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UNIVERSITE DE GENEVE FACULTE DE MEDECINE INSTITUT DE SANTE GLOBALE DEPISTAGE DU VIH AU MOYEN DE TESTS A RESULTAT RAPIDE SUR PLACE/HORS MURS, AVEC ANNONCE DU RESULTAT SUR PLACE, AUPRES DES HOMMES QUI ONT DES RELATIONS AVEC DES HOMMES FREQUENTANT LES ETABLISSEMENTS « GAY » ET LES LIEUX DE RENCONTRE EXTERIEURS VAUDOIS ET GENEVOIS. PROPOSITIONS POUR LA MISE EN ŒUVRE ET L'EVALUATION D'UN PROJET PILOTE. Travail de mémoire présenté pour l'obtention du Certificat en promotion de la santé et santé communautaire Session 2013-2014 Guido Biscontin Kehrgasse 33 3018 Bern Genève, mai 2015 Guido Biscontin, travail de mémoire, page 1 sur 38 Guido Biscontin, travail de mémoire, page 2 sur 38 TABLE DES MATIERES RÉSUMÉ ............................................................................................................................................... 5 1. PRÉAMBULE..................................................................................................................................... 6 2. INTRODUCTION ................................................................................................................................. 7 2.1. CONTEXTE ........................................................................................................................................7 2.2. EVALUATION DES BESOINS.............................................................................................................10 Prévention auprès des groupes cibles................................................................................................................11 Prévalence du VIH et comportements de dépistage des HSH fréquentant les établissements « gay » et les lieux de rencontre extérieurs vaudois et genevois ............................................................................................12 2.3. OBJECTIFS ......................................................................................................................................14 3. MÉTHODE........................................................................................................................................14 4. RÉSULTATS.....................................................................................................................................15 4.1. EXPÉRIENCES DE DÉPISTAGE DU VIH SUR PLACE/HORS MURS AVEC ANNONCE DU RÉSULTAT SUR PLACE MENÉES DANS D'AUTRES PAYS OU CANTONS ....................................................................15 France.................................................................................................................................................................15 Autriche ..............................................................................................................................................................17 Allemagne...........................................................................................................................................................18 Suisse..................................................................................................................................................................20 4.2. CONSIDÉRATIONS SUR LES EXPÉRIENCES DE DÉPISTAGE DU VIH SUR PLACE/HORS MURS AVEC ANNONCE DU RÉSULTAT SUR PLACE MENÉES DANS D'AUTRES PAYS OU CANTONS ...........................22 4.3. PROPOSITIONS D'AMÉLIORATION DU PROCESSUS DE DÉPISTAGE HORS MURS ACTUEL DES CHECKPOINTS VAUD ET GENÈVE AFIN D'Y INTRODUIRE LE DÉPISTAGE DU VIH AU MOYEN DE TESTS À RÉSULTAT RAPIDE ET L'ANNONCE DU RÉSULTAT SUR PLACE ............................................................23 Processus actuels ...............................................................................................................................................23 Propositions d’amélioration afin d'introduire le dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place ............................................................................................................................25 4.4. PROPOSITIONS D'OUTILS POUVANT ÊTRE UTILISÉS AFIN DE RÉCOLTER DES INFORMATIONS RELATIVES AUX PROFILS DES USAGERS AINSI QUE DES INDICATEURS QUI POURRAIENT INDIQUER UNE CONTRIBUTION – OU PAS – DE LA PRESTATION À LA STRATÉGIE NATIONALE ..............................26 4.5. PROPOSITIONS CONCERNANT L'ÉVALUATION DU PROJET PILOTE ................................................29 4.6. PROPOSITIONS CONCERNANT LA STRUCTURE DE PROJET DU PROJET PILOTE, SUITE, CALENDRIER, BUDGET............................................................................................................................30 Estimation des coûts du projet, coût nécessaire pour détecter un cas positif ..................................................32 Coût nécessaire pour détecter un cas positif .....................................................................................................35 Valeur prédictive positive (VPP) .........................................................................................................................35 5. DISCUSSION ....................................................................................................................................36 6. BIBLIOGRAPHIE ...............................................................................................................................37 Guido Biscontin, travail de mémoire, page 3 sur 38 Guido Biscontin, travail de mémoire, page 4 sur 38 RESUME L'opportunité et l'intérêt de proposer des dépistages du VIH au moyen de tests à résultat rapide sur place/hors murs, avec annonce du résultat sur place, aux hommes qui ont des relations avec des hommes (HSH) fréquentant les établissements « gay » et les lieux de rencontre extérieurs vaudois et genevois, sont débattus depuis plusieurs années au sein des équipes des Checkpoints Vaud et Genève. Cette prestation est proposée dans d’autres pays et par quelques structures suisses et semble ne pas poser de problèmes majeurs ni au sujet de l’organisation ni au sujet de la prise en charge des bénéficiaires. Toutefois, cette prestation de dépistage ne fait pas partie de la stratégie nationale élaborée dans le cadre du Programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles (PNVI) et du Plan d'action d'urgence de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), mis sur pied pour faire face au nombre croissant de nouvelles infections à VIH chez les HSH, et elle n’a jamais été évaluée sous l’angle de sa contribution éventuelle à cette stratégie. Une analyse d’un certain nombre d'expériences de dépistage du VIH similaires dans d'autres pays ou cantons, dans des contextes semblables à ceux des Checkpoints Vaud et Genève, montre que les compétences et expériences nécessaires pour sa réalisation par les Checkpoints Vaud et Genève semblent être présentes. Ce document présente des propositions d’adaptation des processus de dépistage hors murs actuels afin d’y introduire le dépistage du VIH au moyen des tests à résultat rapide et l’annonce du résultat sur place. Il propose aussi des outils de récolte d’informations relatives aux profils des usagers ainsi que d'indicateurs pouvant servir à évaluer l’intérêt de la prestation vis à vis de la stratégie nationale décrite dans le Plan d’action d’urgence de l’OFSP. Ce document est une proposition pour la mise en œuvre et l'évaluation d'un projet pilote, visant à alimenter les débats des équipes des Checkpoints Vaud et Genève à ce sujet. La décision de poursuivre ou non le projet sera prise par les équipes des Checkpoints Vaud et Genève sur la base des propositions qui sont faites dans ce document. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 5 sur 38 1. PREAMBULE Ce document a été rédigé en vue de l'obtention du CAS en promotion de la santé et santé communautaire de l'université de Genève. Le sujet – le dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide sur place/hors murs, avec annonce du résultat sur place - auprès des hommes qui ont des relations avec des hommes (HSH) fréquentant les établissements « gay »1 et les lieux de rencontre extérieurs2 vaudois et genevois, est directement lié à la fonction de travailleur social de proximité que j'exerce au sein du Checkpoint Vaud3 depuis novembre 2012. Déjà lors de mon entrée en fonction, l'opportunité et l'intérêt de proposer des dépistages du VIH au moyen de tests à résultat rapide, et d'annoncer, ou pas, le résultat sur place/hors murs étaient débattus au sein des Checkpoints Vaud et Genève, et ceci sur la base d'opinions sur des expériences menées ailleurs, ou personnelles. Etant de l'avis que la décision d'introduire, ou pas, au sein des Checkpoints Vaud et Genève, ce type de pratique devrait plutôt se baser sur une évaluation d'une expérience concrète menée dans les contextes d'action réels des Checkpoints Vaud et Genève, à l'aune de critères préalablement définis, j'ai décidé, pour ce travail de mémoire, de faire une proposition pour la mise en œuvre et l'évaluation d'un projet pilote de dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide sur place/hors murs, avec annonce du résultat sur place, auprès des hommes qui ont des relations avec des hommes fréquentant les établissements « gay » et les lieux de rencontre extérieurs vaudois et genevois. En réalité, l'ambition initiale de ce travail était bien plus grande. J'aurais en effet souhaité proposer aux équipes des Checkpoints Vaud et Genève un projet, l'avaliser, le réaliser, l'évaluer et, pour mon travail de mémoire, présenter le rapport final, qui aurait permis de décider de l'opportunité, ou pas, de poursuivre avec cette prestation. Après une première étape - durée plusieurs mois - constituée d'une prise de connaissance d'expériences semblables menées ailleurs, de l'élaboration d'un cadre et d'objectifs initiaux et d'une réflexion autour de critères d'évaluation qualitatifs et quantitatifs, de la proposition de conditions pour la réalisation des tests, et le partage de tout cela avec certain-e-s collègues des Checkpoints Vaud et Genève, je me suis rendu compte que le projet allait bien au-delà de ce qui aurait été possible de faire dans les délais impartis pour la rédaction du mémoire et avec les ressources à disposition (les miennes et celles des Checkpoints), ce qui m'a induit à réviser mes ambitions et élaborer une proposition pour la mise en œuvre et l'évaluation d'un projet pilote, appuyée avec des informations et suggestions extraites d'expériences menées ailleurs et des réflexions 1 2 3 Par établissement « gay » on entend un établissement commercial (bar, club, sauna, sex-club, événement festif ponctuel, ...) dont l'offre est destinée soit exclusivement aux hommes dits « gays » - qui sont, dans la réalité, « HSH » - soit, plus largement, aux personnes des communautés LGBT. Aires d'autoroute, parcs, plages, ..., fréquentés par des HSH et utilisés comme lieux de rencontre, de détente, de drague, ... , dans lesquels il est généralement aussi possible d'avoir des relations sexuelles sur place. Centre de santé communautaire pour les hommes qui ont des relations avec des hommes (HSH) et pour les personnes trans' et leurs partenaires, http://www.mycheckpoint.ch/fr/vd Guido Biscontin, travail de mémoire, page 6 sur 38 personnelles, visant à alimenter les débats avec les équipes des Checkpoints Vaud et Genève. La nécessité de faire une proposition pour la mise en œuvre et l'évaluation d'un projet pilote vient du fait que le sujet de ce travail est complexe et sa réalisation nécessite une solide réflexion préalable et une mise en œuvre - collectives, qui vont au-delà de mes ressources et capacités - et rôle - dans les équipes. 2. INTRODUCTION Dans ce chapitre, je résume le contexte et les réflexions qui motivent ma proposition de mettre sur pied un projet pilote de dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide sur place/hors murs, avec annonce du résultat sur place - auprès des HSH fréquentant les établissements « gay » et les lieux de rencontre extérieurs vaudois et genevois ainsi que ses objectifs. Une partie du chapitre est également dédiée à une brève description de la situation actuelle concernant l’infection à VIH auprès HSH, justifiant, de manière générale, la stratégie nationale existante à ce sujet auprès de ce groupe (évaluation des besoins) – dans laquelle le dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide sur place/hors murs s’inscrirait. Des données quantitatives épidémiologiques concernant plus spécifiquement le groupe cible visé sont aussi rapportées. 2.1. CONTEXTE Le Checkpoint Vaud, centre de santé communautaire pour les HSH et pour les personnes trans' et leurs partenaires, a ouvert ses portes en juillet 2012. Il propose des dépistages et traitements des infections sexuellement transmissibles (dont le dépistage du VIH au moyen de test à résultat rapide), des vaccinations et des prophylaxies postexposition ainsi que des prestations psychosociales. De plus, son équipe pluridisciplinaire réalise des projets et des actions de prévention et de promotion de la santé auprès des HSH dans les établissements « gay » vaudois et dans les lieux de rencontres extérieurs du canton, coordonnés par le travailleur social de proximité de l'équipe – en l’occurrence, l’auteur de ce document - dans le cadre d'un concept ad hoc (Biscontin, 2013). Une des prestations fournies dans ce cadre est le dépistage de la syphilis, sur place/hors murs4, au moyen de tests à résultat rapide5, avec annonce du résultat sur place, réalisés soit par le travailleur social lui-même – formé à cette pratique – soit par l'infirmier du Checkpoint Vaud. 4 5 Par « sur place/hors murs » on entend des lieux hors des murs des Checkpoints, là où les actions faites dans le cadre du travail social de proximité ont lieu. Test effectué par prélèvement de sang au bout du doigt, mis ensuite sur la bande de test avec une solution réactive afin de mettre en évidence la présence ou non des anticorps de la syphilis. L’interprétation du résultat se fait par lecture directe après 15 minutes. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 7 sur 38 Le dépistage de la syphilis sur place/hors murs s'inspire du principe du VCT6 (Voluntary Counselling and Testing) et est donc accompagné d'un entretien de conseils autour de thématiques non seulement liées à la syphilis (risques, symptômes, dépistage, traitement, etc…) mais aussi autour du VIH et d'autres infections sexuellement transmissibles, de la santé sexuelle générale et d'aspects psychosociaux généraux. Cette prestation est également fournie, dans les établissements « gay » et lieux de rencontre extérieurs du canton de Genève, depuis 2009, par les collaborateurs du Checkpoint Genève7 (créé en 2005). Le Checkpoint Genève propose également, dans son concept de « Checkpoint-mobile » (Jobin, 2012) - inspiré également du principe du VCT de faire aussi, sur place/hors murs, des dépistages d'autres infections sexuellement transmissibles que la syphilis au moyen de tests à résultat rapide, comme le VIH ou les hépatites B/C – par prise de sang ou par tests à résultat rapide – ou la gonorrhée et la chlamydia – par prélèvement d'échantillons d'urine ou par frottis - et invitation au bénéficiaire de se rendre au Checkpoint Genève pour obtenir les résultats (y compris pour le VIH). La pratique du Checkpoint Zurich (créé en 2007), quant au dépistage du VIH sur place/hors murs, est semblable à celle du Checkpoint Genève : c'est à dire par une prise de sang sur place, mais aussi par test à résultat rapide, puis l'invitation au bénéficiaire de se rendre au Checkpoint Zurich pour avoir les résultats. Le quatrième des Checkpoints suisses, celui de Bâle, ne procède pas, quant à lui, à des dépistages sur place/hors murs. La pratique actuelle des Checkpoints suisses par rapport au dépistage du VIH sur place/hors murs, est soit de ne pas le proposer (Vaud8 et Bâle), soit de le proposer (Genève et Zurich, par prise de sang ou par test à résultat rapide) mais de ne pas annoncer le résultat sur place. Au niveau suisse, un Programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles (PNVI) est en cours, volet 2011-2017 (OFSP, 2010), accompagné d'un Plan d'action d'urgence (OFSP, 2011a), pour faire face au nombre croissant (cf. chapitre 2.2.) de nouvelles infections à VIH chez les HSH. Le plan d’action d’urgence vise la réduction de la charge virale dans la communauté gay par la prévention des transmissions du VIH dans la phase de primo-infection, la réduction de l’intervalle de temps entre l’infection à VIH et le diagnostic ainsi que la baisse des transmissions de VIH après le diagnostic. Le dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide n'est pas 6 7 8 Voluntary Counselling and Testing (conseil et dépistage volontaire du VIH/des IST - infections sexuellement transmissibles). Procédure conjointe de dépistage et de conseil reconnue au plan international pour la prévention des risques de transmission du VIH et des IST (OFSP, 2011b). http://www.mycheckpoint.ch/fr/ge Un essai de dépistage du VIH par prise de sang et annonce du résultat au Checkpoint Vaud est envisagé pour mai 2015 Guido Biscontin, travail de mémoire, page 8 sur 38 mentionné dans la stratégie élaborée dans le cadre du Plan d'action d'urgence. Dans le courant de 2013, tout en rédigeant le concept 2013-2014 du travail social de proximité auprès des HSH du Checkpoint Vaud – basé sur le Plan d'action d'urgence de l'OFSP, je me suis demandé pour quelles raisons le dépistage du VIH sur place/hors murs avec annonce du résultat sur place n'était pas proposé dans le cadre des actions hors murs des Checkpoints, alors que l'infrastructure et les compétences semblaient être réunies - du moment que d'autres dépistages sur place/hors murs étaient réalisés et, d'autant plus que, dans d'autres pays, notamment la France, cela était pratiqué. En interrogeant mes collègues des Checkpoints Vaud et Genève, j'ai tout d'abord pu constater un intérêt de base pour une éventuelle mise sur pied de cette prestation, avec des questionnements existants déjà depuis longtemps, mais avec des avis très nuancés qui allaient d'une grande prudence à la conviction qu'il était nécessaire de le faire. Les principales réticences se situent à deux niveaux : > la première est la crainte de la difficulté de la prise en charge du bénéficiaire dans le cas ou le test s’avère réactif : les conditions difficiles dans lesquelles le test pourrait être réalisé (locaux, possible manque de confidentialité concernant le résultat du test, manque de volontariat à cause de l'éventuelle pression du groupe, du couple, ou de la prise de produits) ; une éventuelle forte réaction émotive du bénéficiaire ; les conséquences nonsouhaitées, chez certains bénéficiaires, comme des comportements à risque (sérotriage9 par exemple) qu’un test non réactif pourrait avoir; > d'autre part, il y a un questionnement de fond sur l'utilité de cette prestation : est-ce qu'elle toucherait « les bonnes personnes » ? Est-ce que l'investissement « en vaudrait la peine » ? Les raisons invoquées pour mettre sur place la prestation sont : > que le dépistage du VIH sur place/hors murs avec résultat sur place baisserait le seuil d'accès aux dépistage et toucherait une population qui ne se fait pas dépister, ou qui prend des risques entre les dépistages et qui tarderait à se faite dépister. Ce qui signifierait une certaine contribution à la stratégie nationale déclinée dans le Plan d'action d'urgence de l'OFSP. Ce constat est basé sur des observations pratiques des personnes rencontrées lors d'actions hors murs des Checkpoints Vaud et Genève; > le constat que l'offre du Checkpoint Genève de dépistage du VIH par prise de sang est moins demandée (18 en 2011, 12 en 2012 et 7 en 2013, avec un nombre d'actions croissant) 9 Pratique visant à avoir des rapports sexuels seulement avec des personnes ayant (ou croyant avoir) le même statut VIH afin de réduire la transmission du VIH. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 9 sur 38 (Deprey, 2014a) - un lien direct avec l'introduction des TROD10 (tests rapides d’orientation diagnostique des infections au VIH) sur place/hors murs en France voisine est possible; > que les résultats d’une enquête menée entre 2012 et 2013, toujours par le Checkpoint Genève, parmi 56 personnes ayant bénéficié de prestations dans le cadre d'un « Checkpoint-mobile », montrent que le 80.3 % des personnes interrogées ferait le test de dépistage du VIH à résultat rapide sur place, et que 78.6 % des personnes interrogées serait prêts (oui et plutôt oui) à recevoir un résultat rapide sur place (Deprey, 2014b); > que le personnel des Checkpoints, lors d'actions de dépistage hors murs, est parfois sollicité quant à la disponibilité de tests de dépistage du VIH à résultat rapide par des usagers, français et suisses. En partant de l'intérêt de base constaté pour une éventuelle mise sur pied du dépistage du VIH sur place/hors murs avec annonce du résultat par les équipes des Checkpoints Vaud et Genève, et en tenant compte des arguments et questionnements en faveur ou contraires, il m'a semblé intéressant de proposer aux équipes des Checkpoints Vaud et Genève et à leurs responsables la mise sur pied d'un projet pilote, accompagnée d'une évaluation. Ce projet nous permettrait d'aller au-delà des représentations, en nous donnant les moyens de pouvoir mettre sur pied une prestation qui corresponde aux critères professionnels de nos équipes, d’évaluer les aspects opérationnels du projet, de collecter des informations sur les profils des usagers et d'investiguer un certain nombre de questions sur la pertinence de la prestation et son éventuelle contribution à la stratégie nationale. 2.2. EVALUATION DES BESOINS Comme je l’ai mentionné plus haut, au niveau suisse, un Programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles (PNVI) est en cours, volet 2011-2017 (OFSP, 2010), qui est accompagné, concernant les HSH, d'un Plan d'action d'urgence (OFSP, 2011a). Dans ce chapitre, je résume des informations sur le PNVI et sur le Plan d’action d’urgence ainsi que quelques informations épidémiologiques concernant les HSH qui sont à la base de ces stratégies nationales11. Le PNVI succède à 25 années de travail de prévention contre le VIH et, pour la première fois, il intègre d'autres infections sexuellement transmissibles (IST) en plus du VIH. Il a pour objectif principal de réduire significativement le nombre de nouveaux cas de VIH et d'autres IST, et d'éviter des séquelles néfastes pour la santé. Le PNVI regroupe toutes les 10 Pour plus de détails, cf. chapitre 4. 11 Ces informations sont tirées des publications citées et des pages internet de l’Office fédéral de la santé publique dédiées au Programme national VIH et autres infections transmissibles (PNVI) 2011 -2017 http://www.bag.admin.ch/hiv_aids/05464/05465/12491/index.html?lang=fr (consulté le 15.02.2015) Guido Biscontin, travail de mémoire, page 10 sur 38 interventions et mesures en trois axes afin de structurer la lutte contre le VIH et autres infections sexuellement transmissibles. L'axe d'intervention 1 s'adresse à toutes les personnes vivant en Suisse, l'axe d'intervention 2 s'adresse aux personnes sexuellement actives à risque élevé d'exposition (membres des catégories de population à prévalence ou vulnérabilité accrue – HSH, migrant-e-s de pays où l'épidémie est généralisée, consommateurs-trices de drogue par injection, travailleuses-eurs du sexe et personnes incarcérées). L’axe d’intervention 3 s’adresse aux personnes séropositives et/ou infectées par une IST ainsi qu’à leurs partenaires sexuels non infecté-e-s. PREVENTION AUPRES DES GROUPES CIBLES Selon l’ONUSIDA, la Suisse a atteint le stade d’une « épidémie de VIH concentrée ». 3 personnes sur 1000 en moyenne sont séropositives en Suisse. Toutefois, le VIH est réparti de façon très inégale. Par exemple, sur 1000 HSH, 10 % environ sont porteurs du virus. Au travers des mesures préventives destinées aux groupes cibles, l’objectif poursuivi est celui de ralentir la propagation du virus au sein de ces groupes à prévalence élevée et endiguer l’épidémie concentrée. Le Plan d’action d’urgence décrit dans la publication « Le sexe entre hommes : vers une meilleure santé sexuelle 2012 » vise à réduire le taux de nouvelles infections à VIH chez les HSH au travers de trois champs d’action : prévention des transmissions du VIH pendant la phase de primo-infection; réduction de l’intervalle de temps entre l’infection à VIH et le diagnostic (dépistage annuel du VIH et des autres principales IST) et réduction des transmissions du VIH. En effet, les chiffres de nouveaux diagnostics de VIH augmentent presque chaque année depuis 2001 (notamment chez les HSH) - après être tombés de plus de 550 en 1992 à moins de 150 en 2000. Actuellement, presque 300 HSH sont diagnostiqués VIH-positifs chaque année. Dans les communautés des grandes villes suisses, un HSH sur six est VIHpositif. Selon l’OFSP, si rien ne change, le nombre annuel de nouvelles infections chez les HSH continuera nettement d’augmenter. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 11 sur 38 v p n Toujours plus de HSH porteurs du VIH Le nombre croissant de diagnostics de VIH chez les gays et autres HSH inquiète les spécialistes. Il serait cependant vain d’incriminer des responsables ou de lancer un débat de Nombre de diagnostics de VIH selon la voie d’infection Calcul des nouvelles infec 1000 800 800 700 Nombre 700 600 500 Contacts homosexuels Contacts hétérosexuels Autre Injections de drogue 400 300 200 100 0 88 90 92 94 96 98 00 02 Année du test 04 06 08 Nombre d’infection 900 10 Source: OFSP – système de déclaration 600 500 400 300 200 100 0 1980 1990 Base: modèle mathémati 14 Les principales raisons avancées pour expliquer cette tendance sont les suivantes : >Le fait qu’il y ait à chaque instant un certain nombre d’hommes nouvellement infectés se trouvant dans la phase hautement infectieuse de la primo-infection (foyer d’infections); > Les relations non protégées, multiples et parallèles d’hommes persuadés d’être séronégatifs; >Le safer sex qui recule progressivement alors que le nombre de partenaires et la pratique de la pénétration anale augmentent; > Les infections fréquentes lors de sexe en groupe ou de sex parties. Selon l’OFSP, 80 % des nouvelles infections proviendraient de 13 % d’HSH qui n’ont pas conscience d’être infectés. PREVALENCE DU VIH ET COMPORTEMENTS DE DEPISTAGE DES HSH FREQUENTANT LES ETABLISSEMENTS « GAY » ET LES LIEUX DE RENCONTRE EXTERIEURS VAUDOIS ET GENEVOIS Des données exactes concernant la prévalence du VIH et les comportements de dépistage des HSH fréquentant les établissements « gay » et les lieux de rencontre extérieurs vaudois et genevois ne sont pas, à ma connaissance, disponibles. Quelques indications peuvent toutefois être tirées des deux enquêtes résumées cidessous, l’une menée en Suisse romande et l’autre à Paris. Une enquête, coordonnée par le Groupe Sida Genève (Perrot, 2011), a été menée en 2011 auprès de 237 hommes (ayant accepté de participer à l’enquête, sur 565 rencontrés) qui fréquentent les lieux de rencontre extérieurs en Suisse romande et en France voisine (9 aires d’autoroute, 2 parcs urbains, 4 terrains vagues ou plages à l’extérieur des villes, en Suisse (GE, VD, VS, FR) et en France (départements de l’Isère et de la Haute- Savoie). Les lieux commerciaux (saunas, sex-clubs, boîtes de nuit) n’étaient pas inclus. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 12 sur 38 Les principaux chiffres sont résumés ci-après : > 12% des répondants étaient séropositifs au VIH; > 31% des répondants avaient eu des relations sexuelles non protégées (pénétration anale non protégée) avec un partenaire de statut sérologique différent ou inconnu dans les 12 derniers mois; > 16% des répondants ignoraient leur statut sérologique; > 87% des répondants avaient fait un test au cours de leur vie (donc, 13% pas); > 36% avaient fait un test dans les 12 mois précédant l’enquête. L’enquête PREVAGAY 2009 (Velter, 2010) a été menée en 2009 auprès des HSH fréquentant les lieux de convivialité gay (saunas, backrooms et bars) parisiens. Pour la recherche des anticorps anti-VIH, les HSH déposaient sur un papier buvard un échantillon de sang (analyé en laboratoire) par autoprélévement capillaire au bout du doigt. Les autres données étaient récoltées au travers d’un autoquestionnaire comportemental. Les principaux chiffres sont résumés ci-après : > La prévalence pour le VIH était de 17,7%, (IC95% [15,320,4]); > Le recours à un test de dépistage du VIH dans les 12 derniers mois était de 62%; > 20% des HSH séropositifs ignoraient leur séropositivité. En ce qui concerne le nombre de HSH qui fréquenteraient les établissements « gay » et les lieux de rencontre extérieurs vaudois et genevois, une estimation large peut être faite en utilisant le nombre - estimé par l’OFSP - de 20'000 HSH qui seraient présents en Suisse romande (Schmidt, 2014a) (bassin potentiel des Checkpoints Vaud et Genève) et les réponses fournies par les 964 participants à l’enquête Gaysurvey 2012 (Lociciro, 2013) concernant les lieux fréquentés au cours des 12 derniers mois. L’échantillon de l’enquête GaySurvey 2012 ne représentant pas de manière statistiquement significative la population HSH romande, ces estimations sont à interpréter comme ordres de grandeurs possibles. Lieux fréquentés Sex-clubs/darkrooms Saunas gay Bars gay/discos/parties % des participants à l’enquête GaySurvey ayant fréquenté les lieux12 23.8% 35.5% 67.0% Prorata chez le nombre de HSH estimés en Suisse romande par l’OFSP 4760 personnes 5640 personnes 13400 personnes 12 La fréquentation d’un lieu n’exclut pas celle d’un autre. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 13 sur 38 2.3. OBJECTIFS Sur la base des réflexions et des informations ci-dessus, l’opportunité de mettre sur pied un projet pilote a été discutée au sein des équipes des Checkpoints Vaud et Genève. Ces dernières ont accepté la proposition et déterminé, pour le projet, les OBJECTIFS suivants : > COMMENT REALISER LE DEPISTAGE DU VIH SUR PLACE/HORS MURS AVEC ANNONCE DU RESULTAT SUR PLACE PAR LES CHECKPOINTS VAUD ET GENEVE DE MANIERE TELLE QU’IL CORRESPONDE AUX CRITERES PROFESSIONNELS DES EQUIPES ? > COMMENT CELA SE DEROULERAIT-IL ? > QUELS SERAIENT LES PROFILS DES BENEFICIAIRES DE CETTE PRESTATION, NOTAMMENT EN CE QUI CONCERNE LEURS COMPORTEMENTS EN LIEN AVEC LE DEPISTAGE DU VIH ET LEURS PRISES DE RISQUES DE TRANSMISSION DU VIH ? > QUELLES SERAIENT LES DIFFERENCES ET LES SIMILITUDES ENTRE LES PROFILS DES PERSONNES UTILISANT CETTE PRESTATION ET LES PROFILS DES USAGERS DES CHECKPOINTS VAUD ET GENEVE ? > EST-CE QUE L'ANALYSE DE CES PROFILS PERMETTRAIT D'AVOIR DES INFORMATIONS POUVANT SUGGERER UNE CONTRIBUTION – OU PAS – DE CETTE PRESTATION A LA STRATEGIE NATIONALE DE L'OFSP ? 3. METHODE Partant des objectifs ci-dessus, j'ai travaillé sur des propositions de réalisation de la prestation, notamment en me basant sur des expériences semblables menées dans d'autres pays ou cantons. Les expériences résumées ont été menées en France, Autriche, Allemagne et Suisse. Il ne s'agit pas d'une revue exhaustive. L'expérience française était connue et a été un des points de départ de la réflexion. L'expérience autrichienne a été rapportée dans une présentation faite dans le cadre du Forum suisse VIH/IST 2014. Le rapport qui traite des expériences allemandes a été identifié par des recherches sur internet et les trois expériences suisses par le biais de discussions avec des collègues d'autres organismes de santé/prévention vaudois et d'autres cantons. D’autre part, j’ai mené une réflexion sur les outils pouvant être utilisés afin de récolter les informations relatives aux profils des usagers ainsi que les indicateurs qui pourraient indiquer une contribution – ou pas – de la prestation à la stratégie nationale. Des échanges avec mes collègues des Checkpoints Vaud et Genève ont accompagné ces réflexions. J’ai ensuite inséré ces éléments dans une proposition de structure de projet pilote, comprenant également des questions d’évaluation du projet. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 14 sur 38 4. RESULTATS Dans ce chapitre, je présente tout d’abord un certain nombre d'expériences de dépistage, ainsi que mes considérations à leur sujet, du VIH sur place/hors murs avec annonce du résultat sur place menées dans d'autres pays ou cantons, dans des contextes semblables à ceux des Checkpoints Vaud et Genève. Je présente ensuite mes propositions d’amélioration du processus de dépistage hors murs actuel des Checkpoints Vaud et Genève afin d’y introduire le dépistage du VIH au moyen des tests à résultat rapide et l’annonce du résultat sur place. Ensuite, je propose des outils pouvant être utilisés afin de récolter des informations relatives aux profils des usagers ainsi que des indicateurs qui pourraient indiquer une contribution - ou pas - de la prestation à la stratégie nationale. Pour terminer, je présente mes propositions concernant la structure du projet pilote qui pourrait réaliser ces prestations ainsi que son évaluation. 4.1. EXPÉRIENCES DE DÉPISTAGE DU VIH SUR PLACE/HORS MURS AVEC ANNONCE DU RÉSULTAT SUR PLACE MENÉES DANS D'AUTRES PAYS OU CANTONS FRANCE La France a autorisé, en 2010 (CriPS PACA, 2013), l'utilisation des « tests rapides d'orientation diagnostique » (TROD) aux salarié-e-s ou bénévoles non professionnel-le-s de santé, dans le cadre d'une structure de prévention associative du domaine de la prévention, sous réserve d'avoir suivi une formation ad hoc, et a ouvert, de ce fait, le champ du dépistage aux actions communautaires. Plusieurs études de faisabilité au sujet des TROD ont été menées, avant et juste après 2010, en population générale (services d'urgence, centres de dépistage anonyme et gratuit - CDAG - et médecine de ville) mais aussi en santé communautaire (dépistages des HSH dans des locaux associatifs, y compris le week-end ou sessions en soirée) suivies d'un développement considérable, à partir de 2011-2012, de l'usage des TROD en milieu communautaire, dont une grande partie en dehors de locaux associatifs. Pratiquement, les tests sont faits par des militant-e-s formé-e-s par l'association. Après un entretien autour des sexualités et des moyens de prévention, le test est effectué et le résultat délivré sur place après quelques minutes en toute confidentialité. Les tests sont gratuits et anonymes. Si le résultat s'avère être réactif, la personne concernée reçoit l'information qu'une sérologie de confirmation doit être effectuée auprès d’un cabinet médical, en CDAG ou en laboratoire. Le ou la militant-e peut accompagner la personne concernée dans ces Guido Biscontin, travail de mémoire, page 15 sur 38 démarches13. Dans le rapport d'activité 2012 (Spire, 2013), AIDES rapporte les chiffres relatifs à 22912 entretiens avec dépistage réalisés dans 23 régions de France. Une autre analyse de données, portant cette fois sur le premier semestre de 2013, publiée sur le site internet de AIDES14, rapporte des chiffres relatifs à 16624 tests. Ces deux études donnent des résultats similaires. Dans la population étudiée, composée de HSH, personnes migrantes, personnes prostituées, usagers et usagères de drogues, on constate que : > 1% des tests sont réactifs (2012) et 0.91% en 2013; > 37% des dépistages se sont fait auprès des HSH (2012) et 31% en 2013; > 73% des dépistages ont été menés hors murs (2012) et ¾ en 2013; > et que c’était le premier dépistage pour 32% des personnes (2012) et 30% en 2013. Selon AIDES, le nombre de tests réactifs obtenus avec les TROD – tous lieux confondus – sont 5 fois plus que dans l’offre de dépistage classique (0,2 %), et 3 fois plus que dans les centres de dépistage anonymes et gratuits (0,3 %). Concernant les HSH en particulier, les documents publiés par AIDES et les données mentionnés sur leur site internet ne donnent pas plus d'informations : taux de HSH n'ayant jamais fait le test auparavant, taux de tests réactifs, par exemple. Deux prises de contact par email n'ont pas obtenu de réponse. Dans un document déjà cité (CRiPS PACA, 2013), on trouve par contre des données portant sur les trois premiers trimestres de 2012 (12695 tests) qui montrent que, parmi l'ensemble des HSH, le taux de dépistage positif atteint 1.9 %. Chez les HSH migrants il atteint 3.5 % contre 1.7 chez les HSH français. A titre comparatif, ces données peuvent être mises en parallèle avec celles publiées dans le cadre d'une étude (citée dans CriPS PACA, 2013) menée entre 2010 et 2012 au sein du Checkpoint-Paris15. Il en résultent les chiffres suivants : > 5242 tests ont été réalisés au cours des deux ans; > 13 % des personnes testées n'avaient jamais réalisé de test de dépistage du VIH; > 2.46 % des tests étaient positifs (129 infections, dont 31 primo-infections et 19 infections récentes datant de moins de 2 mois). 13 « Test rapide VIH: Comment ça se passe ? », http://depistage.aides.org/index.php?option=com_content&view=article&id=50&Itemid=54 (consulté le 13.06.2014) 14 http://www.aides.org/actu/depistage-rapide-ou-en-est-2295 (consulté le 13.06.2014) 15 Dispositif de dépistage VIH pour les HSH majeurs assurés sociaux, situé dans le Marais, utilisant des tests à résultat rapide faits par des professionnel-le-s de santé. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 16 sur 38 Des appréciations, positives ou négatives, concernant le déroulement de cette prestation (processus) ne sont pas mentionnées dans les études ou dans les documents cités. AUTRICHE En Autrice, à Vienne, l'Aids Hilfe Wien16 propose des dépistages du VIH, entre autres au moyen de tests à résultat rapide, dans ses locaux ou hors murs. Dans le cadre de ses locaux, l'Aids Hilfe Wien propose, avec des entretiens pré- et posttest, des tests de dépistage du VIH par prise de sang (anticorps ou PCR - réaction en chaîne par polymérase) ou par des tests à résultat rapide, et de la syphilis et des hépatites B/C par prise de sang. Hormis les résultats des tests de dépistage du VIH à résultat rapide, qui sont donnés tout de suite, les autres sont donnés une semaine plus tard. Seuls les tests de dépistage du VIH par prise de sang (anticorps) sont gratuits, grâce aux subventions reçues. Tous les autres sont payants. Tous les tests peuvent être faits anonymement. Hors de ses murs, l'Aids Hilfe Wien propose aux HSH des tests de dépistage du VIH par prise de sang ou à résultat rapide ainsi que des tests de dépistage de la syphilis et des hépatites B/C par prise de sang, de manière anonyme. Tous les tests sont gratuits, contrairement aux tests faits dans le cadre des locaux de l'association. En 2012, des entretiens et tests de dépistage sur place/hors murs auprès des HSH ont été effectués dans 5 lieux (un sex-club, un sauna, un centre de conseils, dans le cadre du village de la Pride, et dans un parc extérieur), de manière régulière. Les principaux chiffres tirés du rapport d’activité 2012 (Dirnberger, 2013) sont résumés dans les tableaux ci-dessous : Tests de dépistage du VIH (par prise de sang ou à résultat rapide) Nombre total Réalisés sur place/hors murs Tests positifs nombre % 5654 308 28 100 5.5 0.5 Tests de dépistages réalisés hors-murs nombre % Nombre total 308 100 Tests par prise de sang Test à résultat rapide 88 220 28.6 71.4 16 Association soutenue, entre autres, par le Ministère de la santé, employant 38 collaborateurs et collaboratrices. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 17 sur 38 Tests positifs 3 0.97 HSH testés pour la première fois nombre Nombre total de tests réalisés sur place/ horsmurs HSH testés pour la première fois HSH qui n'avaient pas fait le test depuis 3 ans % 308 100 42 10.5 32 7.98 Le rapport d'activité 2012 de l'Aids Hilfe Wien n'apporte pas d'informations supplémentaires particulières sur le processus concernant la réalisation des tests (organisation, qui fait les tests, procédure pour donner les résultats, ...), tout comme il ne mentionne pas de profils spécifiques des bénéficiaires de la prestation. Le rapport ne relève pas non plus de difficultés particulières dans la réalisation de ces prestations. ALLEMAGNE La Freie Universität Berlin a publié, en septembre 2011, les résultats d'une enquête qualitative auprès de 12 experts au sujet des offres de dépistage du VIH (au moyen de tests à résultat rapide ou pas) et de conseils sur place/hors murs en Allemagne (Sadlowski, 2011). Quelques principaux résultats sont résumés ci-dessous. Les 12 experts interrogés dans le cadre de cette étude ont réalisé des offres sur place/hors murs dans des contextes très différents, le plus souvent dans des saunas, mais aussi sur des aires de repos d'autoroute, dans des bistrots, dans un centre de jeunesse, dans un club « fetish » et dans un contexte festif. Le but des offres n'était pas, dans la majorité des projets, seulement le dépistage des usagers mais, par exemple, également une sensibilisation sur le VIH et les autres IST, la « dédramatisation » du dépistage ou bien aborder la « santé gaie ». A côté de ces objectifs principaux, les buts recherchés étaient aussi l'atteinte de groupes cibles particuliers (HSH difficilement atteignables, HSH sans « identité gay », HSH particulièrement à risque de contracter le VIH) et la découverte d'infections à VIH inconnues. Les paramètres importants pris en considération dans la préparation des offres étaient les caractéristiques, nombre et conditions des locaux à disposition - l'anonymat et un cadre protégé étaient très importants pour la plupart des experts (certains projets ont restreint leur offre à cause de ces conditions non remplies - par exemple en renonçant à l'offre de tests à résultat rapide quand l'annonce des résultats pouvait poser problème) - l'accord des exploitants des lieux, les autorisations nécessaires, les « réglages » avec les partenaires, l'organisation, la composition, la formation de l'équipe et l'accompagnement médical. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 18 sur 38 Profil des usagers Des comparaisons des profils des usagers des offres sur place/hors murs avec ceux des usagers de structures classiques se basent en général sur l'appréciation subjective des personnes expertes interviewées. Selon l'étude, des informations concernant les usagers ont été systématiquement récoltées et évaluées seulement dans peu de cas (des détails quantitatifs à ce sujet ne sont pas relatés). Dans l'ensemble, on trouve des appréciations différentes sur les profils des HSH qui sont atteints par ces offres. Les experts sont par contre unanimes en disant que les offres sur place/hors murs ne touchent pas, en comparaison avec les offres classiques, des HSH avec un risque plus élevé de contracter le VIH. Quelques experts rapportent que ces offres touchent avant tout des HSH qui prennent peu de risques, d'autres que les profils ne diffèrent pas entre les offres sur place/hors murs et les structures traditionnelles. Les offres sur place/hors murs sont toutefois signalées comme une réussite par certains experts pour atteindre les personnes qui font le test pour la première fois. Par rapport à l'atteinte de groupes cibles particuliers – comme ceux sans « identité gay », avec un profil socio-économique plus bas, avec un parcours migratoire – la majorité des experts soutient qu'ils ne sont pas plus atteints par des offres sur place/hors murs que par les offres traditionnelles. La seule différence serait observée concernant des HSH qui ne seraient pas prêts de consulter dans une structure institutionnelle. Comme raison centrale pour l'utilisation de l'offre sur place/hors murs de la part des usagers est majoritairement nommée la décision spontanée due à la présence de l'offre, mais est aussi rapportée une fréquentation due à la publicité. Pour ces usagers, les aspects importants sont les aspects temporels (présence le soir, par exemple) et la non nécessité de fixer un rendez-vous. La combinaison entre le dépistage et la fréquentation du lieu, comme par exemple un sauna, est considérée pratique par plusieurs usagers. La critique comme quoi les offres sur place/hors murs ne se combinent pas bien avec des lieux qui sont de base prévus pour s'amuser est rejetée par les experts. Au contraire, il est soutenu que cela se prête particulièrement bien avec un environnement où la sexualité est un thème. Seulement un expert soutien que les offres sur place/hors murs ne sont pas adéquats dans des contextes où le sexe sur place ne fait pas partie du contexte. La garantie de l’anonymat de la personne qui fait le test, mais aussi envers les autres personnes présentes/utilisateurs, est un thème central. Cela doit passer par la réalisation d'un setting protégé, au travers du choix des locaux, qui doivent être assez isolés, ou à la gestion de la file d'attente de manière telle à ce que l'on puisse éviter de connaître la durée des entretiens (en utilisant deux locaux par exemple). La conception de l'anonymat et de son étendue varie d'un expert à l'autre. Les experts ne rapportent aucune expérience de « stigmatisation » d'usagers. Au contraire, l'offre de dépistage est perçue majoritairement avec bienveillance et de manière favorable par les personnes qui fréquentent les lieux. Les différents projets étaient aussi sensibilisés par rapport au potentiel problème d'un Guido Biscontin, travail de mémoire, page 19 sur 38 dépistage qui serait fait de manière non volontaire sur la pression du groupe. Les tests à résultat rapide Le thème le plus fortement controversé parmi les experts est l'offre de dépistage au moyen de tests à résultat rapide. Les partisans affirment que le test à résultat rapide est celui qui s'inscrit le mieux dans le contexte sur place/hors murs, par le fait que les résultats peuvent être communiqués de manière non compliquée et que le caractère « bas seuil » est ainsi souligné. Le dépistage au moyen de tests à résultat rapide serait très demandé et permet de gagner de nouveaux utilisateurs. Des avantages particuliers de proposer des tests de laboratoire dans un contexte sur place/hors murs ne sont pas perçus. Les experts qui refusent l'usage des tests à résultat rapide dans un contexte sur place/hors murs argumentent leur position avant tout avec le problème de la restitution des résultats. La communication d'un test potentiellement positif est considérée irresponsable et intolérable. Il serait aussi difficile de maintenir un résultat réactif secret par rapport aux autres utilisateurs des lieux, par rapport à la durée de la consultation que cela demanderait et aux réactions émotives. Ils considèrent aussi que pour les collaborateurs cela serait une charge plus lourde que dans un contexte classique. Les opposants se sentent en devoir de protéger les usagers – qui ne seraient pas en mesure de considérer la portée de la décision de faire un dépistage au moyen d'un test à résultat rapide. Les partisans renvoient au libre arbitre des usagers, avec lesquels ils peuvent évoquer la possibilité et les conséquences d'un test réactif dans le cadre de l'entretien de conseil précédant le test. Certains experts ne refusent pas les tests à résultat rapide dans un contexte sur place/hors murs, mais le font dépendre des conditions (locaux suffisants, consommation d'alcool, ...). SUISSE En Suisse, trois expériences de dépistage du VIH sur place/hors murs avec des tests à résultat rapide ont été identifiées, dont deux concernent les HSH. Depuis plusieurs années, dans le canton de Saint-Gall, le Centre de compétence pour les questions liées au VIH et à la sexualité, en collaboration avec la clinique d'infectiologie de l'hôpital cantonal, réalise plusieurs fois par année des dépistages du VIH et de la syphilis au moyen de tests à résultat rapide dans un sauna « gay » du canton. Le prix du test s'élève à 30 frs. En 2012, 99 tests du VIH et 91 de la syphilis ont été réalisés. 4 tests de la syphilis se sont révélés positifs (4.4% des tests réalisés) (AHSGA, 2013). Questionnés par email, les collaborateurs responsables de cette prestation auprès du Centre de compétence pour les questions liées au VIH et à la sexualité et de la clinique d'infectiologie de l'hôpital cantonal ont donné les renseignements supplémentaires Guido Biscontin, travail de mémoire, page 20 sur 38 suivants : > Il n'y pas de saisie et statistiques des profils relatifs aux risques des bénéficiaires de la prestation; > Les tests sont effectués par un médecin seul. Un travailleur de proximité promeut la prestation dans l'établissement (annoncée également sur leur site internet); > En cas de test réactif (ou en cas de soupçon d'une primo-infection à VIH), une prise de sang est réalisée et un rendez-vous à l'hôpital cantonal est fixé; > Il y a rarement des tests VIH réactifs (sans savoir dans quelles années cela s'est produit); > Le nombre de tests réalisés est relativement stable. L'association « Perspekive Thurgau » à Weinfelden (Thurgovie) propose des tests de dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide sur des aires d'autoroute. Questionné par email, le collaborateur responsable de cette prestation dit avoir fait de bonnes expériences avec cette prestation. Même en cas de test réactif, les clients ont bien réagi. Pour lui, il est important qu'il y ait en arrière-plan quelqu'un qui puisse être sollicité en cas d'urgence et si nécessaire et qui puisse s'occuper du client. Depuis que l'association propose des tests du VIH à résultat rapide, le nombre de tests a beaucoup augmenté (ce propos n’est pas appuyé par des chiffres exacts mais rapporté de manière qualitative). Quand il s'agissait de se rendre dans les locaux de l'association pour avoir les résultats, 20% des personnes ne le faisait pas. Parmi eux, il y avait souvent des tests réactifs. Il n'y a pas eu de saisie des profils des clients. A Lausanne, la Policlinique médicale universitaire (PMU), en collaboration avec l'association Fleur de Pavé17, de 2008 à 2010, a mené une enquête afin d'évaluer les comportements et les prises de risques sexuels des clients des travailleuses du sexe, en ville de Lausanne (Meige, 2014). Les clients étaient interpellés par des médiatrices de l'association Fleur de Pavé et dirigés, sous couvert du volontariat et de l'anonymat, vers du personnel infirmier qui effectuait un entretien pré- et post-test, ainsi qu'un test de dépistage du VIH au moyen d'un test à résultat rapide dans un bus aménagé. Cette démarche a été menée sur 3 ans au travers de 15 soirées. 318 clients ont été interviewés, 109 ont été testés. Aucune séropositivité n'a été dépistée. En cas de test réactif, il était prévu de donner une carte de rendez-vous au client avec un numéro d’identification anonyme. Le client devait se rendre le lendemain à la Consultation anonyme de la PMU pour effectuer le test de confirmation. Le soir même des actions, un médecin était joignable par téléphone pour les infirmières qui travaillaient dans le bus. 17 Prévention des infections sexuellement transmissibles et des dangers liés à l’exercice de la prostitution pour toutes personnes (femmes ou considérées comme femmes) travailleuses du sexe du canton de Vaud. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 21 sur 38 4.2. CONSIDÉRATIONS SUR LES EXPÉRIENCES DE DÉPISTAGE DU VIH SUR PLACE/HORS MURS AVEC ANNONCE DU RÉSULTAT SUR PLACE MENÉES DANS D'AUTRES PAYS OU CANTONS Les informations récoltées sur les différentes expériences de dépistage menées ailleurs sont très diversifiées par rapport au contenu - processus, chiffres, profils - et à la quantité d'informations disponibles. Elles me permettent de dire qu'apparemment un processus standardisé n'existe pas. De plus, ces informations me permettent de constater que le processus des Checkpoints Vaud et Genève est souvent semblable (cf. chapitre 4.3.), à plusieurs égards, à ceux décrits et qu'il apparait donc que, sur cette base, les compétences et expériences nécessaires pour la réalisation de tests de dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide avec annonce sur place par les Checkpoints Vaud et Genève semblent être présentes. Je relève également que, là où il est pratiqué, de manière générale, le dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place, ne semble pas avoir posé de problèmes particuliers, ni au sujet de l’organisation ni de la prise en charge des bénéficiaires. Ce constat tend à lever quelques craintes exprimées par les équipes des Checkpoints Vaud et Genève. Plusieurs questionnements sont par contre rapportés et certains aspects interpellent. Ils seront notamment pris en considération dans le chapitre suivant. Parmi les expériences analysées dans le chapitre 4.1., une analyse systématique des profils des bénéficiaires de la prestation - et une éventuelle comparaison, à l'aide de mêmes critères, avec ceux de personnes bénéficiant d'une prestation semblable mais pas sur place/hors murs, n'a pas été rapportée. Ce dernier point a renforcé l'intérêt des Checkpoints Vaud et Genève d'explorer cette question, dans leur contexte d'action, en regard notamment de la stratégie nationale décrite dans le Plan d'action d'urgence de l'Office fédéral de la santé publique. Les chiffres rapportés ans le chapitre 4.1., en l'état, pris isolément, tenant compte des contextes d'action semblables mais pas identiques à ceux des Checkpoints Vaud et Genève, ne permettent pas de tirer des conclusions particulières concernant l'éventuelle contribution des prestations de dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place à la stratégie nationale décrite dans le Plan d'action d'urgence de l'OFSP. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 22 sur 38 Sur la base des ces considérations, dans les chapitres suivants, je fais, en vue de la mise en œuvre d'un projet pilote, des propositions concernant : > L'amélioration du processus de dépistage hors murs actuel des Checkpoints Vaud et Genève afin d'y introduire le dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide et l'annonce du résultat sur place; > Les outils pouvant être utilisés afin de récolter des informations relatives aux profils des usagers ainsi que des facteurs qui pourraient indiquer une contribution – ou pas – de la prestation à la stratégie nationale; > L'évaluation du projet pilote; > La structure de projet d'un tel projet pilote au sein des Checkpoints Vaud et Genève. 4.3. PROPOSITIONS D'AMÉLIORATION DU PROCESSUS DE DÉPISTAGE HORS MURS ACTUEL DES CHECKPOINTS VAUD ET GENÈVE AFIN D'Y INTRODUIRE LE DÉPISTAGE DU VIH AU MOYEN DE TESTS À RÉSULTAT RAPIDE ET L'ANNONCE DU RÉSULTAT SUR PLACE Ce chapitre vise à répondre à l’objectif formulé par les équipes des Checkpoints Vaud et Genève « COMMENT REALISER LE DEPISTAGE DU VIH SUR PLACE/HORS MURS AVEC ANNONCE DU RESULTAT SUR PLACE PAR LES CHECKPOINTS VAUD ET GENEVE DE MANIERE TELLE QU’IL CORRESPONDE AUX CRITERES PROFESSIONNELS DES EQUIPES ?». Les propositions se basent sur les éléments tirés du chapitre 4.1. et tiennent compte des principales craintes exprimées par des membres des équipes au sujet de l'introduction de cette prestation. Ces propositions seront à discuter avec les équipes des Checkpoints Vaud et Genève et des décisions devront être prises quant à leur réalisation. PROCESSUS ACTUELS En résumé, les processus actuels de dépistage hors murs des Checkpoints Vaud et Genève sont les suivants : Infections dépistées, moyens, annonce du résultat Checkpoint Vaud Checkpoint Genève > Syphilis : test à résultat rapide, annonce du résultat sur place > VIH (essai, dès mai 2015) : prise de sang, annonce du résultat au > Syphilis : test à résultat rapide, annonce du résultat sur place > VIH, hépatites B/C : prise de sang, annonce du résultat au Checkpoint18 18 Le Checkpoint Genève a participé à un projet pilote de dépistage de l’hépatite C au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place (lieux de rencontre extérieurs et établissements « gay »). La suite n’est pas encore déterminée. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 23 sur 38 Personnel nécessaire Lieux d’intervention Processus et exigences Divers Checkpoint > Chlamydia, gonorrhée : frottis ou urine, annonce du résultat au Checkpoint > Syphilis : un infirmier et un travailleur de proximité ou un travailleur de proximité (formé au VCT) seul > VIH : un infirmier et un travailleur de proximité > Un infirmier et un travailleur de proximité, éventuellement avec l’appui, pour les tests à résultat rapide, d’un autre collaborateur formé au VCT > Etablissements « gay », lieux de rencontre extérieurs > Un local ou un bus ou un espace créé ad hoc jugé suffisamment confidentiel > Etablissements « gay », lieux de rencontre extérieurs > Un local ou un bus ou un espace créé ad hoc jugé suffisamment confidentiel > VCT, volontariat, capacité de discernement > Seuls les dépistages de la syphilis sont gratuits > VCT, volontariat, capacité de discernement > Seuls les dépistages de la syphilis sont gratuits > Pour l’annonce du résultat au Checkpoint, un rendezvous est fixé - dans la mesure du possible, le numéro de téléphone, la date de naissance et les initiales du prénom et nom ainsi que le canton de résidence sont demandés > Pour l’annonce du résultat au Checkpoint, un pseudo, la date de naissance et le numéro de téléphone sont demandés Guido Biscontin, travail de mémoire, page 24 sur 38 PROPOSITIONS D’AMELIORATION AFIN D'INTRODUIRE LE DEPISTAGE DU VIH AU MOYEN DE TESTS A RESULTAT RAPIDE AVEC ANNONCE DU RESULTAT SUR PLACE But Propositions Assurer une prise en charge adéquate de la personne dont le test serait réactif, tout en poursuivant l’activité de dépistage, afin de ne pas briser la confidentialité > Constituer l'équipe de dépistage de deux infirmiers et d'un travailleur de proximité, voire deux, ou disposer d'une personne de piquet qui pourrait rapidement intervenir afin de prendre en charge la personne dont le test serait réactif > Disposer de deux espaces assez confidentiels (visuellement et auditivement) pour les dépistages, internes ou externes (bus ou local en proximité) Assurer la continuité de la prise en charge en cas de test réactif, diminuer les éventuels « perdus de vue » > Soumettre deux conditions préalables à l’usager, s’il veut bénéficier d'un test de dépistage du VIH à résultat rapide et avoir le résultat sur place : 1) qu’il donne un numéro de téléphone 2) qu’il donne son accord pour se rendre dans un Checkpoint à une date et heure à convenir (rendez-vous) si le test devait être réactif > En cas de test réactif, effectuer directement une prise de sang pour le test de confirmation > Procéder à une prise de sang en cas de symptômes de primo-infection Assurer l’anonymat et la confidentialité > Proposer, à choix : 1) des tests du VIH à résultat rapide, avec annonce du résultat sur place ou au Checkpoint 2) par prise de sang, avec résultat donné au Checkpoint 3) des tests de dépistage de la syphilis au moyen de tests à résultat rapide, avec résultat sur place. Cela permettrait de faire en sorte que les autres clients des lieux ne sachent pas quel type de test a été effectué Guido Biscontin, travail de mémoire, page 25 sur 38 Garantir le volontariat et diminuer la pression du groupe/couple > Eviter les jours et les plages horaires où (à priori) la fréquentation des lieux est très élevée > Porter une attention accrue à ces aspects au cours de l'entretien pré-test, dans la ligne des directives VCT > Porter une attention accrue à la sensibilisation au fait qu'un test pourrait être réactif au cours de l'entretien pré-test, dans la ligne des directives VCT Diminuer les éventuelles pratiques de sérotriage en cas de test à résultat rapide non réactif > Porter une attention accrue à cette thématique au cours de l'entretien post-test, dans la ligne des directives VCT 4.4. PROPOSITIONS D'OUTILS POUVANT ÊTRE UTILISÉS AFIN DE RÉCOLTER DES INFORMATIONS RELATIVES AUX PROFILS DES USAGERS AINSI QUE DES INDICATEURS QUI POURRAIENT INDIQUER UNE CONTRIBUTION – OU PAS – DE LA PRESTATION À LA STRATÉGIE NATIONALE Comme mentionné dans le chapitre 2.3., les équipes des Checkpoint Vaud et Genève ont formulé, pour le projet pilote de dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place, les objectifs suivants : « QUELS SERAIENT LES PROFILS DES BENEFICIAIRES DE CETTE PRESTATION, NOTAMMENT EN CE QUI CONCERNE LEURS COMPORTEMENTS EN LIEN AVEC LE DEPISTAGE DU VIH ET LEURS PRISES DE RISQUES DE TRANSMISSION DU VIH ? » ; « QUELLES SERAIENT LES DIFFERENCES ET LES SIMILITUDES ENTRE LES PROFILS DES PERSONNES UTILISANT CETTE PRESTATION ET LES PROFILS DES USAGERS DES CHECKPOINTS VAUD ET GENEVE ? » ; « EST-CE QUE L'ANALYSE DE CES PROFILS PERMETTRAIT D'AVOIR DES INFORMATIONS POUVANT SUGGERER UNE CONTRIBUTION – OU PAS – DE CETTE PRESTATION A LA STRATEGIE NATIONALE DE L'OFSP ? ». Dans ce chapitre, je fais des propositions concernant les outils qui pourraient être utilisés afin de récolter des informations sur les profils des usagers ainsi que des indicateurs qui pourraient indiquer une contribution - ou pas - de la prestation de dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place à la stratégie nationale. Concernant les outils pour la saisie des informations nécessaires, dans les discussions avec mes collègues des Checkpoints Vaud et Genève, deux principales options se sont Guido Biscontin, travail de mémoire, page 26 sur 38 dessinées : Première option : > la création d'un questionnaire ad hoc, basé sur des questions tirées du questionnaire BerDa19, du questionnaire GaySurvey (Lociciro, 2013) et en intégrant d’autres questions sur des données relatives aux usagers jugées intéressantes par les équipes des Checkpoints Vaud et Genève (santé mentale, sociale, homo-bi-transphobie, …); Deuxième option : > l'utilisation du seul questionnaire BerDa dans son entièreté Cette dernière est celle que je recommande car elle présente des avantages majeurs. En effet, les Checkpoints disposent déjà d’une large base de données (les questionnaires BerDa remplis par les usagers eux-mêmes lors de leurs consultations auprès des Checkpoints Vaud et Genève, et ceci depuis plusieurs années), ce qui permettrait de faire une comparaison entre les profils des personnes utilisant la prestation sur place/hors murs et les profils des usagers des Checkpoints Vaud et Genève. Plusieurs questions, dans le questionnaire BerDa, ont trait aux comportements en lien avec le dépistage du VIH et aux prises de risques de transmission du VIH, ce qui permettrait de répondre aux deux premiers objectifs formulés par les équipes des Checkpoints Vaud et Genève mentionnées plus haut. Le grand nombre de questionnaires BerDa composant la base de donnée des Checkpoints Vaud et Genève (1870 pour le Checkpoint Vaud20, 134321 pour le Checkpoint Genève) permettrait de viser une comparaison des profils entre les deux groupes « sur place/hors murs » et « Checkpoints », avec des résultats statistiquement significatifs, et en diminuant les biais, en raison de l'utilisation d'un questionnaire identique, déjà avec environ 50 profils BerDa d'usagers de la prestation sur place/hors murs. Afin de diminuer encore les biais, il pourrait être opportun, pour les usagers du groupe « Checkpoints » ayant consulté plusieurs fois dans un des Checkpoints, de n'utiliser que les questionnaires BerDa remplis lors de la première consultation, se rapprochant ainsi des conditions dans lesquelles la prestation serait réalisée sur place/hors murs (qui serait ainsi aussi une « première consultation ». Il est en effet peu probable qu'un grand nombre 19 L'outil BerDa (Beratungsleitfaden und Datenverwaltungssytem für VCT-Stellen) a été développé par l'Office fédéral de la santé publique afin de garantir un haut niveau de qualité des conseils émis par les centres VCT de Suisse (http://www.bag.admin.ch/hiv_aids/05464/05484/12796/12798/index.html?lang=fr, consulté le 30.05.2014). Il s'agit d'un outil Internet permettant, sur la base d’un questionnaire, l’établissement automatique du profil à risque du demandeur de test, et la structuration des consultations en proposant aux personnel des centres VCT une série de recommandations pertinentes aux comportements de leur client. BerDa sert également à récolter automatiquement des données statistiques participant à la surveillance et à l’observation des différents trends en Suisse. Les Checkpoints Vaud et Genève utilisent cet outil et disposent par conséquent d'une grande base de données relative à leurs usagers. 20 Etat au 21.04.2015 21 Etat à fin décembre 2014 Guido Biscontin, travail de mémoire, page 27 sur 38 d'usagers fasse un dépistage du VIH sur place/hors murs plusieurs fois dans le cadre du projet pilote). Les biais seraient encore diminués si le prix du dépistage du VIH dans les Checkpoints Vaud et Genève et sur place/hors murs était le même. La première option nécessiterait un travail supplémentaire (création du questionnaire et validation, comparaison avec un groupe de comparaison qui n’existe pas encore, ...). Elle pourrait permettre de récolter des informations supplémentaires à celles que l'on récolterait avec l'utilisation seule du questionnaire BerDa, mais cela pourrait se faire dans une étape ultérieure, post-projet pilote, par exemple. De plus, le projet pilote comprend également la mise sur pied et l’évaluation de la prestation en tant que telle, de manière à ce qu’elle corresponde aux critères professionnels des équipes des Checkpoints Vaud et Genève, ce qui constitue déjà, en soi, un travail conséquent. Concernant l’objectif « EST-CE QUE L'ANALYSE DE CES PROFILS PERMETTRAIT D'AVOIR DES INFORMATIONS POUVANT SUGGERER UNE CONTRIBUTION – OU PAS – DE CETTE PRESTATION A LA STRATEGIE NATIONALE DE L'OFSP ? », je propose un ensemble d'indicateurs qui, discutés, pondérés et contextualisés - par les équipes des équipes des Checkpoints Vaud et Genève – pourrait apporter des éléments de réponse à la question. Les indicateurs que je propose sont les suivants : 1. les résultats de la comparaison des profils des usagers des groupes « sur place/hors murs » et « Checkpoints » mentionnés plus haut; 2. la proportion, parmi les hommes ayant accepté de faire le test de dépistage du VIH au moyen du test à résultat rapide avec annonce du résultat sur place, qui n'avait pas fait de test depuis plus d'une année et/ou l’écart entre la dernière prise de risque par rapport au VIH (pénétration sans préservatif/préservatif cassé, sperme dans la bouche) et le test réalisé sur place/hors murs avec annonce du résultat sur place; 3. le nombre de tests réactifs (confirmés positifs et faux positifs) et le nombre, parmi eux, de primo-infections et le nombre d'infections plus anciennes; 4. quand et où les personnes ayant accepté de faire le test de dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen du tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place, en auraient fait un, si elles n'avaient pas eu l'occasion de le faire sur place/hors murs; 5. le nombre de personnes ayant accepté de faire le test de dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de test à résultat rapide avec annonce du résultat sur place vs le nombre de personnes qui ont refusé, et les raisons des refus; 6. l’évaluation du projet d’un point de vue opérationnel. Les éléments de réponse relatifs aux indicateurs 1 et 2 peuvent être déterminés par le biais des questionnaires BerDa. Les éléments de réponse relatifs à l'indicateur 3 peuvent être déterminées à l'aide des sérologies de confirmation des éventuels tests réactifs. Pour récolter les éléments de réponse relatifs à l'indicateur 4, je propose de poser la question Guido Biscontin, travail de mémoire, page 28 sur 38 aux usagers lors de l'entretien de dépistage (sur la base de critères uniformes préétablis). Le même procédé pourrait être utilisé pour récolter les éléments de réponse relatifs aux raisons de refus (indicateur 5). Pour l'indicateur 6, une proposition est faite dans le chapitre 4.5. Ce sont principalement les informations mises en évidence lors de l’analyse des données concernant les indicateurs 1 à 4 qui permettront la réflexion sur la contribution – ou pas – de la prestation de dépistage sur place/hors murs à la stratégie nationale (par exemple, en comparaison avec les profils des usagers des Checkpoints, un nombre élevé – ou pas – de personnes qui n'a pas fait de dépistage du VIH depuis plus d'une année, ou qui a pris des risques d'exposition au VIH et ne s'est pas fait dépister, ...). Les indicateurs 5 et 6 visent plutôt à fournir des éléments quant à la faisabilité et l'acceptabilité de la prestation. Le projet proposé s'intéresse spécifiquement au dépistage du VIH sur place/hors murs avec annonce du résultat sur place. Dans le chapitre 4.3., je propose toutefois de l’introduire parallèlement à d’autres prestations (dépistage de la syphilis, dépistage du VIH par prise de sang avec annonce du résultat au Checkpoint) et ceci afin de garantir la confidentialité de la prestation. Partant de l'idée qu'un certain nombre de personnes choisiront une de ces autres options, en fonction du nombre des profils saisis, il sera aussi possible de faire des analyses concernant ce groupe et des comparaisons avec les profils des personnes ayant choisi d'avoir le résultat du dépistage du VIH sur place. En plus des travaux ci-dessus, une comparaison de certains résultats du projet pilote avec des données d'enquêtes (Velter, 2010 ; Schmidt, 2014b) rapportant des informations relatives aux profils d'HSH fréquentant des établissements avec sexe sur place, notamment en lien avec le VIH et la prise de risques, ainsi qu'avec certaines données résumées dans les chapitres 2.2. et 4.1. pourrait également être effectuée, avec une finalité indicative. 4.5. PROPOSITIONS CONCERNANT L'ÉVALUATION DU PROJET PILOTE Afin d'évaluer le projet pilote, je propose les questions d'évaluation suivantes : > Est-ce que les améliorations du processus de réalisation des dépistages sur place/hors murs retenues pour le projet pilote ont permis de faire face aux problèmes qu'elles étaient censées diminuer/améliorer ? > Est-ce que le projet pilote a permis de déterminer les profils des bénéficiaires de la prestation de dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place, notamment en regard aux comportements en lien avec le dépistage du VIH et leurs prises de risques de transmission du VIH ? Guido Biscontin, travail de mémoire, page 29 sur 38 > Est-ce que le projet pilote a permis de déterminer des différences et/ou des similitudes entre les profils des usagers de la prestation de dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place et ceux des usagers des Checkpoints Vaud et Genève ? > Comment s'est déroulé le projet de manière générale ? > Le projet a-t-il atteint ses objectifs ? > Si non, pourquoi pas? > Quels ont été les points forts du projet? > Quels ont été ses points faibles? > Quels ont été les principaux problèmes rencontrés (évènements imprévus, p.ex.) et comment y a-t-il été fait face? > Quelles ont été les ressources humaines et financières utilisées ? > Quelles sont les principales leçons tirées ? > Est-ce que le projet a généré des effets secondaires, positifs ou négatifs, non attendus ? > Quelles recommandation et pour qui peuvent être formulées par rapport l’avenir du projet ? > Quelles recommandation et pour qui peuvent être formulées par rapport à la réalisation d'un projet analogue dans une autre région ? > Est-ce que le projet a permis d'avoir des informations pouvant suggérer une contribution – ou pas - du dépistage du VIH sur place/hors murs au moyen de tests à résultat rapide avec annonce du résultat sur place à la stratégie nationale de l'OFSP décrite dans le Plan d'action d'urgence de l'OFSP ? Je propose que ces questions soient traitées par le chef de projet, l'équipe de projet et le comité de pilotage (cf. chapitre 4.6.) une fois toutes les informations nécessaires réunies (analyse des questionnaires, synthèse des informations qualitatives relatives au projet – procès verbaux des séances, synthèse des cahiers de bord du personnel impliqué, ...). Les réponses devront faire partie intégrante du rapport du projet pilote. 4.6. PROPOSITIONS CONCERNANT LA STRUCTURE DE PROJET DU PROJET PILOTE, SUITE, CALENDRIER, BUDGET Comme je le l'ai mentionné plus haut, la décision de m'arrêter à la proposition pour la mise en œuvre et l'évaluation d'un projet pilote, et de pas de poursuivre, dans le cadre du mémoire, avec sa réalisation et son évaluation concrètes, vient de la prise de conscience des ressources nécessaires et des délais plus longs de ce que j'ai imaginé en origine, mais vient aussi de la prise de conscience que ma manière de procéder, par des réflexions Guido Biscontin, travail de mémoire, page 30 sur 38 personnelles successivement partagées au travers de discussions, la plupart du temps bilatérales, avec des collègues, n'était pas des plus efficaces et ne permettait pas une construction collective du projet avec les équipes des Checkpoints ni un véritable débat ou des prises de décision. Afin que le projet pilote puisse être mené à terme, il est donc, à mon avis, important que les Checkpoints Vaud et Genève mettent sur pied une structure de projet ad hoc qui permette sa mise en œuvre et son évaluation. Je propose de nommer : > un-e chef-fe de projet, qui aurait la tâche de coordonner le projet de manière globale. Le/la chef-fe de projet pourrait être un membre de l'équipe de projet; > une équipe de projet (par exemple composée des deux travailleurs sociaux de proximité, des deux infirmiers actifs dans les actions hors murs et des deux médecins des Checkpoints Vaud et Genève). L’équipe aurait la tâche d'élaborer, réaliser et évaluer le projet, en collaboration avec le comité de pilotage. La médecin et le travailleur social de proximité du Checkpoint Vaud auraient la tâche d'analyser les données en lien avec les questionnaires BerDa - ou tout autre questionnaire retenu - en raison des compétences en la matière de la médecin du Checkpoint Vaud; > un comité de pilotage (par exemple composé des deux responsables des Checkpoints Vaud et Genève) qui, en collaboration avec l'équipe de projet, aurait la tâche de superviser l'élaboration, la réalisation et l'évaluation du projet et de prendre les décision nécessaires. Cette structure respecte également la hiérarchie des Checkpoints Vaud et Genève. Les membres de l'équipe de projet et du comité de pilotage seraient aussi garants d'impliquer les autres membres des équipes des Checkpoints Vaud et Genève dans les réflexions. Je propose également que les membres de l'équipe de projet et du comité de pilotage se réunissent régulièrement ensemble, surtout au début du projet et pour son évaluation. Pour finaliser la phase d'élaboration du projet, les principales décision à prendre, sont: > décision de principe des équipes des Checkpoints Vaud et Genève et de leurs responsables de poursuivre ce projet, suite à la prise de connaissance du présent document; > décision des équipes et de leurs responsables de créer une structure de projet, de déterminer et nommer les personnes impliquées et de leur octroyer les ressources nécessaires; > analyse, par l'équipe de projet et le comité de pilotage, des propositions faites dans ce document et décision d'un processus pour le dépistage du VIH sur place/hors murs et des outils pour la saisie des profils des bénéficiaires de la prestation et des indicateurs pouvant Guido Biscontin, travail de mémoire, page 31 sur 38 suggérer une contribution - ou pas - de cette prestation à la stratégie nationale de l'OFSP, ainsi que le nombre de tests à réaliser; > décision d'une stratégie de base pour la mise en œuvre du projet : beaucoup de tests dans un court laps de temps ou réalisation des tests dans la « durée »; démarrer d'abord avec la partie opérationnelle et seulement dans un deuxième temps avec la saisie de profils ou bien démarrer les deux volets conjointement; > décider dans quels lieux le projet sera réalisé, en fonction de la stratégie de base, du nombre de tests souhaités et de la possibilité de réaliser les tests selon les critères professionnels des Checkpoints (saunas, sex-clubs, bars, lieux de rencontre extérieurs, ...). Impliquer les propriétaires – et, éventuellement, des clients - dans la réflexion; > décider de l'opportunité de soumettre le projet à un comité cantonal d'éthique, en fonction des besoins (éventuelle publication, sécurité). Parallèlement à ces décisions, il serait nécessaire de : > évaluer les ressources nécessaires pour la mise en œuvre du projet - pour la réalisation des tests, mais aussi pour la coordination, les séances, l'évaluation, ... Une première estimation (ordre de grandeur) est présentée ci-dessous; > déterminer un calendrier de projet comportant les étapes, les jalons et les livrables; > rédiger un document de projet final. Selon les options choisies, le budget du projet pourrait être conséquent et dépasser les capacités financières des Checkpoints Vaud et Genève. Il pourrait être alors nécessaire de recourir à un financement externe. ESTIMATION DES COUTS DU PROJET, COUT NECESSAIRE POUR DETECTER UN CAS POSITIF Les coûts du projet devront être calculés de manière précise en fonction des options stratégiques et opérationnelles prises sur la base des propositions faites dans ce document. Dans ce paragraphe, je fais néanmoins une estimation à titre indicatif22. Je postule un projet qui viserait de réaliser 100 tests de dépistage sur un laps de temps de 6 mois. Cette période serait précédée de 3 mois de préparation et de 3 mois d’évaluation/rapport. L’équipe qui réaliserait les tests serait composée de 2 infirmiers et de 2 travailleurs sociaux de proximité. Le comité de pilotage serait composé des deux responsables des Checkpoints Vaud et Genève. Les deux médecin des Checkpoints Vaud et Genève participeraient aux travaux de préparation, réalisation et évaluation du projet. Un chef de projet disposerait d’un temps de travail correspondant à un 10%. Les personnes se faisant dépister paieraient 60.- frs. 22 Dans ces estimations ne sont pas compris les coûts qui dériveraient d’un éventuel test à résultat rapide réactif et qui serait confirmé par une prise de sang dans le cadre de consultations supplémenaires. Ces coûts seraient pris en charge par le bénéficiaire (assurance maladie ou autre). Guido Biscontin, travail de mémoire, page 32 sur 38 Phase de préparation, 3 mois Chef de projet Comité de pilotage > 10% > 3 séances de 2h (12h) = 2'500 frs > 2h de lecture avant chaque séance (12h) = 2’160 frs Groupe de projet Infirmiers et travailleurs sociaux de proximité : > 3 séances de 4h (48h) > 2h de lecture avant chaque séance (24h) Matériel, analyses = 3'600 frs Médecins : > 2 séances de 2h (8h) > 2h de lecture avant chaque séance (8h) = 2'400 frs Phase de réalisation, 6 mois > 10% = 5'000 frs > 6 séances de 2h (24h) > 2h de lecture avant chaque séance (24h) = 4’320 frs Infirmiers et = 1'000 frs travailleurs sociaux de proximité : > 3 séances de 4h (48h) > 2h de lecture avant chaque séance (24h) > Réalisation des dépistages (10 permanences de dépistages de 6h) (240h) = 15'600 frs Guido Biscontin, travail de mémoire, page 33 sur 38 Médecins : > 3 séances de 2h (12h) > 2h de lecture avant chaque séance (12h) = 3'600 frs Phase d’évaluation, 3 mois > 10% > 2'500 frs > 3 séances de 2h (12h) > 2h de lecture avant chaque séance (12h), = 2’160 frs Infirmiers et travailleurs sociaux de proximité : > 2 séances de 4h (36h) > 2h de lecture avant chaque séance (32h) = 3'400 frs Médecins : > 2 séances de 2h (8h) > 2h de lecture avant chaque séance (8h) = 2'400 frs Totaux : 10'000 frs 8'640 frs 31'000 frs 1'000 frs Total 50'640 frs Contribution usagers (60 frs par test) 6'000 frs Total 44'640 frs Guido Biscontin, travail de mémoire, page 34 sur 38 Selon cette estimation, le coût total du projet s’élèverait donc à environ à 44'640 frs. COUT NECESSAIRE POUR DETECTER UN CAS POSITIF Selon les données tirées de la statistique BerDa présentées par l’OFSP (Schmidt, 2014a), sur les 14753 HSH qui ont été dépistés jusqu’à mai 2014 dans un centre VCT utilisant cette statistique, 208 tests (1.4%) se sont révélés positifs (confirmés). Les faux positifs ont été 30 (0.2%). Le number needed to treat (NNT) est donc de 71 (chez les autres hommes et chez les femmes, il est 10 fois plus élevé). Pendant le projet pilote, nous pouvons donc nous attendre, sur les 100 dépistages prévus, à 1-2 dépistages réactifs/positifs. Sur la base des calculs ci-dessus, le coût nécessaire pour détecter un cas positif serait de 31'000 frs. Après le projet, ce coût serait plus bas. Si l’on ne considère que le coût de la réalisation des dépistages (10 permanences de dépistages de 6h par une équipe de 4 personnes, pour un total de 240h (12'000 frs), plus 1'000 frs de matériel), le coût nécessaire pour détecter un cas positif serait donc de 9’100 frs. VALEUR PREDICTIVE POSITIVE (VPP) Les tests actuellement utilisés (Alere DetermineTM HIV-1/2 Ag/Ab Combo) ont une sensibilité de 100% et une spécificité de 99.61%. Pour calculer la VPP (probabilité qu’un HSH soit séropositif si le test de dépistage est réactif), il est nécessaire d’estimer la prévalence de personnes séropositives dans la population testée. Je propose d’utiliser les données de l’étude PREVAGAY 2009 rapportées dans le chapitre 2.2. La prévalence pour le VIH était de 17.7%, et 20% des personnes séropositives ignoraient l’être. Cela correspond à 3.5% des personnes testées. Pour le calcul de la VPP, je propose donc d’utiliser ce dernier chiffre. Avec ces données, la VPP est donc de : VIH+ VIH- Test de dépistage + Vrais Positifs = 3.5 Faux Positifs =0.38 3.88 Test de dépistage – Faux Négatifs = 0 Vrais Négatifs =96.12 96.12 3.5 96.5 100 VPP = vrais positifs/(vrais positifs + faux positifs) = 3.5/3.88=0.90 Guido Biscontin, travail de mémoire, page 35 sur 38 5. DISCUSSION Le dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide sur place/hors murs, avec annonce du résultat sur place suscite, auprès des équipes des Checkpoints Vaud et Genève, de nombreuses questions - sur sa faisabilité et sur son « utilité », et fait l'objet de représentations positives ou négatives. Comme je l'ai mis en évidence dans les chapitres 4.1. et 4.2., au travers de l'analyse d'expériences de dépistage du VIH sur place/hors murs avec annonce du résultat sur place menées dans d'autres pays ou cantons, les compétences nécessaires pour sa réalisation par les équipes des Checkpoints Vaud et Genève semblent être présentes. Leurs processus de dépistage sur place/hors murs pourraient en effet être améliorés, selon les propositions que je fais dans le chapitre 4.3., pour que le dépistage du VIH au moyen de tests à résultat rapide et l'annonce du résultat sur place puissent y être introduits tout en satisfaisant les critères professionnels des équipes et en diminuant les risques identifiés. Comme je l'ai développé dans le chapitre 4.4., les équipes des Checkpoints Vaud et Genève auraient également les moyens d’élaborer des outils afin de récolter des informations relatives aux profils des usagers ainsi que des indicateurs pouvant indiquer une contribution - ou pas - de la prestation à la stratégie nationale. Mes propositions sur la structure et l’évaluation du projet (chapitre 4.5), permettraient aux équipes des Checkpoints Vaud et Genève de se doter des moyens nécessaires pour la réalisation et l'évaluation du projet de manière formelle, transparente et inscrite dans les structures institutionnelles. Ce document, consiste seulement en une proposition pour la mise en œuvre et l'évaluation d'un projet pilote. La suite du projet dépendra des décisions qui seront prises par les équipes des Checkpoints Vaud et Genève et leurs responsables. En résumé, sur la base des analyses et réflexions faites dans ce document, je suis de l'avis que, au sein des équipes des Checkpoints Vaud et Genève, les compétences nécessaires pour la réalisation d'un projet pilote de dépistage du VIH sur/place hors murs à l'aide de tests à résultat rapide, avec annonce du résultat sur place, sont présentes et les conditions pour sa réalisation peuvent être réunies. Guido Biscontin, travail de mémoire, page 36 sur 38 6. BIBLIOGRAPHIE AHSGA – Fachstelle für Aids- und Sexualfragen, 2013 « Tätigkeitsbericht 2012 », St. Gallen, Suisse. Biscontin G., 2013 « Concept 2013-2014 du travail social de proximité auprès des hommes gay et autres HSH », Checkpoint Vaud, Lausanne, Suisse. 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