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ACADÉMIE NATIONALE DE PHARMACIE SANTÉ PUBLIQUE - MÉDICAMENT - PRODUITS DE SANTÉ - BIOLOGIE - SANTÉ ET ENVIRONNEMENT Fondée le 3 août 1803 sous le nom de Société de Pharmacie de Paris Reconnue d’utilité publique le 5 octobre 1877 Séance délocalisée DIJON 12 et 13 avril 2013 Vendredi 12 avril 2013 Accueil Le Pr Evelyne KOHLI, Doyen de la Faculté des Sciences Pharmaceutiques de Dijon remercie l’Académie nationale de Pharmacie (AnP) d’avoir choisi de venir à Dijon ainsi que l’ensemble des personnalités présentes et les organisateurs locaux : le Pr Yvette POURCELOT, Martine BAUMGARTEN et Madame Agnès TABUTIAUX. Deux aspects sont au programme : le projet pédagogique concernant la formation à la collaboration entre professionnels de santé, projet emblématique de la future faculté des Sciences de Santé, et les thèmes de recherche impliquant la faculté de pharmacie sur la région. M. DENAT, président du Conseil Scientifique, souhaite également la bienvenue aux participants et remercie l’Académie pour sa visite à Dijon. Yves JUILLET Président de l’Académie nationale de Pharmacie, de son côté, insiste sur l’importance des séances délocalisées qui permettent un échange entre l’Académie nationale de Pharmacie et les acteurs des diverses activités des universités et facultés de pharmacie. Par ailleurs, l’Académie doit être mieux connue et reconnue. De ce point de vue, cette réunion de Dijon est exemplaire, grâce à l’implication de l’équipe locale. Enfin, Yves JUILLET rappelle que l’Académie est résolument tournée vers l’avenir et s’implique dans toutes les thématiques de Santé Publique. 1ère SESSION - PÉDAGOGIE : COLLABORATION ENTRE PROFESSIONNELS DE SANTÉ ET FORMATION Pr Jean-Paul BELON (CPNES), Pr Odile CHAMBIN (filière Officine), Pr Sylvette HUICHARD (responsable DPC) Former des professionnels de santé capables d’assurer des soins de qualité est une priorité partagée des études de santé. Deux enjeux ont été soulignés : - la prise en charge optimale des patients et l’accès aux soins de qualité pour tous les territoires - le risque iatrogène où l’accident est considéré comme le résultat d’une succession de négligences, ce qui nécessite de former la totalité des acteurs de la chaine de soin. CR séance délocalisée Dijon 12-13 avril 2013 VF 1/8 La collaboration entre professionnels de santé est donc un élément essentiel, en tant qu’elle permet une coordination performante de la prise en charge du patient et de la gestion des risques, notamment du risque iatrogène ; c’est un des piliers de la qualité des soins. Elle est également à la base de l’éducation thérapeutique du patient et de la coopération entre professionnels de santé impliquant des transferts d'activités ou d'actes de soins ou de réorganisation de leurs modes d'intervention auprès du patient (loi HPST, Hôpital, Patients, Santé et Territoires, Article 51). Actuellement, les formations de santé restent encore très cloisonnées. Il apparaît donc nécessaire d’introduire ou de renforcer en formation initiale des enseignements visant à donner aux étudiants les compétences leur permettant de gérer de façon optimale la collaboration interprofessionnelle dans le cadre législatif et le respect de la déontologie. De même la formation continue pluri professionnelle est un enjeu majeur du DPC tant pour l’aspect acquisition ou approfondissement des connaissances et des compétences que pour l’analyse des pratiques professionnelles L’expérience et le projet dijonnais sont présentés. 1. Le Pr Jean-Paul BELON (CPNES) tout d’abord présente son expérience déjà ancienne pour les étudiants de 6ème année où ces derniers sont mis en situation dans des jeux de rôles avec les étudiants de médecine au travers de 3 cas cliniques. Bien que ceci nécessite une organisation complexe, cette formation concrète se révèle très efficace, profitable et appréciée des étudiants et des professeurs concernés. 2. Le Pr Odile CHAMBIN (Responsable de la filière Officine), pour sa part, explique l’organisation du séminaire annuel avec médecins, infirmiers et pharmaciens pour encourager les échanges. C’est un espace de rencontre, en pratique ambulatoire, pour élaborer un projet de soin. Ce séminaire se réalise avec dix personnes de chaque profession et deux encadrants. Il y a deux temps forts : un premier qui est articulé autour de la représentation des métiers vus par les autres professions, avec un droit de réponse de la profession concernée ; un deuxième temps est consacré au travail sur un cas clinique pour une pathologie chronique, avec analyse de la situation, prise en charge et procédures à suivre. Ce séminaire est très apprécié des participants et a été élargi aux aidessoignants et kinésithérapeutes en 2012-2013. Ce travail interprofessionnel doit être favorisé tout au long des études et au-delà. 3. Le Pr Sylvette HUICHARD (Responsable DPC) enfin indique le développement de nouvelles méthodes pédagogiques pour répondre aux nouvelles missions du pharmacien qui devient un pivot dans notre système de soin. Le pharmacien, spécialiste du produit, va aussi prendre en charge le patient, avec un honoraire adapté à cette prise en charge. Le projet comportera deux aspects : - pour la formation initiale, il y a un cursus officinal progressif avec l’acquisition de compétences mais aussi d’une méthodologie et de la préparation aux applications professionnelles (cf. diapositives sur le site). - il faut aussi les expériences officinales avec des objectifs précis, la 6ème année devenant une réelle expérience professionnelle sur la base d’un accord entre l’officine (considérée comme une entreprise), l’étudiant et l’Université. Pendant un an, c’est la mise en place d’un contrat de formation professionnelle en continu avec un retour régulier en Faculté (une semaine par mois). Une première partie du stage est consacrée à la dispensation, la seconde période étant axée sur la démarche d’entrepreneur, de chef d’entreprise qu’est le pharmacien d’Officine. En fin de stage, il y a évaluation d’une mission confiée dès le début du stage, qui sera a priori le sujet de thèse d’exercice. Ceci a pour but aussi de préparer au DPC. Il a été défini un rôle de tuteur dans cette nouvelle démarche, et la mise au point d’une charte. Au-delà de la formation initiale, on est passé d’une formation continue par discipline au DPC Santé pour l’ensemble des professions, avec la création d’une Unité mixte de DPC Santé avec une mission claire et un budget unique. CR séance délocalisée Dijon 12-13 avril 2013 VF SG 2/8 Le Pr Jean-Paul BELON complète cette présentation en indiquant que la réforme des études pharmaceutiques qui va bientôt voir le jour est une formation qui amène à l’obtention obligatoire des compétences génériques (esprit d’initiative, ténacité, sens de l’organisation..), en plus des aspects techniques spécifiques. Questions / Commentaires / Réponses (Q) : Yves JUILLET Cette expérience de Dijon est intéressante. Comment se fait l’intégration au niveau national ? (R) : (Jean-Paul BELON) L’expérience de Dijon est quelque part révolutionnaire car elle est très différente des autres UFR. Il ne s’agit pas de l’imposer au niveau de la Commission nationale. Chacun fait différemment au niveau des régions. Pour Dijon, l’objectif n’est pas d’être en porte à faux avec la réforme des études. C’est une innovation pédagogique bourguignonne pour améliorer la formation professionnelle des étudiants axée sur les compétences. (C) : J. ARNOULT (Président du Collège Français des Maîtres et Conseillers de stage, fédération de toutes les associations française, universitaires et officinaux) : On a abordé cette expérimentation il y a une dizaine de jours au niveau du Collège des maitres de stage et le Collège n’est pas d’accord avec cette expérimentation car il considère qu’il n’y a pas de plus-value par rapport à l’existant et que cela remet en cause ce qui a été fait jusqu’à présent. Il s’agit en plus d’un contrat de professionnalisation. Jusqu’à présent, il y avait un maitre de stage agréé par l’Université et le stagiaire et il y avait une relation étroite entre eux, un compagnonnage entre maître de stage et stagiaire. Maintenant, ce sera un tuteur d’un côté, un salarié de l’autre avec les contraintes correspondantes. C’est plus compliqué à gérer. Par ailleurs, le coût du stagiaire salarié est sensiblement supérieur au coût de la gratification du stagiaire actuel et on risque d’avoir une forte décroissance du nombre des maîtres de stage. (R) : (Evelyne KOHLI) Je voudrais recentrer le débat sur la relation interprofessionnelle qui est le sujet d’aujourd’hui. Je vous remercie de tous ces arguments. Il s’agit d’une expérimentation au niveau de notre université qu’il ne s’agit pas pour l’instant d’étendre au niveau national. (Q) : Henri-Philippe HUSSON On va former une nouvelle génération de pharmaciens. Comment le DPC va permettre de mettre à niveau les pharmaciens en exercice ? (R) : (Evelyne KOHLI) cela va prendre du temps pour les pharmaciens installés mais les professionnels se forment déjà. Les étudiants sont très motivés pour s’engager sur ces formations et cette volonté d’interprofessionnalité. Il faut les former ensemble (médecins, pharmaciens…) dès la formation initiale. (C) Patrick WIERRE : Moi qui suis pharmacien d’officine, je pense qu’on fait déjà beaucoup de choses dès maintenant. Les deux générations vont s’enrichir mais il ne faut pas dire que c’est un nouveau métier. (R) : (Evelyne KOHLI) Oui, mais ce qui est nouveau, c’est la rémunération. Il faut donc une traçabilité des entretiens… (C) Patrick WIERRE : Tous les éléments présentés (DP) sont des outils prometteurs. Des expériences, il faut en faire. Il faut pousser l’interaction entre professionnels. On le connait en campagne mais pas suffisamment. (Q) : Marie-Christine BELLEVILLE il y a des expérimentations entre les différents professionnels et les associations de patients qui sont très utiles. Qu’attendent les patients ? … Comment intégrer vous ce point dans votre réflexion ? (R) : (Evelyne KOHLI/ Odile CHAMBIN) : Il y a effectivement des projets pour intégrer les associations de patients, et ceci est mis en place depuis longtemps à Montréal par exemple. On a eu un groupe d’étudiants qui a travaillé aussi sur ce sujet. Yves JUILLET fait remarquer que les relations entre professionnels se passent bien sur le terrain. Mais c’est plus compliqué au niveau national où se manifestent les corporatismes. CR séance délocalisée Dijon 12-13 avril 2013 VF SG 3/8 Présentation de l’Académie nationale de Pharmacie Yves JUILLET, Président de l’Académie nationale de Pharmacie Yves JUILLET présente l’Académie nationale de Pharmacie et conclue sur quelques points clefs : l’Académie nationale de Pharmacie, c’est une expertise scientifique au service de la Santé Publique elle possède une légitimité ancrée dans son histoire, sa reconnaissance d'utilité publique, ses traditions renouvelées la qualité de ses travaux est reconnue et bénéficie de l'excellence de l'expertise multiple et complémentaire de ses membres l’Académie se projette vers le futur en adaptant le choix de ses thèmes de travail elle bénéficie dorénavant d’une reconnaissance développée grâce à ses actions de communication active et au suivi de la prise en compte de ses recommandations par les pouvoirs publiques et les acteurs de santé. Questions/Réponses/Commentaires (Q) : Les Annales Pharmaceutiques sont-elles accessibles via Internet ? (R) : oui (Q) : nous avons besoin d’une société savante qui soit réactive vis-à-vis des préoccupations professionnelles. Il faut une instance qui réponde rapidement (par exemple au livre du Pr EVEN) (R) : Il faut répondre vite et en même temps avoir une opinion consensuelle des membres de l’Académie. C’est pourquoi nous avons décidé de revoir les 15 dernières recommandations faites par l’Académie pour les avoir prêtes en cas de besoin. Dans l’urgence, la difficulté est de répondre de manière adaptée. Dans le cas particulier du livre de Even, nous avons choisi de ne pas faire de réponse immédiate mais plutôt de créer un GT commun avec l’Académie de médecine sur le sujet général des informations scientifiques qui sont diffusées sans contrôle. Globalement, ce n’est pas simple, il n’y a pas une réponse unique. Nous avons par ailleurs une attachée de presse qui nous aide dans ce domaine. (Q) : Renée GRILLOT : J’ai un vœu à formuler : peut-on avoir davantage de femmes au sein de l’Académie ? (R) : Il y a effectivement actuellement une minorité de femmes au global au sein de l’Académie mais nous constatons que c’est actuellement le contraire pour les membres correspondants nouvellement élus ; or ceux ci sont destinés à devenir membres titulaires. Il faut être pragmatique et penser que la situation va progressivement évoluer vers un nouvel équilibre ! (C) : Dominique DUCHÊNE : Je prépare une conférence sur les femmes dans la science en France. Il y a encore à faire ! 2ème SESSION : RECHERCHE Lipoprotéines et Santé : Prévention et Traitement des Maladies Inflammatoires et du Cancer Dr Laurent LAGROST, directeur UMR866 uB/INSERM Centre de Recherche « Lipides Nutrition Cancer », Laboratoire d’excellence (PRES Bourgogne–Franche-Comté) LipSTIC Le Dr LAGROST présente le projet LipSTIC, projet en réseau autour de Dijon et Besançon. Il compte cinq axes de : - les lipoprotéines dans le transport actif des composés bioactifs. - initiation et programme du cœur et de l’inflammation - vectorisation des médicaments - inactivation des endotoxines - économie de santé. CR séance délocalisée Dijon 12-13 avril 2013 VF SG 4/8 Au total 23 équipes dont trois entreprises privées participent au projet. Il y a par ailleurs un Labex sur la recherche biologique, le projet pédagogique, les impacts socio-économiques et la valorisation et le développement économique. Un exemple de recherche : les lipoprotéines HDL : ce sont des nanoparticules d’environ 10 nm à cœur hydrophobe, stables. Les lipoprotéines peuvent transporter beaucoup de choses, y compris des médicaments, et peuvent interagir avec les récepteurs. Elles peuvent jouer un rôle dans la détoxification des endotoxines bactériennes Gram- qui peuvent parfois passer la barrière digestive, entraînant une réponse inflammatoire. L’idée de la recherche est de faire capter les endotoxines par les lipoprotéines qui vont les faire éliminer par le foie. Pour mener à bien cette recherche, il faut : - doser les endotoxines bactériennes par GCSM et HPLC couplé LCMS, méthode robuste, sensible et spécifique. - étudier les voies thérapeutiques potentielles. L’étude est faite chez la lapine, puis les tests sont réalisés chez la souris. On arrive ainsi à protéger les souris des effets des endotoxines. On peut également réaliser le marquage et l’imagerie des endotoxines bactériennes par fluorescence et indium marqué pour obtenir de l’imagerie de coupe (fluorescence) ou sur animal entier (indium). (Q) : Claude MONNERET Si j’ai bien compris, les endotoxines sont excrétées par voie biliaire. Vos dosages sont donc faite à partir de prélèvements biliaires ? Vous n’avez pas précisé l’origine de vos échantillons. (R) : oui, c’était de la bile. (Q) : Claude MONNERET Quelle est la fréquence des inflammations associées aux endotoxines ? (R) : C’est une question complexe car le rôle des endotoxines n’est pas totalement clair. On peut en effet constater une réponse inflammatoire par les lipoprotéines mais il semble qu’une petite quantité d’endotoxines soient nécessaires pour activer le système. Beaucoup de laboratoires dans le monde s’intéressent aux rôles des endotoxines à bas bruit, car elles peuvent induire une inflammation. (Q) : Claude MONNERET Les protéines recombinantes sont-elles produites avec un promoteur ou se trouvent elles naturellement dans le lait ? J’ai travaillé sur des protéines de fusion et nous étions obligés d’ajouter un promoteur de caséine. (R) : Oui, on a recours à un promoteur, celui de la protéine acide du petit lait, car il est assez spécifique et d’ailleurs breveté. Imagerie moléculaire des biomarqueurs du cancer Dr Bertrand COLLIN, Mathieu MOREAU, Alexandra OUDOT, Jean-Marc VRIGNEAUD, François BRUNOTTE et Franck DENAT. UFR Pharmacie - Institut de Chimie Moléculaire de l’Université de Bourgogne ICMUB (UMR CNRS 6302), Plateforme d’imagerie préclinique - Service de Médecine Nucléaire - Centre Georges-François Leclerc Les biomarqueurs possèdent des caractéristiques qui sont mesurables de manière objective et reflètent un processus biologique normal, pathologique ou modifié par une intervention thérapeutique. En oncologie, ces biomarqueurs permettent la prédiction, le diagnostic, la stadification, la gradation ou encore l’évaluation de la réponse thérapeutique. La mesure de ces biomarqueurs peut se faire suivant différentes approches, permettant d’en distinguer trois types : 1°) biochimique ou histologique (échantillon tissulaire), 2°) biochimique (échantillon sanguin / urinaire), 3°) anatomique / fonctionnel / moléculaire (imagerie). L’imagerie moléculaire est une méthodologie non-invasive qui permet d’évaluer in vivo des processus moléculaires à l’échelle cellulaire voire subcellulaire. Cette approche joue un rôle de plus en plus important tant sur le plan diagnostique que thérapeutique, en offrant la possibilité de sélectionner la thérapie ciblant les caractéristiques de la tumeur d’un patient donné (médecine personnalisée). Les biomarqueurs tumoraux étudiés avec l’imagerie moléculaire sont directement liés aux caractéristiques moléculaires et cellulaires des cancers [1] : prolifération, mort cellulaire, angiogenèse, potentiel métastatique, métabolisme, instabilité génomique ou encore immunité. Les techniques d’imagerie moléculaire sont nombreuses et complémentaires et peuvent être associées (imagerie multimodale). Il est CR séance délocalisée Dijon 12-13 avril 2013 VF SG 5/8 par exemple possible de détecter in vivo l’expression du récepteur HER2 impliqué dans la croissance cellulaire (20-25 % des cancers du sein, de mauvais pronostic). Cette approche non-invasive permet d’envisager de réaliser l’imagerie « corps entier » à la recherche de métastases pouvant échapper aux biopsies. Le diagnostic moléculaire qui en découle permettra de sélectionner le patient éligible pour une thérapie ciblée de ce type de tumeur, tel que le trastuzumab (anticorps monoclonal anti-HER2). Aussi, cette approche nécessite le développement de sondes moléculaires ad hoc [2]. Par ailleurs, le suivi de la modulation de l’expression d’HER2 induite par une thérapie ciblée, peut s’effectuer en utilisant l’imagerie moléculaire (biomarqueur d’efficacité thérapeutique). La compréhension des mécanismes moléculaires du cancer conduit à la découverte de nouveaux biomarqueurs, occasionnant d’importants développements pour l’imagerie moléculaire. Ces nouvelles approches participent activement au développement de nouvelles molécules anticancéreuses tout en favorisant la prise en charge personnalisée des patients. Figure 1 : Imagerie moléculaire scintigraphique d’une souris porteuse d’une tumeur HER2+ (flèche blanche) avec le [111In-DOTAGA]-Trastuzumab [2]. Références [1] Hanahan D, Weinberg RA (2011) Hallmarks of cancer: the next generation. Cell 4;144(5):646-74. [2] Moreau M, Raguin O, Vrigneaud JM, et al. (2012) DOTAGA-Trastuzumab a new antibody conjugate targeting HER2/Neu antigen for diagnostic purposes. Bioconjug Chem 23(6):1181-1188. Développement de nouveaux agents de contraste pour l’imagerie bimodale IRM/TEP Pr Claude GROS, Nicolas DESBOIS, Jean-Michel BARBE, Clément MICHELIN, Antoine EGGENSPILLER UFR Pharmacie et Institut de Chimie Moléculaire de l’Université de Bourgogne ICMUB (UMR CNRS 6302) L’imagerie par résonance magnétique (IRM), la scintigraphie monophotonique (SPECT) ou la tomographie par émission de positrons (TEP)) sont devenus des outils précieux et quasi-indispensables pour le développement et la validation de nouvelles molécules à visée thérapeutique. En médecine nucléaire, de nombreux métaux sont actuellement utilisés (sous forme chélatés) tels le 99mTc et le 111In pour la SPECT, ou le 64Cu et le 68Ga pour la TEP. Parmi les nombreux agents chélatants de radioéléments (67/68Ga, 111In, 64Cu…), les polyamines cycliques et les porphyrines sont des candidats « idéaux » car ils sont capables de complexer très fortement de nombreux cations métalliques incluant des cations de lanthanides hautement paramagnétiques. Les porphyrines et les corroles sont bio-compatibles et présents à l’état naturel puisque l’on retrouve le motif porphyrinique dans l’hémoglobine et l’unité corrole (sous forme réduite) dans la vitamine B12. Notre thématique de recherche porte sur la synthèse de nouveaux complexes hétérobimétalliques en vue d'applications dans le domaine de l'imagerie multimodale IRM/TEP. Nos ligands sont composés de deux chélateurs différents pour complexer des centres métalliques d'intérêts. D'une part, une porphyrine ou un corrole dont les propriétés de complexation sont bien connues et d'autre part un tétraazacycloalcane de type DOTA. Le concept de sonde multimodale visant à utiliser la même molécule, comme agent de contraste de plusieurs techniques d'imagerie s'est beaucoup développé ces dernières années.1 L'un de ces principaux avantages est d'assurer la même CR séance délocalisée Dijon 12-13 avril 2013 VF SG 6/8 biodistribution des différents traceurs et de limiter les risques chez le patient liés à l’utilisation de plusieurs agents de contraste. Les complexes que nous avons développés permettent d'incorporer du gadolinium dans le tétraazacycloalcane, pour l'imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM), et du cuivre dans la porphyrine ou le corrole, dont l'isotope radioactif 64Cu est utilisé pour la tomographie par émission de positrons (TEP).2 Nous nous sommes également intéressés à introduire une fonction de greffage sur nos complexes en vue de les lier à un vecteur biologique.3 Figure 1 : exemple de complexe hétérobimétallique visé Références [1] H. Kobayashi, M. R. Longmire, M. Ogawa, P. L. Chotke, Chem Soc Rev, 2011, 40, 4626-4648. [2] C. P. Gros, A. Eggenspiller, A. Nonat, J.-M. Barbe, F. Denat, Med. Chem. Comm., 2011, 2, 119-125. [3] M. Sibirian-Vasquez, T. J. Jensen, F. R. Fronczek, R. P. Hammer, M. G. H. Vicente, Bioconjugate Chem, 2005, 16, 852-863. Questions / Commentaires / Réponses (Q) : Claude MONNERET Quels sont les critères de choix des métaux ? (R) : (Claude GROS) : C’est principalement la demi-vie de radioactivité, la disponibilité et les capacités des cyclotrons locaux. (Q) : Claude MONNERET n’avez-vous pas de problème de photosensibilité pour les porphyrines ? (R) : (Claude GROS) : non, pas de problèmes particuliers. (Q) : Claude MONNERET quand est-il de la stabilité des liens entre les molécules (R) : (Claude GROS) : ce n’est pas un problème. Les fonctions amides sont stables (Q) : (Claude MONNERET) Dans le cas du HER2 associé avec le DOTA-indium, combien de chaînes sont impliquées par anticorps (R) : (Bertrand COLLIN) : trois pinces par anticorps. (Q) : Alain ASTIER : Qu’en est-il de la stabilité des anticorps greffés. On peut généralement avoir des problèmes d’agrégats ? Peut-on vérifier la stabilité compte tenu des courtes demi-vies des radioéléments ? (R) : (Bertrand COLLIN) Cela dépend de la demi-vie radioactive de l’élément. Pour l’indium, on peut aller jusqu’à 72 heures au moins en imagerie et beaucoup plus loin en analytique. En pratique, ce n’est pas un problème. Les profils chromatographiques sont bien résolus. (Q) : Bruno BONNEMAIN : la stabilité des complexes est une bonne chose, mais en médecine nucléaire on est parfois gêné par cette stabilité qui ralenti la complexation des métaux radioactifs. Pour le DOTA en particulier, comment faite vous pour ne pas trop perdre d’activité ? (R) : (Bertrand COLLIN) : Le DTPA est linéaire est pas très bon car il complexe facilement mais il est peu stable in vivo. Par contre pour le DOTA, on chauffe à 37°C voire 100°C pour le GaDOTA. Pour l’indium, ce n’est pas gênant d’attendre jusqu’à deux heures mais en médecine nucléaire, généralement, le marquage doit durer moins de 30 minutes. Cela dépend aussi du produit à marquer. Pour les peptides, on peut chauffer. Sur certains peptides ont peut monter jusqu’à 100°C. CR séance délocalisée Dijon 12-13 avril 2013 VF SG 7/8 (Q) : dans une période où le sujet est souvent évoqué, y a-t-il des risques de pénurie en radioéléments en médecine nucléaire ? (R) : (Bertrand COLLIN) : la crise Technétium est derrière nous. La production industrielle du molybdène (précurseur du Tc) est maintenant normale avec une rénovation des réacteurs et des réinvestissements faits par les opérateurs industriels. Le Tc n’est pas près d’être supplanté et c’est pour cela que les industriels ont réinvesti dans le domaine. Les thématiques de recherche des enseignants-chercheurs de l’UFR Pr Evelyne KOHLI, Doyenne de la Faculté des Sciences Pharmaceutiques Pr Evelyne KOHLI a présenté les différentes équipes travaillant sur le site (diapositives) En conclusion, Yves JUILLET remercie les organisateurs et intervenants qui ont su montrer la qualité des travaux réalisés mais aussi la richesse de la collaboration multidisciplinaire entre les équipes en incluant également les industriels. Il a souligné de nouveau l’intérêt de ces séances délocalisées et s’est félicité de la participation que cette séance a suscitée. Samedi 13 avril 2013 Visite de la plateforme d’imagerie SPECT, Centre anti-cancéreux CGFL Dr Bertrand COLLIN, UFR Pharmacie - Institut de Chimie Moléculaire de l’Université de Bourgogne ICMUB (UMR CNRS 6302), Plateforme d’imagerie préclinique - Service de Médecine Nucléaire - Centre Georges-François Leclerc Le Pr Pierre FUMOLEAU (directeur) et le Pr François BRUNOTTE (UFr Médecine) accueillent l’ensemble des membres avec une présentation exhaustive du centre. Il est ensuite procédé à une visite des laboratoires guidée par le docteur Bertrand COLLIN. Cette visite très instructive et passionnante nous a permis de découvrir ce centre anti-cancéreux très dynamique et le travail de recherche en Imagerie réalisé par le service de Médecine Nucléaire. L’académie par la voix de son président a fait part de son grand intérêt dans la connaissance des recherches menées à Dijon et a vivement remercié l’ensemble des personnes qui nous ont accueillis à cette occasion. CR séance délocalisée Dijon 12-13 avril 2013 VF SG 8/8