Des gens extraordinaires

Transcription

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« La raison d’être d’une organisation est de permettre
à des gens ordinaires de faire des choses extraordinaires. »
Peter Drucker
Des gens extraordinaires
Des entretiens différents
Depuis 2010 le CAFOC de Versailles est organisme valideur dans le cadre du
dispositif Différent et Compétent*.
Le CAFOC a organisé trois sessions de jurys et ainsi validé des compétences
professionnelles pour une quarantaine de travailleurs en ESAT.
..
..
Les entretiens devant le jury de validation se déroulent dans nos locaux.
Le jury est composé d’un directeur d’ESAT et d’une personne du CAFOC (Sylvie Gillodts ou Michaëlla Gallozzi)
Le travailleur est accompagné par le moniteur d’ESAT avec qui il a constitué son dossier de preuves.
Le protocole suivant s’applique à tous les entretiens :
Une phase d’accueil (présentation des personnes du jury, du déroulement de l’entretien et de ses objectifs) suivie
d’une phase de mise en confiance du candidat où celui-ci se présente et durant laquelle sont abordés des sujets
tels les déplacements, les loisirs…
L’entretien commence vraiment quand le travailleur nous présente son dossier, nous commente les différentes
photos qui y figurent et quand nous commençons à lui faire expliciter la manière dont il s’y prend pour réaliser
ses activités.
Nous reprenons ensuite le référentiel de compétences pour examiner et valider les compétences surlignées par le
moniteur et considérées par lui comme acquises.
Enfin nous recherchons tous ensemble des mises en perspective pour que le travailleur continue son parcours de
développement de compétences en accord avec son projet personnel.
Si la procédure est la même pour tous, chaque entretien est particulier.
Accueillir :
Dans le cadre des jurys que nous mettons en
place, accueillir est une fonction centrale,
déterminante pour la suite du travail. Celle-ci
se décline au moins sous trois angles :
.
accueillir physiquement, en prenant soin du
confort matériel des intéressés : un café et des
petits gâteaux sont mis à leur disposition par
notre secrétaire, Françoise Maillet, dans la salle
« d’attente » ; de l’eau et des gobelets sont à
disposition dans la salle du jury.
.
accueillir au début de l’entretien en qualité
de représentants de l’Education Nationale
et de valideur : il s’agit de réaffirmer notre
positionnement institutionnel vis à vis du
candidat, du moniteur et du directeur d’ESAT
tout en préservant la fluidité et la spontanéité
des échanges.
.
accueillir psychologiquement : mettre à l’aise,
en confiance, en échangeant quelques phrases,
en questionnant sur l’état d’esprit dans lequel
se trouvent les personnes concernées, sur leur
ressenti à quelques minutes de l’entretien.
Cela n’empêche pas la peur de
passer devant un jury…
*Site : www.different-et-competent.org
3
Faire dire la compétence :
S. est jeune, jolie et ne présente pas de handicap
visible. Sa parole est aisée.
Au fur et à mesure de l’entretien je prends conscience
d’une logorrhée et d’une répétition sans fin des
mêmes paroles, comme un disque rayé.
Je me pose la question : comment aller plus loin
dans la discussion, lui permettre de ne pas se répéter
mais de donner des éléments supplémentaires sur
les actes qu’elle a l’habitude de faire sans avoir
forcément pris conscience des compétences que
cela exige ?
Savoir repérer tous les petits
détails mettant en valeur la
personne :
G.T. a fait des études, il a son BEPC, un CAP/
BEP de plombier chauffagiste, a occupé des
emplois en contrat aidé.
Dans son dossier il a écrit : « mon projet est de
rester en ESAT dans la cuisine ».
L’activité décrite est simple : préparation d’une
entrée ( découpe du pâté et mise en assiette ).
Durant l’entretien F.P. parlera de son parcours. Il
s’agira d’écouter, d’entendre son besoin d’une
figure paternelle trouvée dans la personne
de son moniteur, et son besoin de protection
d’un univers extérieur vécu comme menaçant,
assuré par l ‘ESAT.
Faire des tâches simples le rassure et cela n’est
pas si facile à valoriser.
Effacer et laisser le tableau
de ses pensées vierge de tout
pour se rendre disponible à
chaque nouvel entretien.
Le périmètre des activités de V. est
très limité. Elle effectue le montage de
petits objets en kit destinés à la vente,
conformément à un modèle toujours
semblable.
Elle articule très difficilement et la
comprendre est compliqué. Son moniteur
se fait souvent interprète. L’entretien aura
demandé une concentration extrême et les
activités prises en compte dans le cadre de
l’évaluation auront été très restreintes.
F. succède à V. D’abord très réservée et
modeste puis progressivement de plus en
plus expressive, elle aborde sa vie hors
l’ESAT, ses responsabilités vis à vis de son
enfant qu’elle assume seule, ses démarches
pour scolariser cette petite fille.
Elle évoque son propre parcours de
formation (niveau CAP), ses différents
emplois en milieu « ordinaire », son projet
d’aller vers les métiers de services à la
personne. Si le référentiel qui sert de base
à l’évaluation ce matin là est le même pour
les deux candidates, l’écoute de la personne
dans son ensemble, le travail d’empathie
nécessaire, contraignent à opérer en
quelques instants un effort d’adaptation
singulier au langage, aux capacités
intellectuelles, à l’univers personnel de
l’autre …
Contrôler ses émotions :
P. a apporté tout le matériel de montage d’un
robinet de régulation à bille et monte devant nous
ce robinet en nous expliquant toutes les phases du
montage, les précautions à prendre.
Je suis touchée par la délicatesse de ses gestes, par
la confiance qu’il nous donne à nous, membres du
jury , un court moment, l’émotion monte.
Je l’identifie, respire et reprend ce pour quoi je
suis là : faire expliciter des tâches journalières pour
reconnaître les compétences d’une personne.
4
Vers la fin de l’entretien, C. jeune homme trisomique,
parle de son père. C’est pour lui faire honneur
qu’il a voulu participer au dispositif Différent
et Compétent et lui montrer ses compétences
au travail. Je suis touchée par sa candeur et ses
confidences.
Des gens extraordinaires
Soutenir :
B. est seule dans le centre de ressources
pendant que sa monitrice est avec une de ses
collègues en entretien.
Lorsque je passe la voir elle m’interroge sur
le jury : est-ce comme pour un concours ou
comme pour un examen ? sera-t-elle notée ?
Je passe un moment avec elle pour répondre
à ses questions, la rassurer, l’interroger sur ce
qu’elle a vécu précédemment. Elle a un BEPC
et une expérience de concours de catégorie C
dans l’administration.
Nous travaillons toutes les deux sur la
comparaison entre ces différents types de jurys
en essayant de déterminer ensemble ce qui les
différencie.
Forte de savoir distinguer les différents types
de jurys, elle ira plus sereine à son entretien.
Avoir de l’imagination :
A. est sourde mais répond aux questions qu’elle
comprend. Elle ne veut surtout pas contrarier
ses interlocuteurs et répond « oui » lorsqu’elle
ne comprend pas les questions.
Comment entrer en vraie communication avec
elle ?
Je me place face à elle, mime des gestes de
repassage en lui demandant de me montrer
comment elle s’y prend. Pour qu’elle explique
les différents temps de sa journée je lui
montre un agenda et elle nous explique en
fonction des jours ce qu’elle fait à l’atelier
lingerie.
Quand nous validons les compétences
cochées par son moniteur et elle même dans
son livret, elle semble perdue malgré mon
doigt qui lui montre où l’on en est. Nous
parlons à trois : le moniteur, le directeur et
moi et je la sens exclue de cette partie de
l’entretien.
A la fin de l’entretien le directeur d’ESAT dira
à son moniteur qu’il aurait été préférable
que A. montre son travail dans son atelier,
qu’elle se serait sentie plus valorisée en
passant devant un jury sur place.
L’exclusion au moment de l’examen du
référentiel aurait-elle été évitée ?
Aller au-delà du handicap,
écouter et entendre qui est là, derrière le masque :
J.M. entre et j’ai du mal à le regarder : il a été opéré d’un bec de lièvre et la cicatrice fait que sa lèvre
supérieure ne cache pas ses dents de devant ni son palais.
Il a des difficultés d’élocution et j’ai du mal à le comprendre.
Je réalise que je le comprends mieux quand je ne le regarde pas. La vision de sa bouche m’est douloureuse
et m’empêche de bien comprendre ce qu’il dit. Je prends donc des notes pour mieux me concentrer sur
sa voix.
M.B. est une jeune femme trisomique d’origine africaine. Dès les premiers échanges, je réalise que je ne peux
pas comprendre la bouillie de mots qui sort de sa bouche. Sa monitrice qui est habituée à son langage nous
traduit au fur et à mesure ce qu’elle nous explique.
5
Des gens extraordinaires
Et le moniteur dans cet entretien ?
Le souci du respect du travail du moniteur est important : une alliance s’est construite lors de l’élaboration du livret qui est à mettre
en valeur et à respecter .
Le moniteur, souvent, fait décrire une par une les photos du livret, il prend soin de recopier en majuscules tous les propos du
travailleur pour que celui-ci, s’il ne sait pas écrire, puisse taper à l’ordinateur ce qu’il dit. Cette délicatesse dans l’accompagnement
du travailleur est à souligner.
Si je reprends le cas de G.T. qui ne réalise que des tâches simples en cuisine, l’aide du moniteur est précieuse pour nous aider à faire
des préconisations adaptées à la personne et au contexte professionnel.
Souvent le moniteur est là pour rappeler ce que la personne a fait dernièrement, rassurer, traduire lorsque le langage est difficile
à comprendre mais il reste dans l’ombre. Le travailleur reste le plus possible autonome.
Ce n’est pas toujours facile pour le moniteur d’accepter l’indépendance de celui ou celle qu’il accompagne.
Je me souviens de E. qui réalise des sacs dans l’atelier maroquinerie de son ESAT depuis 20 ans.
Sa monitrice répond à sa place, je pose volontairement des questions simples mais je finis par m’inquiéter :
mes questions sont-elles adaptées ?
Je suis obligée de dire à la monitrice que je m’adresse à la travailleuse et que j’attends des réponses de E.
A la fin de l’entretien la monitrice dira que E. ne peut rien faire sans son assentiment. Comment s’en étonner ??
Vivre la réciprocité
En tant que membres du jury, nous avons partagé des valeurs communes avec le dispositif Différent et
Compétent, nous avons été garants du sens donné aux reconnaissances des compétences des travailleurs.
Cela nous a permis de réaffirmer des valeurs communes entre collègues du CAFOC, de ré-interroger nos
pratiques, de partager nos savoirs.
La rencontre avec les travailleurs en ESAT, nous a posé des questions imprévues ; elle nous a placée dans une
posture de chercheurs et nous a permis souvent de changer de perspective, et finalement d’être changées.
« La richesse c’est la conscience de son manque »*.
La reconnaissance des acquis de l’expérience par des jurys « différents », et qui, pour être « compétents »…
…sont amenés à conduire les activités, et à mobiliser les savoirs, savoir-faire, savoir-être suivants :
ACTIVITÉS
COMPÉTENCES
Prendre connaissance avant et pendant l’entretien du livret
construit par le travailleur.
Analyser les apports en question ( écrits et oraux) et en
inférer les compétences correspondantes.
Questionner afin d’amener le candidat à expliciter/confirmer
les éléments apportés.
Apprécier au regard du référentiel la conformité des
compétences du candidat.
Délibérer en vue de reconnaître les compétences et niveaux
de compétences acquis.
Délibérer en vue d’émettre des pistes de développement de
compétences complémentaires.
Connaître les différents types de handicaps et leur impact
possible en situation d’entretien.
Connaître la procédure RAE dans le cadre de D et C et le
déroulement de la procédure.
Connaître l’environnement et les situations de travail traitées
dans le cadre de fonctions exercées en ESAT.
Savoir déduire des savoirs, savoir-faire, savoir être à partir de
la description d’une activité exercée.
Savoir conduire un entretien semi-directif d’explicitation de
l’activité.
Savoir adapter son registre de communication à celui du
candidat (quelle que soit la maîtrise du langage dudit
candidat).
Savoir être attentif à l’expérience singulière d’un candidat
singulier.
Savoir écouter de manière empathique.
Connaître le référentiel pris en compte dans l’évaluation
considérée.
Savoir établir un lien entre les compétences inférées du
candidat et les compétences attendues dans le référentiel
(y compris quand le matériau verbal livré par le candidat est
restreint).
Savoir argumenter son point de vue et participer à une
décision collégiale (en tenant compte des répercussions
émotionnelles que le résultat de la délibération pourra avoir
chez le candidat).
Savoir conseiller, préconiser en vue d’un développement
de compétences à venir (en prenant en compte la
faisabilité, pour l’équipe de l’ESAT, et pour l’intéressé, de ces
propositions).
Michaëlla GALLOZZI
Formatrice/Coordinatrice du dispositif D et C
CAFOC de Versailles
[email protected]
Sylvie GILLODTS
[email protected]
Franck CHARRON
Directeur du CAFOC de Versailles
[email protected]
6
*Claire Héber-Suffrin co-fondatrice des RERS (réseau des échanges réciproques de savoirs) lors du séminaire de Chartres des 20 et 21 octobre 2011.
Des gens extraordinaires
Un partenariat solide
avec
En 2011, l’Hôtel NOVOTEL de la Tour Eiffel
accompagné par la mission handicap du groupe
ACCOR, s’était engagé dans une politique
volontariste de recrutement de personnes en
situation de handicap sur des postes de femme
de chambre.
Cette formation de 400 h en alternance centre/
entreprise correspond bien aux besoins des
entreprises car elle est souple et modulable
et permet de préparer des candidats à être
opérationnels sur un poste bien identifié afin
d’être recrutés en CDI.
Cet hôtel possédait plusieurs atouts : une
équipe soudée, une forte volonté pour
mettre en place un projet exemplaire et des
intégrations réussies de salariés handicapés,
il y a déjà en effet une femme de chambre
malentendante et la gouvernante générale
avait fait l’effort d’apprendre la Langue des
Signes Française.
A l’issue de la formation, cinq personnes ont
été embauchées.
Il a donc été recruté un groupe de 9 personnes
qui a bénéficié d’une formation dans le cadre
d’un dispositif financé par le Pôle Emploi, la
Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE).
Quelques parcours exemplaires :
M G, 27 ans, sans beaucoup d’expérience professionnelle, ayant fait des petits boulots, a passé tout
l’entretien de recrutement tête baissée, les yeux rivés
au sol, mais a su convaincre l’équipe de l’hôtel qui a
décidé de lui donner sa chance.
Au cours de sa formation, il a su montrer toute sa
motivation et malgré ses difficultés relationnelles
7
Des gens extraordinaires
l’hôtel lui a trouvé un autre emploi plus adapté à sa
personnalité et petit à petit il s’est épanoui au sein
d’une équipe empathique.
A l’issue de la formation, Novotel lui a proposé un
poste qu’il occupe toujours avec entrain
Mme I, 42 ans, malentendante, avec une expérience parcellaire dans la restauration et dans le
nettoyage, est arrivée avec son tempérament très
extraverti. Pendant la formation, elle a su se rendre
indispensable et tout l’étage la connaissait, elle a
contribué à la bonne ambiance et la bonne intégration de ses collègues. D’ailleurs elle a été moteur lors
de la journée de la diversité organisée par l’hôtel en
animant le stand surdité.
Elle est toujours actuellement en emploi malgré un
temps de transport dépassant l’heure et demi.
L’expérience avec ce groupe a laissé de bons
souvenirs puisque la gouvernante générale
nous a de nouveau sollicité pour renouveler
l’expérience dans un nouveau site dont elle a
pris la responsabilité. Toujours accompagné
par la mission handicap du groupe, très active
et très dynamique, l’hôtel a prévu de recruter
12 personnes en situation de handicap. Ce
nouveau projet est encore plus ambitieux car la
formation doit répondre à des besoins beaucoup
plus exigeants compte-tenu des nouvelles
installations dans les chambres.
Cette formation doit permettre d’expérimenter
un nouveau process de nettoyage. En prenant
en compte les remarques et préconisations des
responsables et de la gouvernante en lien avec
les femmes de chambre, il est prévu de réaliser
un support visuel simple et explicite qui serait
ensuite utilisé comme vade-mecum par tous
les salariés intervenant dans l’entretien des
chambres.
Il est prévu aussi de faire valider les acquis de
cette formation par l’obtention d’un certificat de
qualification professionnelle délivré par le CNEP/
H-ADEFIH.
Une centaine d’heures supplémentaires financée
par l’Agefiph rajoutées aux 400 h de la POE
permettra de bien préparer dans de bonnes
conditions les candidats retenus.
© www.germanguzman.com
8
Anne VERGER
Référence académique Handicap (académie de Paris)
Conseillère en formation continue
GRETA M2S
tel : 01 53 68 06 92
Des gens extraordinaires
« Insertion professionnelle des
personnes avec autisme »,
avec le réseau de santé AURA 77
et le réseau des GRETA de l’académie de Créteil
Contexte :
Afin de répondre à la demande de formation
en vue d’une insertion professionnelle des
autistes de haut niveau, le réseau de santé
AURA 77 et le réseau des GRETA de l’académie
de Créteil proposent de mettre en place des
formations individualisées à destination de
ces personnes. Cette démarche s’appuie
notamment sur une demande très forte des
associations de parents.
Les missions des partenaires
AURA et GRETA :
AURA prend en
charge le recrutement des personnes
susceptibles d’entrer dans le projet
en fonction de :
.
leur pathologie et
des difficultés d’interactions sociales qui
en découlent,
.
leurs centres d’intérêts, compétences
et potentiel d’acquisition,
.
de leur capacité
à supporter les
contraintes.
Cette sélection met en avant
le projet professionnel des
personnes et les besoins en
termes de suivi (quel service
de soins et d’accompagnement, mobilité…etc.), d’adaptation du poste et des conditions de travail…
AURA 77 assure la
formation des différents
intervenants :
.
T uteur
des
techniques des
formation.
.
.
plateaux
lieux de
Tuteurs des entreprises.
Le GRETA assure l’interface
entre AURA77 et les formateurs, il apporte son expertise
en termes de construction du
projet professionnel lorsque celui-ci n’est pas
finalisé ou qu’il est irréaliste, donc à redéfinir.
.
Il dispense les formations professionnelles
choisies au sein des différents plateaux
techniques à disposition dans le secteur
géographique des personnes. Il mobilise pour
ce faire, autant que possible le droit commun,
en sollicitant l’intervention de l’AGEFIPH sur
la compensation du handicap, notamment
le renforcement de l’accompagnement
des stagiaires ; Les formateurs spécialisés
bénéficient d’une formation spécifique aux
troubles envahissants du développement
assurée par AURA 77.
9
Des gens extraordinaires
plateaux techniques (en
formation) et dans les
entreprises.
Ils doivent également
être personne ressource
pour les intervenants
(formateurs et tuteur
entreprise).
.
En tant que coordonnateur du dispositif, le
Greta mobilise son réseau d’entreprises afin de
favoriser l’accueil des personnes concernée par
le projet ; et met en place un suivi personnalisé
en centre et dans les entreprises (suivi en lien
avec le service de soin).
Les autres partenaires du projet :
Les services de soins et d’accompagnement
spécialisé : afin de conserver les repères des
personnes autistes, il est important que les
services de soins et d’accompagnement en
charge du suivi spécialisé des participants,
soient
associés
à
l’accompagnement
renforcé mis en place par le GRETA sur les
Ils sont amenés par
exemple à faciliter les démarches administratives
liées à la formation.
Les tuteurs des entreprises : leur mission est
le suivi quotidien des
stagiaires.
Ils vont recevoir une
sensibilisation par le réseau de santé AURA 77,
afin de leur permettre :
.
.
.
.
.
d’identifier le potentiel des stagiaires,
de valoriser leurs compétences et l’acquisition des gestes professionnels requis,
de comprendre leurs difficultés spécifiques,
de faciliter ainsi leur intégration en milieu
professionnel en adaptant éventuellement le
poste et les conditions de travail,
de repérer, comprendre et gérer autant que
possible les situations difficiles.
Ces tuteurs bénéficient en outre d’un soutien
spécifique lors des journées d’analyse des
pratiques.
Lors de la semaine de « l’emploi des personnes
handicapées » en novembre prochain, une
journée conférence est prévue sur le thème
de l’insertion professionnelle des autistes et le
réseau des GRETA de Créteil est partie prenante
dans l’organisation de cette manifestation.
Christiane CLERGUE
Référence académique Handicap (académie de Créteil)
Conseillère en formation continue
GRETA MTI77
tel : 01 60 23 44 77
10
Des gens extraordinaires
L’oiseau qui
conduisait
l’entretien
F. ne découvre pas aujourd’hui, jour de son entretien avec le jury, les locaux du Cafoc.
Il est venu « en reconnaissance » une semaine auparavant, accompagné de deux des personnels encadrants de
l’ESAT. Il ne s’agit pas de le mettre à l’aise mais de savoir si l’ergonomie de son fauteuil lui permettrait de franchir
les différentes portes du CAFOC, celles des sanitaires incluses…
La conclusion de la visite est partiellement satisfaisante et F. d’un éclat de rire de préciser : « on viendra avec le
pistolet si j’ai besoin d’aller aux toilettes ! »
Le jour venu, il est familier des lieux, expansif, rieur et plaisante avec Françoise à l’accueil ; séducteur aussi, ne
manquant pas de répéter qu’il est à la recherche d’une compagne et que c’est peut-être ici qu’il trouvera l’âme sœur.
F. travaille depuis 15 ans à l’ESAT. Il y est employé à l’équipement de livres (protection, reliures simples) pour
des bibliothèques, des C.E., des musées, des écoles. Son handicap moteur le contraint à un appareillage lourd.
Ses mouvements sont saccadés. La tenue de son buste en position droite est difficile, et une de ses mains est
très déformée. Le haut de son corps est particulièrement mobile, instable, et son élocution est parfois peu
intelligible.
F. plaisante, il aime faire rire. Dès les premiers instants l’entretien est habité par son humour. Mais j’aborde
l’échange obnubilée par son corps abîmé.
Son dossier de RAE ( reconnaissance des acquis de l’expérience) est extrêmement soigné, transcrit par lui-même
( ce qui n’est pas toujours le cas) avec l’outil informatique. Il y a passé deux mois et le résultat est saisissant du
point de vue esthétique, notamment.
L’esthétique par ailleurs est, à ses yeux, une dimension importante de son travail. Il attend de ses livres qu’ils ne
soient pas que techniquement bien reliés mais aussi qu’ils soient beaux.
F. aime entrer en relation et le dit : « en équipe je suis diplomate, je sais m’adapter aux rythmes des autres. »
Nous lui suggérerons d’ailleurs de devenir référent pour les nouveaux arrivants dans son ESAT.
F. nous lance : « il y a deux ans j’ai voulu prendre mon envol. J’ai fait moi-même toutes les démarches
administratives afin de prendre un appartement indépendant ».
Son goût du travail bien fait, son expérience professionnelle et son désir d’indépendance, son autonomie suisje alors tentée de penser, m’amènent à avancer prudemment sur le terrain du travail en milieu ordinaire : « Que
penseriez-vous de stages en CE, en bibliothèques ? »
Et F. de répondre : « Je le ferais volontiers mais je ne veux pas brûler les étapes… »
Je venais d’oublier que F. était un oiseau cloué au fauteuil. Il chante, il « s’envole », rêve de « beau » et d’amour
mais il a mis tant d’années à en arriver là. La question que je me pose aujourd’hui : F. a déplacé mon regard de
son corps mutilé à ses paysages intérieurs, au point qu’au final je puisse imaginer que cet oiseau-là avait des
ailes. Mais qui donc a conduit l’entretien ?
Sylvie GILLODTS
[email protected]
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Des gens extraordinaires
Faciliter l’insertion des femmes
et handicapés en difficulté
grâce à l’accompagnement
spécifique en EEP
ORGANISME
GRETA MTE 94
DURÉE
Du 01/04/2012
au 30/09/2013
BUDGET
Total prévisionnel :
100.000 €
Cofinancement FSE :
45.000 €
45 %
CONTACT
Chef de projet :
Véronique Ponchaux
Tél. : 01 45 16 19 18
Mel :
veronique.ponchaux@
forpro-creteil.org
Axe 2 - Accès à l’emploi des demandeurs d’emploi
Sous-mesure 222 - Accès et participation des femmes au marché du travail
CONTEXTE
Les Entreprises d’Entrainement Pédagogique (EEP) franciliennes
s’engagent dans une démarche citoyenne qui vise à donner aux
personnes les plus en difficulté les moyens d’intégration sociale
et professionnelle.
En particulier, le genre, le handicap sont des facteurs discriminant
à l’embauche. Par ailleurs, les recruteurs sont en manque de
candidatures dans certains secteurs et sont souvent face à
l’inadéquation entre les compétences des demandeurs d’emploi
et les postes à pourvoir.
PUBLIC CONCERNÉ
80 femmes dont des personnes reconnues handicapées
demandeuses d’emploi, d’un niveau de qualification faible.
PARTENARIAT
Agefiph, réseau CAP Emploi, DIRECCTE Ile de France, Pôle emploi.
OBJECTIFS
Faciliter l’insertion de femmes et de personnes en situation de
handicap en les intégrant dans une formation leur permettant
de gagner confiance en eux et d’acquérir des compétences
professionnelles (techniques et en anglais), recherchées par les
entreprises.
Accueillir un public plus large par la mise à disposition de moyens
pédagogiques supplémentaires.
RÉSULTATS ATTENDUS
Gain de confiance en soi
Montée en compétences valorisée par l’obtention partielle ou
totale des titres du ministère de l’emploi pour 70% des stagiaires.
Taux d’insertion professionnelle de 60%.
Cellule FSE Académie de Créteil – http://cellulefse.forpro-creteil.org/
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Des gens extraordinaires
Le CAFOC de Créteil a mis en place
un module de sensibilisation
au recrutement et à l’accueil
d’agents en situation de handicap
Destinée aux personnes chargées d’accueil, aux coordonnateurs d’actions, aux
assistantes et aux animateurs de centres de ressources, cette formation a été
proposée depuis 3 ans dans le réseau cristolien.
.
.
.
OBJECTIFS
Comprendre la notion de handicap et la multiplicité des situations
Prendre en compte le handicap dans le processus de recrutement et l’accueil des agents concernés
Favoriser l’intégration/le maintien dans l’emploi d’un agent en situation de handicap sans
déstabiliser l’équipe de travail
CONTENUS
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.
Travail sur la notion de handicap : représentation, historique, définition actuelle
Les différents types de handicap et la multiplicité des situations
Présentation des différents cas réels : insertions réussies (par le formateur et éventuellement
participants) et insertions n’ayant pas fonctionné (par les participants)
A partir de ces cas réels, réflexion collective afin d’identifier ensemble :
- les enjeux liés à l’insertion ou au maintien dans l’emploi
- les leviers, les freins et les limites à l’insertion ou au maintien dans l’emploi d’une personne en
situation de handicap
- situations sur la notion « d’aménagement
de poste »
- quel tutorat mettre en place
Laurent GHELEYNS
Conseiller en formation continue
CAFOC de Créteil
tel : 01 57 02 66 90
[email protected]
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Des gens extraordinaires
La peur en miroir
L.S. travaille à la lingerie de son ESAT depuis 21 ans.
Elle présente dans son dossier la mise en paquets
du linge propre des personnes âgées d’une maison de retraite.
Son dossier est écrit à la main d’une écriture ronde
et très lisible. Il n’y a pratiquement pas de faute
d’orthographe. Sa monitrice souligne dans son
dossier que L. a choisi ce mode de rédaction car L.
souhaitait mettre en avant ses compétences dans
ce domaine.
L. a dû attendre seule dans le centre de ressources
durant l’heure d’entretien menée auparavant avec
sa collègue de travail. Est-ce que cela l’a perturbée ?
L’entretien commence mal.
A tous les essais d’ouverture de ma part ou de celles du directeur elle ne répond que par monosyllabes.
Le directeur d’ESAT pose des questions de plus en plus simples, de plus en plus fermées et L. s’irrite de plus en
plus. Elle répond : « Ben oui bien sûr ! » sur un ton qui monte et devient de plus en plus agressif.
Au bout d’une vingtaine de minutes, j’interromps l’entretien et propose que nous nous y prenions autrement en
rappelant à la candidate que nos questions ont pour but de comprendre son travail et de pouvoir valider avec
elle ses compétences .
Nous reprenons son livret mais c’est d’un air buté qu’elle lit ce qui est écrit.
J’arrête de nouveau l’entretien en lui expliquant notre besoin de bien comprendre son travail pour pouvoir
attester de ses compétences ; sa monitrice lui rappelle leur préparation à l’entretien.
Nous reprenons avec elle le référentiel mais le dialogue ne s’est toujours pas établi si bien qu’au moment de
valider, le directeur se tourne vers moi et me demande clairement que faire. Je panique car je réalise à cet instant
que je peux, en tant que présidente du jury, mettre fin à l’entretien et à la reconnaissance des compétences de L.
Je suis très mal à l’aise car je sais que lors d’un entretien « normal » j’aurais signifié depuis longtemps à la candidate
de retourner se préparer à l’entretien et de ne revenir qu’une fois prête.
Je sens en moi de l’irritation, voire même de la colère !! Je me sens maltraitée par la candidate et lui en veux !!
Dans quel dilemme nous met-elle ?? !! Ce serait bien la 1ère fois que nous serions obligés d’arrêter un entretien
sans résultat !! pensai-je avec une tension bien proche de la sienne !!
Tension due à la peur de ne pas réussir à atteindre l’objectif de cet entretien : valoriser la personne et ses
compétences.
Je respire, la regarde et lui dis que nous lui reconnaissons évidemment des compétences certaines et que nous
allons passer aux perspectives mais que si elle ne nous aide pas davantage, nous ne pourrons rien faire, car c’est
bien d’elle qu’il s‘agit et que nous n’avons pas à décider pour elle de ce qui est bien pour son avenir !!
Est-ce d’avoir partagé mon malaise avec elle, mais l’entretien se déroule mieux : nous apprenons dans ce dernier
quart d’heure qu’elle est la spécialiste des robes de mariée et du détachage des salissures dans les bas d’ourlets,
que sa monitrice lui fait une confiance aveugle car « je sais tout par cœur ». L.S. a envie de voir ce qui se passe dans
d’autres ESAT et pourquoi pas dans une vraie blanchisserie.
Nous lui soulignons que ce sera pour elle un « bon » moyen pour prendre confiance en elle et dans la qualité de
son travail.
Michaëlla GALLOZZI
Formatrice/Coordinatrice du dispositif D et C
CAFOC de Versailles
[email protected]
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Formez-vous
avec le réseau
des GRETA
d’Ile-de-France
Le réseau des GRETA franciliens :
une solution de proximité,
individualisée, pour tous.
FORMATION
BILAN
VAE
CONSEIL
www.greta-iledefrance.fr
Académie de Créteil
Académie de Paris
Académie de Versailles
(77, 93, 94)
T 01 57 02 67 10
[email protected]
www.forpro-creteil.org
(75)
T 01 44 62 39 00
[email protected]
http://dafco.scola.ac-paris.fr
(78, 91, 92, 95)
T 01 30 83 48 85
[email protected]
www.greta.ac-versailles.fr