eux coups de trompette firent vibrer l`air frais du matin. Devant l
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eux coups de trompette firent vibrer l`air frais du matin. Devant l
eux coups de trompette firent vibrer l’air frais du matin. Devant l’église de Saint-Georges, les jongleurs répondirent en dansant et en chantant en chœur. La cour du bon Roi Arthur était remplie de belles dames en vêtements de soie, de chevaliers vêtus de leurs plus beaux manteaux et d’enfants qui criaient et couraient gaiement. Lorsque Gaulance s’avança sur le long tapis vers l’église, un silence pesant se répandit sur la foule. À l’entrée de l’église, un esclave se baissa, lui laça ses chausses de fer qui enveloppèrent ses jambes. Ensuite, il lui enfila le haubert, une longue robe de mailles de fer qui couvrait tout son corps. Puis, l’esclave posa sur sa tête le heaume, un casque de fer. L’esclave lui noua sa ceinture en attachant son fourreau. Finalement, Gaulance se sentit prêt pour son adoubement. Il pénétra dans la poussiéreuse église noire qui était recouverte de mosaïques et de vitraux. Le Roi Arthur et sa reine Geneviève se tenaient majestueusement sur leurs trônes, comme des étoiles au cœur d’une nuit noire et obscure. Le Roi Arthur se leva avec une longue épée, aiguisée et ornée de rubis et de saphirs, à la main. Il s’approcha du chevalier : « - Gaulance, je te donne cette épée que j’ai nommée Eclair. Sache qu’elle a combattu fièrement les infidèles et qu’elle est venue en aide aux pauvres, aux femmes, et aux enfants. Faisen un digne usage au service de Dieu. » Gaulance prit l’épée dans ses mains. Dorénavant, avec le fidèle Eclair à ses côtés, s’ouvrit devant lui le chemin des prouesses et des aventures. Il sentit aussitôt une grande joie qui remplit son cœur. Puis, Gaulance baissa la tête pour recevoir un petit coup d’épée sur chaque épaule. Le seigneur l’embrassa en lançant : « - Tu es désormais chevalier. Honore les chevaliers. Donne aux pauvres. Aime Dieu. » Mais, soudain, la Reine Geneviève se leva de son trône et s’avança vers le chevalier d’un air solennel. Un silence se répandit sur la foule et tous se préparèrent pour écouter ses paroles. Avec ses longs cheveux blonds tombant à ses côtés, la belle reine Geneviève annonça, de sa voix de rossignol : « - Mon cher Gaulance, je vous ai toujours aimé comme mon fils, je vous ai élevé comme un fils. Mais, je dois vous avouer un petit détail—vous n’êtes pas mon fils, je sais que c’est un grand choc pour vous. C’est seulement aujourd’hui que j’ai le courage de vous le dévoiler. Avant de m’assaillir de questions, laissez-moi raconter mon histoire. Il y a vingt ans, le matin du 3 mai 1239, je me suis levée de bonne heure. Ma demoiselle de compagnie pénétra dans ma chambre avec un paquet sous son bras. Celle-ci déclara que ce paquet m’était adressé et qu’un personnage singulier vêtu d’une cape noire l’avait déposé à l’entrée du château. Intriguée, je déchirai l’emballage et ouvris le paquet de mains tremblantes ; un cri s’échappa de ma bouche. C’était un bébé enveloppé de linges blancs, avec de petits yeux scintillants comme des diamants, des cheveux noirs de jais, et une peau douce et blanche comme l’ivoire. Un petit sourire mignon éclaira son visage. Ce petit bébé, mon cher enfant, c’était vous. En vous prenant dans mes bras, je découvris une petite lettre sur les linges blancs. Je déchirai l’enveloppe avec des mains tremblantes et lut seulement quelques mots, quasiment illisibles, écrites en cursive : « Gardez Gaulance.» Signé « Mantozidia. » J’étais effrayée ; Mantozidia est connu comme le pire mage noir de ce monde. Il détruit tout sur son chemin et répand le mal partout. J’ai cru que vous étiez son fils, mais j’ai été tellement épris par votre charme et vous sembliez tellement bon que j’étais certaine que vous ne pourriez être le fils d’un mage aussi cruel. Voilà—je vous ai raconté votre histoire. Chaque jour, je regrette que vous ne soyez pas mon fils car vous êtes preux, courtois, honnête et courageux. Je jure sur mon royaume que vous n’êtes pas le fils de Mantozidia, mais qu’il cache le secret de votre parenté. » Au cours de ce récit, le visage du pauvre Gaulance semblait devenir de plus en plus pâle. Il ne pouvait pas en croire ses oreilles. Il n’aurait jamais pu imaginer que la femme qu’il avait appelée « mère » si longtemps n’avait été que sa protectrice. Il pensait : « Ma mère, non ma protectrice, non ma mère…. » Le pauvre chevalier traversa le seuil de l’église, les jambes tremblantes. Sous ce grand choc, il débordait de pensées confuses et il se retira comme un somnambule. A la place d’une foule joyeuse qui l’applaudissait, Gaulance était entouré de silence ; les visages de ses amis montraient leur affliction. Il pénétra dans ses appartements et s’effondra dans son fauteuil. La confusion et le chagrin régnaient dans son cœur. Ses pensées s’embrouillaient. Voulant s’échapper de cette Terre cruelle où régnait le chaos, le chevalier ferma ses yeux et pénétra dans le monde doux et beau du sommeil. Au lieu d’un beau rêve, Gaulance s’introduisit dans un cauchemar ; il se trouvait dans une plaine sans plante, herbe, ou animal, comme un désert. Quand il leva sa tête, il ne pouvait distinguer que le noir, une nuit sans étoiles ni lune. Gaulance discerna des cris aigus qui perçaient le silence du désert : un vent froid glacial lui fouetta la figure. Des centaines de corbeaux, noirs comme le jais, venaient de partout et l’enserraient comme des vautours leur proie avant de le déguster. Ces oiseaux diaboliques semblaient ricaner comme des sorcières et gazouillaient : « Garçon sans famille…. Sans mère, sans père… Tu n’es maintenant qu’un paysan…Tu ne deviendras jamais roi.» Le pauvre chevalier hurla et hurla… Il se leva d’un bond et, immédiatement, son cauchemar s’acheva. Gaulance sut que ce cauchemar reviendrait chaque nuit s’il n’allait pas défier Mantozidia en combat singulier et ainsi retrouver ses parents. Le cœur de Gaulance était lourd… Il appela son domestique et lui ordonna de préparer son cheval. « --Prépare mon cheval le plus vite possible. Et, si quelqu’un me demande lorsque je suis loin, vous pouvez l’informer de mon départ au château de Mantozidia dans le bois de Scalia. » À ces mots, le domestique devint pâle comme un fantôme et il murmura : « --Monsieur…. Mantozidia… Vous ne reviendrez jamais… Vous marchez vers votre mort. La Reine sera tellement inquiète. Monsieur, ne partez pas ! « -- Non. Je ne vais pas changer d’avis. Prépare mon cheval ! Et vite, » Le domestique s’éloigna en direction des étables, mais toujours en marmonnant : « Mon maître est devenu fou. » Le chevalier fut vite prêt. Il enfila sa cape en jetant du pain et du fromage dans son sac. Il sauta sur son cheval et disparut derrière la colline au galop, la cape au vent. …………………………………………………… Le cheval galopa pendant plusieurs jours à travers la forêt de Scalia. Le chemin semblait devenir de plus en plus étroit, les buissons de plus en plus épineux, les arbres de plus en plus hauts à mesure qu’il s’approchait du château. Gaulance pensait pouvoir entendre les loups et les renards qui ricanaient : « Voici encore un autre qui pense pouvoir vaincre le Grand Sorcier Mantozidia… Il marche vers sa mort…. Ha ha ! » En luttant contre les épines qui se cramponnaient à sa cape, Gaulance réussit avec beaucoup de peine à escalader une raide colline. Il se dressa sur son cheval et en embrassant le vaste étendu du regard, il distingua à l’horizon les tours éminentes du château de Mantozidia. Le cœur de Gaulance se remplit à la fois d’espoir et d’épouvante ; il était à près de dix minutes de son but ! Gaulance descendit la colline au grand galop. A mesure qu’il s’approchait du château, il remarquait que le domicile de Mantozidia semblait être délabré, en ruines. « Espérons que Mantozidia y habite toujours, ou peut-être estil est mort ? J’espère que oui et j’espère que non ! » s’inquiéta Gaulance en parlant à son cheval. Tout à coup, le cheval se cabra. Gaulance sortit brusquement de ses rêveries. Il attrapa les reines d’un geste habile. Il se cramponna à la selle, puis il se leva. Un cri de surprise s’échappa de sa bouche. Messire Gaulance se trouvait face à l’une des plus belles et plus féroces créatures que Notre Seigneur n’ait jamais créé : le grand Dragon de Scalia. Les yeux de ce dragon, deux grosses émeraudes, roulaient dans ses orbites comme ceux d’un fou. Des volutes de fumée dansaient autour de son long groin. Il ouvrit la gueule et poussa un grand cri aigu : ses dents, blanches comme l’ivoire, ressemblaient à des couteaux aiguisés à la perfection. Ses écailles, rouges comme le sang, scintillaient dans la lumière comme des pierres précieuses. Ses ailes, de deux ou trois mètres de long, battaient à ses côtés. Sa poitrine ressemblait à une cuirasse, et de cette énorme cage thoracique jaillissaient deux pattes délicates au bout desquelles se courbaient ses griffes, blanches comme l’ivoire. Les pattes énormes du Dragon de Scalia s’avancèrent vers Gaulance et, à chaque pas, la terre semblait trembler. La longue queue du dragon se balançait derrière lui comme un métronome dentelé. Gaulance retira Eclair de son fourreau d’un geste rapide. Au même moment, il se protégea du feu que lançait le dragon en se recroquevillant derrière son bouclier. Il porta une botte à la hanche du dragon qui tomba en arrière en hurlant de toutes ses forces. Messire Gauvain se précipita sur elle. Il enfonça son épée dans le ventre mou du dragon et tenta d’échapper au jet de sang qui éclaboussait sa tunique. Le dragon de Scalia poussa un dernier cri avant de s’enrouler dans une boule. Messire Gaulance retira son épée du corps du dragon, le décrassa sur l’herbe et le remit dans son fourreau. Debout, Messire Gaulance tenta d’essuyer ses yeux couverts de sue avec des mains trempées de sang écarlate ! Il leva ses yeux et face au spectacle qui se déroulait devant ses yeux, il ne pouvait que laisser échapper encore un petit cri d’émerveillement. Le corps hideux et imbibé de sang et de boue se métamorphosait petit à petit en corps de Dame, non pas d’une Dame de tous les jours, mais d’une Demoiselle d’une beauté captivante qui laissa le pauvre Gaulance bouche bée. Ses boucles blondes ondulaient à ses côtés ; chaque bouclette brillante ressemblait à un rayon de soleil. Ses yeux bleus semblaient s’étendre à l’infini comme un grand tourbillon de mer azur. Elle leva sa petite main fine d’un geste gracieux afin d’écarter une fine mèche de ses yeux. Ses grandes lèvres rouges comme le sang formèrent les mots suivants: « --Ah. Vous voici. Je vous attendais. « --Vous m’attendiez ? » balbutia Gaulance, sous le charme de cette beauté angélique. « --Lorsque la fée Morgane m’enferma dans le corps de ce dragon, elle me révéla que seul un chevalier courtois et courageux, comme vous l’êtes, pourrait me délivrer de ma prison. Vous êtes mon libérateur ; vous avez le choix de m’épouser ou de m’abandonner ici et me laisser mourir seule et… « -- Vous abandonnez ? Jamais de ma vie, belle Dame ! Aucune dame ne mériterait de passer la fin de ses jours dans une terre aussi vulgaire que celle-ci. Je vous aime, chère Dame, je vous aime de tout mon cœur. Mais, seriezvous d’accord de me prendre comme mari ? Certes, je ne suis qu’un chevalier, mais je serai toujours là pour vous venir en aide, vous réconforter dans votre solitude, et… « -- Beau Chevalier… » murmura-t-elle. « -- Ma chère Dame, je vous emporterais tout de suite chez moi, si je le pouvais, mais je suis venu ici afin de combattre le sorcier Mantozidia qui m’a dérobé à mes parents à ma naissance… pour son propre plaisir, je suppose. Maintenant, je cherche à le défier à un combat, et si je le vaincs, je pourrais enfin retrouver mes origines. --Ah. » fit la belle Dame, mais son visage s’assombrit d’inquiétude pour son fiancé, « Mon cher Chevalier, puisque vous avez combattu avec tel courage et facilité contre le grand Dragon que nul autre n’avait pu vaincre, je ne crains aucun danger lors de votre combat avec Mantozidia. Je vous attendrai ici, beau Chevalier, et pendant votre absence, je ne prierai que pour votre retour. Je vous souhaite bonne chance. » Gaulance s’inclina en baisant la petite main fine de la Belle Dame. Avec un dernier regard sur cette beauté resplendissante, Gaulance y tourna le dos et traversa le pontlevis du château en ruines. Trois possibilités s’offraient à lui: fouiller la grande entrée du château, pénétrer dans une chambre tout à fait à droite, et à gauche… Avant qu’il puisse la considérer, un rire diabolique retentit dans les escaliers de gauche. Cet éclat de l’Enfer fit frissonner la main tremblante de Gaulance, mais néanmoins il grimpa les escaliers de façon résolue à la recherche du Grand Mantozidia. Messire Gaulance franchit la dernière marche de l’escalier avec prudence. La moitié des marches se fracassèrent sous son poids ; on aurait pensé que l’escalier délabré n’avait jamais été utilisé ces derniers deux cents ans. Gaulance pénétra sur la pointe des pieds dans le couloir obscur et se pressa vers la seule source de lumière… derrière une petite porte au fond du couloir. « Le bureau de Mantozidia, » pensa Gaulance. Il ouvrit la porte grinçante et reçut en pleine figure un éclat de lumière éblouissant. Il se couvrit les yeux en lançant un cri de surprise. « --Je sais bien que c’est vous, Mantozidia et… je vous demande d’éteindre cette lumière ! » Gaulance ouit un rire fou et la voix rauque d’un vieux qui répliqua : « -- Qui m’ordonne d’éteindre ma lanterne magique ? Un petit chevalier sans pouvoirs magiques et qui ne sait que se battre comme une brute…. HA ! HA ! Imbécile. » Tout de même, la lanterne fut éteinte et le chevalier put se retourner et enfin… contempler le Diable qui avait détruit la paix de sa vie parfaite. Son cœur fut envahi de haine. L’image de sorcier qu’avait imaginé Gaulance se brisa sur place. Messire Gaulance dévisagea de toutes ses yeux un homme déformé avec une grosse tête hérissée de cheveux noirs ; entre les deux épaules, une bosse énorme comme celle d’un chameau ; de larges pieds, de mains monstrueuses ; et un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyée qu’on aurait pensé que le Grand Dieu lui-même avait commis une erreur en créant un personnage aussi insolite. Le bureau de Mantozidia était aussi alarmant que l’aspect du sorcier ; dans le noir qui régnait bouillonnaient les potions magiques comme s’ils récitaient des cantiques de sorciers. Des trous dans les murs marquaient les coups de poing que Mantozidia avait du lancer dans une de ses grandes colères ! « --Je sais bien que je suis laid, » annonça Mantozidia, « mais l’apparence, ce n’est pas tout. Je cache bien des talents…des pouvoirs magiques et… « --Vos talents de combat, de magie… n’ont aucune importance pour moi. Ce que je veux savoir… mes parents…. Je vous demande de me donner les noms de mes parents… Je sais que c’est vous qui m’avez dérobé à ma famille, c’est vous qui avez détruit la paix de ma vie parfaite, c’est vous… » Gaulance s’arrêta. Il ne pouvait plus continuer car le rire fou de Mantozidia résonnait dans ses oreilles. « -- Le pauvre petit chevalier… ha… ha… sans pouvoirs..he…he… ordonne au Grand Magicien Mantozidia que nul n’a pu vaincre… HA !...HA !... de lui donner les noms de ses parents… Eh, bien… Il faudra que le pauvre petit chevalier vive sans connaître sa famille… » « --NON ! NON, je vous dis ! Je vous défie à un combat, M. Mantozdia. Et, si je gagne, vous me dévoileriez les noms de mes parents et si je perds, je… » « --Vous serez mon esclave ? » ricana Mantozidia. « --Oui, tout ce que vous voudrez ! » annonça Gaulance. A ce mot, Mantozidia cessa de ricaner et retira son épée de son fourreau. Gaulance fit de même. Le sorcier hurla : « --Eh bien, que la bataille commence ! Comme je me réjouis de posséder un esclave aussi courageux ! » Mantozidia, toujours en ricanant, porta botte à la main gauche de Gaulance. Le chevalier l’évita, mais l’épée le frôla en passant. Sa chemise se déchira et le sang gicla sa main déjà couverte de sueur. Gaulance se vengea en désarmant Mantozidia ; le sorcier ne put contenir sa surprise en admirant l’agilité du chevalier. Mais, loyalement, Gaulance lui rendit son arme et la bataille se poursuivit pendant plusieurs heures… Les deux combattants commençaient à se fatiguer, surtout Mantozidia. Les coups du vieux Mantozidia s’amenuisaient et il s’avançait avec beaucoup de peine. Finalement, celui-ci s’arrêta, haletant, pour reprendre son souffle. Sans hésiter, Gaulance se jeta sur le dos de Mantozidia et tenta d’enfoncer son épée dans la bosse du sorcier. Mais, la bosse était solide comme la pierre et l’épée ne pouvait pas y pénétrer, même après les grands efforts de Gaulance. Tout à coup, après le dernier effort, l’épée avança d’un millimètre. Mais le sang ne coula pas et le sorcier ne semblait pas pouvoir ressentir la douleur. « Au nom du Ciel, » murmura Gaulance et il tenta d’arracher son épée de cette masse de chair inanimée. Mais, l’épée ne se déplaça pas d’un millimètre. Elle était coincée ! Soudain, comme si ses forces se renouvelaient d’un coup, le sorcier rua comme un grand cheval et le pauvre Gaulance fut jeté en arrière. Aussitôt, il se leva, mais son épée… elle était toujours coincée dans la bosse du sorcier ! Le grand sorcier, son épée à la main, avança en ricanant : « Pauvre, petit chevalier ! Sans épée ! Sans aide ! HA ! HA ! » Aussi vite que la lumière, le chevalier détala. A l’autre côté de la salle, il découvrit une épée, plus petite que la sienne, mais, sans hésiter, il se jeta sur le dos du sorcier (qui était toujours retourné) mais cette fois-ci, Gaulance enfonça son épée dans la peau au dessous de la bosse. Après que Mantozidia ait bien crié et que le sang ait bien coulé, Gaulance la retira. Menaçant le sorcier avec son épée couverte de sang, Gaulance lança : « --Maintenant, révélez le nom de ma famille et…. « --Le duc et la duchesse de Bourgogne. Ils sont à quelques lieues d’ici… au Sud… Vous m’avez bien battu M. Le Chevalier… Je vous félicite… Je vous… » acheva-t-il dans un râle. Mantozidia ne put finir sa phrase car, à ses mots, ses yeux se fermèrent et personne ne les vit s’ouvrir de nouveau (je crois bien, chers lecteurs, personne n’aurait même osé s’approcher du corps, même mort, d’un sorcier aussi cruel que Mantozidia). « Il va vers le diable, je pense bien, » marmonna Gaulance entre ses dents. Mais, comme tout chevalier courtois, il enveloppa le corps de sa cape et bénit l’âme du sorcier. « Je suis sûrement la première personne qui l’ait béni de toute sa vie.» Gaulance sentit aussitôt une grande joie remplir son cœur : il avait maintenant une famille et sa belle Dame qui l’attendaient. Sans perdre de temps, Gaulance dévala les escaliers et enjamba le seuil de la porte. Au moment où le premier rayon de soleil caressa sa joue, Gaulance se croyait un petit enfant qui ouvre ses yeux pour la première fois pour découvrir le monde! Sa Dame accourut à lui, ses boucles ondulantes au vent et murmura : « --Vous êtes revenu. Comme je vous ai attendu… et avec quelle impatience ! » Elle le regarda longuement et elle demanda : « -- Quel est le nom de votre chère famille ? » « -- Le Duc et La Duchesse de Bourgogne !» s’écria le chevalier, joyeusement, « Chère Dame, voulez-vous m’accompagner ? « -- Cher Chevalier, je vous suivrai jusqu’à la mort ! » « --Merci, chère dame. Merci ! » Après que les deux amoureux furent bien installés à cheval, Gaulance frappa tout doucement le cheval et l’animal partit au grand galop en direction du Sud vers le royaume des rêves qui deviennent réels. A mesure que Gaulance et sa Dame s’éloignaient du château de Mantozidia, il semblait que la beauté de la Nature se manifestait de nouveau ! Les grenouilles gazouillaient, les oiseaux chantonnaient, les lapins gambadaient… toute la Nature était en fleur ! La joie régnait, surtout dans le cœur de Gaulance. Il semblait qu’à mesure que les deux cavaliers s’approchaient du palais du Duc de Bourgogne, la silhouette des tours poussaient, petit à petit, comme des pâquerettes. Les mains du chevalier tremblaient : Gaulance avait même de la peine à tenir les rênes. Il semblait qu’à chaque fois qu’il les empoignait, elles s’échappaient de son emprise. Gaulance crut même que sa Dame pouvait discerner la pulsation rapide de son cœur à travers le clapotis des sabots du cheval. Tic…Toc....Clip….Clip.....Tic…Clop …Clip…Tic…Toc… Le clapotis des sabots et la pulsation de son cœur s’entremêlaient pour former une belle chanson. Ses rêveries furent interrompues par la voix douce de sa Dame : « --Cher Chevalier, regarde bien. » Devant leurs yeux se dressait le plus beau château que le chevalier n’ait jamais contemplé. L’ombre éminente des tours semblait s’étendre jusqu’à l’infini. Les pierres précieuses qui ornaient la muraille clignotaient comme des étoiles. Entre chaque pierre avaient été placées, très délicatement, des fines plaques d’or. L’ensemble était si scintillant, si magnifique que le chevalier avait l’impression de se trouver face au soleil. Gaulance traversa le fossé et pénétra dans la cour. Un jeune serviteur accourut. Gaulance sauta de son cheval et aida sa belle Dame à descendre. Gaulance lâcha la bride au jeune serviteur et celui-ci dirigea le cheval vers l’étable. « --Où pourrais-je trouver le seigneur du château ? » lui demanda Gaulance « -- Tout droit devant vous, messire. « -- Merci. » répliqua Gaulance en lui lançant une pièce. Bong…Boum…battait le cœur de Gaulance…Bong…Boum…. Chaque pulsation causait un réel tremblement de terre dans le cœur de Gaulance, pire même que les vibrations des sabots de son cheval…Bong…Boum… A la porte de la salle, la Dame murmura : « --Je vous attendrai ici. » Gaulance acquiesça d’un signe de tête et pénétra dans la salle. Des fresques démontrant des scènes de chasse et de bataille ornaient les murs, et des manuscrits immenses, agrémentés d’or et de pierres précieuses, étaient répandus autour de la salle. Au centre se dressaient la Comtesse et le Comte Bourguignonne. Le Comte se tenait droit sur son trône, d’un air sévère. Par contre, ses yeux, couleur noisette, semblaient cacher une grande bonté. Des rides parcouraient son visage bronzé. La Comtesse leva sa tête et Gaulance put admirer son visage. Ses yeux, profonds comme l’océan, renfermaient un grand chagrin, mais son visage semblait aussi jeune que celle d’une Dame d’une vingtaine d’années. Quelques mèches brunes s’étaient échappés de son chignon et délicatement encadraient son visage. En apercevant Gaulance, elle annonça : « --Il me semble que nous avons un visiteur. Quel est votre nom, étranger ? « --Gaulance de Bourguignonne, à votre service, » répliqua Gaulance en faisant une révérence. Les yeux de la belle Comtesse s’assombrirent et son visage se troubla : « --Non, ce n’est pas possible. Ne jouez pas de tours, chevalier ! Nous avons parcouru tout le pays à sa recherche et nul n’a pu le trouver… Non, ce n’est possible… « --J’ai été enlevé par le grand sorcier Mantozidia qui m’a abandonné au château du Roi Arthur et de la Reine Gueneviève qui m’ont accueilli avec… La Comtesse se leva d’un bond. Ses yeux s’écarquillèrent et semblaient se remplir de joie, puis de doute et encore de joie : « --Mais, » balbutia-t-elle « Gaulance… A sa naissance, quand je le tenais dans mes bras pour la première fois, comme je me souviens de ses yeux, bleus comme l’azur, comme la mer, que je croyais même entendre les grandes vagues de l’océan… Les yeux je crois les reconnaître…. Je les reconnais… C’est toi… C’est Gaulance… mon chéri… mon FILS ! » Elle accourut à Gaulance et l’embrassa comme mère envers un fils retrouvé. Les larmes ruisselaient sur ses joues. Les émotions ressenties furent tellement nombreuses qu’il me prendrait bien vingt pages pour vous les raconter : donc, chers lecteurs, je vous épargnerai cette longue lecture ! En conclusion, comme dans tout conte de fée, Gaulance s’installa au château, épousa sa belle Dame (heureusement, Gaulance pensa à apprendre le nom de sa Belle Dame, et d’autres détails de ce genre, avant leur mariage), et tous les deux eurent beaucoup d’enfants. Gaulance fut aimé par ses parents, sa femme et ses enfants. Il ne demanda pas mieux—et donc a vécu content. FIN Par : Janelle 5e1