TIS IS 47 - TS
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Edms 335812 CERN INSTRUCTION DE SECURITE SAFETY INSTRUCTION Publié par: TIS/GS TIS IS 47 Date de publication: 1998 Original: anglais THE USE OF CRYOGENIC FLUIDS UTILISATION DES FLUIDES CRYOGENIQUES 1 Scope 2 Legal basis 3 Glossary 4 Aims 5 Hazards of cryogenic fluids 6 Precautions to avoid accidents 7 Safety review and instructions 8 Occupational training 9 Access permits and working rules 1 Champ d'application 2 Base juridique 3 Glossaire 4 Objectifs 5 Risques présentés par les fluides 6 Précautions pour éviter les accidents 7 Bilan de sécurité et consignes 8 Formation professionnelle 9 Permis d'accès et règles de travail Appendix: First-aid Index Annexe: Premiers secours Index INSTRUCTION DE SECURITE CERN SAFETY INSTRUCTION Publié par: TIS/GS TIS IS 47 Date de publication: 1998 Original: anglais UTILISATION DES FLUIDES CRYOGENIQUES 1 CHAMP D’APPLICATION Les cavités RF et systèmes magnétiques supraconducteurs (SC) destinés aux accélérateurs de particules et les aimants SC destinés aux détecteurs de particules sont refroidis à l’aide d’importantes quantités d’hélium liquide (He). De l’hydrogène (H2), de l’argon (Ar), du néon (Ne) et du krypton (Kr) liquides sont utilisés pour les cibles des faisceaux de particules et les systèmes de trajectographie à l’intérieur des détecteurs de particules; l’exploitation de ces installations peut nécessiter de grandes quantités d’azote liquide (N2). La présente Instruction de sécurité concerne les domaines suivants: risques généraux présentés par les liquides cryogéniques, précautions à prendre pour éviter les accidents et les blessures, règles d’établissement d’un bilan officiel de sécurité, consignes d’utilisation, formation et permis d’accès. Des informations sur les premiers secours figurent en annexe. Les fluides cryogéniques inflammables, en particulier l’hydrogène liquide (H2), ne sont utilisés qu’en faibles quantités et doivent être manipulés par des spécialistes du CERN. Ils ne sont donc pas traités dans la présente Instruction de sécurité.1 2 BASE JURIDIQUE La présente Instruction de sécurité est publiée par la Commission TIS selon la procédure définie dans le document sur la politique de sécurité au CERN SAPOCO/42 et en application des Statut et Règlement du personnel du CERN. Les codes applicables sont: le code A4 (Espaces confinés), le code D2 (Equipements sous pression), le code G (Gaz inflammables) et le code A3 (Couleurs et signes de sécurité). Le Code ou l’Instruction de sécurité applicable est le document concerné le plus récent de la “Liste et résumés des documents de sécurité de TIS”2 . 1 2 Selon le Manuel de Sécurité pour Gaz inflammables (Annexe au Code de Sécurité G), il convient de consulter le Délégué à la Sécurité Gaz inflammables (FGSO) et TIS pendant la phase conceptuelle de l'expérience. Publié par le secrétariat de la Commission TIS. 3 GLOSSAIRE Les définitions suivantes sont applicables: Cryogénique: désigne les substances dont la température d’ébullition est inférieure à -150 °C; Fluide cryogénique: gaz ou liquide cryogénique; Installation cryogénique: installation dans laquelle des fluides cryogéniques sont produits, utilisés ou stockés; Personnel de la cryogénie: les personnes exécutant un travail ou exerçant des responsabilités dans le cadre de la production, de l’utilisation, du transport, du stockage ou de l’élimination de fluides cryogéniques. Une installation cryogénique type comprend: • un réservoir sous pression (dewar, aimant SC, cavité SC) équipé de dispositifs de régulation de la pression et du niveau ainsi que de vannes de remplissage, d’extraction et de décharge; • des conduites de distribution; • une centrale de refroidissement (liquéfacteur, machine frigorifique) et un réservoir de stockage du fluide cryogénique, situés à proximité ou à distance. 4 OBJECTIFS Dans la présente Instruction de sécurité sont énoncées les règles à suivre par le personnel de la cryogénie lors de l’utilisation des principaux fluides cryogéniques employés au CERN (He, Ne, N2, Ar et Kr) pour préserver la sécurité du travail, la santé au travail et l’environnement. Ces règles sont basées à la fois sur les normes de sécurité et sur une bonne expérience pratique. Sauf disposition contraire, c'est le rôle du responsable du personnel de la cryogénie d'assurer l'application de cette Instruction de Sécurité en collaboration étroite avec la Commission TIS. L’utilisation d’autres liquides dont la température d’ébullition est inférieure à 0 °C (en particulier le dioxyde de carbone, l’oxygène, le méthane, l’éthane et l’éthylène) peut présenter des risques et nécessite une autorisation de la Commission TIS. La présente Instruction de sécurité ne concerne pas la conception des réservoirs cryogéniques ni les dimensions requises pour les dispositifs de sécurité. Pour toute information à ce sujet, se référer au Code D2. 5 RISQUES PRESENTES PAR LES FLUIDES CRYOGENIQUES Les risques présentés par les fluides cryogéniques découlent de leurs propriétés physiques, qui sont récapitulées au tableau 1. Tableau 1: Propriétés physiques des principaux fluides cryogéniques (Sources: (i) “Cryogénie”, Inst. internat. du froid (1995); (ii) Encyclopédie des gaz Air Liquide (1976), (iii)!Landolt-Börnstein, 6th ed., II, 4th part) Caractéristiques Krypton Argon Azote Néon Hélium Température d’ébullition à 1 bar Densité du liquide à la température d’ébullition [kg/m3] Litres de gaz libérés par litre de liquide, à 20 °C et sous 1 bar Densité à 20 °C comparée à la densité de l’air Chaleur latente [kJ] de vaporisation pour 1 litre de liquide Rapport de l’enthalpie de la vapeur à 20 °C sur la chaleur latente de vaporisation -153.4 °C (120 K) -185.8 °C (87.3 K) -195.8 °C (77.3 K) -246 °C (27.1 K) -268.9 °C (4.2 K) 2413 1400 810 1210 125 700 841 693 1454 751 2.9 1.4 1.0 0.7 0.14 260 220 160 104 2.6 0.67 0.7 1.14 3.2 72 Les principaux types de risques sont les suivants: 5.1 Risques pour la santé3 5.1.1 Asphyxie Les gaz formés par les liquides cryogéniques précités ne sont pas toxiques mais, du fait du rapport entre leurs volumes à l’état gazeux et à l’état liquide et de leur dilatation lors de leur échauffement jusqu’à la température ambiante, ils peuvent provoquer une asphyxie en remplaçant l’oxygène de l’atmosphère. En raison de la différence de densité, l’hélium monte (même s’il est émis à l’état liquide dans de l’air à température ambiante), tandis que l’argon, l’azote et le krypton stagnent au niveau du sol. Les symptômes d’une insuffisance d’oxygène sont récapitulés au tableau 2. Tableau 2: Symptômes d’insuffisance d’oxygène Pourcentage d’oxygène dans l'atmosphère [%] 21 - 19 19 - 15 15 - 12 12 - 10 10 - 8 8-6 4 Symptômes aucun symptôme temps de réaction sensiblement plus lents respiration difficile, pouls rapide, manque de coordination vertiges, obnubilation intellectuelle, lèvres bleuâtres nausées, vomissements, perte de connaissance mort dans les 8 minutes, lésions cérébrales dans les 4-8 minutes coma après 40 secondes, défaillance respiratoire, mort En cas d’asphyxie subite et aiguë, notamment lors de l’inhalation d’azote ou d’hélium gazeux purs, la perte de connaissance est immédiate. La personne tombe, comme terrassée, et peut mourir en quelques minutes.4 Les vapeurs et les brouillards cryogéniques peuvent se propager au niveau du sol ou du plafond jusqu’à des distances considérables de leur source, en fonction de leur relative par rapport à l’air. 5.1.2 Effets du froid 3 4 E. P. Maquet et V. Fassnacht, Sécurité et aspects médicaux liés à la cryogénie, CERN/TIS/ME/TM-97-01 Une personne inhalant de l’hélium gazeux pur pour modifier son timbre de voix s’expose donc à un risque. Lors du dégagement subit d’un nuage de fluide cryogénique tel que l’hélium, la température de celui-ci est d’environ -40 °C. Une inhalation prolongée de vapeur froide peut provoquer des effets sur les poumons susceptibles d’entraîner des maladies graves. Un risque d’hypothermie peut se présenter à des températures inférieures ou égales à 10 °C. 5.1.3 Brûlures et gelures Même un bref contact avec les fluides cryogéniques peut provoquer des brûlures cryogéniques. Une exposition continue de la peau non protégée à une atmosphère froide peut entraîner des gelures. La cornée de l’oeil est particulièrement sensible aux éclaboussures de liquides cryogéniques. 5.1.4 Contacts Les parties du corps non couvertes ou insuffisamment protégées et les vêtements peuvent coller aux surfaces froides en gelant et la peau gelée peut être arrachée lorsque les vêtements sont enlevés. 5.2 Explosions avec rupture de réservoir Lorsqu’il passe à l’état gazeux dans des conditions normales de température et de pression (tableau 1), le volume d’un liquide cryogénique augmente d’un facteur 700 (azote) à environ 1500 (néon). Cela peut provoquer une élévation de pression à l’intérieur du réservoir et entraîner un risque d’explosion et de formation de projectiles si le réservoir n’est pas suffisamment protégé. 5.3 Risques dus à la modification des propriétés des matériaux Les propriétés des matériaux soumis aux températures extrêmes des liquides cryogéniques sont radicalement modifiées et parfois de manière inattendue (contrainte thermique et fragilisation). 5.4 Risque de condensation et d’explosion en présence de matières combustibles Des pièges à condensation et des pompes cryogéniques sont utilisés pour condenser les gaz. Cependant, si elle intervient à des emplacements indésirables, la condensation est dangereuse à plusieurs égards: - à l’intérieur d’une conduite, l’humidité peut former un bouchon solide et, ainsi, entraver le libre passage ou causer des dommages mécaniques à la conduite; - à l’extérieur de la conduite, l’oxygène de l’air peut se concentrer du fait d’une condensation préférentielle, oxyder le matériau et, en présence de matériaux combustibles tels que le bois ou des matières plastiques, provoquer un incendie, voire une explosion. 5.5 Particularités de l’hélium liquide Le risque d’explosion avec rupture du réservoir est particulièrement élevé avec l’hélium liquide qui, du fait de sa faible chaleur latente de vaporisation (2,6!kJ/litre d'hélium liquide contre 160 kJ/litre d’azote liquide), peut se dilater rapidement pour occuper des volumes importants sous l’effet de la chaleur. Par ailleurs, l’hélium gazeux, du fait de son enthalpie élevée, absorbe une quantité importante de chaleur lorsqu’il passe d’une basse température à la température ambiante. En conséquence, il refroidit puissamment le matériau avec lequel il est en contact et augmente le risque de condensation de l’oxygène atmosphérique et de détérioration du matériau. L’hélium liquide est très léger (125 g/litre) par rapport à l’azote liquide (804 g/litre) et encore plus par rapport à l’argon liquide (1390 g/litre). Il est donc dangereux d’utiliser des dewars conçus pour le stockage de l’hélium liquide pour stocker de l’azote ou de l’argon. 6 PRECAUTIONS POUR EVITER LES ACCIDENTS ET LES BLESSURES 6. 1 Insuffisance d’oxygène On doit se conformer au Code de sécurité A4 “Espaces confinés” du CERN lorsqu’il est nécessaire de pénétrer dans un réservoir de fluide cryogénique (cryostat, boîte froide) ou dans des locaux dans lesquels une fuite cryogénique a pu avoir lieu, des nuages de brouillard se sont formés ou des poches de vapeur cryogénique ont pu s’accumuler du fait d’une mauvaise ventilation. 6. 2 Vêtements de protection Tout contact avec des fluides ou équipements refroidis à des températures cryogéniques doit être évité. 6.2.1 Gants Des gants doivent être fournis à proximité de chaque installation cryogénique qui exige, dans des conditions de fonctionnement normales, de déconnecter des conduites ou des lignes de transfert. Ils doivent être spécialement adaptés aux applications cryogéniques (p. ex. gants de cuir), offrir une isolation thermique suffisante et être disponibles sur place. Le port de gants est indispensable pour toute manipulation de matériel susceptible d’avoir été en contact avec des liquides ou gaz froids. Ils doivent être suffisamment larges, de manière à pouvoir être enlevés facilement si du liquide venait à les éclabousser ou à y pénétrer. Il convient de les porter sous la manche. 6.2.2 Protection des yeux En cas de risques de fortes éclaboussures ou pulvérisations, les yeux doivent être protégés par un écran facial ou des lunettes. 6.2.3 Autres vêtements Les pantalons doivent être portés à l’extérieur des bottes et les manches par dessus les gants. Les chaussures doivent être à la bonne taille et avoir une semelle antidérapante. 6.3 Ventilateurs électriques à air chaud et problèmes liés à l’humidité L’humidité de l’atmosphère ambiante se condense rapidement sur les surfaces froi des et peut geler et obstruer des tuyaux et des équipements de sécurité vitaux, tels que les vannes de décharge. Cela peut les détruire du fait de l’augmentation de volume dans la transformation de l’eau en glace ou de la dilatation d’une éventuelle poche de gaz soumise à un échauffement. Il est donc nécessaire de sécher soigneusement l’installation ou la ligne de transfert avant de les refroidir (par ex. avec du gaz sec). Pour faire face à tout problème de fonctionnement, un ventilateur à air chaud doit être disponible sur place pour chaque installation cryogénique dont les lignes de transfert doivent être déconnectées manuellement en fonctionnement normal (par ex. les installations de distribution des liquides cryogéniques et de remplissage des dewars). Le ventilateur permet d’éliminer les blocs de glace en cas de défaillance. 6.4 Lignes d’échappement Les lignes d’échappement sont la solution adoptée habituellement pour réguler les émissions d’importantes quantités de fluides cryogéniques à l’extérieur des bâtiments. Elles permettent d’éviter toute émission de gaz dans l’atmosphère à des emplacements indésirables. Les lignes d’échappement ne peuvent être utilisées que si la décharge du dewar ou de l’installation s’effectue à des emplacements déterminés (vannes, dispositifs de sécurité). En général, il est exigé que tous les éléments de décharge pour la régulation des émissions de gaz soient connectés à une ligne d’échappement acheminant le gaz jusqu’à l’atmosphère en dehors du bâtiment ou dans un dispositif de stockage (ballon, gazomètre). La ligne d’échappement et le dispositif de décharge doivent être conçus pour supporter les conditions dynamiques, compte tenu des pertes de pression, de la contrainte mécanique entraînée par les changements de température, de la contrepression et des dégagements d’autres dispositifs de décharge dans le même collecteur. La conception doit permettre d’éviter toute forme de rupture ou blocage par de l’air humide congelé entraînée par la chute de température lorsque le fluide cryogénique se dégage rapidement, comme c’est le cas lors d’une urgence. Il est recommandé d’isoler thermiquement la ligne d’échappement et de faire en sorte que le gaz soit chauffé à la température ambiante avant d’entrer dans la ligne d’échappement. Tout refoulement d’air de l’orifice de décharge dans la ligne d’échappement doit être évité (en général au moyen d’un clapet installé sur l’orifice de décharge de la ligne d’échappement). La ligne doit faire l’objet d’un essai d’étanchéité. Il convient de vérifier le bon fonctionnement du clapet dans des conditions défavorables (pluie, neige, formation de glace, présence de nids ou pénétration d’un oiseau). Tous les clapets doivent être testés à intervalles réguliers d’un an au maximum. Il faut envisager la possibilité d’une forte contre-pression du fait des oscillations de la pression lorsque des liquides cryogéniques sont évacués par une ligne d'évacuation à température ambiante. Il convient d’éviter autant que possible les rejets liquides en plaçant la conduite d’évacuation au niveau le plus élevé possible sur le réservoir et en veillant à ne pas le remplir excessivement. 6. 5 Systèmes d’alarme et d’arrêt Un remplissage excessif peut entraîner la condensation de l’humidité atmosphérique en des emplacements indésirables et bloquer des vannes de décharge essentielles. Pour éviter tout trop-plein, la pression doit être surveillée en permanence. Le bon fonctionnement du manomètre doit être vérifié à intervalles réguliers conformément au Code de sécurité D2. Un capteur de niveau ou d’autres instruments, tels qu’un nivellomètre, un débitmètre ou un capteur thermique, peuvent être installés pour activer une alarme ou interrompre le fonctionnement de l’installation cryogénique en cas de défaillance. 6.6 Limiteurs de pression Des dispositifs de protection contre la surpression, tels que des vannes de décharge ou des disques de rupture, doivent être prévus dans les sections du système pouvant être isolées. Ils doivent posséder les caractéristiques requises pour les applications cryogéniques. Ils doivent être placés à l’extrémité de conduites spécialement prévues à cet effet, qui ne doivent remplir aucune autre fonction. Ils ne doivent être connectés à aucune ligne d’échappement susceptible de se bloquer. Le réservoir de liquide doit être protégé contre la surpression par au minimum deux dispositifs de décharge montés en parallèle, de préférence de types différents, tels que par exemple un disque de rupture et une vanne de décharge, installés de manière à rester à température ambiante en fonctionnement normal. Les espaces isolants sous vide seront équipés de protections contre les surpressions en cas de défaut d’étanchéité de la paroi extérieure de la gaine sous vide où l’air pourrait pénétrer et se condenser sur la surface froide de la ligne de transfert interne. Aucune vanne d’isolement intermédiaire ne doit être installée entre le réservoir, le dispositif de décharge et le point de décharge. La conduite de décharge du dispositif de décharge doit être conçue de manière à éviter toute surpression dangereuse lors d’un dégagement d’urgence (sa taille doit être au moins équivalente à celle du dispositif de décharge). Les vannes de décharge doivent être montées verticalement (de préférence avec le côté de l’échappement en bas) et à une distance de sécurité suffisante pour éviter qu’elles ne gèlent à cause de la vapeur d'eau dans l'air et, en conséquence, ne cessent de fonctionner (tiges allongées). Il peut être indiqué de prévoir des orifices d’écoulement pour l’eau. En cas d’obturation des vannes de décharge ou des plaques de rupture par formation de glace, on consultera le personnel compétent et l’expert de la Commission TIS. Une technique fréquemment utilisée pour réduire la pression consiste à créer progressivement un petit orifice dans le bouchon de glace en introduisant un tube de cuivre chaud. L’installation cryogénique doit être mise hors service et réchauffée dès que cela est raisonnablement possible pour permettre les réparations. L’évacuation doit être dirigée vers le haut pour l’hélium et vers le bas pour l’azote et l’argon. Dans toute la mesure du possible, on utilisera des boîtiers de ventilation. Le limiteur de pression doit être conçu de manière à ce que le gaz évacué ait une vélocité élevée. Le mouvement turbulent garantit un niveau adéquat de dilution et de mélange avec l’air. Les dimensions des limiteurs de pression doivent être déterminées en prévision de la contre-pression maximale possible dans toutes les conditions de fonctionnement. Ils doivent être inspectés à intervalles réguliers selon les exigences du Code de sécurité D2 du CERN et il faut vérifier qu’ils ne présentent pas de fuite, de glace ou d’accumulation d’impuretés. 6.7 Choix des matériaux Les éléments doivent être conçus de manière à garantir un fonctionnement sûr, même dans des conditions exceptionnelles (défaillance, accident ou autre), qui doivent être appréciées dans une évaluation technique. Il faut prendre en considération la température la plus basse à laquelle les équipements pourraient être soumis en cas de défectuosité et prévoir une marge de sécurité appropriée dans la conception de tout élément. Si un refroidissement accidentel à des températures cryogéniques est possible (par ex. dans le cas d’une rupture du vide), l’élément doit être réalisé dans un matériau utilisable aux basses températures (par ex. acier inoxydable austénitique), à l’exclusion des matériaux qui deviennent friables à ces températures. Les matériaux utilisés en cryogénie doivent présenter des caractéristiques prouvées de compatibilité et de ductilité à la température nominale pour exclure toute rupture fragile. La configuration du système, les dimensions des conduites et l’isolation doivent être conçues de manière à éviter une contrainte thermique excessive. Pour éviter les fuites, les joints toriques et autres dispositifs d’étanchéité seront réalisés dans un matériau possédant une élasticité suffisante à basse température. Les équipements, en particulier les raccords des tubes de transfert du liquide cryogénique, doivent être conçus avec des tolérances nominales permettant un assemblage à la fois rapide et facile, tout en excluant la sortie de gaz froid. 6.8 Déversements de liquide cryogénique et risques d’explosion en présence de matières combustibles Les températures de surface des réservoirs d’hélium, de néon et d’azote (mais non d’argon et de krypton) peuvent être suffisamment basses pour entraîner la condensation de l’air, qui tend alors à s’enrichir en oxygène. Les gouttes d’air doivent être recueillies dans un récipient adéquat en matériau non combustible. Au contact de substances combustibles (p. ex. ouate, chiffons gras), le liquide ainsi produit peut être très réactif et susceptible d’exploser violemment. Cela peut se produire lorsque: • au cours du remplissage d’un grand réservoir de stockage à partir d’un véhiculeciterne, du fluide cryogénique se répand sur l’asphalte; • à la suite d’un dégagement d’hélium liquide dans l’air, l’oxygène de l’air se condense et tombe en gouttelettes sur une matière combustible; • le fluide cryogénique s’évapore trop rapidement, par exemple du fait d’oscillations de la pression entraînées par un apport de chaleur de la partie chaude de la conduite dans le gaz froid; • des compresseurs lubrifiés à l’huile ayant servi pour l’hélium, l’azote ou l’argon pendant une période prolongée sont ensuite utilisés pour l’air sans avoir été parfaitement nettoyés. En cas de déversement ou de condensation d’oxygène, les locaux doivent être évacués et les pompiers immédiatement appelés. Il conviendra de réduire ce risque particulier grâce à une conception adéquate (tuyaux sous vide à double paroi, dispositif de chauffage adéquat, éléments d’amortissement). Il est recommandé d’éviter autant que possible toutes les conditions pouvant permettre une décharge de liquide par l’adoption d’une géométrie adaptée et d’une marge de remplissage suffisante. 6. 9 Ventilation dans les installations cryogéniques Une ventilation adéquate doit être assurée pour tous les postes de remplissage des dewars transportables. La Commission TIS peut autoriser une émission maîtrisée de gaz à très faible débit à l’intérieur de bâtiments sur présentation d’une évaluation écrite des risques. Cette évaluation doit prendre en compte les directives suivantes: Les conditions de ventilation naturelle dans le bâtiment doivent exclure toute possibilité d’accumulation dangereuse de gaz, même en cas de défaillance de tous les systèmes de ventilation forcée. Le cheminement probable des fuites de gaz doit être déterminé, de même que les emplacements critiques où ces gaz sont susceptibles de s’accumuler. Le point de décharge doit être situé dans un endroit où le gaz émis sera dilué à une concentration non dangereuse par ventilation naturelle. Les dewars contenant des fluides cryogéniques autres que l’hélium ne doivent pas être installés à l’intérieur ou à proximité de puits librement accessibles. Lorsque les fuites potentielles risquent d’être trop importantes pour être maîtrisées par une ventilation naturelle, une ventilation forcée est nécessaire et des avertisseurs d’insuffisance d’oxygène doivent être installés. Le système de ventilation forcée doit être rigoureusement adapté aux caractéristiques de l’installation; il serait insuffisant et dangereux de ne se fier qu’à la ventilation du bâtiment existante. 6.10 Précautions spéciales pour les dewars Les dewars conçus pour le stockage de l’hélium liquide doivent être traités avec soin, car ils sont équipés de tuyaux de faible épaisseur conçus pour réduire au minimum l’apport de chaleur. Ils ne peuvent pas résister aux chocs mécaniques brutaux, surtout lorsqu’ils sont pleins et ne se trouvent pas en position verticale. Les dewars transportables doivent être stables, posséder un nombre suffisant de roues adaptées, et être transportés de manière appropriée. Les dewars ne pourront être utilisés qu’à l’emplacement prévu, à moins qu’il ne soit procédé à une évaluation des risques pour le nouvel emplacement. 6.11 Processus de transfert Il est recommandé de transférer tous les liquides par des conduites isolées. Avant le début du transfert, toutes les conduites et tous les réservoirs à remplir doivent être purgés à l’aide d’un gaz sec de même composition. Aucun gaz étranger ne doit demeurer dans les zones obturées à leurs extrémités. En cas de refroidissement à partir de la température ambiante, la sortie d’une ligne de transfert doit se trouver au-dessous du niveau du liquide après remplissage pour que la quantité de gaz froid refoulé soit minimisée. Le liquide cryogénique doit être versé en direction du fond du réservoir en cours de remplissage pour éviter toute ébullition ou éclaboussure excessives. Si des vibrations se produisent au cours du transfert et qu’un léger repositionnement de la ligne de transfert ne permet pas d’y mettre fin, le transfert doit être interrompu. Pour que la quantité de gaz froid refoulé soit également minimisée en cas de nouveau remplissage, l’orifice de sortie de la ligne de transfert doit se situer au-dessus du niveau du liquide, en particulier pour l’hélium liquide. Habituellement, les liquides cryogéniques sont transférés de véhicules-citernes dans des réservoirs de stockage à l’aide de pompes. Il faut soit prendre leur vitesse de pompage en considération pour le choix de la soupape de sécurité du réservoir, soit prévoir une vanne d’isolement qui interrompra automatiquement le transfert si la pression à l’intérieur du dewar dépasse la valeur nominale. 6.12 Panneaux, repères et barrières Lorsque des substances cryogéniques se dégagent dans l’air, la formation de brouillard par condensation de la vapeur d’eau dans l’air ambiant peut gravement réduire la visibilité. Pour garantir que le personnel puisse suivre les voies d’évacuation, des moyens simples doivent être mis en oeuvre, tels que des points de repère placés à 1,5 m au-dessus du niveau du sol et des mains courantes à environ 1 m au dessus de celui-ci, que le personnel pourra localiser par le toucher, même s’il porte des vêtements de protection, et même si ces moyens ne lui sont pas visibles. Des barrières de protection doivent être disposées autour des installations cryogéniques d’une capacité de liquide cryogénique de plus de 500!litres s’il est probable que des chariots élévateurs à fourche ou autres, ou d’autres engins de transport auxiliaires seront utilisés à proximité. Des panneaux présentant les instructions à suivre pour les premiers secours doivent être placés de manière visible. 7 BILAN DE SECURITE ET CONSIGNES D’UTILISATION Lorsqu’il est décidé d’implanter une nouvelle installation cryogénique, la personne responsable doit organiser, par l’intermédiaire du DSO5 de la division concernée, une audience de sécurité à laquelle participeront le TSO6 (le GLIMOS7 s’il s’agit d’une expérience) et des représentants de la Commission TIS pour: (a) évaluer les risques présentés par l’installation et démontrer que celle-ci est conçue de manière à ce que la défaillance d’un élément critique ne compromette pas la sécurité; 5 6 7 DSO = Délégué divisionnaire à la sécurité TSO = Délégué à la sécurité territoriale GLIMOS = Chef de groupe pour les questions de sécurité (b) vérifier que les codes de sécurité du CERN ou d’autres réglementations pertinentes sont respectés; (c) déterminer avec la Commission TIS les mesures de sécurité qui s’imposent et prendre des dispositions pour un éventuel suivi nécessaire pendant l’exploitation de l’installation. Avant la mise en service d’une nouvelle installation cryogénique, ou avant le redémarrage d’une installation existante à la suite d’une modification majeure de celle-ci - y compris des procédures d’exploitation - ou du personnel de la cryogénie, une audience de sécurité finale et une dernière inspection de tous ses éléments et commandes doivent être organisées de manière similaire. La mise en service ne peut débuter qu’à réception d’une autorisation écrite de la Commission TIS. Pour chaque installation cryogénique, la personne responsable doit élaborer un manuel succinct contenant les consignes d’utilisation, dont un exemplaire doit être conservé à proximité de l’installation. Ce manuel décrira les risques principaux et énoncera les instructions à suivre en cas d’accident. L’audience de sécurité et l’élaboration du manuel peuvent être suspendues si le concepteur de l’installation cryogénique peut démontrer au représentant de la Commission TIS que l'installation est en mesure de fonctionner en toute sécurité et que sa capacité de liquide est inférieure à 500 l (ou équivalence de masse pour les gaz). 8 FORMATION PROFESSIONNELLE Le personnel de la cryogénie doit posséder les qualifications, la formation et l’encadrement nécessaires à l'exécution de son travail dans des conditions de sécurité. Il doit également recevoir une formation aux risques cryogéniques propres à l’installation auprès de laquelle il travaille. Toute personne affectée pour la première fois à des activités cryogéniques auprès d’une installation bénéficiera de l’aide d’une personne ayant connaissance de tous les risques qu’elle présente, jusqu’à ce que le superviseur puisse s’assurer que l’intéressé est à même d’exécuter le travail par luimême. Le personnel de la cryogénie doit avoir suivi des cours de sécurité cryogénie. 9 PERMIS D’ACCES ET REGLES DE TRAVAIL Les panneaux de signalisation ci-dessous indiquant la présence de fluides cryogéniques et un risque d’asphyxie doivent être placés de manière visible dans les locaux abritant des installations cryogéniques (respectivement figures 1 et!2). Fig. 1: Panneau de signalisation pour fluide cryogénique Fig. 2: Panneau de signalisation pour risque d’asphyxie Selon les conclusions de l’audience de sécurité finale, la Commission TIS a compétence pour restreindre l’accès aux locaux abritant l’installation cryogénique au personnel autorisé et spécialisé. Dans ce cas, les mesures suivantes doivent être prises: • un panneau lumineux, tel que “Accès restreint - Hélium liquide” ou “Accès restreint - Argon liquide” selon qu’il s’agit d’hélium ou d’argon, sera éclairé et placé bien visiblement dans les locaux lorsque l’installation cryogénique est remplie de liquide cryogénique; • les autorisations d’accès étendues doivent être imprimées sur la carte d’accès CERN; • le personnel autorisé doit assister à une audience de sécurité consacrée principalement aux risques propres à l’installation et aux mesures à prendre en cas d’incident; • un document établissant les règles du travail doit être publié à l’intention du personnel (et être intégré au “Plan divisionnaire de sécurité”). Il est recommandé de faire en sorte que les locaux à accès restreint abritant l’installation cryogénique ne soient accessibles que pour des contrôles visuels, au cours desquels les précautions suivantes doivent être prises: • appliquer la règle de sécurité: "Ne jamais travailler seul" (Code de sécurité A6); • ne jamais s’attarder (pour discuter, par exemple) à proximité de soupapes de sécurité; • en cas de décharge d’hélium dans le tunnel, se tenir près du sol (la teneur en oxygène est plus élevée au niveau du sol), éviter de respirer dans le nuage (bien visible immédiatement après un dégagement) que ce soit par la bouche ou par le nez et quitter rapidement les lieux. Une fois dehors, activer l’alarme d’évacuation et appeler les pompiers du CERN en composant le n° 112 sur un téléphone ou en utilisant un téléphone rouge d’urgence. Le personnel habilité peut être autorisé à intervenir, sous réserve que le liquide contenu dans le volume de stockage ait été complètement remplacé par du gaz, auquel cas le panneau lumineux doit être éteint. ANNEXE PREMIERS SECOURS En cas d'accident, toute personne présente sur les lieux doit immédiatement alerter le service Secours et feu du CERN. Par ailleurs, avant l’intervention des spécialistes, des mesures immédiates s’imposent dans les cas suivants: • Les “brûlures par le froid” seront traitées de la même manière que les brûlures normales. Enlever tout vêtement susceptible d’entraver la circulation du sang jusqu’à la zone gelée. Placer la partie du corps qui a été exposée au froid extrême sous un courant d’eau tiède pendant 10-15 minutes. Indiquer clairement la cause de la brûlure (thermique, non chimique) au médecin ou au personnel infirmier. • En cas d’asphyxie par insuffisance d’oxygène, la victime doit être évacuée du lieu où l’oxygène fait défaut. Des précautions seront prises avant d'essayer de porter secours, comme par exemple le port d'apppareil respiratoire. Le cas échéant, les gestes de premiers secours et de réanimation doivent être exécutés immédiatement, pour autant que la trachée soit dégagée et que le coeur batte. De l’oxygène sera administré par les secouristes, de préférence à l’aide d’un appareil respiratoire, jusqu’à ce que des soins puissent être prodigués par le personnel médical. • Les éclaboussures dans l’oeil doivent être traitées par un lavage ininterrompu de l’oeil à l’eau tiède pendant 10 à 15 minutes; un traitement médical doit suivre immédiatement. INDEX Thème accès (cartes, autorisat., permis) accident acier austénitique alarme alarme d’évacuation appareil respiratoire argon asphyxie audience de sécurité avertisseur insuffisance oxygène azote ballon (de stockage) barrière de protection blocs de glace boîtier de ventilation brûlure par le froid brûlures cryogéniques capacité de liquide capteur thermique chaleur latente chariot élévateur à fourche chariots cheminement du gaz choc mécanique clapet codes de sécurité du CERN collecteur compresseurs lubrifiés à l’huile condensation conduite d’évacuation conduite de décharge consignes d’utilisation contrainte thermique contre-pression cours de sécurité cryogénie débitmètre densité déversement d’oxygène dewars dioxyde de carbone disque de rupture ductilité du matériau éclaboussures élasticité enthalpie état défectueux éthane éthylène évaluation des risques fluide cryogénique formation professionnelle formation de brouillard fragilisation fuites gants Page 10, 11, 13 5, 14 9 7 13 14 3 3, 4, 13, 14 12, 13 10 2 6 11 6 8 4, 14 4 11, 12 7 3, 5 11 11 10 10 7 1, 5, 7, 12 6 9 4, 5, 7 7 8 11 4, 9 6, 7, 8 12 7 3 9 2, 5, 6, 10 2 7 9 4, 6, 11, 14 8 3 8 2 2 10 2, 11 12 11 4 5, 8, 9 5 Thème gazomètre gelure hélium humidité hydrogène hypothermie inspection de sécurité inspection dispositifs de décharge installation cryogénique insuffisance d’oxygène krypton lignes d’échappement lunettes mains courantes manomètre manuel de sécurité matériaux combustibles mélange explosif méthane mise en service néon nivellomètre nuage d’hélium oscillations oxygène panneau lumineux panneaux panneaux de signalisation personnel de la cryogénie plan divisionnaire de sécurité plaque de rupture points de repère (sécurité) pompe cryogénique pompiers premiers secours propriétés physiques des fluides protection contre la surpression purge raccords de tubes réanimation règles du travail remplissage des dewars remplissage excessif réservoirs d’hélium risque d’explosion risques cryogéniques soupapes de sécurité téléphone d’urgence teneur en oxygène vanne de décharge vapeur cryogénique ventilateur à air chaud ventilation ventilation forcée ventilation naturelle Page 6 4 2, 4, 5 5, 6, 7 1 4 12 8 2, 7, 1, 12, 13 3, 5, 10, 14 2 6 6, 7 11 7 12 5, 8 4 2 12 2 7 4, 13 7, 9 2 13 11 13 2, 12 13 8 11 4, 5 9, 13 14 3 7 11 9 14 2, 13 6, 9, 11 7 8, 9, 11 4, 5, 9 2, 3 11, 13 13 13 6, 7, 8 3, 4, 5 6 10 10 10
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