Feuille de route pour la fiche de lecture
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Feuille de route pour la fiche de lecture
Sandrine Haton FICHE DE LECTURE Lait, mensonges et propagande La vérité sur vos besoins en calcium, les 10 maladies que l’industrie laitière nous cache, le régime sans laitage qui rend vos os solides de Thierry SOUCCAR – Thierry Souccar éditions - 2007 , 2ème édition mars 2008 Approche générale Choix du livre J’ai choisis le livre afin d’être en mesure de comprendre la polémique sur le lait et d’expliquer, arguments et preuves à l’appui, pourquoi le lait n’est pas recommandable comme on voudrait nous le faire croire. J’ai aussi été accroché par le titre principal: « Lait, mensonges et propagande » et la dimension politique de l’ouvrage. L’auteur, Thierry Souccar est journaliste, il a écrit un livre qui avait déjà fait scandale en 2004 « santé mensonge et propagande », dans lequel il a révélé des études publiés aux EtatsUnis, en Grande Bretagne et pas en France ! Il a également écrit le « régime préhistorique » dans lequel il présente « la meilleure façon manger » : densité calorique, charge glycémique, équilibre acido-basique, ratio sodium-potassium, densité nutritionnelle, équilibre acide gras. L’objectif de l’auteur est de porter un coup d’arrêt à la propagande laitière : pour lui c’est « irresponsable d’encourager à manger autant de laitages sous prétexte de préserver la santé ». Dans la deuxième édition (mars 2008), il répond également à ses détracteurs en rappelant qu’il ne dit pas qu’il ne faut pas consommer de lait mais qu’il appelle à la prudence car à partir de trois verres de lait par jour, le risque d’avoir certaines maladies est augmenté. Il dénonce l’irresponsabilité des autorités sanitaires, du corps médical, des diététiciens, des industriels quant à la désinformation, « l’intoxication » sur la consommation de produits laitiers alors que l’ont sait que le besoin de calcium est suffisant avec la consommation de fruit et légumes d’autant plus qu’ils aident à le fixer. Analyse Le livre a répondu à mes attentes, je me sens plus confortable pour parler du lait. Même si je n’ai pas retenu toutes les études, je sais qu’elles existent. Ce livre nous rappelle qu’il faut prendre du recul par rapport à l’information (voire la propagande) et toujours se demander « qui parle ? et au nom de quoi ? ou de qui ?». C’est un livre courageux et nécessaire: l’auteur fait des révélations qui embarrassent le lobby laitier. Sur la forme o L’auteur cherche à partager des informations et des résultats d’une façon qu’il veut didactique et il y réussit. o Le livre se lit facilement comme une enquête policière avec un style humoristique parfois très ironique, il utilise le vocabulaire de l’enquête : « ce que l’on ne nous dit pas », « pièce à conviction », « le livre que vous tenez entre les mains est illégal ». o En annexe, dans la seconde édition, il répond à des questions de lecteurs et à ses « amis » de l’industrie laitière qui l’ont attaqué à la sortie de la première édition. 1 Sandrine Haton Sur le fond : o La partie historique du début est intéressante. Elle replace la question du lait et de sa consommation dans l’histoire de la civilisation et relativise donc énormément le discours ambiant sur le lait. o Pour une personne non scientifique, c’est intéressant de comprendre comment sont constituées, montées, les différents types d’études qui existent (d’observation…d’intervention avec rapport cause à effet, des méta-analyses (c'est-à-dire qui permettent de dégager une tendance). Il nous invite à être critique sur l’information que l’on peut lire ou entendre et à nous demander : « info ou intox ? » o En revanche, on se lasse parfois du nombre d’études détaillées qu’il présente o L’auteur parle essentiellement du lait de vache. Il est dommage qu’il ne fasse pas de comparaisons avec les laits des autres animaux : brebis, chèvre, âne… . Quand il fait référence à 1 produit laitier, on ne sait pas si c’est 1 verre de lait, 1 litre, un yaourt, ou un camembert, un peu comme « mangez 5 fruits » (parle-t-on de groseilles ou de bananes ?) o Le livre est peu structuré, il parle d’études mettant en évidence le lien entre le lait et l’ostéoporose dans un chapitre puis reparle de l’ostéoporose dans un autre. Il veut en même temps parler des besoins en calcium, des maladies (cancer, ostéoporose et diabète essentiellement), de régime sans laitage. o Par rapport à l’enseignement naturopathique, le livre apporte l’historique, des études et leurs sources, c’est un bon complément pour aller plus loin dans la compréhension des mécanismes en jeu (hormone…). Les messages ou vérités du livre, étayés d’études scientifiques sont: L’homme n’est pas adapté à des consommations élevées de calcium laitier : 75% des adultes ne sont pas capable de digérer le sucre du lait (lactose) mais ce qui est normal car après le sevrage et chez tous les mammifères il y a baisse de la lactase de 90%. La persistance de la lactase est une anomalie, cette intolérance avait été décrite par Hippocrate. Il ne faut pas consommer trop de lait (en tout cas pas autant qu’on nous le recommande : au moins 4 à 5 produits laitiers). Les besoins réels de calcium varient considérablement selon le mode de vie (activité, âge, régime alimentaire…) Il n’existe aucune preuve que le lait animal soit la meilleure source de calcium (comme on voudrait nous le faire croire) : il existe d’autre sources comme les sardines fraîches, les amandes, le persil, les olives vertes, les crevettes, les noix, les figues sèches, le jaune d’œuf. Il existe des preuves scientifiques contreversées sur l’intérêt nutritionnel depuis 1999. Les bénéfices supposés du lait annoncé dans la publicité (immunité, ostéoporose, surpoids, diabète, maladie cardiovasculaire) ne reposent sur aucune preuve scientifique. Les Laitages sont inefficaces pour prévenir ou traiter l’ostéoporose ou pour prévenir les fractures : la santé des os est assurée par un régime riche en végétaux Ce qui est nocif dans le lait, ce sont les facteurs de croissance, crées par l’industrie laitière. Vous risquez d’avoir des os moins solides en buvant plus de lait. En évitant le lait, vous réduisiez votre risque de cancer. Les laitages ne font pas maigrir. 2 Sandrine Haton Quelques chiffres Les produits laitiers représentent 20% du chiffre d’affaire de l’industrie agroalimentaire 180 000 personnes travaillent dans l’industrie laitière C’est le 1er annonceur (publicité) La consommation a explosé ces dernières années (+200% de yaourts) de 1980 à 1996 La consommation de produits laitiers en France est dans la moyenne en Europe La consommation a baissé de 7% en 2007 (prise de conscience ??) L’Historique Le Mouton, puis la chèvre et la vache sont domestiqués depuis seulement 10000 ans, ce qui n’est rien comparé à 7 millions d’années. Jusqu’à la fin XIX ème siècle, le lait est jugé trop dangereux pour être bu comme tel (symptôme intolérant au lactose décrit dès 1607). En 1850 le lait concentré apparaît En 1871 la pasteurisation et le réfrigérateur favorise la consommation Lors de la 1ère guerre mondiale la demande en conserve s’envole Après la guerre, les industriels sont confrontés à une baisse de la consommation, donc on assure la promotion auprès des mamans (jusqu’à Nestlé qui développe une formule pour remplacer le lait maternel). En 1950 l’état impose le lait pasteurisé en bouteilles cachetées, puis la distribution dans les écoles pour le « faire connaître » et « combattre la malnutrition » pour réalimenter la population avec l’axe glucide ‘sucre, blé et laitage’, les politiques se persuadent que le lait est indispensable (France, USA, UK). En 1960 suite à une baisse de l’intérêt pour le lait, on assiste à une propagande en faveur du calcium laitier. On ne nous dit pas tout Le PNNS (Programme National Nutrition Santé), « corrompu» par l’influence de l’industrie laitière, annonce des messages contradictoires et confus dès l’école. Des recommandations sans preuve scientifique sont également énoncées par l’INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé), l’AFSSA (Agence Française de Santé Sanitaire), ou le Ministère de la Santé, ce qui est irresponsable On nous fait croire que le lait est l’aliment idéal et que nous n’avons pas assez de calcium. En page 235, on trouve (ce que ces institutions ne diffusent pas) une liste d’aliments avec leur teneur en calcium, la quantité absorbée et leur équivalence avec le lait. Les études Les études valides sont couteuses : le financement industriel des études ne permet pas la fiabilité des résultats des études réalisées par des chercheurs qui ne sont pas indépendants : Il est établi que les chercheurs dont les études sont payées par des sociétés privées sont 4 fois plus enclins à publier des résultats favorables à leur sponsor ! L’auteur s’appuie sur des méta-analyses, en laissant de côté les analyses allant dans un sens ou dans un autre. 3 Sandrine Haton Quels sont les risques de consommer trop de produits laitiers Dans les pays où la consommation de calcium laitier est la plus élevée, l’ostéoporose fait des ravages (dixit l’OMS - 2002) : La Suède détient le record de la consommation mondiale de laitage et de fractures du col du fémur ! En 1986, l’OMS avait énoncé un lien direct entre la consommation de lait et la mort par cancer de la prostate. Selon le World Cancer Research Fund et l’American Institute for Cancer : il est possible que les régions riches en laitage augmentent le risque de cancer prostate (de 50 à 250%) Il y a des preuves non réfutables que les laitages ne préviennent pas l’ostéoporose (40 ans étude de T. Colin Campbell de l’université de Cornell) l’OMS a reconnu en 2005 (selon une étude sur 40000 hommes) qu’il n’y a avait aucune différence de risque de fracture entre un amateur de lait et celui qui n’en boit pas. L’abus de produits laitiers entraîne une perte de contrôle ou épuise la capacité limitée des os à se renouveler. Ainsi, l’ostéoporose lié à l’âge apparaît parce qu’il y a pas assez d’ostéoblastes. Explication : Le lait donne du calcium, la concentration de calcium accélère la formation des ostéoblastes : plus il y a de calcium à l’extérieur des cellules, plus le nombre d’ostéoblastes augmente et stimule aussi des ostéoclastes. Donc le Calcium accélère le processus de remodelage; or la réserve d’ostéoblastes est limité. De plus, les laitages contiennent un autre facteur de prolifération des ostéoblastes l’IGF -1 (insuline growth factor) et cet IGF-1 est vingt fois plus présent dans le lait aujourd’hui qu’en 1980 à cause de la sélection génétique des vaches que l’on veut de plus en plus productives, qui reçoivent une alimentation plus riche, et que l’on traite plus souvent (pendant la gestation ce qui augmente les hormones) Ceux qui consomment le plus de lait ont un taux d’IGF1 élevé (= facteur de croissance) qui conduit la cellule saine et maligne à se multiplier et on a mesuré que l’IGF-1 est un acteur majeur du risque de cancer du sein, du rein et de la prostate. Par ailleurs, la plupart des laitages sont acidifiants et stimulent les ostéoclastes et donc la destruction du tissu osseux Beaucoup de lait entraîne une densité osseuse élevé (stimule le remodelage osseux), épuise le stock d’ostéoblastes, seul reste alors les ostéoclastes (destructeurs) La métaphore de la consommation journalière de lait sur les cellules osseuses: c’est « commencer un marathon en sprintant. » Le lait peut favoriser le diabète : Un verre de lait élève anormalement le niveau d’insuline d’un repas à IG (indice glycémique) élevé ou bas. C’est un débat qui mobilise endocrinologue, immunologue sur l’utilisation de produit à base de protéine de lait de vache comme facteur de risque dans le diabète insulino dépendant (de type 1) de plus en plus fréquent et grave. Il y a un lien direct entre la consommation de lait d’un pays et le nombre de cas de diabète 1. 4 Sandrine Haton En conclusion, non seulement consommer des produits laitiers ne sert à rien mais en plus c’est risqué. Les autorités sanitaires sont elles autistes ? Pourquoi continuer (PNNS, AFSSA..) à recommander 3 à 4 laitages par jour ? Nous sommes nombreux à baigner dans l’acidose, or pour neutraliser l’acide, le corps mobilise citrate et bicarbonate osseux, comme ils sont liés au calcium celui-ci est éliminé dans les urines. Donc on peut dire que l’excès de protéines animales (aliment acide) augmente l’élimination du calcium osseux Si on suit un régime alcalinisant (fruits, légumes, peu protéines animale…) le calcium alimentaire est bien mieux absorbé. Quelques phrases pour réfléchir « 1.5 Million de bébé meurent par an de n’avoir pas été nourris au sein » « A Okinawa on vit plus longtemps et en meilleur santé, on ne mange pas de lait. » « Plus, ce n’est pas toujours mieux, car plus il y a de calcium moins il est absorbé » « On mesure ce que l’on veut bien mesurer, et on trouve ce que l’on cherche » Site proposé par www.nutrition.fr l’auteur pour lequel il est directeur de la rédaction 5