50è anniversaire du Lycée Marcel

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50è anniversaire du Lycée Marcel
50è anniversaire du Lycée Marcel-Callo
Texte de la commémoration Vendredi 16 mai de 15 h 20 à 16 h 15
Titre : Nous sommes des héritiers
1. La genèse du lycée
Parmi nous, quelques-uns ont dépassé le cap des cinquante ans, la plupart est encore loin de l’atteindre. Mais
les uns comme les autres, nous sommes des héritiers. Héritiers parce que ce lycée Marcel Callo qui nous
permet d’étudier et de travailler, ce sont d’autres que nous qui l’ont créé. Ce temps de commémoration est
une façon de rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à faire le lycée tel qu’il est aujourd’hui. Il est
aussi une façon de nous inscrire dans la succession des générations de bâtisseurs, parce que l’histoire
continue.
Pour prendre en compte toute la genèse du lycée, il faut remonter à l’année 1833. Napoléon est mort depuis
douze ans, mais la France subit encore une situation de pauvreté due en particulier aux guerres de l’Empire
et de la Révolution. Dans les campagnes bretonnes, les écoles ont presque totalement disparu. Jean-Marie de
la Mennais s’est donné un objectif : créer des écoles pour les enfants bretons.
En 1833, il vient lui-même à Redon présenter trois frères de la toute nouvelle congrégation des Frères de
l'Instruction Chrétienne. L'école primaire de Redon ouvrira le 3 novembre dans une salle du cloître SaintSauveur et le frère Nicolas en sera le premier directeur.
Pour des raisons diverses, l'école va se déplacer dans Redon. De 1840 à 1860, elle se trouve rue des Douves,
à un emplacement qu'elle quitte lors de la construction du pont de chemin de fer. De 1860 à 1871, elle
occupe des locaux dans le quartier du port, puis elle se situe à l’emplacement de l’actuelle cité
administrative. En 1887, l'école Saint-Joseph arrive à son emplacement définitif, rue Saint-Michel.
Après la guerre 1914 – 1918, trois classes situées dans le bas de la cour deviennent des ateliers. Cette
installation se révèle bientôt trop exiguë et en 1923 est construit un atelier de 45 mètres de long. Une section
technique industrielle va ouvrir en 1951 ; elle prépare à des CAP et des BEI.
Les élèves travaillent le bois et le fer, comme on le voit dans ce vieux film.
Devant la demande croissante des candidats, la Congrégation des frères décide de construire un autre
établissement sur un terrain de deux hectares acheté à la famille Gringoire.
2. La première rentrée en 1964
Le 23 mai 1963, est bénie la première pierre et en septembre 1964 a lieu la première rentrée à l'école
technique Saint-Joseph.
Le 22 février 1965, Monseigneur Riopel bénit les crucifix qui seront apposés dans les différents locaux. Les
cuisines et les réfectoires sont mis en service en avril de cette même année mais il faudra attendre le 30
septembre 1966 pour que les internes puissent intégrer les trois étages de chambres de l'avenue Étienne
Gascon.
Lors de la première année scolaire, les élèves sont au nombre de 294 dont 152 internes. 110 jeunes sont en
lycée technique et 184 en lycée professionnel. Les professeurs sont au nombre de 17, sous la direction du
frère Hubert.
En lycée technique, les élèves préparent un baccalauréat de technicien en construction mécanique ou en
électrotechnique, en lycée professionnel, ils préparent un CAP d'ajusteur ou d'électricien monteur. La filière
«menuiserie » est présente, mais elle fermera en 1969.
3. Le nom « Marcel Callo » en sept. 1968
Pendant les quatre premières années, le lycée technique a porté le même nom que le collège : Saint-Joseph.
Des confusions de plus en plus nombreuses entre les deux établissements ont incité les frères à donner un
autre nom au lycée technique. Leur choix s'est porté sur le nom de Marcel Callo.
Ce garçon était beaucoup moins connu à l'époque qu'il ne l'est aujourd'hui. Son nom a été choisi pour trois
raisons :

Il est né et a vécu à Rennes, rue des Tanneurs, mais sa famille était originaire du pays de Redon :
sa maman de Peillac, son père de Saint-Vincent sur Oust et il venait régulièrement chez ses grands-parents
pendant les vacances d'été.

Par ailleurs, il a exercé un métier technique. Après son certificat d'études primaires, il est rentré
comme apprenti à l'Imprimerie Provinciale de l'Ouest et pendant huit ans, il va exercer le métier de
typographe.

Enfin, c'était un garçon chrétien, qui a eu à cœur de mettre en pratique sa foi chrétienne, dans sa
vie personnelle, mais aussi dans ses engagements au sein du scoutisme puis de la Jeunesse Ouvrière
Chrétienne. Cet engagement, il l'a poursuivi en Allemagne, dans le cadre du STO, ce qui lui vaudra d'être
condamné avec onze compagnons pour leur action catholique clandestine. Sa mort au camp de Mauthausen a
montré que son engagement fut total.
C'est pour toutes ces raisons qu'en septembre 1968, les 419 élèves et les 30 professeurs firent leur entrée
dans un lycée qui se nommait désormais « Marcel Callo ».
4. Les élèves, Les professeurs et les personnels
Au fil des années, le nombre des élèves va régulièrement augmenter, comme le montre le graphique à
l'écran. La fin du vingtième siècle voit le franchissement de la barre des 900 élèves puis ce nombre décline
peu à peu jusqu'en 2011 – 2012 où il n’est que de 709. Depuis trois ans, les effectifs sont à nouveau à la
hausse et très probablement, ils dépasseront largement le nombre de 800 à la rentrée prochaine.
Dans les 25 premières années, environ la moitié des élèves était interne ; le record en ce domaine date de
l'année 1980 – 81 avec près de 59% d'internes. Cette proportion a diminué, mais c'est toujours plus du tiers
des lycéens qui passe quatre nuits par semaine à l'internat.
Depuis les débuts, la population du lycée Marcel Callo est très largement masculine. Elle l'était même
exclusivement jusqu'en 1979 puisque c'est en septembre de cette année-là que Régine Coulon, avec un grand
courage, intègre la classe de BEP automobile. Du côté des adultes, c'est en 1968 que Jeanine Gaudin a osé
s'aventurer dans la salle des professeurs et aujourd'hui, parmi les 135 personnes qui travaillent au lycée
Marcel Callo, on compte 48 femmes.
Pour la joie des anciens et la curiosité des plus jeunes, quelques photos de classes et de l'équipe éducative,
professeurs et personnels, dans les années passées.
5. Les filières
La vie invite à une adaptation et à une création permanente. Ce qui est vrai pour les hommes l'est également
pour un lycée. La série des ouvertures ou évolutions de classes ou de filières en est une illustration. Certaines
classes ne seront présentes au lycée que quelques années, d'autres existent encore. Au fur et à mesure de leur
énoncé, chacun pourra repérer la sienne.
 (Jo) En 1964, le lycée professionnel préparait à trois C.A.P (Certificat d'Aptitude Professionnelle) : ajusteur,
électricien-monteur, menuisier. Le lycée technologique préparait trois B.E.I (Brevet d'Enseignement Industriel) :
en mécanique générale, électricité, menuiserie. Les BEI deviendront Brevet de technicien, et seront remplacés en
1967 par les bacs F1, en construction mécanique, et F3, en électrotechnique.
 (Isabelle)En 1969 : Ouverture d'un BEP électromécanique.
 (Jo) En 1970 : BEP mécanicien-monteur.
 (Isabelle) 1978 : BEP automobile
 (Jo)1982 : Mention complémentaire diésel et CAP électricité auto, mention complémentaire Circuits
Oléohydrauliques et pneumatiques.
 (Isabelle) 1983 : Mention complémentaire mise au point moteurs et Bac F2 Electronique.
 (Jo) 1984 : Formation complémentaire Logique Non Cablée.
 (Isabelle) 1985 : Mention complémentaire Commande numérique
 (Jo) 1986 : BEP Maintenance des Systèmes Mécaniques de Production, BEP Opérateur Régleur sur Système
d'Usinage et BTS Maintenance Industrielle.
 (Isabelle) 1988 : Baccalauréat Professionnel Productique et formation Post BTS.
 (Jo) 1990 : Baccalauréat E, Mathématiques et Technique
 (Isabelle) 1991 : Baccalauréat Professionnel Maintenance Automobile.
 (Jo) 1993 : Baccaulauréat Professionnel Equipement et Installations Electriques. Baccaulauréat Professionnel
Maintenance des Systèmes Mécaniques Automatisés. Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles Adaptée aux
Techniciens Supérieurs, la première en France pour l'Enseignement Catholique.
 (Isabelle) 1994 : Le Bac E devient Bac S, option Sciences de l'Ingénieur.
 (Jo) 1997 : BTS Electrotechnique.
 (Isa) 2006 : Formation complémentaire Mécanique de Compétition option Préparation moteurs.
 (Jo) 2007 : CAP Mécanicien Cellules d'Aéronef.
 (Isabelle) 2008 : CAP Maintenance des Véhicules Automobiles.
 (Jo) 2010 : Baccalauréat Professionnel Technicien Aérostructures.
 (Isabelle) 2011 : Les anciens Baccalauréats Technologiques sont remplacés par les Baccalauréats Science et
Technologie de l'Industrie et du Développement Durable.
6. Les bâtiments
Pour faire face à l'augmentation du nombre d'élèves et à l'évolution des filières, il a fallu construire de
nouveaux bâtiments et aménager les anciens, des morceaux s'ajoutant les uns aux autres dans une sorte de
chantier perpétuel comme nous le voyons à l'écran.
Tout cela donne au lycée Marcel Callo un côté « labyrinthe » qui fait la joie ou l'angoisse des élèves de
Seconde le jour de la rentrée, et parfois même les suivants.
Difficile de mettre en évidence un bâtiment plutôt qu'un autre. Signalons toutefois en 1993 la construction de
la salle de sport et en 2001 l'achat du foyer des Bruyères. Au printemps 1987, la Communauté des frères qui
occupait l’actuel bâtiment C avait déménagé dans la résidence actuelle, libérant de l’espace pour des salles
de classe. Ces trois opérations ont permis une extension du lycée, toujours trop à l'étroit dans les deux
hectares initiaux.
7. Le matériel
Quant au matériel, rien de tel qu'un diaporama pour illustrer son évolution. A chacun, s'il le peut, de mettre
un nom sur ces drôles de machines et d’équipements.
8. Quelques événements emblématiques
En-dehors de l'évolution des filières, les cinquante années du lycée ont été marquées par de nombreux
événements. Parmi ceux-ci, nous en avons retenu trois.
Le 4 octobre 1987, à Rome, Jean-Paul II béatifiait Marcel Callo. Une cinquantaine de jeunes et adultes
représentaient le lycée à cette célébration qui faisait du jeune ouvrier peu connu un modèle pour tous les
chrétiens. Au cours de l'année 87 – 88, sous l'égide des frères Rémy Harel et André Richard, un spectacle fut
créé et présenté dans l'église Saint Sauveur de Redon et aussi à Rennes devant plusieurs milliers de
spectateurs.
En 2008, au lycée et dans la salle où nous nous trouvons était célébré le 20è anniversaire de la béatification
de Marcel Callo. (laisser passer les diapos)
Le deuxième événement, est la rénovation en 2000 – 2001 de l'ensemble de l'atelier mécanique. Pour ce
faire, il a fallu vider en totalité les ateliers, refaire une chape au sol, aménager les plafonds. Ce gros chantier,
dans l'atelier des origines, est emblématique de tous les aménagements qui ont été et sont encore réalisés
dans les différents secteurs du lycée.
Le troisième événement est le démarrage, en 1984, du « Trois fois rien », une sorte de bicyclette à trois ?
roues qui deviendra le projet Hélios.
Le lycée Marcel Callo ne serait pas ce qu'il est sans tous les projets éducatifs ou péri-scolaires qui apportent
un plus à la formation de base.

Véhicule fonctionnant à l'huile de colza,

Projet Roumanie, puis Moldavie, avec en 1993 le premier voyage de 12 élèves et 4 adultes

vers Teslin et Curtisoara, puis l'accueil à Marcel Callo de professeurs et d'élèves moldaves.

Séjour dans les Vosges ou à la Cité Saint-Pierre de Lourdes.
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Compétition autosprint, puis projet Campus.
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Eclairage du fauteuil roulant de Stéphane Letournel.
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Trophée E=M6.
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Course Solidari-Santé.
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Electriciens solidaires.
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Club théâtre

Parrainage entre élèves

Propositions pastorales au Mont Saint-Michel ou en abbaye, à Quiberon ou chez

les Petites sœurs des pauvres.
Sans oublier les voyages scolaires et les activités proposées aux internes, en particulier le VTT.
De tous ces projets, Hélios est emblématique du fait de sa durée et des succès remportés, par exemple le
premier record du monde de 1998 :1383 km parcourus avec un litre de diésel.
9. Personnages emblématiques. Hommage et reconnaissance
Après les événements, parlons des hommes et des femmes qui ont construit le lycée et qui l’ont fait vivre
avant nous. Et pour leur rendre hommage à tous, nous avons choisi également quelques personnages
emblématiques.
D'abord, les frères qui, à la suite de Jean-Marie de La Mennais, ont consacré leur vie à Dieu en se mettant au
service des jeunes. Merci à eux tous. (applaudissements)
Ensuite, les directeurs. Le frère Hubert, de 1964 à 1968. Le frère Jean Pelu, de 1968 à 1975. Le frère Joseph
Bouget, de 1975 à 1986, puis de 1989 à 1996. Le frère Yves Caillère, de 1986 à 1989. Le frère André
Richard, de 1996 à 2004. Vincent Maisonneuve, depuis 2004. Merci à eux tous (applaudissements)
Je voudrais également citer trois personnes pour représenter toutes celles et ceux qui ont travaillé au lycée
dans le même domaine :
Le frère Pierre Gautier, CPE et responsable de l'internat pendant 27 années, présent 24 h / 24. Merci à toi
frère Pierre. (applaudissements)
Raymond Gaudin. Raymond a été élève au lycée, puis il y a accompli toute sa carrière professionnelle, soit
45 années au total. Un record jusqu'à aujourd'hui. Merci à toi Raymond. (applaudissements).
Jean Duret, était professeur dans la section technique du collège. Il a connu le transfert de 1964 puis il a
effectué toute sa carrière au lycée. Merci à toi Jean. (applaudissements).
Et puis il y a ceux qui sont décédés. Pour les représenter, deux visages : celui de Jean Gallen qui nous a
quittés le 14 mai 2007 et celui du frère André Richard qui est décédé le 6 février de cette année. Deux
visages et, pour illustrer l'esprit dans lequel ils ont travaillé, une prière de l'éducateur, prière qu'ils auraient
sans aucun doute prononcée. Chacun s'y associera dans la mesure qu'il décide. Pour leur rendre hommage, à
eux et à tous ceux qui ont fait notre lycée, je vous propose de vous lever.
Seigneur,
Tu nous donnes d'accompagner les enfants et les jeunes.
Ils ont reçu de toi le don de la vie toujours nouvelle et ouverte sur l'avenir.
Ton Esprit les pousse à avancer dans avec une soif d'amour, de bonheur et de sens.
Tu leur donnes énergie, créativité, dynamisme et générosité.
Au milieu de multiples sollicitations et d'une pluralité de modèles ils cherchent comment construire leur vie et
avancer malgré les peurs et les obstacles.
Apprends-nous à leur transmettre le témoignage de notre foi et le sens du service des autres.
Donne-nous d'être témoins de ton Espérance qui ouvre sur un chemin de l'Amour, de Paix et de Joie.
Mets en nous les attitudes du Christ qui accueille et aime, forme et enseigne, encourage et relève, console et
guérit. Amen.
10. Le lycée dans le Réseau mennaisien
Le lycée Marcel Callo fait partie du grand ensemble que l’on appelle « Réseau mennaisien ». Dans ce réseau,
le frère Louis Seité est le provincial, c'est-à-dire le responsable de la Province Saint Jean-Baptiste qui couvre
la France, l’Angleterre, l’Italie, la Polynésie et, dans une certaine mesure, l’Afrique de l’Ouest. Et le frère
Joseph Bouget en est aussi un représentant symbolique. Le frère Joseph a effectué une longue carrière au
lycée Marcel Callo comme professeur, chef des travaux et directeur. Depuis son départ du lycée il mène une
retraite active au Togo et au Sénégal. Il arrive du Sénégal pour fêter avec nous les 50 ans du lycée.
11 En route vers le futur : Conclusion.
Le plus jeune élève du lycée (Augustin– 2 GT, né le 14/09/1999)
Annonce de l’équipe gagnante du jeu des 50 bougies.
Texte rédigé par Jean-Michel BARON