ARS 07 rencontre com et ARS 07 juillet v2
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Commission d'enquête Document n° 29 Objet: Compte rendu de la réunion de la commission d'enquête avec l'Agence Régionale de santé/ARS le 07 juillet 2016 Cette réunion s'est déroulée dans le locaux de l'ARS Normandie à Rouen. Etaient présents: - pour l'ARS : M. Jérôme LEBOUARD Adjoint au chef du pôle santéenvironnement/Responsable de l'unité départementale de la Seine-Maritime - tous les membres de la commission d'enquête L'objectif de cette réunion de travail était d'approfondir le niveau de connaissance des membres de la commission sur les aspects santé liés en général aux grands projets autoroutiers et en particulier au projet "liaison A28/A13 - contournement Est de Rouen". Les effets potentiels du projet "liaison A28/A13 - contournement Est de Rouen" sont résumés dans la pièce E du dossier d'enquête publique, tome 2.1 , aux pages 402 à 412 au chapitre intitulé "effets potentiels du projet sur la, santé et l'hygiène". En préambule , l'ARS a signalé à la commission d'enquête qu'elle: - a été consultée sur le projet en juillet 2015; - a rendu un avis sur le projet le 08 septembre 2015*. Dans cet avis , il est précisé " je note que les principaux enjeux de santé publique liés à une telle infrastructure sont identifiés et étudiés au niveau de l'étude d'impact et des la synthèse des perspectives d'aménagement et de développement du territoire: ressource en eau destinée à la consommation humaine, impact sur la qualité de l'air et des nuisances sonores. Mes services avaient d'ailleurs été préalablement sollicités sur les aspects relatifs à la vulnérabilité des captages d'eau potables inclus dans la zone et à leur protection. Les impacts sont envisagés tant en fonctionnement, qu'en phase chantier et les principales mesures de protection sont globalement décrites. Elles pourront toutefois être précisées (cf. mes observations infra) en vue de leur intégration au décret de déclaration d'utilité publique (DUP) et dossier d'engagement de l'Etat dans le cadre de la concession. Par ailleurs, je note que l'ARS sera sollicitée ultérieurement pour formuler des avis sur les aménagements relevant des procédures "loi sur l'eau. De manière plus spécifique ,la direction de l'ARS attire ensuite l'attention sur trois points: - la protection des eaux destinées à la consommation humaine; - la présence de sols pollués; - l'impact sur la qualité de l'air..." Cet avis sera à joindre in extenso dans le rapport de la commission. rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 1 1/Effets potentiels majeurs du projet sur la santé/niveau d'analyse retenu "La loi 96-1236 du 30 décembre 1996 sur « l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie », consolidée le 14 Juin 2006 a introduit dans les études d’impact générales un volet sur la santé, en complétant la loi 76-629 du 10 juillet 1976, dans sa version consolidée au 21 septembre 2000, relative à la protection de la nature. Ce texte est aujourd’hui codifié par l’article L.122-3 du Code de l’environnement relatif au contenu minimal des études d’impact et complété par les circulaires des 17 février 1998, 3 février 2000 et 11 avril 2001. Malgré l’importance des travaux, les impacts sur la santé restent limités car la conception du projet a été pensée afin de minimiser au maximum les impacts négatifs pouvant être générés. Ainsi, d'après la Note Méthodologique sur l’évaluation des effets sur la santé de la pollution de l’air dans les études d’impact routières de février 2005, seule une analyse simplifiée des effets sur la santé doit être réalisée avec l’utilisation de l’indice pollution-population (IPP). Le projet de liaison A28-A13 relève en effet d’ une étude de type 2, moins exhaustive qu’une étude de type 1 qui recommande l’évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS). L’indice IPP n’ayant pas de signification en tant que tel au point de vue sanitaire, il ne peut pas être directement rattaché à des pathologies ou à des chiffres de mortalité liée à la pollution atmosphérique. Le présent volet sanitaire s’attache donc à évaluer les impacts qualitatifs potentiels de la réalisation de la liaison A28-A13 sur la santé humaine. L’indice IPP est quant à lui quantifié pour les scénarios avec et sans projet dans la partie sur les impacts du projet sur la qualité de l’air". extraits dossier EP pièce E tome 2.1 page 189 Questions commission: - Une étude de type 2 est-elle légalement acceptable pour ce projet? - Une analyse de type 1 aurait-elle été souhaitable et pourquoi? L’étude « air et santé » est de niveau 2, et ce conformément à l’instruction technique de 2005 et sa note méthodologique (http://www.developpementdurable.gouv.fr/IMG/pdf/note-methodo-airsante.pdf ): trafic inférieur à 50 000 véhicules jour, pas d'établissement sensible recensé dans la bande d’étude. L’étude réalisée dans le cadre du projet va toutefois au-delà des préconisations en intégrant les PM10 dans la liste des substances étudiées. Du point de vue de l'ARS, ce niveau d’étude permet de répondre à la question principale qui est d’approcher l’exposition des populations pour les substances les plus préoccupantes (PM notamment) sans toutefois calculer un risque global lié à l’ensemble des substances (ie sommes des risques). 2/Sur les polluants présents et leurs effets sur la santé Les pages 402 à 405 décrivent les principaux polluants présents dans l'atmosphère autour d'un tel projet et leurs effets potentiels sur la santé humaine: - oxydes d'azote - dioxyde de soufre - monoxyde de carbone rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 2 - benzène - particules en suspension - ozone 2/1 impacts à court terme "Les progrès technologiques réalisés depuis plusieurs dizaines d’années ont permis une réduction très nette des émissions de gaz polluants, en particulier du dioxyde de soufre, dans les pays industrialisés. Grâce à ces progrès, le risque de survenue de pics de pollution extrêmement élevés, comme certains épisodes historiques de la première moitié du XX ° siècle qui avaient conduit à un excès important de mortalité, est aujourd’hui considérablement réduit. Toutefois, les études épidémiologiques menées au cours des dix dernières années ont montré que même des niveaux relativement faibles de pollution, c’est-à-dire inférieurs aux valeurs limites d’exposition définies par les normes de qualité de l’air, pouvaient avoir des effets à court terme sur la santé. On note une évolution positive sur l'agglomération de Rouen où les seuils sur le SO2 ne connaissent plus que de rares dépassements ces dernières années". 2/2 Impacts à long terme "De façon générale, les travaux réalisés dans le domaine des effets à long terme sont moins nombreux que pour le court terme, et les interrogations sont encore nombreuses. Des travaux épidémiologiques récents ont montré globalement une augmentation de la fréquence des maladies allergiques et notamment de l’asthme. Il est possible que cette évolution soit due à la présence de polluants de l’air qui pourraient interagir avec les facteurs spécifiques de l’allergie que sont les allergènes (pollens par exemple). La responsabilité de la pollution atmosphérique dans l’apparition de cancers a été abordée à la fois à travers des enquêtes toxicologiques et épidémiologiques. Parmi les polluants émis par la circulation automobile : - le benzène est actuellement le seul considéré comme cancérigène certain chez l’homme; - six autres composants parmi les composés organiques volatiles sont classés comme probablement cancérigènes chez l’homme; - et seize autres molécules sont classées comme potentiellement cancérigènes chez l’homme; - en ce qui concerne les particules diesel, un lien de causalité entre exposition et risque accru de cancer du poumon (preuves suffisantes) et de la vessie (preuves limitées) a été montré par certaines études épidémiologiques. Les particules issues du diesel ont été classées comme « cancérigène pour l'Homme » par l'OMS en 2012. Des études épidémiologiques menées en Europe et aux Etats-Unis ont révélé que les habitants des zones urbaines à niveau de pollution élevé semblaient présenter une réduction de la fonction respiratoire. Dans ce domaine, des études doivent encore être menées pour déterminer avec précision les polluants incriminés. rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 3 L'établissement de liens de cause à effet entre un polluant et une ou des pathologies est très difficile à établir avec certitude, en particulier dans le cas d'une exposition chronique sur plusieurs années". Questions commission - Ces polluants sont-ils plus présents autour d'un tel projet que dans l'atmosphère en général? - Les effets sur la santé sont-ils avérés et transposables au projet? - Que pouvons- nous retenir de l'article "la pollution atmosphérique pour le nuls: quelques réponses pour sortir du brouillard" du Dr Gilles DIXAUT , cité par la commune de Oissel? Les différentes données scientifiques mettent en évidence des impacts potentiels pour la santé au fait de résider ou de fréquenter des zones exposées à la pollution de l’air générée par les infrastructures routière, en particulier dans une bande de 300 à 500 m (cf. ref [1] et [2]). Généralement, l’ARS recommande pour ce type d’infrastructures d’étudier avec les aménageurs et maîtres d’ouvrage concernés les possibilités de prendre des dispositions visà-vis des populations sensibles, notamment afin d’éviter ou limiter la présence de lieux qu’ils fréquentent (crèches, établissements scolaires, …) à proximité de ces futures voies à fort trafic. [1] étude Aphekom – résumé des principaux résultats http://www.aphekom.org/c/document_library/get_file?uuid=4846eb19-df8a-486e9393-1b7c7ac78ce3&groupId=10347 [2] revue de la littérature du Health Effects Institue : Traffic-Related Air Pollution: A Critical Review of the Literature on Emissions, Exposure, and Health Effects -HEI Panel on the Health Effects of Traffic-Related Air Pollution - Janv. 2010 – http://pubs.healtheffects.org/getfile.php?u=553 L'article du Dr. Dixaut confirme ce point. Le document "impact de l'exposition chronique à la pollution de l'air sur la mortalité en France : point sur la région Normandie, publié en juin 2016 par Santé Publique France (ex INvS) mentionne : " La pollution aux particules (PM 2,5) en Normandie... Dans les communes de France continentale, les concentrations moyennes annuelles de particules fines de particules fines (PM 2,5) estimées par le modèle pour 2007/2008 variaient de 1 à 22 µg/m3. En Normandie les concentrations se situaient entre 8 et 14 µg/m3; les zones les plus faiblement polluées se trouvaient dans les départements de la Manche et de l'Orne. Ce sont les agglomérations de plus de 100 000 habitants qui présentaient les concentrations les plus élevées. Ces concentrations sont issues d'un modèle national qui ne permet pas d'avoir des informations précises à l'échelle locale. En 2007-2008, en Normandie, 90% de la population habitait dans des communes exposées à des concentrations moyennes annuelles de PM 2,5 dépassant la valeur recommandée par l'OMS (10 µg/m3). ( voir carte au 3/ ci dessous) rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 4 3/Sur les aspects particuliers des particules fines Nous avons retenu des différents entretiens préalables, en autres avec Air Normand que: - plus les particules sont fines, plus elles sont dangereuses pour la santé - qu'elles sont plus particulièrement émises par l'usure des plaquettes de freins, des pneumatiques et du revêtement de la route que par le carburant lui même - qu'environ 50% d'entre elles sont d'origines locales et 50% sont exportées - qu'environ 30% d'entre elles seraient liées au trafic automobile (voir données ci-dessous source AN) et que les autres ont d'autres origines. Questions de la commission - Ces données sont-elles transposables dans le cadre du projet? - Avons nous bien compris : les particules fines sont plus liées à l'usure des pneus, des plaquettes de freins et des revêtements de chaussée, plutôt qu'au carburant? Les données fournies par Air Normand sont claires à ce sujet (voir copie de la figure cidessous extraite du bilan 2014 Air Normand page 13). rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 5 4/Sur la situation pré existante au projet au niveau du territoire du projet Une étude APHEKOM réalisée en 2012 intitulée "impacts sanitaires de la pollution atmosphérique dans neuf villes françaises/résultats du projet APHEKOM" il concerne entre autres ROUEN. Questions de la commission Quelle application peut-on faire de ce rapport vis à vis du territoire du projet? Quels enseignements peut-on en tirer? Habiter à proximité de voies à forte densité de trafic automobile pourrait être responsable d’environ 15 à 30 % des nouveaux cas d’asthme de l’enfant, et, de proportions similaires ou plus élevées de pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires fréquentes chez les adultes âgés de 65 ans et plus. Source INVS - résumé des résultats du projet APHEKOM 2008/2011 page 8 5/ Sur la situation spécifique de la zone Saint Etienne du Rouvray/Oissel Le rapport d'étude réalisé par les communes de Saint Etienne du Rouvray et Oissel attire l'attention sur la qualité de l'air au Rond Point des Vaches (à proximité du quartier des 2 avenues) aux pages 17 et 18 et chapitre 2.2.2 "les impacts sanitaires". rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 6 extraits étude SEDR et Oissel La commission s'est rendue plusieurs fois sur les lieux et a constaté une circulation déjà importante dans cette zone. D'autre part elle a noté: - dans les interventions exprimées lors des réunions publiques; - dans le cadre des observations déposées; que des remarques font apparaitre qu'il existe déjà des problèmes "marqués" dans cette zone (asthme, pathologies pulmonaires infantiles entre autres). Une observation référencée 1109 émise par un habitant de Saint-Etienne-du-Rouvray fait allusion à un contrat passé entre cette commune et l'ARS. Une observation référencée 1154 fait état d'une augmentation de 8% des PM 2,5 au niveau du rond point des vaches et que les concentrations seront supérieures à 25µg par m3, pouvant aller jusqu'à 30µg/m3. Questions de la commission - existe-t-il une situation actuelle de pollution dans cette zone entrainant des problèmes de santé avérés? - quid du contrat mentionné plus haut? - que représente exactement une augmentation de 8%? et quel impact prévisible pour la santé lié au projet? - les concentrations mentionnées sont de 25 à 30µg/m3 donc inférieures aux valeurs limites règlementaires de 50 µg , quelle relation avec les recommandations de l'OMS proposées à 20µg/m3? - une observation formulée plus haut (1154) fait état d'une relation entre la publication par l'Agence Nationale de santé publique d'un chiffre de 48 000 morts par an à cause de la pollution de l'air et que les particules fines d'une dimension inférieure à 2,5 en seraient la cause; quelle est la crédibilité de cette affirmation? rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 7 Le "rond point des vaches" à Saint Etienne du Rouvray est considéré par l'ARS comme étant déjà un point noir en matière de pollution atmosphérique ou les valeurs-guides pour la qualité de l'air sont déjà souvent dépassées (notamment pour le N02). Une augmentation de 8% des particules fines dans cette zone est défavorable pour la santé des habitants riverains. Les valeurs applicables en France sont la valeurs réglementaires, les valeurs de l'OMS ne sont actuellement que des recommandations. En ce qui concerne l'observation 1154, le chiffre de 48 000 décès évités, dont 2600 en Normandie concerne l'ensemble de la pollution atmosphérique qui intègre les particules fines. En ce qui concerne le Contrat Local de Santé/CLS* faisant l'objet de l'observation 1109, signé par la commune de Saint-Etienne-du-Rouvray pour la période 2012/2015 et cité à plusieurs reprises par des participants aux réunions publiques, nous retiendrons que: "Depuis plusieurs années, Saint-Etienne-du-Rouvray comme beaucoup de villes a fait le choix d’aller plus loin et s’est engagée en faveur de la prévention et de la promotion de la santé. Cet engagement s’est traduit dans la mise en œuvre d’actions programmées dans le cadre: - du volet santé du contrat urbain de cohésion sociale; - du programme de réussite éducative, mais aussi dans la convention de renouvellement urbain; - de l'amélioration de l’habitat et du cadre de vie, l’accompagnement social et/ou psychosocial des habitants; - de la prévention des conduites à risques. - de l’organisation d’évènements tels que le forum santé ou la semaine du sport et du bien être. Une implication au titre du Plan National nutrition santé" (page 6) "Ancienne ville ouvrière, la ville compte notamment une centrale thermique et des usines rejetant du dioxyde de carbone. La présence de sites industriels peut impacter la santé des habitants par le rejet de particules nocives dans l’air ou dans l’eau émises par des usines chimiques, des dépôts d’hydrocarbures ou d’autres industries. Cette dimension est d’autant plus importante que Saint-Etienne-du-Rouvray se situe dans un bassin industriel dense. Néanmoins, la qualité de l’air s’améliore sur l’agglomération sur ces vingt dernières années". (page 11) "Les thématiques ciblées résultent de l’analyse du diagnostic local de santé et des réflexions des groupes de travail qui ont contribué à la démarche d’élaboration. Il s’agit de: - l’accès aux soins/la santé globale; - la nutrition; - des addictions; - de la santé mentale/la souffrance psychosociale; - du vieillissement; - de l’habitat/l’environnement". (page 12) rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 8 Force est de constater que le CLS signé par la commune de Saint-Etienne-du-Rouvray n'a aucun rapport avec les effets de la circulation routière, mais plutôt avec les aspects industriels passés. 6/Sur les aménagements routiers destinés à diminuer la pollution atmosphérique Pour mieux connaitre les impacts potentiels des aménagements routiers sur la pollution atmosphérique, l'ADEME a coordonné une étude bibliographique des travaux scientifiques sur le sujet. Sous certaines conditions (notamment en fonction des paramètres météorologiques), les obstacles physiques (haie végétale, mur antibruit) peuvent présenter un co-bénéfice intéressant sur la qualité de l'air, sous réserves de vérifications préalables tenant compte des lieux fréquentés ou habités par les populations. Cependant, de façon générale, l'étude montre qu'aucune de ces solutions (haies végétales, écrans antibruit, revêtements catalytiques, asphaltes poreux,...) ne peut être préconisée dans l'objectif premier de réduire efficacement la pollution atmosphérique. Source ADEME - Impact des aménagements routiers sur la pollution atmosphérique. 7/Sur l'augmentation des Gaz à effet de serre Les émissions en CO2 dues au trafic routier sur l'ensemble de l'aire d'étude, augmentent d’environ 5% (c’est-à-dire de 136,3 tonnes/jour) par rapport au scénario fil d’eau pour l’ensemble des véhicules. (page 441 7.2) Questions de la commission - la commission note que l'augmentation de CO2 due au trafic envisagé aura un impact sur le climat , mais n'affectera pas la santé des population ? La toxicité du CO2 en exposition naturelle est quasi nulle et n'a pas un impact direct sur la santé humaine. Le CO2 à un impact sur l'évolution climatique. 8/Sur le bruit Le bruit autoroutier est susceptible d’avoir des effets sur l’appareil auditif, les systèmes cardio-vasculaire et digestif, le sommeil et les performances intellectuelles. Les ambiances sonores générées par une infrastructure de transport terrestre sont définies d'un point de vue réglementaire par des valeurs seuils définies dans le cadre de l'Arrêté du 5 mai 1995 relatif au bruit des infrastructures routières (Valeurs seuils réglementaires du niveau de bruit généré par une route nouvelle). L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit des valeurs guides pour la qualité sonore des espaces extérieurs suivant leur localisation (la plupart des valeurs concernent les intérieurs des logements.). rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 9 L'OMS propose ainsi un seuil de gêne sérieuse en journée et en soirée au-delà de 55 dB(A) en zone résidentielle (y compris pour les balcons et terrasses des logements, cours de récréation des écoles) et un seuil de gêne modéré au-delà de 50 dB(A). Sur le projet A28-A13, plusieurs zones habitées pourraient être concernées par des augmentations du niveau sonore, en l’absence de mesures. C’est pourquoi une dizaine d’écrans acoustiques seront installés le long du projet, afin de limiter ces gênes. Ainsi, les effets sur la santé vis-à-vis du bruit devraient être faibles. extraits page 17 étude SEDR/Oissel Questions de la commission: - avez-vous une connaissance plus détaillée concernant l'impact des infrastructures du type du projet proposé sur les riverains? - les murs anti-bruits et le traitement phonique des chaussée apporte-t-ils une amélioration? Le bruit est une des nuisances majeures de la vie quotidienne. Les nuisances sonores sont omniprésentes, et tout particulièrement dans les agglomérations. Elles proviennent des : transports routiers transports ferroviaires transports aériens bruits de voisinage appareils professionnels et domestiques divers : tondeuse, marteau piqueur... usines etc... La pollution sonore est caractérisée par un niveau de bruit élevé au point d'avoir des conséquences sur la santé humaine et l'environnement : les nuisances sonores peuvent affecter la santé et la qualité de vie, avec des conséquences physiques et/ou psychologiques pour les hommes et les femmes qui les subissent. Le bruit a des effets nocifs sur la santé humaine : stress, troubles du sommeil, effets sur le système cardio-vasculaire, immunitaire et endocrinien, conséquences sur la santé mentale... Les bruits liés aux transports routiers: Le réseau routier et la circulation automobile citadine, de jour comme de nuit, ne cessent de s’accroître. En conséquence, les niveaux sonores mesurés en façade n'ont pas diminué depuis 30 ans, même si, par ailleurs, on note une légère réduction des points noirs en zone périurbaine. En ville et en matière de transports routiers, les bruits liés à la motorisation et la fermeture des portes sont prédominants tandis que sur autoroutes et voies à grande circulation c’est la liaison pneu-chaussée (impact du pneu sur le sol) qui est responsable du bruit ambiant. Plus la vitesse du véhicule est élevée, plus le bruit émis sera important. rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 10 source AFFSET/ Agence Française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail/octobre 2007/ Bruit et santé - effets biologiques et sanitaires du bruit/Comment lutter contre le bruit Cette position est d'ailleurs corroborée par une étude réalisée par l'ADEME en 2011 , intitulée "impact des limitations de vitesse sur la qualité de l'air, le climat, l'énergie et le bruit - synthèse de l'étude" qui précise: "L'objet de cette étude est une analyse bibliographique des travaux d'évaluation des impacts des limitations de vitesse sur la qualité de l'air. Conclusion : au-dessus de 70 km/h, les réductions de vitesse ont un effet plutôt positif sur les émissions de particules et d'oxydes d'azote. En dessous de 70 km/h, cet effet est plutôt négatif. En pratique, la situation est plus complexe puisqu'il faut tenir compte de l'effet de la limitation de vitesse sur la congestion. Le passage de 80 à 70 km/h d'une voie congestionnée va dans le bon sens pour la qualité de l'air, car il favorise la fluidité du trafic. Une évaluation a posteriori serait toutefois nécessaire pour évaluer finement les effets réels sur la qualité de l'air." source : support intranet du ministère de la santé relatif à l'impact sanitaire du bruit sur le sommeil présenté par Damien Léger et Benjamin Carrot (médecins au centre du sommeil de l'Hôtel-Dieu) lors d’une réunion technique tenue sur le sujet en 2004 qui reste d'actualité. Commission d'enquête le 02/08/2016 rencontre ARS/commission EP 02-08-2016 v2 Page 11