Grande avancée vers un passé négatif

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Grande avancée vers un passé négatif
MARS 2014 – No 78
INFOTELLERIE
Grande avancée
vers un passé négatif
Dimanche 9 février dernier, les Suisses ont
accepté, du bout des
lèvres, une initiative
visant à rétablir le contingentement de la main
d’œuvre européenne, de
plus en l’étendant aux travailleurs frontaliers qui n’y avait jamais été soumis.
Les raisons de ce vote sont multiples.
Tout d’abord, un réflexe ou une crainte
écologique : la surpopulation menace
la nature et nos paysages. Ensuite,
les infrastructures saturées, les trains
bondés et les difficultés à trouver un
logement. Mais les motifs principaux
sont certainement la crainte de la
perte d’identité et l’insécurité grandissante. Le sentiment diffus d’une perte
de contrôle et le ressenti d’un certain
laxisme de nos autorités a donc poussé
les suisses à réclamer plus de souveraineté nationale.
Or, aucun des problèmes cités ne sera
résolu par l’initiative. En effet, la Suisse
continuera à être surpeuplée avec une
main d’œuvre européenne contingentée. L’afflux d’extra-européens se poursuivra, notamment sous le couvert de
l’asile. L’adaptation des infrastructures
est enclenchée et commencera à produire ses effets vers 2025. La pénurie
de logements continuera car les lois et
Pages 6-7
règlements sclérosent un marché qui
ne donne pas envie aux investisseurs
de devenir propriétaires d’immeubles
loués. Construire pour vendre est beaucoup plus intéressant. Le sentiment de
perte d’identité demeurera tant que le
terme « assimilation » demeurera un
gros mot pour certains bien- pensants.
Enfin, l’insécurité a beaucoup plus à
voir avec des expéditions de gangsters
de pays voisins ou de clandestins ou
faux réfugiés trafiquants de drogue.
Nos voisins européens, installés avec
femme et enfants, ne commettent probablement pas plus de délits que les
Suisses de souche.
Ceux qui ont connu le contingentement
de la main d’œuvre étrangère et du
permis saisonnier, dans les années huitante du siècle passé, se rappellent des
joyeusetés du système. Les employés
européens qualifiés ne désiraient pas
venir travailler en Suisse 9 mois sans
leur famille. C’est donc la loi qui induisait le profil des futurs collaborateurs
et l’Etat qui « obligeait » les hôteliers
à engager du personnel non qualifié.
La répartition entre branches et entreprises des contingents accordés au
canton par la Confédération tenait de
la quadrature du cercle. La surcharge
administrative provoquait des attentes
de permis de plusieurs mois. L’employé
Pages 12-13
avait parfois déjà quitté l’hôtel lorsque
son permis de travail arrivait. L’hôtelier
était presque en permanence dans
l’illégalité car, bien entendu, l’employé
n’avait pas le droit de travailler avant de
recevoir son permis. Dans une branche
où la volatilité de la demande et celle
des collaborateurs sont très fortes, une
telle rigidité légale de l’embauche est
impraticable.
Voilà ce qui nous pend au nez à moins
qu’une solution moins rétrograde ne
soit trouvée pour appliquer l’initiative sans pénaliser l’économie. Il serait
judicieux d’accorder au tourisme et
à l’hôtellerie-restauration des contingents plus larges au vu des spécificités
de la branche et de permettre la prise
d’emploi dès le dépôt de la demande
de permis afin de répondre au mieux à
l’immédiateté des besoins.
L’initiative acceptée le 9 février mettait
le doigt sur une problématique réelle,
mais, comme c’est souvent le cas, elle
n’apporte pas les bonnes réponses à la
question posée, elle ne solutionne pas le
problème. La Suisse risque d’entrer dans
une ère de difficultés économiques et
politiques. Il faudra les efforts et le rassemblement de tous pour les surmonter.
Philippe Thuner
Président de l’ARH
Pages 15
L’invité
Le directeur général de la clinique La Source Michel R. Walther
La Source primée
pour son excellence
Organisée chaque année, cette manifestation permet aux organisations les plus
diverses d’échanger leurs expériences et de
se comparer aux meilleurs. Figurant parmi
les six finalistes du Prix Esprix Swiss Award
for Excellence, la Clinique de La Source a
remporté le prix dans la catégorie « Créer
de la valeur pour les clients ». Son directeur général Michel R. Walther, s’est vu
remettre cette distinction par Wolfgang
Martz, le président du jury, qui remplaçait
au pied levé le conseiller fédéral Johann
Schneider-Ammann, retenu au Palais fédéral : « Cette prestigieuse récompense vient
couronner une démarche qualité exigeante
qui place le patient au coeur de toutes les
préoccupations de la clinique », a commenté
son directeur général à l’heure de recevoir
sa récompense. A l’image par exemple du
Dossier Patient Informatisé mis en place
depuis janvier 2013 ou du suivi individualisé
dont bénéficie chaque patient de sa prise en
charge à son retour à la maison, des innovations qui se sont appuyées sur l’écoute des
patients pour une prise en charge plus personnalisée. Une « Madame Qualité » a été
engagée en la personne de Mme Doris Manz,
au bénéfice d’une formation d’infirmière.
L’heure de la retraite
Sous l’impulsion de Michel R. Walther,
La Source s’est engagée voici plus de dix ans
dans un long et exigeant processus en direction de l’excellence. Une démarche qualité
qui touche à tous ses secteurs d’activités,
de l’administration aux soins infirmiers en
passant par le management ou la satisfaction des patients. En 2008, elle a été ainsi
la première clinique de soins aigus en Suisse
à se voir décerner la Reconnaissance EFQM
de niveau 2 (European Fondation for Quality
Management basé à Bruxelles).
Ce prix tombait pile pour saluer l’engagement de Michel Walther qui s’apprête à
prendre sa retraite en juin prochain après
30 ans passées à la tête de la clinique lausannois : « Son exigence et sa sensibilité
hôtelière – il est diplômé de l’EHL – ont su
amener l’institution au niveau de qualité qui
est le sien et qui se voit aujourd’hui récompensé par un organisme indépendant »,
estime la clinique lausannoise.
La Source était la seule entreprise romande
à figurer parmi les six finalistes retenus par
le jury au côté d’un autre établissement hospitalier latin, l’Ospedalo Regionale La Carita
à Locarno. Soucieux de faire participer ses
cadres à l’événement, le directeur général de
La Source avait convié tout son staff à la remise
du prix, en reconnaissance du travail accompli.
L’occasion aussi de présenter son successeur
en la personne de Dimitri Djordjèvic, le chasseur de têtes qui avait été mandaté – ironie de
la situation – pour dénicher un successeur à
Michel Walther : « Comme nous n’avions pas
trouvé le candidat idéal, c’est moi qui lui ai
proposé de déposer sa candidature », confie
le patron de La Source.
Le nouveau directeur
Né à Lausanne en 1962, de nationalité
suisse, marié et père de deux enfants, Dimitri
Djordjèvic est au bénéfice d’un riche parcours professionnel qui a débuté dans le
monde des sciences de la vie. Jusqu’en 1996,
Impressum
Infôtellerie Suisse romande : Magazine trimestriel d’informations touristiques et économiques
de l’Association Romande des Hôteliers.
Editeur : Association Romande des Hôteliers, chemin de Boston 25, 1004 Lausanne,
tél. : +41 21 617 72 56, fax : +41 21 617 72 27, e-mail : [email protected].
Site internet: www.hotellerieromande.ch
Impression: PCL Presses Centrales SA, Renens
Rédacteur responsable : Olivier Grivat.
Ont collaboré à ce numéro : Philippe Thuner et Olivier Grivat.
Adresse de la rédaction : Olivier Grivat, journaliste RP, chemin de Leisis 5a, 1009 Pully,
tél. +41 79 412 22 72, e-mail : [email protected].
2
© Clinique de La Source (Photo Sven de Almeida)
Décerné à Lucerne dans le magnifique
centre culturel KKL dessiné au bord du lac
par l’architecte français Jean Nouvel, l’Esprix
Swiss Award est la plus haute distinction
nationale récompensant l’excellence entrepreneuriale inscrite dans la durée, la performance de pointe et une compétitivité
élevée : « C’est le seul prix qu’on ne peut
pas simplement gagner, mais que l’on doit
acquérir et mériter par son travail », assurent
ses promoteurs. Les participants au concours
font l’objet d’une analyse fouillée et d’une
évaluation par des cadres et des experts
indépendants travaillant pour la Fondation à
titre bénévole, en tant qu’assesseurs sur la
base des 32 critères différents. Toute participation implique une analyse professionnelle
des points forts et du potentiel d’amélioration de l’organisation de l’entreprise.
Le directeur général de La Source,
Michel Walther, entouré du Président
du jury, M. Wolfgang Martz, et de
Mme Doris Manz, « Madame Qualité »
de la clinique lausannoise.
il a occupé des postes d’encadrement des
ventes et du marketing pour une multinationale pharmaceutique de renom, où il a eu
l’occasion de développer une connaissance
approfondie du monde médical et hospitalier, tant en Suisse qu’à l’étranger. En 1996,
il a rejoint un cabinet de conseil en management considéré comme l’un des leaders sur
le plan mondial ; tout d’abord en qualité de
management consultant, puis en reprenant la
direction de la Suisse romande en 2006. Fin
2011, il a été nommé directeur adjoint pour la
Suisse et promu par la suite à la tête de cette
société comme directeur opérationnel pour
l’ensemble du marché helvétique : « Fort de
cette solide expérience dans un domaine où
la notion de capital humain est primordiale,
le conseil de fondation est convaincu que son
profil et ses connaissances étendues de la vie
économique, politique et publique romande
lui permettront de relever les nombreux défis
qui attendent la clinique », estime son préO.G.
sident Georges-Henri Meylan.
Sommaire
3Actuel
4-5
Conférence de Montreux
6-7
La clinique Tavernier
8-9
Les dangers des perturbateurs
endocriniens
10-11
Le Crans Ambassador
12-13
Interview Antoine Hubert
14
Le Bocuse d’or Suisse
15
Le Raisin à Cully
16
En bref + Agenda
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
Actuel
Le spectre d’un nivellement
par le bas
Le 18 mai prochain, le peuple
suisse votera sur l’initiative
de l’USS concernant la fixation d’un salaire minimum
de 4000 francs.
« Forte de 70’000 salariés, l’hôtellerie est un
employeur important du secteur privé. Tous
les ans, employeurs et collaborateurs négocient les salaires dans le cadre du partenariat
social. Mais la création de salaires minimums
légaux va mettre en danger le bon fonctionnement de ce partenariat, rendra les formations initiales et continues moins attrayantes
et affaiblira la compétitivité », assure hotelleriesuisse qui rejette l’initiative sur les salaires
minima. Le montant de 4000 francs par
mois (22 francs l’heure) devrait être indexé
régulièrement au renchérissement dans
une mesure qui ne pourrait pas être inférieure à l’évolution de l’indice des rentes de
l’assurance-vieillesse. Berne et les cantons
devraient en outre encourager l’inscription
dans les CCT de salaires minimaux d’usage
dans la localité, la branche et la profession.
Pour l’heure, seul Neuchâtel a décidé d’introduire un salaire minimum l’an dernier :
3640 francs par mois (20 francs de l’heure).
Dans le secteur de la restauration, le président de GastroSuisse, Klaus Künzli, craint
également une mort lente de la branche :
« Les plus petites entreprises auraient le plus
de mal à l’appliquer. Une grande partie de
la restauration rencontre déjà de grosses
difficultés aujourd’hui. Un oui conduirait
à encore plus de chômage. Les restaurants
et bars devront répercuter les coûts dus aux
salaires plus élevés sur les prix. Or, rationaliser ou sous-traiter est à peine possible dans
le secteur ».
Un aspirateur à frontaliers
Si le peuple dit oui, la Suisse rejoindrait
une liste des 21 pays européens sur 28 :
la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, l’Espagne, la France, la Grèce, la
Hongrie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie,
le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la
Pologne, le Portugal, la République tchèque,
la Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovénie et
la Slovaquie. Sept pays – le Danemark, l’Italie, l’Autriche, la Finlande, Chypre, la Suède
et l’Allemagne – ont choisi de ne pas fixer de
barèmes minimaux. Ce que les syndicalistes
oublient de dire, c’est que ce salaire minimum suisse serait pratiquement un salaire
maximum dans la plupart de ces pays à très
bas revenus. La petite Suisse deviendrait de
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
facto le pays offrant la plus haute rémunération du genre au monde. Un formidable
aspirateur à employés étrangers ou à frontaliers !
Par rapport aux autres secteurs, les personnes peu qualifiées et les débutants sont
surreprésentés dans l’hôtellerie. Grâce au
système de rémunération de la CCNT, ils
peuvent exercer une activité correspondant à leur niveau de formation. Notons
qu’avec un salaire minimum de 3691 francs
(3407 francs x 13) pour le débutant non
qualifié et un salaire moyen largement audelà de 5000 francs, l’hôtellerie rémunère
correctement ses collaborateurs. Ce système
est une condition essentielle pour créer et
maintenir des emplois, tout en évitant les
suppressions de postes. Imposer des salaires
minima élevés dissuaderait les entreprises
d’engager ces catégories de personnels
et aurait un effet boomerang sur les travailleurs peu qualifiés, dont les chances de
trouver un emploi s’amenuiseraient. Les
salariés peu qualifiés seraient donc pénalisés, surtout dans les régions de montagne,
où il existe peu d’emplois en dehors du tourisme. Fixer un salaire minimum valable pour
toute la Suisse ne bénéficierait donc ni aux
employeurs, ni aux employés : « Un salaire
minimum généralisé est une mauvaise solution, du moment qu’il existe des conditions
et des besoins différents selon les branches
de l’économie. Il subsiste d’importantes
différences entre les régions en matière de
niveau salarial et de coût de la vie », assure
Ruth Derrer Balladore, de l’Union patronale
suisse (UPS). Pour les employeurs, un salaire
minimum doit être fixé dans le cadre des
contrats collectifs de travail.
L’introduction de salaires minimums a
notamment été favorisée par l’avènement de
la libre circulation des personnes. Beaucoup
de pays ont ainsi voulu protéger leur main
d’œuvre nationale du dumping salarial.
Depuis peu, l’Allemagne planche aussi sur
l’introduction d’un salaire minimum. Berlin
a annoncé que l’Allemagne allait passer à
un salaire fixé à 8,50 euros de l’heure en
2015 (1800 francs par mois). Mais le projet
d’Angela Merkel s’est heurté à des résistances, surtout au sein de son parti, la CDU.
Malgré cela, l’Allemagne s’achemine vers
un salaire minimum, même si c’est sous
une forme plus légère avec des différences
entre les régions orientales et occidentales.
Ce n’est justement pas ce que prévoit l’initiative de l’USS en Suisse, où l’hôtellerie et la
construction seraient fortement affectés par
une acceptation de l’initiative.
O.G.
Des
étoiles...
... et des
casseroles
à Christopher Rudolph
Le directeur du Grand Hôtel du Lac et
président des la Société des hôteliers de
Montreux-Vevey a tiré sa révérence avec élégance. Christopher Rudolph (38 ans) a quitté
le 5 étoiles veveysan qu’il a dirigé pendant
sept ans pour gagner l’Afrique du sud, où il a
vécu 16 ans dans la capitale économique de
Johannesburg. Le demi-frère du basketteur
Thabo Sefolosha a été nommé directeuradjoint du Four Seasons Hotel Westcliff de
« Joburg ».
Fixer un salaire minimum valable pour toute
la Suisse ne bénéficierait donc ni aux
employeurs, ni aux employés. @ Photo hotelleriesuisse
aux détracteurs de Taoua
La population lausannoise tranchera le
13 avril prochain « pour » ou « contre » la
tour de Beaulieu. Le projet est combattu par
un comité référendaire où s’agglutine un
mélange hétéroclite d’élus de La Gauche,
des Verts (rouges) et de l’UDC, ainsi que des
mouvements citoyens comme le Collectif
Beaulieu et le MDL : depuis des décennies,
le Mouvement de défense de Lausanne tire
sur tout ce qui bouge ou essaie de bouger
dans le chef-lieu.
O. G.
3
Montreux
« Genève 2 à Montreux : une pub
incroyable pour toute la Suisse »
Directeur général du Montreux
Palace, Michael Smithuis
a accueilli le Secrétaire
d’Etat américain John Kerry,
un homme qui connaît bien
la région et parle couramment
français.
« La conférence pour la paix en Syrie aura
été une opportunité exceptionnelle pour
toute la région et pour la Suisse, » confie
Michael Smithuis au lendemain de Genève 2
hors-les-murs. « Tout s’est finalisé au dernier
moment vu que les hôtels genevois étaient
complets en raison du Salon international de
la Haute-Horlogerie. C’est à la mi-décembre
que tout s’est mis en place. Heureusement,
le Sommet de la francophonie, qui s’est tenu
à Montreux en octobre 2010, nous a servi de
copier-coller, non seulement pour le service
hôtelier, mais aussi pour l’aspect sécuritaire.
Comme au Sommet de la Francophonie qui
avait accueilli 70 chefs d’Etat et de gouvernement, 300 délégués et 600 journalistes quasiment à l’arraché en raison de la défection
de Madagascar, Montreux a montré qu’elle
savait improviser les grands évènements
internationaux. Nous avons travaillé avec
les mêmes services et les mêmes personnes,
aussi bien la police que les fonctionnaires
du Département des affaires étrangères. Ils
connaissaient déjà le bâtiment. Comme tout
a été organisé presque au pied levé, nous
n’avions pas beaucoup de temps pour nous
préparer. Le fait de se connaître déjà a bien
facilité les choses ».
« Montreux et ses environs ont accueilli une
trentaine de délégations, 400 à 500 délégués et leur entourage, sans parler de plus
de 1000 journalistes, poursuit le directeur
hollandais. Incontestablement, la délégation
la plus importante a été celle des Etats-Unis.
Elle a occupé une quarantaine de chambres
chez nous et d’autres chez nos voisins du
Suisse-Majestic. Nous avons également logé
la délégation russe emmenée par le chef de la
diplomatie Sergueï Lavrov, les Britanniques,
les Français sous la houlette du ministre
des affaires étrangères Laurent Fabius et les
Nations-Unies. Le gouvernement de Damas
et les membres de l’opposition syrienne ont
logé au Royal Plaza et au Suisse Majestic. Au
sommet, l’aspect protocolaire a été géré par
le Département fédéral des affaires étrangères à Berne et par l’ONU à Genève, mais
4
nous avons regardé ensemble la répartition
des chambres. La plus belle, la suite Quincy
Jones, a été attribuée au plus haut « gradé »,
le vice-président américain John Kerry, pas
seulement pour des questions de prestige,
mais aussi pour des questions de sécurité,
les Américains occupant tout l’étage situé
en-dessous. »
Une sécurité pointilleuse
Les services de sécurité sont venus
presqu’une semaine avant l’évènement
pour examiner les alentours de l’hôtel, les
chambres et suites avec des détecteurs de
métaux. La veille de la conférence, les services suisses ont encore contrôlé le reste
de l’hôtel, une collaboration entre les
polices cantonales vaudoise et genevoise.
Ils avaient mis en place tout un système de
badges de couleur pour les différents accès,
y compris ceux pour le personnel et pour
les fournisseurs. Le Palace a dû établir une
accréditation pour chacun, de même que
pour certaines entreprises en cas de panne
d’ascenseur ou d’électricité. Les ressources
humaines du Palace ont dû envoyer une liste
complète de nos employés, une semaine
auparavant avec les noms et photos de chacun pour dresser leur badge. Un deuxième
badge spécial a été délivré pour les employés
de service en contact direct avec les délégués. Au total cela a concerné 230 employés
plus quelques extras habitués à l’établissement. Quant aux journalistes, ils ne pouvaient entrer qu’au centre de congrès, seuls
quelques photographes et cameramen ont
pu venir faire des photos le matin même
de la conférence. L’avenue Claude Nobs
qui longe la façade sud de l’hôtel a été bloquée à la circulation, un véritable no men’s
land contrôlé discrètement par l’armée. Les
clients à l’année du palace montreusien ont
été au bénéfice d’une accréditation, mais le
spa de même que les restaurants sont restés fermés au public. Chaque délégation a
payé un arrangement forfaitaire convenu
vu que les chambres ont été bloquées pendant quatre jours. C’était le même tarif pour
chaque délégation et qui aurait aussi été
payé si la conférence avait dû être annulée.
Michael Smithuis a eu le privilège de serrer
la main du Secrétaire d’Etat américain et
de converser quelques instants avec lui en
français, une langue que John Kerry maîtrise
couramment. Durant son enfance, lui et ses
parents ont passé souvent leurs vacances
d’été en France dans leur maison familiale
de Saint-Briac-sur-Mer, en Bretagne, où il
a fréquenté son cousin germain, le politicien « vert » et ancien ministre de l’environnement français Brice Lalonde, le fils de
sa tante Forbes. A l’âge de onze ans, alors
que ses parents habitent à Montréal, au
Canada, John Kerry a même étudié en Suisse
à l’internat Montana situé sur les hauts de
Zoug. C’est dire si l’homme politique américain s’est trouvé en territoire ami : « Il adore
la région. Je lui ai offert le livre consacré
aux 100 ans du Montreux Palace, avant
qu’il ne reprenne l’hélicoptère à Villeneuve
pour rejoindre le Word Economic Forum à
Davos ». Michael Smithuis a aussi pu dialoguer en anglais avec le ministre russe pour
évoquer la présence au Montreux Palace
de l’écrivain Vladimir Nabokov (« Lolita »),
décédé à Lausanne en 1977.
Des retombées pour 70 millions
« Toutes ces délégations se sont croisées dans
l’hôtel, ont pris leurs repas ensemble avant
de se pencher sur la paix en Syrie, c’est vraiment une bonne image pour toute la Suisse,
analyse le directeur. Dans le monde entier
on a parlé de Genève 2, puis de Montreux
avec de magnifiques images sur CNN ou
CNBC. Le jour de la conférence, c’était une
véritable carte postale avec le ciel bleu et
le soleil. Pour le Montreux Palace avec ses
stores jaunes abaissés, on ne pouvait rêver
mieux ». Les spécialistes de l’événementiels
évaluent les retombées en termes d’image à
70 millions de francs, un chiffre jugé crédible
par le syndic Laurent Wehrli, qui a aussi pu
serrer la main de John Kerry.
Les palaces environnants ont également récolté les fruits de la conférence.
A Lausanne, des délégations du MoyenOrient ont été logées au Beau-Rivage et au
Lausanne Palace, soit au total entre 1400 et
1800 pour toute la région, et qui plus est à
une période creuse de l’année : « Une troisième conférence internationale ? Montreux
ne dirait pas non : nous avons montré nos
aptitudes et nos disponibilités. Le fait que
les participants peuvent effectuer tout
leurs déplacements à pied est un avantage
énorme, sans qu’il y a ait beaucoup d’inconvénients pour les alentours ».
Olivier Grivat
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
Montreux
Le syndic de Montreux Laurent Wehrli et le directeur du Fairmont Montreux Palace
Michael Smithuis entourent John Kerry dans le hall du palace vaudois.
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
5
Lavaux
Le Baron Tavernier
à l’heure chinoise
patients les plus atteints, ce qui est logique.
Nous ressentions le besoin d’offrir une
structure d’accueil adaptée à cette patientèle. Jusqu’à présent, nous avions beaucoup
travaillé avec le Beau-Rivage à Lausanne ou
le Montreux Palace avant de s’intéresser au
Baron Tavernier ».
Différents investisseurs, dont
des Chinois et un biologiste
Investisseurs de Hong Kong ?
vaudois ont racheté à son
propriétaire grec l’hôtel de
Chexbres pour le transformer
en partie en une clinique
destinée à la clientèle asiatique.
Reste un problème à régler :
le changement d’affectation…
Dans le hall du Baron Tavernier, un groupe
de touristes chinois devise gaiement. C’est
le jour même du Nouvel-An chinois pour
les 1,3 milliard d’habitants qui entrent
(au galop) dans l’Année du Cheval. Au
3e étage des artisans repeignent les murs
et ôtent la moquette pour transformer
les chambres en cabinets médicaux destinés à la nouvelle clinique Eden + Suisse.
Installée au dernier étage de l’hôtel, elle
porte le nom de Douglas Eden, un biologiste lausannois de 45 ans – père allemand
et mère jurassienne – qui gère avec son
épouse chinoise, la société Swiss Vitality
Cells Laboratoire à Montreux. Cette société
pharmaceutique exporte des médicaments
homéopathiques suisses vers la Chine :
« Mon épouse est de Shanghaï, explique
Douglas Eden. Elle fait venir des patients
chinois dans différentes cliniques en Valais
et à Lausanne. Malheureusement, les cliniques ont souvent des structures d’accueil
mal adaptées à cette clientèle de luxe.
Elles réservent les chambres de ce type aux
Racheté en 2005 à la BCV par le Grec
Léonidas Katsaitis, l’ancien hôtel Bellevue a
subi sous son règne une cure de jouvence
qui a vu le 4 étoiles s’équiper d’un spa et
d’un restaurant panoramique situé de
l’autre côté de la route, le Deck, qui connaît
l’affluence les jours de beau temps. En hiver,
les convives se rabattent sur le restaurant
du Baron Tavernier. A quel prix l’établissement a-t-il été vendu ? Des chiffres exorbitants circulent, mais Douglas Eden calme
le jeu : « C’est une question d’appréciation.
Vu l’emplacement exceptionnel, la vue,
les travaux de rénovation et les nouvelles
chambres, le spa et le Deck, les investisseurs
ont estimé le prix justifié ».
Biologiste de formation après avoir travaillé dans le commerce de vélos et l’informatique, Douglas Eden est l’un des nouveaux investisseurs
de l’hôtel de Chexbres Baron Tavernier et de la nouvelle clinique Eden.
(photo O. Grivat)
6
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
Lavaux
Le nom des nouveaux acquéreurs n’est pas
davantage dévoilé : « L’un des investisseurs
possède la majorité, mais ce n’est pas moi.
Nous avons décidé de ne pas dire qui était
majoritaire pour éviter des tensions entre
les partenaires ». Leur origine reste aussi
confidentielle. Leur nombre n’est du reste
pas complètement arrêté. En Chine, il n’y
a pratiquement pas de rendement pour les
investisseurs, d’où l’intérêt de placer une
partie de son argent en Occident, histoire de
ne pas mettre tous ses œufs (d’hirondelle)
dans le même nid. Il y a aussi la question du
prestige, avoir un hôtel en Suisse, c’est chic.
Sur le papier, c’est la société BT Gestion SA
(BT pour Baron Tavernier) qui a été rachetée
par un transfert d’actions : « Elle va continuer à être propriétaire de l’hôtel et à assurer l’exploitation de l’établissement. Ce qui
« Il n’y aura pas des gens
en blouse blanche ou en
fauteuil roulant dans la
salle à manger… »
est nouveau c’est qu’il y aura une clinique
qui va se créer, plus exactement un cabinet de groupe, pour reprendre les termes
techniques de l’Office fédéral de la santé
publique. Il louera une partie des locaux à
BT Gestion ».
« Un noyau dur de médecins sera créé et
comprendra des spécialistes de différentes
branches (pneumologues, rhumatologue,
hématologues, etc.), poursuit le nouveau
maître des lieux. Le Baron Tavernier sera
avant tout une structure d’accueil pour
des check-up avec un cabinet de médecine
esthétique. Les traitements médicaux lourds
seront sous-traités dans les cliniques appropriées à chaque spécialité. Aux patients
venus pour un check-up ou un traitement
anti-âge, il sera proposé des séjours d’une
semaine sous la direction d’une diététicienne, ce qui leur permettra un suivi durant
toute la semaine : « Il s’agira de voir quelles
sont les habitudes alimentaires des patients,
de la corréler avec leur analyse sanguine et
de leur proposer un régime adapté à leur
style de vie. Nous travaillons aussi beaucoup
avec l’alimentation pour arriver à servir de la
cuisine diététique de qualité ». Dans la salle
de séminaire, un cabinet de médecine esthé-
tique sera installé et le fumoir à cigares sera
réhabilité en bar à jus de légumes !
L’hôtel de Chexbres se partagera en deux
activités : l’hôtel avec 24 chambres (au lieu
de 28) et la clinique avec deux cabinets médicaux et un bureau d’accueil. L’établissement
comprendra deux restaurants. Le Deck en
été et le restaurant d’hiver désormais ouvert
toute l’année, 7 jours sur 7 : « Il va falloir
engager du personnel pour l’été et améliorer le rapport qualité-prix, quitte à rogner un
peu sur nos marges et améliorer le service
qui était un point faible, selon les observations relevées sur les sites internet ». Un cuisinier chinois a été engagé pour concocter
des mets d’inspiration plutôt asiatique et des
mets plus spécifiquement chinois pour les
pensionnaires qui ont de la peine avec la cuisine européenne. « En été le Baron Tavernier
tournait avec 56 employés. Sachant que le
restaurant d’hiver était fermé en saison estivale, nous allons dépasser les 60 employés
en été ». Le spa restera ouvert au public.
Une forte proportion de Chinois
Le Baron Tavernier a-t-il inventé une nouvelle appellation de « clinôtel » ? « Ce n’est
pas nouveau, réplique Douglas Aden. A
Montreux, la clinique Biotonus est située
dans un hôtel, d’autres palaces font l’inverse
avec des médecins qui ont installé leur cabinet dans des suites. Ils sont certes moins
bien délimités. Biotonus est très clinique et le
Montreux-Palace très… palace ! Nous ferons
plutôt du 50-50, mais les gens n’auront pas
l’impression d’être dans une clinique. Nous
allons garder un visuel hôtel et restauration.
Il n’y aura pas des gens en blouse blanche
ou en fauteuil roulant dans la salle à manger. C’est aussi le souhait de nos patients
qui ne veulent pas avoir l’impression d’être
logés dans une clinique. Ils viennent pour de
la médecine de bien-être, pour prévenir les
problèmes, pour des check-up avancés et ce
ne sont pas des malades aigus ».
Grâce à Swiss Vitality, Douglas Eden et son
épouse peuvent se vanter d’avoir tissé un très
bon réseau avec la Chine, avec des connections dans le médical et le paramédical : « Les
Chinois ont prêts à payer des sommes relativement importantes pour des séjours de luxe.
On y inclut le vol en business ou en first-class,
des visites, du shopping, des tours à Evian, à
Lucerne ou à Interlaken. Ce sont des packages
relativement coûteux, mais qui sont fonctions
des prestations offertes », explique Douglas
Eden. Contrairement à d’autres, nous travaillons en Chine avec des établissements médicaux et paramédicaux pour assurer un suivi à
nos patients et garder le contact ».
« Concernant les cellules fraiches de mouton
dont les Chinois sont friands, la loi suisse ne
permet pas tout. Certaines cliniques trouvent
des solutions inventives en restant dans le
cadre légal. C’est pour cela que dans la clinique Eden, je souhaite rester le seul actionnaire. Pour être sûr de ne pas être mis sous
pression par les investisseurs et n’effectuer
que des traitements autorisés. La médecine
chinoise utilise de façon intensive des extraits
d’animaux spécifiques pour des traitement
spécifiques. La corne de rhinocéros, la panse
de poissons, la méduse, des salamandres,
autant d’animaux qu’ils ont corrélé avec des
traitements depuis des milliers d’années.
Dans leur mentalité, si on leur dit que les cellules de moutons vont les faire rajeunir, ils ne
vont pas exiger une explication scientifique.
C’est l’effet placebo. Quant à nous, nous
n’injectons pas de cellules de moutons. Nous
ne les pratiquons que par voie orale. »
L’ouverture est imminente, mais il manque
encore à ce stade l‘autorisation de l’Office
fédéral de la santé publique. Pour le syndic
de Puidoux, René Gilliéron, l’implantation
d’une clinique privée sur un étage de l’hôtel
est clairement un changement d’affectation
et nécessite une mise à l’enquête en bonne
et dure forme.
Olivier Grivat
Le Baron Tavernier doit être partiellement transformé en clinique pour la clientèle chinoise.
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
7
Environnement
« Réduire la pollution due aux
produits chimiques dangereux »
Le Dr Jean Stalder est le président de PAN-Swiss (Pesticide
Action Network) qui se soucie
des conséquences des perturbateurs endocriniens pour l’organisme.
– Quels sont les dangers des perturbateurs endocriniens (PE) ?
– Le problème est méconnu au départ pour
des raisons techniques. Jusqu’à présent, leur
danger n’était pas mesurable. Maintenant de
nouvelles technologies permettent de le faire.
Des sciences plus affinées ont permis de sortir du fameux paradigme de Paracelse « tout
est poison, rien n’est poison, tout est une
question de dose ». Cela n’est pas vrai pour
les micropolluants. A des doses extrêmement
faibles, ils peuvent entraîner des effets catastrophiques. Ce n’est plus une simple question de dose. Ces dernières années, 80’000
produits chimiques de synthèse ont été commercialisés. Ils n’existaient pas dans la nature.
Près de 2000 autres produits s’ajoutent à
cette liste chaque année. Au moins 1200 possèdent des propriétés pouvant interférer avec
le système endocrinien.
– Pourquoi se focaliser contre ces pesticides et ces biocides ?
– Plusieurs centaines de produits chimiques
organiques de synthèse sont connus pour
être des perturbateurs du système endocrinien. Aucun des produits chimiques largement utilisés par l’industrie aujourd’hui n’a
été testé de façon appropriée sur ses effets
de perturbation du système endocrinien.
C’est une science relativement nouvelle. Nos
normes de qualité n’ont pas eu le temps de
s’adapter. Les PE peuvent avoir des effets
à faibles doses qui ne sont pas prévisibles.
Toutes les analyses de PE doivent porter sur
les organismes à différents âges, ainsi que
sur leur descendance. Ces analyses doivent
examiner l’exposition en bas âge, lorsque le
corps se développe et qu’il est le plus vulnérable aux interférences. De nombreuses
années peuvent s’écouler entre le moment
de l’exposition (vie intra-utérine) et l’apparition de perturbations, par exemple dans le
développement sexuel. Il est impossible de
disposer d’un groupe témoin, car toutes les
populations sont actuellement contaminées
à différents degrés par différents mélanges.
Boire de l’eau est peut-être la principale
source d’exposition du corps humain aux
PE, mais il y a aussi les aliments et les boissons (le vin) contenant des résidus de pesticides agricoles, les détergents utilisés dans
8
la production alimentaire et les matériaux
en contact avec les aliments, notamment
le BPA contenu dans la résine d’époxy utilisée à l’intérieure des boîtes de conserve
et des cannettes de boissons. On en trouve
aussi dans les produits animaux du fait de la
bioaccumulation dans la chaîne alimentaire
et dans les aliments importés depuis des
endroits du monde où des pesticides règlementés ou interdits sont toujours utilisés
(DDT notamment). Des biens de consommation comme les tétines, le papier thermique
(tickets de caisse), les cosmétiques et les parfums, les retardateurs de flammes dans les
tissus et dans les matériaux de construction
en contiennent aussi, de même des produits
pharmaceutiques (antidépresseurs, médicaments contre le diabète).
– Les femmes enceintes, les enfants et
les adolescents sont en première ligne…
– Les PE constituent des menaces différentes
à différents stades de la vie. Y être exposé
durant la grossesse, l’enfance ou l’adolescence peut avoir des effets différents que
lorsqu’on y est exposé à l’âge adulte. Un
fœtus, un nouveau-né, un enfant et un adolescent sont plus facilement affectés par des
« On est le pays le plus
laxiste d’Europe occidentale en matière de système pénal pour ce qui
concerne la drogue... »
PE, car ils peuvent perturber le bon développement des tissus et de leurs fonctions. Les
dégâts peuvent apparaître à des concentrations bien plus basses que celles qui peuvent
être considérées comme nocives pour un
adulte. L’exposition d’adultes à des PE peut
aussi provoquer d’autres atteintes à la santé,
mais elles sont plus facilement réversibles
grâce aux mécanismes de protection dont
dispose un corps adulte (réparation de l’ADN,
système immunitaire mature, enzymes de
détoxification, métabolisme du foie, etc.).
– Comme pour l’homéopathie, des doses
infinitésimales sont à même de transmettre un pouvoir bénéfique, ou maléfique pour les PE…
– C’est différent. Avec l’homéopathie, on
parle d’une dilution correspondant à une
molécule dans l’océan. Les doses dont on
parle là sont des doses mesurables. Les
appareils les mettent en évidence. Je n’ai pas
de religion en matière d’homéopathie ; ce
n’est pas du même ordre et pas mesurable
avec les instruments de l’allopathie.
Pour les PE, personne ne conteste leur présence dans la nourriture et dans l’eau.
– Quelle est l’attitude de l’industrie ?
– Nous n’allons pas nous heurter de front à
l’industrie. Prenez les phosphates dans les
lessives. Lorsque l’industrie a compris qu’en
substituant un autre produit aux phosphates, elle tenait un argument de vente,
elle a changé ses méthodes de fabrication.
Aussi longtemps que tout est légal et que
les consommateurs achètent leurs produits,
ils continueront de les vendre. Mais l’industrie ne va pas réagir sans une demande du
public. Regardez les produits labellisés. Les
grandes surfaces se sont mises au bio parce
qu’elles y trouvent un intérêt.
– C’est un problème d’information de la
population…
– Il y a en fait deux niveaux différents avec
la mise en réseau de compétences des
scientifiques et un relai politique nécessaire. Par exemple pour le traitement des
eaux contaminées par les modificateurs
endocriniens des pilules contraceptives.
On ne connaît pas encore exactement leur
influence sur l’Homme, mais on a constaté
que des truites du lac changent de sexe. Des
mâles deviennent femelles et des femelles
deviennent stériles. Ils nagent dans l’eau que
nous buvons. Actuellement on a de la peine
à traiter les eaux de manière satisfaisante,
même si on peut les filtrer avec des systèmes
à charbon actif ou l’ozone. Mais cela coûte
quasiment le triple du traitement normal
d’un mètre-cube d’eau. On essaie d’obtenir
de modifier la charge polluante au départ
plutôt qu’à l’usine de retraitement. Que ce
soit dans les ménages, l’industrie pharmaceutique ou les hôpitaux universitaires comme le
CHUV qui dégage une quantité non-négligeable de micropolluants. Nous mettons ces
partenaires en contact. On constate aussi
que les intestins de poissons contiennent
des particules de plastic qui peuvent aussi
entraîner des perturbations endocriniennes.
Ce n’est certainement pas bon pour celui qui
les mange. Jusqu’à présent on pensait que
le problème était concentré dans les mers et
les océans, or le Léman connaît aussi ce problème. De même le saumon norvégien, qu’il
soit d’élevage ou de la mer du Nord.
– Que devrait-on modifier à notre comportement ?
– Une expérience instructive a été menée
aux Etats-Unis : une famille a été nourrie
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
Environnement
« normalement » durant dix jours avec de la
nourriture industrielle conventionnelle. On
a ensuite analysé l’urine de ces volontaires
pour voir ce qu’elle contenait comme micropolluants. Ils ont repris ensuite les mêmes
familles pendant une autre période de dix
jours, en leur faisant manger sainement des
produits frais et de saison. On a vu diminuer de façon considérable la concentration
de micropolluants. Il est aussi conseillé de
diversifier les sources d’approvisionnement.
Ne pas acheter ses œufs au même endroit,
varier les producteurs. Le problème est que,
même en Suisse, on n’a plus beaucoup de
sols non-pollués par des pesticides et fertilisants. L’association PAN appelle à réduire
l’utilisation des pesticides dans l’agriculture,
dans l’emballage et la manutention des aliments, dans les centres récréatifs et sportifs
ainsi que dans les espaces publics, avant
tout les écoles, et dans les espaces privés.
Elle appelle à ce que des mesures préventives immédiates soient prises, comme une
information de base aux femmes enceintes
et dans les écoles. Les jeunes filles devraient
être tout spécialement protégées d’une
exposition aux PE.
– L’industrie alimentaire est-elle prête à
vous suivre, comme Nestlé à Vevey ?
– Nous aurons sans doute son appui dans
la phase suivante. Il est important de faire
bouger les choses. Qui peut le faire mieux
qu’une grande société comme Nestlé placée au cœur du problème ? Même si l’industrie alimentaire n’est pas désintéressée,
qu’importe. Il y a un réseau qui se met en
place. Chacun agit en fonction de sa part
d’intérêt et chacun va tirer à la même
corde, même si les motifs ne sont pas tout à
fait identiques pour tous. Il n’est pas question de créer une panique qui va entraîner
une anorexie générale de toute la planète.
La population ne va se mettre à planter
des choux dans son jardin potager. Notre
but n’est pas d’éradiquer le mal, mais d’en
diminuer les effets chaque fois que cela
peut se faire raisonnablement.
Propos recueillis par Olivier Grivat
Les perturbateurs
endocriniens ?
Les PCPE sont des produits chimiques qui ne
sont pas créés par l’organisme. Ils peuvent
interférer avec le fonctionnement de notre
système endocrinien à cause de leurs structures chimiques similaires à celles des hormones. Les plus connus sont le bisphénol
A (BPA, contenu dans le polycarbonate),
l’atrazine, glyphosate et le DDT (pesticides), les dioxines, les substances similaires
tels les polychlorobiphényles (PCB) qui se
concentrent dans la chaîne alimentaire et
s’accumulent dans le corps humain, notamment les tissus adipeux.
Problèmes de santé provoqués
par les PE
–cancers de la prostate, des testicules, du
sein, des ovaires et du système lymphatique ;
–perturbations du système immunitaire et
maladies auto-immunes (arthrite rhumatoïde, allergies, diabète de type 2, lupus
érythémateux disséminé) ;
–développement sexuel retardé, diminution de la qualité et du nombre de spermatozoïdes, malformations génitales et
puberté précoce ;
– obésité et syndromes métaboliques ;
– désordres neurologiques (déficit de l’intelligence et de l’attention, etc.).
www.panswiss.org ou [email protected]
Le Dr Jean Stalder en compagnie de Margaret Bergen, consultante de PAN Swiss, filiale de PAN Europe à Bruxelles.
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
(photo O. Grivat)
9
Nouveau
Le Crans Ambassador (re)vient
sur la montagne
Racheté aux enchères en 2007
par le fils de la chanteuse
Marie Laforêt (« Viens sur
la montagne », « Que calor
la vida », etc.), le 5 étoiles
valaisan revit une deuxième
jeunesse.
Le confort, la vue et
l’amabilité de son personnel
sont ses points forts.
« Anne ma sœur Anne ne vois-tu rien
venir ? » Après des années d’attente, d’oppositions et de travaux interminables, le Crans
Ambassador a repris vie cet hiver au cœur
de la station chic valaisanne. Le 5 étoiles
aux formes de pyramide de verre, de bois
et de métal doit cette deuxième jeunesse à
Jean-Mehdi Azuelos. Ce financier d’origine
marocaine est le fils de la chanteuse Marie
Laforêt, qui vit à Genève depuis 1978 et qui
possède aussi la nationalité suisse. Sa sœur
Lisa est la réalisatrice du film LOL. JeanMehdi a fondé, en 2008, un groupe doté de
trois établissements (450 chambres en tout) :
le Los Monteros (5 étoiles) et le Guadalmina
Golf Hotel (4 étoiles) à Marbella (Espagne)
et le Crans Ambassador (groupe Normaah
Ambassador) en Valais.
Les heures de gloire de Mességué
Le Crans Ambassador a connu ses heures de
gloire sous le règne de Maurice Mességué
dans les années 70. Le célèbre herboriste
et écrivain français assure avoir soigné plusieurs grands de ce monde comme l’actrice
Mistinguett, le grand Winston Churchill, le
peintre Utrillo, Jean Cocteau, le chancelier Konrad Adenauer et le coureur cycliste
Raymond Poulidor. Ce fils d’un paysan du
Gers s’est occupé des malades chroniques
délaissés par la médecine officielle. Il en
paiera le prix et sera poursuivi à plusieurs
reprises par l’Ordre des médecins français.
Fondateur de l’Institut Maurice Mességué
en 1994, il est considéré comme l’un des
précurseurs de la phytothérapie anticipant
de plusieurs longueurs un mouvement
vers un retour à l’utilisation des plantes en
matière de bien-être et de beauté. Avec
l’aide de Jacky Maisonneuve, il crée à Crans
le Centre de cure Mességué, mais la société
sera mise en faillite en 2005. Pour un montant de 15,6 millions de francs, Jean-Mehdi
Azuelos rachète le Crans Ambassador en
2007. Mais des problèmes surviennent
avec les copropriétaires qui possèdent des
appartements dans le complexe hôtelier. Ils
s’opposent systématiquement aux transformations. L’hôtel qui devait ouvrir en 2010
n’est pas prêt à la date fatidique et des difficultés surviennent avec les entreprises de
construction.
Quelques recours, quelques maîtres de travaux et directeurs plus tard, l’hôtel rouvre
enfin ses portes sous son immense toit à
deux pans en juin 2013 : « Les espaces s’inspirent d’une géométrie simple, de lignes
pures et de matériaux nobles. L’architecture
se met au service de la nature et des Alpes
afin de faire de l’environnement le héros »,
résume l’architecte Pierre Gervais, installé
à Crans.
Le coût des travaux de rénovation reste un
secret bien gardé. Tout juste sait-on qu’il
a nécessité un nouvel apport de capitaux
Les chambres donnent pour la plupart sur un formidable paysage panoramique.
10
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
Nouveau
Monte-Carlo. Au terme
d’une procédure de classification, hotelleriesuisse
lui a attribué la certification « 5 étoiles Wellness I :
« Ameublement et décoration de luxe offrant un
confort de tout premier
ordre. L’ensemble dégage
une impression de complète
harmonie
des
formes, couleurs et matériaux ». Par rapport à son
prédécesseur, le Crans
Ambassador avait besoin
d’espace et de matéLe Crans Ambassador a gardé sa forme pyramidale. © Eric Cuvillier
riaux neufs. Jean-Mehdi
Azuelos en a créé dans les
parties communes. Le bar-lounge, baptisé
avant son inauguration officielle en sep180 degrés » en référence aux larges baies
tembre 2013 : « L’été a fort bien marché »,
vitrées qui ouvrent sur un panorama unique
assurait alors Jean-Mehdi Azuelos. Omega
de 200 km de sommets alpins, n’existait pas.
y a réservé les 60 chambres du complexe
Il en fait un lieu de vie, avec un espace de
pour l’European Master de golf. Après
jeu, de détente et d’échange, ses tables de
avoir été très discret ces dernières années,
restaurant servant une cuisine rapide à toute
le patron du Crans Ambassador rénové se
heure. Les canapés moelleux, le crépitement
confie aux médias : » Quand je suis arrivé en
du feu dans la cheminée, les notes de piano
2007, je ne connaissais pas le Valais. L’hôtel
en arrière-fond et les matériaux (bois, pierre
était fermé et se trouvait dans des difficulet cuirs) renforcent ce sentiment. L’hôtel de
tés inextricables. Cela n’a pas été de tout
60 chambres (dont 8 suites) veut offrir un
repos. Nous avons dû surmonter beaucoup
caractère familial et convivial en dépassant
d’adversité, d’interférences et de contrariéles codes du luxe standard. En témoignent
tés. Mais l’on savait très bien qu’une fois
l’uniforme relax des employés, une machine
l’hôtel rouvert, tout cela ne serait que souà café Nespresso en self-service au petitvenir. Aujourd’hui, c’est une belle histoire
déjeuner, la carafe d’eau sur la table et les
qui commence. »
jeux de société. Les chambres comportent
des œuvres d’art sélectionnées par Pierre
Venu de Monaco
Keller, le directeur de l’ECAL.
Sous la houlette du nouveau directeur
général Eric Bagriot, qui a succédé à Olivier
Brugère et à Jean-Marc Boutilly dont la mission était de mener à terme les rénovations,
le Crans Montana a trouvé son rythme de
croisière. Le Français Eric Bagriot était précédemment directeur général du Novotel
en faire une référence dans le segment du
bien-être, sur les modèles des cures Mességué
qui ont fait la renommée de l’établissement.
Une activité qui devrait permettre une ouverture annuelle, même si le type de cure doit
encore être défini d’ici à l’été 2014.
Le Crans Ambassador ne se veut pas un
simple hôtel 5 étoiles, mais un Luxury Sport
Resort. L’hôtel situé au pied des pistes dispose d’un « shop Lacroix » qui permet aux
skieurs de trouver chaussures et skis à leurs
pieds. Le spa 360° de 1300 m2 avec sa piscine chauffée à 28 degrés, sauna et hammam dispense des massages de grande
qualité. Quant à la cuisine, elle a été confiée
au Français Olivier Androuin, chef du restaurant La Véranda à La Baule. Il pratique
une cuisine inventive mais pas prétentieuse
et savamment présentée. Le service y est
particulièrement attentif. Juste à côté, un
« Café Hublot », du nom de la manufacture
de montres chère à Jean-Claude Biver, sert
raclettes et fondues sous le portrait d’un
armailli qui ressemble diablement au patron
des montres de LVMH.
Simplicité, authenticité, c’est la vision du
luxe que le Crans Ambassadeur veut instaurer sous le label de « Luxury Sport Resort »,
cela dans des fourchettes de prix abordables « sans s’asphyxier dans les stratosphères de Gstaad ou Courchevel ». Le sens
de l’hospitalité compte aussi comme une
valeur essentielle pour les 50 collaborateurs :
« Il s’agit non seulement de rendre service,
mais surtout de savoir recevoir et anticiper
les attentes des clients afin de faire vivre aux
hôtes le meilleur de Crans- Montana ».
Olivier Grivat
Un hôtel « sport de luxe »
Le retour du Crans Ambassador porte à
quatre le nombre de 5 étoiles dans la station
(309 chambres), alors que d’autres projets
hôteliers fleurissent sur le Haut-Plateau. Autre
ambition du nouveau propriétaire, il voudrait
Crans Ambassador 3
Rte du Petit Signal
CH-3963 Crans-Montana
T +41 027 485 48 48
www.cransambassador.ch
Le spa et sa piscine sont l’un des points forts de l’établissement valaisan.
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
11
Interview
«Construire un vrai groupe
hôtelier autour de VictoriaJungfrau Collection»
Le Valaisan Antoine Hubert et
le Français Michel Reybier ont
remporté l’OPA sur le groupe
de luxe basé à Interlaken (BE).
Aevis, la holding du groupe
vaudois de cliniques privées
Genolier Swiss Medical
Network (GSMN), détient
près de 62% du groupe
hôtelier bernois Victoria
Jungfrau Collection.
– A quel prix reviennent le VictoriaJungfrau d’Interlaken, le Palace Luzern,
l’Eden au Lac à Zurich et le Bellevue
Palace à Berne ?
– Au final cela fera 85 millions pour les
quatre hôtels. C’est un prix raisonnable, si
l’on considère la valeur intrinsèque, mais
seulement deux des quatre établissements
appartiennent à la société : le Bellevue est
propriété de la Confédération et le Palace
Luzern du Credit suisse Hospitalty Fund.
Quand Michel Reybier et moi avons repéré
cette opportunité, ce groupe de quatre
hôtels avait un renom fantastique mais une
rentabilité déclinante. Il manquait une vision
et une philosophie d’actionnariat. La société
a vu ses marges et son prix par chambre
s’éroder au fil des années Nous avons commencé à acheter des actions sur le marché
à 170-180 francs. Quand nous avons lancé
notre OPA au cours de 250 francs, cela faisait déjà une belle prime pour les actionnaires. Il y a eu ensuite la contre-offre de
la famille Manz, à 277 francs. Nous avons
alors négocié une offre amicale avec le
conseil d’administration de Victoria et porté
notre offre à 305 francs. La famille Manz a
proposé ensuite 310 francs, prix sur lequel
nous nous sommes alignés. Finalement ce
groupe SPH, avec seulement 4% des parts,
a renoncé, nous laissant le champ libre. Le
défi va être de repositionner ces hôtels,
d’en faire de véritables 5 étoiles et de revenir à de justes tarifs pour ce type d’établissements.
– A cette fin, vous allez devoir investir
beaucoup d’argent ?
– Il faudra investir probablement entre
50 et 100 millions dans les cinq prochaines
années, mais nous avons fait une offre sur
la base des seules données publiques. Dès
12
que nous serons dans le cockpit, nous allons
travailler avec le management du groupe et
des hôtels sur un projet précis pour chaque
établissement.
– Vous avez affirmé vos intentions de
doubler la taille du groupe hôtelier…
– Michel Reybier détient déjà une participation dans les Hôtels Seiler à Zermatt. Aevis
Holding a d’aillleurs fondé une filiale dédiée
à l’hôtellerie avec Me Christian Seiler comme
président. C’est une figure bien connue de
l’hôtellerie suisse, il incarne la tradition hôtelière suisse, l’homme parfait pour prendre
la présidence d’une telle entreprise. Il est
envisagé qu’il regroupe ses hôtels dans cette
entité. L’idée est de constituer un groupe
d’une dizaine de 5 étoiles. D’autres palaces
sont à vendre, mais nous sommes actuellement dans un système où les prix sont
faussés par ces palaces achetés au prix fort
par des fonds souverains ou de richissimes
propriétaires qui ont payé des prix ne permettant pas d’être rentables. Ce n’est pas
notre vision. En achetant ces quatre hôtels
pour 85 millions, même en réinvestissant
50 à 100 millions, cela nous donne un prix
de revient maximal de 200 millions de francs
pour 550 chambres. Et cela dans des emplacements extraordinaires: Interlaken est l’un
des endroits les plus visités de Suisse avec
une hausse de la clientèle du Golfe de 30%.
Ces clients sont prêts à payer 1000 francs la
chambre à Genève ; or, quand ils viennent
à Interlaken, ils ne paient que 350. Ils
auraient les moyens de payer davantage,
mais il faut que le produit soit à la hauteur
de leurs attentes. Pareil pour Lucerne, Berne
et Zurich. Tous les emplacements sont excellents. Il ne nous reste qu’à trouver le juste
positionnement des établissements dans leur
environnement.
– Quelles sont les autres villes où
vous devriez être présents ? Lausanne ?
Genève ?
– Nous sommes déjà à Genève avec
La Réserve qui appartient à la famille Reybier.
Il faudrait une destination en Engadine et
probablement au Tessin. Nous n’avons pas
de visées particulières sur Lausanne. Il y aura
des synergies qui pourraient être mises en
place avec Jean-Jacques Gauer et François
Dussart déjà au conseil des Hôtels Seiler. On
se parle régulièrement, mais nous n’avons
pas nécessairement besoin d’être mariés
pour travailler ensemble !
– Quelles sont les synergies avec les cliniques du groupe Genolier ?
– Le mangement de Genolier s’occupe uniquement des cliniques. Il n’y a pas de liens
si ce n’est peut-être à travers Michel Reybier
et moi. Le poids des deux groupes est à peu
près dans la même proportion que le nombre
de cliniques et d’hôtels : 15 cliniques d’un
côté pour 500 millions de chiffre d’affaires en
2014. GSMN vise une vingtaine de cliniques à
terme, mais il faudrait qu’il y ait des cliniques
« A quelques exceptions
près, l’hôtellerie suisse
n’est pas à la hauteur
des attentes… »
à vendre dans des endroits qui nous intéressent. Le rapport est donc de 5/6, puisque
les quatre hôtels totalisent 80 millions de
chiffre d’affaires. C’est un début. L’intérêt de
Viktoria-Jungfrau Collection est de pouvoir
construire un groupe sur la base de ce noyau
existant. Le management et l’organisation
sont là, cela doit nous servir d’embryon pour
la construction d’un pôle hôtelier.
– Allez-vous garder tout le personnel ?
– Les quatre hôtels emploient 700 à 800
personnes. Nous allons garder bien évidemment le personnel avec probablement
quelques renforts. Le management en place
a surtout souffert d’un manque de visions
et d’alignements d’intérêts du conseil et des
actionnaires. Cette société possède actuellement 35 millions en cash dans ses caisses.
Elle avait donc les moyens d’investir, mais le
conseil et le management avaient peut-être
peur de déplaire à tel ou tel actionnaire qui
aurait préféré toucher les dividendes plutôt
que de réinvestir.
– Aviez-vous déjà la passion de l’hôtellerie avant cette OPA ?
– Nous ne nous serions certainement pas
intéressés à Victoria-Jungfrau s’il n’y avait
pas eu Michel Reybier dans notre conseil
et notre actionnariat. Il a fait largement ses
preuves dans ce domaine avec La Réserve à
Genève, Paris et Ramatuelle. A ce stade, il
n’est pas prévu d’intégrer ses hôtels dans
le groupe, mais il y aura des synergies avec
ceux-ci, comme d’ailleurs entre les cliniques
et les hôtels : 30 à 50% des activités des cli-
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
Interview
niques sont de l’hôtellerie. Nos directeurs de
clinique sortent pour la plupart de l’Ecole
hôtelière de Lausanne. C’est une activité
avec des similarités et il y a certainement des
synergies à exploiter au niveau des achats,
des finances, du personnel… Au niveau
d’Aevis, cela nous permet aussi de diversifier les sources de cash-flow, d’être moins
dépendant du système d’assurances, etc.
– Quel est votre modèle d’hôtel ?
– Personnellement je suis un fan de
La Réserve, mais ce qui me fascine avant
tout dans un hôtel, c’est quand il est en adéquation avec la demande de la clientèle. Je
me sens aussi bien à la cabane de La Tièche
à Montana, où l’on mange sur des bancs
en bois, que dans un palace. L’important,
c’est l’attention que porte l’hôtelier à son
hôte. Qu’il lui donne un service à la hauteur
de son attente. On n’a pas le même service
dans un palace ou une cabane, mais vous
pouvez être déçus dans les deux.
– Et les hôtels de chaîne qui se ressemblent tous ?
– Cela n’a jamais été tellement ma tasse de
thé, même si cela répond certainement à une
demande. Mais l’on peut arriver au même
résultat sans perdre le caractère de chacun
des hôtels. Dans ce registre-là, Dorchester
Collection avec le Beverly Hills à Los Angeles
ou le Plaza Athénée à Paris est un modèle.
Chaque hôtel a gardé ses caractéristiques.
Idem pour Orient Express qui possède des
hôtels de toutes sortes, mais où le client
ignore souvent que cela fait partie de la
même chaîne, que ce soit le Cipriani à Venise
ou le Splendido Portofino. A New York, je
descends toujours dans le même hôtel, le
Lowell. Des hôtels qui ont du caractère, il y
en a beaucoup. Le Copacabana Palace à Rio
est mythique tout comme le Crillon à Paris.
Les hôtels de Victoria-Jungfrau Collection
sont déjà tous des Leading Hotels. Dans les
5 étoiles c’est un standard incontournable.
– Quelle opinion avez-vous de l’hôtellerie suisse ?
– L’hôtellerie suisse, de manière générale,
est catastrophique. Quand on pense que la
Suisse compte trois des dix meilleures écoles
hôtelières au monde… Il n’y a plus beaucoup
d’hôtels réellement aux mains d’hôteliers. Il
y a eu trop de spéculation avec ces hôtels
combinés à des chalets ou transformés
en appartements privés. Dans un projet, si
vous partez de l’idée que l’hôtel sera gratuit
grâce à la promotion immobilière, ça aura
l’air à court terme d’être une bonne opération, mais vous n’allez forcément pas positionner et gérer votre établissement de la
même manière qu’un pur projet hôtelier. A
quelques exceptions près, l’hôtellerie suisse
n’est pas à la hauteur de ce que l’on pourrait en attendre. En revanche, je suis assez
fasciné par des lieux comme Interlaken,
Lucerne, St-Moritz et Zermatt, où 80% de
la population adhère au tourisme. A l’op-
Infôtellerie – Septembre 2013 – No 75
posé, vous avez des endroits comme CransMontana où certains commerçants ferment
boutique entre midi et 14 h en pleine saison.
Il reste beaucoup à faire pour réconcilier les
Suisses avec l’hôtellerie en leur montrant
que c’est une activité noble et nécessaire
pour notre futur. A l’image de César Ritz,
un Valaisan qui a eu le génie de créer des
hôtels extraordinaires et posé les bases de
l’hôtellerie de luxe, il faudrait par exemple
faire du Bellevue le plus bel hôtel de Suisse.
Quand les hôtes du Conseil fédéral viennent
à Berne, ils devraient avoir le fleuron de
l’hôtellerie suisse à leur service.
– Le résultat des votations sur l’immigration vous inquiète-t-il ?
– Ce qui m’inquiète, ce n’est pas tellement
l’aspect pratique du personnel. On avait déjà
des permis de travail avant la libre circulation,
on en aura après. Le problème est davantage cette reculade et cet enfermement de
la Suisse. Je vois un gros problème autour
de la croissance : ces 80’000 personnes qui
venaient chaque année en Suisse consommaient, achetaient un appartement, etc.
Cette croissance risque de nous faire défaut.
La Suisse attribue le passeport au comptegouttes. Des étrangers peuvent être là depuis
six générations sans l’avoir. Si l’on appliquait
les règles de naturalisation d’autres pays
comme les Etats-Unis ou la France, on aurait
beaucoup moins d’étrangers. Finalement on
donne une image très négative du pays. Si
l’on arrive régulièrement avec des initiatives
xénophobes restreignant la liberté des gens
et cassant l’image d’ouverture et de stabilité
de la Suisse, c’est grave.
mentation de capital, soit par emprunts obligataires. Depuis trois ans, on a fait toujours
appel au marché à des taux très intéressants,
le dernier à 3,2% pour 5 ans. Compte tenu
de l’activité commerciale, ce sont de très
bons taux.
Propos recueillis par Olivier Grivat
Antoine Hubert : né en 1966, domicilié à
Crans-Montana, il a travaillé dans l’immobilier avant d’acquérir des participations dans
la clinique de Genolier en 2002 et de fonder
le Genolier Swiss Medical Network (GSMN)
en 2004. Il en est l’administrateur délégué
depuis 2009. Outre Genolier, le groupe possède des cliniques à Bâle, Soleure, Rothrist
(AG), Winterthur et Zurich, Lugano-Sorengo
et Gravesano (TI), Fribourg, Sion (VS),
Lausanne et Glion s/Montreux (VD), Genève
et Neuchâtel. Particularité : visite ses cliniques en hélicoptère.
Michel Reybier : né en 1945, il est citoyen
français, domicilié à Verbier et réside en
Suisse depuis 1984. Il a dirigé une entreprise de supermarchés dans la région lyonnaise, une société de production de chocolat et de biscuits (Cemoi) et une entreprise
de charcuterie (marques Aoste, Justin
Bridou et Cochonou). Fondateur du groupe
La Réserve, il possède 30% dans les Hôtel
Seiler Zermatt, dont il est administrateur.
Particularité : ne donne pas d’interview et ne
figure sur aucunes photos.
– Le franc fort ?
– C’est l’excuse des mauvais pour leurs
médiocres performances. En 1865, un franc
suisse valait une lire italienne, un franc français et un franc belge, c’était l’union monétaire latine. La seule monnaie qui n’a jamais
été dévaluée depuis lors est le franc suisse.
Lorsque le franc français a passé à l’euro,
ce n’était pas 4.50 franc, mais 450 francs
de 1865. Le franc suisse s’est toujours
apprécié au fil des ans, mais il est vrai
que quand il s’apprécie de 20% en
trois mois, ca fait mal. cependant
le bloquer artificiellement à mon
sens est une erreur, car notre
pays affiche une santé financière supérieure et une pression
fiscale modérée. Il est normal
que notre monnaie s’apprécie.
Bloquer le cours à Fr. 1.20, c’est
tendre un élastique qui risque
de faire mal quand il va lâcher.
– Est-ce que vous avez les
moyens de votre indépendance ?
– On en a les moyens et l’on
souhaite toujours s’en donner
les moyens. Nous avons financé
notre expansion, soit par aug-
Antoine Hubert, administrateur-délégué de GSMN.
13
Gastronomie
Le Bocuse d’or Suisse
à un Alémanique
Le lauréat du jury emmené
par Frank Giovannini, le chef
de l’Hôtel de Ville de Crissier,
est Christoph Hunziker,
de Thoune (BE). Il disputera
la finale européenne
à Stockholm en mai prochain.
Deuxième de la dernière édition des Bocuse
d’or Suisse en 2012, Christoph Hunziker
connaît la musique. Le chef du Schärmehof
à Thoune a déjà obtenu plusieurs trophées
à Paris en Suisse. Un jury composé des plus
grands chefs, où l’on reconnaissant Frédy
Girardet, Philippe Rochat, Pierrot Ayer,
Benoît Violier, Stéphane Decotterd et Didier
de Courten, l’a couronné face à trois autres
candidats, dont deux jeunes femmes, Elodie
Schenk, de l’Auberge du Soleil de Bursins
(VD) et Laure Anne Denis, du restaurant
du Parc des Eaux-Vives, à Genève. Sous les
yeux d’un nombreux public, les quatre candidats ont eu 5 heures 40 pour réaliser une
assiette « poisson » : truite arc-en-ciel de
400 à 500 g la pièce, accompagnée de trois
garnitures libres, un plat de viande : gigot
et épaule d’agneau, accompagnés de trois
garnitures dont une comprenant du Gruyère
AOC. Révélateur de talents et tremplin vers
une reconnaissance internationale, le Bocuse
d’Or Suisse est la porte d’entrée au Bocuse
d’Or Europe, qui aura lieu à Stockholm en
Suède, les 7 et 8 mai prochains lors du salon
Gastronord.
C’était le moment fort d’un événement qui
a rassemblé à Palexpo quelque 180 exposants, distributeurs et fabricants, et plus de
9850 visiteurs professionnels de la région
franco-genevoise, soit une augmentation de
3,6% par rapport à 2012 : « La marque de
fabrique de Sirha Genève, c’est avant tout
la passion des métiers de l’hôtellerie et de
la restauration, » a commenté Marie-Odile
Fondeur, directrice de Sirha Genève et directrice générale du Sirha. La participation des
exposants a progressé de 10% pour cette
troisième édition.
Malgré un climat économique morose, 9850 professionnels ont
répondu présent, soit une augmentation de
3,6% par rapport à 2012. « Avec cette nouvelle édition, Sirha Genève s’impose comme
le grand rendez-vous régional pour les professionnels du marché, et un tremplin pour
les nouveaux talents grâce à ses deux événements prestigieux : le Bocuse d’Or Suisse et
la sélection Europe de la Coupe du Monde
de la Pâtisserie ».
Les rois de la pâtisserie sont
britanniques
Sélection de la Coupe du Monde de la pâtisserie, l’épreuve a eu lieu pour la première
fois à Genève. Cette compétition, d’une
haute qualité gustative et artistique, créée
Christoph Hunziker, le chef du Schärmehof de Thoune (BE), aura l’honneur de défendre
la Suisse en mai prochain à Stockholm.
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par Gabriel Paillasson et réunissant les meilleurs pâtissiers européens, représente le
spectacle le plus grandiose de la Pâtisserie
en Europe. Afin de célébrer ce rendez‐vous
exceptionnel, Claire Heitzler, chef pâtissière
du Restaurant Lasserre-Paris (deux étoiles
Michelin) a été choisie comme présidente
d’honneur. Elue chef de l’année 2012 dans
le cadre des Trophées annuels organisés par
la revue « Le Chef » et chef pâtissière de l’année 2013 par le guide Gault et Millau, Claire
Heitzler est une star de la pâtisserie, en plus
d’être une femme dans un univers majoritairement masculin. Le premier prix a été
remporté par le Royaume-Uni qui est ainsi
sélectionné pour la Coupe du monde 2015
avec Barry Johnson du Rococo Chocolate
et Nicolas Belorgey du Cordon Bleu London
devant la Suède (Frida Leijon de Günterska
Hovkonditoriet Fredrick Borgskog de Dorsia
Hotel & Restaurant) et le Danemark (Mads
Kilstrup Kristiansen de La Glace Nichlas et
Jamie Frese de Andersens Bakery). La Suisse
a remporté la médaille en chocolat avec une
4e place décernée à Giuseppe Piffaretti de
La Bottega del Fornaio Mendrisio et Tiziano
Bonacina de Pasticceria Tiziano à Melide.
Sirha Genève et la Coupe Europe, sélection
de la Coupe du monde la pâtisserie, sont
deux des salons professionnels organisés par
le groupe français GL events spécialisé dans
les métiers de l’événementiel (congrès et
conventions, salons, expositions, etc.).
Présent sur les cinq continents et dans
19 pays, le groupe compte 3896 collaborateurs de 56 nationalités et a réalisé un chiffre
d’affaires de 824 millions d’euros en 2012.
Il anime quelque 300 salons propriétaires et
son portefeuille couvre de nombreux secteurs : agro-alimentaire, livres, textile, etc.
Dirigée par Marie­
Odile Fondeur, la division
agro-alimentaire affiche son savoir-faire dans
le domaine de l’organisation de salons et
d’événements destinés à toutes les formes
de restaurations. Le plus emblématique est
le Sirha, le rendez-vous mondial restauration
et hôtellerie, et les Bocuse d’Or et Coupe
du Monde de la Pâtisserie, dont les finales
se déroulent pendant le Sirha, à Lyon, tous
les deux ans. Les prochains salons organisés
par la division agro-alimentaire de GL events
Exhibitions seront Europain et SuccessFood
du 8 au 12 mars 2014 à Paris avant le Sirha de
Moscou (24 au 26 mars) et le Sirha Istanbul,
en Turquie, du 27 au 29 novembre 2014.
(cp/OG)
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
Lavaux
L’Auberge du Raisin à l’heure de
l’UNESCO
Le vénérable établissement
hôtelier situé aux portes
du Patrimoine mondial vaudois
a subi un coup de jeune,
tout en restant en mains
de la famille
Gauer.
« C’est mon père qui gérait déjà l’Auberge
communale culliérane depuis 1959, je poursuis la tradition… » Jean-Jacques Gauer,
l’hôtelier lausannois aux multiples casquettes, supervise avec son épouse Emeline,
la gestion de l’Auberge du Raisin, ses dix
chambres et ses salles de restaurant animées par un nouveau chef. Plus que jamais,
l’Auberge du Raisin se présente comme
une porte ouverte sur Lavaux, une enseigne
gastronomique et hôtelière, où les visiteurs
séjournent paisiblement et prennent le
temps de découvrir les produits et vins du
terroir, les charmes des chemins de vigne,
des villages et de leurs nombreux caveau.
Grâce à sa situation exceptionnelle, au
cœur d’une région classée par l’UNESCO
au patrimoine mondial de l’humanité,
elle s’est donnée pour mission de porter
loin l’étendard de la jeune commune de
Bourg-en-Lavaux et touché le cœur des
voyageurs qui y séjournent. Ils découvrent
un paysage unique et grandiose, au cœur
des vignobles en terrasse.
Sous les toits, l’une des plus belles chambres de l’auberge culliérane.
C’est pourquoi la commune de Bourgen-Lavaux a voté en 2011 un crédit de
862’000 francs destiné à la rénovation
de cet établissement où siégeaient autrefois les autorités de communales de Cully.
Cette somme a permis la réfection des
10 chambres de cet hôtel, ainsi que des
salles de bains – l’une des chambres s’offre
même le luxe de compter deux salles de
bains –, et contribuera au financement de la
remise à neuf de la molasse de ses façades à
l’automne ou au printemps prochain.
L’Auberge communal de Cully est gérée par la famille Gauer depuis 1959.
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78
Photos Eyal Warshavsky
Le chef Flavien Jauquier
Dans ce même élan, la famille Gauer a
engagé une nouvelle équipe menée par
le jeune chef de cuisine Flavien Jauquier.
Agé de 30 ans, il s’est formé et a travaillé
chez Pierrick Suter à Lucens et au Baur au
Lac de Zurich, avant de rejoindre Cully en
septembre dernier. Il y a pris la relève de
Peter Hasler, celui qui a été vingt ans durant
le second du fameux Adolfo Blokbergen
auquel il avait succédé en 2007. Avec le
maître d’hôtel Xavier Desbordes, il tient
à promouvoir les producteurs locaux. Ils
associent ainsi à leur carte Ludovic Perroud
et Pierre-Alain Monbaron, respectivement
boucher et pêcheur de la place. Les cépages
du Lavaux, dont les Plan-Robert, sont également mis en valeur dans le livre des vins.
La rénovation de l’auberge communale culliérane s’inscrit dans le cadre d’importants investissements régionaux pour favoriser l’attrait
touristique de Lavaux comme l’instauration
d’une carte remise par les hôteliers à leurs
clients pour voyager gratuitement en transports publics ou le futur réaménagement de
la gare de Cully, qui accueillera commerces
et nouveaux logements. La commune, propriétaire du bâtiment classé en note 2, doit
encore faire voter un crédit de 700’000 francs
devant son Conseil communal, qui servira
à rafraîchir la façade et à changer le chauffage de l’auberge. Outre la remise à neuf de
ce fleuron hôtelier, une carte de transports
est distribuée aux hôtes de la région depuis
cette année. Cette carte de transport accorde
des rabais de 20% sur les billets de la CGN
et ceux du Montreux GoldenPass ou des
Rochers de Naye.
(cp/OG)
15
En bref – Agenda
Salon des Métiers et de la Formation : nouvelles dates
Le lieu de rencontre pour le choix professionnel et la formation change de dates et aura lieu
du 25 au 30 novembre 2014 à Beaulieu. Ce changement résulte du déplacement de l’une
des manifestations phares de la rentrée à Expo Beaulieu, le Comptoir suisse qui incorpore
traditionnellement le week-end du Jeune fédéral. Le Salon des Métiers et de la Formation
aurait été alors repoussé pendant les vacances scolaires. Ce changement répond également
à la demande de divers exposants et partenaires qui regrettaient des dates aussi proches de
la rentrée scolaire. Le salon est organisé par le Groupe d’intérêt pour l’information professionnelle (Giip) et par MCH Beaulieu Lausanne, avec le soutien de la Direction générale de
l’enseignement obligatoire, de la Direction générale de l’enseignement post-obligatoire et du
Service de l’enseignement spécialisé et de l’appui à la formation. (cp)
Deux étages de plus pour le Crowne Plaza
P.P.
Dépôt en nombre
1000 LAUSANNE 1
Le Crowne Plaza Geneva a
fait peau neuve après 20 mois
de travaux et un investissement de 40 millions. Situé
à deux pas de l’aéroport, ce
quatre étoiles s’est modernisé
et agrandi grâce à deux nouveaux étages supérieurs de
60 chambres et suites « Club ».
Les 306 chambres et suites
déjà existantes, la réception,
le lobby, le « Bar » et le restaurant Seventy5 – en réféLe Crowne Plaza est la propriété du Séoudien
rence au numéro de l’avenue
Abdul Aziz al-Sulaimen, du groupe Rolaco,
– abordent un look contempoqui possède aussi l’Intercontinental genevois.
rain et offrent une ambiance
feutrée et décontractée. Les
tout nouveaux 7e et 8e étages abritent 60 chambres et suites spacieuses, ainsi qu’un espace
« club-lounge » avec salle de réunion. Certaines suites ont été aménagées dans un esprit
loft : les pièces communiquent et s’unissent de manière à ce que la baignoire ronde, joyau
de la salle de bain, devienne un objet de design ne faisant plus qu’un avec la chambre à
coucher. La décoration des deux étages supplémentaires a été confiée à l’architecte taïwanaise, Celia Chu. (cp)
Agenda
Quelques rendez-vous importants pour
le secteur touristique
2 au 7 avril
Arvinis, le Salon des Vins du Monde
www.arvinis.ch
3 au 6 avril
Salon de l’Immobilier, Lausanne-Ouchy
Joël Robuchon au Brassus
Le chef le plus étoilé au monde a visité la manufacture Blancpain au Brassus. Quête de l’excellence, savoir-faire, précision des gestes, passion et minutie du travail fait main, le grand chef
français reconnait chez Blancpain ses propres valeurs et les principes qu’il applique dans sa
cuisine. Joël Robuchon, qui a fait ses premiers pas en gastronomie comme apprenti puis compagnon, a pris les commandes
des cuisines de l’hôtel Concorde
Lafayette à 29 ans. C’est dans
cet établissement qu’il a été élu
« Meilleur Ouvrier de France » en
1976. En 1981, il a ouvert « Le
Jamin » et obtenu trois étoiles
Michelin en trois ans. Il a été sacré
« Chef de l’année » en 1987, puis
« Cuisinier du siècle » en 1990.
Grâce à son talent dans le choix
et la formation de ses chefs, il est
à ce jour le cuisinier qui détient
Autour de la table de Benoît Violier, Alain Delamuraz,
le plus d’étoiles au monde au
vice-président de Blancpain, Joël Robuchon,
Michelin avec 28 étoiles. (cp)
Frédy Girardet et Philippe Rochat
16
4 au 12 avril
Cully Jazz Festival
24 au 26 avril
50e Montreux Choral Festival
www.choralfestival.ch
25 avril au 3 mai
Vision du Réel
www.visionsdureel.ch
avril à mi-mai
Fête de la Tulipe
www.morges-tourisme.ch
9 au 11 mai
Jardins en fête à Coppet
15 mai
Assemblée générale ARH
Vallée de Joux
www.hotellerieromande.ch
Infôtellerie – Mars 2014 – No 78