYET MICHAUD « Le Nombre d’Or » dans la collection « Que Sais-je » aux Presses Universitaires de France. Quelques constructions classiques : La construction sur le double carré : AB/AC=AC/CB= phi Variante sur le carré : AB/AC=AC/CB= phi La construction par la quinte musicale : AB = 3/2 AC et BC = √5/2 AC = AD ©2006 Peguiron luthier Nancy www.peguiron.com BD/AC = phi
Documents pareils
LE NOMBRE D`OR On désigne le nombre d`or par la
On désigne le nombre d’or par la lettre grecque PHI en hommage au sculpteur grec
Phidias qui a vécu vers 440 avant J.C et qui a décoré le Parthénon à Athènes. Ce
nombre semble avoir marqué l’histoi...