Exploitation pédagogique
Transcription
Exploitation pédagogique
Yanassima rawd Ô douce brise Origine : Chant d’origine arabo-andalouse. Compositeur anonyme. Langue : arabe classique. Paroles Ya nassima rawd ikha Biri ra chala Ya zid nil wirdou ila a ta cha Ya nassima rawd ikha Biri ra chala Ya zid nil wirdou ila a ta cha Traduction des paroles Ô brise, transmets aux gazelles Que mon bien-aimé est aussi pur que l’eau Et aussi doux que l’espérance. Notons que le terme de gazelle, utilisé ici plutôt dans le sens d’animal messager apprécié pour sa rapidité, apparaît fréquemment dans la poésie classique arabe comme la métaphore de la jeune femme courtisée. Texte transcrit en phonétique Le j se fait dans la gorge, comme la jota espagnole. Le r est roulé. Le h est fortement aspiré. Le sh se prononce ch. 1. Yè nè si ma raw di ja bi li lèr ra sha Lè yè zib nil louèr du il la a a ta sha a Yè nè si ma raw di ja bir lèr ra sha a a a Lè yè zib nil louèr du il la a a ta sha 2. Li ja bi boun hei po o hè shou oul ra sha Y niè sha shi tsou ouè in shi i tsu iè sha a Li ja bi boun hei po o hè shoul ra sha a a a Y niè sha ien shi a la ja a ti ma sha Partition | Musiques et cultures du Maghreb à Tétouan | Chants marocains © CRDP de l’académie de Rennes 1 Niveau : à partir du cycle 2 Analyse musicale Ce chant strophique, de faible ambitus, ne présente qu’une seule difficulté : le mélisme fait sur l’avantdernière syllabe du deuxième vers. Même si cette difficulté n’est pas maîtrisée, ce chant, d’un tempo modéré, reste très agréable à interpréter. Il comporte trois strophes, la troisième étant faite en bouche fermée. Chaque strophe comprend quatre vers (qui correspondent à quatre périodes musicales). Attention à bien placer les respirations et à être précis dans les rythmes. Apprentissage du chant L’apprentissage de ce chant peut être mené de deux façons. Apprentissage fragment par fragment Après avoir pris la bonne hauteur d’intonation (ici un la) sur un instrument de référence (carillon, petit clavier, flûte à bec…), l’enseignant interprète une fois le chant en entier (il peut aussi faire écouter la version enregistrée, il aura ainsi la hauteur de référence pour commencer l’étude du chant par fragments). Il chante tour à tour chacun des fragments (deux fragments dans chaque période), et en alternance les élèves les répètent. Ce travail se fait sans aucun support textuel. La deuxième strophe est abordée de la même façon. La troisième en bouche fermée pourra être donnée entièrement par la classe après avoir été présentée par l’enseignant. Le texte écrit phonétiquement sera ensuite donné (de préférence écrit ou projeté au tableau). L’enseignant indiquera les particularités de prononciation de l’arabe (j dans la gorge, h fortement aspiré, r roulé). Il sera d’abord repris en voix parlée-rythmée (toujours en technique responsoriale). Puis on procédera au chant complet de chacune des strophes. L’enseignant est aussi à l’écoute de sa classe sur les fragments reproduits et corrige immédiatement, en redonnant l’exemple vocal, toute hésitation ou erreur mélodique, rythmique ou langagière. Apprentissage par imprégnation Les premières écoutes se font sans aucun support textuel. Le chant est écouté une première fois. À l’issue de l’écoute, et après expression du ressenti par les élèves, quelques éléments sont fournis par le maître : il s’agit d’un très vieux chant chanté en langue arabe en Afrique du nord-ouest. Le thème du chant (chant d’amour) peut être précisé. Chacune des écoutes suivantes est précédée d’une question ; voici quelques suggestions : §§ Qui interprète le chant ? Une voix de femme. §§ Quel type d’instrument accompagne la chanteuse ? C’est un instrument à cordes pincées : le oud. Se référer aux différents extraits vidéo sur le oud. §§ Combien y a-t-il de strophes ? Trois strophes. §§ Quelle est la particularité de la dernière strophe ? Elle est chantée en bouche fermée, la chanteuse ralentit sur le dernier vers. Peuvent suivre des activités rythmiques, avec des frappés corporels qui doivent toujours être exécutés piano : §§ On frappe librement sur ses cuisses pour accompagner le chant. §§ On frappe à chaque syllabe du chant (dessin rythmique). Puis des activités de découverte et assimilation des paroles (la version phonétique est projetée au tableau) : §§ On lit dans sa tête en écoutant le chant (l’enseignant fera remarquer les particularités de prononciation de l’arabe : j dans la gorge, h fortement aspiré, r roulé). §§ On répète en parlé-rythmé (se servir de la version parlée-rythmée enregistrée ; la version enregistrée est arrêtée à la fin de chaque période pour répétition immédiate des enfants). Enfin on commence à aborder l’activité chantée : §§ On écoute la première strophe, on chante en bouche fermée les deuxième et troisième strophes. §§ On chante les paroles des premier et troisième vers, on écoute les deux autres. §§ On chante les paroles des deuxième et quatrième vers, on écoute les deux autres. §§ On chante toute la chanson avec la version enregistrée. §§ On chante toute la chanson sans la version enregistrée. | Musiques et cultures du Maghreb à Tétouan | Chants marocains © CRDP de l’académie de Rennes 2 Pistes d’exploitation du chant Voici une suggestion pour l’exploitation de Ya nassima rawd : accompagnement rythmique du chant basé sur la pulsation. §§ Battue de la pulsation dans les mains(*). §§ Structuration de la pulsation en utilisant deux sonorités corporelles, celle des genoux (g), celle des mains (m). Pour respecter les appuis naturels de la musique, on a une frappe des genoux suivie de deux frappes dans les mains. Commencer les percussions corporelles sur la troisième syllabe du chant, la syllabe « si ». §§ Accompagnement des tambourins : on recherchera deux sonorités sur les tambourins (doum tak tak) (deux endroits de la peau, ou alternance peau/bois du cadre, ou alternance main plate/bout des doigts, etc.). Après avoir choisi un mode de jeu, on le produit en accompagnement de la mélodie. §§ Le chant peut être introduit et conclu par l’évocation de l’eau ou de la brise : souffle, eau agitée dans une bassine, bâton de pluie, tambour océan… | Musiques et cultures du Maghreb à Tétouan | Chants marocains © CRDP de l’académie de Rennes 3