Articles principes analyseurs d`oxygène
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Articles principes analyseurs d`oxygène
Solutions CON T R Ô L E D E S P R O C É D É S Quatre technologies se disputent désormais la mesure d’oxygène Pendant longtemps, trois grands principes se sont partagé le domaine de la mesure d’oxygène. De 0,01 ppm à 100 %, sondes paramagnétiques, sondes zirconium et cellules électrochimiques couvraient, à elles seules, l’ensemble des applications. Récemment, la méthode optique TDL s’est invitée dans la ronde. Même si elle ne prétend pas couvrir les mesures de traces, même si elle reste encore chère et encombrante, elle offre tous les avantages des principes optiques. En particulier, elle apporte une maintenance réduite. I l constitue 21 % de l’air que l’on respire. L’oxygène est un gaz courant auquel on prête de plus en plus d’attention. Les fournisseurs d’analyseurs en oxygène ne s’en plaignent pas. La demande est toujours soutenue. « Un marché en progression qui suit celui de l’instrumentation, soit 3 à 5 % pour l’Europe », disent les uns. « Un marché supérieur de 8 à 10 %, disent les autres, parce que lorsqu’il s’agit de sécurité et d’environnement, plus personne ne fait l’impasse. » La mesure L’essentiel d’oxygène intervient Sonde paramagnétique : pour le suivi des prosolution extractive qui cédés pétrochimiques offre une grande linéarité (transformation des et précision. matières premières, Sonde zirconium en mode chimie des plastiin situ ou extractif : ques…). Dans les protrès utilisée en contrôle de cédés de combustion, combustion et pour la mesure d’oxygène les mesures de traces. sert à déterminer le Cellules électrochimiques : rendement optimal. marché de niches sur « Aujourd’hui, l’argument des mesures de traces et “économie d’énergie” les applications difficiles. compte de plus en plus », Diode laser en mode souligne Christell in situ ou extractif : nouvelle Beaussac, directeur sur le marché, elle présente commercial de Setnag. les atouts des méthodes En manque d’oxygène, optiques. tout ne brûle pas (il y 50 a production d’imbrûlés gazeux). Lorsque l’excès d’air augmente au-delà d’une certaine valeur, la teneur en gaz carbonique des fumées diminue par dilution, ce qui réduit également le rendement de combustion. D’ailleurs, une directive (83/189/CEE), qui s’applique aux chaudières de puissance comprise entre 400 kW et 50 MW, impose des rendements minimaux et une régulation combustible/comburant. Autre domaine porteur : le contrôle réglementaire des polluants à l’émission. Bien sûr, l’oxygène n’est pas à proprement parler un polluant. Mais les réglementations imposent des déclarations de taux de rejets de polluants (SO2, HCl…) ramenés au taux d’oxygène émis. Ainsi, les taux sont homogènes pour tous. Ceci permet aussi de corriger les taux de polluants à l’émission, pour les industriels qui, d’une manière plus ou moins volontaire, dilueraient leur émission et par conséquent leur pollution. Il y a plein d’autres bonnes raisons de mesurer l’oxygène. Tous les producteurs de gaz, entre autres, s’assurent de la pureté de leur production. Dans les gaz ultrapurs (azote, hélium…), ils recherchent des traces, bien en dessous du ppm, à la limite du ppb. Pour la protection des personnes, dans des locaux ou des enceintes fermés, une surveillance continue autorise la détection d’une raréfac- tion d’oxygène dans l’air ou, au contraire, une suroxygénation. Ici, on parle en pourcent. On le voit, la mesure d’oxygène, selon les applications, s’étale sur une large plage : de 100 % pour l’oxygène pur au ppb pour les recherches de traces. Les conditions, elles aussi, varient grandement. Considérées comme “normales” pour des mesures à l’air ambiant, elles peuvent devenir extrêmes dans les équipements de combustion : températures dépassant les mille degrés, fortes pressions, des environnements chargés en poussières et polluants. C’est donc dans ce vaste champ d’application, que depuis quatre à cinq décennies déjà, le marché des analyseurs d’oxygène s’est constitué avec, pendant longtemps, trois principales technologies : sondes paramagnétiques, sondes zirconium et cellules électrochimiques. Depuis deux ou trois ans, la méthode optique Tunable Diode Laser Absorption Spectroscopy (TDLAS) apparaît comme une quatrième voie prometteuse. La remarquable réponse linéaire du paramagnétique Pour l’instant, sondes paramagnétiques et zirconium se partagent l’essentiel du marché. Les deux technologies reposent sur des lois physiques fondamentales. Les principes sont donc éprouvés.Tout vient ensuite de la qualité de la fabrication. « Ainsi, chez Servomex Servomex Servomex propose un analyseur d’oxygène de procédés par principe paramagnétique pour une installation en zone classée. Il ne nécessite pas de pressurisation ni de gaz de balayage. MESURES 809 - NOVEMBRE 2008 - www.mesures.com Solutions NeoMonitors – Sistec Les analyseurs optiques à diode laser s’imposent de plus en plus dans le secteur de l’analyse de gaz et de l’oxygène en particulier. pas influencée par le milieu. Que ce dernier soit simple ou complexe, la réponse est toujours la même. Autre avantage, la durée de vie d’une cellule est quasi illimitée (tout au qui produit entre 12 000 à 15 000 cellules parama- moins supérieure à 10 ans). La technologie gnétiques par an, on en est à la sixième génération, paramagnétique couvre une gamme de souligne Pascal Laizet, directeur commercial mesure de 0 à 100 % avec un seuil de déde la société pour la région EMEA. Le cœur du tection voisin de 0,5 % (selon les fourniscapteur est toujours le même, mais à chaque fois, on seurs). On la retrouve souvent en contrôle améliore la fiabilité et la sensibilité. Il y a vingt ans, d’air ambiant, aux alentours de 21 %. Pour on fixait les éléments avec de la colle. Aujourd’hui on des plages entre 0 et 10 %, elle est utilisée en les soude au laser. » mesure de traces notamment pour les appliL’un des avantages du principe paramagné- cations médicales ou industrielles (procédés tique vient du fait que la loi physique à de raffinage, cimenteries…). « Le petit plus laquelle il répond est totalement linéaire. Et d’un capteur paramagnétique : il peut aussi s’intégrer donc, la précision est la même sur toute la dans des équipements portables », précise Marylaine plage de mesure. Par ailleurs, sa réponse n’est Thomar, ingénieur commercial chez Sistec (distributeur français proposant les quatre principes d’analyses d’oxygène). La sonde paramagnétique n’est cependant pas la méthode la moins chère ni la plus facile à mettre en œuvre. L’effet paramagnétique étant inversement proportionnel à la température, les cellules doivent être thermostatées. Elles nécessitent donc forcément l’extraction de l’échantillon. La sonde zirconium, jusqu’à 0,1 ppm A contrario, une sonde zirconium peut être installée in situ. Elle est très largement répandue en process même si la durée de vie est alors sans doute moins longue qu’en mode extractif. Montée in situ sur des applica- ➜ FUJI MESURES 809 - NOVEMBRE 2008 - www.mesures.com 51 Solutions Les quatre grands principes qui mesurent l’oxygène 1 - Analyse d’oxygène paramagnétique 3 - Analyse d’oxygène à oxyde de zirconium Contrairement à la plupart des gaz, l’oxygène est fortement attiré par un champ magnétique puissant. Le principe d’une sonde paramagnétique s’appuie sur deux sphères de verre remplies d’azote qui sont assemblées sous la forme d’un haltère mobile suspendu à l’intérieur d’un champ magnétique. Un faisceau lumineux est projeté sur le miroir installé au centre de l’haltère. La lumière réfléchie est envoyée vers une paire de cellules photoélectriques. L’oxygène attiré vers le champ magnétique déplace les sphères d’azote et fait ainsi tourner l’haltère. Les cellules photoélectriques détectent le mouvement et produisent un signal qui passe par une boucle de contre-réaction. Cette boucle de contre-réaction fait passer un courant dans une spire placée autour de l’haltère. Cela provoque un effet de couple qui maintient l’haltère dans sa position initiale. L’intensité du courant passant dans la spire est directement proportionnelle à la concentration d’oxygène dans le mélange gazeux. Certaines céramiques conduisent l’électricité à haute température grâce au déplacement d’ions d’oxygène. L’oxyde de zirconium appartient à cette catégorie. Cette caractéristique permet de mesurer la quantité d’oxygène présente dans un mélange gazeux. Un disque d’oxyde de zirconium est monté entre le gaz à mesurer et un gaz de référence (en général de l’air) à l’intérieur d’un élément chauffant. Des électrodes sont reliées à chaque face du disque. Toute différence de concentration en oxygène entre les deux faces du disque fait apparaître une tension transmise par les électrodes. 2 - Cellule électrochimique Gaz Membrane (barrière de diffusion) Cathode Electrolyte Anode vers amplificateur Le gaz échantillon contenant l’oxygène vient diffuser à travers la membrane du détecteur. En arrivant sur la cathode, l’oxygène est réduit. Ceci provoque, en parallèle, une réaction d’oxydation sur l’anode. Le flux d’électrons de l’anode au détecteur cathodique est directement proportionnel à la quantité d’oxygène en phase gazeuse. La plage et le prix Technologie Plage de mesure Prix moyen Cellule électrochimique 0,01 ppm à 100 % 2 000 € Sonde zirconium 0,1 ppm à 25 % 0,5 % à 100 % 4 000 € 1 ppm à 10 % (mode extractif : à partir de 0,1 ppm) 10 000 € Sonde paramagnétique Optique TDLAS 8 000 € Il s’agit d’ordres de grandeur moyennés établis à partir de données en provenance de différents fournisseurs. Attention, il existe aussi des cellules électrochimiques haut de gamme à plus de 10 000 euros. 52 4 - Technologie optique dite TDLAS (Tunable Diode Laser Absorption Spectroscopy) Une diode laser TDLAS (Tunable Diode Laser Absorption Spectroscopy) ne mesure la concentration que d’un seul composant gazeux. Il s’agit d’un matériau (comme le silicium) qui émet de la lumière à une longueur d’onde quasi figée. La largeur de bande se situe aux alentours de 10 -4 cm -1. Les interférences avec d’autres gaz sont impossibles. Classiquement l’absorption en infrarouge est liée à une rotation transitionnelle des molécules. Dans le cas des molécules diatomiques telle que l’oxygène (O2), il s’agit d’une transition électrique (entre le noyau et l’électron de la molécule) qui induit une absorption optique à la limite de l’infrarouge et du proche infrarouge. Le spectre d’absorption de l’oxygène se situe entre 759 et 767 nm. ➜ tions “difficiles” (en sortie de chaudière, par exemple), la tenue peut être limitée à moins d’un an. Elle peut s’étendre à 5, voire 8 ans pour des systèmes extractifs et sur des applications propres. La sonde zirconium n’aime pas trop les milieux complexes. En présence d’hydrogène ou d’hydrocarbure, il peut se produire des réactions parasites « au mieux on ne lira rien, au pire il se produira une explosion », souligne Pascal Laizet (Servomex). En revanche, elle supporte des fortes températures. « Placées directement dans le flux gazeux, elles sont capables de résister à des températures jusqu’à 1 700 °C », indique Marylaine Thomar (Sistec). De ce fait, on les retrouve très fréquemment sur les procédés de combustion. En théorie, une sonde zirconium mesure l’oxygène jusqu’à 21, voire 25 %. En combustion, elle est le plus souvent utilisée dans une gamme de 0,2 à 5 %. De plus en plus, compte tenu de l’augmentation du prix des matières premières (fuel, pétrole, gaz), il devient intéressant d’associer à la mesure d’oxygène une mesure des imbrûlés gazeux (COe). La régulation prend en compte à la fois la mesure d’oxygène et de COe pour une optimisation du rendement de combustion en consommant le moins possible d’oxygène et en produisant le moins possible d’imbrûlés. Plusieurs fournisseurs aujourd’hui intègrent dans le même analyseur la mesure de ces deux paramètres. Dans un tout autre domaine d’application, les mesures de traces, la sonde zirconium travaille sur une plage beaucoup plus faible : de 0 à 10 ppm. La limite de détection est le plus souvent donnée à 0,1 ppm. Elle est ainsi bien plus basse que celle d’une sonde paramagnétique. MESURES 809 - NOVEMBRE 2008 - www.mesures.com Solutions L’analyseur d’oxygène zirconium d’ABB vise les applications sur chaudières industrielles. L’air (gaz de référence) est prélevé dans l’atmosphère sans recourir à un système de pompe ou à des bouteilles. Les cellules électrochimiques, sur des niches Si l’on veut aller encore “en dessous”, en termes de concentration, il ne reste alors plus qu’une seule technologie : la cellule électrochimique. Celle-ci couvre toute la plage de mesure de moins de 0,001 ppm à 100 %. Le principal marché des cellules électrochimiques est celui de la détection de gaz, pour Caractéristiques Cellule à électrolyte liquide Cellule à électrolyte solide Etendue de mesure 1 ppm à 100 % 0,01 ppm à 100 % Type d’analyseur En ligne et portable En ligne et in situ Application principale Mesure air ambiant et traces Mesure dans les fumées et traces Temps de réponse à 90 % De 7 à 30 s 1à2s Durée de vie moyenne De 6 à 18 mois Minimum 12 mois Température d’utilisation Ambiante ou avec compensation 600 à 800 °C des applications de surveillance. On les trouve aussi beaucoup en contrôle pour l’environnement dans des équipements portables. Mais pour des raisons “historiques”, elles sont peu utilisées comme analyseurs d’oxygène pour les procédés. Précision, durée de vie, risques d’interférents chimiques, elles n’ont pas toujours eu une bonne réputation, même si les constructeurs ont fait beaucoup Source Setnag ABB Capteurs électrochimiques d’efforts ces dernières années. Elles représentent donc un marché de niches pour des applications où aucune autre technologie ne peut convenir. Par exemple, en mesure de traces dans un mélange d’hydrocarbures, la sonde zirconium est trop réactive et la sonde paramagnétique n’est pas assez sensible. Les cellules électrochimiques sont implantées également dans l’industrie des micropro- ➜ SYSTEC MESURES 809 - NOVEMBRE 2008 - www.mesures.com 53 Solutions Les plus et les moins des quatre technologies Technologies Avantages Inconvénients Cellule électrochimique • Plage de mesure la plus large • Prix le plus faible (avec échantillonnage à froid) • Zéro intrinsèque, étalonnage en un seul point (fin d’échelle) • Remplacement aisé • Incertitude de mesure élevée aux faibles teneurs • Tenue limitée dans le temps (1 à 5 ans selon les conditions d’utilisation) • Nécessité d’un échantillonnage avec élimination de la vapeur d’eau pour mesure “à froid” • Fragilité aux composés corrosifs (HCl, SO2, NOx) et basiques (H2S) • Temps de réponse assez long Sonde ZrO2 • Bonne précision de mesure y compris sur des échelles de mesure inférieures • Prix faible • Bonne tenue dans le temps si intégrée à une solution d’analyse extractive “à chaud” sur gaz humide • Temps de réponse rapide • Analyseur séparé à gérer et piquage supplémentaire à réaliser si monté in situ • Tenue limitée dans le temps (< 1 an) si montée in situ sur des applications “difficiles” (sortie chaudière) Paramagnétique • Bonne précision de mesure jusqu’à des échelles de l’ordre de 1 % • Calibrage en un seul point grâce • Longévité dans les conditions normales d’utilisation (10 ans, voire plus) • Nécessairement associée à une solution d’analyse extractive “à froid” sur gaz sec • Nécessité d’air de référence en circulation pour certains analyseurs • Prix d’achat relativement élevé • Prix de cellule de rechange élevé Optique TDLAS • Absence d’interférence • Robustesse • Maintenance minime • Montage in situ • Tolère des milieux très pollués • Prix d’achat le plus élevé • Encombrement (nécessite souvent deux piquages) • Equipement extractif aux faibles concentrations ➜ cesseurs où les exigences en matière de pureté des gaz obligent à descendre au niveau du ppb. Pour les applications très difficiles, les cellules électrochimiques savent se rendre robustes. Elles s’installent même in situ, et résistent à de fortes températures ou pressions. Mais dans un contexte de “réduction de la maintenance”, elles ne sont pas forcément les mieux placées. La diode laser, des parts de marché à prendre Au niveau de la maintenance, les techniques optiques sont imbattables. Elles ne réclament ni échantillonnages ni consommables. La méthode optique par diode laser existe depuis une dizaine d’années. Mais, ce n’est seulement depuis deux ou trois ans, qu’elle se répand assez rapidement dans le domaine de Réduire la facture énergétique Rendement de combustion Zone de fonctionnement optimal Manque d’oxygène Source RB Technologies CO Dans le domaine de la mesure de combustion, il est intéressant d’associer à la mesure d’oxygène une mesure des imbrûlés gazeux (COe). La régulation de la combustion prend en compte à la fois la mesure d’oxygène et de COe pour une optimisation du rendement de combustion, en consommant le moins possible d’oxygène et en produisant le moins possible d’imbrûlés. Excès d’oxygène O2 Teneur (%) 54 l’analyse industrielle pour un grand nombre de gaz, dont l’oxygène. « A titre d’exemple, un important site métallurgique a procédé cette année au remplacement d’une ancienne installation de mesure extractive basée sur des analyseurs paramagnétiques par des analyseurs lasers pour la mesure de sécurité sur les gaz de récupération de l’aciérie destinés au gazomètre, indique Serge Ruspini, responsable produits chez ABB. Dans ce cas précis, les nouveaux analyseurs ont amélioré la rapidité de mesure en conservant une fiabilité métrologique équivalente, mais en diminuant nettement la maintenance à effectuer sur ces appareils. » Même les fabricants, qui ne proposent pas cette technologie, reconnaissent son intérêt. Outre le leitmotiv de la maintenance, la finesse du pic d’absorption, l’absence d’interférences, la robustesse des équipements sont des arguments qui finissent par s’imposer progressivement. Les applications se diversifient. Développée initialement pour le contrôle à l’émission, la technologie approche désormais les mesures de procédés. « Un des grands avantages de la diode est qu’elle opère même avec une forte atténuation de la lumière, jusqu’à 98 %, dans les process chargés en particules, souligne Didier Chenebault, responsable produit, chez Yokogawa. Une régulation d’un process de combustion peut être réalisée par le suivi de l’oxygène. » La diode laser se place ainsi en technologie concurrente de la sonde zirconium. Les appareils se déclinent également sur différents modes d’installation. Un des avantages des analyseurs à diode laser est de pouvoir être installé in situ. Mais il est tout à fait pos- MESURES 809 - NOVEMBRE 2008 - www.mesures.com Setnag Solutions La sonde zirconium de Setnag s’affranchit de l’apport d’un air de référence grâce une référence métallique. sible aussi de travailler en extractif. L’intérêt de celui-ci est de pouvoir, en allongeant le trajet optique, abaisser les seuils de détection. Pour l’oxygène, on atteint une détection à 0,1 ppm, et faire aussi bien qu’une sonde zirconium.Après, c’est une question de coût, car la diode laser demeure de loin la technologie la plus chère. Il faut cependant signaler l’apparition d’une nouvelle génération de capteursTDL, comme celui présenté par Vaisala il y a un peu plus d’un an. Le fabricant finlandais a fait le choix d’un équipement compact avec une sonde in situ d’une quinzaine de centimètres. « Le faisceau lumineux est renvoyé sur le récepteur installé dans le même boîtier que l’émetteur. Un seul piquage suffit », souligne David Reignier, responsable commercial chez Vaisala. L’équipement ne descend pas en dessous de quelque pourcent en teneur, il ne monte pas aussi haut en température qu’une diode laser classique, mais son prix se situe bien en dessous, au niveau de la technologie paramagnétique. Même si la diode laser reste aujourd’hui une technologie émergente, il est probable qu’elle se développe encore et gagne bien des parts de marchés. Tous les grands acteurs se posi- tionnent sur ces créneaux : ABB, NeoMonitors, Siemens, Yokogawa… Il restera néanmoins beaucoup de points de mesure qui se passeront d’une diode laser. « Un capteur paramagnétique n’est pas plus gros qu’un taille-crayon, un capteur zirconium n’est pas plus grand qu’une grosse boîte d’allumettes, souligne Pascal Laizet (Servomex), on n’en est pas encore là avec la technologie optique. » Pourquoi mesure-t-on l’oxygène ? Pour la protection des personnes. Pour la détection d’absence d’oxygène ou de suroxygénation dans des locaux ou des enceintes fermées. Pour le contrôle de pureté de gaz. Pureté d’azote, d’argon, d’hélium… Pour la surveillance de procédés. Contrôle d’inertage, traitement thermique. Pour le contrôle de combustion. Régulation combustible/comburant – Directive 83/189/CEE – Décret 98-817. Décret n° 98-817 du 11 septembre 1998 relatif aux rendements minimaux et à l’équipement des chaudières de puissance comprise entre 400 kW et 50 MW. Pour le contrôle réglementaire des polluants. Correction des mesures de polluants à l’émission – Directives 2001/80/CE, 2001/81/CE et 1999/32/CE – Arrêté du 30 juillet 2003 - relatif aux chaudières présentes dans des installations existantes de combustion d’une puissance supérieure à 20 MWth. Toutes les astuces pour moins de maintenance Côté maintenance, les “vieilles” technologies ne se laissent pas abattre. La plupart des nouveaux développements portent sur cet aspect-là. Dans le dernier modèle proposé par Fuji, l’élément sensible se change sans avoir à démonter la sonde ou la bride. « Il suffit de dévisser et de changer l’élément au pire tous les six mois dans les process sales, au mieux tous les quatre ans dans les process propres », précise Philippe Nouhen, responsable commercial chez Fuji. Le dernier analyseur d’oxygène zirconium d’ABB a été développé pour les applications sur les petites chaudières en limitant également les interventions et changement de consommables. Il prélève l’air (gaz de référence) dans l’atmosphère sans recourir à un système de pompe ou à des bouteilles. La société française Setnag, basée à Marseille, est spécialisée exclusivement dans la technologie zirconium. Elle a choisi de remplacer l’air de référence par une référence solide. Généralement, un disque d’oxyde de zirconium est monté entre le gaz à mesurer et un gaz de référence (en général de l’air). Toute différence de concentration en oxygène entre les deux faces du disque fait apparaître une tension transmise par les électrodes. A la place du gaz, Setnag scelle à l’extrémité du disque un métal (généralement du palladium) associé à son oxyde. Cet oxyde crée une pression partielle en oxygène qui est constante, indépendante de la pression atmosphérique et des conditions d’utilisation. Là encore, cette solution s’affranchit des bouteilles d’oxygène et allège la maintenance. Côté innovation, les “vieilles” technologies ne veulent pas se laisser distancer. Marie-Pierre Vivarat-Perrin Les éléments techniques ont été fournis par ABB, Setnag, Siemens, Sistec (distributeur pour AMS, MBE, NeoMonitors), RB Technologies, Servomex. SETNAG MESURES 809 - NOVEMBRE 2008 - www.mesures.com 55