Grazia intensément DAILY sauvagement

Transcription

Grazia intensément DAILY sauvagement
Le temps de ce 68ème Festival de Cannes,
Grazia est devenu quotidien… en papier chaque
matin sur la croisette et à télécharger sur grazia.fr
BUSINESS SOLUTIONS MONDADORI
Concept
“On aurait pu faire une fête.
À la place, nous avons préféré faire un journal.”
Philipe AZOURY
Grazia intensément DAILY
sauvagement AVANT-GARDE
D A INLEYS 14
DAILY 18
DA I
Des signatures incontournables :
Philipe Azoury, Gérard Lefort,
Olivier Seguret, Marie Colmant,
Luc Chessel, Perrine Sabbat &
Julien Welter.
LY
C A N N E S 22
CANNES
CAN
T
O
15 MINUTES AVEC…
10
CA NN ES
GR AZ IA DA ILY
VALÉRIE DONZELLI
ET JÉRÉMIE ELK AIM
s qui
les barrière
un
mille, passant
cherchant
strient le monde,
a illusoire. L’autre
asile qui s’avérer vraiment qu’à
ce
ne commen
scène, aussitôt
Après La guerre est
l’avant-dernière happy end famiqu’il ne me
d’un
déclarée, le tandem
renvoyait que
recouverte
éponyme
de
bonnes balles.
se
. Le héros
de
lial radieux
retrouve avec Marguer
membre
Le film paraît très
Tigre,
ite & J.E.
libre…
est un ancien dantiste qui a afJulien, un conte fantasqu
: Produire des films
l’armée indépen des décennies le
est une ent
sur deux inséparables. e treprise de normalisation,
fronté pendan sri-lankais. Hanet pour
qu’ils soient toujours
Par Julien WELTER
pouvoir militaire qu’il veut laisser
Photo Julien MIGNOT
une lutte permanen ardents, c’est
passé
ce
par la
te. Quand on a
té par
Frère et sœur,
réussi à tenir ce
il est rattrapé cité
pari, le prix à payer
Marguerite et
derrière lui,
une
nt jour
Julien veulent
est que le résultat
creuse
l’œuvre dans et finit
types
s’aimer
peut
violence à
comme ils V.D.
déconcerter.
l’entendent.
des dealers,
Roumanie, trois che d’un trésor.
: C’est presque
irrévérencieux,
quadrillée par er, son corps do- En
V.D. : Pour eux,
et on trouvera peut-être
la recher
toujours
cette
par les massacrsoudain les gestes et nuit, à
le film ridiest moins douloureu transgression cule mais j’espère,
de Porumboiu, film.
nt
se que de vivre
pas arrogant.
, donc Un nouveau film
cile retrouva
le
« normalement
J.E. : On peut le
la plus efficace
Le trésor, c’est
».
cirejeter, avoir le sende la guerre
iens du vrai
J.E. : Il n’y a
timent de rester
aussi délirant.
aucune
en dehors. Il resles élans audiardfilms ne tiennent
faire un film idéologiquvolonté de semble à une
deux
Par Luc CHESSEL
chanson triste.
noche. Ces
ne ment
e, calculé, bara,
Barmais au contraire
le. Le faux
il y en a qui
pas ensemb
adorent ses
un pur efdegré, à la naïveté très premier chansons, d’autres
conditions,
assumée.
té de
changer
qui
pas sur ses
V.D. : C’est un
un film pour
, une humani aiEt le genre du conte les détestent.
faire
de
réalisme
Coramour
?
de
que
fet
?
finie
impossible V.D.
de plus beau
certainement
tiré d’une légende
qui s’est mal
: J’aime qu’on
e
du
reconstitution,
vies de Quoi
bonne histoire celle du trésor lui est
plus qu’un inceste. XVII siècle, histoire au cinéma, me raconte une
proximité des age, il la chute d’une
que
dée par la
et on s’est amuoiu raconte
sur les mêmes
il reste tabou, Mais comme sés à jouer sur
et du personn on ne neliu Porumb
personnes et e d’où il retoutes les formes
il
l’interprète
avec les mêmes
de
un film intempore permettait récit, avec voix
Le vrai (auquel
es arrivée, ceux qu’il filme : une recherch
off et mythologi
venge la
est efficace.
l. D’où le
politiqu
fiction
la
e.
noises
que
mélange
que
de
J.E. : C’est presque
des époques (médiéval,
tout lieux
cherchera pas
Il fallait ensuite monde. Une bonne
un livre
ent contre
contemporain).
bredouille.
d’images dont on
le change le
les films
éman- vint
tourne les pages,
tant il est résolum
J.E. : La particulari
que la trouvail finie, comme dans tous
t viser à une
un dimanche au
Routé de cet amour,
coin du feu.
ce qui pourrai de ceux qu’il met vie,
pays, la Rou
qui s’est mal
c’est qu’il n’y a
Vous continuez
celle de son
réelle,
. Il veut nous
soupas d’abus. Il
à tourner ensem­
qui il histoire
oiu, c’est aussi qui n’en finit pas de sou
est ble, quoi
jusqu’au manchem d’effet, à la fois cipation et de ceux à
consenti. Mais
qu’il arrive…
pour l’accepter,
an,
scène
dire de Porumb
un après
le plaisir du
s et en
ces J.E. : Ça
faire un maximu
deux personnag
voudrait nous du manie, prise dans Une fable se lit pour
rien sur Dheep
nous dépasse souvent,
es doivent désopropres couture
s’adresse),
e.
vie et
ts niveaux de
béir. Valérie aussi
il
Personne ne savaitd, mais tout le monde cacher sesfaire
faut faire preuve
à chaque
rire de lui-mêm
chose de la
r de ses différen
niadmirer
l’acdes
voudrait
à
d’humilité
quelque
bonheu
le
être une ça.
le
r du sens
nous les
et pour
cinéaste sage,
plus loin chacun
C’est un peu comme face à
sa
le vrai et tout
de Jacques Audiarfavori pour la Palme.
mais
monde, cherche d’éléphant dont récit . Le Trésor pousse
es blagues,
Il veut tout
avec les
intervient, presque sa singularité névroses : on
ité : tenir les
les meilleur
Il est ce rêve
s semblent plan.
à sa lectures
l’efficacité:
a beau en avoir
à son insu.
le donnait grand
rétation s’excite,
Il y a tion. affleure plusieurs fois
possibles. Comme
faux. Loi de
Le projet était à
conscience, elles
age, ses chance
l’origine destiné
le. Ici, ça rate.
d’un veaux n reste inexplicable. L’interp
sont toujours
retournée,
Après visionn Par Luc CHESSEL
à l’œuvre. C’est
deux ensemb
faux et l’image conscience, désir
François Truffaut…
à
lle, comme
Il y jubilatio
pire quand on
en vous… Un
fausse
revient bredoui
réusJ.E. : Il n’y a
aurait du poids. qui et c’est elle qui
compromises.
sit à s’en défaire
s deux films
doublures.
pourtant ni désir
: soudain on est
grand art qui
vêtue de ses ts où la
nt les premier
un vrai.
d’hommage, ni
d’efficace : celui un comiquement
malheureux parce
twee
Alors que paraisse
, sur l’air
,
envie de tuer
a deux types
qu’elles faisaient
juste
et de
cutéeE
de Dheepan
le père en se le
ce qu’il est,
partie de notre
réper
ORIQU
cie
PHANT
sociauxE ALLÉG
échos autour
vrai ci
réappropriant.
identité. Parfois,
se prend pour et celui qui nous
ément J’ai
passé la recherch
«enfin
« enfin du
réseauxQUÊT
RÊVE D’ÉLÉ
VD.:
V.
V.D. : Ceux avec
il
Dheepan
faut l’accepter
. récit, c’est
instantan
guilleret de
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t d’écrire
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de l’inspour changer, je
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qui je travaille
rméeLe
bout de faire, bout pour
à creuser.
film des deux
les ests-nous
s’en voudrai
au moment
ne
sont ma source
ce n’éta
ces histoassez
sais pas si on y arrivera
paro
ent défomentdur,
Exciton
de Le faux bon. Il suit trois personenfoui
jusqu’au
noche ! », on
maides
film
souv
d’inspirati
le
prend
plus
d’une
Le
l’êtredre
.
un jour.
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plus
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parvenir àmoin l’idée
dans
d’un
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pareille cruauté n’est pas du ci- est
ent généreux. Avec
cons, sans
un homme,
enfinentée ines à Dunnkerq
rendez-voquan
t, sont
du commu
vient lui raconter
Jérémie (coscénari
Sri LanMARGUERITE
de Costi
e pour abattrecomm sema
age. Les
Jacques Audiard veut désigner nages,
de tauratio
& JULIEN, de
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comme si je jouais
Donzelli, avec
les évoquée
ils
vérité qu’il
moins
dernières heures
noche – mot plus bel effet. En une
t
Jérémie Elkaïm
ou On
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Malory, plusans.
ville maisson
depuis les
avechistoire,
dans d’une .
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et Anaïs Demoustier
cette
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la guerre civile
d’une
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qui n’a
- dévoiler Jacques Audiard,
qui en yé d’une
temps
du vrai. Mais
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tout cas, pas
dans
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s’étaler père. une
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pays, jusqu’à
S’expose là,
question qui
difficile
dans t lee.jardin,
censés coup fouillen
Pour moi,
métaux.
du Pré-Sain
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de peu
peut-être la
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. Leimproba
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un
mby. (Compétit
avectreprise
qu’est-ce qu’un latin, c’est faire tée
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seesde fond des
. Trois inconnu
burlesqu
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le
rien à voir riche
ne courue distanci
ursée par le
ficace, selon
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très leurs t qu’u
ines Quand la
et Dheepan
icaps majehuit sema
plus est plus un
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quotidien.
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jusqu’au bout,
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un des r néce
hurle de joie.
enfoncer le
soutenir,
Entendu au moment
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ême, le réel s taupe, et
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qui fout d’elle-m
bien vouloir
où
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vieille
ines. »
ui. Ce
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qui man urd’h
cette
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l’Histoir
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Dernier Loup de Jean-Jacque (Le
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Cuzin Toma.
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Sortie pour la Saint-Valent s Annaud).
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L’impér uelle Bercot RET
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VENDREDI 22.05.201
30 minu
inflexible ant et après he énormém andon- évol n’a jamais rétréx et cette sélec e plutôt adm euve
la suite
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laiss
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maîtrise, rement. » Prem vrir quelques t d’agacement
vers les Cannes, où
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relative
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un débu é. »
avec une moi qui l’ai
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Critique
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Duel sur red carpet Perrine SABBAT
ZOË KRAVITZ VS LIYA KEBEDE Par
d’eau, j’ai envie de pisser. » Ou
encore, cette autre, qui relisant à
voix haute son blog entêtant,
nous conclue au visage : « Je me
fascine. » Et si tu crois que tu vas
nous faire rire avec ton « On entre
ici comme dans un Jean Moulin. »
Quant à l’aboyeur du Grand Journal, qui hurle comme un racoleur
du marché de Treilles (Aude promondiale de la déréalisation, où fonde), « 4,5
sur 10 pour le film de
bat son plein ce genre de petits Valérie Donzelli,
le jury est partaDANS LE VENT accidents
du comportement qui gé, cahin-caha », no comment,
ça
Cannes pris dans un affectent autant les anecdotes du
c’est trop pur. Et que dire de ce
impressionnant délugecorps que les aphorismes
de la dernier qui, en goûtant sa pâte à
de tramontane. Plages
pensée. Par exemple celle-là, re- crêpe en vue
d’une chouette soiimpraticables, parasols
baptisée miss Clafoutis par le rée « I cœur
en folie, accréditations
Le Guilvinec », réatout-Croisette, qui se vit au mini- lise qu’il s’est
qui s’envolent, festivaliers
un petit peu beauleur
avec
l’ULM
mum comme la fille cachée de coup trompé
faisant de
dans les farines :
Grazia Daily Cannes du
Bazin (soit, mais alors très, très « Ah, c’est donc
ça qu’on appelle de
jour. Tout ça ressemble
cachée). Ou cet autre, qui tient à la cocaïne…
» Bref, tournée de
à une superproduction
déclarer : « Dès que je mange des douche glacée
hollywoodienne. On peut
pour tout le monde
là ?
ça me reproche. » A relier à et retour au réel
couper les ventilos, fruits,
en direct de la
un autre fragment épars du même somptueuse
terrasse de 1,5 ha de
auteur : « Dès que je vois un plan la Grazia Mansion,
avec vue sur la
France ? » « Non mais attends, tu
DOWN
+ ; DR
DR
DÉTIENNE/CANAL
JULIEN MIGNOT;
PHOTOS :
P
NOUVELLE VAGUE
COUR D’ÉCOLE
Grosse foire d’empoigne à
la projection presse de
Youth, de Paolo Sorrentino.
Alors qu’une énorme huée
de mécontentement durait
jusqu’à la fin du générique,
les bravos du fan-club
du cinéaste ont continué
au-delà, durant un quart
d’heure à la salle de presse.
MÉCONTENTS
Les cinéphiles se plaignent
aussi du nouveau système
de billetterie, qui remplace
la queue du matin par une
inscription sur le Net. De
fait, ça fait mal de se voir
notifier un refus par mail
deux heures avant la projo :
« Désolé gros, notre logiciel
n’a pas trouvé judicieux
d’inviter ta gueule. »
te haute
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Critiqu
L
DOWN
5.2015
I 14.0
2 - JEUD
apparaît
gle, se disrupte, Cannes
comme
chaque année davantage
soso
un bloc immuable, un repère
Certes le contelide et pérenne. Certes,
hys
reste hysnu de la scène cannoise
et
térique, tapageur, écervelé
argent
largement défiguré par un
contenant luilité obscène, mais le
Le sentiment d’extraterritoria
aura protectrice qui
presque même, cette
frappe
qui se développe si vite et
tient le monde à distance,
naturellement chez le festivalier d’autant plus par sa solidité que
de la
cesser
ordinaire tient à la qualité
ce monde, lui, ne semble
bulle cannoise, son étanchéité, de s’affaiblir.
son hypnose et ses trompe-l’œil.
ailest
Lorsqu’on est ici, ce qui
seule- The Dome
l’allia
leurs paraît lointain non
entier sur l’alliaaussi Lee mystère reste
ment dans l’espace, mais
ge exact avec lequel est fabriquée
Doitdans le temps.
de cette cloison transparente.
de Cannes,
Depuis toujours, cette sphère
laquelle on cette persistance
pay
cristal (Swarovski) sous
avérée dans le paymonde a sa pertinence
Cannes se protège du
des films qui
frivole, sage, à la qualité
été associée à un sabbat
affluer ? Aux staéphé- continuent d’y
du Festival ?
un tourbillon de risible
particuliers
très
tuts
du vice,
mère, parfois un temple
ses machinistes ?
du temps Au talent de
voire du vide. Mais l’air
devait qu’à noussi on ne leRobe,
t
Et
teint
un
Stella McCartney.
Festidépose sur ce tableau
génie du
mêmes ? Le vrai
Bijoux, Anna Hu Haute Joaillerie.
sene se se
neuf et étrange.
val, celui sans lequel il
sans
contraste,
de
c’est lui : le
Par un effet
passé,
6 - JEUDI
21.05.2015
tel qu’il rait jamais rien
doute, avec le monde
se dérè- festivalier.
tourne mal, s’enflamme,
Cannes Labo
Par Olivier SÉGURET
PHOTOS : E-PRESSPHOTO.COM ;
JULIEN MIGNOT
Par Olivier
Robe,
Proenza
Schouler.
13 + 20 h 00 : Arcades).
UP
Le gros up du jour revient
aux Pet Shop Boys. Leur Go
West ouvre Mountains May
Depart, de Jia Zhang-Ke.
Dans la choré délirante de
Chinois déchaînés, le plus
dur consiste à tenir assez
longtemps le geste de la
vaguelette, rebaptisé par
une certaine Espagnole « la
ondita » (plok plok plok).
Duel sur red carpet
EMILY BLUNT VS ALICIA VIKANDER Par Perrine SABBAT
Labo
Cannes
SÉGURET
Robe,
Valentino
Haute Couture.
DEMANDEZ
LE PROGRAMME
Jeudi 21
K SWIRC/
« Tu le savais, toi, que la Russie
vient de déclarer la guerre à La
CHASSE AUX MÉGOTS
180 €. C’est le montant, ne vas pas me pourrir un peu
plus
désormais, de l’amende la vie alors
que je viens de réaliser
qui frappera au cœur
que mon accrédit moutarde non
et au portefeuille toute
personne qui jette son pastillée (hiiiiiiiii !) ne me permet
mégot sur la Croisette. pas d’entrer à la projo du Hou
Et même si Catherine Hsiao-Hsien. » Ben koikigna
? On
jette ses divines Vogueest à
Cannes, chérie, capitale
d’un air détaché ?
8
pointe Croisette, et plus précisément sur le square du 8-mai-45
où, toute sono à fond (mais que
Compétition
fait la police municipale ?) se dé- Dheepan de Jacques
Audiard
roule la manifestation alter dite (8 h 30+14 h 30+19 h 00 : Grand Théâtre
du « Banquet des 5 000 », destinée Lumière).
à lutter contre le gaspillage et en- Nie Yinniang (The Assassin)
courager la culture du partage. A de Hou Hsiao-Hsien (11 h 30+22 h 00 :
Grand Théâtre Lumière).
Cannes, où les homards se
cachent pour mourir, c’est, de fait, Séance spéciale Cannes Classic
Visita
tout un programme. Soutenu par (1982)ou Memórias e Confissões
de Manoel de Oliveira,
de grosses légumes : d’une part, (21 h 00 : Salle Buñuel).
quelques gusses sympathiques
Hors compétition
travestis, qui en carotte sous Oka (Notre maison)
de Souleymane
acide, qui en haricot vert du Ku Cissé (19 h 15 : Salle du soixantième).
Klux Klan. D’autre part (sonnez Un
Certain Regard
trompettes !), le président Les- Comoara (Le Trésor)
cure pour de vrai qui, entre deux de Corneliu Porumboiu
intoxications au caviar, a tenu à (11 h 00+16 h 30 : Salle Debussy).
encourager en personne ces The Other Side de Roberto Minervini
(14 h 00 + 22 h 00 : Salle Debussy).
jeunes gens militants. Le tout accompagné par une mise en mu- Quinzaine des réalisateurs
sique frisant le sans-faute : Suga- Efterskalv (The Here After)
de Magnus Von
rhill, Bowie période Changes, une (9 h 00 + 18 h 0 Horn
0 : JW Marriott).
palanquée de Velvet, Shaft, Prince A Perfect Day de Fernando León
et tutti Jackson. Ce qui eut l’heur, de Aranoa (12 h 00 : JW Marriott).
façon morceau de pissaladière Programme Courts 1
trempée dans une tasse de choco, (14 h 30 : JW Marriott).
Gokudo Daisenso
de déclencher quelques grandes Apocalypse) de (Yakuza
Takashi Miike
plumes de la Grazia cream team. (20 h 30 : JW Marriott).
« La putain de ta mère, quand j’en- Semaine
de la critique
tends ça, ça me téléporte dans ma La Vie en grand de Mathieu
Vadepied
prime jeunesse, ça me rendait (11 h 30+20 h 30 : Miramar).
dingue, je sautais dans tous les Krisha de Trey Edward Shults
sens. » Seul faux pas, à l’heure où (8 h 30 : Miramar + 14 h 00 : La Licorne).
Cérémonie de clôture
nous imprimons ces lignes, tou- (19 h 00 : Miramar).
jours pas de Go West (version Pet
Shop Boys) en hommage à Jia Acid
Volta à Terra de João Pedro Plácido
Zhang-Ke.
(11 h 00 : Studio
: PATRIC
JOLIS CULS
« Colin Farrell a un joli
»
petit cul (tout neuf ?). Impression à chaud
d’une Grazia girl en
émoi au photocall de
The Lobster, le très
attendu film grec de
Yorgos Lanthimos.
La chronique de Gérard LEFORT
La critique
en provençal
cannois de
Une histoire
de fou
PHOTO
LA GRANDE
MOUETTE
GRAZIA DAILY CANNES
Trop pas
LES HOMARDS
SE CACHENT
POUR MOURIR
tre
Rencon
ITE
MAIS FA
SUIS JAOUGE »
E
M
E
« JE N AU TAPIS R
Robe,
Louis Vuitton.
Là où Cannes reste un imbattable
labo du futur, c’est sur la question
de l’âge. Oups, pardon, enfin des
ans. Ah, désolé, enfin ce truc-là, le
numéro à deux chiffres par lequel
on identifiait autrefois les humains.
Oui, parce qu’ici, on vit déjà pardelà les catégories du jeune et du
vieux. C’est fini tout ça, so
XXe siècle. Désormais, nous vivons
tous et pour toujours à différentes
périodes d’une jeunesse éternelle.
Il paraît d’ailleurs que le premier
humain immortel est probablement déjà né. C’est ce que les prophètes du transhumanisme déclarent. Il ne s’agit pas d’un bébé
en particulier, c’est juste une déduction statistique : puisque nous
aurons trouvé la clef de l’éternité
dans les décennies qui viennent, les
premiers à en profiter se trouveraient forcément déjà parmi nous.
C’est peut-être ça, le plus difficile à
avaler : le changement de valeur
du mot éternité, qui, de toute éternité, a signifié l’inaccessible pour
l’homme mais le transcendé pour
l’art, lequel ne meurt jamais. N’est
éternelle à ce jour que la Vénus de
Milo. Voici donc venir l’éternité
scientifique, dont Cannes est une
vitrine prédestinée, où la propagande jeuniste s’exprime aussi bien
dans les films et leur arrière-boutique (les stars véhiculent des valeurs par la façon dont elles s’arrangent du temps qui passe sur leur
corps et visage) que sur la scène de
la ville, avec la tête de gondole
mondiale du tapis rouge. Là, les
sponsors de la chimie cosmétique
et du bistouri peuvent faire valoir
leurs progrès : ces deux ou trois
modèles de bouches purpurines et
vitrifiées, ces diverses tailles de poitrine galbées au laser, ces fronts
lisses et photocopiés. Créatures
sans âge, qui cachent dans la peur
qu’elles ont au ventre ce miroir de
Dorian Gray où est conservé leur
reflet moral, naturel et dégradé. On
oublie trop souvent ce détail : être
sans âge, c’est être sans vie.
ET PENDANT CE TEMPS-LÀ
WIRE IMAGE (POUR VUITTON) ; JULIEN MIGNOT
Trop pas
UP
soir. »
BENICIO DEL TORO
MODDS
DEMANDEZ
LE PROGRAMME
Samedi 16
ENTENDU
« Il rentre tôt ce
Par Perrine SABBAT
Photos Julien MIGNOT
ET PENDANT CE TEMPS-LÀ
PHOTOS : GETTY IMAGES (POUR KERING) ;
3
BITCHY MARIE
All about
the Heelgate
ET AUSSI…
Du backstage impertinent
nuit, ça
que), les lunettes noires la
dans
va à tout le monde, surtout
UV400,
La chronique de Gérard LEFORT
cette version protection
mat’, fait
ce qui, à deux heures du
cannois, Compétition
du bien. Mais le petit plus
Moretti
que ces Mia Madre de Nanni h.
« kiss-kiss cht’adore », c’est
14 h 30 + 18 blanche, (8 h 30 +
lunettes sont à monture
Grand Théâtre Lumière).
qui (oui, The Sea of Trees (La Forêt des
conférant à n’importe
roulettes songes) de Gus Van Sant (11 h 30
même à toi, le cageot à
de + 21 h . Grand Théâtre Lumière).
qui ne m’a pas lâché la grappe
de Hors compétition
toute la soirée), une allure
Trop A Tale of Love and Darkness
Zaza Napoli is back in town.
de (Une Histoire d’amour et de
américains dès lors qu’une
amis
cependant
se
on
condition
A
Cannes,
de Natalie Portman
Certains matins à
(accident d’acide trop.
la protection en ténèbres)
Toute forte émotion
(18 h 30. Salle Bunuel).
du Nas- penser à retirer
sent, comment dire ?
di- botulique, effondrement
sur les verres au risque,
mouette (« kamone », comme
Par ailleurs, l’ami plastique
Un certain regard
Naomi daq) les étreint.
de faire dire à un type vrai- Nahid d’Ida Panahandeh
rait en VO la Japonaise
tend ses grandes sinon,
et pla- goéland nous
cool : « On t’a vomi sur (11 h 00 + 16 h 30. Salle Debussy).
en miroir : ment pas
Kawase). C’est-à-dire rieuse
aériens, ailes de la métaphore serions- la tronche ou quoi ? »
Maryland d’Alice Winocour
nant au gré des courants
de (14 h 00 + 21 h 30. Salle Debussy).
haut tel Zouzou le goéland,
qui est bien dans ce genre
à la bonne distance, très
prêts à tout pour Ce
le lâché de Quinzaine
l’azur !). nous nous aussi
can- fiesta accorte, c’est
dans le ciel bleu (l’azur !
León de
dévorer les reliefs du festin
plutôt vulgaires (love !) qui A Perfect Day de Fernando
Whoaou, trop pur.
de réponse à la fiesta vannes bouche du moindre des Aranoa (9 h 00 + 20 h 30. JW Marriot).
Début
?
nois
hauts
la
2,
des sort de
Voix off s’échappant des
uma noites - Volume
: d’ouverture de la Quinzaine
et néanmoins ami(e)s. As mil e de Miguel Gomes
parleurs de la télésurveillance
o desolado
une plage privati- collègues
comme réalisateurs sur
exemple, celle-là qui trouve (11 h 45 + 17 h 30. JW Marriot).
« You-hou chéri chou, tu vis
au doux nom de Par
(Isabeeeeelle !) a re- Trois souvenirs de ma jeunesse
d’info : sée répondant
tu veux mais deux points
(ou un truc qu’Isabelle
autre, d’Arnaud Desplechin
tendance plage Boa-Boa
pris du cassoulet ou cette
primo, tu as un peu trop
estime, (14 h 45. JW Marriot).
et la comme ça).
tout aussi vilaine, qui
à confondre le sucre en poudre
im: laisse
Semaine de la critiqueSantiago
pourtant fine plume d’un
réserve de cocaïne. Deuzio
BLANCHES
la
de
que
LUNETTES
Paulina (La Patota)
mense support français,
tomber la mouette et cultive-nous POUR NUITS NOIRES
c’est, tu Mitre (8 h 30. Miramar).
» Soit.
presse écrite, tu vois,
Jun-hee
plutôt ton devenir goéland.
Coin Locker Girl de Han
en soit, il y avait bien
Euh,
qu’il
vois.
tu
Quoi
fini,
la
après
0. Miramar).
vois, archi-über
(8 h 30. Buñuel+ 19 h 3
D’autant que, juste
effet constricteur, tela vision sur place un
même après une cinquième Ni le ciel, ni la terre
mouette, nous est venue
à la forte affluence non,
on ne voit pas.
goéland nant moins
de Clément Cogitore
hallucinogène d’un vrai
qu’à la découverte vodka-gin, deux très jeunes gens (11 h 30 + 17 h + 22 h. Miramar).
müesli à l’open bar,
office de A la sortie,
se goinfrant d’un reste de
1 (14 h. Miramar).
serre-kiki de ce qui fait
: « A Cannes, ce Programme Courts
bio sur la table du petit-déjeuner produit dérivé pour le film de Phi- philosophaient
« Oh
ne nous regarde pas. » Acid
des femmes : qu’on voit
d’un palace de la Croisette.
l’aphorisme 347 du De l’ombre il y a
riche lippe Garrel L’ombre
res, et Perso, depuis
my god ! », hurlait une
Nicholovitch
une paire de lunettes noi
je n’ai pas entendu de Nathan 13 + 20 h. Arcades).
cliente californienne, incarnation pourquoi pas, puisqu’il est bien Gai savoir,
(11 h. Studio
d’aussi lol.
mesure
(mais pas quelque chose
idoine de ce sens de la
Cannes
qu’à
connu
nos
qu’expriment physiquement
1
?
Qui êtes-vous
Shu QI
Du cinéma avant tout
GRAZ IA DAIL Y CANN ES
ANNES
D A IL Y C
PHOTOS : AUGUSTIN
Un contenu incontestablement influent :
G R A Z IA
L’Oréal Paris ne [email protected]
:
de
s’est pas trompé Directeur
rédaction : la
Naomi Watts Joseph Ghosn
Rédactrice en
maîtrise décidément
chef
technique :
la pose de l’égérie.
PHOTO : JEFF LANET/CANAL+
Aishwarya Rai.
MIGNOT; CÉDRIC
au Grand Journal
… Meanwhiledanse
avec le top australien
En s’offrant une
Thouroude a fait de très
Miranda Kerr, Thomas
certain : l’égérie Magnum
nombreux jaloux. C’est
hier, sur la Croisette.
en a fait fondre plus d’un
Le meilleur
accessoire de
Julianne Moore ?
Son sourire. Parfois,
s’habiller est
vraiment simple.
… Meanwhile au Grand
Avec son tube
Uptown Funk,
Mark Ronson a
enflammé
la Villa Schweppes
jeudi soir.
Journal
Cette nuit à cannes
Copyright © 2009
le sémillant John Turturro),
(avecArnoldo
Mondadori Editore
de 20 h, sur la plage Magnum.
All rights reserved.
à partir S.p.A.
Published by Mondadori
Magazines Francedu film The Sea of Trees (La Forêt des
S.A.S.
with5theSoirée
McConaughey)
permission
(avec Naomi Watts et Matthew
of songes)
Arnoldo Mondadori
tenu secret.
Editore S.p.A
à partir de 23 h. Lieu encore
7
Contrairement
à la photo, le baiser
qu’envoie la jolie
Barbara Palvin,
égérie L’Oréal Paris,
n’est pas volé.
En robe Vuitton,
Karlie Kloss nous
rejoue
le « leggate » d’Angelina
Jolie. Très convaincant.
Cette nuit
à Cannes
1
Soirée du film Le
Petit Prince
(avec Marion Cotillard,
Rachel McAdams, BenicioJames Franco,
Rudd, Jeff Bridges…) del Toro, Paul
ALBANE, rooftop du au A Club BY
JW Marriott.
2
Le plaid, accessoire
2015 indispensabl
e pour
festivaliers frigorifiés,
à
la projection de
Terminator
sur la plage du
Palais.
Darkness
6 Soirée du film A Tale of Love and
ténèbres), premier film
(Une histoire d’amour et de
Lieu encore tenu secret.
réalisé par Natalie Portman.
SAMEDI 16.05.2015 -
C’est le début de la
fin.
A 22 h, la Croisette
est quasi
vide (miracle : on peut
la parcourir en dix minutes,
au lieu de trente). Mais
c’est aussi à ce moment-l
du festival que, souvent, à
la magie opère… 20
h : coup
de sonnerie à l’appartem
ent.
Xavier Dolan apparaît
sur
notre palier. Interview
sur le bord du lit, photo
dans
le salon. La fin de quelque
chose est souvent le
début
d’une autre.
Hello Jane Fonda,
petit bonbon rose
sur tapis rouge.
Digital manager
Elodie Bourdeau :
PUBLICITÉ
Directeur exécutif
régie : Valérie Camy
Directeur de
groupe commercial
pôle haut de
De plus en plus
gamme : Guillaume
puissants à Cannes
Beauquesne
Directrice de
(partout, en fait),
les
développeme
Chinois à la conquête
mode haut dent
de la Croisette.
gamme : Laura
Directeur OPSSalvi
Cross Média :
JeanJacques Bénézech
FABRICATIO
N
Chefs de
fabrication : Nadine
Seuls sur le sable,
Chatry, Johann Gaisser
les yeux dans l’eau,
trop
leur rêve était
beau… Josh Brolin,
Editeur : Mondadori
Emily Blunt et
Magazines France
Toro se voient
Benicio del
déjà en haut du
Siège social : 8, SAS
palmarès
qu’ils ont défendu
rue
François-Ory, 92543
façon cartel mexicain avec Sicario,
Montrouge Cedex
énervé.
de 19 h à 21 h 30
1 Actionnaire
Yael Naim et Camélia Jordana JW Marriot.
Noire by Belvedere, au
la Chambre
àprincipal
: Mondadori
France SAS
(avec Diane Kruger,
Directeur
2 Soirée du
defilm Maryland
la publication
Paul Hamy et la réalisatrice
:
Matthias
CarmineSchoenaerts,
Perna Winocour) aux Marches.
Alice
Impression
:
Riccobono à Le
Muy
de 22 h à 1 h sur le
(83)
3 Soirée Arte x Télérama
Port de Cannes.
Photogravure
: Albert-Edouard,
Arte, jetée
Bateau
Arto,
Taverny (95)
N° ISSN : en cours
de Nanni Moretti
4 Soirée du film Mia Madre,
MAXPPP
IMAGE; M. BRUNO/CANAL+;
Sienna Miller a faussé
compagnie au jury le
temps du dîner Swarovski
x The Hollywood Reporter.
CANEZZA; WIRE
Liya Kebede songe
sérieusement à se
reconvertir en Djette.
FABRICATION
Chefs de
fabrication : Nadine
Chatry, Johann Gaisser
Editeur : Mondadori
Magazines France SAS
Siège social : 8, rue
François-Ory, 92543
Montrouge Cedex
Actionnaire
principal : Mondadori
France SAS
Directeur de
la publication :
Carmine Perna
Impression :
Riccobono à Le Muy
(83)
Photogravure :
Arto, Taverny (95)
N° ISSN : en cours
exécutif :
Carole Fagot
Editrice : Isabelle
Jacques
MARKETING
PROMOTIONMarion Lenoble,
Caroline Di Roberto
GRAZIA.FR
? »,
« Mais où est mon mec semble dire Charlize
Theron, qui a perdu Sean
Penn sur le red carpet
(pourtant pas si long).
STARFACE; JULIEN
PUBLICITÉ
Directeur exécutif
régie : Valérie Camy
Directeur de
groupe commercial
pôle haut de
gamme : Guillaume
Beauquesne
Directrice de
développement
mode haut de
gamme : Laura Salvi
Directeur OPS
Cross Média : JeanJacques Bénézech
Deuxième montée
des marches pour
Rachel Weisz avec
Youth, un film sur
le temps qui passe…
Et qui n’a visiblement
pas d’emprise sur
elle.
chef
seulement,
jourGrazia
Daily
Deuxième Cannes
: Philippe
Azoury
du choix
et déjà l’embarras
Journalistes : Luc
Chessel, Gérard
show sexy
Lefort, Un
la nuit venue.
Perrine
Sabbat, Olivier
la plage
surWelter
Séguret,
KerrJulien
de Miranda
Coordinatrice
:
arty
Sarah
Di Bona
? UnJ. happening
Magnum Photographe
: Julien
Mignot
avec
Paris
Rédacteur
chez L’Oréal
en chef
digital : Patrick
? Un dîner
Thévenin
uniFrance Journalistes
grazia.fr
Carlton
au: Anais
somptueux
Delcroix, Pauline
Pellissier, Sabrina
et
Swarovski
donné par
Pons, Judith
SamamaPatte
Reporter,
Secrétaires de
The Hollywood
rédaction : Sibylle
Qui sera la plus
Dehesdin,
Miller,
Arnaudinvitée
où Sienna
Nemet
belle pour aller
Chef deastudio
à peine
:
monter ? Ballet
d’honneur,
Jean-François Guillon
Rédactrice photo Weinstein de robes
? longues
Harvey : pour
Brigitte Bassale
remarqué
Petra
DIRECTION
Nemcova et
qu’il reste dix jours.
Et dire
Directeur
Attention aux accidents
en lisant votre
Grazia Daily Cannes…
célébrer
Au nom de l’art, et pour
chez
la relève du cinéma français
Petite
L’Oréal Paris, la chanteuse
olé (mais
Miller a fait un show olé
culotte).
a quand même gardé sa
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George Clooney ?
Cassel,
Non, Vincent Cassel
venu défendre
incognito (ou presque)
Tale of Tales, de
Matteo Garrone.
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Par Perrine SABBAT
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6 - SAMEDI 16.05.2015
Un contenu radicalement
chic ou éblouissant
...
Soirée du film Valley
Guillaume Nicloux of Love de
Huppert et Gérard (avec Isabelle
Depardieu)
à la plage Magnum.
3
Set de Synapson
à la Villa Schweppes,
aux Marches.
VENDREDI 22.05.2015
-7
Suite au verso...
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Critique
ET TA PETITE
SŒUR ?
La compétition ouvrait hier avec un film
du Japonais Kore-Eda : Notre petite
sœur. Chérie, ou tout du moins mignonne
comme tout. Par Philippe AZOURY
Cannes sans dormir
JOUR 2 Par Philippe AZOURY
PHOTOS : JULIEN MIGNOT ; DR ; E-PRESS PHOTO. MERCI À LEICA ET BRONCOLOR.
J
e suis trop jeune, dit-elle, pour aller là-bas par
moi-même. Tu te rends compte que je pourrais
me perdre… » La rue d’Antibes est le nouveau
manoir des secrets. On y croise toutes sortes de créatures, Tale of Tales en continu, un grand travelling
avant de vingt minutes. On n’y rencontre que des
gens que l’on mérite. Il y a les mendiants roms, forcément inquiétants (nos conversations se transforment
en murmures quand nous, festivaliers, soudain honteux, on les croise). Il y a le regain hallucinant de
prostitution africaine (« mais c’est rue d’Antilles ici ! »
– entendu hier soir)… Non loin du cinéma Star, je
regardais le ventre de cette fille parce qu’elle portait
un T-shirt sur lequel était imprimée une photo de Richard Prince : un gros plan de Debbie Harry sur laquelle Prince a collé des codes-barres de DVD pornos avec leurs titres. Je trouvais intéressant de venir à
Cannes en y portant ça. Aucune idée à quoi pouvait
bien ressembler cette fille – était-elle blonde, brune
ou bleue ? – c’est l’irruption soudaine de ce T-shirt
rue d’Antibes, là, à 3 heures du matin, qui m’intéressait. Elle ne l’a pas compris. Elle croyait que je regardais la couleur de son badge, elle cherchait à savoir si
mon accréditation rose pastillée ouvrait plus de
portes que sa mauve « marché ». Aucune envie de
parler de ça, de cette évaluation-là, il y a tant à raconter rue d’Antibes, le soir passé 3 heures du matin. Il y
a les Américains. Ils sont ici comme ils oublient d’être
à New York : ivres et heureux. A cette heure-là, ils
vont par deux – garçons et filles, d’une élégance, maman, d’une élégance rare. Un vieux rêve tombé de
Palm Springs, elles en Zelda, eux en Hemingway. Ils
font des grands gestes de mouettes, les Américains,
déclamant des vers de Keates, esquissent des pas de
danse dans la rue, Ginger et Fred sans la pluie, grands
enfants emplis de grâce. Et juste après eux, un vieil
ami, chemise blanche mais abîmée et qui, me prenant
le bras, me glisse : « Je suis charmé. » Quoi ??? « Je suis
chargé. » Le Festival est commencé.
Notre film du jour
Tale of Tales
Le dernier opus de Matteo Garrone plonge
Salma Hayek et Vincent Cassel dans
un abyme d’héroic fantasy. Sacrilège ?
Sortilège, plutôt. Par Philippe AZOURY
Il y a un truc marrant à faire à Cannes,
une petite liberté que l’on s’octroie,
c’est d’essayer d’arriver aux projections non seulement à l’heure et dans
un état à peu près présentable, mais
surtout sans rien savoir. C’est presque
mission impossible, dans la mesure
où, à moins de vivre avec un casque
d’astronaute sur la tête, le petit kilo-
mètre de croisière est un chemin de
Damas de l’info. Toujours un écran,
une affiche, un « ami » journaliste
pour en dire trop. Mais ce soir, on
a réussi à tous les éviter, on est encore
frais, et nous voilà, innocent comme
l’agneau qui vient de naître, devant…
le Matteo Garrone. Qui ça ? L’homme
de Gomorra, le seul film social italien
passionnant des dernières années.
Il faut beaucoup de mémoire pour
raccrocher cette production aux
premières minutes de Tale of Tales.
Naples a laissé place à un monde
d’heroic fantasy, un château haut
perché peuplé de puces géantes, de
rois bouffons, de reines stériles
(Salma Hayek, passant de la plus
grande dureté à la plus grande fragilité en quelques secondes). De
princes héritiers albinos. De sorcières
endormies transformées en rousses
canon. De chevaliers baisant tout
ce qui bouge (Vincent Cassel, éternel sexy). D’hommes descendant
en scaphandre dans les abysses d’un
Loch Ness bleuté pour aller y tuer,
à la lance, un monstre sous-marin
et en extraire le cœur afin qu’il soit
cuisiné par une vierge et dévoré cru
par la reine et qu’enfin, elle enfante
un successeur au trône. Et que meure
dans la magie le mauvais sortilège…
Rencontre
Tapis rouge
15 minutes
avec Adèle
Exarchopoulos
page 3
Duel au soleil
entre Julianne
et Natalie
page 6
Il n’est absolument pas nécessaire
de parler japonais sur le bout des
sushis pour voir à peu près de
quoi veut nous entretenir Umimachi Diary (Notre petite sœur), le
nouveau film de Kore-Eda qui
ouvrait hier la compétition. Harmonie, attention, calme quasi
provincial, esprit de famille voire
de corps, douce mélancolie, deuil
du monde comme il part : ce sont
là des signaux presque trop évidents d’une certaine idée du Japon. Le moins que l’on puisse
dire, c’est qu’ils clignotent en per-
Ok, ils sont un peu loin, les HLM
de Naples. Mais c’est la part intrigante de ce film, son charme – au
sens magicien du terme : on ne sait
pas d’où il vient. On ne voit pas ce
qu’il pourrait dire de l’Italie d’aujourd’hui. Inutile de ressortir du
cartable sa psychanalyse du conte
de fées de Bruno Bettelheim : on ne
voit rien ici qui puisse « résonner »
avec le réel. On comprend qu’une
partie de la critique se dise officiellement désarçonnée. Car au moins,
n’est-ce pas, dans Game of Thrones,
on entend en sous-main toute la
politique moyen-orientale. Ici, non :
on est dans le genre qui ne sert rien
que de la magie seule, vaine et belle.
Presque une première, dans un genre
en général soumis à une obligation
de laideur : le film est beau. Il vient
des gravures pour Jules Verne, des
couvertures des fumetti d’heroic
fantasy, des délires psyché pour le
Elric de Michael Moorcock, des
BD de Corben. Ce même turquoise,
ce même rouge sang. Tale of Tales
avance par pur plaisir esthétique.
On ne s’explique pas cette œuvre.
Et c’est ainsi qu’elle agit comme un
puissant psychotrope.
15 MINUTES AVEC…
2
mai
manence. Toutefois (notez la cuistrerie de ce « toutefois »), deux
vocables japonais de plus ne vous
feront pas de mal pour aller plus
loin encore dans la pénétration de
ce Japon sous bulle tel que KoreEda l’idéalise. Le premier, c’est
« Sakura ». Un terme qui revient
tous les ans, entre la fin du mois
de mars et le début avril, pour
dire l’éclosion à nouveau, et
comme pour la première fois, des
cerisiers en fleurs. Sakura, le regain, Sakura, le cycle recommencé. Umimachi Diary est en bonne
partie tourné pendant Sakura
avec la farouche volonté de restituer ce sentiment magique de plénitude qui vous prend lorsque
vous traversez une allée de cerisiers en fleurs et que soudain, au-
tour de vous, plus rien d’autre ne
saurait avoir d’importance. A sa
façon, exclusive, Sakura a contaminé le régime entier du film :
chez Kore-Eda, rien d’extérieur
ne compte hormis le récit intime
des quatre sœurs (ou presque : la
plus petite est une demi-sœur
adoptée sur le tard par la fratrie,
et les épisodes même de son acceptation fournissent au film sa
matière première). Aucun homme, par exemple, ne réussit à s’y
faire une place. Aucun événement
du monde ne vient en perturber
le cours. On peut trouver le film
plat, désespérément linéaire – et il
l’est. On peut tout aussi bien décider d’y installer un peu de soi, s’y
faire une place, invisible, silencieuse, et s’y plaire. Doucement.
Adorablement.
On évoquait un second terme qui
servirait de clé pour décrypter ce
monde. C’est plutôt un nom de
lieu : Kamakura, une petite ville à
une heure de train de Tokyo. Une
banlieue qui vit encore sur des
codes en fonction dans les années 1950. Si les cinéphiles reconnaissent d’un coup d’œil la gare
de Kamakura, c’est qu’elle a été
filmée sous toutes ses coutures
dans tous les films d’Ozu, le plus
grand cinéaste au monde, né et
mort à Kamakura. Un réalisateur,
a fortiori japonais, ne choisit pas
de tourner un film entier à Kamakura pour des nèfles. Il y va pour
rendre hommage. Notre petite
sœur est un film se courbant devant Ozu. On y chante le goût des
coques, des palourdes, des maquereaux frits ou marinés ; les
printemps tardifs ; les automnes
précoces. Toutes ces choses qui
ne repousseront plus.
UMIMACHI DIARY,
de Kore-Eda Hirokazu
(Compétition).
Qui êtes-vous ?
Alice WINOCOUR
La réalisatrice de 39 ans présente Maryland, dans
la section Un certain regard. Par Perrine SABBAT
D’où vient-elle ?
De la Fémis. A la Semaine de la
Critique, en 2012, elle nous avait
épatés avec Augustine, son premier film sur la relation ambiguë
entre le professeur Charcot et
l’une de ses patientes diagnostiquée hystérique : « Les dysfonctionnements du corps me fascinent. »
Où est-elle ?
Derrière la caméra de Maryland,
mi-thriller apocalyptique, mi-film
d’horreur, avec Matthias Schoenaerts en garde du corps de Diane
Kruger. « Je n’avais pas envie de
faire Bodyguard, là on ne sait jamais s’il a envie de l’embrasser ou
de lui casser la gueule. »
IL RACCONTO DEI RACCONTI (TALE OF
TALES) de Matteo Garrone (Compétition).
GRAZIA DAILY CANNES # 2. Gratuit
Où va-t-elle ?
Voir Mad Max, et aussi défendre
un film turc, Mustang, dont elle
coécrit le scénario. Son prochain
long ? « Une histoire d’amour un
peu étrange. » Encore.
Retrouvez tous
les numéros du GRAZIA
DAILY CANNES en PDF sur
MARYLAND
d’Alice Winocour,
ADÈLE EXARCHOPOULOS
Elle nous parle
tout en luttant avec les
fermetures anarchiques de
ses sandales Roger Vivier.
Mais « l’avis d’Adèle », lui,
est ultra carré. Par Julien WELTER
Photo Julien MIGNOT
Critique
Par Luc CHESSEL
Il faut toute l’explosivité contenue d’Adèle Exarchopoulos, toute la fourbe candeur de Tahar Rahim, tout
l’éclat de Karim Leklou, Swann Arlaud, Guillaume
Gouix et les autres, pour nous faire tenir en place
devant les fausses promesses des Anarchistes. Difficile de trouver meilleur sujet qu’une histoire de flic
infiltré dans un groupe de libertaires clandestins pendant les derniers feux du XIXe siècle. Ajoutez a girl
pour l’amour libre, a gun pour l’action directe, et
quelques bases de doctrine antiautoritaire pour ceux
que ça intéresse. Vous pourrez crier « mort aux
vaches » et réussir le parfait film social-démocrate :
laxiste et autocensuré, beau parleur mais dégonflé.
Le but d’une morale anarchiste, n’est-ce pas de « déchirer toute loi extérieure », selon les mots d’Elisée Reclus, figure invoquée en creux par cette reconstitution ? Si tous les fils suivis ici (bohème chorale et
chronique politique, film d’époque et film d’amour)
tournent courts, c’est qu’ils sont tirés un par un
comme des ficelles, selon les lois (toujours plus ou
moins scélérates) du bon scénario : un héros ambigu
pénètre un milieu fermé. Il développe des liens et des
doutes. Puis les choses tournent mal. Et c’est tout.
LA BOUCHE D’ADÈLE
Voici rejoué le conflit de la loi intérieure, fraternelle
et amoureuse, contre la contrainte sociale. Si Jean
(Tahar Rahim) finit par trahir ses frères d’armes, on
nous montre aussi qu’il en souffre. Il y en aura pour
tout le monde. C’est là l’esprit (social traître ?) d’un
cinéma qui laisse tomber ses personnages en disant :
obéis, mais surtout, surtout, surtout, n’en pense pas
moins. Ce genre de mots d’ordre peine à nous tirer
une larme.
Cette idéologie toute légaliste vient pourtant buter
sur quelque chose : les corps et ce qu’ils véhiculent.
On voit peu à peu, dans le film, la direction d’acteurs pousser toute la troupe vers l’intensité fiévreuse, la passion du verbe, le kitsch des réunions
secrètes et des aubes sans sommeil. Et on commence
à voir les corps qui résistent, acteurs ou personnages
qui, eux non plus, n’en pensent pas moins. Quand
Elie Wajeman filme en gros plan la seule bouche de
Judith (Adèle Exarchopoulos), croyant ouvrir surtout un abîme de désir chez le spectateur, ce même
spectateur se met surtout à penser à un autre infini.
Il revoit alors ces visages des ouvriers anarchistes de
l’époque, photographiés par la police, et qui pourtant n’obéissent jamais aux ordres du pouvoir qui
les a photographiés pour mieux les emprisonner, les
ficher. Non, quand on est devant ces photographies,
ce sont leurs corps qui renversent l’ordre. La biométrie des surveillants naïfs – qu’ils soient flics ou réalisateur – n’a jamais vraiment eu de prise sur la vie
qu’ils visent. C’est la bonne nouvelle du jour. Par
instants, par la grâce même de ces corps, quelque
chose advient qui s’approche du principe (ou antiprincipe) de l’anarchie : la spontanéité, tout le temps.
Le désir, fluide. La circulation, désirante. Alors,
quoi ? Alors, mort aux lois. Et puis, vive Adèle, et à
la prochaine fois.
avec Matthias
LES ANARCHISTES
Schoenaerts et
d’Elie Wajeman, avec Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim
Diane Kruger.
(Semaine de la critique).
2 - VENDREDI 15.05.2015
Notre coverstar #2 : Naomi Watts, plus sexy qu’une Libanaise, en Elie Saab Haute Couture, juste avant les marches.
Dans Les Anarchistes, d’Elie
Wajeman, vous incarnez Judith,
une révolutionnaire parisienne
de la fin du XIXe siècle.
Que saviez-vous de cette période
relativement peu connue ?
A part l’idéologie de ce mouvement, pas grand-chose avant le
tournage. C’est l’un des bons côtés de ce métier : tu apprends en
permanence !
Votre définition de l’anarchie ?
Un système complètement autogéré, où avant de révolutionner la
société, on change les hommes.
C’est le bordel, mais aussi la prise
du pouvoir par l’éducation, pas
forcément par les armes. Donner
ce pouvoir au peuple, par nature
divisé, faire confiance à l’autre…
Vaste défi !
Le film fait la part belle à toute
une nouvelle génération
d’acteurs.
Pour le moment, j’ai eu la chance
de travailler avec des comédiens
dont la gouaille me correspond :
Reda Kateb (Dans Qui vive,
à Cannes l’an dernier), et maintenant Guillaume Gouix, Tahar Rahim et Swann Arlaud. C’est une
nouvelle génération qui veut y
arriver, mais ensemble.
Jouer en costume d’époque ?
Loin de la torture, ça m’a aidée
pour le rôle ! Les femmes d’aujour-
Rien, voilà l’ordre
Les Anarchistes, film d’ouverture de
la Semaine de la critique, déçoit : trop
soumis à un ordre convenu. Un corps
pourtant aurait pu tout renverser :
celui d’Adèle Exarchopoulos, ici géniale.
BITCHY MARIE
« Un sweat à capuche
doublé de fourrure,
vraiment ? »
PHOTO : JULIEN MIGNOT ; DR ; MATHIEU PONCHEL
VEN
CANNES
PHOTOS : AUGUSTIN DÉTIENNE/CANAL+ ; E-PRESS PHOTO.COM ; FILMMAGIC
G R A Z I A DA I LY C A N N E S
DAILY 15
Digital
En mai, fais ce qu’il te plaît. C’est bien le problème
des rues cannoises engorgées de touristes, de richards,
russes pour la plupart, et de professionnels de la profession déboussolés par cette tiédeur méditerranéenne pas toujours au rendez-vous du Festival de Cannes.
Le festival du n’importe quoi, ouiche, qu’on doit sans
doute à une confiance très moyenne dans la météo
cannoise et, par conséquent, à une valise de festivalier
mi-saison, voire fin d’automne. Après une journée
éreintante passée à procéder à des flags de fashion
police, le bilan est à la fois accablant et hilarant.
Mais non Madame, il fait 32 °C, que faites-vous avec
un sweat à capuche doublé de fourrure ? Oui Monsieur, bravo pour le bermuda en seersucker, très bon
genre, mais non, Monsieur, pas avec des chaussettes
de laine écossaise et des brodequins de cuir noir
à boucles. Oui Madame, bien vu le corsaire noir, mais
pas avec cette paire de choses marron, sorte de chaînon manquant entre la Crocs et la basket de rando ?
Faut-il valider la jupette à volants fleuris qui déjà en
soi… sur un jean slim neige ? Surtout quand ils sont
assortis à de la dentelle noire et la capeline de Missis
Scarlett ? Non, en général. Mais le cas était particulier
et présentait une beauté triste qui pardonnait toutes
ces infractions au code de la fashion police.
Seule la retraitée cannoise a tout bon : le pantalon cigarette en lin blanc, le polo flou en lamé, les sandales
blanches achetées en pharmacie, et le sac blanc assorti. Pas mal de sacs seau cette année. Par Marie COLMANT
d’hui auraient une conscience
complètement différente de leur
allure si elles avaient grandi avec
un corset. En le portant, on n’a
plus la même impatience, la même
attitude, le même caractère.
De La Vie d’Adèle aux
Anarchistes, tous vos
personnages dégagent
une force, ils en imposent…
Ce n’est pas du tout conscient. On
anticipe trop ce que doit être la
féminité. Pour moi, c’est une main
de fer dans un gant de velours.
Votre personnage déclare :
« Ce n’est pas la haine qui m’a
fait devenir anarchiste, mais
l’amour ».
Elie Wajeman a filmé la révolte de
ces « anti-système » avec cœur.
Chez lui, le côté humain domine.
Elie est bienveillant.
Le film est très communautaire.
C’étaient des hippies, les anarchistes, à traîner toujours dans les
mêmes cafés, en groupe. C’est un
sentiment que je connais, car je
n’aime pas être seule, j’ai plusieurs
bandes de quartier ou d’amis.
Vous personnage est inspiré de
l’anarchiste Rirette Maîtrejean.
Au-delà du politique, ce que j’ai
retenu de ses Mémoires, ce sont
ses élans sentimentaux, sa façon
d’aller d’homme en homme, de se
donner le choix et de l’assumer.
Vous gardez des idéaux ?
Je ne suis pas très politisée. Aller
voter par défaut, pour le moins
déprimant des candidats, m’angoisse terriblement. On passe
sous silence l’essentiel : ce que
demande la jeunesse.
LES ANARCHISTES, d’Elie Wajeman
(Semaine de la critique).
ENTENDU
« Si je rends si bien sur les photos
ce soir, c’est parce que je rayonne
de l’intérieur. J’ai dû avaler une La chronique
ampoule. » ROSSY DE PALMA, membre du jury en anglais
allumée, au dîner d’ouverture.
ET AUSSI…
Réunis pour la première
fois à l’écran depuis Vicky
Cristina Barcelona (2008),
PENÉLOPE CRUZ et Javier Bardem
vont jouer dans le biopic de Pablo
Escobar, adapté du livre Loving Pablo,
Hating Escobar. L’an dernier, c’est Benicio
Del Toro qui avait incarné le baron de
la drogue colombien dans Paradise Lost.
Dimanche 17 mai, le festival
s’associera au géant du
luxe Kering pour décerner
le nouveau prix « Women in Motion ».
Premières lauréates : JANE FONDA et
la productrice Megan Ellison (American
Bluff, Foxcatcher). Un hommage sera
rendu à Olivia de Havilland, première
présidente du jury cannois en 1965.
Star Wars n’en finit plus
de se réinventer. Après
Felicity Jones et Ben
Mendelsohn, DIEGO LUNA est en
pourparlers pour rejoindre le casting du
spin-off de la saga, Star Wars : Rogue
One, dont l’intrigue se situerait entre
l’épisode III et IV. Date de sortie
annoncée pour le 16 décembre 2016.
Grâce à ses superpouvoirs
BRYAN SINGER,
réalisateur des X-Men,
aurait réussi à faire disparaître les scènes
du documentaire An Open Secret où il est
impliqué dans des scandales sexuels
en compagnie de mineurs. Présenté
au Marché, ce film n’est, du coup, plus
du tout sûr de séduire les acheteurs.
cannois de
The montée
of the
marches
Par Poly GLOTTE
What a merveilleuse opening
night ! Everything was gorgious !
For example, and we weight our
words, the dresses of the womens. Rossy from Palma as Chiquita
Cruella, Miss Portman in jungle
red, and Lady Deneuve in black
and red… What a lesson of style !
For the mens, black tie as usual
and a little deception about the
hair of the young Xavier Dolan.
Total normal. Are you allright Xavier ? And the Coen brothers ? Very no smiling but it’s not a surprise. The brothers are born with
the bouche à l’envers.
VENDREDI 15.05.2015 - 3
VENDREDI 15.05.2015 - 1
10 Quotidiens,
gratuits, de 8
pages, format
tabloïd, distribués,
à 10.000 ex. sur
la Croisette, dans
tous les lieux
stratégiques.
Trop pas
La chronique de Gérard LEFORT
« J’ATTENDS UN
NOUVEAU FERGUSON »
Le saviez-vous ? On peut twitter le
gramm’. Enfin, une bonne nouvelle ! Quant à savoir ce que ce
bond en avant au bord du gouffre
peut bien signifier, ce sera l’objet
d’un débat sémantique permanent au sein de la Grazia cream
team. Autre cas typique du patois
cannois qui exige une agrèg’ de
volapuk : « Déjà dans le train de
Paris, il faisait Tinder et il a failli snapper tout le monde. » En français : ce mec est plus chaud qu’une
baraque à frites et il veut niquer
tout ce qui bouge.
Sinon au rayon des splendeurs qui
embellissent la Croisette, c’est,
comme chaque année, une véritable tornade de bon goût. Par
exemple devant l’Hôtel Carlton,
une statue dorée (et pas qu’à moitié) qui, façon Samothrace ayant
retrouvé ses bras, nous brandit
une palme d’or. Trop joli. Presqu’autant que d’autres sculptures
exposées elles aussi en plein air,
qui relèvent de la période « pied
de lampadaire » de Salvador Dali.
Toujours au Carlton, dans sa partie snacking informel, on ne peut
pas rater un écran géant légèrement détraqué du bug, ce qui
confère à la façade du palace cannois une belle tournure perf’
d’avant-garde (gaffe tout de même
au risque de crise d’épilepsie à
force de trop fixer ledit écran.) Sinon, tendance-tendance, on note
et on apprécie une forte recrudescence du sac à caca canin, véritable défi à l’allitération en « c » et
accessoire essentiel de tout autochtone émargeant à la case retraité couleur Nutella.
DRONES ET ARTILLERIE
Et les flics ? As usual, armés
jusqu’aux dents comme s’ils attendaient un nouveau Ferguson. Aucun drone de surveillance à signaler pour le moment. A moins que
ce truc bizarre en position stationnaire au-dessus de la terrasse du
somptueux loft du Grazia Daily
Cannes ne soit pas du tout un
freezbie égaré mais… bingo ! C’en
2
est un, et mille baisers aux services
généraux de Grazia qui ont anticipé en glissant dans notre barda
un rab de gilets pare-balles.
Quoi d’autre ? Ah si ! Alerte à
tous les festivaliers. La corvette
qui a jeté l’ancre en baie de
Cannes n’est pas du tout un bâtiment de la marine nationale mais
le Piranha 2, le yacht de Gilles Jacob, dont toutes les pièces d’artillerie sont curieusement pointées
sur le palais des Festivals.
Enfin, le tort ayant toujours besoin
d’être redressé, il faut que la vérité
soit écrite sur Mad Max : Fury
Road qui a été accueilli fraîchement par la presse. Comme quoi
franchement ! Eh bien pas d’accord. Certes, ce Mad Max prône
l’excès de vitesse en faisant fi de
tout contrôle radar dans le désert
australien, une provocation à
l’heure où la France expérimente
la limitation à 80 km/h. Mais un
film qui commence par une
émeute dans une backroom et se
termine par une manif de gouines
en pétard, ne peut pas être mauvais. D’autant qu’entre ce début et
cette fin, on aura appris des mots
nouveaux et réfléchi à des idées de
prénoms pour nos enfants : par
exemple Rictus pour les garçons
et Nuxe pour les filles. Et le mot
nouveau alors ? Smerde. Oui,
smerde, comme dans « smerde
alors » ! Ou bien comme dans « ce
film est une vraie smerde. »
DEMANDEZ
LE PROGRAMME
Vendredi 15
Compétition
The Lobster de Yorgos Lanthimos
(8 h 30+22 h 30 : Grand Théâtre
Lumière).
Saul Fia (Le Fils de Saul)
de László Nemes (16 h 00 :
Grand Théâtre Lumière).
Hors compétition
Irrational Man (L’Homme irrationnel)
de Woody Allen (11 h 30+19 h 30 :
Grand Théâtre Lumière).
Hayored Lema’ala (L’Esprit
de l’escalier) d’Elad Keidan
(19 h 45 : Salle du soixantième).
Un certain regard
Hrútar (Béliers) de Grímur
Hakonarson (11 h 00+14 h 00 :
Salle Debussy).
Chauthi Koot (La Quatrième voie)
de Gurvinder Singh
(16 h 30 : Salle Debussy).
Mu-roe-han d’Oh Seung-uk
(22 h 00 : Salle Debussy).
Quinzaine
El Abrazo de la Serpiente de Ciro
Guerra (9 h 00+17 h 15 : JW Marriot).
Trois souvenirs de ma jeunesse
d’Arnaud Desplechin
(12 h 15+20 h 15 : JW Marriot).
L’Ombre des femmes de Philippe
Garrel (15 h 15 : JW Marriot).
Semaine de la critique
Sleeping Giant d’Andrew Cividino
(8 h 30 : Miramar).
Les Anarchistes d’Elie Wajeman
(8 h 30 : Buñuel +15 h 00 : Miramar).
Paulina (La Patota) de Santiago Mitre
(11 h 30+17 h 30+22 h 00 : Miramar).
Acid
Pauline s’arrache d’Emilie Brisavoine
(11 heures : Studio 13 + 20 heures :
Les Arcades).
ET PENDANT CE TEMPS-LÀ...
UP
Par Perrine SABBAT
Photos Julien MIGNOT
CASTING SAUVAGE
Xavier Dolan faisant des
pieds et des mains durant
le dîner officiel d’ouverture
pour être assis aux côtés
de Natalie Portman.
« Je l’adoooooooooore ».
Xavier, il faut apprendre
à ne pas transformer
chaque compliment à une
femme en casting sauvage
pour ton prochain film.
Le regard
de l’amour de
Benjamin Millepied
pour sa Miss Dior
chérie (Natalie
Portman).
FAIBLE AFFLUENCE
DOWN
Robe, Giorgio
Armani Privé,
bijoux Chopard.
WELLNESS THERAPY
PHOTOS : MAXIME BRUNO/CANAL+
Robe, Dior Haute
Couture, bijoux
de Grisogono.
moine copiste (d’où cet étonnant
corollaire : une forte recrudescence dans la vente des lutrins et
des écritoires). La médecine moderne confirme l’injonction : se lever régulièrement est indispensable à notre équilibre. Mais comment concilier les stations debout
et les longues projections assises ?
C’est par la résolution de telles
cornéliennes prises de chou que
Cannes joue sa peau radieuse et
son avenir botoxé (ou l’inverse).
Dans la boule de cristal cannoise,
on a aussi vu apparaître ce métier
d’avenir : colporteur d’imprimante. Un bataillon de cyclistes sponsorisés drague le quidam sur la
Croisette pour lui proposer ce service gratuit : connecter son smartphone à une bécane pour imprimer gratos ce qu’on veut… Le
succès de l’initiative semble limité,
ce qui nous renvoie à une question
banale pour un festivalier mais
existentielle pour un journaliste :
imprimer quoi, et pour qui ? CANNES
SE RÉVEILLE
Rédaction : 8, rue
François-Ory, 92 543
Une Croisette encore
un peu vide, hier soir. Il ne
pleuvait pas pourtant, mais
on était loin de l’affluence
folle de certaines années.
Le long week-end férié
et le très beau temps
annoncé devraient
y remédier. Ou pas.
PHOTOS : JULIEN MIGNOT ; E-PRESS PHOTO.COM
Cannes Labo
Le rituel du jogging matinal le
long de la Croisette a pris un coup
de vieux : une tendance lourde du
« wellness » (le bien-être, voire le
souci de soi, qui est la devise tacite
de tout festivalier) consiste cette
année à arpenter les plages latéralement, avec de l’eau à mi-cuisses
et de préférence armé de cannes
finlandaises. Cet exercice en vogue est réputé faire un bien fou
aux membres inférieurs. La pratique n’est pas apparue à Cannes,
mais la voir entérinée ici lui augure
un grand avenir. Qu’en sera-t-il de
l’autre tendance de fond dans
l’univers de l’entretien physique :
la station debout ? C’est en effet
en train de devenir une nouvelle
norme de l’hygiène moderne : la
recommandation insistante, quels
que soit notre travail ou notre activité, de se lever quelques minutes
plusieurs fois par heure, voire
d’écrire ou de lire debout, façon
De la viralité
avec les réseaux
sociaux :
Instagram et
Twitter en tête
GRANDE DAME
La réponse de Catherine
Deneuve, durant la
conférence de presse de
la Tête haute, se
découvrant à la une de
Charlie Hebdo (un dessin
de Luz la représentait
en colis piégé sur la
Croisette !) : « Ils ont été
comme il se doit : féroces
et drôles ». Grande classe.
Duel sur red carpet
NATALIE PORTMAN VS JULIANNE MOORE Par Perrine SABBAT
Par Olivier SEGURET
2
Illustration Iris HATZFELD
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Actionnaire
principal : Mondadori
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Directeur de
la publication :
Carmine Perna
Impression :
Riccobono à Le Muy
(83)
Photogravure :
Arto, Taverny (95)
N° ISSN : en cours
Premier jour, première
émotion : Catherine Deneuve
(et tout le cast de La Tête
haute) a fini en larmes après
20 minutes de standing
ovation… avant de filer au
Palm Beach pour le dîner
d’ouverture. Tandis que
Naomi Watts et Julianne
Moore se sont éclipsées
avant le plat principal, Jake
Gyllenhaal a redemandé du
dessert. On n’est pas sérieux
quand on est membre du jury.
Sienna Miller,
membre du jury,
plus hitchcockienne
que jamais.
Un bon début :
un jury déjà très
complice avant
le lancement
des festivités.
Alerte, nouvelle
profession : aiguilleur
de tapis rouge pour
un jury un peu dissipé.
Sara Forestier,
détendue avant
la projection de son
film, La Tête haute,
en ouverture.
Rossy de Palma
prend mieux
la lumière que
son quadruple rang
de diamants.
… Meanwhile au Grand Journal
Cette nuit à cannes
Soirée chargée pour Julianne Moore, prix
d’interprétation 2014 : cérémonie d’ouverture
présidée par Lambert Wilson, puis passage
sur le plateau d’Antoine de Caunes.
Inauguration de la boutique Bulgari
sur la Croisette. Coupure du ruban
par Naomi Watts, à 18h30.
1
2
3
Parce qu’elle
le vaut bien,
Karlie Kloss fait
durer le plaisir
devant les
photographes.
5
Showcase Singtank, de 19h à 21h30
à La Chambre Noire by Belvedere,
au premier étage du JW Marriott.
Soirée des Trophées Chopard sur le rooftop
Chopard, au dernier étage du Martinez,
à partir de 20h30.
4
Le chanteur John
Legend aveuglé
par les flashes pour
sa première montée
des marches.
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Une chaine
dédiée 24/24h
sur le site
grazia.fr pour
compléter le
dispositif, avec
un flux éditorial
réalisé par la
rédaction. Tous
les jours le Daily
Cannes est en
lecture dans un
module "flipping
book".
Soirée CANAL+ dans une villa à Mougins.
Soirée du film The Lobster, de Yorgos Lanthimos
(avec Colin Farrell, Rachel Weisz, Ben Wishaw, Léa
Seydoux) sur la Plage Magnum, à partir de 0h30.
COLLECTION CAFÉ SOCIETY
6 Set du groupe Husbands
à la Villa Schweppes, aux Marches.
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Illustration Iris HATZFELD
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