Grande avancée vers un passé négatif
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Grande avancée vers un passé négatif
MARS 2014 – No 78 INFOTELLERIE Grande avancée vers un passé négatif Dimanche 9 février dernier, les Suisses ont accepté, du bout des lèvres, une initiative visant à rétablir le contingentement de la main d’œuvre européenne, de plus en l’étendant aux travailleurs frontaliers qui n’y avait jamais été soumis. Les raisons de ce vote sont multiples. Tout d’abord, un réflexe ou une crainte écologique : la surpopulation menace la nature et nos paysages. Ensuite, les infrastructures saturées, les trains bondés et les difficultés à trouver un logement. Mais les motifs principaux sont certainement la crainte de la perte d’identité et l’insécurité grandissante. Le sentiment diffus d’une perte de contrôle et le ressenti d’un certain laxisme de nos autorités a donc poussé les suisses à réclamer plus de souveraineté nationale. Or, aucun des problèmes cités ne sera résolu par l’initiative. En effet, la Suisse continuera à être surpeuplée avec une main d’œuvre européenne contingentée. L’afflux d’extra-européens se poursuivra, notamment sous le couvert de l’asile. L’adaptation des infrastructures est enclenchée et commencera à produire ses effets vers 2025. La pénurie de logements continuera car les lois et Pages 6-7 règlements sclérosent un marché qui ne donne pas envie aux investisseurs de devenir propriétaires d’immeubles loués. Construire pour vendre est beaucoup plus intéressant. Le sentiment de perte d’identité demeurera tant que le terme « assimilation » demeurera un gros mot pour certains bien- pensants. Enfin, l’insécurité a beaucoup plus à voir avec des expéditions de gangsters de pays voisins ou de clandestins ou faux réfugiés trafiquants de drogue. Nos voisins européens, installés avec femme et enfants, ne commettent probablement pas plus de délits que les Suisses de souche. Ceux qui ont connu le contingentement de la main d’œuvre étrangère et du permis saisonnier, dans les années huitante du siècle passé, se rappellent des joyeusetés du système. Les employés européens qualifiés ne désiraient pas venir travailler en Suisse 9 mois sans leur famille. C’est donc la loi qui induisait le profil des futurs collaborateurs et l’Etat qui « obligeait » les hôteliers à engager du personnel non qualifié. La répartition entre branches et entreprises des contingents accordés au canton par la Confédération tenait de la quadrature du cercle. La surcharge administrative provoquait des attentes de permis de plusieurs mois. L’employé Pages 12-13 avait parfois déjà quitté l’hôtel lorsque son permis de travail arrivait. L’hôtelier était presque en permanence dans l’illégalité car, bien entendu, l’employé n’avait pas le droit de travailler avant de recevoir son permis. Dans une branche où la volatilité de la demande et celle des collaborateurs sont très fortes, une telle rigidité légale de l’embauche est impraticable. Voilà ce qui nous pend au nez à moins qu’une solution moins rétrograde ne soit trouvée pour appliquer l’initiative sans pénaliser l’économie. Il serait judicieux d’accorder au tourisme et à l’hôtellerie-restauration des contingents plus larges au vu des spécificités de la branche et de permettre la prise d’emploi dès le dépôt de la demande de permis afin de répondre au mieux à l’immédiateté des besoins. L’initiative acceptée le 9 février mettait le doigt sur une problématique réelle, mais, comme c’est souvent le cas, elle n’apporte pas les bonnes réponses à la question posée, elle ne solutionne pas le problème. La Suisse risque d’entrer dans une ère de difficultés économiques et politiques. Il faudra les efforts et le rassemblement de tous pour les surmonter. Philippe Thuner Président de l’ARH Pages 15 L’invité Le directeur général de la clinique La Source Michel R. Walther La Source primée pour son excellence Organisée chaque année, cette manifestation permet aux organisations les plus diverses d’échanger leurs expériences et de se comparer aux meilleurs. Figurant parmi les six finalistes du Prix Esprix Swiss Award for Excellence, la Clinique de La Source a remporté le prix dans la catégorie « Créer de la valeur pour les clients ». Son directeur général Michel R. Walther, s’est vu remettre cette distinction par Wolfgang Martz, le président du jury, qui remplaçait au pied levé le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, retenu au Palais fédéral : « Cette prestigieuse récompense vient couronner une démarche qualité exigeante qui place le patient au coeur de toutes les préoccupations de la clinique », a commenté son directeur général à l’heure de recevoir sa récompense. A l’image par exemple du Dossier Patient Informatisé mis en place depuis janvier 2013 ou du suivi individualisé dont bénéficie chaque patient de sa prise en charge à son retour à la maison, des innovations qui se sont appuyées sur l’écoute des patients pour une prise en charge plus personnalisée. Une « Madame Qualité » a été engagée en la personne de Mme Doris Manz, au bénéfice d’une formation d’infirmière. L’heure de la retraite Sous l’impulsion de Michel R. Walther, La Source s’est engagée voici plus de dix ans dans un long et exigeant processus en direction de l’excellence. Une démarche qualité qui touche à tous ses secteurs d’activités, de l’administration aux soins infirmiers en passant par le management ou la satisfaction des patients. En 2008, elle a été ainsi la première clinique de soins aigus en Suisse à se voir décerner la Reconnaissance EFQM de niveau 2 (European Fondation for Quality Management basé à Bruxelles). Ce prix tombait pile pour saluer l’engagement de Michel Walther qui s’apprête à prendre sa retraite en juin prochain après 30 ans passées à la tête de la clinique lausannois : « Son exigence et sa sensibilité hôtelière – il est diplômé de l’EHL – ont su amener l’institution au niveau de qualité qui est le sien et qui se voit aujourd’hui récompensé par un organisme indépendant », estime la clinique lausannoise. La Source était la seule entreprise romande à figurer parmi les six finalistes retenus par le jury au côté d’un autre établissement hospitalier latin, l’Ospedalo Regionale La Carita à Locarno. Soucieux de faire participer ses cadres à l’événement, le directeur général de La Source avait convié tout son staff à la remise du prix, en reconnaissance du travail accompli. L’occasion aussi de présenter son successeur en la personne de Dimitri Djordjèvic, le chasseur de têtes qui avait été mandaté – ironie de la situation – pour dénicher un successeur à Michel Walther : « Comme nous n’avions pas trouvé le candidat idéal, c’est moi qui lui ai proposé de déposer sa candidature », confie le patron de La Source. Le nouveau directeur Né à Lausanne en 1962, de nationalité suisse, marié et père de deux enfants, Dimitri Djordjèvic est au bénéfice d’un riche parcours professionnel qui a débuté dans le monde des sciences de la vie. Jusqu’en 1996, Impressum Infôtellerie Suisse romande : Magazine trimestriel d’informations touristiques et économiques de l’Association Romande des Hôteliers. Editeur : Association Romande des Hôteliers, chemin de Boston 25, 1004 Lausanne, tél. : +41 21 617 72 56, fax : +41 21 617 72 27, e-mail : [email protected]. Site internet: www.hotellerieromande.ch Impression: PCL Presses Centrales SA, Renens Rédacteur responsable : Olivier Grivat. Ont collaboré à ce numéro : Philippe Thuner et Olivier Grivat. Adresse de la rédaction : Olivier Grivat, journaliste RP, chemin de Leisis 5a, 1009 Pully, tél. +41 79 412 22 72, e-mail : [email protected]. 2 © Clinique de La Source (Photo Sven de Almeida) Décerné à Lucerne dans le magnifique centre culturel KKL dessiné au bord du lac par l’architecte français Jean Nouvel, l’Esprix Swiss Award est la plus haute distinction nationale récompensant l’excellence entrepreneuriale inscrite dans la durée, la performance de pointe et une compétitivité élevée : « C’est le seul prix qu’on ne peut pas simplement gagner, mais que l’on doit acquérir et mériter par son travail », assurent ses promoteurs. Les participants au concours font l’objet d’une analyse fouillée et d’une évaluation par des cadres et des experts indépendants travaillant pour la Fondation à titre bénévole, en tant qu’assesseurs sur la base des 32 critères différents. Toute participation implique une analyse professionnelle des points forts et du potentiel d’amélioration de l’organisation de l’entreprise. Le directeur général de La Source, Michel Walther, entouré du Président du jury, M. Wolfgang Martz, et de Mme Doris Manz, « Madame Qualité » de la clinique lausannoise. il a occupé des postes d’encadrement des ventes et du marketing pour une multinationale pharmaceutique de renom, où il a eu l’occasion de développer une connaissance approfondie du monde médical et hospitalier, tant en Suisse qu’à l’étranger. En 1996, il a rejoint un cabinet de conseil en management considéré comme l’un des leaders sur le plan mondial ; tout d’abord en qualité de management consultant, puis en reprenant la direction de la Suisse romande en 2006. Fin 2011, il a été nommé directeur adjoint pour la Suisse et promu par la suite à la tête de cette société comme directeur opérationnel pour l’ensemble du marché helvétique : « Fort de cette solide expérience dans un domaine où la notion de capital humain est primordiale, le conseil de fondation est convaincu que son profil et ses connaissances étendues de la vie économique, politique et publique romande lui permettront de relever les nombreux défis qui attendent la clinique », estime son préO.G. sident Georges-Henri Meylan. Sommaire 3Actuel 4-5 Conférence de Montreux 6-7 La clinique Tavernier 8-9 Les dangers des perturbateurs endocriniens 10-11 Le Crans Ambassador 12-13 Interview Antoine Hubert 14 Le Bocuse d’or Suisse 15 Le Raisin à Cully 16 En bref + Agenda Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 Actuel Le spectre d’un nivellement par le bas Le 18 mai prochain, le peuple suisse votera sur l’initiative de l’USS concernant la fixation d’un salaire minimum de 4000 francs. « Forte de 70’000 salariés, l’hôtellerie est un employeur important du secteur privé. Tous les ans, employeurs et collaborateurs négocient les salaires dans le cadre du partenariat social. Mais la création de salaires minimums légaux va mettre en danger le bon fonctionnement de ce partenariat, rendra les formations initiales et continues moins attrayantes et affaiblira la compétitivité », assure hotelleriesuisse qui rejette l’initiative sur les salaires minima. Le montant de 4000 francs par mois (22 francs l’heure) devrait être indexé régulièrement au renchérissement dans une mesure qui ne pourrait pas être inférieure à l’évolution de l’indice des rentes de l’assurance-vieillesse. Berne et les cantons devraient en outre encourager l’inscription dans les CCT de salaires minimaux d’usage dans la localité, la branche et la profession. Pour l’heure, seul Neuchâtel a décidé d’introduire un salaire minimum l’an dernier : 3640 francs par mois (20 francs de l’heure). Dans le secteur de la restauration, le président de GastroSuisse, Klaus Künzli, craint également une mort lente de la branche : « Les plus petites entreprises auraient le plus de mal à l’appliquer. Une grande partie de la restauration rencontre déjà de grosses difficultés aujourd’hui. Un oui conduirait à encore plus de chômage. Les restaurants et bars devront répercuter les coûts dus aux salaires plus élevés sur les prix. Or, rationaliser ou sous-traiter est à peine possible dans le secteur ». Un aspirateur à frontaliers Si le peuple dit oui, la Suisse rejoindrait une liste des 21 pays européens sur 28 : la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, l’Espagne, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovénie et la Slovaquie. Sept pays – le Danemark, l’Italie, l’Autriche, la Finlande, Chypre, la Suède et l’Allemagne – ont choisi de ne pas fixer de barèmes minimaux. Ce que les syndicalistes oublient de dire, c’est que ce salaire minimum suisse serait pratiquement un salaire maximum dans la plupart de ces pays à très bas revenus. La petite Suisse deviendrait de Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 facto le pays offrant la plus haute rémunération du genre au monde. Un formidable aspirateur à employés étrangers ou à frontaliers ! Par rapport aux autres secteurs, les personnes peu qualifiées et les débutants sont surreprésentés dans l’hôtellerie. Grâce au système de rémunération de la CCNT, ils peuvent exercer une activité correspondant à leur niveau de formation. Notons qu’avec un salaire minimum de 3691 francs (3407 francs x 13) pour le débutant non qualifié et un salaire moyen largement audelà de 5000 francs, l’hôtellerie rémunère correctement ses collaborateurs. Ce système est une condition essentielle pour créer et maintenir des emplois, tout en évitant les suppressions de postes. Imposer des salaires minima élevés dissuaderait les entreprises d’engager ces catégories de personnels et aurait un effet boomerang sur les travailleurs peu qualifiés, dont les chances de trouver un emploi s’amenuiseraient. Les salariés peu qualifiés seraient donc pénalisés, surtout dans les régions de montagne, où il existe peu d’emplois en dehors du tourisme. Fixer un salaire minimum valable pour toute la Suisse ne bénéficierait donc ni aux employeurs, ni aux employés : « Un salaire minimum généralisé est une mauvaise solution, du moment qu’il existe des conditions et des besoins différents selon les branches de l’économie. Il subsiste d’importantes différences entre les régions en matière de niveau salarial et de coût de la vie », assure Ruth Derrer Balladore, de l’Union patronale suisse (UPS). Pour les employeurs, un salaire minimum doit être fixé dans le cadre des contrats collectifs de travail. L’introduction de salaires minimums a notamment été favorisée par l’avènement de la libre circulation des personnes. Beaucoup de pays ont ainsi voulu protéger leur main d’œuvre nationale du dumping salarial. Depuis peu, l’Allemagne planche aussi sur l’introduction d’un salaire minimum. Berlin a annoncé que l’Allemagne allait passer à un salaire fixé à 8,50 euros de l’heure en 2015 (1800 francs par mois). Mais le projet d’Angela Merkel s’est heurté à des résistances, surtout au sein de son parti, la CDU. Malgré cela, l’Allemagne s’achemine vers un salaire minimum, même si c’est sous une forme plus légère avec des différences entre les régions orientales et occidentales. Ce n’est justement pas ce que prévoit l’initiative de l’USS en Suisse, où l’hôtellerie et la construction seraient fortement affectés par une acceptation de l’initiative. O.G. Des étoiles... ... et des casseroles à Christopher Rudolph Le directeur du Grand Hôtel du Lac et président des la Société des hôteliers de Montreux-Vevey a tiré sa révérence avec élégance. Christopher Rudolph (38 ans) a quitté le 5 étoiles veveysan qu’il a dirigé pendant sept ans pour gagner l’Afrique du sud, où il a vécu 16 ans dans la capitale économique de Johannesburg. Le demi-frère du basketteur Thabo Sefolosha a été nommé directeuradjoint du Four Seasons Hotel Westcliff de « Joburg ». Fixer un salaire minimum valable pour toute la Suisse ne bénéficierait donc ni aux employeurs, ni aux employés. @ Photo hotelleriesuisse aux détracteurs de Taoua La population lausannoise tranchera le 13 avril prochain « pour » ou « contre » la tour de Beaulieu. Le projet est combattu par un comité référendaire où s’agglutine un mélange hétéroclite d’élus de La Gauche, des Verts (rouges) et de l’UDC, ainsi que des mouvements citoyens comme le Collectif Beaulieu et le MDL : depuis des décennies, le Mouvement de défense de Lausanne tire sur tout ce qui bouge ou essaie de bouger dans le chef-lieu. O. G. 3 Montreux « Genève 2 à Montreux : une pub incroyable pour toute la Suisse » Directeur général du Montreux Palace, Michael Smithuis a accueilli le Secrétaire d’Etat américain John Kerry, un homme qui connaît bien la région et parle couramment français. « La conférence pour la paix en Syrie aura été une opportunité exceptionnelle pour toute la région et pour la Suisse, » confie Michael Smithuis au lendemain de Genève 2 hors-les-murs. « Tout s’est finalisé au dernier moment vu que les hôtels genevois étaient complets en raison du Salon international de la Haute-Horlogerie. C’est à la mi-décembre que tout s’est mis en place. Heureusement, le Sommet de la francophonie, qui s’est tenu à Montreux en octobre 2010, nous a servi de copier-coller, non seulement pour le service hôtelier, mais aussi pour l’aspect sécuritaire. Comme au Sommet de la Francophonie qui avait accueilli 70 chefs d’Etat et de gouvernement, 300 délégués et 600 journalistes quasiment à l’arraché en raison de la défection de Madagascar, Montreux a montré qu’elle savait improviser les grands évènements internationaux. Nous avons travaillé avec les mêmes services et les mêmes personnes, aussi bien la police que les fonctionnaires du Département des affaires étrangères. Ils connaissaient déjà le bâtiment. Comme tout a été organisé presque au pied levé, nous n’avions pas beaucoup de temps pour nous préparer. Le fait de se connaître déjà a bien facilité les choses ». « Montreux et ses environs ont accueilli une trentaine de délégations, 400 à 500 délégués et leur entourage, sans parler de plus de 1000 journalistes, poursuit le directeur hollandais. Incontestablement, la délégation la plus importante a été celle des Etats-Unis. Elle a occupé une quarantaine de chambres chez nous et d’autres chez nos voisins du Suisse-Majestic. Nous avons également logé la délégation russe emmenée par le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, les Britanniques, les Français sous la houlette du ministre des affaires étrangères Laurent Fabius et les Nations-Unies. Le gouvernement de Damas et les membres de l’opposition syrienne ont logé au Royal Plaza et au Suisse Majestic. Au sommet, l’aspect protocolaire a été géré par le Département fédéral des affaires étrangères à Berne et par l’ONU à Genève, mais 4 nous avons regardé ensemble la répartition des chambres. La plus belle, la suite Quincy Jones, a été attribuée au plus haut « gradé », le vice-président américain John Kerry, pas seulement pour des questions de prestige, mais aussi pour des questions de sécurité, les Américains occupant tout l’étage situé en-dessous. » Une sécurité pointilleuse Les services de sécurité sont venus presqu’une semaine avant l’évènement pour examiner les alentours de l’hôtel, les chambres et suites avec des détecteurs de métaux. La veille de la conférence, les services suisses ont encore contrôlé le reste de l’hôtel, une collaboration entre les polices cantonales vaudoise et genevoise. Ils avaient mis en place tout un système de badges de couleur pour les différents accès, y compris ceux pour le personnel et pour les fournisseurs. Le Palace a dû établir une accréditation pour chacun, de même que pour certaines entreprises en cas de panne d’ascenseur ou d’électricité. Les ressources humaines du Palace ont dû envoyer une liste complète de nos employés, une semaine auparavant avec les noms et photos de chacun pour dresser leur badge. Un deuxième badge spécial a été délivré pour les employés de service en contact direct avec les délégués. Au total cela a concerné 230 employés plus quelques extras habitués à l’établissement. Quant aux journalistes, ils ne pouvaient entrer qu’au centre de congrès, seuls quelques photographes et cameramen ont pu venir faire des photos le matin même de la conférence. L’avenue Claude Nobs qui longe la façade sud de l’hôtel a été bloquée à la circulation, un véritable no men’s land contrôlé discrètement par l’armée. Les clients à l’année du palace montreusien ont été au bénéfice d’une accréditation, mais le spa de même que les restaurants sont restés fermés au public. Chaque délégation a payé un arrangement forfaitaire convenu vu que les chambres ont été bloquées pendant quatre jours. C’était le même tarif pour chaque délégation et qui aurait aussi été payé si la conférence avait dû être annulée. Michael Smithuis a eu le privilège de serrer la main du Secrétaire d’Etat américain et de converser quelques instants avec lui en français, une langue que John Kerry maîtrise couramment. Durant son enfance, lui et ses parents ont passé souvent leurs vacances d’été en France dans leur maison familiale de Saint-Briac-sur-Mer, en Bretagne, où il a fréquenté son cousin germain, le politicien « vert » et ancien ministre de l’environnement français Brice Lalonde, le fils de sa tante Forbes. A l’âge de onze ans, alors que ses parents habitent à Montréal, au Canada, John Kerry a même étudié en Suisse à l’internat Montana situé sur les hauts de Zoug. C’est dire si l’homme politique américain s’est trouvé en territoire ami : « Il adore la région. Je lui ai offert le livre consacré aux 100 ans du Montreux Palace, avant qu’il ne reprenne l’hélicoptère à Villeneuve pour rejoindre le Word Economic Forum à Davos ». Michael Smithuis a aussi pu dialoguer en anglais avec le ministre russe pour évoquer la présence au Montreux Palace de l’écrivain Vladimir Nabokov (« Lolita »), décédé à Lausanne en 1977. Des retombées pour 70 millions « Toutes ces délégations se sont croisées dans l’hôtel, ont pris leurs repas ensemble avant de se pencher sur la paix en Syrie, c’est vraiment une bonne image pour toute la Suisse, analyse le directeur. Dans le monde entier on a parlé de Genève 2, puis de Montreux avec de magnifiques images sur CNN ou CNBC. Le jour de la conférence, c’était une véritable carte postale avec le ciel bleu et le soleil. Pour le Montreux Palace avec ses stores jaunes abaissés, on ne pouvait rêver mieux ». Les spécialistes de l’événementiels évaluent les retombées en termes d’image à 70 millions de francs, un chiffre jugé crédible par le syndic Laurent Wehrli, qui a aussi pu serrer la main de John Kerry. Les palaces environnants ont également récolté les fruits de la conférence. A Lausanne, des délégations du MoyenOrient ont été logées au Beau-Rivage et au Lausanne Palace, soit au total entre 1400 et 1800 pour toute la région, et qui plus est à une période creuse de l’année : « Une troisième conférence internationale ? Montreux ne dirait pas non : nous avons montré nos aptitudes et nos disponibilités. Le fait que les participants peuvent effectuer tout leurs déplacements à pied est un avantage énorme, sans qu’il y a ait beaucoup d’inconvénients pour les alentours ». Olivier Grivat Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 Montreux Le syndic de Montreux Laurent Wehrli et le directeur du Fairmont Montreux Palace Michael Smithuis entourent John Kerry dans le hall du palace vaudois. Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 5 Lavaux Le Baron Tavernier à l’heure chinoise patients les plus atteints, ce qui est logique. Nous ressentions le besoin d’offrir une structure d’accueil adaptée à cette patientèle. Jusqu’à présent, nous avions beaucoup travaillé avec le Beau-Rivage à Lausanne ou le Montreux Palace avant de s’intéresser au Baron Tavernier ». Différents investisseurs, dont des Chinois et un biologiste Investisseurs de Hong Kong ? vaudois ont racheté à son propriétaire grec l’hôtel de Chexbres pour le transformer en partie en une clinique destinée à la clientèle asiatique. Reste un problème à régler : le changement d’affectation… Dans le hall du Baron Tavernier, un groupe de touristes chinois devise gaiement. C’est le jour même du Nouvel-An chinois pour les 1,3 milliard d’habitants qui entrent (au galop) dans l’Année du Cheval. Au 3e étage des artisans repeignent les murs et ôtent la moquette pour transformer les chambres en cabinets médicaux destinés à la nouvelle clinique Eden + Suisse. Installée au dernier étage de l’hôtel, elle porte le nom de Douglas Eden, un biologiste lausannois de 45 ans – père allemand et mère jurassienne – qui gère avec son épouse chinoise, la société Swiss Vitality Cells Laboratoire à Montreux. Cette société pharmaceutique exporte des médicaments homéopathiques suisses vers la Chine : « Mon épouse est de Shanghaï, explique Douglas Eden. Elle fait venir des patients chinois dans différentes cliniques en Valais et à Lausanne. Malheureusement, les cliniques ont souvent des structures d’accueil mal adaptées à cette clientèle de luxe. Elles réservent les chambres de ce type aux Racheté en 2005 à la BCV par le Grec Léonidas Katsaitis, l’ancien hôtel Bellevue a subi sous son règne une cure de jouvence qui a vu le 4 étoiles s’équiper d’un spa et d’un restaurant panoramique situé de l’autre côté de la route, le Deck, qui connaît l’affluence les jours de beau temps. En hiver, les convives se rabattent sur le restaurant du Baron Tavernier. A quel prix l’établissement a-t-il été vendu ? Des chiffres exorbitants circulent, mais Douglas Eden calme le jeu : « C’est une question d’appréciation. Vu l’emplacement exceptionnel, la vue, les travaux de rénovation et les nouvelles chambres, le spa et le Deck, les investisseurs ont estimé le prix justifié ». Biologiste de formation après avoir travaillé dans le commerce de vélos et l’informatique, Douglas Eden est l’un des nouveaux investisseurs de l’hôtel de Chexbres Baron Tavernier et de la nouvelle clinique Eden. (photo O. Grivat) 6 Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 Lavaux Le nom des nouveaux acquéreurs n’est pas davantage dévoilé : « L’un des investisseurs possède la majorité, mais ce n’est pas moi. Nous avons décidé de ne pas dire qui était majoritaire pour éviter des tensions entre les partenaires ». Leur origine reste aussi confidentielle. Leur nombre n’est du reste pas complètement arrêté. En Chine, il n’y a pratiquement pas de rendement pour les investisseurs, d’où l’intérêt de placer une partie de son argent en Occident, histoire de ne pas mettre tous ses œufs (d’hirondelle) dans le même nid. Il y a aussi la question du prestige, avoir un hôtel en Suisse, c’est chic. Sur le papier, c’est la société BT Gestion SA (BT pour Baron Tavernier) qui a été rachetée par un transfert d’actions : « Elle va continuer à être propriétaire de l’hôtel et à assurer l’exploitation de l’établissement. Ce qui « Il n’y aura pas des gens en blouse blanche ou en fauteuil roulant dans la salle à manger… » est nouveau c’est qu’il y aura une clinique qui va se créer, plus exactement un cabinet de groupe, pour reprendre les termes techniques de l’Office fédéral de la santé publique. Il louera une partie des locaux à BT Gestion ». « Un noyau dur de médecins sera créé et comprendra des spécialistes de différentes branches (pneumologues, rhumatologue, hématologues, etc.), poursuit le nouveau maître des lieux. Le Baron Tavernier sera avant tout une structure d’accueil pour des check-up avec un cabinet de médecine esthétique. Les traitements médicaux lourds seront sous-traités dans les cliniques appropriées à chaque spécialité. Aux patients venus pour un check-up ou un traitement anti-âge, il sera proposé des séjours d’une semaine sous la direction d’une diététicienne, ce qui leur permettra un suivi durant toute la semaine : « Il s’agira de voir quelles sont les habitudes alimentaires des patients, de la corréler avec leur analyse sanguine et de leur proposer un régime adapté à leur style de vie. Nous travaillons aussi beaucoup avec l’alimentation pour arriver à servir de la cuisine diététique de qualité ». Dans la salle de séminaire, un cabinet de médecine esthé- tique sera installé et le fumoir à cigares sera réhabilité en bar à jus de légumes ! L’hôtel de Chexbres se partagera en deux activités : l’hôtel avec 24 chambres (au lieu de 28) et la clinique avec deux cabinets médicaux et un bureau d’accueil. L’établissement comprendra deux restaurants. Le Deck en été et le restaurant d’hiver désormais ouvert toute l’année, 7 jours sur 7 : « Il va falloir engager du personnel pour l’été et améliorer le rapport qualité-prix, quitte à rogner un peu sur nos marges et améliorer le service qui était un point faible, selon les observations relevées sur les sites internet ». Un cuisinier chinois a été engagé pour concocter des mets d’inspiration plutôt asiatique et des mets plus spécifiquement chinois pour les pensionnaires qui ont de la peine avec la cuisine européenne. « En été le Baron Tavernier tournait avec 56 employés. Sachant que le restaurant d’hiver était fermé en saison estivale, nous allons dépasser les 60 employés en été ». Le spa restera ouvert au public. Une forte proportion de Chinois Le Baron Tavernier a-t-il inventé une nouvelle appellation de « clinôtel » ? « Ce n’est pas nouveau, réplique Douglas Aden. A Montreux, la clinique Biotonus est située dans un hôtel, d’autres palaces font l’inverse avec des médecins qui ont installé leur cabinet dans des suites. Ils sont certes moins bien délimités. Biotonus est très clinique et le Montreux-Palace très… palace ! Nous ferons plutôt du 50-50, mais les gens n’auront pas l’impression d’être dans une clinique. Nous allons garder un visuel hôtel et restauration. Il n’y aura pas des gens en blouse blanche ou en fauteuil roulant dans la salle à manger. C’est aussi le souhait de nos patients qui ne veulent pas avoir l’impression d’être logés dans une clinique. Ils viennent pour de la médecine de bien-être, pour prévenir les problèmes, pour des check-up avancés et ce ne sont pas des malades aigus ». Grâce à Swiss Vitality, Douglas Eden et son épouse peuvent se vanter d’avoir tissé un très bon réseau avec la Chine, avec des connections dans le médical et le paramédical : « Les Chinois ont prêts à payer des sommes relativement importantes pour des séjours de luxe. On y inclut le vol en business ou en first-class, des visites, du shopping, des tours à Evian, à Lucerne ou à Interlaken. Ce sont des packages relativement coûteux, mais qui sont fonctions des prestations offertes », explique Douglas Eden. Contrairement à d’autres, nous travaillons en Chine avec des établissements médicaux et paramédicaux pour assurer un suivi à nos patients et garder le contact ». « Concernant les cellules fraiches de mouton dont les Chinois sont friands, la loi suisse ne permet pas tout. Certaines cliniques trouvent des solutions inventives en restant dans le cadre légal. C’est pour cela que dans la clinique Eden, je souhaite rester le seul actionnaire. Pour être sûr de ne pas être mis sous pression par les investisseurs et n’effectuer que des traitements autorisés. La médecine chinoise utilise de façon intensive des extraits d’animaux spécifiques pour des traitement spécifiques. La corne de rhinocéros, la panse de poissons, la méduse, des salamandres, autant d’animaux qu’ils ont corrélé avec des traitements depuis des milliers d’années. Dans leur mentalité, si on leur dit que les cellules de moutons vont les faire rajeunir, ils ne vont pas exiger une explication scientifique. C’est l’effet placebo. Quant à nous, nous n’injectons pas de cellules de moutons. Nous ne les pratiquons que par voie orale. » L’ouverture est imminente, mais il manque encore à ce stade l‘autorisation de l’Office fédéral de la santé publique. Pour le syndic de Puidoux, René Gilliéron, l’implantation d’une clinique privée sur un étage de l’hôtel est clairement un changement d’affectation et nécessite une mise à l’enquête en bonne et dure forme. Olivier Grivat Le Baron Tavernier doit être partiellement transformé en clinique pour la clientèle chinoise. Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 7 Environnement « Réduire la pollution due aux produits chimiques dangereux » Le Dr Jean Stalder est le président de PAN-Swiss (Pesticide Action Network) qui se soucie des conséquences des perturbateurs endocriniens pour l’organisme. – Quels sont les dangers des perturbateurs endocriniens (PE) ? – Le problème est méconnu au départ pour des raisons techniques. Jusqu’à présent, leur danger n’était pas mesurable. Maintenant de nouvelles technologies permettent de le faire. Des sciences plus affinées ont permis de sortir du fameux paradigme de Paracelse « tout est poison, rien n’est poison, tout est une question de dose ». Cela n’est pas vrai pour les micropolluants. A des doses extrêmement faibles, ils peuvent entraîner des effets catastrophiques. Ce n’est plus une simple question de dose. Ces dernières années, 80’000 produits chimiques de synthèse ont été commercialisés. Ils n’existaient pas dans la nature. Près de 2000 autres produits s’ajoutent à cette liste chaque année. Au moins 1200 possèdent des propriétés pouvant interférer avec le système endocrinien. – Pourquoi se focaliser contre ces pesticides et ces biocides ? – Plusieurs centaines de produits chimiques organiques de synthèse sont connus pour être des perturbateurs du système endocrinien. Aucun des produits chimiques largement utilisés par l’industrie aujourd’hui n’a été testé de façon appropriée sur ses effets de perturbation du système endocrinien. C’est une science relativement nouvelle. Nos normes de qualité n’ont pas eu le temps de s’adapter. Les PE peuvent avoir des effets à faibles doses qui ne sont pas prévisibles. Toutes les analyses de PE doivent porter sur les organismes à différents âges, ainsi que sur leur descendance. Ces analyses doivent examiner l’exposition en bas âge, lorsque le corps se développe et qu’il est le plus vulnérable aux interférences. De nombreuses années peuvent s’écouler entre le moment de l’exposition (vie intra-utérine) et l’apparition de perturbations, par exemple dans le développement sexuel. Il est impossible de disposer d’un groupe témoin, car toutes les populations sont actuellement contaminées à différents degrés par différents mélanges. Boire de l’eau est peut-être la principale source d’exposition du corps humain aux PE, mais il y a aussi les aliments et les boissons (le vin) contenant des résidus de pesticides agricoles, les détergents utilisés dans 8 la production alimentaire et les matériaux en contact avec les aliments, notamment le BPA contenu dans la résine d’époxy utilisée à l’intérieure des boîtes de conserve et des cannettes de boissons. On en trouve aussi dans les produits animaux du fait de la bioaccumulation dans la chaîne alimentaire et dans les aliments importés depuis des endroits du monde où des pesticides règlementés ou interdits sont toujours utilisés (DDT notamment). Des biens de consommation comme les tétines, le papier thermique (tickets de caisse), les cosmétiques et les parfums, les retardateurs de flammes dans les tissus et dans les matériaux de construction en contiennent aussi, de même des produits pharmaceutiques (antidépresseurs, médicaments contre le diabète). – Les femmes enceintes, les enfants et les adolescents sont en première ligne… – Les PE constituent des menaces différentes à différents stades de la vie. Y être exposé durant la grossesse, l’enfance ou l’adolescence peut avoir des effets différents que lorsqu’on y est exposé à l’âge adulte. Un fœtus, un nouveau-né, un enfant et un adolescent sont plus facilement affectés par des « On est le pays le plus laxiste d’Europe occidentale en matière de système pénal pour ce qui concerne la drogue... » PE, car ils peuvent perturber le bon développement des tissus et de leurs fonctions. Les dégâts peuvent apparaître à des concentrations bien plus basses que celles qui peuvent être considérées comme nocives pour un adulte. L’exposition d’adultes à des PE peut aussi provoquer d’autres atteintes à la santé, mais elles sont plus facilement réversibles grâce aux mécanismes de protection dont dispose un corps adulte (réparation de l’ADN, système immunitaire mature, enzymes de détoxification, métabolisme du foie, etc.). – Comme pour l’homéopathie, des doses infinitésimales sont à même de transmettre un pouvoir bénéfique, ou maléfique pour les PE… – C’est différent. Avec l’homéopathie, on parle d’une dilution correspondant à une molécule dans l’océan. Les doses dont on parle là sont des doses mesurables. Les appareils les mettent en évidence. Je n’ai pas de religion en matière d’homéopathie ; ce n’est pas du même ordre et pas mesurable avec les instruments de l’allopathie. Pour les PE, personne ne conteste leur présence dans la nourriture et dans l’eau. – Quelle est l’attitude de l’industrie ? – Nous n’allons pas nous heurter de front à l’industrie. Prenez les phosphates dans les lessives. Lorsque l’industrie a compris qu’en substituant un autre produit aux phosphates, elle tenait un argument de vente, elle a changé ses méthodes de fabrication. Aussi longtemps que tout est légal et que les consommateurs achètent leurs produits, ils continueront de les vendre. Mais l’industrie ne va pas réagir sans une demande du public. Regardez les produits labellisés. Les grandes surfaces se sont mises au bio parce qu’elles y trouvent un intérêt. – C’est un problème d’information de la population… – Il y a en fait deux niveaux différents avec la mise en réseau de compétences des scientifiques et un relai politique nécessaire. Par exemple pour le traitement des eaux contaminées par les modificateurs endocriniens des pilules contraceptives. On ne connaît pas encore exactement leur influence sur l’Homme, mais on a constaté que des truites du lac changent de sexe. Des mâles deviennent femelles et des femelles deviennent stériles. Ils nagent dans l’eau que nous buvons. Actuellement on a de la peine à traiter les eaux de manière satisfaisante, même si on peut les filtrer avec des systèmes à charbon actif ou l’ozone. Mais cela coûte quasiment le triple du traitement normal d’un mètre-cube d’eau. On essaie d’obtenir de modifier la charge polluante au départ plutôt qu’à l’usine de retraitement. Que ce soit dans les ménages, l’industrie pharmaceutique ou les hôpitaux universitaires comme le CHUV qui dégage une quantité non-négligeable de micropolluants. Nous mettons ces partenaires en contact. On constate aussi que les intestins de poissons contiennent des particules de plastic qui peuvent aussi entraîner des perturbations endocriniennes. Ce n’est certainement pas bon pour celui qui les mange. Jusqu’à présent on pensait que le problème était concentré dans les mers et les océans, or le Léman connaît aussi ce problème. De même le saumon norvégien, qu’il soit d’élevage ou de la mer du Nord. – Que devrait-on modifier à notre comportement ? – Une expérience instructive a été menée aux Etats-Unis : une famille a été nourrie Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 Environnement « normalement » durant dix jours avec de la nourriture industrielle conventionnelle. On a ensuite analysé l’urine de ces volontaires pour voir ce qu’elle contenait comme micropolluants. Ils ont repris ensuite les mêmes familles pendant une autre période de dix jours, en leur faisant manger sainement des produits frais et de saison. On a vu diminuer de façon considérable la concentration de micropolluants. Il est aussi conseillé de diversifier les sources d’approvisionnement. Ne pas acheter ses œufs au même endroit, varier les producteurs. Le problème est que, même en Suisse, on n’a plus beaucoup de sols non-pollués par des pesticides et fertilisants. L’association PAN appelle à réduire l’utilisation des pesticides dans l’agriculture, dans l’emballage et la manutention des aliments, dans les centres récréatifs et sportifs ainsi que dans les espaces publics, avant tout les écoles, et dans les espaces privés. Elle appelle à ce que des mesures préventives immédiates soient prises, comme une information de base aux femmes enceintes et dans les écoles. Les jeunes filles devraient être tout spécialement protégées d’une exposition aux PE. – L’industrie alimentaire est-elle prête à vous suivre, comme Nestlé à Vevey ? – Nous aurons sans doute son appui dans la phase suivante. Il est important de faire bouger les choses. Qui peut le faire mieux qu’une grande société comme Nestlé placée au cœur du problème ? Même si l’industrie alimentaire n’est pas désintéressée, qu’importe. Il y a un réseau qui se met en place. Chacun agit en fonction de sa part d’intérêt et chacun va tirer à la même corde, même si les motifs ne sont pas tout à fait identiques pour tous. Il n’est pas question de créer une panique qui va entraîner une anorexie générale de toute la planète. La population ne va se mettre à planter des choux dans son jardin potager. Notre but n’est pas d’éradiquer le mal, mais d’en diminuer les effets chaque fois que cela peut se faire raisonnablement. Propos recueillis par Olivier Grivat Les perturbateurs endocriniens ? Les PCPE sont des produits chimiques qui ne sont pas créés par l’organisme. Ils peuvent interférer avec le fonctionnement de notre système endocrinien à cause de leurs structures chimiques similaires à celles des hormones. Les plus connus sont le bisphénol A (BPA, contenu dans le polycarbonate), l’atrazine, glyphosate et le DDT (pesticides), les dioxines, les substances similaires tels les polychlorobiphényles (PCB) qui se concentrent dans la chaîne alimentaire et s’accumulent dans le corps humain, notamment les tissus adipeux. Problèmes de santé provoqués par les PE –cancers de la prostate, des testicules, du sein, des ovaires et du système lymphatique ; –perturbations du système immunitaire et maladies auto-immunes (arthrite rhumatoïde, allergies, diabète de type 2, lupus érythémateux disséminé) ; –développement sexuel retardé, diminution de la qualité et du nombre de spermatozoïdes, malformations génitales et puberté précoce ; – obésité et syndromes métaboliques ; – désordres neurologiques (déficit de l’intelligence et de l’attention, etc.). www.panswiss.org ou [email protected] Le Dr Jean Stalder en compagnie de Margaret Bergen, consultante de PAN Swiss, filiale de PAN Europe à Bruxelles. Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 (photo O. Grivat) 9 Nouveau Le Crans Ambassador (re)vient sur la montagne Racheté aux enchères en 2007 par le fils de la chanteuse Marie Laforêt (« Viens sur la montagne », « Que calor la vida », etc.), le 5 étoiles valaisan revit une deuxième jeunesse. Le confort, la vue et l’amabilité de son personnel sont ses points forts. « Anne ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ? » Après des années d’attente, d’oppositions et de travaux interminables, le Crans Ambassador a repris vie cet hiver au cœur de la station chic valaisanne. Le 5 étoiles aux formes de pyramide de verre, de bois et de métal doit cette deuxième jeunesse à Jean-Mehdi Azuelos. Ce financier d’origine marocaine est le fils de la chanteuse Marie Laforêt, qui vit à Genève depuis 1978 et qui possède aussi la nationalité suisse. Sa sœur Lisa est la réalisatrice du film LOL. JeanMehdi a fondé, en 2008, un groupe doté de trois établissements (450 chambres en tout) : le Los Monteros (5 étoiles) et le Guadalmina Golf Hotel (4 étoiles) à Marbella (Espagne) et le Crans Ambassador (groupe Normaah Ambassador) en Valais. Les heures de gloire de Mességué Le Crans Ambassador a connu ses heures de gloire sous le règne de Maurice Mességué dans les années 70. Le célèbre herboriste et écrivain français assure avoir soigné plusieurs grands de ce monde comme l’actrice Mistinguett, le grand Winston Churchill, le peintre Utrillo, Jean Cocteau, le chancelier Konrad Adenauer et le coureur cycliste Raymond Poulidor. Ce fils d’un paysan du Gers s’est occupé des malades chroniques délaissés par la médecine officielle. Il en paiera le prix et sera poursuivi à plusieurs reprises par l’Ordre des médecins français. Fondateur de l’Institut Maurice Mességué en 1994, il est considéré comme l’un des précurseurs de la phytothérapie anticipant de plusieurs longueurs un mouvement vers un retour à l’utilisation des plantes en matière de bien-être et de beauté. Avec l’aide de Jacky Maisonneuve, il crée à Crans le Centre de cure Mességué, mais la société sera mise en faillite en 2005. Pour un montant de 15,6 millions de francs, Jean-Mehdi Azuelos rachète le Crans Ambassador en 2007. Mais des problèmes surviennent avec les copropriétaires qui possèdent des appartements dans le complexe hôtelier. Ils s’opposent systématiquement aux transformations. L’hôtel qui devait ouvrir en 2010 n’est pas prêt à la date fatidique et des difficultés surviennent avec les entreprises de construction. Quelques recours, quelques maîtres de travaux et directeurs plus tard, l’hôtel rouvre enfin ses portes sous son immense toit à deux pans en juin 2013 : « Les espaces s’inspirent d’une géométrie simple, de lignes pures et de matériaux nobles. L’architecture se met au service de la nature et des Alpes afin de faire de l’environnement le héros », résume l’architecte Pierre Gervais, installé à Crans. Le coût des travaux de rénovation reste un secret bien gardé. Tout juste sait-on qu’il a nécessité un nouvel apport de capitaux Les chambres donnent pour la plupart sur un formidable paysage panoramique. 10 Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 Nouveau Monte-Carlo. Au terme d’une procédure de classification, hotelleriesuisse lui a attribué la certification « 5 étoiles Wellness I : « Ameublement et décoration de luxe offrant un confort de tout premier ordre. L’ensemble dégage une impression de complète harmonie des formes, couleurs et matériaux ». Par rapport à son prédécesseur, le Crans Ambassador avait besoin d’espace et de matéLe Crans Ambassador a gardé sa forme pyramidale. © Eric Cuvillier riaux neufs. Jean-Mehdi Azuelos en a créé dans les parties communes. Le bar-lounge, baptisé avant son inauguration officielle en sep180 degrés » en référence aux larges baies tembre 2013 : « L’été a fort bien marché », vitrées qui ouvrent sur un panorama unique assurait alors Jean-Mehdi Azuelos. Omega de 200 km de sommets alpins, n’existait pas. y a réservé les 60 chambres du complexe Il en fait un lieu de vie, avec un espace de pour l’European Master de golf. Après jeu, de détente et d’échange, ses tables de avoir été très discret ces dernières années, restaurant servant une cuisine rapide à toute le patron du Crans Ambassador rénové se heure. Les canapés moelleux, le crépitement confie aux médias : » Quand je suis arrivé en du feu dans la cheminée, les notes de piano 2007, je ne connaissais pas le Valais. L’hôtel en arrière-fond et les matériaux (bois, pierre était fermé et se trouvait dans des difficulet cuirs) renforcent ce sentiment. L’hôtel de tés inextricables. Cela n’a pas été de tout 60 chambres (dont 8 suites) veut offrir un repos. Nous avons dû surmonter beaucoup caractère familial et convivial en dépassant d’adversité, d’interférences et de contrariéles codes du luxe standard. En témoignent tés. Mais l’on savait très bien qu’une fois l’uniforme relax des employés, une machine l’hôtel rouvert, tout cela ne serait que souà café Nespresso en self-service au petitvenir. Aujourd’hui, c’est une belle histoire déjeuner, la carafe d’eau sur la table et les qui commence. » jeux de société. Les chambres comportent des œuvres d’art sélectionnées par Pierre Venu de Monaco Keller, le directeur de l’ECAL. Sous la houlette du nouveau directeur général Eric Bagriot, qui a succédé à Olivier Brugère et à Jean-Marc Boutilly dont la mission était de mener à terme les rénovations, le Crans Montana a trouvé son rythme de croisière. Le Français Eric Bagriot était précédemment directeur général du Novotel en faire une référence dans le segment du bien-être, sur les modèles des cures Mességué qui ont fait la renommée de l’établissement. Une activité qui devrait permettre une ouverture annuelle, même si le type de cure doit encore être défini d’ici à l’été 2014. Le Crans Ambassador ne se veut pas un simple hôtel 5 étoiles, mais un Luxury Sport Resort. L’hôtel situé au pied des pistes dispose d’un « shop Lacroix » qui permet aux skieurs de trouver chaussures et skis à leurs pieds. Le spa 360° de 1300 m2 avec sa piscine chauffée à 28 degrés, sauna et hammam dispense des massages de grande qualité. Quant à la cuisine, elle a été confiée au Français Olivier Androuin, chef du restaurant La Véranda à La Baule. Il pratique une cuisine inventive mais pas prétentieuse et savamment présentée. Le service y est particulièrement attentif. Juste à côté, un « Café Hublot », du nom de la manufacture de montres chère à Jean-Claude Biver, sert raclettes et fondues sous le portrait d’un armailli qui ressemble diablement au patron des montres de LVMH. Simplicité, authenticité, c’est la vision du luxe que le Crans Ambassadeur veut instaurer sous le label de « Luxury Sport Resort », cela dans des fourchettes de prix abordables « sans s’asphyxier dans les stratosphères de Gstaad ou Courchevel ». Le sens de l’hospitalité compte aussi comme une valeur essentielle pour les 50 collaborateurs : « Il s’agit non seulement de rendre service, mais surtout de savoir recevoir et anticiper les attentes des clients afin de faire vivre aux hôtes le meilleur de Crans- Montana ». Olivier Grivat Un hôtel « sport de luxe » Le retour du Crans Ambassador porte à quatre le nombre de 5 étoiles dans la station (309 chambres), alors que d’autres projets hôteliers fleurissent sur le Haut-Plateau. Autre ambition du nouveau propriétaire, il voudrait Crans Ambassador 3 Rte du Petit Signal CH-3963 Crans-Montana T +41 027 485 48 48 www.cransambassador.ch Le spa et sa piscine sont l’un des points forts de l’établissement valaisan. Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 11 Interview «Construire un vrai groupe hôtelier autour de VictoriaJungfrau Collection» Le Valaisan Antoine Hubert et le Français Michel Reybier ont remporté l’OPA sur le groupe de luxe basé à Interlaken (BE). Aevis, la holding du groupe vaudois de cliniques privées Genolier Swiss Medical Network (GSMN), détient près de 62% du groupe hôtelier bernois Victoria Jungfrau Collection. – A quel prix reviennent le VictoriaJungfrau d’Interlaken, le Palace Luzern, l’Eden au Lac à Zurich et le Bellevue Palace à Berne ? – Au final cela fera 85 millions pour les quatre hôtels. C’est un prix raisonnable, si l’on considère la valeur intrinsèque, mais seulement deux des quatre établissements appartiennent à la société : le Bellevue est propriété de la Confédération et le Palace Luzern du Credit suisse Hospitalty Fund. Quand Michel Reybier et moi avons repéré cette opportunité, ce groupe de quatre hôtels avait un renom fantastique mais une rentabilité déclinante. Il manquait une vision et une philosophie d’actionnariat. La société a vu ses marges et son prix par chambre s’éroder au fil des années Nous avons commencé à acheter des actions sur le marché à 170-180 francs. Quand nous avons lancé notre OPA au cours de 250 francs, cela faisait déjà une belle prime pour les actionnaires. Il y a eu ensuite la contre-offre de la famille Manz, à 277 francs. Nous avons alors négocié une offre amicale avec le conseil d’administration de Victoria et porté notre offre à 305 francs. La famille Manz a proposé ensuite 310 francs, prix sur lequel nous nous sommes alignés. Finalement ce groupe SPH, avec seulement 4% des parts, a renoncé, nous laissant le champ libre. Le défi va être de repositionner ces hôtels, d’en faire de véritables 5 étoiles et de revenir à de justes tarifs pour ce type d’établissements. – A cette fin, vous allez devoir investir beaucoup d’argent ? – Il faudra investir probablement entre 50 et 100 millions dans les cinq prochaines années, mais nous avons fait une offre sur la base des seules données publiques. Dès 12 que nous serons dans le cockpit, nous allons travailler avec le management du groupe et des hôtels sur un projet précis pour chaque établissement. – Vous avez affirmé vos intentions de doubler la taille du groupe hôtelier… – Michel Reybier détient déjà une participation dans les Hôtels Seiler à Zermatt. Aevis Holding a d’aillleurs fondé une filiale dédiée à l’hôtellerie avec Me Christian Seiler comme président. C’est une figure bien connue de l’hôtellerie suisse, il incarne la tradition hôtelière suisse, l’homme parfait pour prendre la présidence d’une telle entreprise. Il est envisagé qu’il regroupe ses hôtels dans cette entité. L’idée est de constituer un groupe d’une dizaine de 5 étoiles. D’autres palaces sont à vendre, mais nous sommes actuellement dans un système où les prix sont faussés par ces palaces achetés au prix fort par des fonds souverains ou de richissimes propriétaires qui ont payé des prix ne permettant pas d’être rentables. Ce n’est pas notre vision. En achetant ces quatre hôtels pour 85 millions, même en réinvestissant 50 à 100 millions, cela nous donne un prix de revient maximal de 200 millions de francs pour 550 chambres. Et cela dans des emplacements extraordinaires: Interlaken est l’un des endroits les plus visités de Suisse avec une hausse de la clientèle du Golfe de 30%. Ces clients sont prêts à payer 1000 francs la chambre à Genève ; or, quand ils viennent à Interlaken, ils ne paient que 350. Ils auraient les moyens de payer davantage, mais il faut que le produit soit à la hauteur de leurs attentes. Pareil pour Lucerne, Berne et Zurich. Tous les emplacements sont excellents. Il ne nous reste qu’à trouver le juste positionnement des établissements dans leur environnement. – Quelles sont les autres villes où vous devriez être présents ? Lausanne ? Genève ? – Nous sommes déjà à Genève avec La Réserve qui appartient à la famille Reybier. Il faudrait une destination en Engadine et probablement au Tessin. Nous n’avons pas de visées particulières sur Lausanne. Il y aura des synergies qui pourraient être mises en place avec Jean-Jacques Gauer et François Dussart déjà au conseil des Hôtels Seiler. On se parle régulièrement, mais nous n’avons pas nécessairement besoin d’être mariés pour travailler ensemble ! – Quelles sont les synergies avec les cliniques du groupe Genolier ? – Le mangement de Genolier s’occupe uniquement des cliniques. Il n’y a pas de liens si ce n’est peut-être à travers Michel Reybier et moi. Le poids des deux groupes est à peu près dans la même proportion que le nombre de cliniques et d’hôtels : 15 cliniques d’un côté pour 500 millions de chiffre d’affaires en 2014. GSMN vise une vingtaine de cliniques à terme, mais il faudrait qu’il y ait des cliniques « A quelques exceptions près, l’hôtellerie suisse n’est pas à la hauteur des attentes… » à vendre dans des endroits qui nous intéressent. Le rapport est donc de 5/6, puisque les quatre hôtels totalisent 80 millions de chiffre d’affaires. C’est un début. L’intérêt de Viktoria-Jungfrau Collection est de pouvoir construire un groupe sur la base de ce noyau existant. Le management et l’organisation sont là, cela doit nous servir d’embryon pour la construction d’un pôle hôtelier. – Allez-vous garder tout le personnel ? – Les quatre hôtels emploient 700 à 800 personnes. Nous allons garder bien évidemment le personnel avec probablement quelques renforts. Le management en place a surtout souffert d’un manque de visions et d’alignements d’intérêts du conseil et des actionnaires. Cette société possède actuellement 35 millions en cash dans ses caisses. Elle avait donc les moyens d’investir, mais le conseil et le management avaient peut-être peur de déplaire à tel ou tel actionnaire qui aurait préféré toucher les dividendes plutôt que de réinvestir. – Aviez-vous déjà la passion de l’hôtellerie avant cette OPA ? – Nous ne nous serions certainement pas intéressés à Victoria-Jungfrau s’il n’y avait pas eu Michel Reybier dans notre conseil et notre actionnariat. Il a fait largement ses preuves dans ce domaine avec La Réserve à Genève, Paris et Ramatuelle. A ce stade, il n’est pas prévu d’intégrer ses hôtels dans le groupe, mais il y aura des synergies avec ceux-ci, comme d’ailleurs entre les cliniques et les hôtels : 30 à 50% des activités des cli- Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 Interview niques sont de l’hôtellerie. Nos directeurs de clinique sortent pour la plupart de l’Ecole hôtelière de Lausanne. C’est une activité avec des similarités et il y a certainement des synergies à exploiter au niveau des achats, des finances, du personnel… Au niveau d’Aevis, cela nous permet aussi de diversifier les sources de cash-flow, d’être moins dépendant du système d’assurances, etc. – Quel est votre modèle d’hôtel ? – Personnellement je suis un fan de La Réserve, mais ce qui me fascine avant tout dans un hôtel, c’est quand il est en adéquation avec la demande de la clientèle. Je me sens aussi bien à la cabane de La Tièche à Montana, où l’on mange sur des bancs en bois, que dans un palace. L’important, c’est l’attention que porte l’hôtelier à son hôte. Qu’il lui donne un service à la hauteur de son attente. On n’a pas le même service dans un palace ou une cabane, mais vous pouvez être déçus dans les deux. – Et les hôtels de chaîne qui se ressemblent tous ? – Cela n’a jamais été tellement ma tasse de thé, même si cela répond certainement à une demande. Mais l’on peut arriver au même résultat sans perdre le caractère de chacun des hôtels. Dans ce registre-là, Dorchester Collection avec le Beverly Hills à Los Angeles ou le Plaza Athénée à Paris est un modèle. Chaque hôtel a gardé ses caractéristiques. Idem pour Orient Express qui possède des hôtels de toutes sortes, mais où le client ignore souvent que cela fait partie de la même chaîne, que ce soit le Cipriani à Venise ou le Splendido Portofino. A New York, je descends toujours dans le même hôtel, le Lowell. Des hôtels qui ont du caractère, il y en a beaucoup. Le Copacabana Palace à Rio est mythique tout comme le Crillon à Paris. Les hôtels de Victoria-Jungfrau Collection sont déjà tous des Leading Hotels. Dans les 5 étoiles c’est un standard incontournable. – Quelle opinion avez-vous de l’hôtellerie suisse ? – L’hôtellerie suisse, de manière générale, est catastrophique. Quand on pense que la Suisse compte trois des dix meilleures écoles hôtelières au monde… Il n’y a plus beaucoup d’hôtels réellement aux mains d’hôteliers. Il y a eu trop de spéculation avec ces hôtels combinés à des chalets ou transformés en appartements privés. Dans un projet, si vous partez de l’idée que l’hôtel sera gratuit grâce à la promotion immobilière, ça aura l’air à court terme d’être une bonne opération, mais vous n’allez forcément pas positionner et gérer votre établissement de la même manière qu’un pur projet hôtelier. A quelques exceptions près, l’hôtellerie suisse n’est pas à la hauteur de ce que l’on pourrait en attendre. En revanche, je suis assez fasciné par des lieux comme Interlaken, Lucerne, St-Moritz et Zermatt, où 80% de la population adhère au tourisme. A l’op- Infôtellerie – Septembre 2013 – No 75 posé, vous avez des endroits comme CransMontana où certains commerçants ferment boutique entre midi et 14 h en pleine saison. Il reste beaucoup à faire pour réconcilier les Suisses avec l’hôtellerie en leur montrant que c’est une activité noble et nécessaire pour notre futur. A l’image de César Ritz, un Valaisan qui a eu le génie de créer des hôtels extraordinaires et posé les bases de l’hôtellerie de luxe, il faudrait par exemple faire du Bellevue le plus bel hôtel de Suisse. Quand les hôtes du Conseil fédéral viennent à Berne, ils devraient avoir le fleuron de l’hôtellerie suisse à leur service. – Le résultat des votations sur l’immigration vous inquiète-t-il ? – Ce qui m’inquiète, ce n’est pas tellement l’aspect pratique du personnel. On avait déjà des permis de travail avant la libre circulation, on en aura après. Le problème est davantage cette reculade et cet enfermement de la Suisse. Je vois un gros problème autour de la croissance : ces 80’000 personnes qui venaient chaque année en Suisse consommaient, achetaient un appartement, etc. Cette croissance risque de nous faire défaut. La Suisse attribue le passeport au comptegouttes. Des étrangers peuvent être là depuis six générations sans l’avoir. Si l’on appliquait les règles de naturalisation d’autres pays comme les Etats-Unis ou la France, on aurait beaucoup moins d’étrangers. Finalement on donne une image très négative du pays. Si l’on arrive régulièrement avec des initiatives xénophobes restreignant la liberté des gens et cassant l’image d’ouverture et de stabilité de la Suisse, c’est grave. mentation de capital, soit par emprunts obligataires. Depuis trois ans, on a fait toujours appel au marché à des taux très intéressants, le dernier à 3,2% pour 5 ans. Compte tenu de l’activité commerciale, ce sont de très bons taux. Propos recueillis par Olivier Grivat Antoine Hubert : né en 1966, domicilié à Crans-Montana, il a travaillé dans l’immobilier avant d’acquérir des participations dans la clinique de Genolier en 2002 et de fonder le Genolier Swiss Medical Network (GSMN) en 2004. Il en est l’administrateur délégué depuis 2009. Outre Genolier, le groupe possède des cliniques à Bâle, Soleure, Rothrist (AG), Winterthur et Zurich, Lugano-Sorengo et Gravesano (TI), Fribourg, Sion (VS), Lausanne et Glion s/Montreux (VD), Genève et Neuchâtel. Particularité : visite ses cliniques en hélicoptère. Michel Reybier : né en 1945, il est citoyen français, domicilié à Verbier et réside en Suisse depuis 1984. Il a dirigé une entreprise de supermarchés dans la région lyonnaise, une société de production de chocolat et de biscuits (Cemoi) et une entreprise de charcuterie (marques Aoste, Justin Bridou et Cochonou). Fondateur du groupe La Réserve, il possède 30% dans les Hôtel Seiler Zermatt, dont il est administrateur. Particularité : ne donne pas d’interview et ne figure sur aucunes photos. – Le franc fort ? – C’est l’excuse des mauvais pour leurs médiocres performances. En 1865, un franc suisse valait une lire italienne, un franc français et un franc belge, c’était l’union monétaire latine. La seule monnaie qui n’a jamais été dévaluée depuis lors est le franc suisse. Lorsque le franc français a passé à l’euro, ce n’était pas 4.50 franc, mais 450 francs de 1865. Le franc suisse s’est toujours apprécié au fil des ans, mais il est vrai que quand il s’apprécie de 20% en trois mois, ca fait mal. cependant le bloquer artificiellement à mon sens est une erreur, car notre pays affiche une santé financière supérieure et une pression fiscale modérée. Il est normal que notre monnaie s’apprécie. Bloquer le cours à Fr. 1.20, c’est tendre un élastique qui risque de faire mal quand il va lâcher. – Est-ce que vous avez les moyens de votre indépendance ? – On en a les moyens et l’on souhaite toujours s’en donner les moyens. Nous avons financé notre expansion, soit par aug- Antoine Hubert, administrateur-délégué de GSMN. 13 Gastronomie Le Bocuse d’or Suisse à un Alémanique Le lauréat du jury emmené par Frank Giovannini, le chef de l’Hôtel de Ville de Crissier, est Christoph Hunziker, de Thoune (BE). Il disputera la finale européenne à Stockholm en mai prochain. Deuxième de la dernière édition des Bocuse d’or Suisse en 2012, Christoph Hunziker connaît la musique. Le chef du Schärmehof à Thoune a déjà obtenu plusieurs trophées à Paris en Suisse. Un jury composé des plus grands chefs, où l’on reconnaissant Frédy Girardet, Philippe Rochat, Pierrot Ayer, Benoît Violier, Stéphane Decotterd et Didier de Courten, l’a couronné face à trois autres candidats, dont deux jeunes femmes, Elodie Schenk, de l’Auberge du Soleil de Bursins (VD) et Laure Anne Denis, du restaurant du Parc des Eaux-Vives, à Genève. Sous les yeux d’un nombreux public, les quatre candidats ont eu 5 heures 40 pour réaliser une assiette « poisson » : truite arc-en-ciel de 400 à 500 g la pièce, accompagnée de trois garnitures libres, un plat de viande : gigot et épaule d’agneau, accompagnés de trois garnitures dont une comprenant du Gruyère AOC. Révélateur de talents et tremplin vers une reconnaissance internationale, le Bocuse d’Or Suisse est la porte d’entrée au Bocuse d’Or Europe, qui aura lieu à Stockholm en Suède, les 7 et 8 mai prochains lors du salon Gastronord. C’était le moment fort d’un événement qui a rassemblé à Palexpo quelque 180 exposants, distributeurs et fabricants, et plus de 9850 visiteurs professionnels de la région franco-genevoise, soit une augmentation de 3,6% par rapport à 2012 : « La marque de fabrique de Sirha Genève, c’est avant tout la passion des métiers de l’hôtellerie et de la restauration, » a commenté Marie-Odile Fondeur, directrice de Sirha Genève et directrice générale du Sirha. La participation des exposants a progressé de 10% pour cette troisième édition. Malgré un climat économique morose, 9850 professionnels ont répondu présent, soit une augmentation de 3,6% par rapport à 2012. « Avec cette nouvelle édition, Sirha Genève s’impose comme le grand rendez-vous régional pour les professionnels du marché, et un tremplin pour les nouveaux talents grâce à ses deux événements prestigieux : le Bocuse d’Or Suisse et la sélection Europe de la Coupe du Monde de la Pâtisserie ». Les rois de la pâtisserie sont britanniques Sélection de la Coupe du Monde de la pâtisserie, l’épreuve a eu lieu pour la première fois à Genève. Cette compétition, d’une haute qualité gustative et artistique, créée Christoph Hunziker, le chef du Schärmehof de Thoune (BE), aura l’honneur de défendre la Suisse en mai prochain à Stockholm. 14 par Gabriel Paillasson et réunissant les meilleurs pâtissiers européens, représente le spectacle le plus grandiose de la Pâtisserie en Europe. Afin de célébrer ce rendez‐vous exceptionnel, Claire Heitzler, chef pâtissière du Restaurant Lasserre-Paris (deux étoiles Michelin) a été choisie comme présidente d’honneur. Elue chef de l’année 2012 dans le cadre des Trophées annuels organisés par la revue « Le Chef » et chef pâtissière de l’année 2013 par le guide Gault et Millau, Claire Heitzler est une star de la pâtisserie, en plus d’être une femme dans un univers majoritairement masculin. Le premier prix a été remporté par le Royaume-Uni qui est ainsi sélectionné pour la Coupe du monde 2015 avec Barry Johnson du Rococo Chocolate et Nicolas Belorgey du Cordon Bleu London devant la Suède (Frida Leijon de Günterska Hovkonditoriet Fredrick Borgskog de Dorsia Hotel & Restaurant) et le Danemark (Mads Kilstrup Kristiansen de La Glace Nichlas et Jamie Frese de Andersens Bakery). La Suisse a remporté la médaille en chocolat avec une 4e place décernée à Giuseppe Piffaretti de La Bottega del Fornaio Mendrisio et Tiziano Bonacina de Pasticceria Tiziano à Melide. Sirha Genève et la Coupe Europe, sélection de la Coupe du monde la pâtisserie, sont deux des salons professionnels organisés par le groupe français GL events spécialisé dans les métiers de l’événementiel (congrès et conventions, salons, expositions, etc.). Présent sur les cinq continents et dans 19 pays, le groupe compte 3896 collaborateurs de 56 nationalités et a réalisé un chiffre d’affaires de 824 millions d’euros en 2012. Il anime quelque 300 salons propriétaires et son portefeuille couvre de nombreux secteurs : agro-alimentaire, livres, textile, etc. Dirigée par Marie Odile Fondeur, la division agro-alimentaire affiche son savoir-faire dans le domaine de l’organisation de salons et d’événements destinés à toutes les formes de restaurations. Le plus emblématique est le Sirha, le rendez-vous mondial restauration et hôtellerie, et les Bocuse d’Or et Coupe du Monde de la Pâtisserie, dont les finales se déroulent pendant le Sirha, à Lyon, tous les deux ans. Les prochains salons organisés par la division agro-alimentaire de GL events Exhibitions seront Europain et SuccessFood du 8 au 12 mars 2014 à Paris avant le Sirha de Moscou (24 au 26 mars) et le Sirha Istanbul, en Turquie, du 27 au 29 novembre 2014. (cp/OG) Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 Lavaux L’Auberge du Raisin à l’heure de l’UNESCO Le vénérable établissement hôtelier situé aux portes du Patrimoine mondial vaudois a subi un coup de jeune, tout en restant en mains de la famille Gauer. « C’est mon père qui gérait déjà l’Auberge communale culliérane depuis 1959, je poursuis la tradition… » Jean-Jacques Gauer, l’hôtelier lausannois aux multiples casquettes, supervise avec son épouse Emeline, la gestion de l’Auberge du Raisin, ses dix chambres et ses salles de restaurant animées par un nouveau chef. Plus que jamais, l’Auberge du Raisin se présente comme une porte ouverte sur Lavaux, une enseigne gastronomique et hôtelière, où les visiteurs séjournent paisiblement et prennent le temps de découvrir les produits et vins du terroir, les charmes des chemins de vigne, des villages et de leurs nombreux caveau. Grâce à sa situation exceptionnelle, au cœur d’une région classée par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité, elle s’est donnée pour mission de porter loin l’étendard de la jeune commune de Bourg-en-Lavaux et touché le cœur des voyageurs qui y séjournent. Ils découvrent un paysage unique et grandiose, au cœur des vignobles en terrasse. Sous les toits, l’une des plus belles chambres de l’auberge culliérane. C’est pourquoi la commune de Bourgen-Lavaux a voté en 2011 un crédit de 862’000 francs destiné à la rénovation de cet établissement où siégeaient autrefois les autorités de communales de Cully. Cette somme a permis la réfection des 10 chambres de cet hôtel, ainsi que des salles de bains – l’une des chambres s’offre même le luxe de compter deux salles de bains –, et contribuera au financement de la remise à neuf de la molasse de ses façades à l’automne ou au printemps prochain. L’Auberge communal de Cully est gérée par la famille Gauer depuis 1959. Infôtellerie – Mars 2014 – No 78 Photos Eyal Warshavsky Le chef Flavien Jauquier Dans ce même élan, la famille Gauer a engagé une nouvelle équipe menée par le jeune chef de cuisine Flavien Jauquier. Agé de 30 ans, il s’est formé et a travaillé chez Pierrick Suter à Lucens et au Baur au Lac de Zurich, avant de rejoindre Cully en septembre dernier. Il y a pris la relève de Peter Hasler, celui qui a été vingt ans durant le second du fameux Adolfo Blokbergen auquel il avait succédé en 2007. Avec le maître d’hôtel Xavier Desbordes, il tient à promouvoir les producteurs locaux. Ils associent ainsi à leur carte Ludovic Perroud et Pierre-Alain Monbaron, respectivement boucher et pêcheur de la place. Les cépages du Lavaux, dont les Plan-Robert, sont également mis en valeur dans le livre des vins. La rénovation de l’auberge communale culliérane s’inscrit dans le cadre d’importants investissements régionaux pour favoriser l’attrait touristique de Lavaux comme l’instauration d’une carte remise par les hôteliers à leurs clients pour voyager gratuitement en transports publics ou le futur réaménagement de la gare de Cully, qui accueillera commerces et nouveaux logements. La commune, propriétaire du bâtiment classé en note 2, doit encore faire voter un crédit de 700’000 francs devant son Conseil communal, qui servira à rafraîchir la façade et à changer le chauffage de l’auberge. Outre la remise à neuf de ce fleuron hôtelier, une carte de transports est distribuée aux hôtes de la région depuis cette année. Cette carte de transport accorde des rabais de 20% sur les billets de la CGN et ceux du Montreux GoldenPass ou des Rochers de Naye. (cp/OG) 15 En bref – Agenda Salon des Métiers et de la Formation : nouvelles dates Le lieu de rencontre pour le choix professionnel et la formation change de dates et aura lieu du 25 au 30 novembre 2014 à Beaulieu. Ce changement résulte du déplacement de l’une des manifestations phares de la rentrée à Expo Beaulieu, le Comptoir suisse qui incorpore traditionnellement le week-end du Jeune fédéral. Le Salon des Métiers et de la Formation aurait été alors repoussé pendant les vacances scolaires. Ce changement répond également à la demande de divers exposants et partenaires qui regrettaient des dates aussi proches de la rentrée scolaire. Le salon est organisé par le Groupe d’intérêt pour l’information professionnelle (Giip) et par MCH Beaulieu Lausanne, avec le soutien de la Direction générale de l’enseignement obligatoire, de la Direction générale de l’enseignement post-obligatoire et du Service de l’enseignement spécialisé et de l’appui à la formation. (cp) Deux étages de plus pour le Crowne Plaza P.P. Dépôt en nombre 1000 LAUSANNE 1 Le Crowne Plaza Geneva a fait peau neuve après 20 mois de travaux et un investissement de 40 millions. Situé à deux pas de l’aéroport, ce quatre étoiles s’est modernisé et agrandi grâce à deux nouveaux étages supérieurs de 60 chambres et suites « Club ». Les 306 chambres et suites déjà existantes, la réception, le lobby, le « Bar » et le restaurant Seventy5 – en réféLe Crowne Plaza est la propriété du Séoudien rence au numéro de l’avenue Abdul Aziz al-Sulaimen, du groupe Rolaco, – abordent un look contempoqui possède aussi l’Intercontinental genevois. rain et offrent une ambiance feutrée et décontractée. Les tout nouveaux 7e et 8e étages abritent 60 chambres et suites spacieuses, ainsi qu’un espace « club-lounge » avec salle de réunion. Certaines suites ont été aménagées dans un esprit loft : les pièces communiquent et s’unissent de manière à ce que la baignoire ronde, joyau de la salle de bain, devienne un objet de design ne faisant plus qu’un avec la chambre à coucher. La décoration des deux étages supplémentaires a été confiée à l’architecte taïwanaise, Celia Chu. (cp) Agenda Quelques rendez-vous importants pour le secteur touristique 2 au 7 avril Arvinis, le Salon des Vins du Monde www.arvinis.ch 3 au 6 avril Salon de l’Immobilier, Lausanne-Ouchy Joël Robuchon au Brassus Le chef le plus étoilé au monde a visité la manufacture Blancpain au Brassus. Quête de l’excellence, savoir-faire, précision des gestes, passion et minutie du travail fait main, le grand chef français reconnait chez Blancpain ses propres valeurs et les principes qu’il applique dans sa cuisine. Joël Robuchon, qui a fait ses premiers pas en gastronomie comme apprenti puis compagnon, a pris les commandes des cuisines de l’hôtel Concorde Lafayette à 29 ans. C’est dans cet établissement qu’il a été élu « Meilleur Ouvrier de France » en 1976. En 1981, il a ouvert « Le Jamin » et obtenu trois étoiles Michelin en trois ans. Il a été sacré « Chef de l’année » en 1987, puis « Cuisinier du siècle » en 1990. Grâce à son talent dans le choix et la formation de ses chefs, il est à ce jour le cuisinier qui détient Autour de la table de Benoît Violier, Alain Delamuraz, le plus d’étoiles au monde au vice-président de Blancpain, Joël Robuchon, Michelin avec 28 étoiles. (cp) Frédy Girardet et Philippe Rochat 16 4 au 12 avril Cully Jazz Festival 24 au 26 avril 50e Montreux Choral Festival www.choralfestival.ch 25 avril au 3 mai Vision du Réel www.visionsdureel.ch avril à mi-mai Fête de la Tulipe www.morges-tourisme.ch 9 au 11 mai Jardins en fête à Coppet 15 mai Assemblée générale ARH Vallée de Joux www.hotellerieromande.ch Infôtellerie – Mars 2014 – No 78