guide du visiteur 07c

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guide du visiteur 07c
1 – Alvar Aalto [Finlande, 1898 – 1976]
Chaise, Artek, Finlande, 1935, bouleau lamellé-collé
et contreplaqué moulé.
2 – Alvar Aalto [Finlande, 1898 – 1976]
Fauteuil no 45/73W, Artek, Finlande, 1946 – 1947,
bouleau courbé lamellé-collé, rotin et sangles
en tissu noir.
3 – Ron Arad [Israël, 1951]
Chaise FPE, Kartell, Italie, 1995, structure aluminium,
assise et dossier polypropylène.
4 – Martine Bedin [France, 1957]
Chaise, France, 1992, acajou massif.
5 – Harry Bertoia [Italie, 1915 – 1978]
Chaise Diamond no421, Knoll international, États-Unis,
1952, structure en fils d’acier chromés soudés et galette
skaï noir.
13 – Eric Jourdan [France, 1961]
Chaise, France, 1998, tamarin massif et cannage
en rotin.
14 – Toshiyuki Kita [Japon, 1942]
Chaise Mirai, Japon, 1989, élastomère
polyuréthane moulé et aluminium.
15 – Vico Magistretti [Italie, 1920 – 2006]
Fauteuil Gaudi, Artemide, Italie, 1970,
résine polyester « Reglar » renforcée/moulée
de fibre de verre et moulé sous pression.
16 – Ludwig Mies van der Rohe [All., 1866 – 1969]
Chaise M.R. 20, Weissenhof Model, Berliner
Metallgewerke Joseph Müller, Allemagne,
1927 – 1930, acier tubulaire laqué rouge et osier.
17 – Jasper Morrison [Royaume-Uni, 1959]
Chaise empilable Air-Chair, Magis, Italie, 2000,
polypropylène chargé en fibre de verre en air
moulding.
6 – René-Jean Caillette [France, 1919 – 2004]
Chaise, France, 1953, contreplaqué Okumé.
18 – Gaetano Pesce [Italie, 1939]
Chaise Green Street Chair, Italie, 1987, résine
polyester renforcée en fibre de verre et métal.
7 – René-Jean Caillette [France, 1919 – 2004]
Chaise Primevère, Collomb, France, 1967 – 1982,
tube d’acier laqué et multiplis de hêtre recouvert
de formaldéhyde de mélamine.
19 – Giancarlo Piretti [Italie, 1940]
Chaise pliante Plia, Castelli, Italie, 1969,
piètement acier chromé, assise et dossier
en cellidor transparent.
8 – Anna Castelli-Ferrieri [Italie, 1920 – 2008]
Tabouret de bar, Kartell, Italie, 1979, acier laqué
et assise en polypropylène et fibre de verre.
20 – Warren Platner [États-Unis, 1919 – 2006]
Fauteuil Platner, Knoll international,
États-Unis, 1966, fils d’acier, habillage textile.
9 – Charles et Ray Eames
[États-Unis, 1907 – 1978/1912 – 1988]
Chaise DKR – 2 Wire Chair, Herman Miller Inc.,
États-Unis, 1951, acier et toile enduite de polychlorure
de vinyle.
10 – Konstantin Grcic [Allemagne, 1965]
Chaise empilable Chair one, Magis, Italie, 2003,
pieds en aluminium anodisé poli, assise en fonte
d’aluminium traité en cataphorèse et vernis en polyester.
11 – Pierre Guariche [France, 1926 – 1995]
Chaise Tonneau, Société Steiner, France, 1954,
piètement en hêtre, assise et dossier en panneau
de bois contreplaqué moulé d’érable.
12 – René Herbst [France, 1891 – 1982]
Chaise Sandow, Formes Nouvelles, France, 1965 – 1975
Structure acier tubulaire, sandows en élastomère naturel.
Ombre portées Salle 1
Felipe Ribon, jeune designer diplômé de l’ ENSCI
en 2008, a obtenu pour son travail autour
de l’hygiène plusieurs prix prestigieux dans
le monde du design : prix du public à la Design
Parade à Hyères, Grand prix design de la ville
de Paris. Il propose à la Cité du Design, pendant
la durée de la Biennale, une exposition sur la
lumière.
Le Musée d’Art Moderne l’a invité à prolonger
sa réflexion dans ses murs, et à faire partager
son regard sur sa collection de design. Il a conçu
en réponse à cette invitation une exposition en
quatre espaces distincts, qui mettent en scène
non pas des objets lumineux, mais la matière
lumineuse elle-même, et la façon dont elle
« produit » l’objet.
GUIDE
DU VISITEUR
07C
TRANSPARENCES
Une proposition du designer
Felipe Ribon à partir d’une sélection
d’objets de la collection de design
du Musée d’Art Moderne
de Saint-Étienne Métropole
Transparences
Salle 1 : Ombre portées
Salle 2 : Ombre propres
Salle 3 : Jour
Salle 4 : Contre-jour
20 novembre 2010 – 13 février 2011
Perspectives contemporaines > 28 novembre
Îles jamais trouvées, 18 déc. > 17 avril 2011
Local Line 4 > 5 décembre
Anne-Laure Sacriste, 18 déc. > 13 fév. 2011
Hermann Nitsch > 5 décembre
Erro’, 18 déc > 13 février 2010
21 – Gio Ponti [Italie, 1891 – 1979]
Chaise Superleggera, Cassina, Italie, 1951,
châssis en frêne, assise en jonc tressé.
22 – Louis Sognot [France, 1892 – 1969]
Chaise, 1955, France, hêtre massif et fils en
polyamide.
23 – Ilmari Tapiovaara [Finlande, 1914 – 1999]
Chaise, Finlande, vers 1960, piètement et
dossier hêtre peint en noir, assise lamellé-collé
de hêtre finition teck.
24 – François Bauchet [France, 1948]
Chaise C’est aussi une chaise, Galerie Neotu,
France, 1982, bois contreplaqué laqué.
25 – Hans Bellmann [Suisse, 1911 – 1990]
Chaise GA, Ag Möbelfabrik Horgenglarus,
Suisse, 1954, teck.
Peter Stampfli, Rallye, 1964
Acquisition, 1979 Musée d’ Art Moderne de Saint-Étienne Métropole
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h, sauf le mardi,
le 25 décembre et le 1er janvier. Le Musée sera
ouvert les mardis 23 et 30 novembre.
La Terrasse – BP 80241 –
42006 Saint-Étienne Cedex 1
Tél. +33 (0)4 77 79 52 52
[email protected]
www.mam-st-etienne.fr
IC&K
Contrejour Salle 4
L’objet se définit entre autres comme une « chose
solide, maniable, généralement fabriquée, (...)
qui relève de la perception extérieure, appartient
à l’expérience courante et répond à une certaine
destination ». Dans son usage courant, l’ objet
issu de la création industrielle n’ échappe pas
à cette définition. Mais dès qu’il entre dans
le musée, l’ objet devient œuvre, témoignage,
et son statut originel est par là même
bouleversé, annulé. De plus, sa capacité à
affecter notre perception est tronquée ; il ne peut
plus être approché, touché, branché, entendu.
Il en résulte un contact incomplet avec l’ objet,
qui désormais ne pourra être atteint que par
le regard. L’exposition Transparences vise à
exploiter cette mutilation et à placer le regard
au centre de la réflexion ; si la chose regardée
n’est plus manipulable c’ est le regard lui-même
qu’il faut manipuler. Cette concentration de la
tension dans l’acte de regarder s’effectue par la
recherche de possibles dialogues entre lumière
et objet... parvenir à une surexcitation du sens
de la vue ayant pour but la mise en relief des
caractéristiques plastiques des œuvres exposées.
Harold Barnett, France
Gobelet vin 2000, Duralex Saint-Gobain, France,
1968, verre trempé coloré dans la masse.
Gobelet eau 2000, Duralex Saint-Gobain, France,
1968, verre pressé teinté dans la masse.
Tasse 2000, Duralex Saint-Gobain, France,
1968, verre trempé coloré dans la masse.
Soucoupe 2000, Duralex Saint-Gobain, France,
1968, verre trempé coloré dans la masse.
Ombres propres Salle 2
1 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café 804 D, Peugeot Frères, France,
1952, matières plastiques, métal laqué, chromé
et composants électriques.
2 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café Lionceau, Peugeot Frères, France,
vers 1955, matières plastiques,
métal laqué et composants électriques.
3 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café type BM1, Moulinex, France, vers
1960, matière plastique, métal laqué
et composants électriques.
4 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café Junior, Moulinex, France,
1960, polystyrène, acier laqué, caoutchouc et
composants électriques.
5 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café type 255, Moulinex, France,
vers 1960, matière plastique, métal laqué
et composants électriques.
6 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café type MC 1F, Moulinex, France,
vers 1960, polystyrène, acier laqué, caoutchouc
et composants électriques.
7 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café type UNIV APC, Rotary, France,
vers 1960, acrylonitrile butadiène styrène,
métal laqué et composants électriques.
8 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café type M20, Scovill, France,
vers 1965, polystyrène et polypropylène.
9 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café type 775, Krups, Allemagne, 1969,
matières plastiques, métal et composants électriques.
10 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café type 505, Moulinex, France, vers 1975,
polystyrène, polypropylène et composants électriques.
11 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café Week-End, Peugeot Frères, France,
sans date, métal et polystyrène.
12 – Anonyme design XXe siècle
Moulin à café Girac, Girac, France, sans date,
acier et polyéthylène.
Jour Salle 3
Jules Leleu, France, 1883 – 1961
Modèles créés pour le sanatorium alpin Martel
de Janville au plateau d’Assy, 1934 – 1936.
1 – Fauteuil visiteur, Ateliers Jean Prouvé, France,
tôle pliée et soudée, laquée et lames métalliques.
2 – Chaise, Ateliers Jean Prouvé, France,
tôle pliée, soudée et laquée, textile.
3 – Chaise de repos, Ateliers Jean Prouvé, France,
tube d’acier cintré laqué, câble tressé, toile, bois et
accoudoir en hêtre massif.
4 – Bureau suspendu, Ateliers Jean Prouvé, France,
tôle pliée, laquée, composé d’éléments démontables
boulonnés, plateau chêne massif, inox poli.
5 – Guéridon double plateau, Ateliers Jean Prouvé,
France, piètement en tube d’acier cintré laqué, double
plateau en chêne massif et embouts de pieds
en bois tourné.
6 – Pupitre liseuse, Ateliers Jean Prouvé, France,
piètement tripode en tube d’acier cintré laqué, deux
plateaux plaqués chêne.
7 – Lit chevet intégré, Ateliers Jean Prouvé, France,
tôle pliée, soudée et laquée.
Ombre portées
Salle 1
Design anonyme, moulin à café Junior, Moulinex, France, vers 1960.
La première salle surprend d’ emblée le visiteur,
par un choix d’ objets – les moulins à café – et un choix
de scénographie – objets isolés dans un éclairage
vertical « théâtral » – singuliers.
La banalité de cet objet électroménager (banalité qu’ on
retrouvera dans la salle 2, attenante) peut étonner dans
les salles d’ un musée, mais elle correspond bien à la
composition de la collection de Saint-Étienne, riche en
objets du quotidien, surtout pour la période des années
1950 à 1980, marquée par la généralisation de l’ accès
au confort ménager.
Décalé de son environnement d’ usage par une mise
en scène très appuyée qui oblige à l’appréhender
autrement, le moulin à café est prétexte à l’ interrogation
de l’ articulation fonction / forme dans un objet qui a la
particularité de rester, techniquement parlant, stable à
travers le temps.
Autour d’ une même structure et d’ une même fonction
(une hélice actionnée par un moteur électrique
pour moudre le café) se spécifient différentes
formes, relativement ressemblantes pour les objets
choisis, mais variant néanmoins dans de multiples
Ombres propres Salle 2
Harold Barnett, soucoupe 2000, Duralex Saint-Gobain,
France, 1968.
détails : agencement des volumes, surfaces,
matériaux. Parmi les choix formels, celui de
la transparence, loin d’ être anodin, se révèle
signifiant. La présence de plastique transparent,
majoritairement sur la partie supérieure des
objets, répond à un impératif de fonctionnalité :
s’ assurer du bon degré de moulure du café.
Le choix de l’ opacité en surface quant à lui,
général pour les parties enveloppant l’ essentiel
de la partie mécanique (le moteur), peut être
perçu comme une réponse fonctionnelle à un
problème technique : la nécessité de protéger
la partie la plus fragile de l’ objet, de l’ isoler de
toute salissure et de faciliter ainsi le nettoyage
de l’ ensemble. On peut également s’ interroger
sur une tendance très forte dans le design du
XXe siècle à la dissimulation de la « machine »,
considérée comme « sale » et presque taboue,
quand par la magie de l’ électroménager
l’ usager ne devrait plus avoir accès qu’ au
résultat, obtenu sans effort, de l’ opération,
et non à l’ opération elle-même.
Les tasses, soucoupes, verres d’ Harold Barnett
(un des grands noms du design industriel
français à partir des années 1950, où il dirige
la C.E.I, Compagnie d’Esthétique Industrielle),
édités par Duralex en 1968, renvoient
encore à un univers familier et populaire.
L’ appréhension sensible des ces objets, diffusés
très largement, s’ efface en quelque sorte du fait
de leur banalité, et leur forme et leur matière,
associés à un usage quotidien, sont le plus
souvent négligées.
L’ usage de la lumière tend ici à modifier
cette perception. La puissance des sources
lumineuses projetées dématérialise en quelque
sorte l’ objet, tout en exploitant ses qualités
plastiques – forme et matière transparente
colorée – pour créer un jeu d’ ombres portées.
Ce faisant elle fait basculer ces pièces dans
Contre-jour Salle 3
Felipe Ribon voit en outre dans ce basculement
une métaphore du passage de tels ensembles dans
les collections publiques : un phénomène de mise
en lumière d’ objets anodins, une forme d’ élévation
ou d’ élection de l’ objet quotidien.
C’ est encore la lumière qui permet de magnifier
le mobilier conçu au milieu des années 1930
par Jules Leleu pour le sanatorium Martel de
Janville du Plateau d’ Assy, en Haute-Savoie.
L’ ensemble est exceptionnel, tant pour
sa singularité dans l’ œuvre de Jules Leleu,
représentant de l’ Art Déco, revendiquant
l’ héritage de la grande ébénisterie française,
amoureux du raffinement des matériaux
et des décors, que pour sa singularité dans le
design hygiéniste dont il reprend les principes
majeurs (utilisation de tubes d’ acier ou de
tôle pliée, réduction de l’ utilisation de textile
et amovibilité des éléments, pour en faciliter
le nettoyage), mais sans abandonner dans les
détails (application de laque rouge sur l’ acier
notamment) une certaine préciosité.
Salle 4
Toshiyuki Kita, chaise Mirai, Japon, 1989, D.R.
Jules Leleu, chaise de repos créée pour le sanatorium alpin
Martel de Janville au plateau d’Assy, 1934 – 1936, D.R.
une atmosphère où dominent l’ artifice, le spectaculaire,
l’ étrange même, caractéristiques insoupçonnées de ces
objets démocratiques et fonctionnels.
Jour
La scénographie de cette salle apparaît au premier
abord minimale : tournées vers les fenêtres, les pièces
semblent chercher le jour, comme en réminiscence de
leur contexte d’origine – un sanatorium où les patients
venaient soigner leur tuberculose par l’ action de l’ air,
de la lumière et du soleil, réputée assainissante.
Les visiteurs s’ aperçoivent progressivement que
la lumière du jour est en réalité recréée par l’ action
de projecteurs dissimulés derrière les cimaises.
Felipe Ribon nous rappelle ainsi que dans l’ histoire
du design, la transparence, la réduction des structures
et des décors, et la valorisation de la lumière et de
sa pénétration dans l’ espace sont fortement liées aux
préoccupations hygiénistes nées au milieu du XIXe siècle
et particulièrement en vigueur au début du XXe siècle.
Vingt-cinq chaises de différentes époques et de
différents designers sont disposées autour d’ un
cylindre de lumière central. Objet emblématique
du design, et objet de ses plus audacieuses
expérimentations, la chaise est choisie comme prétexte
à un exercice de révélation de la structure des objets.
Le contre-jour et les modulations de l’ intensité de
la lumière, qui réduisent la perception du volume et
tendent à un effet de bi-dimensionnalité, concentrent
le regard sur le squelette même de l’ objet : contour et
masse, vides et pleins, opacité ou transparence, matité
ou brillance. La répartition des pièces se détache d’ une
approche chronologique ou par « écoles », et propose
une navigation selon les partis pris formels, de la plus
grande légèreté à la plus forte présence de l’ objet.
La recherche d’ un allègement structurel
et d’ une plus grande fluidité visuelle, de Mies van der
Rohe à Hans Bellman, en passant par
la Sandow chair, de René Herbst, qui réduit
au minimum non seulement le piètement mais
également les éléments d’ assise et de dossier, simples
sangles industrielles, sont manifestes dans la plupart
des réalisations modernistes, des pionniers
du mouvement moderne à leurs héritiers
américains, européens ou scandinaves.
Les innovations techniques conditionnent
souvent ces choix formels : le système de porteà-faux, qui allège le piètement, émerge grâce à
l’ utilisation de tube d’ acier (Ludwig Mies van
der Rohe) ou au contreplaqué moulé (Alvar
Aalto). Plus récemment le procédé technique
de l’« air moulding », utilisé pour la première
fois par Jasper Morrisson au début des années
2000, pour son Air chair, permet de pousser
plus avant la recherche de légèreté, non dans
la forme de l’ objet, qui apparaît « plein », mais
dans son processus de fabrication même.