La Gazette - Montmartre
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Montmartre La Gazette de Vendanges 2012 Montmartre gourmand ▲ Montmartre fête les gourmandises, du mercredi 10 au dimanche 14 octobre 2012 Le Syndicat d’Initiative de Montmartre, représenté par M. Frédéric Loup, Vice-Président (à droite) a le plaisir d’accueillir dans les vignes du Clos Montmartre les représentants de l’Association des Sommeliers Paris Ile-de-France (ASP) venus honorer la 79ème édition de la Fête des Vendanges. De gauche à droite : M. Tony Moinnereau, Secrétaire Général de l’ASP, Représentant des Champagnes Billecart-Salmon, M. Arnaud Fatôme, Responsable du site internet de l’ASP, Expert en vins auprès des maisons de ventes aux enchères, M. Benjamin Roffet, Responsable Voyage de l’ASP, Sommelier au Trianon Palace, M. Jonathan Bauer-Monneret Responsable Jeunesse de l’ASP, Sommelier au Royal Monceau Raffles Paris, M. Alain Delort, Trésorier-adjoint de l’ASP, Maître sommelier, Sommelier consultant, M. Philippe Pares, Responsable de la communication de l’ASP, Maître sommelier à l’Assemblée Nationale, M. Jean-Luc Jamrozik, Président de l’ASP, Maître sommelier de l’Hôtel Baltimore. L a v o i x d u v i ll a g e N° 46 Octobre - Novembre - Décembre 2012 - 1 $ Edito Sommaire DR La nouvelle équipe du S.I.M. Dossier 30 juin du Conseil d’Administration a accueilli en son sein 19 administrateurs, dont 9 femmes. Ce n’est pas encore la parité mais nous sommes sur la bonne voie ! Une mission bien précise a été donnée à chaque administrateur. Gabert, pour la Délégation culturelle (vaste programme !) et l’autre par Adeline Guillemain et Jacques Bachellerie pour la Délégation enfants. L’art des gourmandises On s’active à la préparation de la 79ème édition de la Fête des Vendanges sur le thème « Montmartre fête les P. S. P. S. P. S. gourmandises » et le SIM est plus que jamais présent ! p.20 Pour cette rentrée, les nouveaux et les anciens vont être au travail. Le Syndicat d’Initiative de Montmartre n’a pas chômé pendant cette période estivale. Nadia et Catherine ont assumé avec compétence et efficacité l’accueil et les charges liés à leur fonction. Le premier Montmartre et ses rues La rue des Saules p.26 semestre a éte un très bon cru pour les visites guidées. P. S. Merci à Catherine pour son professionalisme. Montmartre des artistes Sur le plan touristique, le mois de juillet a été assez mauvais à cause du climat, août bien meilleur. Nous espérons une belle arrière-saison. Portrait d’un nouveau Montmartrois ! p.28 Il n’est pas dans ma fonction de faire un constat de la dégradation de la place du Tertre et de ses environs. Mais cela devient dramatique, alors que nous essayons Montmartre des Montmartrois Josia Saint Clair Robert l’arpenteur p.30 DR p.29 DR près les élections de mai 2012, la réunion du Deux rapports ont déjà été remis, un de Jean-Manuel La vie du village p.13 ©Moulin Rouge® - Sandie Bertrand A DR Roger DANGUEUGER, Rédacteur en chef L’actualité du Syndicat p.04 d’accueillir le mieux possible les touristes. C’est la jungle avec les vendeurs à la sauvette, la mendicité parfois avec violence… Tout cela donne un climat délétère sur la Butte. Qui aura un jour les compétences pour prendre les mesures nécessaires ? Je souhaite adresser un message d’amitié à notre collègue Jacques Bachellerie qui a perdu sa maman au mois d’août. Photo de couverture : Philippe Simon Texte : Géraldine Dujat La Gazette de Montmartre N°46 / 03 L’actualité du Syndicat La nouvelle équipe L’Assemblée Générale des Adhérents du Syndicat d’Initiative s’est réunie le 11 mai 2012 pour élire un nouveau Conseil d’Administration. Le Conseil d’Administration s’est à son tour réuni le 14 juin pour en élire le Bureau. Le Bureau Président : Roger DANGEUGER Vice-Président : Claude DEVERS Vice-Président : Gilles CHIRIAUX Vice-Président : Adeline GUILLEMAIN Vice-Président : Frédéric LOUP Secrétaire Générale : Sylvie FOURMOND Secrétaire Générale Adjointe : Christine THOUMIEUX-ULLMANN Trésorier : Gilbert L’HÔTE Trésorier Adjoint : JeanFrançois ROQUES Responsable Délégation “Les enfants/La Gazette” : Jacques BACHELLERIE Responsable Délégation relation avec les Associations : Thierry CAMPION Responsable Délégation Culturelle : Jean-Manuel GABERT Les Administrateurs et leurs délégations Vendanges : Michel COULON Culturel/Artistes : Georges BEHRAKIS Culturel/Artistes : François Alexandre BOUTTAZ Riverains : Joële LHOTE Culturel/Lieux de spectacle : Céline ORSONI PINNI Culturel/Lieux de spectacle : Jean-Luc PEHAU RICAU Financement/Recouvrement : Jean-Paul PEREZ Joseph SEMION Fondateur du S.I, Membre de Droit : André ROUSSARD Adjoint au Maire de Paris chargé du Tourisme : Jean-Bernard BROS Chargé du tourisme Mairie : 18ème : Claudine BOUYGUES Les actions à mener par le S.I.M. L’équipe du nouveau Bureau du Syndicat d’Initiative a mis en place au sein de son Conseil d’Administrations trois grandes délégations bien définies : • Culture • Riverains • Enfants La Délégation « Culture » a pour objet de faire vivre et de mettre en valeur, par toute forme d’actions et de manifestations, le patrimoine culturel, historique et vivant de Montmartre : • Cité d’Artistes • Monuments historiques • Vie artistique (peintres, concerts, ouvertures d’ateliers, etc.) • Développement de l’offre thématique de nos balades découvertes La Délégation « Riverains » s’engage à réfléchir et à instaurer des actions dans le but d’établir des relations plus importantes entre les riverains du bas et du haut Montmartre et le Syndicat. • Améliorer la qualité des relations entre tous les intervenants de la Butte. • Associer les riverains aux différents évènements de la Butte. Pour rompre avec un certain isolement, il est nécessaire d’améliorer la communication entre les riverains et le S.I. La Délégation devra travailler sur les moyens à mettre en place. La Délégation « Enfants » contribue à développer les animations, la communication et la connaissance de Montmartre pour les jeunes et ce, en collaboration avec les associations, les ateliers et les écoles. Le Syndicat d’Initiative est très attentif au développement du secteur Tourisme, notamment en termes de technologie. Très prochainement, vous pourrez profiter de l’application officielle « Balade à Montmartre » sur IPhone : 4 visites audio guidées originales, créées par Jean-Manuel Gabert, guide de Montmartre pour le S.I. Ces visites seront accessibles en plusieurs langues. Le S.I Montmartre est conscient, qu’on ne « fige » pas un quartier comme Montmartre, qu’il faut constamment innover, transformer, adapter les réalités de la Ville pour concilier les exigences de ceux qui y travaillent et qui la fréquentent. Nous restons ouverts à toutes propositions, idées et bonnes volontés. Le Président, Roger DANGUEUGER, remercie tous les adhérents du S.I de la confiance qu’ils lui ont accordée et vous assure de la continuité des missions culturelles et touristiques du Syndicat et de la mise en œuvre de tous les moyens pour en assurer le développement au service des habitants, des visiteurs et des amoureux de Montmartre. 04 / La Gazette de Montmartre N°46 Le Guide du Routard édition 2012/2013 concernant le chapitre Montmartre intégrera les corrections historiques et informatives apportées par notre équipe. Le Syndicat d’Initiative dans une volonté de rétablir autant qu’il le pourra, les erreurs et parfois les contre-vérités historiques paraissant dans de nombreux guides, a pu intervenir sur l’un des plus célèbre guide : le Guide du Routard. Quai des Brumes : Jean Gabin et Michèle Morgan. Un itinéraire enchanteur révélant les lieux de tournage et de vie des plus célèbres réalisateurs et comédiens, de Jean Renoir à Woody Allen, en passant par Marcel Carné et Vincente Minelli, Autant-Lara ou John Huston. Des scènes mythiques, sur les lieux où elles furent filmées, en passant par les maisons des auteurs, comédiens, cinéastes : où Montmartre s’affirme aussi, définitivement, comme le village parisien du septième art ! Uniquement pour les groupes déja constitués (minimum 20 personnes) Visite guidée de 2 heures Info : Syndicat d’Initiative de Montmartre : 01 42 62 21 21 Jean-Luc Péhau-Ricau VENDANGES 2012 Du mercredi 10 au dimanche 14 octobre 2012 d’Initiative de Montmartre vous accueillera Place Jean Marais endez-vous sur la Butte pour célébrer la récolte de l’année et la sortie de la cuvée 2011, baptisée : Montmartre fête les Gourmandises. Le 18ème ou l’Art des Mets. La chanteuse Anggun et le critique gastronome très connu Jean-Luc Petitrenaud seront les parrains de cette 79ème édition. Pour la quatrième année consécutive, le stand du Syndicat a d m in is tr a te u r Vivant à Montmartre depuis plus de 25 ans, y travaillant également, j’espère pouvoir apporter au Syndicat une vision personnelle et passionnée de Montmartre et aider à réaliser tous les projets mettant en valeur notre beau village. Souvenir de l’antique tradition viticole d’Ile-de-France, les vignes, qui poussent à l’angle des rues des Saules et Saint-Vincent sont une fierté locale amoureusement entretenue tout au long de l’année par les agents des Parcs et Jardins de la ville de Paris et prétexte, chaque 2ème samedi d’octobre, à la plus célèbre des fêtes traditionnelles parisiennes : La Fête des Vendanges. R Nouvel devant la célèbre église Saint Pierre de Montmartre. Le Comité Régional du Tourisme Paris Ile-de-France, cette année aussi, dans une dynamique de communication élargie sur toute l’Ile-de-France sera présent sur le stand. Ce partenariat permet une meilleure présence constructive et efficace dans la vie associative et culturelle de Montmartre : nouvelles technologies, éditions et impressions de brochures en différentes langues, moyens de communication plus riches. Durant ces trois jours de fête, nous vous proposerons en exclusivité des dégustations du Clos Montmartre, le vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 octobre. Le Clos Montmartre sera en vente également sur notre stand et entièrement au profit des œuvres sociales du 18ème arrondissement. Vous pourrez acquérir de très beaux produits dérivés du S.I Montmartre (carafe en verre siglée « Montmartre » avec ses verres, affiches…). Le programme 2012 promet d’être riche en animations, en surprises et… en dégustations auxquelles pourront participer petits et grands ! ◆ Toute l’équipe du Syndicat d’Initiative et ses amis bénévoles seront présents pour vous accueillir dans un esprit de fête et de convivialité. N.L. La Gazette de Montmartre N°46 / 05 DR Montmartre fête la gourmandise ! DR DR Le S.I. de Montmartre et le Guide du Routard DR Nouvelle visite guidée : Montmartre, tout un cinéma ! L’actualité du Syndicat Deuxième édition de la Gilbert L’Hôte a d m in is Nouvel tr a te u r Je me suis présenté au suffrage pour faire partie du Conseil d’administration du Syndicat d’initiative de Montmartre. Avec ma participation active je souhaite faire vivre l’Esprit Montmartrois à travers cette institution qui soutient si bien ce Village de renommée internationale. J’ai été élu trésorier du Syndicat d’Initiative. Je me mets donc à la disposition de cette Association dynamique pour y apporter toute mon aide… Le service de billetterie du S.I.M. Pour répondre à une demande de plus en plus forte de nos visiteurs, venant du monde entier, le S.I Montmartre a élargi son service de billetterie et vous propose depuis le mois d’avril dernier deux types de pass. Pass Museum : Offre un accès libre et direct à plus de 60 musées (collections permanentes uniquement) et monuments de Paris et de la région parisienne. Le Paris Museum Pass permet l’entrée aux collections permanentes à titre individuel. Paris visit : Valable sur les réseaux OPTILE agréés par la Chez ma Cousine A deux pas du Sacré-Cœur. Ouvert tous les jours Restaurant-cabaret depuis 1928. Un vrai dîner spectacle, Chansonniers, Magiciens, Imitateurs, Humoristes… Tél. : 01 46 06 49 35 - Fax : 01 42 64 27 87 12, rue Norvins 75018 Paris E mail : [email protected] Site : cabaretchezmacousine.com 06 / La Gazette de Montmartre N°46 RATP et la SNCF pendant la durée indiquée sur le billet, pour un nombre illimité de voyages en bus, car, métro, RER et train SNCF transilien. Egalement en vente à notre accueil : Moulin Rouge, Canauxrama, l’Open tour, les croisières sur la Seine et Disney. Il s’agit pour le S.I Montmartre, en gardant sa spécificité locale, de pouvoir dispenser aux visiteurs un service équivalent à celui des points d’information de l’Office. Toute l’équipe du S.I Montmartre se tient à votre disposition pour plus d’informations. DR P. S. Pour la deuxième année consécutive, le Syndicat d’Initiative a organisé dimanche 3 juin deux ateliers avec les enfants. Le thème de cette édition était de réaliser en direct une salade de fruits frais pour que les mamans la dégustent de suite. Nous remercions très chaleureusement le Verger des Abbesses, Samir et toute son équipe, pour le don de ces bons fruits mûrs à souhait. Les mamans ont pu repartir avec deux plantations de fleurs annuelles que les enfants ont rempotées eux-mêmes. Vive les mamans ! Nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine pour la troisième édition ! www.montmartre-guide.com P. S. Fête des Mères Montmartre et la Descente Saint-André (Kyiv*-Ukraine) Montmartre a toujours été une terre d’accueil et d’échanges culturels et c’est dans cette optique que le Syndicat d’Initiative de Montmartre a eu l’honneur et le plaisir d’accueillir le 13, 14 et 15 septembre une délégation venant de Kyiv en Ukraine. E de Kyiv a relié Montmartre et la Descente Saint-André à Kyiv. L’objectif de cette signature est de renforcer les liens culturels durables et d’échanges réguliers entre les deux quartiers. ◆ N.L. *Kiev a d m in is tr a te u r Le Syndicat d’Initiative de Montmartre est la seule institution « en prise directe » avec le site, ses fonctions étendues lui permettent d’influer sur tous les points cruciaux : accueil quotidien des visiteurs, bien sûr, « mise en valeur des richesses naturelles et monumentales » montmartroises à travers une offre multiple de visites guidées, sans oublier la défense du patrimoine et de l’environnement, qui est inscrite dans ses statuts. Le Président et son bureau ont souhaité que soit créée une Délégation culturelle au sein du nouveau conseil : celle-ci se consacrera à diversifier les formules de découverte du patrimoine historique et vivant du village, à proposer des animations artistiques, ainsi qu’à développer les moyens de valoriser l’esprit montmartrois original, marqué par une démarche de qualité et d’authenticité, à l’opposé des dérives issues du tourisme de masse. PS PS n effet, une Charte d’Amitié signée par Roger Dangueuger, Président du S.I.M, Nathalie Pasternak, Présidente Ukraine Art France, ainsi que Maryna Soloviova et Iryna Nakiforova, membres de l’Association « Saint-André - Allée Paysagée » Jean Manuel Gabert Nouvel PS DR Signature de la Charte d’Amitié Montmartre Saint-André-Kyiv le 14 septembre 2012 à la Mairie du 18ème. Le Montmartre ukrainien A l’endroit où fut construite la splendide Eglise Saint-André, l’Apôtre Saint-André en personne installa une croix en proclamant qu’au fil du temps, une grande ville chrétienne y apparaîtrait, la capitale d’un état puissant. Au fil des siècles, à cet endroit sacré, furent construites cinq églises en bois qui ne résistèrent pas aux « grands vents ». « La Perle kiévienne » qui aujourd’hui ravit l’œil des habitants de Kyiv et des touristes, orne la capitale de l’Ukraine depuis plus de deux siècles et demi. Construite de 1744 à 1747, par le célèbre architecte Bartolomeo Francesco qui dessina non seulement l’ensemble de l’architecture de la cathédrale, mais aussi l’iconostase d’une beauté exceptionnelle, l’église en pierre est alors considérée comme l’un des meilleurs exemples de l’architecture baroque sacrée en Europe. Au cours de toutes ces années, l’édifice a subi quelques modifications perdant ainsi en partie son aspect d’origine. L’Eglise Saint-André est édifiée sur un stylobate de 14 mètres, et mesure 50 mètres de haut. L’ensemble de 60 mètres est impressionnant. La terrasse de l’église offre une vue imprenable sur la ville et ses environs. La Descente Saint-André est aussi appelée « le Montmartre ukrainien ». La rue serpente jusqu’à vous mener à l’un des plus anciens quartiers de Kyiv, le Podil, au pied du Dniepr. Les artistes et artisans d’art sont les maîtres : peintres, céramistes, sculpteurs, créateurs exposent tout au long de l’année comme protégés de l’agitation du centre ville. Les galeries d’art, les musées et les cafés sont autant de lieux qui ravissent aussi bien les Kyiviens que les touristes. L’Allée paysagée est la première du genre en Ukraine, un parc unique pour les enfants, où a été inaugurée, avec l’aide de l’Ambassade de France, la troisième sculpture au monde du « Petit Prince ». Sources : Olexandr Anissimov (historien, spécialiste de la ville de Kyiv) - Traduction : Valentina Coldefy La Gazette de Montmartre N°46 / 07 DR Charte d’Amitié L’actualité du Syndicat L’été en pente douce acceuille la Gazette de Montmartre Eductour sur la Butte Le jeudi 26 mars dernier, la Butte était réunie pour fêter la sortie dernière publication de la Gazette de Montmartre. P our cette occasion, monsieur Spapperi, propriétaire du restaurant montmartrois « L’été en pente douce », avait généreusement offert la terrasse de son établissement et organisé gracieusement avec toute son équipe un délicieux buffet. Nous avons pu Antoine d’Idéal Gourmet et Catherine. DR Utrillo récemment écrite par Jean-Manuel Gabert, conférencier et administrateur du SIM. La visite s’est poursuivie par l’entrée au vignoble pour déguster Le Clos Montmartre et immortaliser ce moment par une photo des convives prise en pleine nature viticole. Les petits Poulbots ont fait une haie d’honneur en musique devant la Bonne Franquette pour accueillir les invités avant un fabuleux dîner-spectacle orchestré par Patrick Fracheboud et Greg Gissler. Nous remercions nos guides conférenciers du SIM pour leur professionnalisme ainsi que Michel Coulon qui officiait au service du vin dans les vignes et nos adhérents partenaires Promotrain, Montmartrain et La Bonne Franquette pour leur Catherine dévouement. ◆ Nadia et M. Spapperi. Nouvel a d m in is tr a te u r Céline Orsoni Présidente de l’Association Chiara, association créée pour venir en aide aux enfants atteints de maladies orphelines et disposant d’une expérience significative (+ de 10 ans) dans le milieu du théâtre et notamment à Montmartre, j’ai souhaité intégrer l’équipe du S.I. afin d’apporter aux enfants de Montmartre et aux autres... une ouverture sur le monde de la culture et sur la tolérance. Leur montrer que les différences sont une chance et non pas un obstacle. P. S. Céline au Musée Grévin 08 / La Gazette de Montmartre N°46 Après huit mois d’une présence efficace et d’une excellente collaboration au sein de l’équipe du Syndicat d’Initiative de Montmartre, Céline Schvan a rejoint le Musée Grévin. Tous nos vœux l’accompagnent pour cette nouvelle aventure. Bonne chance Céline ! DR DR es Stés Promotrain et Montmartrain nous ont mis à disposition les 4 trains nécessaires à l’acheminement des 200 invités, qui ont suivi par groupe de 30 personnes une inédite Balade DR L ainsi célébrer dignement la sortie de la Gazette de Montmartre. Nous souhaitons remercier chaleureusement monsieur Spapperi pour son enthousiasme et sa participation active à la vie montmartroise. ◆ DR Le lundi 2 juillet 2012 de 19h30 à 23h00 le Syndicat d’Initiative avec le restaurant La Bonne Franquette organisaient un éductour pour leur client Idéal Gourmet, le N°1 de l’évènement sur mesure pour groupe et individuel à Paris et dans toute la France. Pétanque Poulbot Fête de l’été et du casse-croûte à Salers DR A l’occasion de la 2ème édition du tournoi Poulbot de pétanque, organisé par le SIM et la Pétanque du Tertre, représenté par son Président François Tardy, les enfants ont pu s’initier à ce jeu ludique et stratégique, en triplette montée ! n véritable tournoi dans les règles de l’art, récompensé par deux coupes aux gagnants de la finale, ainsi que par une médaille offerte par la Pétanque du Tertre à tous les participants, d’autres lots ont également été offerts : des goûters et de gros gâteaux à Coquelicot, des entrées à l’Espace Dali et au Musée de Montmartre. Les gagnants... Un beau pique-nique champêtre a clôturé ce début d’après-midi. Cette initiative qui a fait l’unanimité donnera naissance à d’autres rencontres entre les enfants si appliqués et heureux d’être dans la cour des « grands joueurs ». ◆ Les petites histoires de Marielle Joële Lhote DR Le 23 et 24 juin 2012, ce rendez-vous incontournable, dans le 4ème plus beau village de France, parrainé par le chroniqueur gastronomique Jean-Luc Petitrenaud (parrain des vendanges 2012), a réuni de nombreuses personnalités de la gastronomie… le chef Constant, membre du jury Top chef , le lauréat Jean Imbert et le second Cyrille Zen. C’est Patrick Fracheboud, propriétaire de la Bonne Franquette et membre du jury du Championnat de France de la meilleure omelette, qui est à l’initiative du thème de cette édition , Montmartre à Salers. Une délégation de la République de Montmartre, les Petits Poulbots au nombre de 10 et Alain Turban, chanteur ont animé pendant 2 jours les rues de ce village situé sur une butte et ainsi ravi plus de 15 000 spectateurs ! Bravo pour cette belle manifestation. a d m in is Nouvel tr a te u r DR U P. S. P. S. P. S. Ci-dessus : Anne et Patrick. Ci-dessous : Jean Luc Petitrenaud et Alain Coquard fêtent Montmartre à Salers. Née à Montmartre, j’ai une passion pour mon village et suis décidée avec Jean Manuel Gabert et les Administrateurs du S.I.M à défendre le « Patrimoine » de Montmartre. La Gazette de Montmartre N°46 / 09 du Syndicat Christine Thoumieux-Ullmann Creative Paris.info ancé à la Mairie de Paris en février dernier, le portail d’inLformation www.CreativeParis. Adeline Guillemain a d m in is Le Lions Club à Montmartre Depuis plusieurs années consécutives, le S.I Montmartre accueille sur la Butte le LION’S CLUB INTERNATIONAL. Le 2 et 3 juillet dernier, c’est plus de 150 jeunes francophones venant des 5 continents que nos guides ont baladé sur la butte Montmartre. Visite guidée, plein d’enthousiasme et de gaieté. Le LIONS CLUB est un grand mouvement international, composé d’hommes et de femmes volontaires qui, dans un esprit d’unité et de solidarité, s’attellent à la tâche essentielle de venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin, localement et dans le monde. Le site propose des informations régulièrement remises à jour, des focus sur des offres de tourisme créatif repérées ainsi que des reportages et témoignages vidéo. L’utilisateur peut faire sa recherche sur la page d’accueil du site en fonction des dates prévues de sa visite, de l’activité qu’il souhaite pratiquer mais aussi selon son budget et son lieu de séjour à Paris, etc. Ont été réuni sur un seul et même site : www.creativeparis.info, ainsi que sur une application smartphone du même nom, plus de 400 stages et ateliers, dans toutes les disciplines artistiques, afin de réinventer la façon dont on profite d’une ville, tout en apprenant et en échangeant avec les personnes qui ont les mêmes hobbys. ◆ Infos : ADCEP – Créative Paris Tél. : 01 40 03 94 78 [email protected] a d m in is Nouvel tr a te u r Présidente de l’association des riverains de la rue de Steinkerque, je suis heureuse de rejoindre le S.I. pour faire en sorte que les habitants se sentent plus associés aux événements de la butte et aux initiatives du Syndicat. Dans la commission «riverains», je souhaite contribuer à améliorer la qualité de vie des riverains dans le respect de leur cohabitation avec les commerçants et les touristes. 10 / La Gazette de Montmartre N°46 Diplôme du fromage de tête Médaille de bronze en 1998, 1999, 2007, 2008 et 2012 Médaille d’or en 2002 et 2003 Médaille d’argent en 2004, 2009 et 2011 Diplôme du boudin noir Médaille de bronze en 1995 et 2012 Médaille d’or en 1999 et 2002 Médaille d’argent en 2011 Mousse et foie de volaille Médaille d’or en 2004 • Grand Prix d’excellence en 2004 Rillons 2ème prix 2012 • Médaille de bronze en 2012 • • • • • • Pâté de foie de porc • • DR 8 grandes familles de disciplines culturelles, artistiques et artisanales sont référencées sur le site : 1 musique/spectacle vivant 2 arts visuels 3 arts culinaires 4 mode/design/métiers d’art 5 photo/vidéo/multimédia 6 sciences/technologie 7 art floral 8 pensée/écriture/philosophie. Nouvel tr a te u r En tant que Montmartroise habitant le haut Montmartre, je travaille et anime l’atelier Arts et Créations pour les enfants au 46, rue Lamarck. Je suis impliquée dans l’association des Commerçants Lamarck-Caulaincourt dont je fais partie entant que membre du bureau et je suis aussi maman de nombreux enfants. Alors, j’ai trouvé opportun de répondre à l’appel qui m’était fait de rejoindre le Syndicat d’initiative de Montmartre et d’animer la commission «enfance» afin de fédérer ces différents mouvements vers une unité commune : vivons ensemble Montmartre. Paris, destination créative : plus de 400 stages et ateliers pour découvrir Paris autrement ! info recense en français et en anglais plus de 400 offres de cours et ateliers touchant à l’ensemble de la création artistique dont environ 25 % sont accessibles au jeune public. Une idée pour tous les touristes français et étrangers de découvrir Paris autrement ! Que l’on soit passionné par le chant, la photographie, la gastronomie, la sculpture, la mode ou toute autre activité créative, que l’on soit artiste professionnel, amateur ou simplement en quête de rencontres authentiques avec des Parisiens qui ont envie de partager leur savoirfaire, CreativeParis.info vous guide à travers une exceptionnelle variété d’activités créatives. Le Syndicat d’Initiative de Montmartre, friand de nouvelles technologies et toujours désireux d’œuvrer en étroite synergie avec la Marie de Paris, se joint à cette belle opération et invite tous les Montmartrois à rejoindre ce réseau. Outil de promotion du tourisme créatif, bilingue français/anglais, le site http://www.creativeparis.info est destiné à présenter les offres recensées et classées en 8 catégories. Mon ma ! Choucroute cuite DR L’actualité ntmartre, tout un ciné! Jeux de boules… et jeux de rôles e Syndicat d’Initiative vous invite à découvrir une idée très originale, grâce à deux associations de notre quartier ; l’une « la Pétanque du Tertre » (que l’on ne présente plus après plus de cinquante années d’existence et de nombreux titres sportifs) et l’autre « La Compagnie des Songes » (jeune compagnie professionnelle qui anime déjà depuis plus de cinq ans des ateliers d’écriture, des scènes ouvertes, des simulations casting et tout cela gratuitement). Cette idée est simple : Montmartre La Gazette de 21, place du Tertre 75018 Paris Tél. : 01 42 62 21 21 www.montmartre-guide.com Email : [email protected] Directeur de le publication et rédacteur en chef : Roger Dangueuger Comité de rédaction : Jacques Bachellerie, Gilles Chiriaux, Roger Dangueuger, Sylvie Fourmond, Nadia Laraba, Mélanie Moya, Marielle-Frédérique Turpaud. Création/Direction artistique/Réalisation : Philippe Simon Secrétariat de rédaction : Géraldine Dujat Ont participé à ce numéro : Jacques Bachellerie, Alain Barta, Jean Pezareix, Géraldine Dujat, Joëlle Lhotte, Nadia Laraba, Frédéric Loup, Mélanie Moya, Catherine Roudon, Marielle- Frédéric Turpaud. Impression : DCFA 34 allée des Soudanes 78430 Louveciennes Commission paritaire : en cours ISSN : 1626-9640 Abonnez-vous à Montmartre La Gazette de Bulletin d’abonnement à retourner 21 place du Tertre 75018 Paris accompagné de votre règlement par chèque bancaire libellé à l’ordre du S.I. Montmartre 10€ pour un an port inclus pour la France métropolitaine Nom : Prénom : Adresse : Code postal : Ville : Email : regrouper deux activités qui n’ont pas à priori grand-chose à voir. L’une, plus populaire et sportive, l’autre plus collective et intellectuelle. Un atelier de 2 h pour les enfants de 6 à 11 ans avec : • 1 h de pétanque • 1 h de théâtre Cette activité aura lieu au choix le samedi ou le mercredi de 10 h à 12 h. Elle sera encadrée par des joueurs de pétanque qui font les championnats de Paris et par des comédiennes professionnelles. L’une se passe dans un cadre champêtre magnifique (la pétanque) et l’autre dans la salle du bas d’un bar (le théâtre) où les parents seront invités tous les mois à boire un verre et à assister à l’atelier de leurs enfants. Le premier essai est gratuit et n’engage ni les parents, ni les animateurs. ◆ Pour tous renseignements joindre : 06 32 21 69 59 a d m in is Nouvel tr a te u r François Alexandre Bouttaz Pourquoi avez-vous souhaité rentrer au Syndicat d’Initiative de Montmartre ? J’ai souhaité rentrer au S.I. de Montmartre afin d’apporter ma contribution aux réflexions sur la mise en valeur du patrimoine historique et architectural présent sur les différents sites. Montmartre est un haut lieu culturel où il règne une atmosphère unique, mélange de romantisme à la française et d’ambiance artistique. Que souhaitez-vous faire dans votre commission ? Le S.I. de Montmartre m’a confié, au sein de la commission culturelle, la prise en charge de tous les sujets touchant à l’architecture. Dans ce cadre, je vais travailler sur les différents projets permettant de promouvoir l’image des monuments, mieux les faire connaître et mieux les mettre en valeur. La Gazette de Montmartre N°46 / 11 DR L L’actualité du Syndicat Nouvel adhére nt Ateliers Arts et Créations Pendant la période scolaire, tous les mardis et vendredis , nous accueillons vos enfants à leur sortie de classe à partir de 16h30 et jusqu’à 18h30 pour des ateliers d’arts plastiques. Nous leur proposons de découvrir à chaque session des techniques différentes et variées : peinture sur verre, modelage, création bijoux, arts plastiques, couture, ect... En premier temps, les enfants pourront goûter, avant de commencer l’atelier à 17h. Les vacances scolaires : Récréatif Pendant les vacances scolaires, vos enfants pourront faire le plein d’activités : décorer, façonner, modeler, coudre, découper, émailler... Nous accueillons tous Ateliers Arts et Créations 46, rue Lamarck Pour plus d’infos : www. atelierartsetcreations.fr ncien atelier d’artiste, situé au cœur du quartier Montmartrois En haut de la Butte Montmartre, dans la rue Girardon : Studio de 25m² avec une mezzanine qui a du caractère avec une grande verrière. Location courte durée possible. Meublé situé au 6ème et dernier étage avec ascenseur, calme et très clair. Grande baie vitrée sur balconnet. Véritable coup de cœur ! 12, rue Girardon. Un New Yorkais à Paris Nouvel Sebastian est un New Yorkais qui vit à Paris. Et oui, il est un peu paumé ici. Alors, il a décidé de faire partager ses expériences au peuple français à travers un spectacle intitulé « Un New Yorkais à Paris », qui est tellement drôle que même les français le trouvent « pas mal » ! Sebastian partage son humour : Varié comme le paysage américain. Improbable comme un film d’Hollywood. Candide comme une pom-pom girl ! Tous les lundis à 20h au Paname 14, rue de la Fontaine au Roi Métro : République L’Office de Tourisme de L’Isle-Adam Nouvel adhére nt Contact : Guy Mouchot Tél. : 06 21 07 38 22 [email protected] Le Clairon a retrouvé son harmonie… Nouvel adhére nt nt L’Office de Tourisme de L’IsleAdam est heureux d’accueillir plus de 30000 visiteurs chaque année. La ville compte parmi les 100 Plus Beaux Détours de France et propose une pluralité d’activités sur place. Ainsi plusieurs possibilités : Visite guidée de la ville, de l’Eglise Saint-Martin, du Pavillon Chinois, des parcs et jardins, du Château de Stors, du Musée d’Art et d’Histoire Louis Senlecq, de l’atelier du souffleur de verre... Sans oublier que cette saison, jusqu’au mois d’octobre, des croisières sur l’Oise sont organisées avec plusieurs thèmes variés : jazz, apéritive et musicale, dégustation de produits locaux, cinéma... Les groupes, les comités d’entreprises, les scolaires comme les particuliers sont les bienvenus pour des visites pédagogiques sur le thème de l’eau, de la nature, de l’architecture ou de l’art. N’hésitez pas à contacter l’Office de Tourisme de L’Isle-Adam qui vous aidera à organiser votre journée selon vos envies… Pour tout renseignement contactez le 01.34.69.41.99 Notre site internet : www.tourisme-isle-adam.net 12 / La Gazette de Montmartre N°46 adhére DR Les sorties d’école : vos enfants sont attendus à la sortie de classe Forfait 2h30 : atelier de 1h30 (fournitures incluses) + goûter : 30 €/enfant. Gâteau pâtissier avec bougies, bonbons et boissons. Déco de la salle. Minimum 6 enfants et maximum 12 enfants. Les tarifs (fournitures incluses) • Atelier de 1h30 (de 9h30 à 11h) à partir de 6 ans : 20 € • Atelier Baby 3/5 ans de 1 heure (de 11h15 à 12h15) : 15 € • Stage de 3 heures (de 14h à 17h) à partir de 6 ans : 40 € (goûter offert) A DR Tous les mercredis nous accueillons les enfants (à partir de 3 ans) afin de leur faire découvrir des activités créatives et laisser libre cours à leur sens artistique. Tous les ateliers comprennent un encadrement dirigé, toutes les fournitures nécessaires à leurs réalisations sont comprises. Les enfants peuvent venir pour un atelier ponctuel (1 cours) ou s’inscrire pour plusieurs ateliers (le forfait annuel leur garantie ainsi une place). Vous pouvez venir avec votre enfant sans rendez-vous (mais il est plus sage de réserver une place pour l’activité de son choix). Chaque activité accueille 8 enfants maximum et 6 pour les «Atelier Baby». Les goûters d’anniversaire Rue Girardon DR Les mercredis : Atelier réservé exclusivement aux enfants les jours de 9h30 à 17h les enfants à partir de 3 ans pour des ateliers divers de 1h30 et 1 heure pour les «Atelier Baby». Nous leur proposons un planning d’activités variées qui saura ravir les goûts de chacun : Modelage, peinture et gravure sur verre, bijoux, couture, mosaïque, arts plastiques, cartonnage, et décors sur céramique. Places limitées à 8 enfants par atelier, réservation recommandée. Nouveau meublé DR ad DR Nouvel hérent Après une gérance ponctuée de fausses notes, les propriétaires du Clairon des Chasseurs ont décidé de rectifier la gamme de leur service, de leur qualité, de leur prix. Merci Laurent Guéguin d’avoir su retrouver et rénover les qualités, saveurs et harmonie d’antan… Jazz tous les soirs à partir de 21h dans la grande lignée de la bande à Django Reinhardt qui se produisait là. 3, place du Tertre 75018 Paris Tél. : 01 42 62 40 08 www.clairondeschasseurs.com La vie du village Disparition de Robert Sabatier Première Kermesse du quartier DR Lamarck-Caulaincourt DR L’association des commerçants Lamarck-Caulaincourt (ACLC) organisait, sous la houlette de Sylvie Ferret (trésorière), le dimanche 10 juin 2012, sa première kermesse de quartier sur la place Constantin Pecqueur. Les enfants se sont régalés de chamboule tout, tir à la poule, pêche aux canards, planté de clous, jeux d’anneaux et encore bien d’autres. Même la pause gourmande était au rendez-vous pour restaurer les joueurs et les gourmands. Des centaines de lots ont été distribués, voilà un dimanche qui aura ravi nos petits. À l’année prochaine, pour une nouvelle kermesse qui, nous l’espérons, sera plus ensoleillée. Les fonds collectés lors des événements organisés par l’ACLC sont destinés aux illuminations de fin d’année des rues Lamarck-Caulaincourt. Retrouvez-nous sur notre site www.lamarck-caulaincourt.com C. Ullmann, secrétaire adjointe ACLC «Il faisait toujours soleil quand j’étais enfant... Je me souviens de ma rue comme d’un paradis.» Montmartre a perdu un des siens le 28 juin dernier, Robert Sabatier, il avait 88 ans. Né à Paris en 1923, les premières années de Robert Sabatier, passées au 75 rue Labat, lui ont inspiré sa série romanesque «Les Allumettes suédoises», publié en 1969. Premier volet des aventures d’Olivier, vendues à des millions d’exemplaires dans le monde, dans lesquelles cet enfant de Montmartre a raconté sa jeunesse. Succès international, adaptation au cinéma. Orphelin à 12 ans, il aimait peupler ses livres de personnages hauts en couleur et faisait revivre le Paris gouailleur et populaire des années 30, depuis longtemps disparu. Son tout premier roman, «Alain et le nègre», publié en 1953, a aussi été considéré comme le premier roman antiraciste. Il publiera une quinzaine de livres. Robert Sabatier était aussi un poète reconnu, auteur d’une grande «Histoire de la poésie française». Il était membre de l’Académie Goncourt où il entre en 1971 et succède à André Billy, fidèle complice de Dorgelès, Carco, Mac Orlan, grandes figures de Montmartre. N.L. La Gazette de Montmartre N°46 / 13 La vie du village Disparitions Plaque à la mémoire de Paris- Laon (02) - 2 heures MARIUS GIRARD Depuis la Place du Tertre, comptez Un bel hommage a été rendu à Claude Charpentier le 17 septembre dernier. Une plaque commémorative a été inaugurée, square du Château d’eau, en haut de la rue du Mont-Cenis… à deux pas du Musée de Montmartre, merveilleux endroit qui lui était si cher. C laude Charpentier partagea sa vie entre l’architecture et la musique et dirigea en tant que chef d’orchestre le Violon d’Ingres de 1944 à 1994. En 1942, avec Paul Yaki, il présente la première étude pour la sauvegarde du site de Montmartre. En 1952 il fut chargé officiellement de la sauvegarde de Montmartre. Il y consacra toute son énergie et réhabilita la Maison Rose de Rosimont, actuel Musée de Montmartre dont il deviendra le conservateur en 1964. Il restaura le Bateau Lavoir et construisit le conservatoire du 18ème. Fondateur de l’Association pour la Sauvegarde du Marais en 1962, il fut un acteur très influent avec une petite minorité dans la mise au point de la Loi Malraux du 4 aôut 1962 concernant la sauvegarde des villes historiques, et des bâtiments de toutes époques représentatifs d’un style architectural remarquable. Son action fut déterminante concernant les plans de sauvegarde de Montmartre, les Halles, le Marais, Senlis, Bayeux, Metz... Il construisit plus de 2500 logements, des laboratoires pharmaceutiques, des écoles, des collèges, des cliniques , des hôpitaux. Il reçut la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1952 et fût élu à l’Académie d’Architecture en 1958. Claude Charpentier repose au cimetière Saint-Vincent. ◆ 14 / La Gazette de Montmartre N°46 DR DR Claude Charpentier 20 minutes pour vous rendre, à pied, jusqu’à la Gare du Nord - 1h30 de Transilien et 10 minutes pour rejoindre l’Eglise Saint Marcel à Laon (département de l’Aisne). Total 2 heures. Voilà le temps que ses amis et connaissances de la Place du Tertre devaient investir pour saluer une dernière fois Marius, l’un des plus anciens ArtistesPeintres-Aquarellistes de la Place. 5 personnes seulement se sont rendues à Laon Honte à toi, Place du Tertre ! Né en 1927, Marius Girard a connu les bombardements de la guerre 19391945. Après son service militaire en Algérie, il trouve un emploi aux usines Citroën, mais il aimait peindre pour son plaisir. En 1950, il tombe amoureux de Montmartre et de la Place du Tertre, jusqu’à y habiter en couchant dans une cave de la place. Il pose son chevalet. Les peintres étaient moins nombreux que les doigts d’une main. Ses œuvres, emprises de poésie étaient appréciées jusqu’à Londres, Rome, New York… Il nous a quittés en mai, après une longue maladie. Que tous ceux qui n’ont pu se déplacer pour lui rendre hommage, et les autres, lui adressent à la lecture de ce papier, un souvenir ému. J. P. Georges Hergué nous a quittés en juin dernier. Figure de la Butte Montmartre, Georges était un homme chaleureux de cœur et d’amitié. Le Syndicat d’Initiative, le Bureau et ses Administrateurs adressent avec émotion leurs sincères condoléances à Nicole, son épouse, et toute sa famille. De gauche à droite : Père Sonnier, Philippe-Marie Christophe, Jean-Marc Tarrit, Chi Kuan Sang, pianiste, Anastasia Karizna, violoniste, Roger Dangueuger et Frédéric Loup. Journées annuelles des Artistes et des Ecrivains Notre Dame de Beauté 2012 à Montmartre (Du vendredi 18 mai au dimanche 20 mai). La jeunesse du XXIème siècle au RDV de l’Art, de la Beauté, et de la spiritualité ! L e Président de l’Amicale des Artistes et des Ecrivains N.-D. de Beauté, M. Philippe Marie Christophe, a organisé ces magnifiques journées grâce à la générosité de Roger Dangueuger, Président du S.I Montmartre, de Jean-Marc Tarrit, Président de la République de Montmartre) et Frédéric Loup (Président de l’Association des commerçants du Haut Montmartre) et bien sûr le soutien omniprésent du Père Sonnier. Ouvertes brillamment à SaintPierre de Montmartre le vendredi 18 mai 2012 en soirée, par le lancement du projet de création d’une petite statue (25 cm) de N.-D. de Beauté pour pouvoir prier chez soi et suivi d’une passionnante conférence de M. Jean-Pierre Guerend (de Pax-Christi-France) sur son dernier livre consacré au cardinal Emmanuel Suhard. L’Amicale des Artistes Notre Dame de Beauté a eu également le privilège d’accueillir un couple mythique de la danse du XXème siècle à l’Opéra de Paris : les danseurs étoiles Attilio Labis et Christiane Vlassis. De surcroît, le public a assisté à un magnifique concert classique donné par le jeune Orchestre de Chambre franco-russe, UNIART, dirigé par la violoniste Maria Melashvili- Tchouvakina (œuvre de J.-S. Bach, Vivaldi, Pachelbel et Haendel). Un double récital a été donné également à Saint-Pierre par deux jeunes étudiants instrumentistes du Conservatoire supérieur de Paris : Mlle Anastacia Karizna, 22 ans, violoniste russe, accompagnée par son pianiste M. Chi Kuan Sang , et M. David-Huy Nguyen-Phung, 19 ans, pianiste français, dans un programme composé d’œuvres de Brams, Beethoven, Haydn Schubert, Chopin, Wagner : ces deux jeunes virtuoses, lauréats de plusieurs prix nationaux et internationaux, se produisant en concert en France et à l’étranger, nous éblouirent par leurs magnifiques talents artistiques : technique magistrale, pureté de style, profonde richesse de l’interprétation, soulevèrent l’enthousiasme d’un public qui ne souhaitait plus les quitter après avoir été comblé de tant de beauté ! Soulignons aussi, la remarquable conférence du Père Sonnier (Paroisse Saint Pierre de Montmartre) sur l’Amour de la Beauté chez les Pères Grecs de l’Eglise. ◆ Ateliers d’Artistes Portes Ouvertes D’Anvers aux Abbesses 2012 17ème édition ! Vendredi 16 novembre au dimanche 18 novembre 2012 Une fois par an, l’association d’Anvers Aux Abbesses organise les désormais fameuses Portes Ouvertes le troisième weekend de novembre. 120 artistes, peintres, sculpteurs, graveurs, photographes, créateurs d’objets, présentent leur travail dans 70 ateliers du quartier Montmartre. Vendredi 16 novembre de 18h à 21h Samedi 17 et dimanche 18 novembre de 11h à 20h www.anvers-aux-abbesses.com Un président fier de ses illustres prédécesseurs dont l’ambition serait d’en être digne…ça existe ! L e président Alain Coquard, lyonnais de la Croix Rousse a été élu le 5 mai dernier à la suite d’une carrière politico-Montmartroise, que certains, dans d’autres sphères, pourraient lui envier… Secrétaire général, ambassadeur, ministre… parcours sans faute. Depuis 1921, Willette, Forain, Poulbot et les autres, présidents ou membres du gouvernement, nul n’a failli ! La République, socle de la Mémoire et conceptrice innovante, s’adapte et s’active… Notre nouvel édile semble vouloir concilier cet acte de foi ; entre un rapprochement serré avec la Butte : la fête de l’amitié de la convivialité, dans un élan solidaire et vrai. Bientôt les Vendanges, les défilés et les Poulbots ; le baptême du feu pour le nouveau Président, la plus grande réunion de la Butte. Les occasions de montrer ses compétences ne manqueront pas ; en effet, comment un ancien ministre des affaires étrangères pourrait- il manquer de DR Notre Dame de Beauté c’est Montmartre ! diplomatie. N’oublions pas que notre nouveau Président s’est occupé lui-même de nombreux jumelages et de l’ouverture d’ambassades à l’étranger… Tout démarre sous de bons augures. Ainsi, la passation de pouvoir s’est-elle passée dans une jovialité communicative. Certains auraient dû s’en inspirer. ◆ Alain B. Ministre de la mémoire photographique de Montmartre Lundi 7 mai 2012, au lendemain de l’élection du Président de la République, nombreux sont ceux qui attendaient un coup de téléphone, en espérant obtenir un portefeuille. Ce coup de fil, je l’ai eu, le Président en personne m’a appelé : « Je viens d’être élu à la Présidence de la République, veux-tu être un de mes ministres ? Tu ne peux pas refuser ». J’ai accepté. Il est fort ce nouveau Président, je ne peux rien lui refuser ! Me voici donc MINISTRE de la MÉMOIRE PHOTOGRAPHIQUE de MONTMARTRE. En effet, c’était Alain COQUARD, au téléphone, le nouveau Président de la République de Montmartre. Ce n’est pas « l’autre » Président, élu le même jour qui m’aurait appelé ! Merci à la République de Montmartre pour cet honneur, merci de me faire confiance, j’espère remplir mes nouvelles fonctions avec succès. Frédéric LOUP DR DR Le changement… La Gazette de Montmartre N°46 / 15 La vie du village Par ce samedi 2 juin 2012 où un soleil radieux soutenait notre manifestation annuelle sur la place des Abbesses, nous avons, grâce au concours des participants Lions et Amis, donné l’opportunité à chacun des trois Clubs d’avancer ou conclure un projet humanitaire en cours. P our le Club « Paris les Gobelins » il a permis de mener à bien le projet d’un forage villageois pour amener de l’eau potable à Gora qui est maintenant entièrement financé. Il leur est actuellement proposé de participer à la construction d’une école, toujours au Burkina Faso. Pour le Club « Paris Marais » il a aidé l’Association « Amitiés villages » en participant à deux projets à Ouagadougou : doublement d’une école ainsi que le doublement d’un centre de soins dans le village de Guisma. L’Association fille Lions Clubs « Amitié Villages » couvre la réa- DR Vide Greniers organisé par le Lions Club lisation de ces travaux et assure donc le bon usage des fonds destinés à ces travaux en Afrique. Pour le Club « Paris Place du Tertre Grandes Carrières » il apporte une aide à un malvoyant pour obtenir sa canne blanche électronique. Cette association fille du Lions Clubs délivre ces cannes blanches électroniques avec les cours requis pour le bon usage de celle-ci par un malvoyant Il faut également dire que le Lions Clubs est une Association Internationale de bénévoles qui proposent des manifestations telles que ce vide greniers mais aussi concerts, conférences et autres moyens médiatiques, pour permettre grâce aux fonds collectés une aide à caractère humanitaire totalement désintéressée et intégralement reversée (sur les cinq continents mais aussi en France lors de cataclysmes par exemple). Nous profitons de cet article pour remercier la Mairie du XVIIIème, l’Hôtel de Ville de Paris ainsi que tous les services publics qui nous ont permis de mettre en place cette fort sympathique manifestation de solidarité qui se déroule chaque année sur le même lieu, la veille de la fête des Mères. ◆ Gilbert L’Hôte Fête de la musique 2012 Quartier des artistes et de la fête par excellence, Montmartre ne faillit pas à la tradition pour la fête de la Musique. Dans les salles de concerts, les cafés, les places en terrasses, de fenêtres en jardins, on a joué, chanté et dansé… 16 / La Gazette de Montmartre N°46 Retour de Francisque Poulbot au 12, rue Cortot ! Inauguration du Square Alain Bashung Pour fêter le vingtième anniversaire de l’Association des Amis de Francisque Poulbot, sera inauguré le samedi 27 octobre 2012 à 11heures, un magnifique buste réalisé par le sculpteur de renom Agnès Rispal pour l’Association des Amis de Francisque Poulbot. C G râce au généreux accord du Musée de Montmartre et de son Président Kléber Rossillon, ainsi que la Société d’Histoire et d’Archéologie « Le Vieux Montmartre » et de son Président Daniel Rolland, ce buste sera érigé dans les nouveaux jardins du Musée de Montmartre en présence des organisateurs JeanPierre Doche et Jean-Claude Gouvernon Président et VicePrésident de l’Association des Amis de Francisque Poulbot. Plus de cent ans après avoir quitté ces lieux où il a vécu avec sa compagne Léona dans l’ancienne maison de Rose de Rosimond, Francisque Poulbot va retrouver sa chère Butte avec vue directe à la fois sur les vignes qui grâce à lui ont pris la place de son « square de la liberté », et sur DR Daniel Vaillant, Olivia Ruiz, Alain Bashung dans la vigne. Goutte d’or, était très impliqué dans la vie des associations locales, notamment le centre musical Fleury. ◆ La Chorale des Abbesses recrute… Le chœur montmartrois est réputé sur la Butte ; il y donne de nombreux concerts et s’est récemment produit dans le cadre du Festival « Schubert à Montmartre » organisé par la Compagnie Chanthéâtre. Il est dirigé par son fondateur Mathieu Sempere. Celui-ci est artiste lyrique (ténor) et est l’un des quatre Stentors, une des meilleures ventes de Cds de l’été. La chorale est riche de 60 choristes. Son répertoire est varié : du chant sacré aux airs d’opéras en passant par des airs de comédies musicales (sur ce thème, un concert avec grand orchestre est en préparation). Elle recherche des choristes confirmés, particulièrement des hommes (ténors et basses). Ses répétitions ont lieu à la Crypte du Martyrium, 11 rue Yvonne-le-Tac, le lundi à 19h30. Alors, si vous voulez donner de la voix… Contact : Jean-Luc Buridans - 06 70 94 37 68 - www.chantheatre.com le mythique Lapin Agile où il a passé maintes belles soirées. A cette occasion, les Amis de Francisque Poulbot lancent une souscription pour financer le buste, et offriront à chaque donateur un diplôme nominatif et numéroté. ◆ Rentrée du Catéchisme à St Pierre de Montmartre 2012/2013 L’enseignement religieux pour les enfants du CP au CM2 est assuré par les fidèles de la paroisse et les sœurs Identès, sous la conduite du Père Patrice Sonnier (curé). Les séances se déroulent tous les mercredis de 9h30 à 11h et les samedis de 10h à 11h30. Au programme : initiation à la prière, enseignement religieux, préparation aux sacrements (baptême, communion), détente. Les inscriptions débuteront les mercredis 5 et 12 septembre de 9h30 à 11h à la Maison paroissiale, 2, rue du Mont Cenis. Apporter une photo d’identité et un extrait de baptême. Rentrée le mercredi 19 et samedi 22 septembre Adresse mail : [email protected] Aumônerie paroissiale pour les plus de 11 ans, tous les vendredis de 16h à 19h, dirigée et animée par le Père François Xavier et sœur Pascale. Inscription le vendredi 28 septembre. Trophée Carlos de l’amitié DR Pour la 7ème année consécutive, Gilles du restaurant « l’Entracte » avec ses amis de Montmartre et La Pétanque du Tertre a organisé le Trophée Carlos de l’amitié dimanche 24 juin à la Pétanque du Tertre, rue Becquerel. Tournoi de pétanque qui a été suivi d’un grand barbecue. Ambiance festive, qui rend hommage à Carlos, ancien Poulbot et papa de Gilles. La Fête des Vendanges a choisi comme thème la Gourmandise, un des sept péchés capitaux. L’église Saint Pierre de Montmartre ne pouvait rester en retrait de ce grand rendez-vous. Nous accueillerons cette année encore l’Ecole du goût. Les enfants et leurs parents sont invités à participer au grand jeu de piste dans l’église, le samedi 13 octobre à partir de 15h. Quand «consommation» se conjugue avec « modération», manger devient un plaisir partagé ! Venez nombreux ! Renseignements : 01 46 06 64 10 La Gazette de Montmartre N°46 / 17 DR e nouveau square, d’une superficie de 1500 m2, sera le troisième espace vert du quartier avec le square Léon et le square Saint Bernard-Saïd Bouziri. En 2007, Alain Bashung fût le parrain de la Fête des Vendanges de Montmartre « Cuvée Georges Brassens. Décédé le 14 mars 2009, le chanteur, qui habitait villa Poissonnière, une petite rue bordée de maisons au cœur du XVIIIe arrondissement, non loin de la DR Un square portant le nom d’Alain Bashung a été inauguré le 21 juin dernier dans notre arrondissement en présence du Maire de Paris Bertrand Delanoë et du Maire du 18ème, Daniel Vaillant. La vie du village Le blanc était de rigueur dimanche 1er juillet sur la Butte… Voitures de collection et magnifiques chapeaux rivalisaient d’élégance ! En effet, pour la 3ème année consécutive, l’Association Un Village dans Paris, Montmartre, présidé par Michel Cadin avec le concours de la boutique de chapeaux Mira Belle et de nombreux partenaires ont organisé cet événement. Riverains et touristes ont pu assister à un superbe défilé de voitures anciennes dans les rues de Montmartre. N.L. 18 / La Gazette de Montmartre N°46 Festival itinérant des Arènes de Montmartre Du 20 août au 2 septembre 13ème édition du Festival Itinérant des Arènes de Montmartre ! DR Michel CADIN, Président de l’Association « Un Village, dans Paris Montmartre » et la mariée de « De Butte en blanc 2012 » Nathalie Horberg posent devant la somptueuse Rolls du Président du Club des Anciennes de Montmorency. Nathalie porte un bibi de Mira Belle aux couleurs de Michou. DR De Butte en Blanc R éunissant théâtre de tréteaux, commedia dell’arte, théâtre burlesque, musical, poétique et spectacle forain, le Festival Itinérant des Arènes de Montmartre a investi pour la 13ème année, les Arènes de Montmartre pour le bonheur des grands et des petits. Les compagnies invitées sont spécialisées depuis de nombreuses années dans ces formes théâtrales. Leurs spectacles prennent en compte la diversité culturelle, ethnique et sociale d’un public varié, parisien, francilien et touristes de passage. Tous les spectacles proposés nous offrent une vision contemporaine de textes anciens et toujours actuels qui traitent de phénomènes de société par leurs engagements artistiques N.L. et civiques. ◆ www.treteauxnomades.com Jean-Marc Tarrit tire sa révérence a photographie permet à l’enfant de visualiser le monde qui l’entoure et de développer son sens de l’observation. L’illustration amène l’enfant à s’exprimer librement par le biais du dessin et à réinterpréter ce qu’il voit, ce qu’il ressent tout en développant son imaginaire. La combinaison de la photographie et de l’illustration développe alors considérablement la créativité et l’éveil visuel de l’enfant. Une occasion pour eux de s’ouvrir à l’art, une possibilité de s’exprimer, de s’affirmer. « Ma pédagogie a pour objectif de valoriser l’enfant par le biais d’un travail évolutif et concret. » nous explique l’artiste-plasticienne Roxane Stroobant, l’initiatrice du projet. En outre, il favorise son épanouissement personnel et l’acquisition de son autonomie par le biais d’un support artistique. Diverses techniques seront abordées et développées en adéquation avec les aptitudes de l’enfant. DR Après deux mandats à la tête de la République de Montmartre (23 septembre 2006 – 5 mai 2012), Jean-Marc Tarrit a tiré sa révérence. Pendant 6 ans, il aura été le défenseur infatigable de notre Montmartre. Ardent soutien des artistes de la Butte (Création des Biennales, des Arts Plastiques et du Livre, concert à SaintPierre), il n’aura eu de cesse de promouvoir Montmartre. Nous retiendrons également de Jean-Marc, sa fibre sociale, fidèle à la pensée de Poulbot, exprimée notamment à travers l’aide à l’enfance (Dons directs aux petits poulbots, à la Maison du Sacré Cœur..). Il est fort à parier cependant, qu’il prendra à cœur son nouveau rôle de Président d’honneur à la R.D.M. Le Syndicat d’Initiative tient à faire part à Jean-Marc Tarrit de ses plus sincères remerciements pour son action de sauvegarde des traditions Montmartroises et de son implication dans la vie sociale et culturelle de la Butte. N.L DR « Les P’tits Bouts de Paris » Montmartre L Hâtez-vous ! Les dernières places sont à prendre. A destination des enfants de 3 à 10 ans. ◆ Thématique : Montmartre et ses merveilles Pour toutes informations complémentaires et/ou inscriptions : ATELIERS ARTS ET CREATIONS 46, rue Lamarck 75018 Paris Tél. : 01 71 60 15 28 www.atelierartsetcreations.fr Site de l’artiste : www.roxanestroobant.book.fr Rdv pour l’exposition en fin de trimestre en décembre 2012 ! Disparition GILBERT REVERCHON Naissances Vendredi 15 juin à 15h, l’Eglise Saint Pierre de Montmartre était comble. Grande figure de Montmartre, GILBERT REVERCHON nous a quittés d’une crise cardiaque, comme son admirable épouse Maïté, la regrettée propriétaire du célèbre restaurant « Le Grenier de Montmartre ». DR Elliot Guedj est né le 20 avril 2012. Ses parents GeorgesHenri Guedj et Ariane Michel sont contents, contents ! Arthur Guillemain est né le 18 mai 2012. Ses parents Adeline et Nicolas sont aux anges… Hermione et Bérénice Del Lungo sont nées le 14 novembre 2012. DR DR Naissances La Gazette de Montmartre N°46 / 19 Dossier Les gourmandises chez Coquelicot L’art des gourmandises Peinture ou musique, poésie ou sculpture, il n’est traditionnellement d’art que pour les yeux et les oreilles et l’esthétique classique a toujours considéré que ces deux sens que sont la vue et l’ouïe étaient les seuls susceptibles de donner lieu au plaisir esthétique. Pourquoi les gourmandises et la cuisine ne seraient-elles pas reconnues comme l’un des beaux-arts ? Montmartre fête les gourmandises Un an après l’inscription du «repas gastronomique» des Français au Patrimoine immatériel de l’UNESCO, le 18e arrondissement met nos cinq sens en éveil lors de la 79e édition de la Fête des Vendanges de Montmartre. Gourmets, gloutons et gourmands vont être ravis. Souhaitons que ces festivités qui se dérouleront du 10 au 14 octobre 2012 nous offrent un programme alléchant et nous réservent d’exquises surprises. On en salive déjà ! Sachez que comme petite mise en bouche, la fête débutera dès le mercredi avec la journée des bouts d’choux et se poursuivra par de nombreuses animations : jeudi chocolat dans toutes les cantines de l’arrondissement et vendredi ce sera fromage compris avec dégustation au marché de La Chapelle. Bien sûr, toutes les générations retrouveront le grand défilé des confréries vineuses et gastronomiques, accompagnées des groupes folkloriques venus de la France en20 / La Gazette de Montmartre N°46 tière, le parcours du goût dressé en marché gourmand autour du SacréCœur, l’École du Goût, les conférences gourmandes de Roland Bihl, la cérémonie des non-demandes en mariage, grand moment de bonheur à déguster sans modération et, pour finir, cerises sur le gâteau, le concert à La Cigale et le feu d’artifice. Gourmandise, gloutonnerie, voracité et gastronomie Faute contre Dieu et gourmandise sont souvent liées dans l’histoire biblique, à commencer par Adam, Eve et leur pomme… Dans la religion chrétienne, la gourmandise, c’est-à-dire au sens moderne de la gloutonnerie, est un des sept péchés capitaux et s’oppose à la tempérance. En France, aux XVIIe et XVIIIe siècles se développe une vision positive du gourmand, vu comme un honnête homme fin gourmet. En Europe, au XIXe siècle, BrillatSavarin présente l’art de la bonne chère comme une véritable science et grâce à lui, le terme de gastronomie tend à remplacer celui de gourmandise, trop connoté religieusement. La table comme un art Poursuivant la réflexion engagée avec Le ventre des philosophes (1989), Michel Onfray prend, dans son livre La raison gourmande (1995), le parti de réhabiliter les plaisirs de J. Bachellerie T ous les officiers de bouche qu’ils soient vignerons, cuisiniers, pâtissiers, chocolatiers, boulangers, fromagers, bouchers, traiteurs sont capables de créer des œuvres dignes de grands artistes, qui mettent en éveil notre odorat et notre goût, évoquant des continents gustatifs et odorants inconnus ou nous rappellant des saveurs d’antan qui ont marqué notre mémoire. Au Salon du Chocolat la table et de revendiquer pour la cuisine, «cet art sans musée», une dignité philosophique comparable à celle des autres arts. « La «gastrosophie» est non seulement une esthétique, mais aussi une éthique, matérialiste et hédoniste. Les plaisirs de la table sont des plaisirs partagés et préfigurent ce que pourrait être une sociabilité des plaisirs, sans dominant ni dominé. L’art culinaire et œnologique est bien un fait culturel, il est une culture à part entière et tout plat ou toute boisson sophistiquée est por- PS Une vigne du pays de D’Artagnan et de Cyrano inscrite aux Monuments historiques ! teur d’une histoire : d’une société, de techniques, de savoir-faire et surtout d’humain, d’humanisme. » PS Le cinéma, pour traduire les raffinements d’un repas sans recourir aux odeurs et aux saveurs, compte sur la mise en scène de leur préparation puis de leur présentation, sur le choix du lieu et sur les prises de vue et les mouvements de la caméra. Comment parler des gourmandises au cinéma, sans évoquer Claude Chabrol. Un livre hommage de Laurent Bourdon à la goûteuse filmographie du cinéaste, intitulé Chabrol se met à table, avec une préface de Jean-Luc Petitrenaud, journaliste culinaire et parrain de notre Fête des Vendanges 2012, a été édité en 2009. L’auteur étudie les 57 films de Claude Chabrol revus côté cuisine car en effet on mange dans tous les films de Chabrol. Toujours beaucoup d’humour , de convivialité et de gourmandise autour de sa personnalité. C’est un homme qui a toujours cultivé l’épicurisme, qui aime les bons repas, un gourmet gourmand qui aime partager cette passion sur les tournages avec son équipe . A la fin du livre se trouvent des recettes de plats vus dans les films de Chabrol. On y trouve la recette du fricandeau à l’oseille du film Les fantômes du chapelier avec PS Les gourmandises au cinéma : Charles Aznavour et Michel Serrault, la recette du rôti de veau de Merci pour le chocolat avec Jacques Dutronc et Isabelle Huppert, la recette de la pintade aux choux de Bellamy et la recette de la lamproie à la bordelaise de La fleur du mal, ainsi que bien d’autres… un beau livre à déguster sans modération ! De très nombreux films ont abordé le thème de la cuisine et des gourmandises ou nous ont fait saliver devant des scènes gourmandes. Deux avant tout ont su nous mettre l’eau à la bouche : Le festin de Babette et Au petit Marguery. Le festin de Babette, comédie dramatique de 1987 du Danois Gabriel Axel inspirée d’une nouvelle de Karen Blixen avec Stéphane Audran dans le rôle de Babette, véritable génie culinaire. Exilée suite à la répression de la Commune de Paris en 1871 et engagée par les filles d’un pasteur au Danemark, Babette, une française gagne à la loterie, au bout de 14 ans. Elle utilise ce gain d’argent pour leur cuisiner un repas exceptionnel et offrir à la petite communauté d’un village danois puritain de la fin du XIXe siècle un festin extraordinaire. Un véritable délice ! Élégant, délicat et sensuel, une célébration de la création artistique, du don de soi et du bonheur de vivre ! Au petit Marguery, comédie dramatique française de Laurent Bénégui, sortie en 1995 avec Stephane Audran, Michel Aumont, Jacques Une vieille parcelle de vigne du Gers, au coeur de l’appellation Saint-Mont, vient d’être inscrite aux Monuments historiques, une première en France où les vieilles pierres sont plus souvent distinguées que le patrimoine végétal. Ce lopin de 600 pieds de vignes sur 2.000 m2 entre Nogaro et Riscle doit cette distinction au caractère exceptionnel des souches, parmi les plus anciennes de France, de cépage inconnu pour certaines et non greffées. Il constitue un «remarquable exemple de biodiversité et de patrimoine génétique», a expliqué la préfecture de la région MidiPyrénées. Il témoigne aussi «de modes de culture ancestraux disparus avec la crise du phylloxéra». C’est un «lieu de mémoire végétale préservé grâce à l’action de gens passionnés». Les pieds sont plus hauts que les autres vignes de l’exploitation ; alignés en contrebas dans la vallée de l’Adour, ils sont encore disposés comme lorsque le terrain était sillonné par des attelages de boeufs. Si ces vignes endémiques au piémont pyrénéen ont résisté aux attaques du phylloxera à la fin du 19e siècle, c’est dû au sol très sablonneux. Dictons sur le vin Pensée du jour ! • Si tu choisis l’incinération, sache que ce sera ta dernière cuite, • Tandis qu’enterré, tu auras toujours une chance d’avoir un petit ver dans le nez. • Le vin est innocent, seul l’ivrogne est coupable. • Il y a davantage de philosophie et de sagesse dans une bouteille de vin que dans tous les livres. • Une barrique de vin peut réaliser plus de miracles qu’une église pleine de saints. • Mieux vaut boire trop de bon vin qu’un peu de mauvais. • Il y a plus de vieux ivrognes que de vieux médecins. • Pour savoir qu’un verre était de trop, encore faut-il l’avoir bu. • Le pastis, c’est comme les seins. Un c’est pas assez et trois c’est trop. • Je ne tolère qu’une seule arme, le tirebouchon. • Le jour où les vaches mangeront du raisin je boirai du lait. La Gazette de Montmartre N°46 / 21 Dossier Gourmandise Au Moyen-Âge, ce sont les moines qui inventent les techniques d’affinage. Dans le Jura et les Alpes, certaines communautés de paysans montagnards se regroupaient en «fruitières», ce qui leur permettait de confectionner de gros fromages. Le mot « fromage » vient du nom du moule pour faire le fromage. À l’origine, on faisait cailler le lait dans des formes percées de trous pour qu’il s’y égoutte. Ces faisselles se nommaient forma en latin tandis que le nom grec formos désignait les récipients d’osier dans lesquels on déposait le caillé. Du vieux français forme, plusieurs mots «médiévaux « ont été déclinés : «formage, fourmage, fourme». La sémantique a encore évolué du Moyen-Age à nos jours pour devenir, au XVe siècle, dans le français actuel, «fromage». «Fourme» a disparu au profit du mot fromage partout en France, à l’exception du Massif Central où le mot «fourme» est toujours utilisé : fourme de Cantal, fourme d’Ambert,fourme de Rochefort-Montagne, fourme de Montbrison… D’ailleurs, encore aujourd’hui, si vous achetez du Parmiggiano en Italie, c’est du formaggio que le maître fromager vous vendra ! Citations et locutions : • «Un repas sans fromage est une belle à qui il manque un œil.» (Brillat-Savarin) • «Comment gouverner un pays où il existe plus de 300 sortes de fromage ?» (Charles de Gaulle) • «Il y a en France autant de fromages que de jours de l’année.» (Winston Churchill) • « entre la poire et le fromage » : à la fin du dîner, lorsque les propos deviennent plus légers. Au Moyen Âge, après un repas de plats épicés, on dégustait un fruit frais suivi d’un morceau de fromage. • « en faire tout un fromage » : donner une importance disproportionnée à une affaire. 22 / La Gazette de Montmartre N°46 cieusement disposés. Après 1563, il commence la première série des quatre saisons, et laisse éclater un style pictural surprenant : ses «têtes composées», portraits caricaturaux ou allégoriques sont formés d’une juxtaposition de fruits, légumes, végétaux, symbolisant les saisons. Paolo Caliari, fils d’un tailleur de pierre né en 1528 et nommé « Vénonèse » est un peintre vénitien, l’un des plus grands avec Le Titien et Le Tintoret. Il s’installe dans la lagune en 1557 et reçoit sa première grande commande pour décorer le Palais des Doges. Les noces de Cana sont peintes pour le réfectoire des Bénédictins de l’île de San Giorgio, alors que Les gourmandises dans la sculpture et la peinture N’avez-vous jamais eu envie de croquer dans ces fruits brillants ou de déguster ce fromage ou de sentir ce vin raffiné ou de saliver devant une table dégoulinant de victuailles, représentés dans les natures mortes hollandaises de l’âge d’or ? Pourquoi utiliser le terme nature morte pour évoquer la représentation d’objets usuels, de denrées alimentaires, d’animaux ou de fleurs, toutes choses qui ont à voir avec les sens et le plaisir ? Ce genre, considéré comme mineur, après les scènes historiques et les paysages, connaît son apogée au temps de Chardin. Cependant, dès l’antiquité, les Romains ornent leurs murs de corbeilles de fruits et autres amphores. Le Moyen Âge ne connaît pas à proprement parler de natures mortes, la représentation d’objets comme seul sujet d’une oeuvre disparaît pour laisser place à une peinture remplie de symboles et d’emblèmes. En Italie, à la Renaissance, Giuseppe Arcimboldo, peintre maniériste, est connu comme auteur de nombreux portraits suggérés par des végétaux, des animaux ou des objets astu- PS Dans l’histoire de l’humanité, le fromage est apparu en même temps que l’élevage, à l’époque néolithique, c’est-à-dire 7 000 ans avant Jésus-Christ. Des outres, des sacs faits de l’estomac de certains animaux, étaient alors utilisées pour transporter le lait. PS Les origines du fromage Gamblin…, raconte le dernier soir d’un restaurant dans un quartier populaire de Paris. Après 25 ans, Hippolyte et Joséphine ont décidé de fermer leur restaurant. Mais, un restaurant c’est plus qu’un lieu, ce sont des gens : Hippolyte, le chef, et Joséphine, sa femme, qui a tenu avec lui l’établissement depuis le premier jour, mais aussi tous ceux qui, au fil des années, sont devenus leurs proches après avoir été leurs clients. Barnabé, leur fils est venu en compagnie de tous ses amis pour célébrer le départ de ses parents. Ils sont quinze à table. Entre rires et larmes, entre foie gras, morilles et magrets, ils sont tous venus pour dévorer la vie. Ce soir, c’est le dernier soir. Le dernier soir d’un restaurant de Paris. Un repas qu’ils n’oublieront jamais. On ne peut pas évoquer les gourmandises au cinéma sans citer d’autres films comme La cuisine au beurre, Une affaire de goût, L’odeur de la papaye verte, Julie et Julia, L’aile ou la cuisse, Ratatouille… Les glaces chez Tutti Sensi. Véronèse a 35 ans. Le couvent est un haut lieu intellectuel disposant de gros moyens financiers. Il réalise une oeuvre de 70 m², peinte sur toiles car les fresques se conservent très mal à Venise en raison du haut degré de salinité. La représentation d’un banquet semble tout à fait logique dans le cadre d’un réfectoire mais l’épisode sacré des noces de Cana est transposé dans le cadre fastueux d’une noce vénitienne de la Renaissance. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour voir réapparaître le style des PS natures mortes dans les Écoles du Nord, chez les maîtres flamands et hollandais. Celles de la première partie du XVIIe siècle représentent souvent un étalage de luxe. L’influence austère de la bourgeoisie protestante poussera les artistes flamands et français à restreindre leurs compositions, moins d’objets, des tons bruns beiges ou gris révélés par un éclairage diagonal qui confère une poésie au tableau. Dans le genre des «repas servis», dans les tableaux de Jan Davidsz de Heem, qui étaient particulièrement à la mode à cette époque, s’entassent verrerie et vaisselle luxueuses pleines de mets et fruits divers alors que Bruegel met en scène des repas et des fêtes paysannes débordant de vie. L’Italie puis l’Espagne avec Zurbarán choisissent un style d’une rigueur et d’une sobriété sans précédent : sagement alignés, les objets aux formes simples et fermes sont détachés d’un fond neutre par un éclairage latéral implacable qui confère à sa vision une vérité et à ses objets une qualité de présence. Le genre trouve un renouveau avec les œuvres de Chardin et son tableau le plus connu La Raie : la nature morte redevient allégorique, révélatrice des préoccupations culturelles propres à l’esprit des Lumières. PS PS Expressions sur les fruits et légumes Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle, avec la botte d’asperge de Manet ou les harengs de Van Gogh par exemple, que le genre renaît. Objets du quotidien peu sollicités pour leur qualité esthétique, ils se prêtent particulièrement bien aux recherches sur l’espace, les formes et les couleurs. Cézanne crée des compositions avec quelques pommes qu’il modifie au fur et à mesure ; ce n’est plus l’imitation qui importe mais son équivalent plastique. Bonnard, qui, plutôt que de peindre la vie, a pour but de «rendre la peinture vivante» propose dans ses tableaux une variation sur le rapport intérieur-extérieur, doublé des effets de reflets et de fenêtres. Dès lors, la nature morte perd son aspect purement décoratif. Curieusement, alors que ce genre est perçu par la plupart des gens comme étranger à l’art contemporain, la nature morte traverse tout l’art du XXe siècle. En effet, nous la retrouvons aussi bien chez les surréalistes que dans le pop’art où elle symbolise une « société de consommation ». Un grand artiste montmartrois contemporain, André Martins de Barros qui aime la difficulté et qui est toujours dans le domaine de la recherche artistique aussi bien qu’intellectuelle, et technique, compose certains de ses personnages • avoir un cœur d’artichaut • être grand comme une asperge • faire son blé • marcher à la carotte • avoir la cerise • appuyer sur le champignon • recevoir ou donner une châtaigne • ménager la chèvre et le chou • presser quelqu’un comme un citron • avoir la tête comme une citrouille • mettre du beurre dans les épinards • mi-figue, mi-raisin • ramener sa fraise • être marron • aux petits oignons • avoir de l’oseille • avoir la patate • avoir une peau de pêche • se fendre la pêche • couper la poire en deux • faire le poireau • être rond comme un petit pois • c’est pour ma pomme • pour des prunes Humour Roger est allé voir un film qui était un vrai navet. À la sortie, il s’est dit : «Eh, patate! Je suis bête comme chou! J’ai choisi un film à la noix !» Sylvie a décidé d’aller au ciné. Quelle queue ! Elle a dû faire le poireau dehors, en lisant une feuille de chou. Après trente minutes, toujours en rang d’oignons, elle a cru qu’elle allait tomber dans les pommes ! Frédéric croyait qu’il n’avait plus un radis sur lui, mais en cherchant bien il a trouvé 10 euros dans la poche de son pantalon. Subitement, il avait la banane parce que c’était pas la fin des haricots ! Nadia toujours aux petits oignons derrière son bureau n’est pas une grosse légume mais elle garde toujours la pêche ! Philippe qui n’est pas dur de la feuille a la tête comme une citrouille. Inutile de lui presser le citron, il ne vous racontera pas de salades. Michel, le chapeau melon sur la tête, en avait gros sur la patate : plus un radis en poche on lui a prêté un peu d’oseille. Jacques aime bien se fendre la pêche. Il n’est pas plus poire qu’il en a l’air mais faut pas non plus le prendre pour un cornichon. La Gazette de Montmartre N°46 / 23 Le pain est un aliment de base dans de nombreuses sociétés. Il est un des plus anciens aliments fabriqués: son nom dérive du sanscrit pâ, nourrir. Les fours à pain sont l’une des plus anciennes technologies humaines. Au Moyen Âge, le pain sert d’aliment mais aussi d’assiette pour les gens riches ; on le nomme dans ce cas « tranchoir » ou « tailloir ». Imbibé de sauce, le tranchoir finit par être mangé lui-même ou est donné aux pauvres ; Talmelier serait l’ancien nom des boulangers. Deux hypothèses quant à l’origine de ce mot : talmelier dériverait de tamiser, ou bien de taler qui signifiait battre (idée de pétrissage) et mêler. Le mot boulanger (celui qui fait des pains en boule) apparaît plus tardivement vers la fin du XIIe siècle. À certaines époques, la corporation des talmeniers a pu être très puissante, au point de pouvoir financer par exemple, un vitrail de la cathédrale de Chartres. Vocabulaire du pain et des boulangers • Banneton ou Paneton : panier d’osier à fond toilé où lève le pâton. • Blutage : tamisage permettant de séparer les produits de mouture. • Copain : la personne avec (cum en latin) qui l’on partage son pain. • Epeautre : ancienne variété de blé. • Fournier : nom de celui qui entretenait les fours de la cité. • Grignes : crêtes formées lors de la cuisson sur la croûte du pain. • Panetier : maître chargé de surveiller la fabrication du pain. • Pâton : morceau de pâte façonné. • Pétrin : nom de la machine qui fait le travail du pétrissage. • Sole : âtre du four du boulanger. PS Le pain dans tous ses états en s’inspirant d’Arcimboldo et les plonge dans un univers fantasmagorique où se retrouverait Jérôme Bosch. Pour intensifier les sensations produites, il fouille les détails, multiplie l’emploi des glacis comme ses maîtres flamands, réalise des clairs-obscurs comme ceux de Léonard de Vinci et cherche la lumière qui fera vibrer son tableau à la manière d’un Rembrandt. Dans la sculpture, les gourmandises sont évoquées sur les statues femmes-allégories des fleuves et des rivières avec des cornes d’abondance regorgeant de végétaux, sur les basreliefs de Jean Goujon, sur la façade de la cour du Musée Carnavalet, où les déesses des saisons sont ornées d’une multitude de végétaux et sur les statues dédiées au dieu romain Bacchus, le dieu du vin, de l’ivresse et de la nature, connu pour ses débordements avec ses Bacchantes dans les fêtes orgiaques que sont les Bacchanales. À Paris, au jardin du Luxembourg une statue de Bacchus, œuvre de Jules Dalou est remarquable par son exubérance et la vie qu’elle dégage. Dans les Arts Décoratifs, l’artiste de la Renaissance, Bernard Palissy,dès 1555, crée des bassins rustiques en terre émaillée qu’il offre au roi Henri II. Ces céramiques, auxquelles il attribue le terme de rustiques figulines incluent des fruits, des feuilles ou des animaux dans leurs décors naturalistes. Si dans le passé, art et cuisine semblent avoir fait «bon ménage», qu’en est-il aujourd’hui ? L’artiste Niki de Saint-Phalle de l’école du Nouveau Réalisme, crée des Nanas, femmes plantureuses et PS Dossier Gourmandise Quelques expressions sur le pain PS • Gagner son pain ou sa croûte • Oter le pain de la bouche • C’est du pain bénit Ne pas manger de ce pain-là • Avoir du pain sur la planche • Manger son pain noir avant son pain blanc • Long comme un jour sans pain • Coller un pain 24 / La Gazette de Montmartre N°46 colorées en grillage, papier mâché et polyester et des œuvres plus tardives comme la Fontaine Igor Stravinski, à Paris devant Beaubourg, où se mêlent poésie et humour, esprit du jeu, gourmandises et angoisse. C’est dans le contexte du Nouveau Réalisme que le Eat Art est apparu. Daniel Spoerri, dans les années 60, avait choisi de s’approprier la banalité par le biais de la nourriture et s’attaquait à la copie, à la représentation : plutôt que de représenter le réel, il le présentait sur les murs des expositions. Il fixait son propre repas sur la table puis le plaçait à la verticale. Ce faisant, il avait changé le statut de la table pour la transformer en tableau. Aujourd’hui, Dorothée Selz s’intéresse à «la cuisine comme la forme la plus populaire de l’art». Elle s’est d’abord fait connaître par ses repas chromatiques. Le menu était alors exclusivement bleu, rouge, jaune, mauve, et le pain, aliment sacré, devenait, par l’adjonction de colorants, une œuvre surprenante. Ses œuvres exclusivement réservées aux gourmandises, le visiteur peut à loisir les contempler ou encore les détruire en les picorant. Mais comment établir un rapprochement entre l’art culinaire et celui d’artistes qui, fondant leur travail sur la nourriture, composent en fonction du sentiment, de l’émotion qu’ils souhaitent transmettre au spectateur/dégustateur. À Vitry-sur-Seine, le MAC/VAL, Musée d’Art Contemporain du Val PS de Marne, en collaboration avec son restaurant, le Transversal, réalise des visites gustatives qui offrent la possibilité au public de réagir aux oeuvres en goûtant des bouchées préparées en fonction de l’accrochage du musée. Ainsi, dans un jeu de correspondances, l’œuvre plastique est évoquée par une surprise comestible. Les gourmandises dans la musique C’est immédiatement vers le vaste répertoire des chansons à boire qui accompagnent traditionnellement noces et banquets divers que notre esprit vagabonde. Cependant quelques musiciens comme Tchaïkovski ou Ravel ont dans leurs œuvres évoqué la gourmandise. Tchaïkovski, dans le troisième tableau de l’acte II de Casse-Noisette parle du palais enchanté de Confiturembourg, près du fleuve d’Essence de Rose, de la Fée Dragée, du Prince Orgeat. Sur un signe de la Fée Dragée, une table resplendissante apparaît et les festivités commencent. S’enchaînent la Danse espagnole (le Chocolat), la Danse arabe (le Café), la Danse chinoise (le Thé)… Maurice Ravel entre 1919 et 1925, en collaboration avec Colette qui en a écrit le livret, crée L’Enfant et les Sortilèges, une fantaisie lyrique en deux parties. Par sa musique, il joue au magicien, recomposant un monde enchanté, où les horloges, les tasses et les théières s’animent, parlent et se lamentent. Dans les Yvelines, à la deuxième édition du festival Gourmandises musicales d’octobre 2011, voilà comment le programmateur présentait une soirée de concert dédiée à Mendelssohn (Trumpet, ouverture opus 101), Henri Tomasi (Concerto pour trompette), Toru Takemitsu (Trois musiques de films pour orchestre à cordes) et Wolfgang Amadeus Mozart (Symphonie n° 40) : «Les pièces de Mendelssohn sont célèbres pour leur goût salé-sucré : vous y sentez un parfum de mer, avec une douceur caramélisée toujours suave. Le Concerto de Tomasi est une mignardise à trois saveurs : piquant en bouche, il fond sur la langue pour finalement laisser les papilles en éveil. Les trois musiques de film de Takemitsu mêlent salé et sucré, comme une recette faisant fusionner Orient et Occident. La Symphonie n° 40 de Mozart tient du soufflé alcoolisé, tant sa vigueur et son intensité produisent avec le sucre l’effet du champagne. Rien ne sert de choisir, n’est-ce pas ?» Pour conclure, empruntons quelques phrases à Essai sur la gourmandise de Jean-Louis Vaudoyer (Hachette, 1926) « Le véritable gourmand n’est pas celui qui a su éduquer, civiliser ses papilles, ce n’est pas non plus celui qui fréquente à longueur d’années telle ou telle table étoilée, qui court la mangeaille et les mondains. Non, le vrai gourmand l’est aussi du toucher, de l’odorat, de l’ouïe, de la vue. C’est, j’en suis convaincu, un humaniste. Bref, un homme rare ou qui le devient. Je veux que vous soyez gourmands dans un jardin et au concert ; chez le couturier et chez le tailleur ; chez l’antiquaire et devant le ciel du couchant ; au musée et au théâtre. Je veux que vous soyez gourmands dans la bibliothèque. Je veux que vous soyez gourmands près de votre bien-aimée ; gourmands aussi devant la jolie fille qui passe ou qui s’arrête une minute, une heure, une nuit… Exercez-vous à être gourmands dans vos rêves ; laissez la gourmandise vous ornementer l’imagination. C’est tout le bonheur qu’aujourd’hui je vous souhaite ! ◆ Promenade gourmande avec Erik Satie Erik Satie, musicien bien connu des Montmartrois puisqu’il habita dans son «placard» au 6, rue Cortot de 1890 à 1896, fréquenta le cabaret le Chat noir où il fit la connaissance de Claude Debussy. Né à Honfleur, ce normand aime à rappeler ses origines vikings et se déclare amateur de viande de renne. Il n’aime pas les sauces et par provocation contre les mets compliqués et couverts de liquides sombres, il professe sa dévotion à la couleur blanche : «Je ne mange que des aliments blancs, des œufs, du sucre,des os râpés, de la graisse d’animaux, du veau, du sel, des noix de coco, du poulet cuit dans l’eau, des navets, des pâtes, du fromage blanc, et certains poissons sans la peau !» Le compositeur des Gymnopédies et des Gnossiennes, n’excluant pas le péché mignon de gourmandise, écrit encore : «Personnellement, j’ai toujours eu pour l’art culinaire, une vive admiration. Les plaisirs de la table sont loin de me déplaire et j’ai pour la table un profond respect. Pour moi, manger est un devoir agréable. Doué d’un bon appétit, je mange pour moi, sans égoïsme, sans bestialité. Les plats où se dépensent une virtuosité calculée, une science avisée, ne sont pas ceux qui retiennent le plus mon attention dégustatrice. En art, j’aime la simplicité ; de même, en cuisine, j’applaudis plus à un gigot bien à point qu’au subtil ouvrage d’une viande dissimulée sous les fards savants d’un maître de la sauce. Parmi mes souvenirs de convive, je ne puis oublier les gentils déjeuners que je fis, pendant plusieurs années chez mon vieil ami Debussy. Les œufs et la côtelette de mouton faisaient les frais de ces réunions amicales. Mais quels œufs et quelles côtelettes ! Debussy avait le secret de ces préparations et le tout s’arrosait gracieusement d’un délicieux Bordeaux blanc dont les effets disposaient convenablement aux joies de l’amitié et à celles de vivre loin des doubles veaux, des momifiés et des vieilles noix, ces fléaux de l’Humanité et du pauvre monde… » Tout chez cet homme unique, séduit le gourmand : la fantaisie, l’humour et son attirance pour les saveurs naturelles. Le surréaliste Man Ray reconnaît le musicien comme sien et en hommage à Satie et à ses Trois morceaux en forme de poire, il dessina sa fameuse poire dorée et bien en chair. Jean François Decraene Jacques Bachellerie La Gazette de Montmartre N°46 / 25 Montmartre et ses rues Descendre la rue des Saules... J e ne pourrai être exhaustive en un seul article, donc nous allons baguenauder de lieu en lieu sans trop de rigueur, sachant que je ne pourrai pas récapitu- ler toutes les célébrités du Lapin agile ni égrener les succès des Funambules ni énumérer les parrains et marraines de nos vignes ! Aux poètes en bois Allons-y. N’allons pas loin : dès l’ouverture de la rue, au numéro 2, au croisement avec la rue Norvins, se campe La Bonne Franquette. Cet ancien cabaret portait le nom de Aux Billards en Bois au-dessus de fières annonces : Cuisine Bourgeoise Caves avec un tableau de « franc buveur ». En effet il y avait des « billards en bois », c’est-à-dire sans doute ce que nous appelons aujourd’hui le billard hollandais, le sjoelbak. Longue piste en bois montée sur pieds, avec des casiers numérotés en bout de piste. Le joueur lanceur fait glisser des palets de bois jusqu’au bout en espérant que les casiers numérotés de 1 à 4 lui offrent un beau total, augmenté par l’empilement de palets dans le même casier. Peut-être Vincent et Théo van Gogh (habitant 57 rue Lepic) y trouvaient-il un souvenir de leur Nord-Brabant natal ? On imagine le fracas des palets couvert des cris et des rires des buveurs, puisque Rimbaud l’enfant terrible, Verlaine le gueulard (habitant 14 rue Nicolet), et toute la bohème de Montmartre d’avant la guerre de 14 se groupaient bock en main et pipe Gambier au bec autour des pistes polies par le jeu et la bière… Plus tard Francisque Poulbot (18791946) y fonda L’Association fraternelle des joueurs de billards en bois, autour d’un autre modèle de jeu. Aujourd’hui l’annonce est plus paisible : «Aimer manger, boire et chan26 / La Gazette de Montmartre N°46 ter», c’est la philosophie de ce lieu étrange aux multiples salles. D’abord la terrasse, rue Saint-Rustique (au masculin s’il vous plaît : c’est un des compagnons de saint Denis dont la rue est devenue « Mont-Cenis » par voisinage de voyelles lors de la déchristianisation des rues). Une terrasse qui est mon endroit préféré. On y observe les gens qui passent, on y salue les serveurs d’en face au Consulat d’Auvergne, devenu l’Ambassade de Savoie, qui est au 18 rue Norvins et que donc je ne commenterai pas ici, et on frémit en voyant le Montmartrobus foncer vers soi et, soudain, bifurquer dans la rue des Saules, sonnant comme un tramway pour faire bouger les touristes. Dedans, il y a d’abord des tables devant le vieux bar. Le temps s’arrête. C’est mon endroit préféré pour savourer la pulsation des commandes. Sur la droite, la salle-cave. Ensuite la salle Bruant – nous rencontrerons Bruant tout au long de la rue – qui avec ses 100 places permet des soirées de cabaret. Ses tables longues aux vingt voisins avec qui on cause sont mon endroit préféré. Et enfin, au fond, avec des fenêtres en trompel’œil, avec le tronc d’un arbre cerné de plafonds qui fleurit au-dessus du toit, c’est le jardin qui, du temps où il n’était pas couvert, fut peint par van Gogh : c’est certainement le tableau La guinguette du musée d’Orsay. C’est là qu’ont lieu les repas de poètes, dans cet entrelacs de tables carrés et rondes, dans ce rêve des peintures murales, qui est mon endroit préféré. Et puis dehors, longeant la rue des Saules, un balcon, « la terrasse », où je ne vais guère, laissant les voyageurs d’un soir profiter de ce coin rare et étroit où le vertige de la chute de la rue commence. Tiens en me relisant je trouve qu’il y a beaucoup d’endroits préférés dans DR Les rues les plus courtes de Montmartre sont-elles les plus riches d’histoire ? On le croirait à voir tout ce qui vit le long des 55 numéros de la rue des Saules – même s’il y a des trous dans la numérotation, sans doute des maisons réservées aux fantômes des artistes de la rue… ▲ Vers 1900, à gauche la rue Cortot. mon récit. Peut-être qu’au fond je ne sais pas choisir… Le jardin du manoir de Gabrielle d’Estrée Bruant habita au 10-12 rue des Saules, de 1896 à 1910, avant d’aller au 30 rue Saint-Vincent. La maison n’existe plus, mais le jardin a survécu. Racontons donc l’histoire du jardin. Bruant l’aménage et le baptise pompeusement « parc de la belle Gabrielle » car ce terrain fit partie du manoir de la célèbre maîtresse d’Henri IV, cousine de l’abbesse de Montmartre. Il y fait s’installer une guinguette, le Butta Parc, clin d’œil sans doute au Luna Park de la porte Maillot ouvert en 1909 (fermé en 1934 et rasé en 1942 ; la chanson d’Yves Montand de 1944 est un écho de cette nostalgie avec des paroles de Jean Guigo et une musique de Loulou Gasté, le mari de Line Renaud). Le terrain redevint une friche vide, trop vide, tentante pour les promoteurs qui dans les années 20 construisaient à tour de bras sur la Butte dans l’élan de la fin de la construction du Sacré-Cœur. Francisque Poulbot, qui habitait au 12 rue Cortot et avait une vue sans égale sur le nord, frémit de se voir P. S. Le lapin à André Gill masquer son espace. Avec la Commune Libre de Montmartre et sa propre République libre de Montmartre, il créa d’abord un square de la Liberté le 9 juin 1929, puis, les menaces se précisant, nos joyeux anarchistes imaginèrent de « faire revenir les vignes à Montmartre ». Plantée en 1933, la jeune vigne fête ses premières vendanges en 1934 avec le président de la République (le vrai) Albert Lebrun, les parrain et marraine les plus prestigieux de l’époque Fernandel et Mistinguett. La suite, vous la connaissez… penter la Butte qui est une butte. La preuve : notre vin rouge a ce qu’on trouve d’habitude dans les blancs de Savoie, dans les vins de montagne : cette première attaque de pierre à fusil qui fait s’ouvrir les yeux. Laissons à notre gauche la maison rose qui est au 2 rue de l’Abreuvoir, donc hors de cet article. ▲ Le Consulat et La Bonne Franquette, tout en haut de la rue des Saules. ▲ Le Lapin Agile en 1914... Marielle-Frédérique Turpaud, maire de la Commune Libre de Montmartre P.S. C’est à la fois facile et pas simple. Facile parce que les gros pavés inégaux et disjoints si romantiques et « si Montmartre » vous propulsent spontanément vers le bas. Pas simple parce que ces satanés gros pavés inégaux disjoints et glissants vous propulsent spontanément vers le bas. C’est un frisson que je m’offre dans le Montmartrobus lorsqu’il bascule de la pente de Norvins à la pente des Saules, opposées comme une ligne de partage des eaux, et pique vers le vide. Chacun son Luna Park, n’estce pas ? Un « truc » de natif du coin : servezvous des pavés disjoints comme marches, comme si vous descendiez un escalier. Et retenez-vous de dire à votre compagne aux escarpins fins que vous lui aviez dit que, banquet de fête ou pas banquet de fête, il fallait des chaussures plates pour ar- DR Descendre… Nous descendons toujours. Et, passée la place Dorgelès (plaque), voici le Lapin. Avant les grands ancêtres Chez ma Cousine et le Moulin Rouge, le Lapin agile est le plus ancien des cabarets de Montmartre. C’est le seul endroit au monde où on peut dire le mot « lapin » sur scène sans que les mânes de Dullin ne vous foudroient – Charles Dullin fut un habitué du lieu. En 1860, à l’Annexion, c’était une auberge mal famée où ce qui portait surin croisait ce qui portait eustache. En face, le mur du cimetière SaintVincent avait encore sa porte, utilisée par Mac Orlan, gendre du père Frédé, dans son roman Quai des Brumes. Par ironie, cela portait le nom du Rendez-vous des Voleurs. Lorsqu’on garnit les murs d’en bas et de la salle du haut avec des couvertures de La Petite Illustration décrivant, avec force effets de pochoirs, les crimes sanglants de l’époque, cela devint Le Cabaret des Assassins. Lorsqu’Adèle Decerf, danseuse du Moulin Rouge reconvertie dans la restauration, renomme l’endroit A ma campagne, les images d’Epinal disparurent, mais le souvenir de Troppmann, l’assassin de 20 ans, demeura : Rimbaud avait les mêmes yeux bleus pâle presque blancs. La mère Adèle faisait le plein avec les artistes du Chat noir qui rendirent son lapin au vin blanc célèbre. D’après ma documentation du XIXe siècle, elle devait procéder ainsi : d’abord dans sa vaste cocotte de fonte elle faisait blondir des oignons des maraîchers de Saint-Denis dans le beurre de la ferme d’à côté ; ensuite elle y faisait dorer les morceaux de lapin venant de la ferme d’en bas, en le poudrant de la farine de la boulangerie en haut de la rue des Saules ; elle y versait le vin blanc de Suresnes, ajoutait une poignée de thym cueillie dans la rue, montait le feu de bois, puis à l’ébullition ajoutait un rond pour baisser le feu et laissait mijoter à couvert une bonne heure. Si maintenant on ne mange plus au Lapin, l’enseigne d’André Gill (du moins sa copie) nous rappelle son histoire, et l’inimitable parfum des cerises à l’eau-de-vie, les cerises du père Frédé, aujourd’hui ont le parfum du violoncelle du vieux pirate et de la voix de Cora Vaucaire… ◆ ▲ ... et maintenant. La Gazette de Montmartre N°46 / 27 Montmartre des artistes Portrait d’un nouveau Montmartrois ! Le rendez-vous est pris : 13h00 « Chez Julien », un sympathique bistrot de la rue Lepic... Une silhouette élancée se distingue des passants qui descendent la rue, à coup sûr c’est Jasper ! Gagné, c’est lui… L’interview peut commencer ! Jasper, il y a quelques semaines, vous avez posé vos valises au pied de la butte ? Quelles sont vos impressions ? Montmartre est comme un petit village, on prend vite ses repères… (Sourire) Les commerçants sont sympas et j’ai très vite pris de nouvelles habitudes, très « Frenchie » ! (Rires) Ah oui, lesquelles ? Acheter mon petit pain au chocolat et boire mon café à la terrasse du « Vrai Paris »… ça veut tout dire ! Et surtout m’offrir un petit cheesecake de chez « Berko » pour le quatre heures, c’est mon péché mignon… à consommer avec modération tout de même, je suis danseur ! (Rires) Comment êtes-vous arrivé à intégrer le ballet du Moulin Rouge ? J’ai passé les auditions en février dernier sous l’œil expert de la Maîtresse de Ballet Miss Janet Pharaoh, c’était pas évident, nous étions très nombreux à nous présenter et le niveau très élevé ! Et surprise, j’ai été retenu… j’étais fou de joie ! Travailler au Moulin Rouge, c’est un peu comme vivre un rêve éveillé tous les jours… Et comment votre famille a-t-elle reçue l’heureuse nouvelle ? J’ai tout de suite appelé ma maman ! C’est grâce à elle que je peux vivre ce rêve aujourd’hui… c’est elle 28 / La Gazette de Montmartre N°46 qui m’a encouragé depuis tout petit à faire de la danse ! Justement, votre mère est-elle venue vous voir sur scène au Moulin Rouge ? Oui, la semaine dernière elle est venue avec ma tante assister au spectacle… quand je l’ai retrouvé à l’entrée des artistes, elle avait les larmes aux yeux. Elle était très fière de moi ! Pouvez vous nous décrire votre journée type ? Je me réveille vers 11h00 le matin… et je file au sport une petite heure ! Puis, avec ce beau temps, je retrouve régulièrement d’autres amis danseurs pour déjeuner sur une terrasse et faire du shopping. Ensuite, je rentre à la maison et me mets en condition pour partir au Moulin pour 19h30. On ne plaisante pas avec la ponctualité ! Si on arrive à l’heure, le gardien nous tend un stylo bleu pour signer la feuille de présence, un stylo rouge en cas de retard… au bout de trois signatures rouge il paraît qu’on reçoit une lettre de rappel à l’ordre. Je ne suis pas pressé de la recevoir donc je viens en avance… (Rires) ©Moulin Rouge® - Sandie Bertrand N ous allons découvrir comment ce danseur d’origine allemande, fraîchement casté par le Moulin Rouge, découvre le joli village de Montmartre… ▲ Jasper sur la scène du Moulin Rouge, dans la revue « Féerie ». Deux spectacles par soir, c’est beaucoup d’énergie, un secret pour tenir ce rythme effréné ? Un secret : non ! En revanche, une hygiène de vie assez stricte s’im- Info bref ! Découvrez toute l’actualité du Moulin Rouge en temps réel et rejoignez la communauté du plus célèbre cabaret du monde ! Au rendez-vous : des photos exclusives, des vidéos inédites, des infos en live, des jeux concours et beaucoup d’autres surprises… n’attendez pas : JOIN US ! ) http://www.facebook.com/lemoulinrougeofficiel pose… et entre les deux représentations du soir, je me repose et mange un petit sandwich dans ma loge pour reprendre des forces. Par contre, je ne m’empêche pas non plus quelques petits extras ! (Rires) De temps en temps, après le spectacle, avec les autres danseurs de la troupe, on va siroter un petit cocktail à « La Famille », ils font de supers mojitos ! Dernière petite question, qu’est-ce qu’on ressent lorsqu’on est un garçon entouré tous les soirs par les Doriss Girls réputées être les plus belles filles du monde ? Je suis très chanceux… (Rires) Mais nous aussi les garçons sommes parmi les plus beaux du monde ! (Rires) Les danseuses sont elles aussi très chanceuses ! (Clin d’œil) ◆ Mélanie MOYA Montmartre des Montmartrois Josia Saint Clair Deux ans et plus ! E la Butte et la merveilleuse chanson « rue Lepic » sur une musique de Michel Emer. C’est Josia la première qui chantera cette fameuse chanson. Rue Lepic Il y a une belle fille Aussi belle que l’été Et la rue est toute fière De son beau regard clair Et de sa belle santé Et la rue extasiée La regarde passer Vers Montmartre là-haut Vers ses moulins si beaux Ses moulins tout là-haut Rue Lepic DR lle a chanté au Gaumont Palace devant 5000 personnes. Elle se produisit au « Shéhérazade », à la « Cigale », à « l’Aiglon », « la Lune Rousse », « les Deux Anes ». C’est « Chez ma Cousine » qu’elle a le plus chanté dans sa carrière du temps de Beauvallet. Dotée d’une voix très ample, s’étendant sur trois octaves lui permettant les répertoires les plus riches, indifféremment en mezzo et en soprano, son registre est très varié passant du « Temps des Cerises » à la magnifique interprétation « sur la mer calmée », Carmen, la Tosca ou Butterfly. Elle avait tout pour réussir au théâtre, la voix, le physique et l’intelligence de la scène. Et puis, il y a eu la rencontre avec Pierre Jacob, ils ont appris à se connaître, à s’aimer pour ne plus se séparer et former un couple à l’allure princière. Montmartrois d’adoption Pierre Jacob a d’abord suivi des cours aux Beaux-Arts. Il devient rapidement chansonnier et débute à « La Vache Enragée ». Puis fit carrière dans les plus grands cabarets. Parolier de plus de 2000 chansons, Président de la SACEM, ayant un humour parfois grinçant mais aussi une grande générosité. Il chante : rue des Saules, rue des Abbesses, sur DR Josia Saint Clair a 102 ans, elle est née le 19 décembre 1909 à Fourchambault près de Nevers. Si l’espérance de vie nous promet de vivre de plus en plus longtemps, ce n’est pas ordinaire de rencontrer des êtres comme Josia, elle est si belle et si coquette, une conversation si enjouée remplie d’anecdotes sur le monde des chansons et des Arts. C’est à « la Pomponnette » qu’elle fête ses 100 ans entourée de tous ses amis de la Commanderie du Clos Montmartre. C’est une apparition majestueuse dans une cape de vison blanc accompagnée ▲ Josia Saint Clair en compagnie de son mari PierreJacob écrivain, poète, chansonnier. par le Grand Maître Gilles Guillet et le Grand Chambellan Georges Hergué, ainsi que les Pt’its Poulbots. Depuis 50 ans, Josia vit dans son appartement rue Lepic avec ses souvenirs au milieu des toiles peintes par son mari. ◆ Joëlle Lhote La Gazette de Montmartre N°46 / 29 Montmartre des Montmartrois Robert l’arpenteur Ce matin-là, c’est de la place Jean Marais qu’il est apparu… Petite silhouette tranquille ; casquette, lunettes et barbichette… le pas léger du terrien qui connaît son champ ; et il la sait sa Butte, sous les pavés, l’histoire… ce n’est pas pour rien qu’il est né à Moulins… DR R ▲ Une œuvre de Robert. mieux connaître, un auteur de sonnets bucoliques émerveillé de simplement voir ce qui existe. « C’est déjà ça » l’ai-je entendu dire un jour, quand je me plaignais de la température. Il avait raison, somme toute, c’est déjà ça… Robert l’arpenteur continue sa marche lente ; paysan du pavé qui côtoie trop sa colline pour l’ignorer, mais qui guette, gourmand, ce qui pourrait y pousser. ◆ Alain DR 30 / La Gazette de Montmartre N°46 ▲ Robert en balade... l’arpenteur, qui tutoie chaque pavé, en s’étonnant encore des mystères qui se cachent dessous, me ravit. La Folie Sandrin ? Facile, ses enfants y ont été écoliers. L’église Saint Pierre ? Du velours, ses parents s’y sont mariés… comme Charles Sanson, n’oublie-t-il pas d’ajouter en plissant les yeux, l’exécuteur de Louis XVI… Soulignant la tragi-comédie de la vie, qui après tout, n’est pas si mal… C’est un portrait succinct, juste une poignée de main chaude et ferme à un camarade qu’il faut DR obert s’impose par la malice, ses yeux pétillent, il sent qu’il va se régaler… Ce discret poète, herboriste à ses heures, « Visitant ça, l’hysope, et là, la busserole », promène les gens avec une évidente gourmandise… il aime étonner, et s’y entend pour tordre le cou en douceur à de fausses vérités si nombreuses ici ; dans un sourire… Son parcours personnel lui a appris qu’une balade, si touristique soitelle, c’est d’abord une tranche de vie, un accroc doux de l’existence, où les fantômes du passé marchent à nos côtés et jugent de notre attention… J’en suis témoin : quand Robert parle du passe-muraille, les gens surveillent les murs ! Ce talent, c’est l’art du vivant ! Mieux qu’un acteur qui ne fait que partager, Robert donne… et il faut tout prendre ! Son savoir maquillé d’espièglerie coule de source, en somme c’est un érudit bio sans valeurs ajoutées. Un homme pour qui connaître, c’est être ! Un petit morceau d’âme de Montmartre. Il en reste peu… mais il en reste… Correcteur, commerçant, employé aux Bateaux-Mouches, autodidacte même si bachelier, sculpteur… touche-à-tout convient mieux puisque tout l’intéresse ; il est né ici, partage depuis plus de 50 ans l’amour de Jacqueline ici, et restera ici, tant que la Butte ne sera point plate ! C’est pas demain… « Toutes les fleurs, d’ailleurs… S’ouvrent pour m’accueillir ». C’est la curiosité de Robert qui parle, insatiable, il lit, épluche, décortique et vous en donne le fruit dans un sourire… ça l’amuse… Optimiste et fier de l’être… Moi j’appelle ça la sagesse ; ▲ Une sculpture réalisée par Robert avec une pierre récupée lors de la réalibitation du Grand Palais.