ETUDE EXPERIMENTALE DE LA COMBUSTION D`ORDURES
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ETUDE EXPERIMENTALE DE LA COMBUSTION D`ORDURES
ETUDE EXPERIMENTALE DE LA COMBUSTION D’ORDURES MENAGERES ET MODELISATION D’UN FOUR D’INCINERATION Y. Ménard*, F. Patisson*, Ph. Sessiecq*, D. Ablitzer* * Laboratoire de Science et Génie des Matériaux et de Métallurgie (UMR 7584), Ecole des Mines de Nancy, Parc de Saurupt, 54042 NANCY Cedex Résumé. Afin de comprendre et de prévoir l’évolution de polluants tels que les métaux lourds lors de l’incinération des ordures ménagères (OM), il est nécessaire de connaître les conditions physicochimiques et thermiques locales qui gouvernent leur transformation, aussi bien au niveau du lit de déchets circulant sur la grille du four d’incinération d’où ils sont émis, qu’au niveau de la chambre de postcombustion où ces derniers vont progresser, transportés par le courant gazeux ascendant. Pour y parvenir, nous étudions expérimentalement la pyrolyse et la combustion d’échantillons d’OM en utilisant la technique de la thermogravimétrie couplée à la spectrométrie de masse. L’étude expérimentale de la combustion d’un lit de déchets sur grille est abordée au moyen d'une installation pilote, instrumentée de façon à pouvoir suivre en continu l’évolution des températures au sein du lit de combustible ainsi que les concentrations de différentes espèces gazeuses. En parallèle, nous présentons un modèle de combustion du lit d’OM qui prend en compte l'ensemble des étapes de transformation de la charge (séchage, pyrolyse, oxydation du carbone résiduel), les réactions d'oxydation des gaz émis lors de l’étape de pyrolyse ainsi que les transferts thermiques par conduction, convection et rayonnement à l'intérieur du lit, considéré comme un milieu poreux. Enfin, la combustion à l’échelle du four (phase gazeuse située au-dessus du lit et chambre de post-combustion) est simulée à l’aide du code de mécanique des fluides FLUENT. INTRODUCTION L'incinération des ordures ménagères (OM) est un procédé d’élimination qui présente le double avantage de réduire considérablement le volume des déchets et de les valoriser énergétiquement. Depuis plusieurs années, un effort particulier a été porté sur l’optimisation des fours d’incinération existants, notamment pour les fours à grilles, visant à minimiser l’émission de polluants gazeux comme les métaux lourds, le CO, les NOx, les SOx, les COV et, à terme, les dioxines et les furanes. Dans un incinérateur, la combustion se déroule dans deux régions distinctes : à l’intérieur du lit d’OM circulant sur la grille et dans la région située au-dessus du lit, où vont s’oxyder certains composés gazeux émis par ce dernier, en particulier les hydrocarbures et le CO. Il apparaît donc naturel de s’intéresser à chacune de ces zones. A l’intérieur du lit d’OM en combustion, différents processus de transformation de la charge prennent place. Ils incluent une phase de séchage, une étape de pyrolyse produisant un résidu carboné, une étape de combustion hétérogène de ce carbone résiduel et une d’oxydation des gaz de pyrolyse. Les transferts de chaleur se font par conduction, convection et par rayonnement à la surface et à l’intérieur du lit. La combustion est influencée par les caractéristiques du combustible (composition, humidité, PCI), ainsi que par l’environnement thermique à l’intérieur de l’incinérateur. En particulier, le flux de chaleur transmis par rayonnement au niveau des parois joue un rôle essentiel lors des étapes de séchage et d’ignition de la charge. L’air primaire de combustion injecté sous la grille influence quant à lui à la fois la combustion (disponibilité de l’oxygène) et les transferts de chaleur et de matière au sein du lit. Avec comme objectif final de prédire l’évolution des métaux lourds dans un incinérateur, partie de l’étude qui n’a pas encore été abordée, nous avons entrepris un ensemble d’études coordonnées, tant expérimentales que théoriques. L’étude expérimentale de la pyrolyse de petits échantillons d’ordures ménagères représentatifs, vise à déterminer les cinétiques de dévolatilisation et la nature des gaz émis. L’étude expérimentale de la combustion d’un lit d’OM dans un four pilote a pour but l’analyse des phénomènes à l’échelle du lit et l’obtention de données pour la validation d’un modèle mathématique de combustion du lit d’OM. Ce dernier, en cours de développement, est destiné à être couplé au calcul de l’écoulement et de la thermique de la chambre de combustion. ETUDE EXPERIMENTALE DE LA PYROLYSE ET DE LA COMBUSTION D’ECHANTILLONS D’ORDURES MENAGERES 1. Appareillage de mesure Pour caractériser les OM du point de vue de leur comportement thermique, nous avons eu recours à l’analyse thermogravimétrique. La thermobalance utilisée est une thermobalance à fours symétriques (TAG 24 de la société SETARAM) qui permet de réaliser en parallèle des essais de perte de masse et d'analyse thermique différentielle. Le gaz de balayage peut être soit un gaz oxydant (étude de la combustion), soit un gaz inerte (étude de la pyrolyse). Cette thermobalance peut être couplée à un spectromètre de masse en vue d'observer la nature des composés gazeux émis dans la gamme de température 20°C - 1000°C. 2. Echantillons et essais réalisés Les ordures ménagères utilisées nous ont été fournies par le laboratoire d'analyse de la société TIRU. Nous disposons d'un lot de 10 kg de déchets broyés et séchés, représentatif de la composition des OM de la région parisienne (lors de campagnes d'échantillonnages qui ont lieu tous les 18 mois, TIRU réalise les opérations de tri, de séchage et de broyage des composants séparés sur 1 tonne d'OM). Les expériences de thermogravimétrie portent sur des échantillons de 30 à 40 mg, sélectionnés manuellement. De façon reproductible malgré l’échantillonnage, les essais montrent, en premier lieu, une légère perte de masse, de la température ambiante jusqu'à une température d'environ 150°C, caractéristique du séchage des échantillons. L'eau provient de la reprise en humidité naturelle des déchets du fait de l'humidité de l'air ambiant. Les pertes de masse principales débutent vers 250 °C dans le cas de l’utilisation d’air reconstitué et 280°C dans le cas de l’utilisation d’argon. Ce décalage en température tient bien sûr à la nature des gaz de balayage utilisés. Dans le premier cas (air reconstitué) les déchets subissent une oxydation exothermique, dans le second ils se dégradent thermiquement et peuvent subir une légère oxydation par l’oxygène moléculaire contenu dans les déchets. De façon générale, cette décomposition s'arrête vers 500°C. La description fine de la dégradation thermique des OM passe par l'étude des constituants les plus représentatifs de la charge d’OM. Cette étude est menée en observant la pyrolyse de chacun des composés suivants : plastiques, cartons, papiers, textiles, bois. Ces essais fournissent les données expérimentales nécessaires au modèle numérique de combustion du lit d'OM présenté par la suite. Pour chaque expérience, la vitesse de chauffe est égale à 20°C min-1 et l'argon est employé comme gaz de balayage. La figure 1 regroupe les résultats de 8 essais, sous la forme de vitesse de perte de masse en fonction de la température. Ces expériences montrent que les vitesses de pyrolyse sont très différentes d'un constituant à l'autre et qu’une modélisation fine doit en tenir compte. Ce type d’expériences, couplées à l’analyse des gaz émis (cf. ci-dessous), sera repris à d’autres vitesses de chauffe afin d’étudier l’influence de ce paramètre. coton -1 papier -3 dm/dt, mg min-1 -5 -7 bois -9 Carton sacs plastiques Fibre textile -11 plastique de bouteille -13 -15 0 100 200 300 400 500 600 température, °C Figure 1. Cinétiques de pyrolyse de différents constituants d'OM (vitesse de chauffe : 20°C min-1, gaz de balayage : argon). 3. Principaux gaz de pyrolyse émis : aspect qualitatif Pour compléter les mesures thermogravimétriques, nous avons analysé les gaz émis par spectrométrie de masse. Les expériences réalisées montrent que les principaux composés gazeux émis lors de la pyrolyse sont CO, CO2, H2, et des hydrocarbures en C1, C2, C3 et C4. Notre intérêt porte aujourd'hui sur des mesures quantitatives de ces émissions, par chromatographie en phase gazeuse. Ces données seront intégrées au modèle numérique de combustion d'un lit d'OM. ETUDE EXPERIMENTALE ET THEORIQUE DE LA COMBUSTION D’ORDURES MENAGERES SUR GRILLE 1. Combustion d’un lit d’ordures ménagères : aspect expérimental Afin d’analyser les phénomènes mis en jeu à l’échelle du lit de déchets, il est nécessaire de disposer d’une installation expérimentale adaptée à l’étude de sa combustion. Le laboratoire ITC-TAB, dirigé par le professeur H. SEIFERT du centre de recherche de Karlsruhe dispose d’une telle installation (figure 2) sur laquelle nous avons réalisé une campagne d’essais. Ce pilote se compose d'une chambre de combustion, d'un étage de postcombustion, d'un échangeur de chaleur, d'un filtre à particules, d'un adsorbeur à charbon actif et d'un régulateur de pression haute fréquence. La chambre de combustion est divisée en deux parties : la partie inférieure, mobile, constitue le réacteur de combustion (cylindre de 300 mm de hauteur et de 250 mm de diamètre) où l'on place la charge (environ 5 kg), la partie supérieure en réfractaire est maintenue à la température de 850°C. La température de l'étage de postcombustion est régulée à 950°C. Treize thermocouples placés en quinconces sur toute la hauteur du lit de déchets permettent de suivre l'évolution du front de combustion au cours du temps et plusieurs dispositifs d'analyse des gaz enregistrent en continu les concentrations en O2, CO, CO2, imbrûlés gazeux et H2O, en amont et en aval de la chambre de postcombustion. Enfin, la partie four repose sur une balance qui permet de suivre l'évolution de la masse de combustible au cours du temps. Air secondaire Chambre de combustion T T Echangeur de chaleur CO O2 CO2 H2O org. C Adsorbeur à charbon actif combust ible T T T Système de pesée Air primaire T CO O2 CO2 H2O org. C Filtre à particules Régulateur de pression haute fréquence Etage de postcombustion Figure 2. Schéma de l’installation pilote du laboratoire ITC-TAB du centre de recherche de Karlsruhe. 1.1. Types de combustibles utilisés et conditions de fonctionnement Les expériences ont été réalisées avec soit des copeaux de bois soit un mélange de combustibles représentant la composition moyenne des OM en Allemagne. Les débits d'air primaire sont calculés à partir du P.C.I. de la charge, de sa teneur en cendres et de l'excès d'air égal à 1,5 pour toutes les expériences. L'humidité initiale de la charge est contrôlée. Pour des copeaux de bois, elle est ajustée en faisant séjourner la charge plusieurs heures dans l'eau. Pour les OM reconstituées, l'eau est apportée par ajout d'un composé végétal lui-même composé à 95% d'eau. 1.2. Résultats des expériences La figure 3 révèle le comportement typique d’un lit de déchets en combustion. Progression descendante du front de combustion 1200 température, °C 1000 800 600 400 200 0 0 500 1000 1500 2000 2500 temps, s 25 2500 O2 CxHy 2000 CO2 -3 titre massique 20 15 1500 10 1000 5 H2O CO 0 500 0 0 (b) CxHy, mg Nm (a) 500 1000 1500 2000 2500 temps, s Figure 3. Evolution en fonction du temps lors de la combustion d’un lit de déchets (a) de la température dans le lit à différentes hauteurs (b) de la composition du gaz en sortie de four (déchet = copeaux de bois, masse totale 3000 g dont 30% d'eau, débit d’air primaire 15 Nm3 h-1 à 30°C, débit d’air secondaire 10 Nm3 h-1). Lorsque la charge est introduite dans le four, dont les parois sont maintenues à 850°C, la surface du lit est immédiatement exposée au flux de chaleur par rayonnement. La température de la charge s’élève alors brusquement (cf. figure 3a), après une courte période de séchage intensif, le dessus de la charge est pyrolysé, donnant naissance à un résidu carboné. Les gaz de pyrolyse ainsi que le carbone résiduel s’oxydent grâce à l’air primaire ascendant. A ce même instant (t=220 s, cf. figure 3b), la concentration en oxygène mesurée en sortie de four chute, alors que la concentration en vapeur d’eau ainsi qu’en CO2 augmente brusquement, signe du démarrage de la combustion. La température atteint 900°C dans la couche supérieure, alors que le thermocouple suivant, placé 2 cm plus bas, indique encore la température ambiante. Ceci s’explique par la faible conductivité thermique du lit ainsi que par le refroidissement du solide par échange convectif avec le gaz ascendant. Le front de combustion se propage donc du haut vers le bas, à contre courant de l’écoulement gazeux. A partir de t=600 s, l’oxygène vient à manquer et, alors que la concentration en CO2 reste constante, la concentration en CO et en imbrûlés gazeux (CxHy) augmente. En fin d’expérience, le retour de l’oxygène permet la combustion du combustible restant, avant le refroidissement final par l’air primaire. 2. Modèle mathématique de la combustion d’un lit d’OM La littérature reste pauvre en modèle de combustion sur grille d’une charge d’OM [1-2]. Nous avons développé un nouveau modèle de combustion d’un lit d’OM pour pouvoir simuler à la fois le comportement du lit d’OM circulant industriel et pour représenter le fonctionnement de l’installation pilote décrite précédemment. Le même modèle mathématique est ainsi décliné en deux versions bidimensionnelles, l’une en coordonnées cartésiennes et en régime permanent adaptée au cas d’une grille industrielle, l’autre en coordonnées cylindriques et régime transitoire pour représenter l’installation pilote. Ce modèle représente le lit d’OM par un milieu poreux traversé par un gaz. Le solide et la phase gazeuse ont des températures différentes. La charge est supposée être composée d’une partie inerte (gravas, verre, ferrailles), d’une partie combustible (plastiques, carton-papiers, fines, textiles, fermentescibles) laissant un résidu carboné après pyrolyse, et d’eau. L’étape de pyrolyse est décrite différemment pour chacun des combustibles solides, qui possède une cinétique de dévolatilisation qui lui est propre. Le gaz de pyrolyse est composé de CO2, H2O, CO, CH4 et H2. Ces trois derniers constituants peuvent s’oxyder en présence d’oxygène à l’intérieur même du lit. Le résidu carboné brûle en présence d’oxygène et produit CO et CO2. Les transferts de chaleur par convection, conduction et rayonnement sont pris en compte. Les équations de bilan de matière, de quantité de mouvement et d’énergie sont résolues après discrétisation, par la méthode des volumes finis. Les premiers résultats obtenus ont montré une bonne description qualitative des différents phénomènes par le modèle. Une comparaison quantitative avec les mesures est en cours. MODELISATION DE LA CHAMBRE DE COMBUSTION D’UN INCINERATEUR L’objectif de cette modélisation est de connaître en tout lieu de la chambre de combustion, la température du mélange gazeux réactif et sa composition. Le four d’incinération étudié est un des fours de l’UIOM de Strasbourg. Sa capacité d’incinération est de 12 t h-1, le débit d’air primaire vaut environ 20 000 Nm3 h-1, celui d’air secondaire est de 15 000 Nm3 h-1. L’air secondaire est injecté par 24 buses de diamètre égal à 80 mm disposées sur les murs latéraux et sur le mur arrière de l’incinérateur. Le maillage tridimensionnel de ce four, effectué à l’aide du logiciel Gambit, comporte 300 000 mailles. Dans l’attente du couplage avec le modèle de lit, les calculs supposent actuellement une pyrolyse immédiate des déchets sur la grille donnant naissance à un gaz combustible : le méthane [3-6]. Ce gaz s'oxyde alors selon le mécanisme de Magnussen [7] qui permet de simuler la formation de CO et par conséquent de juger de la qualité de la combustion. L’écoulement turbulent des gaz est décrit par le modèle k − ε standard de turbulence. Ces simulations, réalisées à l’aide du code de mécanique des fluides Fluent, montrent que l'écoulement des gaz dans le four est fortement tridimensionnel du fait de la géométrie du four et de la présence de nombreux injecteurs d'air secondaire dont le rôle est d'améliorer la turbulence. La figure 4 représente les profils de concentration en dioxyde de carbone dans le plan de symétrie du réacteur. Le CO, produit de la première étape de la réaction d’oxydation du méthane, est formé à proximité de la grille puis il s'oxyde en CO2 grâce à l'oxygène encore disponible. Cette oxydation est achevée par l’injection d’air secondaire. Sortie des gaz 1,93.10-2 1,77.10-2 1,61.10-2 1,45.10-2 1,29.10-2 1,13.10-2 9,67.10-3 8,06.10-3 6,44.10-3 4,83.10-3 3,22.10-3 Lit de déchets circulant 1,61.10-3 0 Figure 4. Carte de concentration en CO2, kg m-3. CONCLUSION Nous présentons un ensemble de travaux tant expérimentaux que théoriques visant, d’une part, à décrire le comportement thermique d’une charge d’OM en combustion et, d’autre part, à obtenir une cartographie complète de l’environnement thermique et chimique à l’intérieur d’un incinérateur industriel. Pour y parvenir, nous étudions expérimentalement la pyrolyse d’échantillons d’OM afin d’en déduire les cinétiques de dévolatilisation et la nature des gaz émis. L’étude de la combustion d’une charge de plusieurs kilogrammes est entreprise afin de valider le modèle de combustion du lit d’OM que nous avons développé. Enfin, l’étude de l’aérodynamique des gaz réactifs dans un incinérateur industriel est menée à l’aide du code de mécanique des fluides numérique Fluent. Remerciements Nous remercions pour son soutien l’Action de Recherche Coordonnée “Cycle des métaux lourds lors de l’incinération des ordures ménagères” financée par l’ADEME et le CNRS (Ecodev), et pour leur collaboration M. PIEROTTI de la société TIRU et MM. SEIFERT, VELHOW, MERZ et WALTER du laboratoire ITC-TAB du Forschungszentrum Karlsruhe. REFERENCES [1] Shin D., Choi S., The Combustion of Simulated Waste Particles in a fixed Bed, Combustion and Flame, 121 (2000), 167-180. [2] Goh Y.R., Siddall R.G., Nasserzadeh V., Zakaria R., Swithenbank J., Lawrence D., Garrod N, Jones B., Mathematical modelling of the burning bed of a waste incinerator, Journal of the Institute of Energy, 71 (1998), 110-118. [3] Chen K.S., Tong C.H., Modeling of Turbulent Burning Flow and Performance Evaluation Of Municipal Solid Waste Incinerator, Journal of Environmental Engineering, 123 n°11 (1997), 11501157. 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