La famille face aux soignants : victime, acteur ou partenaire?
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La famille face aux soignants : victime, acteur ou partenaire?
La famille face aux soignants : victime, acteur ou partenaire? Sabine HENRY Présidente de la Ligue Alzheimer ASBL Présidente de la Ligue Nationale Alzheimer Liga ASBL/vzw/VoG Vice-Présidente d’Alzheimer Europe Liège 21-09-2010 – Symposium ISoSL Tous ensemble dans la même galère Société Malade Professionnels/soignants Conjoint Ligue Alzheimer Enfants La galère Alzheimer Ligue Alzheimer ASBL 2 Schéma relationnel 3 acteurs dans la relation : la personne malade, la famille, le soignant => Répercussions d’un pôle vers l’autre Ligue Alzheimer ASBL 3 « Effets démence » sur le patient Maladie progressive, irréversible, chronique (incurable) • Perte progressive de l’autonomie (ne plus savoir décider par/pour soi-même) • Perte progressive de l’indépendance (ne plus pouvoir fonctionner seul) ⇒ Nécessite une adaptation par le Milieu par la famille par les soignants Ligue Alzheimer ASBL 4 La famille, qui est-ce? Entourage du patient , l’aidant, le proche • Aidant principal ou de 1ère ligne => Proche, conjoint (celui qui s’investit le plus) • Aidant de 2ième ligne => enfants, beaux-enfants, voisins, amis, … (souvent spectateurs impuissants et impatients) Ligue Alzheimer ASBL L’aidant / le proche Ses propres besoins et droits ⇒ Veiller sur soi pour pouvoir continuer à veiller sur l’autre Proverbe chinois : « Celui qui ne se repose pas, fatigue les autres » Ligue Alzheimer ASBL 6 La famille =système social dans la crise due à la MA •ses règles, ses valeurs, ses habitudes, son histoire • fonction, position, rôle, attente et choix des uns et des autres • sentiments et émotions de chacun •Différents modèles de communication Ligue Alzheimer ASBL 7 Le soignant, qui est-ce? (1) Fonction du « soignant » dans le sens large : • • • • • • • • Médecin généraliste/spécialiste Infirmière Aide-familiale Assistant social Psychologue Ecoutant bénévole/professionnel Soignant informel … Ligue Alzheimer ASBL Le soignant, qui est-ce? (2) Le soignant fait partie : • Des soins • Du remède • De la solution Ligue Alzheimer ASBL Le soignant face à la famille Il peut être : • Sauveur • Ami • Partenaire Et parfois, tout à la fois Ligue Alzheimer ASBL Soignant et la « soif de savoir » Le « tout savoir » sur son patient => Encombre => Eloigne de l’ici et maintenant A méditer : aide contrainte = prise de pouvoir A favoriser : le « faire connaissance » Ligue Alzheimer ASBL La famille par rapport au soignant Comment est-elle considérée? Quelle stratégie? Le « choix des armes » 3 cas de figure : • Victime => assisté • Acteur =>isolé • Partenaire=>co-responsable Ligue Alzheimer ASBL La famille = victime? Prise en charge par les soignants ou le« faire trop à la place» Cela peut entraîner : – Déresponsabilisation – Surprotection – Apitoiement – Disqualification – Surinvestissement – « Faire à la place » – Non-écoute – Monologue – Toute-puissance – Limitation de l’autonomie et de l’indépendance – Pitié – Pas de limites – Disproportion Ligue Alzheimer ASBL La famille = acteur? Le « Laisser-faire » des soignants Cela peut entraîner : – – – – – – – Froideur Observation distante Distance Non partage des responsabilités Décharger Désintérêt Indifférence Ligue Alzheimer ASBL Famille = partenaire? Faire ensemble chacun sa part Cela peut entraîner : – – – – – – – Ecoute mutuelle Construction du projet de soin / de vie Franchise et empathie Acceptation Reconnaissance de l’autre et de ses expertises Faire aussi peu que nécessaire et non autant que possible Progressivité, évaluation = Envisager l’avenir ensemble Ligue Alzheimer ASBL Projet de soins = projet commun Le projet de soins s’inscrit dans le projet de vie Etude de la • Compatibilité • Faisabilité • Utilité Ligue Alzheimer ASBL Soignant vs famille Rôles •Complémentaires •Spécifiques •Non équivalents Le plus grand danger = disqualification mutuelle Ligue Alzheimer ASBL Difficultés pour le soignant Le soignant a au moins 2 clients : • Patient • Proche / famille Et son cadre institutionnel … ⇒ Question de l’impartialité se pose ⇒ Gestion de la relation quand le proche se substitue au patient ⇒ Engagement et valeurs personnelles Ligue Alzheimer ASBL La relation famille-soignant Les lieux du face à face • Domicile • Visite en ambulatoire • Centre de jour • Maison de repos • Hôpital général • Hôpital psycho-gériatrique •Y a-t-il une différence? •Qui fait quoi? •Qui a le pouvoir? Lieu de vie = lieu de soins / de travail Ligue Alzheimer ASBL Réflexions sur la relation « d’aide » (1) La relation est-elle : • Une relation d’aide? • Une relation de contrainte? • Une relation de pouvoir? =>choix conscient de positionnement dans cette relation possible =>stratégie relationnelle aux bénéfices réciproques (mais différents) =>Influencée par la vision du monde et les priorités de chacun Ligue Alzheimer ASBL Réflexions sur la relation « d’aide » (2) Rôle, fonction, attentes dans la relation varient selon qu’on soit : • Patient • Proche • Professionnel de soins Ligue Alzheimer ASBL Etablissement de la relation « d’aide » 1. • • • Perception de la demande Est-elle fluctuante? Diverse? Globale? 2. Analyse de la demande => Démarche en 5 questions • Qui demande quoi ? • Quel est le problème ? (précisions, définition) • Quelles sont les tentatives de solution ? (initiatives prises sans succès, satisfaction) • Quel est l’objectif minimal ? (le 1er signe d’amélioration ?) • Quelle est la position du client ? (ses valeurs, normes, représentations, règles ?) Ligue Alzheimer ASBL Réflexions sur la relation d’aide (3) Relation d’aide = prise de risque => Et ce pour favoriser le changement et non le craindre Relation d’aide = proximité => Géographique => Relationnelle Entrer en relation = ouvrir la boite de Pandore Ligue Alzheimer ASBL Relation d’aide en danger Danger quand surviennent : par jugement de valeur basé sur les émotions, le vécu et les croyances ⇒ la généralisation ⇒ la catégorisation 2 croyances : •Idée, représentation type « une fois pour toute » (patient difficile, mauvais soignant, …) •Effet bénéfique de la permanence, la régularité, la durée (changement inenvisageable et relation d’aide = médicament calibré) Ligue Alzheimer ASBL Exemple de relation (1) Hôpital et la Maladie d’Alzheimer Causes de l’hospitalisation • Situation de crise • Traitement d’une autre pathologie (chute, problèmes cardiovasculaires, …) • Ajustement du traitement lorsque la personne AD est en institution • … Ressenti des familles • Peu de communication avec le personnel soignant • Maladie et vécu incompris? • Grande attente sur la qualité des soins et des résultats attendus => déception fréquente Ligue Alzheimer ASBL 25 Complémentarité institution et associations de familles Présence de bureaux d’association dans les locaux de l’hôpital psycho-gériatrique du Pèrî => Complémentarité et collaboration Ligue Alzheimer ASBL 26 Exemple de relation (2) Envisager un changement de lieu de vie Du domicile A l’institution ACCUEIL - ponctuel - temporaire - de jour hébergement définitif - de nuit unité spécifique - court séjour cohabitation collective Ligue Alzheimer ASBL 27 Exemple de relation (3) A domicile Accompagner la personne AD et soutenir le proche =répit pour la relation aidé / aidant Changement de lieu de vie unité spécifique cohabitation collective Principe d’accueil et d’intervention : CPAS Seraing 26/04/06 Ligue Alzheimer asbl 29 Mots-clefs Ecoute Echange Elaboration Evaluation Problème =une chance de trouver mieux Rien n’est impossible ! La solution se trouve dans la relation et son contexte Ligue Alzheimer ASBL 31 Maître-mot COMMUNICATION « On ne peut pas ne pas communiquer ! » Paul Watzlawick Ligue Alzheimer ASBL 32 Charte du partenariat*… (début) …entre la personne résidante, sa famille et les soignants professionnels. 1. Nous affirmons que la personne démente ou désorientée reste un être humain à part entière, avec ses droits et ses obligations, ses libertés, ses compétences et son intégrité physique. 2. Nous voulons promouvoir le bien-être du résidant, notamment en répondant aux attentes fondamentales de tout être humain, à savoir les attentes spirituelles, intellectuelles, socio-affectives, sensorielles et physiques. 3. Nous affirmons que l'entrée en Maison de repos est un changement de domicile et non de constellation familiale. La famille conserve une place importante qui doit être préservée. La famille est nécessaire à une prise en charge adéquate de son parent dément ou désorienté. 4. Nous affirmons que le soignant professionnel est un partenaire indispensable. La relation de partenariat doit être établie sur une base de confiance et d'échange, et non uniquement sur un contrat financier. 5. Nous considérons que chaque acteur dans cette relation a un rôle spécifique à jouer, et a des compétences particulières qui seront utilisées de manière optimale. * Charte développée par la Ligue Alzheimer asbl CPAS Seraing 26/04/06 Ligue Alzheimer asbl 33 Charte du partenariat (fin) 6. Nous nous engageons à rechercher une solution en cas de conflits ou de divergences de vues, par l'échange et le dialogue. Nous savons aussi que tous les partenaires sont des êtres humains ayant leurs limites. 7. Nous affirmons que le résidant et sa famille ont un droit à l'information et à la participation au processus de décision pour tout ce qui concerne l'intérêt du résidant, et ce à tout moment. 8. La nomination d'une personne référente pour chaque résidant et sa famille est nécessaire; ce membre du personnel, par sa connaissance et son affinité avec le résidant, peut aussi constituer la plaque tournante de la communication intra et extra-muros. 9. Il est indispensable que la famille délègue une personne qui sera son représentant au sein de l'institution. 10. Un terrain utile pour réaliser ce partenariat entre soignants, résidants et familles est le comité de participation; il constitue une plate-forme d'échanges entre tous les acteurs. Nous adhérons aux affirmations de la Charte. Nous voulons agir en respectant ses principes et en nous soutenant mutuellement. * Charte développée par la Ligue Alzheimer asbl CPAS Seraing 26/04/06 Ligue Alzheimer asbl 34 Normalité • Le malade d’Alzheimer ne se vit pas dans une bulle mais dans une maison, la société => dans la vie ! • Plutôt favoriser le « vivre ensemble » que faire de la thérapie La normalité est le meilleur concept d’environnement pour des personnes atteintes de démence Source principale : Milieutherapie, Ein Konzept zur Betreuung demenziell Erkrankter, Swen Staack, Vincentz Network, 2004. Ligue Alzheimer ASBL 35 Rappelons-nous que CHAQUE ETRE est UNIQUE et que son EXISTENCE est IRREMPLACABLE Ligue Alzheimer ASBL 36