La lettre du
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Edito Vous avez sous les yeux le premier numéro de « la lettre du DIAS » (Département Imagerie Aérienne et Spatiale de l’ENSG). Elle permettra désormais, tous les six mois, de faire connaître à tous ceux que l’imagerie intéresse, les points marquants des travaux du département, ainsi que les avancées technologiques observées dans les domaines de la photogrammétrie et de la télédétection. to b re 201 1 S Plac e de la Clastre Vieil ier lqu a c r le - Fo 1 Oc Le vé las er - N° Département Imagerie Aérienne et Spatiale IA D La lettre du Actualités du département ★★ Le DIAS vient de terminer la rédaction du cours « Photogrammétrie rapprochée pour l’architecture ». Ce cours, initialement rédigé en anglais et à destination de l’équipe yéménite formée depuis 2007 à la photogrammétie architecturale, a été conçu comme leur manuel de référence. Il a été scénarisé par Catherine Prunier et sera donc bientôt disponible sur le site de la formation à distance à l’adresse : ÞÞ http://fad.ensg.eu/ La photogrammétrie est depuis quelques temps en pleine effervescence : les nouveaux moyens de calcul optimisés, la disponibilité d’images numériques d’excellente qualité, bien résolues et prises en grande redondance, les nouveaux logiciels de compensation de faisceaux très performants, utilisant le meilleur de la photogrammétrie et de la vision par ordinateur, ont bouleversé les pratiques, jusqu’à conquérir le grand public. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans ce premier numéro un dossier technique pour découvrir Microsoft Photosynth et Google Building Maker. De plus en plus ancré dans le domaine de la photogrammétrie rapprochée, le DIAS continue néanmoins de prendre de la hauteur par ses travaux de télédétection : thèse en cours sur le radar polarimétrique, analyse des métiers de la télédétection, recherche en classification optique (classification orientée objet et fusion de classifications pixellaires)… Enfin, avant de quitter le DIAS pour un autre poste à l’ENSTA Bretagne, Thomas Touzé nous dit quelques mots de son étude sur un lidar spatial couplé à un imageur stéréo à très haute résolution. Une copie d’écran du cours Sommaire Actualités du département................................................................................... 1 Actualités de la photogrammétrie et de la télédétection..................................... 3 Sur le web............................................................................................................. 3 Les travaux de Thomas Touzé............................................................................... 3 La thèse de Sébastien Giordano en quelques mots.............................................. 5 Le dossier technique ........................................................................................... 6 Quand le grand public produit de la donnée 3D................................................... 6 PHOTOSYNTH : créer des nuages de points 3D à partir de photos....................... 6 GOOGLE BUILDING MAKER : créer des modèles 3D à partir de vues aériennes .. 9 La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 ★★ Une école d’été en photogrammétrie et lasergrammétrie à destination des architectes et des archéologues s’est déroulée du 29 août au 2 septembre à Forcalquier. 26 stagiaires et 5 enseignants ont participé à la formation. Plus d’info sur : ÞÞ http://www.ensg.eu/Ecole-d-ete-en-photogrammetrie-et-lasergrammetrie L’annonce de l’école d’été ★★ En mai dernier, dans le cadre de leur projet de fin d’année, les étudiants DC2 ont réalisé la restitution de la façade sud du transept de la cathédrale d’Amiens à partir des données acquises lors du stage terrain 2010 du mastère PPMD (voir photo ci-contre). A noter qu’en octobre, la promotion PPMD 2011 prendra la suite de ces travaux et s’attaquera à la façade principale de la cathédrale qui est tout simplement monumentale ! ★★ Les projets de télédétection avec les G1 à Forcalquier en juin dernier ont donné lieu à des études d’évolution de paysage (communes, plantations d’arbres et de cultures) dans la région. Trois sujets ont été commandités par le CEMAGREF. Les étudiants ont notamment fourni des cartes d’évolution de la dynamique d’urbanisation discontinue et des zones combustibles pour la gestion des risques d’incendie de forêt. Ces travaux se sont inscrits dans le cadre du projet Européen FUME auquel participe le CEMAGREF d’Aix-en-Provence. ★★ Daniel Schelstraete et Laure Chandelier participeront en novembre prochain à une mission du Louvre et dirigée par Marc Pierrot-Deseilligny dans la vallée des Rois en Egypte. L’objectif de ce projet est de réaliser le relevé de la tombe de Meremptah avec l’outil de corrélation dense Micmac. ★★ Un article intitulé « Classification orientée objet supervisée d’une forêt avec une sélection guidée d’attributs personnalisés » et rédigé par O. de Joinville est paru au numéro 195 de septembre de la RFPT (revue de la SFPT, Revue Française de Photogrammétrie et Télédétection). 2 Restitution (DC2) et orthoimage (PPMD) de la façade sud du transept de la cathédrale d’Amiens La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 Les travaux de Thomas Touzé Actualités de la photogrammétrie et de la télédétection Les recherches menées par Thomas Touzé au DIAS en 2011 entraient dans le cadre d’une collaboration entre le CNES, le BRGM et l’ENSG pour le développement du projet Z-Earth de satellite d’observation de la Terre. La rentrée de septembre est l’occasion pour les enseignants du DIAS de participer à différents événements, dont les comptes-rendus seront bientôt disponibles sur l’Intranet de l’ENSG : ÞÞ http://intranet.ensg.eu/spip.php?rubrique29 ★★ La semaine photogrammétrique de Stuttgart du 5 au 9 septembre : lieu de rencontre privilégié des constructeurs du domaine, ce congrès est l’occasion de connaître les dernières évolutions des matériels et logiciels. ÞÞ http://www.ifp.uni-stuttgart.de/news/index.en.html Ce projet a pour but de fournir des MNT mondiaux à haute résolution de zones particulières (volcans, Thomas Touzé glaciers, glissements de terrain, etc.) par corrélation dense de couples stéréoscopiques d’images. Le caractère innovant de Z-Earth tient à l’utilisation de mesures lidar pour, d’une part, fournir des points de liaison aux couples stéréoscopiques et, d’autre part, améliorer la connaissance de la position et de l’attitude de la plate-forme du satellite. Le LIDAR sera profileur en bordure de la bande de l’imageur stéréo. ★★ Le congrès du CIPA (Congrès International de Photogrammétrie Architecturale) à Prague, du 12 au 16 septembre, où une communication sera faite sur les travaux d’Amiens « Complementarity of terrestrial laser scanning and DSM from aerial photography : the example of the Cathedral of Amiens » ÞÞ http://www.conferencepartners.cz/cipa/ Les travaux qui ont été effectués se sont focalisés sur l’estimation de l’altitude par un lidar à retour d’onde complète (ROC) tel qu’il est prévu dans le projet. Dans un premier temps, il s’agissait d’étudier la robustesse de cette estimation en fonction de caractéristiques de la surface topographique, à savoir la rugosité, la pente et les variations de réflectance. Un simulateur a été conçu dans ce but, en l’occurrence la mise en évidence des sources significatives de biais dans l’estimation de l’altitude. Dans un second temps, l’étude de données géographiques (images IRC de la BD-Ortho, MNT hautes et basses résolutions) a permis d’étudier la probabilité que l’estimation de l’altitude par un lidar Z-Earth ne soit pas robuste. ★★ L’ISPRS (International Society for Photogrammetry and Remot Sensing) tiendra son congrès du 25 août au 1er septembre 2012 à Melbourne. ÞÞ http://www.isprs2012-melbourne.com/ ★★ Le lancement du premier satellite de la gamme Pléiades ne devrait pas tarder, aux dernières nouvelles il était question de décembre 2011, restons prudent… ÞÞ http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/3227-pleiades.php Sur le web L’empreinte au sol du lidar Z-Earth a un rayon de 12 m. Cela est dû aux contraintes de sécurité oculaire pour la longueur d’onde de 1 064 nm. La topographie pouvant être complexe dans une surface équivalente, la première étude s’est focalisée sur la rugosité et la pente. Il a pu être démontré que ces deux paramètres n’engendraient pas de biais significatif dans l’estimation de l’altitude. ★★ Gordon Petrie, professeur à l’université de Glasgow a réalisé une webographie très complète, nommée « Web Links Database – Geoinformatics ». Elle couvre tous les domaines de la géomatique : géodésie, topométrie, photogrammétrie, télédétection, cartographie et SIG. En revanche, si la réflectance dans la scène varie, cela entraîne un décalage du barycentre du profil de rétrodiffusion sur lequel est basée la mesure des lidars ROC. ÞÞ http://www.weblinks.spakka.net/db/0 ★★ Dans le cadre de ces traditionnelles revues de matériel, la revue GIM international a publié en avril 2011 une synthèse sur les caméras aériennes du commerce. Il semble que les biais lidar puissent survenir en cas de variation d’albédo et de pente. Si le premier semble peu probable, qu’en est-il du second ? Des MNT à hautes et basses résolutions ont été analysés dans ce but. La figure → ÞÞ http://www.gim-international.com/productsurvey/ index.php 3 La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 ci-dessous présente les probabilités cumulées des pentes des six MNT basse résolution analysés, dont trois dans des secteurs montagneux. Dans le plus défavorable des cas, une pente supérieure à 100 % (45°) a une probabilité inférieure à 10%. Il est vraisemblable que la probabilité conditionnelle d’avoir de fortes variations d’albédo sous condition de forte pente, soit extrêmement faible. Le calcul rigoureux n’a pas été effectué, faute de données. De par l’altitude des satellites qui les emportent, les lidars spatiaux ont nécessairement de larges empreintes, telles celles de Z-Earth. Il reste encore beaucoup de travail pour valider statistiquement la robustesse des estimations lidar face aux conditions topographiques, cependant ces résultats, fruits de six mois de recherches, semblent prometteurs. Probabilités cumulées des pentes dans six MNT départementaux, au pas de 25 m, issus de la BD-Ortho Simulation du satellite Z-Earth 4 La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 La thèse de Sébastien Giordano en quelques mots Soyons réalistes, ce sujet de thèse aurait sans doute été beaucoup mieux traité par Flipper le Dauphin mais malheureusement, il n’est pas encore possible d’embaucher de cétacés à l’ENSG. possède quatre canaux de polarisations ; une amplitude et une phase sont mesurées par canal. La problématique réside dans le fait que dans la cellule de résolution décamétrique du radar les mécanismes de rétrodiffusion sont mélangés (on parle de somme cohérente). Dans le but d’aborder des applications de classification d’occupation du sol avec ces deux capteurs, on souhaiterait les démélanger et améliorer par conséquent la résolution des images radar. La fusion de données entre un capteur passif (la vue) et un capteur actif (un sonar), Flipper, lui, la pratique tous les jours. Quand la turbidité de l’eau ou la profondeur l’empêche de voir, il utilise les ondes acoustiques de son sonar pour identifier les objets. Comme ces ondes pénètrent les matériaux, Flipper peut détecter et se délecter de poissons cachés dans le sable ou dans les algues (miam !). L’approche pour résoudre le problème est une fusion coopérative : la donnée optique dont la résolution est sensiblement plus fine que celle du radar est utilisée comme paramètre de référence pour le démélangeage. Le but de la recherche se ramène donc à un problème de simulation. Grâce à Flipper on voit que chaque capteur a un point de vue différent et la complémentarité de ces points de vue aboutit à de plus amples informations et de meilleures prises de décision. Ainsi, la fusion entre capteurs est une solution pour traiter des problèmes d’occupation du sol combinant des classes définies par leur comportement spectral et structurel. Dans le cas des classifications forestières, si l’optique peut donner des informations sur la composition des peuplements, le radar est quant à lui plus sensible à leur structure : hauteur, densité ou nombre de troncs. Des stratégies seront mises au point à partir de l’optique pour modéliser l’occurrence des mécanismes physiques de rétrodiffusion au sein d’une cellule de résolution. En exprimant que la somme de ces mécanismes contribue à l’observation radar (la matrice de diffusion), on est capable d’améliorer la résolution. Le cadre mathématique de la fusion de données permettra de modéliser la confiance que l’on accorde aux simulations faites à partir de l’optique. Evidemment, je ne dresse pas de dauphin pour les mesures mais j’utilise des images optiques stéréoscopiques submétriques (des prises de vues aériennes de l’IGN ou des images de satellite à très haute résolution spatiale) et des images radar polarimétrique de résolution décamétrique. Le système radar polarimétrique est un système actif qui mesure une matrice de diffusion ; c’est-à-dire la façon dont une cible diffuse les ondes électromagnétiques émises par le radar. Celui-ci est dit complètement polarimétrique quand il Quand on pense que le dauphin est communément reconnu comme un des animaux les plus intelligents (sans parler de Flipper qui lui en plus sait communiquer avec les hommes et rattraper les voleurs...), la mise au point de ces méthodes de fusion optique-radar est un vrai challenge, qui nécessitera bien trois ans de thèse. Le village de Dauphin vu par... le satellite Radarsat-2 ortho IRC issue de prise de vue IGN Simple rebond, double rebond et diffusion volumique des ondes électromagnétiques 5 La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 ue iq r Le sie s do n ch e t Quand le grand public produit de la donnée 3D tout, il a fallu moins d’une heure pour faire la prise de vues et la traiter. Le résultat est accessible sur le site de Photosynth [1] en tapant le mot-clé « Université Marne-la-Vallée ». Depuis 2005, les globes virtuels tels que Google Earth ou Geoportail permettent au grand public de visualiser des données géographiques de plus en plus nombreuses. Aujourd’hui, un nouveau pas est franchi : des outils participatifs proposent aux internautes de produire eux-mêmes leur modèle 3D. Dans cet exemple, probablement par manque de parties communes, certaines images n’ont pu être recalées et deux synths distincts ont été créés : l’un correspond au bâtiment Copernic, l’autre à celui de l’ESIEE. Au final, le nombre de points est relativement faible, autour de 6 000 pour le bâtiment Copernic, peut être à cause de la nature répétitive du bâtiment. Ce dossier fait un zoom sur deux d’entre eux, Photosynth et Google Building Maker. Comment ces outils fonctionnentils ? La donnée ainsi produite peut-elle être utilisée pour de la cartographie ? L’étude, préparée pendant l’été 2010 (nul doute qu’en un an de nouveaux outils participatifs sont apparus) tente de répondre à ces questions. PHOTOSYNTH : créer des nuages de points 3D à partir de photos Un logiciel à la portée de tous Photosynth [1] est un « logiciel en ligne de représentation et d’exploration visuelle, sur écran, dites immersives de parties du Monde, mêlant photographies et 3D » [2]. Il s’agit d’un développement commun de l’université de Washington (Graphics and Imaging Laboratory) et de Microsoft Research. Depuis août 2008, l’application est accessible par le grand public et aujourd’hui plus de 200 000 scènes ont été créées, correspondant au traitement de près de 8 500 000 photos. Photosynth réalise, sans intervention aucune de l’opérateur, le calage relatif d’images d’une même scène en utilisant des points de liaison en nombre significatifs, constituant au final un nuage de points 3D relativement dense. Bâtiment Copernic – Vue 3D des photographies La technique sous-jacente (pour les photogrammètres !) Les algorithmes mis en œuvre dans Photosynth sont décrits de façon détaille dans l’article [4]. Ils combinent des concepts de la vision par ordinateur et de la photogrammétrie. Pour résumer et en simplifiant : des points d’intérêt SIFT sont générés par image et appariés pour chaque paire d’images possible. Un graphe est alors créé représentant les liens possibles entre clichés. Une solution initiale du calage relatif des vues est obtenue en orientant les images successivement par relèvement sur les points reconstruits d’un couple initial choisi avec une grande base et de nombreux points de liaison. Le calage final est obtenu par compensation de faisceaux itérativement à partir de cette solution initiale. Des tests et algorithmes complémentaires sont utilisés pour rendre l’algorithme le plus robuste possible. Lors de la compensation, certains paramètres internes de la caméra, fournis par les métadonnées Exif, sont ré-estimés car jugés insuffisamment précis : la focale et les deux premiers coefficients du polynôme de distorsion. A noter que le point principal d’autocollimation et le point principal de symétrie sont fixés au centre de l’image. L’utilisation de l’outil est très simple et requiert uniquement la possession d’un compte « Windows live » ainsi que l’installation d’un plugin. La visualisation des résultats se fait directement sur le site. Les données en entrée sont des photographies d’un même objet, prises par une ou plusieurs personnes sous différents angles avec un ou plusieurs appareils photos. En sortie, Photosynth crée une scène appelée synth, c’est-à-dire des images recalées les unes par rapport aux autres et placées dans un environnement 3D où l’on peut également visualiser les points 3D colorisés qui ont été générés lors des calculs de liaison entre les images. Certains synths sont géoréférencés sur le site de cartographie en ligne de Microsoft, Bing Maps [3]. L’exemple du bâtiment Copernic Un premier test a été mené sur le bâtiment Copernic de l’université Marne La Vallée : 56 photos ont été prises au total depuis le sol, le 2e et le 3e étage de l’aile Cassini de l’ENSG. En 6 La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 Une exploitation géographique du synth ? Puis, lors des projets des élèves ingénieurs, des tests complémentaires ont été menés sur la place de la Clastre Vieille afin de qualifier la géométrie des nuages issus de Photosynth. Les données de référence utilisées pour cette qualification sont des nuages de points issus du scanner laser dont la précision absolue est de l’ordre du centimètre. La comparaison a été réalisée sous CloudCompare, logiciel libre développé par EDF [6]. Depuis fin 2009, le DIAS étudie la possibilité d’exploiter géométriquement ces nuages de points 3D à travers différents projets (projet 1ère année IPC, stages terrain des G2 et des Ing1). L’utilitaire « SynthExport », téléchargeable sur Internet [5], permet d’exporter le nuage de points selon différents formats standards (PLY, OBJ, VRML, X3D). Le nuage obtenu n’est pas directement utilisable car il est géoréférencé dans un système arbitraire spécifique à Photosynth qui, de plus, n’est pas à l’échelle. Il est donc nécessaire de calculer la similitude 3D de passage vers un système de coordonnées de référence. Cela peut se faire en déterminant les coordonnées de points dans les deux systèmes puis en calculant la meilleure transformation de passage par moindres carrés. Pendant les stages de l’été 2010 à Forcalquier, les géomètres 2e année ont produit un jeu complet sur le couvent des Cordeliers qui correspond à l’assemblage de 7 synths comportant un peu plus de 700 000 points. La visualisation combinée des différents nuages permet de valider grosso modo le géoréférencement mais on note la présence de points parasites en dehors des bâtiments et qui sont dus, vraisemblablement, à des erreurs de la phase de recalage. Il serait nécessaire de « nettoyer » ces points aberrants. Cathédrale de Forcalquier côté Clastre Veille – Ing1 2010 Vue 3D des photographies et du nuage de points dans Photosynth Deux comparaisons ont été effectuées : • une comparaison du nuage « brut » Photosynth calé uniquement par des points d’appui : les écarts avec le nuage laser peuvent atteindre 60cm ; • une comparaison du nuage Photosynth recalé sur les données laser par l’algorithme ICP (Iterative Closest Point) disponible dans CloudCompare : le décalage est d’une dizaine de centimètres en bord d’objet sur les parties communes. Cela peut correspondre à une erreur d’échelle résiduelle puisque la fonction utilisée procède probablement sans mise à l’échelle. Couvent des Cordeliers – Forcalquier – G2 2010 Vues de dessus et de côté des nuages de points assemblés Comparaison en distance du nuage brut avec les données laser 7 La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 Comparaison en distance du nuage recalé avec les données laser Par ailleurs, on constate que le nuage Photosynth est assez fortement bruité par rapport au laser. Dauphin : MNS obtenu - Ing1 2010 Conclusion et perspectives Extrait sur une façade permettant d’observer le bruit du nuage : en gris le nuage laser et en couleur celui de Photosynth Une exploitation géométrique du nuage des points 3D Photosynth est donc possible si l’on ne cherche pas un positionnement absolu très fin et peut permettre d’obtenir des mesures relatives d’une précision de l’ordre de quelques centimètres. Ces résultats pourront peut être être améliorés : depuis mai 2010, SynthExport permet également d’exporter les paramètres internes et externes de la prise de vues. Il sera intéressant d’étudier de façon approfondie ces données complémentaires, notamment en les comparant aux résultats d’aérotriangulation de la chaîne de photogrammétrie classique. A terme, le géoréférencement du nuage Photosynth pourrait être amélioré et les phases d’aérotriangulation simplifiées. Photosynth a également été testé sur des images aériennes du village de Dauphin acquises depuis un ULM. Cette prise de vues, d’une résolution de 5 cm, a été effectuée par Daniel Schelstraete et des ingénieurs 1ère année. La qualité du MNS créé puis géoréférencé en Lambert 93 a été évaluée par un levé GPS indépendant. Il s’avère que la précision du modèle obtenu est de l’ordre de 5 m ce qui est bien en deçà de ce que l’on obtient avec des algorithmes plus classiques. La première source d’erreur est le géoréférencement lui-même puisqu’il a été effectué avec des points peu précis. Parallèlement à ces outils grand public, la communauté scientifique travaille sur les algorithmes de corrélation dense tels que Micmac [7] à l’IGN, PMVS [8] et Arc3D [9] (pour n’en citer que quelques uns) qui permettent d’obtenir des nuages de points d’une très bonne résolution. Ces algorithmes effectuent en plus du calage relatif des images, une reconstruction pixel à pixel de la scène d’où le terme « dense » employé pour qualifier ces méthodes. En juillet 2010, un groupe de travail [10] a été mis en place au sein de l’EuroSDR pour tester les performances de ces outils. Le système d’acquisition photographique accroché sur l’ULM 8 La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 GOOGLE BUILDING MAKER : créer des modèles 3D à partir de vues aériennes Pour aller plus loin sur ce sujet : [1] �http://photosynth.net Dessiner des bâtiments en quelques clics [2] Site wikipedia sur Photosynth ÞÞ http://fr.wikipedia.org/wiki/Photosynth Cette étude a également été réalisée pendant l’été 2010. Google Building Maker [1] est une application web apparue en octobre 2009 qui permet de modéliser en 3D des bâtiments à partir de vues aériennes verticales et obliques. Actuellement, près de 100 villes sont disponibles pour la modélisation sur les 5 continents dont deux en France, Lyon et Marseille. A terme, Google peut espérer obtenir à moindres coûts de production de véritables bases de données 3D urbaines. [3] Cartographie des synths du monde entier ÞÞ http://www.bing.com/maps/explore [4] Snavely N., Seitz S.M, Szeliski R. (2007). Modeling the world from Internet photo collections, International Journal of Computer Vision. [5] Site de SynthExport (anciennement Photosynth Point Cloud Exporter) ÞÞ http://synthexport.codeplex.com [6] Site EDF du logiciel CloudCompare ÞÞ http://innovation.edf.com/recherche-et-communaute-scientifique/logiciels/cloudcompare-41182.html [7] Micmac, un logiciel pour la mise en correspondance automatique dans le contexte géographique ÞÞ http://www.micmac.ign.fr/ Vue sur Marseille : de nombreux bâtiments ont déjà été créés Là encore, la mise en route est très simple : un plugin doit être installé et un compte « Google » créé. Les données d’entrée sont fournies, l’utilisateur choisit la ville et le bâtiment qu’il souhaite créer. En sortie, on obtient un modèle 3D texturé du bâtiment qui sera intégré dans Google Earth après vérification. [8] Site du projet PMVS : Patch-based Multi-view Stereo Software, Université de Washington et Ecole Normale Supérieure ÞÞ http://grail.cs.washington.edu/software/pmvs/ [9] Automatic Reconstruction Conduit, K.U. Leuven ÞÞ http://www.arc3d.be/ L’exemple d’un bâtiment de Milan [10] Site du groupe de travail de l’EuroSDR sur la génération de MNS par corrélation dense ÞÞ http://eurosdrbenchmarkofimagematching.ign.fr/ Nous avons réalisé un test sur la ville de Milan. L’utilisateur choisit parmi différents types de solides géométriques celui qui lui semble le mieux correspondre à la forme du bâtiment et adapte ce solide en 2D sur les différentes vues aériennes disponibles les unes après les autres (entre 6 et 8 vues). Amiens – MNS dense réalisé par Micmac – PPMD 2010 Bâtiment en cours de saisie : le corps du bâtiment est correctement placé alors que le toit est en cours de positionnement Selon la complexité du bâtiment, il peut être nécessaire d’utiliser plusieurs solides. Dans ce cas, pour chaque vue, 9 La lettre du DIAS N°1 - Octobre 2011 on positionne chaque solide en utilisant si nécessaire les contraintes de placement disponibles. Les possibilités de modélisation sont importantes, comme le montre la liste des outils disponibles. Exemple de plaquage de texture sur les façades d’un bâtiment à partir de photographies terrestres Google Building Maker apparaît donc comme un outil puissant de génération de modèles de bâtiments parce qu’il est libre, simple et donc précurseur dans son domaine. A noter, l’existence de Make3D [5], un outil de création d’environnement 3D à partir d’une seule image. Outils de modélisation e Google Building Maker Le modèle restitué n’est pas toujours parfait notamment parce que certaines parties restent cachées empêchant l’obtention d’un modèle complet et précis. La multiplication des points de vue limite ces problèmes. La technique sous-jacente Google ne fournit pas d’information particulière sur les données en entrée (quelle société a acquis les images obliques ?) ni sur les calculs effectués. Les images sont probablement géoréférencées par un système GPS/INS embarqué dans l’avion. La saisie est monoscopique comme dans d’autres logiciels de photogrammétrie tels que Photomodeler [2] et la reconstruction se fait par intersection dans l’espace. Sur toutes les faces du bâtiment, une texture issue des images utilisées pour la saisie est appliquée. Pour aller plus loin sur ce sujet [1] Site de Google Building Maker ÞÞ http://sketchup.google.com/3dwh/buildingmaker.html [2] Site du logiciel Photomodeler ÞÞ www.photomodeler.com Une exploitation du modèle 3D en tant que donnée géographique ? [3] Site du format d’échange Collada ÞÞ http://www.khronos.org/collada/ L’export du modèle 3D est possible aux formats .kmz (Google Earth) ou .dae (Collada[3]). Il est possible d’importer le bâtiment dans Google Sketchup [4] (à partir de la version 7.1) et de modifier le bâtiment. La version pro de Sketchup permet d’exporter ce modèle dans différents formats : VRML, 3DS StudioMax, Autocad… [4] Site de Google Sketchup ÞÞ http://sketchup.google.com/intl/fr/ [5] Site de Make3D - Convert your image into 3d model ÞÞ http://make3d.cs.cornell.edu/ Conclusion et perspectives Pour l’instant les modèles 3D créés par Google Building Maker n’ont pas été analysés au-delà d’une simple visualisation. Il serait certainement intéressant de les comparer pour les qualifier avec d’autres données de ce type, tels que les modèles Bati3D qui sont eux générés de façon semiautomatique. Il faudra également suivre les mises à jour de cet outil en évolution : déjà, une fonctionnalité d’utilisation d’images personnelles a été ajoutée qui permet d’améliorer les textures des façades avec des photographies prises depuis le sol. ★★ Ont participé à ce numéro Rédaction : Thomas Touzé, Raphaële Héno, Olivier De Joinville, Sébastien Giordano, Laure Chandelier (DIAS) Mise en page : Angélique Bandinelli (e-ensg) Contact : [email protected] 10