memoire Provencal

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memoire Provencal
MÉMOIRE DU
SYNDICAT DE L’UPA PROVENÇAL
PRÉSENTÉ À
LA COMMISSION SUR L’AVENIR
DE L’AGRICULTURE
ET DE L’AGROALIMENTAIRE
QUÉBECOIS
AVRIL 2007
La Commission sur l’avenir
de l’agriculture
et de l’agroalimentaire québécois
Le Syndicat de l’UPA Provençal est un organisme affilié à la Fédération de l’UPA de
Saint-Hyacinthe. Le syndicat de base Provençal occupe le 1er rang en tant que membres
avec plus de 600 productrices et producteurs. Sur notre territoire, une grande variété de
productions tant animales que végétales sont présentes. Notre Syndicat a pour mission le
développement des intérêts professionnels, économiques et moraux des productrices et
producteurs. Principalement, il représente les producteurs agricoles là où leurs intérêts
sont en jeu et où il est loisible au Syndicat de le faire.
Notre territoire couvre les municipalités de Saint-Paul-d’Abbotsford, Saint-Césaire,
Ange-Gardien, et Rougemont, lesquelles sont localisées dans la MRC de Rouville. Nous
sommes situés au cœur de la Montérégie entre le mont Rougemont et le mont Yamaska.
La production de la pomme est très importante ainsi que sa transformation.
Historiquement, dans la MRC de Rouville, le développement industriel a été fait par des
gens d’ici. La région compte plus de 75 entreprises (cidreries, vignobles, vinaigrerie, auto
cueillette et vente à la ferme, pépinières et table champêtre). Le territoire est en zone
agricole à 95 % et plusieurs projets de transformations agroalimentaires en émergent.
Les industries Lassonde sont implantées depuis 85 ans à Rougemont. On retrouve
également beaucoup de petits artisans qui font de la transformation : la Cidrerie Michel
Jodoin pour ne nommer que celui-là. Depuis quelques années l’agriculture se diversifie et
plusieurs productions ont fait leur apparition dont la production de vignes, fraises,
framboises, bleuets, tomates, carottes, etc…
La municipalité de l’Ange-Gardien est reconnue comme ayant une forte présence
d’entreprises porcines. Les entreprises F. Ménard et Côté Paquette sont bien implantées
dans le milieu et ce, de la production à la transformation ce qui permet de donner une
valeur ajoutée à leur production.
À Saint-Césaire, l’entreprise les Semences Prograin est reconnue comme première dans
le soya. Elle est un fournisseur mondial et le Japon est leur principal acheteur en raison
de la qualité de leur produit. La compagnie transforme le soya et en fait la mise en
marché. Les Aliments Carrières reconnues mondialement, transforment et distribuent
fruits et légumes en conserve tel que petits pois, maïs sucrés, haricots etc..
Le maïs occupe le 1er rang comme plante cultivée. La production de maïs ne sert plus
seulement à alimenter les animaux mais il sert également de biocarburant pour l’usine
d’éthanol située à Varennes. La production céréalière est également très présente, surtout
le blé de consommation humaine. Ce dernier donne un excellent rendement autant en
quantité qu’en qualité dans un sol argileux tel que l’on retrouve sur notre territoire. Au
Québec, les besoins sont loin d’être comblés pour cette production.
Sans oublier la production laitière, même si le nombre de producteurs est à la baisse, cette
production occupe une place importante et ce n’est pas à négliger. Malgré, le peu de
boisés que nous avons sur notre territoire, on y retrouve de la belle érable à sucre dans la
montagne de Saint-Paul-d’Abbotsford et celle de Rougemont. Plusieurs producteurs, qui,
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La Commission sur l’avenir
de l’agriculture
et de l’agroalimentaire québécois
en plus d’être impliqués dans la production, ont développé des entreprises de type
« artisanal ».
Comme vous pouvez le constater, l’agriculture joue un grand rôle dans notre secteur et la
diversification des activités agroalimentaires à valeur ajoutée est notre richesse.
Toutefois, le nombre de fermes et d’exploitants est en chute libre et on ne parle
aujourd’hui que d’endettement, de relève agricole impossible, de crise de revenu et de
détresse psychologique.
Notre constat sur l’avenir de notre agriculture repose sur un grand besoin d’innover. Cette
innovation pourrait se faire par la modification de la loi sur la mise en marché.
La Financière agricole du Québec existe depuis plus de 20 ans et ses programmes ont
bien servi les productrices et producteurs agricoles. À titre d’exemple mentionnons
l’assurance stabilisation des revenus dans les productions céréalières et bovines.
Toutefois, ce type de soutien favorise plus souvent qu’autrement les intervenants tels que
les meuneries et les acheteurs d’intrants. En effet, les transformateurs ne s’inquiètent pas
du faible prix offert aux producteurs puisqu’ils s’appuient sur l’assurance stabilisation
pour compenser le producteur sur le manque à gagner. Il faut se rappeler que les
producteurs financent à 33 % ce système.
Nous demandons maintenant au gouvernement de changer l’approche pour permettre aux
producteurs agricoles d’aller chercher leur coût de production dans le marché. Les
productrices et les producteurs doivent être en mesure de s’impliquer collectivement dans
la transformation et la distribution car la plus grande partie du revenu ne se retrouve pas
dans la production. Naturellement, si un produit agricole est vendu à un prix juste et
équitable, ce coût se répercuterait tout au long de la filière jusqu’aux consommateurs.
Toutefois, l’État pourrait intervenir au dernier maillon de la chaîne soit au niveau du
produit sur la tablette. Au lieu de subventionner le producteur, on subventionnerait le
produit fini sur la tablette. À titre d’exemple prenons un produit tel que le pain. Pour
s’assurer que tous les intervenants de la chaîne reçoivent un prix équitable (producteur,
transformateur, distributeur), le pain se vendrait à 4.00$ l’unité. Le gouvernement
pourrait intervenir en subventionnant 1.00 $ par pain pour que le prix sur la tablette
d’épicerie soit à 3.00 $ l’unité au consommateur.
Cette méthode est appliquée dans d’autres productions par exemple pour le lait où le prix
est réglementé (prix fourchette).
Par cette approche, le Ministère de l’agriculture pourrait abolir tous les programmes
d’aide aux productrices et producteurs (assurance stabilisation, remboursement taxes). Il
allégerait l’administration car il n’interviendrait qu’à un seul niveau soit celui du
consommateur. Cette façon de faire permettrait au gouvernement de réaliser
d’importantes économies. L’intervention du gouvernement à tous les niveaux est
nécessaire pour modifier le modèle actuel. Le gouvernement supporte les producteurs
depuis trop longtemps et on ne veut plus vivre aux crochets de l’État.
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La Commission sur l’avenir
de l’agriculture
et de l’agroalimentaire québécois
L’agriculture est un métier noble et digne et il est possible d’aller chercher notre prix
dans le marché et c’est entre nous que nous allons nous payer un juste prix, un prix
équitable.
Et ce juste prix… pourquoi c’est le producteur qui en reçoit le moins ? Ne serait-il pas
normal que celui qui risque le plus, en reçoive plus ? Ce qui est demandé est d’obtenir
l’équité.
Syndicalement comme organisation notre pouvoir se limite à la mise en marché des
produits agricoles. Nous vous demandons donc de modifier la Loi sur la mise en marché
des produits agricoles afin de permettre aux productrices et producteurs de s’impliquer
dans la transformation et la distribution de leurs produits. Cette approche coûte peu au
gouvernement, mais représente beaucoup pour nous car elle nous permettra d’obtenir
pour nos produits agricoles un prix juste et équitable.
Nous sommes prêts à avoir notre propre bannière avec des produits exclusifs du Québec.
Ces produits respecteront les normes environnementales exigées et ainsi les
consommateurs auront accès à un produit de haute qualité qui répond à leurs besoins.
Les productrices et producteurs agricoles ne sont pas que de simple ouvrier agricole bien
au contraire; ils sont avant tout des gestionnaires conscients des défis de la
mondialisation. Ils ont besoin maintenant de nouveaux outils qui leurs permettront d’aller
chercher tout au long de la chaîne les revenus dont ils ont besoin pour faire vivre leurs
familles de façon équitable comme tous les autres citoyens dans la société. Il faut que ce
beau métier devienne intéressent pour nos jeunes, qu’ils aient du plaisir et le goût de faire
ce métier.
Nous vous remercions, Mesdames, Messieurs, les Commissaires de nous avoir donné
l’opportunité de nous exprimer.
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