foires, biennales, expositions… - Galerie Paris
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spécial photo foires, biennales, expositions… paris dans le grand bain de la photographie en novembre, paris accueille la plus grande foire au monde consacrée à la photographie. une occasion rêvée pour les musées de proposer leurs plus belles expositions. de lucien clergue au grand palais à philippe halsman au jeu de paume, sélection et coups de cœur du meilleur de la photo. Par sophie bernard, jacques denis, natacha nataf & julie watier le borgne Zhang Kechun People Crossing the Yellow River with a Photo of Mao Zedong, Henan, série The Yellow River, 2012 Ces baigneurs paisibles, qui exhibent un portrait de Mao, ne semblent pas connaître l’histoire des pollutions irrémédiables que le fleuve Jaune connaît depuis des décennies. Zhang Kechun les a découvertes tout au long d’un voyage initiatique sur ses rives dévastées. À voir à Paris Photo, sur le stand de la galerie Paris-Beijing. 130 Beaux Arts Beaux Arts 131 spécial photo Notre sélection PARIS # GALERIE DES GALERIES Du 20 octobre au 23 janvier Magnétique Alex Prager PARIS # MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE Jusqu’au 18 janvier Les aventures extraordinaires de Doisneau au Muséum Une femme au milieu d’une foule se détache, visible au premier coup d’œil, cheveux blonds, rouge à lèvres éclatant : c’est la marque de fabrique d’Alex Prager. Sa dernière série Faces in the Crowd synthétise parfaitement ce travail. On y retrouve toute son histoire, ses influences visuelles, cinématographiques, et sa maîtrise de la direction artistique. Ses photographies sont construites comme un film : décors, costumes, lumières, castings dans lesquels elle sélectionne des figurants, des modèles, et travaille telle une réalisatrice de longs-métrages. Cette jeune artiste américaine que l’on s’arrache désormais – tant en vente publique que pour une couverture de Vogue – a pourtant découvert la photo «sur le tard», à l’âge de 20 ans, au détour d’une exposition de William Eggleston. C’est une révélation, elle s’offre alors son premier appareil, une chambre noire, elle sera photographe. Rapidement, telle une évidence, la femme devient son sujet, toujours glamour, souvent fragile, dans des scènes surréalistes proches d’Hitchcock, David Lynch, Weegee ou encore Luis Buñuel. L’influence de ce dernier est très marquée dans la série Compulsion : elle y confronte un plan très serré sur un œil, directement inspiré d’Un chien andalou, en regard d’une scène tragique donnant un rôle de témoin au spectateur. Une immense photographe à découvrir dans cette toute première exposition personnelle en France. Julie Watier Le Borgne «Dites-moi quelle autre profession m’aurait permis d’entrer dans la cage aux lions du zoo de Vincennes ou l’atelier de Picasso ?», blaguait Doisneau. Invité une première fois en 1942-1943 à réaliser un reportage sur les «visages de la science» au Muséum national d’histoire naturelle, le photographe découvre, avec une curiosité sans limite, les coulisses du musée de l’Homme, la zoothèque et ses linéaires souterrains peuplés de chouettes ou de gorilles empaillés, et surtout le quotidien insolite des chercheurs, jardiniers, laborantins, soigneurs… Doisneau les immortalise dans leur environnement familier : au-dessus d’une montagne d’herbiers, parmi des cristaux géants, derrière une brouette où repose la dépouille d’un jaguar, dans un ossuaire de mammouths, voire au bras d’une momie… Largement inédites, ces images (plus d’une centaine) seront présentées aux 2e et 3e étages de la Grande Galerie de l’évolution, assorties d’un second reportage réalisé en 1990. Près de cinquante ans plus tard, la mort et la vie s’y mêlent avec la même légèreté. On reconnaît les lieux, parfaitement intemporels, les grandes serres, la galerie d’anatomie comparée et de paléontologie, les allées du Jardin des Plantes… et le stégosaure à l’entrée du Muséum. Tiens, un indice temporel : l’enfant qui le caresse ne porte ni béret ni culottes courtes. Bienvenue dans la décennie la plus jurassique du XXe siècle. N. N. «Alex Prager» • 1er étage des Galeries Lafayette • 40, bd Hausmann 75009 • 01 42 82 81 98 • www.galeriedesgaleries.com Alex Prager Untitled (Parts 1), 2014 PARIS # MUSÉES D’ORSAY ET DE L’ORANGERIE Jusqu’au 24 et jusqu’au 25 janvier «Qui a peur des femmes photographes ?» > 1839-1919 : musée de l’Orangerie Jardin des Tuileries • 75001 01 44 50 43 00 • www.musee-orangerie.fr > 1918-1945 : musée d’Orsay 1, rue de la Légion d’Honneur • 75007 01 40 49 48 14 • www.musee-orsay.fr Catalogue : coéd. Musée d’Orsay / Hazan 320 p. • 45 € robert doisneau Le Professeur Paul Budker contemplant des bébés requins, 1942 ou 1943 «Robert Doisneau» Grande Galerie de l’évolution • 36, rue Geoffroy Saint-Hilaire • 75005 Paris 01 40 79 56 01 • www.mnhn.fr • Catalogue : coéd. Flammarion/MNHN • 192 p. • 35 € PARIS # MAISON ROUGE Jusqu’au 17 janvier Une collection qui flashe sur l’Afrique et l’Asie C’était l’événement phare des Rencontres d’Arles 2014. La collection Artur Walther, aujourd’hui la plus importante au monde pour la photographie africaine et asiatique contemporaine, revient en France sous un angle inédit. Conçue par Simon Njami, ex-directeur artistique des Rencontres de Bamako, l’exposition-fleuve «Après Éden» invite à une sublime odyssée. Elle réunit à la Maison rouge près de 1000 œuvres de photographes, vidéastes et plasticiens au fil d’un parcours égrenant, selon le commissaire, les «catégories récurrentes» de cette exceptionnelle collection : paysage, performance, portrait, essais anthropométriques ou ethnographiques… Particulièrement sensible à la question de l’identité – individuelle et collective –, Artur Walther, ancien banquier de Goldman Sachs vivant aujourd’hui entre New York et sa Bavière natale, s’est intéressé dans les années 1990 à la photographie allemande (en acquérant de stupéfiants ensembles d’August Sander, de Karl Blossfeldt, des Becher…) puis américaine, avant de courir le monde pour y découvrir mille artistes prodigieux, du dissident chinois Ai Weiwei au reporter de guerre sud-africain Guy Tillim et sa compatriote, activiste LGBT, Zanele Muholi… et repousser avec eux les frontières du continent photographique. N. N. «Après Éden – La collection Artur Walther» • 10, boulevard de la Bastille • 75012 Paris • 01 40 01 08 81 • www.lamaisonrouge.org • Catalogue : éd. Fage • 224 p. • 24 € Mikhael Subotzky Mark, Hout Bay Beach, 2005 Ruth Bernhard Doll, 1938 Frances Benjamin Johnston Autoportrait, vers 1896 Insoumises depuis 1839 «Qui a peur des femmes photographes ?» s’interrogent en chœur cet automne les musées d’Orsay et de l’Orangerie. Certainement pas Virginia Woolf qui, dès 1926, publiait la première monographie sur les clichés de sa grand-tante, Julia Margaret Cameron. D’une génération l’autre, cette exposition en deux volets entend elle aussi rendre hommage à ces aventurières en insistant sur leur «relation singulière et évolutive à la photographie» dans ce qu’elle a «de caractéristique et /ou d’exceptionnel». La première partie (1839-1919), à l’Orangerie, souligne donc comment les pionnières ont pu jeter un regard radicalement nouveau sur 132 Beaux Arts les genres qui leur incombaient jusque-là – les portraits, les scènes intimes ou encore la botanique, qu’Anna Atkins réinventera en 1843 en composant un album de cyanotypes d’algues, aujourd’hui considéré comme le tout premier livre de photographie – et /ou illustrer une actualité brûlante, telle la lutte pour les droits civiques (irrésistibles suffragettes de Christina Broom). Incarnant au sortir de la Grande Guerre la «femme nouvelle», elles s’empareront de thèmes réservés aux hommes (l’érotisme, les machines, la vitesse…) et travailleront pour la presse, la mode, la publicité. Pire : elles entreront en guerre. Quitte à y mourir, comme Gerda Taro, fauchée par un char en Espagne en 1937, à qui Orsay rend hommage. Et à qui Virginia Woolf aurait pu dédier ces mots : «Tout pourra arriver quand être une femme ne voudra plus dire : exercer une fonction protégée.» Natacha Nataf Beaux Arts 133 spécial photo Notre sélection PARIS # QUAI BRANLY Jusqu’au 22 novembre PARIS # CENTRE POMPIDOU Du 11 novembre au 1er février Agnès Varda photographe Elle a beau avoir décroché une Palme d’or d’honneur cet été à Cannes et vu son travail de plasticienne célébré de Paris à Los Angeles, Agnès Varda reste une artiste méconnue. Qui sait qu’elle fut photographe attitrée du festival d’Avignon et du TNP de Jean Vilar dans les années 1950 ? Qu’elle réalisa des reportages en Chine et à Cuba ? Le Centre Pompidou est l’une des rares institutions publiques à s’être penchées sur cette «première vie» de la cinéaste. Ses collections comptent 157 tirages de Varda, dont 145 ayant servi au documentaire Salut les Cubains. Des clichés en noir et blanc pris fin 1962 à La Havane (à peine deux mois après la crise des missiles) et qui, filmés au banc-titre, rendent compte d’une rencontre inédite, celle «du socialisme et du cha-cha-cha». Rythmées au son des congas et de commentaires lus par Varda et Michel Piccoli, ces images «désordonnées», montrées pour la première fois au public, donnent à voir le charme peu discret du «pittoresque tropicalo-socialiste» – les foules devant le Líder Máximo, les chapeaux de paille des touristes et les bérets des belles révolutionnaires, les poulets «coopératifs» et le corps «mélodique» des Cubaines – avant de zoomer sur mille barbes, taillées tantôt «à la rebelle», tantôt «à l’artiste» ou «à la fonctionnaire»… Malgré l’irrésistible attraction, Varda reste lucide : «La barbe la plus courante à Cuba, c’est la barbe à papa. Car nous sommes au pays du sucre.» Intitulée «Varda /Cuba», cette exposition aurait pu tout aussi bien s’appeler «L’île et elle», comme celle de 2006 à la fondation Cartier. Mais Cuba n’est pas Noirmoutier. Et ici l’entrée est libre. Viva Varda ! N. N. Photoquai, la biennale superhumaniste «We Are Family» : plus qu’un thème fédérateur, l’intitulé de Photoquai, la biennale des images du monde organisée par le musée du quai Branly, est un manifeste politique, culturel et social. Une volonté de montrer, à travers le regard de 40 photographes (exposés gratuitement en plein air, jour et nuit, le long du quai Branly, mais aussi au premier étage de la tour Eiffel et en divers lieux partenaires), qu’appartenir à une famille peut simplement signifier «former une communauté, se rassembler pour témoigner d’une convergence de pensée, d’une aspiration à un même mode de vie», souligne Stéphane Martin, président de l’institution parisienne. Du peuple mari, derniers païens d’Europe qui implorent ses dieux dans la forêt russe (par Tatiana Plotnikova), aux mères célibataires encore considérées comme des prostituées au Maroc (Zara Samiry), des samouraïs revenant à Fukushima (Noriko Takasugi) à la dernière génération scarifiée de Côte d’Ivoire (Joana Choumali), et de mômes égyptiens trimant dans des carrières de calcaire (Myriam Abdelaziz) aux travestis sexy posant torse nu pour le Mexicain Luis Arturo Aguirre, cette nouvelle «Family of Man» nous rappelle que la défense des libertés fondamentales reste, partout, un combat de chaque instant. Même en plein cœur de Paris. N. N. agnès varda Cuba, Benny Moré II, 1963 «Varda / Cuba» • Centre Pompidou • Galerie de photographies Place Georges Pompidou • 75004 Paris • 01 44 78 12 33 • www.centrepompidou.fr Catalogue : éd. Xavier Barral • 168 p. • 39 € PARIS # MAISON DE L’AMÉRIQUE LATINE Jusqu’au 12 décembre Le Mexique de Lola Álvarez Bravo Lola Álvarez Bravo Dans sa propre prison, vers 1950 «Lola Álvarez Bravo» jusqu’au 12 décembre • Maison de l’Amérique latine 217, boulevard Saint-Germain • 75007 Paris • 01 49 54 75 00 • http://mal217.org 134 Beaux Arts Femmes méduses et mer de Tendresse, démons de papier et belles endormies… Ne vous fiez pas à la sensualité tranquille des clichés de Lola Álvarez Bravo (1903-1993). Les seins nus des filles d’Acapulco et les yeux stériles de jeunes aveugles, brillant au soleil comme des petites lunes, sont là pour nous rappeler qu’on n’est pas chez Gauguin… mais au Mexique, où la révolution n’est venue à bout ni du commerce des corps ni des inégalités sociales. Pasionaria discrète oscillant toujours entre poésie et politique, Lola est une figure centrale de la photographie mexicaine. Elle reste pourtant inconnue hors du continent américain. Éclipsée par son célébrissime mari (Manuel Álvarez Bravo, qu’elle connut enfant mais dont elle finira par divorcer), moins romanesque et scandaleuse que ses amies Tina Modotti ou Frida Kahlo (dont elle organisa une rétrospective majeure à Mexico, la seule du vivant de l’artiste), elle n’aura poursuivi qu’un but : «réveiller les bonnes et mauvaises consciences du pays». Capable d’incroyables photomontages muraux exaltant l’industrie textile ou les chemins de fer, elle marqua davantage les esprits en immortalisant nombre de ses amis artistes, de Diego Rivera à Henri CartierBresson. Surtout, elle fit de la «joie», de la «malice» et de la magie surréalisante de la rue mexicaine son pain quotidien. La rétrospective de la Maison de l’Amérique latine est la première occasion en France de découvrir son travail. Ne la manquez pas. N. N. «Photoquai – 5e biennale des images du monde» Quai Branly • 75007 Paris • 01 56 61 70 00 • www.photoquai.fr Catalogue : coéd. musée du quai Branly / Actes Sud • 232 p. • 27 € Juan Pablo Echeverri Supersonas, 2011 PARIS # FONDATION henri CARTIER-BRESSON Jusqu’au 20 décembre Jeff Wall en vignettes Depuis ses débuts, Jeff Wall, le photographe canadien que l’on ne présente plus, travaille de grandes et de petites images. En 1969-1970, il publie Landscape Manual, un ouvrage aux illustrations en format vignette. Les tirages originaux de ce road-trip photographique sont présentés dans l’exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson qui montre, cet automne, uniquement ses travaux de petite taille. La découverte de ses «Smaller Pictures» ne semble pas être en contradiction avec ses très grands formats désormais bien connus du public, au contraire, il y aborde parfois les mêmes thématiques. Comme dans ses œuvres XXL, une partie de ces images sont des caissons lumineux dont les scènes restent aussi énigmatiques que plastiques, et où la création artistique d’autrui est souvent une source d’inspiration. Dans After «Spring Snow» by Yukio Mishima, il s’est librement inspiré du texte de Mishima pour en tirer une mise en scène qui rassemble à elle seule l’époque et le sujet de ce roman japonais, l’influence occidentale après l’ère Meiji. Les œuvres exposées sont entièrement sélectionnées par l’artiste et toutes issues de sa collection personnelle. Il nous montre ainsi un peu de son intimité. J. W. L. B. «Jeff Wall – Smaller Pictures» • 2, impasse Lebouis • 75014 Paris • 01 56 80 27 00 www.henricartierbresson.org • Catalogue : éd. Xavier Barral • 108 p. • 35 € Jeff Wall Clipped Branches, East Cordova St., Vancouver, 1999 Beaux Arts 135 spécial photo Focus Lucien Clergue, fulgurances de jeunesse Un an après sa disparition, le Grand Palais nous invite à redécouvrir le travail du photographe révélé par picasso en plongeant dans ses archives et ses tout premiers clichés. O n ne peut comprendre l’œuvre de Lucien Clergue sans évoquer sa vie, dont certains épisodes s’apparentent davantage à la légende qu’à la réalité. Ce parcours, émaillé de rencontres extraordinaires et d’actions en faveur de la photographie, va conduire cet Arlésien issu d’un milieu modeste à devenir le premier photographe membre de l’Académie des Beaux-arts de l’Institut de France en 2006, et à la présider en 2013. Son premier rendez-vous avec le destin a lieu grâce à Pablo Picasso. L’histoire est savoureuse mais elle ne dit pas si c’est du courage ou de l’inconscience qui pousse Lucien Clergue à aborder le peintre à la sortie d’une corrida à Arles, en 1953. Il n’a que 19 ans et n’hésite pas à sortir ses photographies pour lui demander conseil. Picasso l’encourage à continuer et à revenir le voir. Ce sera le début d’une relation où s’entremêleront amitié et travail, et dont témoignent de nombreux portraits réalisés dans l’intimité. L’audace était d’autant plus grande que, dans les années 1950 en France, la photographie n’était pas encore reconnue comme un art à part entière. C’est cette rencontre décisive avec Picasso qui constitue le point de départ de l’exposition «Premiers albums» présentée cet automne au Grand Palais par François Hébel et Christian Lacroix, tous deux proches de Lucien Clergue (le premier pour avoir été directeur des Rencontres d’Arles, le second pour être Arlésien et avoir réalisé son habit et son épée d’académicien). «Il n’y a pas de doute, Picasso a perçu la genèse d’une œuvre, explique François Hébel. Et les albums que nous avons retrouvés dans les archives de Lucien confirment la fulgurance de ses premières photographies. Dès 1956, date du plus ancien, tout était déjà là.» D’où le parti pris radical de l’exposition : privilégier les vingt premières années du travail de Lucien Clergue, soit exclusivement des images en noir et blanc. Ces premiers albums sont comme le brouillon de l’écrivain ou l’esquisse du peintre : entre recherches et expérimentations, ils révèlent l’état d’esprit du photographe qui, enfant, a connu la destruction de sa maison par les bombardements et, adolescent, la maladie puis le décès de sa mère. Les blessures 136 Beaux Arts ressenties transparaissent dans la noirceur des sujets traités : ruines, cimetières, animaux morts… avant l’apparition de personnages vivants : saltimbanques, pierrots et ballerines joués par des enfants qu’il met en scène, mais aussi Picasso, Cocteau et Saint John Perse, les Gitans, la corrida, les premiers nus… Ce sont ces thèmes, apparus précocement, et pour certains sur lesquels Lucien Clergue travailla toute sa vie, qui forment l’articulation de l’exposition. S’ajoutent deux autres séries, Contrastes, réalisée dans les années 1960, et Langage des sables, la décennie suivante. Ces deux derniers chapitres révèlent une autre facette du photographe. Moins ancrés dans le réel et plus poétiques, ils laissent entrevoir un Lucien Clergue apaisé par la maturité. Ces années sont aussi celles où il voyage et expose au MoMA de New York à l’invitation d’Edward Steichen (1961), où il soutient une thèse uniquement constituée de photographies devant Roland Barthes (1979) et, surtout, où il fonde, avec l’écrivain Michel Tournier et l’historien Jean-Maurice Rouquette, les Rencontres de la photographie d’Arles (1970). Ce premier festival international dédié à la photographie créé dans le monde demeure aujourd’hui encore le plus important. Ambassadeur de la photo ou faiseur d’images, Lucien Clergue a largement contribué à donner ses lettres de noblesse à la photographie. Sophie Bernard Nu de l’étang, Valduc, 1956 des inédits à foison Dès l’entrée de l’exposition, le visiteur est plongé dans l’ambiance des jeunes années de Lucien Clergue avec un ensemble d’images d’archives d’Arles ravagé par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Puis, place au maître. Articulée en huit sections, elle invite à découvrir de nombreux inédits comme les premiers albums qui donnent le titre à l’exposition qui étaient à l’origine des catalogues de tissu dont Lucien Clergue a remplacé les échantillons par ses planches-contacts. Mêlant tirages modernes et vintage, la scénographie invite à découvrir l’œuvre de manière originale – grâce notamment à une immense frise rassemblant près de 200 images et le Drame du Toro, un film réalisé par Lucien Clergue en 1968 –, mais aussi l’homme à travers des entretiens filmés du photographe, de Jean-Maurice Rouquette et de Wally Bourdet qui posa pour ses premiers nus. «Lucien Clergue – Les premiers albums» du 14 novembre au 15 février • Grand Palais • 3, avenue du Général Eisenhower 75008 Paris • 01 44 13 17 17 • www.grandpalais.fr Catalogue : éd. RMN-Grand Palais • 256 p. • 35 € Et aussi : «Lucien Clergue» du 7 novembre au 28 novembre galerie Patrice Trigano • 4 bis, rue des Beaux-Arts • 75006 Paris • 01 46 34 15 01 • www.galeriepatricetrigano.com «Oser la photographie – 50 ans d’une collection d’avant-garde à Arles» jusqu’au 3 janvier • musée Réattu 10, rue du Grand Prieuré • 13200 Arles • 04 90 49 37 58 www.museereattu.arles.fr Photopoche Lucien Clergue : éd. Actes Sud • 144 p. • 13 € La Danse du mariage gitan, Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 1963 Acrobate, série Saltimbanques, Arles, 1955 Beaux Arts 137 spécial photo Focus Louis Armstrong, 1966 Le monde arabe loin des clichés venus d’ÉGYPTE, DU LIBAN, DU MAROC OU DE DUBAI, LES 40 PHOTOGRAPHES RÉUNIS DANS la toute première biennale du monde arabe contemporain démontrent la vitalité créative de cette région. (Binôme, Photo 12, Basia Embiricos, Graine de photographe) mais aussi la Cité internationale des arts. Au sein de cet ensemble géographiquement cohérent, le promeneur pourra découvrir la diversité d’un monde trop souvent réduit à quelques clichés et soumis au flot de l’actualité. «Même si quelques travaux sont liés aux événements récents, à commencer par le flux migratoire qui fait la une des journaux, il s’agit davantage de montrer des œuvres qui n’abordent pas de front toutes ces questions mais ne les passent pas pour autant sous silence. Les artistes sont souvent engagés sur les thématiques de notre époque, simplement les travaux photo graphiques qui vont être montrés témoignent d’un certain recul, d’un temps de réflexion.» place aux femmes Wafaa Samir Série Ramadan, 2013 U ne jeune femme, en lévitation, lit le Coran. À chacun d’imaginer ce qui se dévoile sous cette image, un brin fantastique, un rien fantasque, extraite de la série Ramadan. Signé de la jeune Égyptienne Wafaa Samir, cet «autoportrait» sert d’affiche à la première biennale des photographes du monde arabe, lancée par l’Institut du monde arabe et la Maison européenne de la photographie. Faut-il y lire un message subliminal ? «Le fait que l’auteur est une femme n’est pas non plus innocent. Ce qui reviendrait d’ailleurs à se poser la question : existe-t-il un regard féminin dans le monde arabe ?», interroge en guise de réponse Gabriel Bauret, commissaire général de cette manifestation. L’icône a valeur de 138 Beaux Arts s ymbole, pour une jeune génération qui s’empare du médium afin de témoigner de sa vision, divergente, du monde. L’image porte tout autant les intentions d’une biennale qui souhaite réunir des points de vue différents. Poétiques avant tout, politiques malgré tout. «L’idée était de réunir des compétences complémentaires et de croiser les regards.» Vues de l’intérieur par les photographes arabes et éclairages venus de l’extérieur à travers les yeux des observateurs «étrangers», européens pour la plupart, composent un ensemble tout à la fois composite et cohérent. Pour relier les deux institutions, rivées chacune d’un côté de la Seine, cette biennale propose un parcours qui associe différentes galeries alentour S’il existe une longue tradition «orientaliste» en Europe, relativement bien identifiée et documentée, on connaît moins l’autre versant de l’histoire. «Du côté des photographes arabes, à part les grands studios de portraits dans des villes comme Beyrouth ou Le Caire, on sait assez peu de choses de cette pratique. Et dans ce domaine, il y a un important travail à mener pour mesurer l’élargissement de la pratique de la photographie et son évolution», reprend Gabriel Bauré. Les quelque 50 artistes photographes exposés démontrent que le panorama de la création en la matière s’est considérablement élargi : à l’image des Marocains de Leila Alaoui, une série à la manière des fameux Américains de Robert Frank, à l’instar de la Palestine vue au prisme du football par Amélie Debray, ou encore du regard décadré, mi-amusé mi-circonspect, de Farah Al Qasimi sur l’irruption du monumental à Dubai. La preuve (aussi) par trois exemples de l’émergence des femmes dans le contexte de la photographie arabe, qui est l’un des traits remarquables de cette première édition. Jacques Denis Du 12 novembre au 17 janvier dans huit lieux partenaires www.biennalephotomondearabe.com Philippe Halsman, le photographe qui fait sauter les stars Rita Hayworth plongeant sa paille dans un milk-shake, Marilyn Monroe so sexy, Louis Armstrong… Tous ceux-là sont plus connus que celui qui sut les sublimer pour les couvertures de Life. Philippe Halsman (1906-1979) a pourtant signé des portraits depuis longtemps inscrits dans la mémoire collective. rétrospective au jeu de paume. «P lus il est simple et vrai, plus il est fort et émouvant. La recherche de l’intensité dans le portrait mène à la concentration de la forme», analysait Philippe Halsman. Churchill assis au crépuscule de sa vie, Maharishi Mahesh Yogi – le gourou des Beatles –, lévitant illuminé, Mohamed Ali, les deux poings serrés, Fernandel, grimaces pleine face… De chaque portrait, Halsman a saisi l’essence, quitte à aller au-delà des formes d’usage. À l’image du montage postmoderne qu’il réalisa de Bobby Fischer : un plan serré, tout en contrastes, stigmatisant l’ambiguë folie de ce génie des échecs. Les portraits restent ainsi la marque de fabrique de Philippe Halsman, né en Lettonie en 1906. Il commencera avec celui sa propre sœur, réalisé après avoir eu le «déclic» en mettant la main, en 1921, sur le vieil appareil paternel. Dix ans plus tard – après avoir été emprisonné par erreur pour le meurtre de son père –, le jeune homme trouve asile à Paris. Très vite, il ouvre son studio dans le très couru Montparnasse, où son appareil devient le témoin des folles années de l’avantguerre. La capitale sera l’antichambre de celui qui va pourtant se révéler après avoir traversé l’Atlantique, échappant à l’Europe nazie grâce à l’intervention d’Einstein (qui fera quelques années plus tard la une de Life !). Là, il apprend le métier, aussi bien dans la presse qu’auprès des surréalistes. Il signe sa première exposition, intitulée «Portraits et nus», commence à bidouiller ses propres boîtiers pour en faire des pièces uniques, ajustées à ses besoins, se fait Beaux Arts 139 Focus spécial photo Dean Martin et Jerry Lewis, 1951 Expérimentation pour un portrait de femme, 1931-1940 photographe impressionniste, s’essaie même au reportage… Il cherche, expérimente dans bien des registres. Le natif de Riga va surtout croiser Helmar Lerski, maître du portrait d’avantgarde, dont il tire justement un portrait en 1935. Ce dernier aura une influence primordiale sur le travail de Philippe Halsman, qui développera une même approche «psychologique» du sujet, tout en reconnaissant qu’il est «impossible de résumer la complexité d’une personnalité en une seule image». S’il fut un portraitiste de génie, on ne peut limiter l’œuvre de Philippe Halsman à cet angle, aussi grand soit-il en la manière. Comme le souligne subtilement l’exposition qui lui est consacrée au Jeu de paume, il fit de la formule de Serge de Diaghilev à l’endroit de Jean Cocteau – «Étonnez-moi !» – une véritable position esthétique. «Toutes tentatives d’élargir les frontières de la photographie doivent être encouragées», confie-t-il dans Focus On Myself, son recueil autobiographique. C’est de cet œil qu’il faut regarder ces images qui composent un panorama finalement protéiforme, un point de vue visionnaire. À partir des années 1940, le Letton, bientôt citoyen américain, deviendra l’archétype du photographe «cross-over», faisant un pont entre la presse et la publicité, à la conjonction de l’expérimentation et de la photographie commerciale. Ses clichés seront publiés jusque sur des timbres-poste… «Il fut une agence à lui tout seul !» précise Sam Stourdzé, l’un des deux commissaires de l’exposition, quand on évoque l’affiliation d’Halsman à l’agence Magnum. Singulièrement multiple, son œuvre brisa les œillères qui fixent le regard et figent la pensée. Aujourd’hui rangé parmi les classiques, à l’égal d’un Erwin Blumenfeld, Halsman a maîtrisé tous les codes de la modernité, renouvelé constamment sa grammaire et son vocabulaire. Et des idées originales, il n’en manqua pas. Comme la «Jumpology», sa propre méthode où le sujet – de Richard Nixon à François Mauriac ! – doit sauter afin de faire «tomber le masque», et du coup saisir l’instant et l’essence. Le principe sera souvent repris, jusque désormais sur les profils Instagram. Il innove tout autant lorsqu’il met au point dès 1949 un picture book sous forme d’entretien photo : The Frenchman, avec Fernandel. Là encore, s’il renouvelle l’approche du portrait, il n’en signe pas moins son best-seller. «Philippe Halsman va le plus loin possible pour raconter des histoires photo graphiques, car il devine que la télévision va être le médium concurrent de la photo», insiste Sam Stourdzé. Emblématique, l’iconique Dalí Atomicus aura ainsi nécessité plus de cinq heures de travail et bien des essais. Avec l’iconoclaste peintre, le photographe aura partagé, jusqu’à sa mort en 1979, de nombreuses recherches formelles, mais aussi un besoin de ne jamais être réduit à une seule dimension. Quatre décennies et que de facéties entre eux deux ! Mais pas une couverture de Life ! J. D. 140 Beaux Arts Le Duc et la Duchesse de Windsor, 1956 une rétrospective ultradocumentée Étonnant. C’est bien le moins qu’on puisse écrire sur «l’absence» depuis 2001 de Philippe Halsman à Paris, la ville où il fit sa première exposition, en 1936. Las, la tendance a ses aléas, que la raison ne saurait expliquer. À l’époque, l’hôtel de Sully avait reçu la grande rétrospective dédiée à cet iconique photographe. Quinze ans plus tard, cette exposition produite en 2014 par le musée de l’Élysée à Lausanne ne fait évidemment pas l’impasse sur les fameux clichés d’Halsman, mais voit bien au-delà. Photos jamais vues, planches-contacts annotées, images qui recontextualisent les choix du photographe, documents de travail et magazines où Halsman a fait la une… «Là on entre dans les coulisses, en montrant le processus de création. Quelle est la démarche qui mène à la réalisation d’une icône ? La famille nous a permis d’explorer toutes les archives. Sans leur confiance, rien n’aurait été possible», insiste Sam Stourdzé, l’un des deux commissaires de cette exposition qui a nécessité deux ans de recherche et un an de production pour offrir cette vision renouvelée d’un artiste majeur de l’histoire de la photographie. «Philippe Halsman – Étonnez-moi !» du 13 octobre au 2 février • Jeu de paume • 1, place de la Concorde 75008 Paris • 01 47 03 12 50 • www.jeudepaume.org Catalogue : éd. Photosynthèses • 304 p. • 60 € Portrait d’Alfred Hitchcock pour la promotion du film «les Oiseaux», 1962 Beaux Arts 141 spécial photo Événement Paris Photo, une foire de rêve Sandi Skoglund Revenge of the Gold Fish 1981, tirage couleur, 68,75 x 87,5 cm. Galerie Paci Contemporary, Brescia. 40 000 € Vous aurez beau chercher, vous ne trouverez ni retouche ni trace de Photoshop, ici tout est mise en scène et construction minutieuse, pour obtenir une image à la portée onirique, entre rêve et cauchemar. photos plasticiennes, vintages, images surréalistes ou photomontages, il y en a pour tous les goûts à paris photo ! visite en avant-première de cette foire laboratoire que le monde entier nous envie. G râce à une programmation toujours plus tournée vers l’international – la moitié des galeries sont étrangères –, la version 2015 de Paris Photo s’annonce tout aussi passionnante que les années précédentes : elle a confirmé sa position de référence mondiale en matière de foire photo avec près de 60 000 entrées en 2014. Après le départ de Julien Frydman pour la puissante fondation Luma, c’est un duo qui désormais la pilote. Florence Bourgeois, ex-directrice du Pavillon des 142 Beaux Arts arts et du design et historienne de l’art, en prend la direction, Christoph Wiesner, ancien codirigeant de la regrettée galerie Yvon Lambert, en devient le directeur artistique. Ensemble, ils souhaitent faire de cette foire une plaque tournante du marché de la photographie mais aussi un laboratoire voué à l’image sous toutes ses formes d’expression. Ils ont programmé cette édition tel un festival, conservant comme point central les exposants autour desquels gravitent d’autres façons de montrer la photo. Cette nouveauté se trouve dans le Salon d’honneur avec un large espace dédié aux œuvres sérielles et aux vidéos. On y découvre par exemple les 2 000 Polaroid de la série Flower Love du sulfureux Japonais Nobuyoshi Araki, mais aussi Double Elephant, les quatre portfolios publiés par Lee Friedlander réalisés avec le travail de Manuel Álvarez Bravo, Walker Evans, Garry Winogrand et lui-même. Sans oublier les expositions classiques des mar- Edward S. Curtis Bow River – Blackfoot 1921, héliogravure sur plaque de cuivre, 35,5 x 43 cm. Bruce Kapson Gallery, Los Angeles. Stéphane Couturier Superquadras no.12c, série Melting Point, Brasilia 2007-2010, tirage couleur, 69,85 x 69,85 cm. Édition de 10. Benrubi Gallery, New York. De quelques centaines d’euros à plus de 6 000 € 5 000 € Aux origines de la photographie documentaire, Curtis voua sa vie à l’anthropologie en réalisant l’encyclopédie The North American Indian en 20 volumes, riche de milliers de clichés des nombreuses tribus indiennes d’Amérique. Véritable recomposition visuelle de Brasilia, ce travail de Stéphane Couturier nous emmène dans un doux mélange de nature, d’architecture, de points de vue et de motifs. Notre regard peut alors découvrir une ville utopique. chands avec 20 solo shows ( Weegee chez Daniel Blau, Brassaï chez Karsten Greve…) et l’arrivée de grands galeristes comme Sprüth Magers et Cheim & Read. La découverte d’une collection privée reste une référence comme, cette année, celle du Bolonais Enea Righi : ce discret amoureux de l’art contemporain présente des images rares, comme des photographies de Cy Twombly ou de la Croate Sanja Iveković. Les livres anciens et récents seront présents à t ravers 26 éditeurs et la remise du prix Paris Photo Aperture Foundation pour lequel plus de 1000 ouvrages ont été proposés. Sans oublier la plateforme, véritable bouillon de culture visuelle, qui abordera les thèmes du rapport à la collection mais surtout une question centrale, celle de la place de ce médium dans un monde aujourd’hui toujours plus photographique. J. W. L. B «Paris Photo» du 12 au 15 novembre • Grand Palais Avenue Winston Churchill • 75008 Paris • www.parisphoto.com Catalogue : éd. Reed expositions • 520 p. • 25 € À voir aussi «Fotofever» du 13 au 15 novembre • Carrousel du Louvre 99, rue de Rivoli • 75001 Paris • www.fotofeverartfair.com «Parcours Photo Saint-Germain» du 7 au 22 novembre www.photosaintgermain.com Maleonn Déjà vu #2 2005, tirage photo sur papier fine art, 79,5 x 109,5 cm. Magda Danysz, Paris. Entre 2 000 et 4 000 € Imaginaire débordant et ironie sont les composants récurrents des photos de Maleonn. Cet ancien réalisateur construit des saynètes où des héros ordinaires invitent le spectateur à s’immerger dans un univers entre traditions et fables. Beaux Arts 143 spécial photo Événement Julie Cockburn The Mediator 2015, photographie brodée à la main, 20 x 25 cm. Flowers Gallery, Londres. Carlos Ginzburg Le Dentier occidental à Fès, Maroc [détail] 1980, dix tirages gélatino-argentiques, encre au verso, 17,8 x 23,9 cm chaque. Henrique Faria Fine Art, New York. Entre 3 500 et 5 000 € 22 000 € la série complète Toujours aussi surprenantes et poétiques, les broderies sur photos trouvées de Julie Cockburn continuent de nous enchanter et de transcender ces portraits anonymes. L’artiste conceptuel argentin Carlos Ginzburg joue ici la performance et l’humour en replaçant, dans une série de 10 images, un dentier au parcours fantaisiste au cœur de la ville de Fès. Vik Muniz Suburbia (Album) 2015, tirage couleur numérique, 101,6 x 112 cm (petit format) et 180,3 x 198,6 cm (grand format). Édition de 6 + 4 AP. Galerie Xippas, Paris. 31 000 € et 44 500 € L’artiste brésilien poursuit son travail de mémoire avec cette série faite d’anciennes photographies argentiques de ses albums personnels qui nous questionnent sur les modifications technologiques de l’image. page de droite Evelyn Hofer Springtime, Washington 1965, dye Transfer, 42,5 x 34,1 cm. Galerie m Bochum, Allemagne. 8 400 Evelyn Hofer adopte la photo couleur dès le début des années 1960 et devient rapidement collaboratrice du prestigieux Harper’s Bazaar. Son travail méthodique et documentaire a inspiré des photographes comme Rineke Dijkstra ou Joel Sternfeld. 144 Beaux Arts € Marc Sommer Les Lois de l’amnésie 2008, tirage sur papier archive, 50 x 40 cm (édition de 12) et 70 x 60 cm (édition de 7). Esther Woerdehoff, Paris. 1 800 € et 3 200 € Absurde, burlesque, surréaliste ? Le travail de Marc Sommer regroupe toutes ces facettes comme ces oreilles de lapin, petit clin d’œil à Lewis Carroll. Beaux Arts 145
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