ENTR`ACTES

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ENTR`ACTES
ENTR'ACTES
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LES PERSONNAGES
L'HOMME.
UN PÈRE DIVORCÉ .
SON FILS.
45 ans
40 ans
1 8 ans
UNE MÈRE .
35 ans
SA FILLE.
15 ans
UN VIEUX .
75 ans
SA FEMME.
75 ans
DEUX AMIES.
30 ans
UN
ACTEUR POUR
UN VOLEUR . UN VICIEUX .UNE JEUNE FILLE
UN COUPLE D'AMOUREUX.
18 ans
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Il s'agit d'une petite salle de cinéma comme on en trouve dans les
cinémas d'essai;un écran transparent est au bord de la scène,face
au public ,séparant les acteurs du public. Derrière l'écran sont
placés des sièges qui font face aux spectateurs.
De part et d'autre de l'écran se trouve à gauche une porte où il y a
marqué "entrée" à droite une autre porte ou Il y a marqué "sortie"
et plus à droite une troisième porte ou Il y a marqué toilettes .
Une ouvreuse habillée de rouge attend patiemment l'entrée des
spectateurs. elle se trouve au fond de la salle ,mais les spectateurs
ne la voient pas.ils pensent qu'elle fait partie du théâtre.
Il doit pleuvoir dehors car quand l'homme arrive le premier au fond
de la salle ,il a un parapluie tout mouillé et il s'essuie le visage et
les mains;sans qu'on comprenne ce qu'ils se disent on voit qu'il
plaisante avec l'ouvreuse sur le temps, puis va s'installer au
premier rang sur la scène,face au public.
Les personnes qui vont entrer successivement après lui,arrivent
également par le fond de la salle avec leur parapluie tout mouillé ou
leur imperméable ruisselant de pluie.
L'ouvreuse va les placer un rang derrière lui. Il recevra leur
conversation par derrière.
On peut même envisager de mettre des spectateurs sur scène et
quelques acteurs dans la salle .
Chaque couple va poursuivre une conversation qui n'a rien à voir
avec celle des autres et même quelquefois ne pas sembler se
correspondre parmi les éléments du même couple.
Cette conversation des acteurs commence dès l'entrée dans la
salle,les spectateurs se retournant pour savoir qui parle.
L'homme qui est seul, va recevoir toutes ces conversations d'une
façon amplifiée .
Quand la lumière s'éteint dans la salle ,tous les autres se taisent,
mais comme le film est trouble, peu à peu sur l'écran l'homme
projette les conversations qu'il a entendues .
Au deuxième tableau ce sont ses propres soucis qu'il va projeter
d'une façon crescendo et qui vont l'amener au malaise.
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ENTR'ACTE 1
L'ouvreuse habillée de rouge attend les clients.Elle se trouve au
fond du théâtre et les spectateurs ne savent pas qu'elle fait partie
du spectacle.
Un homme seul, âgé de quarante cinq ans, aux tempes grisonnantes
paraissant insouciant, entre au fond du théâtre.son parapluie est
tout mouillé,il s'essuie le visage et les mains.
L'ouvreuse se dirige vers lui, il lui tend son ticket.Tout en parlant
elle le dirige sur la scène.
L'OUVREUSE.
On dirait qu'il y a de l'orage?
L'HOMME.
Plus que vous pouvez le croire.Un orage tropical!
L'OUVREUSE.
Vous désirez être loin ou près de l'écran ?
L'HOMME.
On ne la dirait pas, je sais très myope, je préfère être près. Il n'y a
personne ? A quelle heure commence la première séance ?
L'OUVREUSE.
Dans cinq minutes .
L'Homme s'asseoit,face au public,se retourne vers les fauteuils
derièrelui ,surpris d'être tout seul.Au bout d'un moment,il s'adresse
à l'ouvreuse
L'HOMME.
Ce film n'a pas de succès ?
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L 'OUVREUSE .
Il y a une semaine qu'il est à l'affiche et on n'arrive pas à remplir
la salle.
L'HOMME .
Cela ne fait pas vos affaires
L' OUVREUSE.
J'espère que ce film sera vite remplacé
L'HOMME.
Pourquoi n'a-t-il pas de succès ?
L'OUVREUSE .
Pardi, la pellicule est trouble, les acteurs ne parlent pas, c'est une
voix "Off'' seule la musique est belle.
L 'HOMME .
La pellicule est trouble parce que votre machiniste ne sait pas faire
au mise au point.
L'OUVREUSE .
Il parait que non,à chaque séance les gens sifflent et se plaignent.
Il parait que l'auteur a voulu rendre ce côté trouble que peut avoîr
un myope du monde .
L'HOMME.
Il a raison . Quand je ne porte pas de lunettes, les gens et les
paysages sont troubles, mais je les mets rapidement. Les
spectateurs après avoir sifflés, restent-ils ?
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L'OUVREUSE .
D'abord ils manifestent, très peu sortent, Ceux qui restent
s'abîment dans leur réflexion et je crois même qu'ils prêtent leur
visage au visage flou des acteurs .
L 'HOMME
Je ne sais pas si je serai patient . où est la sortie ?
L'OUVREUSE.
Là à votre droite .
L'HOMME.
Je crois que c'est un film un peu ...enfin pour homme seul
L'OUVREUSE .
Vous n'êtes pas le premier à vous tromper . Le film dont vous parlez
est dans l'autre salle au fond . vous avez encore le temps de sortir,
je vous rendrai votre ticket et votre pourboire.
L ' HOMME .
J'hésite ,vous avez éveillé ma curiosité avec ce film ...trouble, Si
c'est insupportable du point de vue visuel ,je sortirai.
L'OUVREUSE.
Je vous aurai averti .
L 'HOMME.
Vous devez en voir des spectateurs étranges
L 'OUVREUSE
Oui le spectacle est dans la salle. Ce sont les gens tout seuls qui
sont étranges .
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L HOMME.
Merçi.
L'OUVREUSE
Oui les gens accompagnés se tiennent. On peut trouver chez les
gens seuls , des Vicieux, des Voleurs ou des pauvres types .
L ' HOMME
Quand on est seul dans la vie on n'a pas la droit de sortir, ces gens
là n'ont pas le droit d'aller au cinéma .
L'OUVREUSE
Bien sur .Je vous parle simplement de mon expèrience de deux ans
de salle.
L 'HOMME
Dans quelle catégorie me rangez-vous ?
L'OUVREUSE
Baratineur ,séducteur c'est à dire un vicieux déguisé .
L ' HOMME
Vous ne vous asseoierez pas à côté de moi.
L'OUVREUSE
Cela dépendrait de ce que je rechercherai, si viens pour le film ou
pour autre chose. C'est drôle j'essaie de placer les gens comme ils
le désirent, le vicieux à côté de celle qui le recherche, cela ne
marche jamais,le vicieux veut une fille qui ne pense qu'au film
l'autre s'intéresse à un homme qui a d'autres idées en tête.
L'HOMME.
D'après vous je suis là pour quoi ?
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L'OUVREUSE
Ne vous mettant pas au fond,je ne sais comment vous classer,
J'ai le temps en deux heures de voir votre comportement
L'HOMME
Je vais être obligé de bien me tenir . S'il n'y pas de spectateurs
vous viendrez me tenir compagnie ?
L'OUVREUSE
Je n'ai pas envie de perdre ma place je suis là pour réceptionner les
clients toute la soirée jusqu'à minuit, c'est ma dernière séance.
L 'HOMME.
Une fois que le film est commencé ,vous n'êtes pas libre?
L'OUVREUSE
C'est un cinéma permanent ,des gens peuvent arriver à tout bout de
champs. Justement en voilà deux je vous laisse .
L'HOMME
D'après vous qui sont ces deux spectateurs 7
L'OUVREUSE
Un père divorcé et son fils .
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SCENE 2
LE PÈRE -LE FILS .
Ils arrivent également par le fond de la salle.Ils ont l'air
transi et mouillé.
L'ouvreuse va à leur devant,prend le ticket des mains du
père, demande ou ils veulent être placée, la place choisie est
derrière et à droite de l'homme. On sent au mouvement de la tête
de l'homme qu'il écoute la conversation ,qu'il réagît et que celle-ci
l'envahit comme si le père et le fils parlaient dans des micros.
LE PÈRE.
Tu ne sais pas ce qu'à décider ta mère pour les vaoances, pars-tu
avec elle ou restes-tu avec moi .
LE FILS.
Elle ne me l'a pas encore dit.
LE PÈRE.
Avec elle rien n'est facile, elle ne se rend pas compte qu'Il y a des
places à louer à I'avance.
LE FILS.
Moi j'aimerais bien partir avec des copains.
LE PERE.
Fais comme tu veux, arrange-tol avec elle . Tes vacances de neige
se sont bien passées ?
LE FILS.
Oui il y avait une neige splendide mais il y avait trop de monde pour
prendre les remontées mécaniques et celles-çi coutaient
vachement chères,heureusement qu'il y avait un forfait .
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LE PÈRE.
Ne me dis pas que ta mère maintenant sait skier!
LE FILS.
Elle a pris des leçons. Depuis qu'elle n'est plus avec toi elle n'est
plus la même, tu devais la bloquer .
LE PÈRE .
Si elle est heureuse tant mieux, moi pendant ce temps je suis allé
en Camargue faire du cheval, tu te souviens ta mère avait horreur
du cheval, j'en ai fait des kilomètres et des kilomètres, la Camargue
c'est beau .
LE FILS
Nous étions à l'hotel Maman, moi et son petit ami.
LE PERE
Il ski aussi bien que moi .
LE FILS
Beaucoup mieux ,tu ne sais pas descendre les pistes noires.
LE PERE
Oui ,c'est vrai !
LE FILS
Ne t'en fais pas Il ne sait pas lui monter à cheval .
LE PÈRE.
Qui paye les frais? ta mère ? ou son petit ami.
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LE FILS.
C'est elle qui paie tous les faux frais.
LE PÈRE.
Elle n'était pas habituée, cela doit la changer
LE FILS.
Non, elle dit qu'elle a enfin de l'argent de poche.
LE PÈRE.
En Camargue ,J'ai fait la connaissance d'un couple; le mari et la femme
aimaient faire du cheval tous les deux en même temps, quelle chance
avez-vous lui ai-je dit d'avoir des gouts commune, tu sais ce qu'il m'a
répondu, vous plaisantez, quelle barbe ce n'est pas une femme, c'est
un pot de colle.
LE FILS.
A la neige le matin je me levais tôt . Maman dormait jusqu'à midi.
LE PÈRE.
Elle a toujours aimé dormir le matin. Son ami lui tient compagnie ?
LE FILS
J'avais loccasion de faire plus de dix fois la descente jusqu'au repas de
midi.
LE PÈRE
En Camargue j'avais un cheval noir magnifique .Un des plus beaux que
J'ai monté de ma vie . Il répondait à une tenue de renne, à un coup de
pied, J'ai même fait du manège avec lui.
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LE FILS.
Il y a un homme qui s'est cassé la jambe juste devant moi, je me
suis arrêté à sa hauteur . Ils ont été vachement rapides, un quart
d'heure après une civière est arrivée et il est descendu à la station
ficellé à sa civière ,qu'est-ce qu'il souffrait!
LE PÈRE.
Moi aussi il y a eu u ne chute de cheval et une femme s'est cassé le
coude, elle s'est trouvée mal ,sous le coup de la douleur.
LE FILS.
Maman a dit que je repartîrai seul en avril ,si tu savais comme
j'aime monter en tire fesses vers les cimes je suis bien, je n'ai plus
de problème.
LE PÈRE.
Moi,j'aime sentir la croupe du cheval nerveuse sous mes cuisses
m'emportant loin, sous le vent, J'oublie que j'étais marié et même
que j'ai un fils.
LE FILS.
J'arrive aussi à t'oublier ,à vous oublier sur les pistes.
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SCÈNE 3
LES DEUX AMIES.
Les deux personnages suivants qui entrent et qui vont être placés
par l'ouvreuse sont deux amies d'une trentaine d'années?elles
portent une capuche transparente pour la pluie. elles se placent
derrière l'homme et à sa gauche.
UNE AMIE.
Cette salle est belle et propre. Une fois en vacances je suis allé au
cinéma, il y avait des puces, je me suis grattée toute la soirée .
L'AUTRE AMIE.
Ces fauteuils sont trop enfoncés ,je n'arrive pas à voir l'écran
parfaitement, J'ai la tête de ce monsieur qui me gêne, il manquerait
plus que j'ai quelqu'un devant moi ,je ne verrai plus rien.
UNE AMIE .
Quand je suis rentrée à l'hôtel ,j'avais encore l'impression que
même les draps étaient remplis de puces, j'ai du me lever pour
prendre une douche.
L'AUTRE AMIE.
Je me demande pourquoi l'architecte n'a pas mis l'écran plus haut ,
de plus la salle fait un creu, c'est un non sens .
UNE AMIE.
D'ailleurs quand je suis à l'hôtel, depuis ,je défais toujours les lits
pour voir si les draps sont propres.
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L'AUTRE AMIE.
Tu as raison.
UNE AMIE.
Tu me fais rappeler qu'un matin ,j'avais sur mon drap des tâches
de sang provoquées par les puces .
L'AUTRE AMIE .
D'une façon générale au cinéma je préfère être au balcon, au moins
tu es sûre de bien voir, Ils font des cinémas trop petits maintenant,
il n'y a plus que des orchestres .
UNE AMIE .
J'avais dit que la salle était propre mais regarde le dos de ces
coussins comme s'ils sont déjà fatigués.
L'AUTRE AMIE.
Tu as vu les vieux vicieux qui se pressaient au film porno, Ils
étaient tout congestionnés, il faudra qu'un jour on aille voir à quoi
ressemble un film porno.
UNE AMIE.
Ca m'amuse pas .
L'AUTRE AMIE.
Uniquement pour voir ce qui peut les faire courir.
UNE AMIE.
Un jour peut-être.
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SCÈNE 4
LA MÈRE - SA FILLE.
LA MÈRE
Pour ne pas changer ton père n'a pas voulu venir avec nous, il lui
faut des westerns ou des films pornos.
SA FILLE
j'aurais aimé moi aussi voir un western.
LA MÈRE
Je suis sure qu'il fait exprès de te monter contre moi.
SA FILLE
Je t'assure que non.
LA MÈRE
J'avais voulu voir le western ,il aurait voulu voir autre chose .
SA FILLE
Pourquoi parler de lui puisqu'il t'énerve, tu es plus calme sans lui .
LA MÈRE
Parce qu'il a le don de me gâcher les dimanches. Il faut manger en
cinq minutes pour être à la première séance et après en rentrant
c'est moi qui doit faire la vaisselle .
SA FILLE
Je t'aiderai .
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LA MÈRE.
Non ,tu as tes devoirs à faire ,je ne sacrifierai pas ma fille à ses
caprices, c'est un égoïste il ne pense qu'à lui, il se moque de tes
études.
SA FILLE.
À te voir agir avec Papa, tu m'enlèves l'envie de me marier .
LA MÈRE.
Au moins je n'aurai pas perdu mon temps . J'espère bien que votre
génération saura se passer d'un homme
LA FILLE.
Ils ne sont pas tous pareils
LA MÈRE.
Celui qui parait différent au premier abord est un sacré menteur .
LA FILLE
Parle moins fort on pourrait nous entendre . Pourquoi
regardes-tu cet homme devant toi de cette façon ? Il va finir par
s'en rendre compte.
LA MÈRE.
Ne toccupe pas de la façon dont je regarde quelqu'un,je suis myope,
tu crois que je le fixe alors que je ne sais pas encore à quoi Il
ressemble , et puis écoute moi bien je n'aime pas que tu t'occupes
de mes faits et gestes .
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LA FILLE.
Tu fixes tellement les gens que tu me gênes, il n'y a que Papa que tu
ne fixes plus.
LA MÈRE.
Je ne te permets pas de me juger . Si tu voulais gâcher toi aussi ta
journée comme ton père tu as réussie . Vous faites bien la paire
tous les deux, je finirai par sortir toute seule . Tu es trop ingrate je
ne te répondrai plus.
LA FILLE.
Je n'ai pas voulu te faire de peine. Maman parle-moi je t'en prie ;si
tu ne me parles pas je crie au secours
LA FILLE.
Au secours .
(la mère la gifle, les autres personnes occupées de leurs problèmes
n'ont pas entendu. Seul l'homme se lève effrayé par cet appel au
secours et s'asseoit en souriant gauchement) .
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SCÈNE V (muette)
L'ouvreuse va placer successivement , un voleur identifié immédiatement par son comportement ainsi qu'un vicieux,une jeune fille
sans charme avec des petites lunettes rondes;un même acteur peut
jouer les trois rôles,rôle muet,sous le prétexte que l'un va aux
toilettes et il en resoort grimé en l'un des deux autres personnages.
Ensuite entre un vieux couple ,lui tousseur et bronchitique et un
jeune couple d'amoureux vêtu de cuir et un casque de moto à la
main ,avec des perçing sur le visage.
On peut d'ailleurs alterner les scènes parlées avec les scènes
muettes: par exemple le père divorcé parlant avec son fils , la mère
grincheuse parlant avec sa fille avec le voleur et le vicieux qui
change constamment de place, il se met à la droite des deux amies
puis à leur gauche, à côté de la fille avec son amoureux .
Le voleur lui, est intéressé par le vieux couple .
On voit d'ailleurs ces deux femmes ramasser leur sac et le serrer
sur leur corps .
Le Vicieux en désespoir de cause se lève souvent et va au coin
toilettes quand il voit une des deux amies se diriger au même
endroit.
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SCÈNE VI
UN COUPLE DE VIEUX
LA VIEILLE.
On aurait dû s'asseoir plus en avant comme ce monsieur et moins
par côté .
LE VIEUX.
Maintenant que je sais assis ,je ne me lève pas.
(il tousse)
LA VIEILLE.
C'est ça tousse maintenant pendant qu'il en est encore temps mais
essaie de te retenir pendant le film.
LE VIEUX.
Mais...
(il tousse)
LA VIEILLE.
Le docteur a voulu te vacciner. Pourquoi as-tu refusé ?
LE VIEUX .
On vaccine contre la grippe, la bronchite n'a rien à voir ,tu confonds
tout et tu te mêles de parler de tout, tu aurais da être médecin
avec tous ces médicaments que tu me forces à avaler.
LA VIEILLE.
Tu les prendras tout seul ce soir.
LE VIEUX .
Laisse-moi tranquille avec ces médicaments et laisse moi mourir
enfin en paix . Je me demande si tu me mainttiens en vie pour moi
ou pour toi .
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LA VIEILLE
Il y a dix ans que je te soigne, tu aurais du refuser les premiers
jours .
LE VIEUX.
C'est parce que tu n'as plus que moi comme compagnon:tout le
monde s'est envolé, même tes enfants.
LA VIEILLE.
Ils ne viennent pas à cause de toi pardi, tu ne leur parles même pas
LE VIEUX s'étrangle et tousse.
LA VIEILLE
Ce n'est pas une toux de bronchite, tu tousses parce que tu ne sais
pas plus quoi répondre et tu te sers de ton infirmité .
LE VIEUX.
Oui je suis infirme et cela t'arrange, je dépends de toi et cela
t'amuse de m'emmerder ,prie Dieu et les médecins de me conserver
longtemps pour te distraire.
LA VIEILLE.
Me distraire ? Je suis toujours à passer après toi, dans la cuisine
dans la salle de bains ,dans les toilettes .
LE VIEUX.
Quand j'étais jeune ...(il tousse)
LA VEILLE.
Quand tu étais jeune tu as mené ta vie sans t'occuper de moi . Si tu
ne m'avais pas tes enfants ,je te mettrai à l'hospice .
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LE VIEUX.
Si j'ai la paix, j'y serais sûrement heureux.
LA VIEILLE.
Tu seras encore plus gâteux que tu n'es. Il faut que je te lave,que je
te coupe les ongles des pieds .
LE VIEUX.
J'ai ... (il tousse)
LA VIEILLE.
En vieillissant tu n'as aucune pudeur
LE VIEUX.
Je voudrais ... (il tousse)
LA VIEILLE.
Si je ne te lavais pas tu serais dans un état de crasse .
LE VIEUX.
J'ai de l'arthrose, je ne peux pas me baisser.
LA VIEILLE.
Reconnais alors que tu as besoin de moi.
LE VIEUX.
J'ai besoin dune amie pas d'un geolier.
LA VIEILLE.
Je n'attends pas de toi des remerciements.
LE VIEUX.
Oh. (il s'étouffe et tousse)
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LA VIEILLE
De toute façon je n'attends pas de toi aucun remerciement ,je fais
mon devoir c'est tout . Si jétais libre je pourrais voyager. Avec ta
retraite de la SNCF,je pourrais parcourir le pays gratuitement d'un
bout à l'autre, tiens j'irais à Lourdes.
LE VIEUX
Lourdes , Je ne t'ai jamais vu prier. je t'ai vu communier sans te
confesser mais prier jamais.
LA VIEILLE.
Avec toi je n'ai pas de péchés, tu es me pénitence.
LE VIEUX.
Je ... (il tousse)
LA VIEILLE.
Par contre toi tu n'as pas changé, tu es plein de pêchés, je vois bien
quand je te lave que tes démons sont toujours là.
LE VIEUX.
Ah, ah
il s'étouffe)
LA VIEILLE.
Là tu n'as plus d'arthrose .
LE VIEUX .
Pourquoi t'attardes-tu si longtemps alors que tu a fait la toilette la
veille .
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LA VIEILLE .
Parce que tu es vraiment beau . Regarde comme tu as mauvais
esprit, Je faisais celle qui ne remarquait rien, J'aurais du te laisser
aller au film porno. Je m'attends même à ce qu'un jour tu me forces
à t'accompagner .
LE VIEUX.
Si ... (il tousse) cela ..(il tousse) pouvait au moins te faire taire
(quand la vieille s'arrête de parLer le vieux ne tousse plus) .
24
SCÈNE VII
UN COUPLE D'AMOUREUX.
LUI.
Tu m'aimes .
ELLE.
Tes Parents ne veulent pas me connaître.Pourquoi?
LUI.
Comme je pars au service militaire à la fin de l'année, ils ne sont
pas pressés
ELLE
Qu'en pense ta mère ?
LUI.
C'est surtout elle qui n'est pas très chaude.Elle n'aime pas ton
perçing.
(entre deux phrases du dialogue ils s'embrassent)
ELLE.
Elle aime bien le tien.Tu viens diner ce soir, maman t'a fait du pot au
feu.
LUI.
Le soir ?
Elle
Elle a cru que tu l'aimais ,tu lui diras que tu es content, elle se fait
une fête de te recevoir .
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LUI.
Et ton père?
ELLE.
Il s'en fiche pourvu qu'il regarde son sport à la télévision .
LUI
Bon d' accord ,je viendrai mais je ne resterai pas trop tard j'ai
peur de déraper en moto Il fait froid il peut y avoir du verglas
ELLE.
Le film a la télé se termine de bonne heure tu partiras après.
LUI.
Qu'est-ce que c'est?
ELLE
Un western . Tu as vu le titre du film porno qui passe à côté .
LUI.
Tu as envie d 'en voir un ?
ELLE.
Ce serait uniquement pour te faire plaisir . J'essaierai de me
perfectionner .
LUI.
Tu te défends pas mal.
ELLE.
Toi aussi .
26
LUI.
Avec Jacques tu te comportait de la même façon?
ELLE .
Non .
LUI.
Combien de temps es-tu restée avec lui ?
ELLE.
Deux mois .
LUI.
Et avec moi cela fait combien ?
ELLE.
Six mois.
LUI.
Tu ne vois plus jamais Jacques?
ELLE.
Non.
LUI.
Il me semble t'avoir aperçu. autre jour sur sa moto.
ELLE.
Il a voulu me la faire essayer . C'est difficile de lui refuser .
LUI.
Lequel de vous deux a rompu le premier
ELLE.
Lui pour une autre .
27
LUI.
Autrement .
ELLE.
Je serais encore avec lui mais avec toi je ne regrette rien.
LUI
Pendant que je serai au service militaire tu sortiras avec jacques ?
ELLE.
il faut bien s'amuser.
LUI.
Si je te perds .
ELLE.
Tu ne saurais pas vivre sans moi.
LUI
Non et toi .
ELLE.
Je ne sais pas.
28
ACTE 1
(séance)
(la salle s'éteint. Sur l'écran est projeté le film complètement
trouble . On entend siffler, crier,
"Mise au polnt , Mise au point" . L'ouvreuse s'excuse
L'OUVREUSE.
C'est normal ,ce n'est pas de notre faute, c'est du à la bobine ellemême .
(on entend . c'est honteux, payer le prix d'une place pour ne rien
voir. Le Vicieux, le voleur, le couple d'amoureux s'en moquent et
continuent leur manège .
Les Petits vieux dodelinent de la tête et on comprendqu'ils dorment
Peu à peu aux images floues vont succéder des images de plus en
plus nettes visualisent les discussions et les litiges des personnes
présentes .
Les spectateurs devant la vision trouble qu'on leur propose
substituent leur préoccupation .On volt des images de neige ,de ski,
de tir fesses, Le blessé à la jambe cassée sur son brancard puis
succèdent les images de Camargues chevaux, puis des courses de
motos ou on reconnait le jeune homme .On voit la vieille femme
faisant la toilette du vieux.
Puis apparait sur l'écran la chambre d'hotel avec le lit plein de sang
provoqué pur les piqures de puces . Enfin on voit en gros plan ,le
visage de la jeune fille criant "au secours" la mot au secours" étant
écrit dans une bulle comme dans les bandes dessinées et la bulle
grandit le mot "Au secours" également puis la bulle explose ;au
même moment la jeune fille se lève et crie
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LA JEUNE FILLE.
Au secours.
Tous les spectateurs ,sont immobiles car ils poursuivent leur rêve
sur écran,seul l'homme d'un bond est debout et a le même visage
angoissé .
La jeune fille se lève et va aux toilettes bientôt suivie par le
vicieux.
L'homme a un malaise, s'éponge le front avant de se laisser tomber
dans le fauteuil entre temps une voix lui crie : asseyez vous, vous
n'êtes pas transparent .
La lumière s'allume.
30
ENTR'ACTE 2
La lumière s'allume
(les amoureux rectifient leur position. La vieille dame donne un
coup de coude à son mari qui commence à ronfler. L'homme se lève
et va aux toilettes.Il croise la jeune fille qui en sort toute
débraillée , s'avancant triomphante vers sa mère qui l'ignore
toujours. Quand l'homme sort des toilettes il s'approche de
l'ouvreuse .
L'HOMME.
Personne n'est encore sorti ?
L'OUVREUSE.
Je sais pourquoi .
L'HOMME.
Pourquoi ?
L'OUVREUSE.
Les Vieux dorment ,les amoureux s'embrassent,le voleur espère ,le
vicieux s'excite ,les parents et leurs enfants attendent que çà se
passe, les deux amies croient que c'est un film à la pointe de l'art.
L HOMME.
Et moi?
L'OUVREUSE.
Je ne sais pas .
L'HOMME.
Dites ce que vous pensez . qu'est ce que que je fais içi !
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L'OUVREUSE.
Je ne sais pas vraiment.Quand la jeune fille a crié au secours ,vous
êtes le,seul à vous êtes levé,comme moi ,avec la même angoisse
qu'elle.
L'HOMME.
Je les sens tous derrière mon dos, leur vie, leur dialogue me
pénètre à gros bouillon comme une tempête,je sens leur drame qui
couve sous des propos banals.
L'OUVREUSE.
Si ce ne sont que les problèmes des autres qui vous préoccupent
ce n'est pas très grave!
L'HOMME.
Ils ne sont pas si différente de moi même,il ne me préoccupe pas
il me dérange ,il m'agace,tout semble si faux et si grave.
L'Ouvreuse .
Méfiez-vous à la deuxième partie du film ,vos problèmes
personnels pourront remonter à la surface, ne vous laissez pas
prendre au piège des autres et de leur drame pour déboucher sur le
votre.
L'HOMME.
Qui êtes vous pour parler ainsi ,une étudiante en psychologie?
L'OUVREUSE.
C'est à peu près çà.
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L'HOMME.
Je suis un homme simple, pas compliqué pour deux sous je suis
libre,je n'ai pas cet esclavage de femme et d'enfants
L'OUVREUSE.
Vous n'avez pas de vieilles passions ou de vieux démons.
L HOMME.
J'ai trop vécu pour considérer mes passions comme des vices . Je
suis juste ce qu'il faut pour être sociable .
L ' OUVREUSE.
Je ne sais pas pourquoi je vous parle, je ne le fais jamais
d'habitude
L'HOMME.
Resterais je socialement correct ,si je vous demandais de vous
accompagner,ce soir après la séance.
L OUVREUSE.
Je finis à minuit vous saurez attendre.
L'HOMME.
Si je ne viens pas vous chercher comment me traiterez vous,
comme un goujeat .
L OUVREUSE.
Non ,comme une espèce à part de baratineur
L'HOMME.
Alors je vous attendrai puisque c'est permis et que maintenant
c'est le contraire qui serait mal.
33
L OUVREUSE.
Allez vous asseoir la séance va commencer.
L'HOMME.
J'ai plus envie du vous parler que de recevoir ce film .
L'homme s'asseoit tout seul face à l'écran et peu à peu, il est repris
pur les dialogues qui viennent par vagues derrière lui jusqu'à ses
oreilles ,des quatres couples que forment les deux amies, le père
et le fils, la mère et la fille, les deux vieux et les amoureux;le
voleur et le vicieux ne parlant pas.
Pour la commodité de l'exposé on pendra ces cinq dialogues l'un
après l'autre alors qu'ils peuvent très bien au cours de la
représentation ,alterner et se mixer tels que vraiment l'homme les
reçoit par bribes, ce qui donne des dialogues entrecoupés
et pouvant paraitrent incohérents.
34
DIALOGUE1
LES 2 AMIES.
L'UNE.
Quelle technique ...
L'AURE.
Quelle virtuosité ...
L'UNE.
Tu us vue ces images troubles!
L'AURE.
De l'impressionisme.
L'AUTRE.
Cette musique ...
L'AUTRE.
Lassive et angoissante .
L'UNE.
J'ai entendu au secours ...
L'AUTRE.
Les personnages sont ...
L'UNE.
J'ai cru voir ton visage sur l'écran.
35
L'AUTRE.
Et moi le tien . . .
L'UNE.
C'est une participation créatrice .
L'AUTRE.
Enfin plus de dialogue...
L'UNE.
Un tempo lent et régulier ...
L'AUTRE.
Saccadé comme les bruits du coeur.
L'UNE.
J'en sors brisée ...
L'AUTRE.
J'ai comme un sanglot .
L'UNE.
J'ai senti la mort ...
L'AUTRE.
Je plains les myopes . .
L'UNE.
Ils voient mal donc ils interprètent .
36
L'AUTRE.
Tu as vu la vicieux ...
L'UNE.
Sa main était sur mon genou,s'il savait pour nous deux.
L'AUTRE.
Je reviendrai voir ce film.
L'UNE.
Moi aussi ...
L'AUTRE.
Ta présence calme mon angoisse.
L'UNE.
C'est un film de femme,çà se voit.
L 'AUTRE.
Il n'y a que les femmes pour comprendre.
L'UNE.
Nous irons voir tous ces films.
37
DIALOGUE 2
LE PÈRE - LE FILS
LE PÈRE.
Viens avec moi en Camargues .
LE FILS.
Je n'aime pas le cheval
LE PÈRE.
C'est un animal splendide .
LE FILS.
Je le trouve idiot .
LE PÈRE .
C'est ce que dis ta mère .
LE FILS
Non ,c'est moi qui le dis .
LE PÈRE
Tu ne sais que répèter ce que dit ta mère.
LE FILS.
J'ai aussi des idées.
LE PÈRE.
Tu aimes le cinéma ?
38
LE FILS.
Non.
LE PÈRE.
Pourquoi alors es-tu venu ?
LE FILS.
Pour te faire plaisir .
LE PÈRE.
Fais moi plaisir aussi , viens en Camargues .
LE FILS.
Je n'aime pas le mistral .
LE PÈRE.
Il y a des jours sans vent .
LE FILS.
Ni le mistral , ni le cheval .
LE PÈRE.
Il n'y a que le ski.
LE FILS.
Oui .
LE PÈRE.
Se laisser glisser , c'est intelligent.
LE FILS .
Grisant.
39
LE PÈRE.
Tu n'as rien pris de moi.
LE FILS.
Si ton sexe.
LE PÈRE .
Si nous parlions études .
LE FILS.
Je t'écoute.
LE PÈRE .
C'est moi qui paie tes cours privés.
LE FILS.
Cest toi qui l'a voulu.
LE PÈRE.
Pauvre con .
LE FILS.
Père de con
LE PÈRE.
Tu me le paieras.
40
DIALOGUES 3
LA MÈRE-LA FILLE.
LA MÈRE .
Que fais tu aux toilettes ?
LA FILLE.
J'ai trop bu .
LA MÈRE .
Tu as beaucoup de devoirs ?
LA FILLE.
Beaucoup.
LA MÈRE.
Toujours au dernier moment.
LA FILLE.
Papa a promis de m'aider .
LA MÈRE.
Pour ce qu'il connait.
LA FILLE.
Il fait ce qu'il peut.
LA MÈRE.
La vaisselle en rentrant c'est pour moi.
41
LA FILLE
il reste du pain?
LA MÈRE.
Je ne sais pas ,je n'en mange pas.
LA FILLE.
Je n'ai pas eu le temps d'aller le chercher.
LA MÈRE.
Vous ferez comme moi,vous mangerez sans pain.
LA FILLE.
Parle moins fort cet homme nous écoute.
LA MÈRE.
Lequel ?
La FILLE.
Celuiqui lit son journal.
LA MÈRE.
Ne t'occupe pas toujours des autres.
LA FILLE.
Tu l'as pourtant assez regardé,fixé.
LA MÈRE.
Tu te trompes,il ne me plait pas.
LA FILLE.
Il ne te plait pas et tu l'as regardé?
42
LA MÈRE.
Un homme seul est toujours suspect.
LA FILLE.
Et Papa alors!
LA MÈRE .
C'est ce que je dis,il n'est pas normal. n'est pas normal.
LA FILLE.
Tu us vu ses mains?
LA MÈRE.
Non,tu t'interesses aux mains maintenant.
LA FILLE.
Elles sont velues comme un singe.Papa n'a pas un poil.
LA MÈRE.
Pour moi ,ce n'est pas une qualité. Ou vas tu encore?
LA FILLE.
Aux toilettes .
LA MÈRE.
Encore,tu as une cystite,
LA FILLE
Ne me parle pas de mèdeçin.
43
DIALOGUE 4
LE COUPLE DE VIEUX.
LA VIEILLE .
Cesse de dormir
LE VIEUX .
Je ne dors pas .
LA VIEILLE.
Tu ronfles .
LE VIEUX .
Je ne te crois pas .
LA VIEILLE.
Demande au monsieur qui est devant .
LE VIEUX .
Je ... il tousse
LA VIEILLE.
C'est reparti .
LE VIEUX.
Fiche moi la paix ,
44
LA VIEILLE.
Tu t 'énerves maintenant
LE VIEUX.
Tu as compris au film quelqu chose chose
LA VIEILLe
Bof
LE VIEUX.
Tu veux qu'on parte?
LA VIEILLE
Il fait froid dehors
LE VIEUX
Tu ... (il tousse)
LA VIEILLE
Re garde .
LE VIEUX
Qui ,quoi .
LA VIEILLE
Ces amoureux ils vont mourir asphyxiés
LE VIEUX
Ne leur gâche pas leur passé .
LA VIEILLE
Je ne comprends pas
45
LE VIEUX.
Ce qui sera leur passé .
LA VIEILLE.
Je suis ton passé .
LE VIEUX.
Hélas oui.
LA VIEILLE.
Tu as un autre passé.
LE VIEUX.
Oui une allemande à la forte poitrine
LA VIEILLE.
Vicieux .
LE VIEUX.
Parle moins fort.
LA VIEILLE.
Qui peut s'interesser à nous
LE VIEUX.
Cet homme seul
LA VIEILLE.
Pensestu il a l'air abruti .
LE VIEUX.
Je te dis qu'il a tout entendu
LE VIEILLE .
Et alors.
46
DIALOGUE 5
LES AMOUREUX
LUI.
Regarde cette vieille chouette.
ELLE.
Et son vieux con qui tousse
LUI.
C'est un cinéma de riches
ELLE.
Tu as vu la tissu qu'il y a au mur
LUI.
Les coussins sont en cuir
ELLE.
Putain de uartier .
LUI.
Vise un peu les deux filles
ELLE.
Surement deux lesbiennes.
LUI.
Je les buterai
47
ELLE.
Tu as vu la femme au caniche,à l'entrée du cinéma.
LUI.
Son toutou doit avoir son beafteck tous les jours.
ELLE.
C'est pas honteux.
LUI.
Comme je te ferai sauter tout çà!
ELLE.
Qu'est ce que tu fais ?
LUI.
Tu vois je fais un trou avec ma cigarette.
ELLE.
Dans ce coussin en cuir .
LUI.
J'en ai rien à cirer.
ELLE.
Tu as vu le pédé tout seul.
LUI.
Il ne regarde personne.
ELLE.
Oui mais il écoute tout.
48
LUI.
Tu crois .
ELLE .
Sale pédé.
LUI.
Tu as vu il a réagit .
ELLE.
Il n'ose même pas se défendre.
LUI.
Encore un riche.
ELLE.
Tu as vu son manteau .
LUI .
Le pauvre chou,il a froid.
ELLE.
Voilà la fille, qui va encore aux toilettes.
LUI
C 'est surement une vicieuse.
ELLE.
Tu as vu la tête de l'ouvreuse!
LUI.
Elle a déjà les seins qui tombent.
ELLE.
Et puis ils sont tous trop laids,embrasse moi.
49
L'ouvreuse passe de rang en rang avec son panier à bonbons et à
glaces mais sans succés.
L'homme lui fait un signe Ie main et un sourire pour lui demander
une glace;au moment de l'échange de la monnaie;il lui serre
la main d'une manière complice.
Il se replonge dans le journal en attendant que le film commence .
Le vicieux change de place et s'approchent des deux amies qui se
déplacent d'une chaise.Dépité,il retourne aux toilettes.
Le voleur lui s'installe tout doucement derière le couple de vieux
sur de lui ,comme qielqu'un qui a reconnu sa proie .
50
ACTE 2
(Le film démarre avec les mêmes images troubles que
précèdemment.)
De nouveau peu à peu la vision des autres se projètent mais alors
que l'on ne sait rien de la vie de l'homme , ses drames vont défiler
de plus en violents amplifiés par le bruit de ses
battements
de coeur qui envahissent la salle.
À la place du fllm peuvent alors être projeté des dia positives qui
sont d'emblée troubles avec mises au point progressives très lentes
ou l'on pourra alors apercevoir le problème de l'homme.
D'abord apparaissent des images heureuses ou l'on voit l'homme
avec une jeune femme qui parait être sa femme en vacances
à la mer ou à la montagne.
Puis on voit un groupe de jeunes filles qui se moque de lui, on
comprend qu'il peut s'agir d'un licenciement,d'une quête de travail
d'un appartemment dévalisé,d'un séjour à l'hopital,d' un accident de
voiture,avec l'image d'une femme en pleurs en gros plan et enfin
une image de linchage .
51
Quand au cours de ces images,alors que les battements de coeur de
l'homme sont à son paroxysme,la jeune fille pousse un secours
terrifiant ,les battement de coeur cessent brutalement.
La lumière se fait dans la salle, les amoureux s'en vont les
premiers,bras dessus bras dessous,arrogants,dévisagent l'homme.
Le voleur qui a réussi à se saisir du sac de la vieille dame s'enfuit
sous les cris d'au voleur.
La vieille dame ouspille son mari de ne pas savoir la défendre ,celui
çi s'étrangle en toussant .
Le père et la mère des deux enfants sortent du rang en se toisant
semblant s'apprécier et prolonge leur regard .
Les enfants suivent derrière anonymes.
Les deux amies parlent de technique de film.
L'homme reste seul bientôt alors que salle est vide ,la tête enfouie
dans le journal .
L'ouvreuse s'approche de luî ,en lui demandant s'il reste pour une
autre séance.
Comme l'homme ne réponds pas,elle sourit d'une manière
coquette,sure qu'il reste pour elle.
Elle se tient au fond de la salle pour attendre les nouveaux
spectateurs;elle voit alors l'homme s'incliner progressivement ,pour
finir par tomber par terre.
01/03/1976