Au nom de la liberté - Ville de Bourg-en

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Au nom de la liberté - Ville de Bourg-en
BOURG STORY
N° 212 Février 12
© Archives Jean Marinet
Sur les 29 élèves de cette classe de 1ère moderne,
16 étaient résistants, 11 ont été déportés
et 3 furent médaillés de la Résistance.
Au nom de la liberté
© Archives Jean Marinet
12 janvier 1947,
le lycée Lalande reçoit
la Médaille de la
Résistance lors d'une
cérémonie empreinte
d'émotion.
Seul établissement civil français médaillé de la
Résistance, le lycée Lalande fut un foyer de lutte
contre l'occupant nazi. Dans ce combat pour la
liberté, il paya un lourd tribut : 32 tués et une
vingtaine de déportés.
la gare de Bourg lors du départ du 1er convoi du Service
de Travail Obligatoire (STO) pour permettre l'évasion de
“réfractaires” ; destruction, en mai 1943, du fichier STO,
rue des Casernes... L'établissement burgien est lourdement
frappé : Marcel Cochet, professeur d'éducation physique,
Paul Morin et Marcel Thenon, normaliens sont déportés.
J
RÉSISTER, TOUJOURS ET ENCORE
Mai 1944, le débarquement est imminent. Les opérations
incombant aux Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) nécessitent la mobilisation d'importants moyens financiers et
humains. Le colonel Romans-Petit, chef des maquis de l'Ain
monte alors une opération destinée à prélever des fonds à la
Trésorerie générale, rue Teynière. Le 5 juin 1944, alors que les
FUJ s'apprêtent à intercepter le caissier et son butin, des miliciens surgissent. Les résistants ont été dénoncés. Une fusillade
éclate. En représailles, la milice investit l'après-midi même
le lycée. En pleine épreuve du baccalauréat, une soixantaine
d'élèves et professeurs sont arrêtés et embarqués. Destination :
le PC du milicien Dagostini à Saint-Amour (Jura) où ils sont
“triés”. Le surveillant général et neuf élèves sont maintenus
en détention et victimes d'interrogatoires musclés. Ramenés à
Bourg et enfermés dans les caves de l'Hôtel de l'Europe (rue
Général Debeney), les lycéens seront envoyés dans un “camp
de représailles” en Allemagne.
Durant ces années noires, ils furent deux cents, soit la moitié
de l'effectif du lycée Lalande, à prendre le maquis français
ou allié, à rejoindre la première Armée française... et payèrent
un lourd tribut : trente-deux tués et une vingtaine de déportés.
Leur combat n'aura pas été vain. Grâce à leur courage, la
France a trouvé le chemin de la liberté ! Un sacrifice salué le
12 janvier 1947, par la remise de la médaille de la Résistance
au lycée Lalande.
uin 1940, l'heure de la capitulation sonne. À la rentrée,
des lycéens de Lalande, peu nombreux mais déterminés, entrent en résistance. Sur les murs et tableaux, ils
font surgir des “VDG” (vive de Gaulle), diffusent à leurs
camarades des missives manuscrites. Au contact de Paul
Pioda, vitrier-miroitier (rue du Gouvernement, actuelle rue
Victor Basch) et pilier du mouvement “Libération” leur
action se “professionnalise”. En soirée, ils glissent des
tracts dans les boîtes aux lettres des Burgiens favorables
au retrait allemand.
Lors de la venue de Pétain à Bourg, les 12 et 13 septembre
1942, les jeunes résistants tentent un coup de force. Alors
que la foule acclame le Maréchal sur le champ de Mars,
quelques lycéens chantent “Vous n'aurez pas l'Alsace et
la Lorraine”.
Suite à l'occupation de la zone libre par les Allemands en
novembre 1942, le lycée Lalande accueille les “demoiselles” de Quinet dont l'établissement, située avenue
Alsace-Lorraine, a été réquisitionné par la Gestapo. En
1943, avec les élèves instituteurs également transférés à
Lalande, les lycéens se rallient aux Forces Unies de la
Jeunesse (FUJ), synthèse nationale de la résistance jeune. Les
premières sizaines (groupes
de six résistants) s'organisent,
à Lalande puis à Carriat, pour
assurer la diffusion rapide de
tracts et journaux clandestins.
Parallèlement, les actions se
multiplient : sabotages de voies
ferrées ; recherche de sites de
parachutages ; manifestation à
GBM
Sources : Archives municipales ; site internet www.lalande2.com ; service
départemental de l'Ain de l'Office national des Anciens combattants et
Victimes de guerre ; “Histoires peu ordinaires de lycéens ordinaires”,
ouvrage de l'association Résistance lycée Lalande. Photographies de
Jean Marinet, ancien élève de Lalande et résistant.
w w w. b o u r g e n b r e s s e . f r I C ’e s t à B o u r g I p a g e 19