mettra – cr ddmt2013

Transcription

mettra – cr ddmt2013
Avant course
Après avoir roulé en 2012 avec une Brutale 675 « sortie de caisse » que nous n’avions pas
eu le temps de développer, cette année la 800 sera chez H’elit Moto dès le mois de février.
Je participe au rallye de Corse en vue du Moto Tour pour faire
un peu de mise au point et découvrir les Michelin,
manufacturier unique de l’édition 2013. Je monte des Power
Supersport. Le rallye se déroule sur le mouillé du début à la fin
et ne me permettra guère d’avancer, et je fais des résultats
médiocres. Il m’a même un peu refroidi et fait mal au cœur
lorsque j’ai vu dans quel état la moto était après seulement
quelques centaines de kilomètres de rallye… car cette année,
c’est grâce à l’intégralité de l’argent gagné avec mes convois
que j’ai pu payer la moto.
Ayant justement participé au rallye du Dourdou avec mon Versys de
convoi et pris beaucoup de plaisir à le faire, je me suis interrogé sur
le bien fondé d’avoir une moto qui sert uniquement à faire une course
dans l’année… Je me suis donc un peu éloigné du Moto Tour en me
disant que si rien ne se dessinait par la suite cela pourrait être le
dernier. Je pensais même y partir sans faire de recos.
Marc ayant bien senti ma démotivation, c’est lui qui me proposa de m’apporter la Brutale
pour que je puisse régler le nouveau ressort arrière plus souple qu’EMC nous a fourni. Ayant
besoin de prendre l’air, je me programme finalement un petit tour de France pour aller voir
les spéciales : 2 spéciales par jour sur 3 jours. La dernière journée, je chute sans rien
comprendre à Prades. High side sur le mouillé alors que je n’étais même pas dans la
spéciale… Je m’en sors avec une bonne contusion au niveau du bras droit et dans le dos.
Mais ça y est j’ai repris goût et je suis de nouveau dedans ! Départ dans 15 jours.
Vendredi 27 septembre
Grâce à la formidable énergie de Marc, cette année ce sera le grand luxe, je ne suis jamais
parti dans d’aussi bonnes conditions de confort. En effet, Raffin Motos, autre passionné de
MV Agusta, de courses et de compétition, nous a loué à moindre frais la structure qu’il a mis
en place pour engager une F4 en mondial d’endurance et qui a servi en championnat de
France Supersport cette année. Jean Pierre, qui fait partie intégrante des aventures Raffin,
se lance à nos côtés et sera notre chauffeur. Hervé, un client et ami de Marc, le secondera
pour la mise en place. Au fourneau nous avons Florian, jeune cuistot et fils de Françoise la
femme de Marc. Il va nous régaler les papilles toute la semaine. Côté pilotes, je retrouve à
mes côtés Marc sur la 675 de Laëtitia qui devait être au départ mais s’est
malencontreusement fait retirer le permis… ce n’est que partie remise pour l’an prochain !
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Gwen Arino, qui nous a prêté sa Brutale 800 pour faire le Bol d’Argent, et son frère Erwan
sur une Superduke complètent le gang des pilotes. Et pour s’occuper des machines, je vais
pouvoir compter sur « barbe rousse » Kevin et les Arino sur Romain, sudiste haut en couleur
qui ne manquera pas de nous mettre l’ambiance !
Allongé sur ma couchette, sur la route de Saverne, j’en profite pour lire le très instructif hors
série de Moto et Motards sur le pilotage… j’en ai tiré de très bons conseils que j’ai pu mettre
en pratique au cours de la semaine. Merci Bader.
L’environnement de départ n’a vraiment rien à voir avec Val de Reuil pour le plus grand
bonheur de tous !
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Samedi 28 septembre
On se lève de bonne heure pour pouvoir aller faire un tour sur la spéciale du Nideck située à
quelques dizaines de kilomètres. Pour la première fois, je vais utiliser ma petite trottinette
électrique pour faire les recos et je trouve ça très efficace. On sait tous que l’avenir des
rallyes est en sursit en grande partie à cause des recos. Avec les conditions de circulation
actuelle et le partage de la route nécessaire pour tous, il me semble que les interdire au
guidon de deux roues motorisé de plus de 125 cm3 sera la seule solution viable à moyen
terme pour que les rallyes puissent continuer d’exister en France. Y aller à pied, en vélo, en
cyclo ou en petit véhicule électrique permet de s’imprégner des lieux d’une autre façon non
moins efficace.
Je découvre au passage l’Alsace et le fait que seulement 3 couleurs sont disponibles chez
les Castorama du 67 pour repeindre les maisons… Ces bleus, jaunes et roses pâles sont
d’un goût… particulier.
Je laisse filer la queue au contrôle technique qui fermera finalement ses portes. Tant pis ce
sera pour demain. Dans la soirée, bon petit concert bien délire de Kansas Of Elsass avec les
potes Gas Gas.
Dimanche 29 septembre
Après les contrôles sans soucis, une parade dans Saverne City, l’heure de départ pour les
choses sérieuses m’est donnée à 12h34. Après seulement 4 cases de road book, j’arrive sur
un accident. Olivier Four vient de plier sa Daytona contre un Scénic. Du premier au dernier
kilomètre, elle ne pardonne vraiment pas la moindre erreur cette course. Blasé, il
m’expliquera par la suite avoir l’envie de venir faire un petit tour sur certaines manches du
championnat de France : ce sera avec grand plaisir Monsieur ! Arrivé au Nideck, la spéciale
est humide et les pneus sont froids. Premier débat de cette édition : couvertures chauffantes
ou pas ? Le règlement stipule que « Les couvertures chauffantes sont autorisées uniquement
pour les épreuves sur circuit et seulement en pré grille. ». Le mot uniquement semble pourtant
très clair… mais n’empêchera pas d’avoir comme réponse non, puis oui, puis non, puis… au
final personne ne les mettra en bas des ES et c’est bien mieux ainsi. Selon moi, c’est plus
dans l’esprit rallye. Le problème cette année est surtout que les Michelin mettent beaucoup
plus de temps à chauffer que les Metzeler/Pirelli.
Pour cette première montée, je mets trop
l’embrayage en contrainte sur le départ et la moto
se met en défaut, je n’ai plus de shifter et les
vitesses ne passent pas. Du coup, je ne suis pas
dedans. Les conditions sont séchantes et le
classement n’est pas vraiment significatif : 29ème.
Ca ne commence pas fort ! Au deuxième tour, je
corrige le lâcher d’embrayage, la route est
clairement sèche et ça donne le 5ème chrono… ça
me convient nettement mieux !
Cédric Parmentier qui a fait une super première
montée à quelques dixièmes de Denis chutera au
second passage et ne pourra malheureusement pas repartir. Ca fait deux candidats très
sérieux éliminés dès le 1er jour… ça promet ! Ju Vezzuti est lui aussi victime d’une chute qu’il
n’a pas pu vraiment expliquer. Délicat les Michelin ? Je suis 10ème au général.
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Lundi 30 septembre
Etape marathon, 780 kms, départ à 3h04’30. Finalement, on
ne verra pas grand-chose de l’Alsace vu que tout se fait de
nuit. La navigation de la journée ne sera pas compliquée et
les routes peu cassantes, mais ça fait quand même des
kilomètres. La base chrono type enduro est très sympa. Je
franchis la ligne 2 secondes trop tôt par rapport au temps
idéal, un moindre mal.
La spéciale du jour
c’est
l’Observatoire, déjà faite l’année passée. La route est
séchante et j’y fais le 16ème temps. Au deuxième passage, il
pleut clairement et il y a un peu de brouillard, les conditions
sont un peu aléatoires : 22ème. Ce qui fait 11ème de la journée
et 9ème au général… juste devant Gwen ! Il roule fort
l’asticot !
Je suis interloqué par la super performance de Romain Taurel qui scratch devant Denis. Il a
roulé avec des Road 3. Sur le routier humide de la journée, je n’ai pas réussi à suivre Bruno
Schlitz et Alain Fratini… il roulait avec des Road 3. Demain, il annonce la pluie… il me faut
essayer ces pneus. Seulement le camion Michelin part déjà pour l’étape suivante. Erwan en
avait prévu et il a un train dans son Trafic. Je me mets en quête d’une décolleuse et de
démonte pneus. C’est Nico Derrien qui me fournira les outils nécessaires et c’est dans
l’herbe à la lampe frontale et au cul du camion que Kevin et Romain se battront avec une
décolleuse hautement artisanale ! Après bien des efforts les Road 3 sont sur les jantes. Il
restera à monter rapidement les roues demain matin avant de s’élancer sur le routier.
Mardi 1er octobre
On change les roues juste après mon pointage de 6h09’30. Je ne reconnais plus la moto.
Elle est littéralement scotchée par terre. C’est mouillé, trempé mais j’ai la sensation de
pouvoir rouler comme si c’était sec… vraiment impressionnant lorsque l’on sait que ces
pneus peuvent faire plus de 20 000 kms en mode convoi. On reprend l’Observatoire en
liaison et ça n’a plus rien à voir ! Dans la descente de la Croisette je me régale à mettre la
moto en glisse dans toutes les épingles : c’est le pied ! Le power Supersport n’est vraiment
pas adapté sur le mouillé et peut même être piégeux… J’ai compris à ce moment-là pourquoi
j’étais tombé en recos, pourquoi j’étais à la rue au rallye de Corse et pourquoi je n’ai pas
réussi à suivre Bruno et Alain sur le routier la veille. Chez Michelin, ils sont très forts, voir les
meilleurs, pour répondre à un cahier des charges très précis. A leur époque MotoGP, ils
fabriquaient les pneus dans la nuit la veille de la course en fonction des conditions prévues
pour le lendemain. Du coup, vouloir rouler avec des pneus racing froids (cup, supersport) qui
sont faits pour marcher en sortie de couverture chauffante ça n’y va pas du tout… alors que
les Road3 sont parfaits car conçus pour fonctionner à basse température. Il faut juste
s’enlever de la tête qu’un pneu qui peut faire des bornes est forcément en bois… ce sont des
magiciens les ingénieurs Michelin !
Quelques kilomètres avant la spéciale, alors que je suis derrière Romain, je le vois quitter la
route des yeux pour regarder son road book mais nous sommes dans le brouillard et juste
avant une épingle. Lorsqu’il relève la tête ses roues sont déjà dans l’accotement et c’est trop
tard. La moto tombe de 2-3 mètres en contre bas dans un champ mais c’est surtout son
épaule qui lui fait vite comprendre qu’il va devoir s’arrêter là. La course à l’élimination
continue…
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Au départ de la spéciale des Grottes du Diable je suis
très en confiance. La route est trempée et je viens de
prendre un tel plaisir sur la liaison que je me sens
parfaitement bien. Je monte proprement et mets du
rythme d’entrée. Pas la moindre glisse, les pneus se
comportent de la même façon du premier au dernier
virage car ils n’ont pas besoin de chauffer pour être à
leur fonctionnement optimal, je sais que je suis bien
monté. Au point stop je demande mon chrono et on me
répond 2 minutes 17. Je demande « et c’est quoi le
meilleur temps ? », ils regardent un instant et me
répondent « Bah… c’est toi ! ». Mon cœur s’emballe.
Je fais quelques centaines de mètres et découvre un soleil éclatant sur une mer de nuage…
instant de Vie totalement Magique… Je Plane… c’est le Paradis…
Le routier qui suit est magnifique mais non sans embûche… Après une section très cassante
avec pierres et cailloux, j’ai le voyant de température qui s’allume au tableau de bord. Le
diagnostic est vite établi, le radiateur est percé… Il reste 2-3 kilomètres avant le prochain
ravitaillement essence. Je roule gentiment jusque là-bas. Coup de chance, la station service
est celle d’un supermarché, Julien en grand seigneur qu’il est, toujours prêt à dépatouiller les
copains, file acheter des bouteilles d’eau pendant que je m’attelle à colmater le trou avec de
la pâte bi-composant. Il faudrait attendre que la moto refroidisse mais nous n’avons pas le
temps. La pâte ne durcit pas assez sous l’effet de l’eau chaude mais ça semble tenir un
minimum. C’est reparti avec une bouteille d’eau glissée dans la combarde pour refaire le
niveau si besoin. 150 kms plus loin, nouveau ravitaillement. La moto n’a pas repris de
température mais le radiateur continue de fuir. Ce coup-ci la station est celle d’un garage
automobile et je peux acheter un bidon d’antifuite. Je remets un coup de patex et ça tiendra
définitivement bon… jusqu’à la fin de la course !
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Dans la spéciale du Val d’Estours, la route est très
bosselée et la moto guidonne beaucoup. Je n’arrive
pas à mettre autant de vitesse que je voudrais car elle
bouge vraiment dangereusement : 10ème chrono. Après
avoir trouvé le réglage définitif de l’amortisseur de
direction, le deuxième passage est beaucoup plus
sécurisant mais je reste sur la mauvaise sensation du
premier et n’améliore pas mon temps : 16ème. Il y avait
beaucoup de spectateurs dans la spéciale et l’accueil à
Langeac était tout simplement parfait.
La moto est maintenant définitivement réglée, je n’aurais plus besoin de toucher à rien, elle
est au top. Je suis 6ème du classement du jour et 6ème au général.
Mercredi 2 octobre
On attaque la journée par La Croix de Cronce, spéciale pas évidente à négocier car très
technique. J’y fais le 9ème chrono sur le sec avec les Road 3… comme quoi ils vont aussi
bien à froid sur le sec, ils sont vraiment sécurisants.
La liaison suivante de presque 400 kms sera la plus éprouvante de la semaine. Beaucoup de
navigation, routes cassantes, concentration de tous les instants… un bon coup de moto
comme j’aime !
Pour la spéciale du Buis, je reste sur un souvenir de l’édition 2011 et la monte comme si je
ne la connaissais pas. Il fait plus chaud, et pour le coup je pense que les Road 3 n’étaient
pas les meilleurs dans ces conditions : 14ème.
Après un passage par Boulazac pour l’assistance, on retourne au Buis. Sauf que sur le
carton de pointage il est indiqué que l’assistance est d’1h15 et qu’un panonceau que je n’ai
pas vu indiquait qu’elle était ramenée à 30 minutes. Petit coup de panique lorsque je m’en
rends compte mais tout s’arrangera. En attendant, il aurait été bien de faire faire la modif par
les commissaires sur le carton… m’enfin.
Au deuxième passage tout le monde améliore naturellement son chrono, j’y fais le 12ème.
10ème de la journée et 7ème au général, Anthony Dos Santos et sa MT09 me passe devant.
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Jeudi 3 octobre
Note pour l’orga : penser à faire ouvrir les douches et toilettes le matin. Le caca derrière les
buissons c’est sympa mais pouvoir se laver c’est bien aussi !
Spéciale de Coursac au levé du jour. Elle est rapide et assez courte et les écarts ne
devraient pas être énormes. A mi-parcours, les commissaires agitent les drapeaux jaunes…
j’en vois 1 puis 2 puis 3… ce n’est pas facile à gérer car on ne veut pas trop en rendre. Je
vois finalement la Yamaha d’Anthony sur le talus. Lui n’aura rien de méchant mais sa course
est terminée. C’est dans cette même spéciale que Barbara ruinera sa domination dans la
catégorie Scooter. Je fais le 11ème chrono. On est 7 dans la même seconde. Sans les
drapeaux je pense que j’aurais été dans les 5.
Nouvelle liaison bien sympa, où l’on roule ensemble avec Ju et
Flo Derrien quasiment toute la journée. On passera par la Lozère
et par la route qui est pour moi à l’origine de mon engagement en
rallyes routiers. C’est lors des vacances familiales de l’été 2003,
entre la Canourgue et St Enimie que j’avais pris mon pied en
attaquant avec mon 250 TTR de l’époque. Quelques semaines
plus tard, en octobre 2003, je découvrais le Moto Tour dans MJ
et j’ai tout de suite su que c’était pour moi. Et m’y revoilà 10 ans
plus tard… séquence émotion.
Arrivée sur Alès, la piste rallye est au
programme. Je m’élance dans la spéciale et
après le premier virage la moto ratatouille. J’ai
un voyant orange au tableau de bord mais pas le
temps de voir ce dont il s’agit. Il y a
manifestement un problème d’arrivée d’essence.
Je limite la casse au mieux en laissant malgré
tout des secondes à droite à gauche car la moto
n’accélère pas. Je franchis la ligne d’arrivée et la
moto s’arrête net ! Je suis obligé de la pousser
pour aller jusqu’au point stop situé quelques
dizaines de mètres plus haut.
A ce moment-là j’ai deux chances assez monstrueuses. Premièrement, la chute d’Anthony
du matin a créé un décalage d’un quart d’heure dans les départs et il se met à pleuvoir pile
poil pendant ce laps de temps qui suit mon passage dans la spéciale rallye. La pluie va donc
limiter la casse au chrono dû à ma panne. Deuxièmement, l’assistance est immédiate, d’une
heure et demie, on a tout l’outillage et surtout le matériel de diagnostic informatique pour
identifier le problème. Il m’arrive la même panne a quasiment n’importe quel autre moment
de la semaine et ma course est terminée. C’est un problème de connexion au niveau des
injecteurs… une bonne panne à l’Italienne ! Mais ce sera le seul petit souci de la semaine, la
moto faisant preuve d’une très bonne fiabilité par ailleurs.
Pas mécontent que le circuit de nuit soit annulé, ça n’aurait sans doute pas été mon fort et
ça laisse un peu de répit. 7ème de la journée.
Au général, je reste 7ème, Anthony disparaît du classement mais Lolo Filleton me repasse
devant. Il revient de loin suite à une pénalité pour excès de vitesse en liaison.
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Cette année ça ne rigolait vraiment pas sur le routier. J’ai pris le parti d’en faire un « jeu »
dans le sens où j’ai l’impression que nous sommes des gamins sur une piste d’éducation
routière. Finalement ça fait des pièges en plus à éviter, demande plus de concentration et
rend la course encore plus difficile d’une certaine façon.
Vendredi 4 octobre
La grosse incertitude du jour est la question des pneus car la piste est encore humide de la
veille et la météo annonce de la pluie… mais pour l’instant ça tient… Je choisis de garder
mes Road 3 car je considère qu’il y a plus à perdre à rouler sur le mouillé avec des Cup qu’à
rouler sur le séchant avec les Road 3.
On s’élance pour un premier départ après avoir attendu un moment sous un ciel menaçant.
Je me fais déboîter de toutes parts dans les premiers virages, je manque d’agressivité…
mais j’aurais une deuxième chance car les drapeaux rouges sont agités après le premier
tour. Etienne Godard et Ju Vezzuti sont partis à la faute. Dans l’attente d’un autre départ,
quelques gouttes se mettent à tomber… Deuxième départ. Je résiste beaucoup mieux et
m’impose autant que je peux. Je prends du plaisir même si devant ça s’éloigne car
finalement, le ciel se tiendra et du coup les Road 3 tirent un peu la langue. C’était vraiment
pile ou face.
Il ne pleuvra finalement pas du tout et les séries suivantes profiteront d’une piste plus sèche.
Je termine 21ème à 3 secondes de Bruno Shiltz qui avait lui aussi pris l’option Road 3.
Ce que j’ai trouvé totalement anormal, sans que cela me concerne, c’est d’avoir fait partir Flo
Derrien et Sebastien Lagut dans la série de la catégorie sport. La première série devrait être
celle du scratch (hormis les sides) et rien d’autre. Ce n’est pas normal de perturber le
podium de cette façon. Flo fait le 9ème chrono scratch du circuit, expliquez-moi comment il
pourrait déranger dans une série de 30 multicylindres ? Cette anomalie avait déjà été
soulevée dans le passé puis corrigée il me semble. A revoir.
Sortie du circuit, direction la
fameuse spéciale mixte terrebitume de Mercoirol. Si elle a
beaucoup fait grincer des dents,
moi j’ai aimé l’idée dès le départ et
après y avoir roulé j’en suis
maintenant archi convaincu, c’était
génial ! Je me suis régalé de cette
session enduro malgré une petite
chute qui m’a coûté 15-20
secondes sans quoi j’avais ma
place dans les 5… mais ce sera
finalement le 22ème chrono. Denis
a une nouvelle fois scotché tout le
monde en sortant de cet exercice
2ème avec un R6... total respect.
Gros coup de stress car un voyant orange s’allume et j’ai peur que la panne de la veille ne
recommence… mais c’est seulement un capteur qui s’est débranché dans ma cascade, tout
fonctionne.
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Aujourd’hui on roule avec Lucas
Mahias qui découvre les rallyes par
« la course dans la course » AlèsToulon. On va rouler ensemble
quasiment toute la journée avec Ju et
Denis… et pour passer le temps
chacun ira de ses 2-3 figures de
style… que du bon !
L’arrivée sur Toulon est toujours aussi
belle et sympa après tous ces
kilomètres, 18ème de la journée. Michel
Braut me reprend
les secondes
laissées dans ma chute et je passe
donc 8ème au général.
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Samedi 5 octobre
Encore plus de 400 kms au programme du jour. Il y
a eu un gros orage dans la nuit et les routes sont
trempées. La spéciale du matin sera donc une
nouvelle fois séchante. J’aime beaucoup cette ES
et plus particulièrement le passage du col tout en
aveugle corde-corde qui déleste… le plus
sensationnel de la semaine je trouve. Je monte en
attaquant pas mal et sans bien les limites : 4ème
chrono derrière Denis et les 2 monos avec de gros
écarts sur mes concurrents au général. Je
reprends 6 secondes à Michel et plus de 13
secondes à Lolo Filleton qui n’aimait pas les
conditions.
Je profite de liaison pour faire un bout d’essai avec la MT09 de Lucas. Le moteur est
vraiment top, la position est particulière mais pas désagréable. Ca doit pouvoir faire une très
bonne moto de rallye en travaillant bien les suspensions. Le premier chrono de Cédric et
ceux d’Anthony sont là pour en attester.
Avec 2 passages dans Pourrières, j’ai l’espoir de
pouvoir me refaire et de pouvoir grappiller encore au
général… mais une voiture a fait des tonneaux dans
la nuit et il y a du gasoil dans la spéciale. Annulation
des 2 passages et de la deuxième boucle. Tant pis
pour les chronos… mais ce sera sans aucun regret
car on va profiter de cet après midi « quartier libre »
pour faire un tour sur le voilier de Denis. Soleil, vent,
bière, potes, cours de voile… on était tout
simplement au top !
A la veille du Faron, je suis 7ème au général avec Laurent moins d’une demie seconde
derrière moi… chaud, chaud, chaud !
Dimanche 6 octobre
J’ai trouvé dommage de ne pas faire les départs inversés comme les autres années. C’est
vraiment une fête en haut du Faron lorsque nous sommes tous ensemble au sommet.
Comme il fait beau, je monte des Power Cup
d’occaz empruntés à Julien pour voir ce que ça
donne. J’ai eu l’impression qu’ils étaient vraiment
chauds seulement dans la dernière épingle de la
spéciale. Je ne suis pas très bien monté et comme
nous n’avons pas les résultats à l’arrivée le
suspense reste entier.
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Ce n’est que dans l’après midi au bord de la plage que Seb Lagut m’annonce que j’ai
conservé ma demie seconde d’avance sur Laurent et que je conclus ce Moto Tour 2013 à la
7ème place. Ma meilleure performance après avoir fait 8ème en 2009 et 9ème en 2011 (le niveau
était moins élevé à l’époque).
Je sais que j’ai encore de la marge de progression en travaillant mieux mes spéciales et en
arrivant avec une moto parfaitement réglée. C’était la première fois que je roulais avec un
amortisseur de direction. J’ai perdu du temps en début de course avant de bien comprendre
les Michelin mais c’était le cas pour tout le monde.
Conclusion d’une nouvelle expérience, où une nouvelle fois j’ai fait de belles rencontres,
vécu des instants de vérité, des moments magiques, du bonheur partagé, le plaisir d’être
ensemble et de vibrer pour la même passion… Le Moto Tour quoi !
Merci à Marc Hénon sans qui rien n’était possible.
H’elit Moto et tous ses partenaires : Beringer, EMC, France Equipement, Vulcanet, Mecacyl,
Silkolène, Raffin Moto.
Merci à Kevin et Romain de s’être aussi bien occupé de la moto.
Merci à Florian et Françoise pour les repas dignes d’un restaurant chaque soir.
Merci à Jean Pierre et Hervé pour l’intendance et tous les kilomètres avalés.
Merci à Moto-Net et à Marcus pour leur fidelité,
Merci à Tecnoglobe et à Gilles pour leur engagement dans les rallyes,
Merci à Scorpion pour les casques, à Segura pour les cuirs, à Vitesse pour les bottes,
Merci au Moto Club Angevin, aux Maisons Batibat et au Conseil général pour leur soutien.
Merci à tous les potes.
Je ne sais pas de quoi sera fait 2014, je n’ai plus de budget, je suis à sec. Il faut que je
commence par remettre la moto en état et on verra par la suite. Alors si la lecture de mes
aventures vous a provoqué un temps soit peu d’émotions, que vous voulez m’aider à
poursuivre pour aller encore plus haut, je vous propose de m’aider en participant à la
cagnotte en ligne qui m’aidera à remettre la moto sur pied en cliquant sur le lien :
https ://www.leetchi.com/c/maxime-mettra-ddmt2013
MERCI !
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