Salon de Musique de Kandinsky

Transcription

Salon de Musique de Kandinsky
VASSILY KANDINSKY
LE SALON DE MUSIQUE DE 1931
ET SES TROIS MAQUETTES
ORIGINALES
DONATION DE LA SOCIÉTÉ L’ORÉAL
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN
A PARTIR DU 16 JUIN
EXPOSITION : 16 JUIN / 24 SEPTEMBRE 2006
SERVICE COMMUNICATION MUSEES
Tél. 00 33 (0)3 88 52 50 00
Fax 00 33 (0)3 88 52 50 42
SERVICE DE PRESSE VILLE / CUS
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DOSSIER DE PRESSE
DONATION DU SALON DE MUSIQUE DE VASSILY KANDINSKY DE 1931
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN A PARTIR DU 16 JUIN 2006
EXPOSITION 16 JUIN / 24 SEPTEMBRE
SOMMAIRE
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
INTRODUCTION DE FABIENNE KELLER ET ROBERT GROSSMANN PAGE 1
INTERVIEW DE BEATRICE DAUTRESME , VICE PRESIDENTE DE L’OREAL
PAGE 2
AVANT-PROPOS DE FABRICE HERGOTT
PAGE 3
VASSILY KANDINSKY . LE SALON DE MUSIQUE DE L’EXPOSITION
D’ARCHITECTURE ALLEMANDE DE BERLIN , 1931
PAGE 4
ELEMENTS BIOGRAPHIQUES
PAGE 6
LISTE DES ŒUVRES EXPOSEES
PAGE 8
AUTOUR DE L’EXPOSITION
PAGE 8
INFORMATIONS PRATIQUES
PAGE 8
ANNEXE
1.
: LISTE DES VISUELS DISPONIBLES
INTRODUCTION DE FABIENNE KELLER ET ROBERT GROSSMANN
À l’instar des chapelles et des pièces consacrées aux peintures de Mark Rothko, il nous faut entrer au
cœur même du Salon de musique de Vassily Kandinsky, comme si nous pénétrions corps, cœur et âme
dans cette création singulière.
Vassily Kandinsky est l’artiste protéiforme européen par excellence. Russe, influencé par Goethe et son
Traité des couleurs, participant aux aventures artistiques allemandes du début du siècle, vivant dès le
début de la Seconde Guerre mondiale à Paris, son travail est père du mouvement abstrait et témoigne
d’une vitalité créative intense.
Avec le Salon de musique, c’est son activité des années trente au Bauhaus de Dessau qui est saluée. Ce
très important don de la société L’Oréal renforce de façon magistrale la collection des pièces artistiques
e
d’avant-garde du début du XX siècle des Musées de Strasbourg.
Avec les décors restitués de l’Aubette de 1928, voilà deux magnifiques exemples d’œuvres d’art total,
issues de courants séminaux du siècle passé, le mouvement De Stijl et le Bauhaus, qui témoignent
d’idées impressionnantes qui influenceront durablement l’art de l’époque et celui à venir.
Aujourd’hui encore, ces courants irriguent plus ou moins souterrainement bon nombre de créateurs en
architecture, sculpture, design, peinture et photographie.
Une Gesamtkunstwerk comme le Salon de musique dit beaucoup de l’attachement de Strasbourg à la
culture la plus emblématique et la plus bouillonnante. Elle dit aussi beaucoup de notre amour de l’art en
général et fait écho finalement à l’un des premiers slogans du Bauhaus : construire le futur.
Fabienne Keller
Maire de Strasbourg
Robert Grossmann
Président de la C.U.S
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DOSSIER DE PRESSE
DONATION DU SALON DE MUSIQUE DE VASSILY KANDINSKY DE 1931
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN A PARTIR DU 16 JUIN 2006
EXPOSITION 16 JUIN / 24 SEPTEMBRE
2.
INTERVIEW DE BEATRICE DAUTRESME , VICE PRESIDENTE DE L’OREAL
La recréation du Salon de Musique de Kandinsky en 1975 fut un acte de mécénat. Comment la
société L’Oréal fut-elle amenée à conduire cette entreprise ?
Effectivement, pour L’Oréal, c’était un geste essentiellement culturel. Il fut orchestré par Guy Landon,
Vice-président de L’Oréal et fondateur d’Arcurial qui cherchait pour l’inauguration de la galerie une
œuvre symbolique, représentative de sa démarche. Il a songé au Salon de Musique de Kandinsky, œuvre
éphémère, détruite après l’exposition de la « Bauausstellung » de Berlin en 1931. Comme il connaissait
Nina Kandinsky, il lui a proposé de le recréer.
Nina Kandinsky accepta avec enthousiasme ?
Oui, elle a souhaité que l’opération soit dirigée par Suzanne et Jean Leppien, deux anciens élèves de
Kandinsky au Bauhaus.
Elle a également demandé que ce triptyque demeure une pièce unique, qu’il soit exposé au public toute la
vie durant d’Artcurial et que, si un jour la galerie disparaissait, il soit rendu au public dans un musée.
Nina fut en quelque sorte la marraine d’Artcurial et le Salon de Musique resta au cœur de la galerie vingtcinq ans durant. Comme c’était un lieu de recueillement, il finit même par être appelé « la chapelle
Kandinsky ».
Pourquoi donner aujourd’hui cette pièce ?
Après que L’Oréal ait cédé Artcurial en l’an 2000, il nous a paru important de respecter l’engagement
pris auprès de Nina Kandinsky qui était d’exposer le Salon de Musique au grand public.
C’est pourquoi nous sommes extrêmement heureux que cette pièce singulière de l’un des plus grands
e
génies du XX siècle soit aujourd’hui présente au sein du Musée d’Art Moderne et Contemporain de
Strasbourg.
Pourquoi avez-vous choisi le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg ?
La diversité et les échanges interculturels sont des valeurs fortes de L’Oréal, que représente bien la Ville
de Strasbourg. En effet, Strasbourg est une ville symbole de l’Union Européenne, le siège de son
parlement et le carrefour des cultures de l’Europe.
Par ailleurs, il nous a semblé pertinent que le Salon de Musique montré pour la première fois à Berlin,
puis à Paris, appartienne à un musée international, accessible aussi bien au public français qu’allemand.
Enfin, ce musée compte déjà dans ses collections des œuvres de Kandinsky et d’artistes majeurs de la
même époque comme Jean Arp. Il nous a semblé être un très bel écrin pour cette œuvre du maître russe.
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EXPOSITION 16 JUIN / 24 SEPTEMBRE
3.
AVANT-PROPOS DE FABRICE HERGOTT
Le Salon de Musique de 1931 est une des réalisations majeures de Vassily Kandinsky. Il a été exécuté en
céramique et répondait au désir d’un environnement habitable possédant des qualités plastiques,
harmonieuses et spirituelles identiques à celles de ses tableaux. Ce second grand salon après celui en toile
pour la Juryfreie Austellung de Berlin en 1923, qui appartient aujourd’hui au Musée national d’art
moderne/Centre de Pompidou, est une œuvre qui arrive à la fin de la période de maturité de Kandinsky et
avant sa dernière et fascinante période parisienne. Elle correspond à cette double volonté de l’artiste de
continuer ses expériences sur la forme et de donner au spectateur les éléments pour une compréhension
claire de conceptions qui, au début des années trente, sont encore loin d’être acceptées par le public.
Sa présentation désormais définitive au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg permettra au
public d’avoir un accès exceptionnel à l’une des pensées artistiques fondatrices de l’art moderne. Elle
vient compléter l’ensemble d’œuvres de Kandinsky que le Musée d’art moderne et contemporain possède
déjà, les œuvres provenant du legs Horn mais aussi le très beau tableau Drei Elemente de 1925, dont la
Ville de Strasbourg fit l’acquisition pour ses musées en 2003.
Le don par L’Oréal du Salon de Musique de 1931 de Kandinsky et des trois peintures qui ont servi de
modèle est un geste d’une portée exceptionnelle et très certainement unique dans l’histoire d’un musée de
région. Il permet de développer de manière spectaculaire la présence de l’art moderne à Strasbourg au
moment même où une part importante des décors de l’Aubette de 1928 sont restitués.
Ce don en faveur de Strasbourg est aussi est le fruit des efforts conjugués de toute l’équipe de L’Oréal
sous la direction de sa Vice-présidente Madame Béatrice Daustresme, de Messieurs François Trèves,
Président des Amis du Musée national d’art moderne et Alfred Pacquement, directeur du Musée national
d’art moderne et Christian Derouet, conservateur au Musée national d’art moderne, et de Monsieur Guy
Landon, ancien directeur de la galerie Artcurial et ancien Vice-président de L’Oréal, que nous tenons à
remercier chaleureusement.
Fabrice Hergott,
Directeur des Musées de Strasbourg
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4. VASSILY KANDINSKY . LE SALON DE MUSIQUE DE L’EXPOSITION D’ARCHITECTURE ALLEMANDE DE
BERLIN , 1931
Diffuser la création
Nina Kandinsky voulait qu’il en soit ainsi. Le Salon de Musique conçu par son époux Vassily Kandinsky
en 1931 pour la « Bauausstellung » de Berlin devait appartenir au public.
Ce vœu, L’Oréal est aujourd’hui heureux de le réaliser à nouveau. Les trois maquettes autographes et les
panneaux qu’Artcurial avait fait refaire à l’identique pour sa galerie, avenue Matignon à Paris en 1975, ont
fait l’objet d’une donation au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg.
Un regard neuf
Lorsqu’en 1931, Mies van der Rohe, directeur depuis peu de la célèbre école du Bauhaus, demande à
Kandinsky de participer à ce salon de l’architecture, il s’adresse non seulement au doyen de ses professeurs
mais surtout à une de ses figures emblématiques.
Sensible aux idées que développait le fondateur du Bauhaus Walter Gropius, le peintre russe avait gagné
Weimar dès 1922. Les artistes réunis là non seulement envisageaient l’architecture d’un œil neuf,
utilisant des matériaux et des techniques de construction innovantes, mais ils se penchaient aussi sur la
conception d’objets de la vie quotidienne. Dans ce vivier d’idées nouvelles, toutes distinctions entre
beaux-arts et arts appliqués étaient bannies et les peintres ou les sculpteurs, tout comme les architectes,
cherchaient à intégrer les processus industriels. Avec pour slogan «Art, Artisanat, une nouvelle unité» ils
eurent pour constant souci de diffuser leur travail auprès du plus grand nombre.
Kandinsky fut, quant à lui, chargé de l’éphémère atelier de peinture murale. Dans ce cadre, il réalise en
1922 avec les étudiants la décoration du salon berlinois de la « Juryfreie Austellung » (Exposition sans
jury). Le décor du Salon de Musique de 1931 quant à lui est un travail personnel postérieur à la fermeture
de l’atelier, exécuté en quelques semaines. Il pose la question de la survie de la peinture, création
individuelle, à l’intérieur d’une pratique collective devenue iconoclaste, l’architecture. Il faut aussi le lire
comme une invitation à pénétrer dans une « Gesamtkunstwerk », une œuvre d’art totale. Fidèle à ses
principes de sobriété (« Less is more »), Mies van der Rohe n’avait meublé le salon que d’un piano et de
sièges en acier tubulaire dessinés par lui-même en 1927.
Entre art et arts appliqués
Dans le droit fil des idées du Bauhaus, il s’agissait aussi avec cet ensemble de relancer une tradition en
vogue dans les années 1900 : les décors muraux transposés sur des carreaux de porcelaine.
Si l’on en juge par la correspondance échangée avec l’artiste, cette commande revêtait pour la firme
berlinoise de céramique Körting la valeur d’un manifeste. L’intensité lumineuse, la complexité de la
configuration des maquettes de Kandinsky (de véritables œuvres - signées et datées - peintes à la tempera
sur carton) furent extrêmement difficile à transposer.
À la fin de la manifestation, ce décor qui avait pour vocation d’être temporaire fut détruit. Et oublié de tous
ou presque.
Une renaissance
En tous cas pas de Nina Kandinsky. Elle était très attachée à ce décor à la naissance duquel elle avait
assisté. Aussi lorsque Guy Landon, vice-président de L’Oréal et fondateur de la galerie Artcurial, qui
cherchait une œuvre emblématique pour marquer l’ouverture de la galerie, lui proposa, à l’instigation du Pr
Bruno Lussato, de reconstituer ce salon, elle accepta avec enthousiasme. À condition toutefois que
l’exécution des céramiques soit supervisée par deux anciens élèves de Kandinsky au Bauhaus, Jean et
Suzanne Leppien. Cette fois-ci, ce fut au tour du fabricant de céramique Villeroy et Boch de relever le défi.
L’ensemble fut inauguré en juin 1975, et le salon, placé au cœur de la galerie, en devint valeur de symbole
pour le concept d’Artcurial.
Cette opération précédait de quelques années la recréation du salon de la « Juryfreie Austellung » présentée
au moment de son inauguration à l’entrée du troisième étage du Centre Pompidou. Elle marque également
le début d’une campagne de « remakes » autorisés : la réalisation de la Tour de Tatline, la reconstitution
du Merz de Schwitters à Hanovre, etc. suivies ces dernières années par la restauration des bâtiments du
Bauhaus à Dessau (la restitution de la maison des maîtres occupée par Kandinsky et Klee a été achevée en
2000) et de l’Aubette à Strasbourg.
Lorsque les locaux d’Artcurial avenue Matignon furent vendus, le décor fut démonté et déposé chez
L’Oréal.
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Une démarche cohérente
Désireux de rester fidèle à la volonté de Nina Kandinsky pour qui ce salon devait être exposé, L’Oréal a
souhaité le donner à un musée français. Celui de Strasbourg, ville carrefour de l’Europe semblait tout
désigné. Ainsi ce Salon de Musique conçu en Allemagne, réédité à Paris retrouve tant son public français
qu’allemand.
Par ailleurs, il complète admirablement l’ensemble des œuvres de Kandinsky conservées à Strasbourg. Les
trois maquettes s’ajoutent à l’important tableau de 1925 Drei elemente, acquis par la Ville il y a quatre
ans, et viennent compléter la donation Paul Horn et les dépôts du MNAM (Musée national d’art moderne).
Avec cette donation, faite avec le soutien du Musée national d’art moderne/Centre Georges Pompidou,
L’Oréal apporte tout son soutien à la Ville de Strasbourg qui s’applique à doter son récent Musée d’art
e
moderne et contemporain d’une collection représentative d’un des grands peintres du XX siècle.
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5.
ELEMENTS BIOGRAPHIQUES
1866
Naissance de Vassily Vasilyevich Kandinsky, souvent appelé Vassily Kandinsky, le 4 décembre
(calendrier julien) à Moscou.
1889
Il est membre d’un groupe de recherche ethnographique qui voyage jusqu’à la région de Vologda au
nord-est de Moscou pour étudier les coutumes relatives au droit paysan. Son étude du folklore de
cette région, en particulier l’usage de couleurs vives sur un fond sombre a rejailli sur son œuvre
primitive. Avant de quitter Moscou, il voit une exposition de Monet et est très impressionné par la
représentation d’une meule de foin qui lui montrait, selon ses propres mots, la puissance de la
couleur utilisée presque indépendamment de l’objet lui-même.
1896
Après avoir étudié avec succès le droit et l’économie à l’université de Moscou, il décide de
commencer des études de peinture (dessin d’après modèle, croquis et anatomie) à l’âge de 30 ans. Il
s’installe à Munich et étudie à l’Académie des Beaux-Arts. Pour l’essentiel, les peintures de
Kandinsky de cette époque ne comportent pas de visages humains. Le tableau Dimanche, Russie
traditionnelle (1904) y fait exception : Kandinsky nous propose une peinture très colorée et sans
doute imaginaire de paysans et de nobles devant les murs d’une ville. Sa peinture intitulée Couple à
cheval (1906-1907) dépeint un homme sur un cheval, portant avec tendresse une femme, et qui
chevauche devant une ville russe aux murs lumineux au-delà d’une rivière. Le cheval qui est couvert
d’une étoffe somptueuse se tient dans l’ombre, tandis que les feuilles des arbres, la ville et les reflets
dans la rivière luisent comme des taches de couleur et de lumière.
1903
Il réalise Le Cavalier bleu qui montre un personnage portant une cape chevauchant rapidement à
travers une prairie rocailleuse. Kandinsky montre le cavalier davantage comme une série de touches
colorées que par des détails précis. En elle-même, cette peinture n’est pas exceptionnelle, mais elle
indique la direction que Kandinsky va emprunter dans les années suivantes, et son titre annonce
l’association qu’il va fonder quelques années plus tard.
19061908
Kandinsky passe une grande partie de son temps à voyager à travers l’Europe, jusqu’à ce qu’il
s’installe dans la petite ville bavaroise de Murnau. La Montagne bleue (1908-1909) peinte à cette
époque montre davantage sa tendance vers l’abstraction pure.
1909
À partir de 1909, ce que Kandinsky appelait le « chœur des couleurs » deviendra de plus en plus
éclatant, il se chargera d’un pouvoir émotif et d’une signification cosmique intense. Cette évolution a
été attribuée à un ouvrage de Goethe, le Traité des couleurs (Farbenlehre), qui a influencé ses livres
Du Spirituel dans l’Art et Regards sur le passé.
En plus de la peinture elle-même, Kandinsky se consacre à la constitution d’une théorie de l’art. Il a
contribué à fonder l’association des Nouveaux Artistes de Munich dont il devient le président en
1909. Le groupe fut incapable d’intégrer les approches les plus radicales comme celle de Kandinsky
du fait d’une conception plus conventionnelle de l’art, et le groupe se dissout fin 1911.
1910
Son œuvre intitulée Première aquarelle abstraite fut longtemps érigée comme la première peinture
abstraite, mais on soupçonne fortement Kandinsky d’avoir antidaté le tableau, peut-être pour s’assurer
la paternité de l’abstraction.
19111914
Les peintures de cette période comportent de grandes masses colorées très expressives qui évoluent
indépendamment des formes et des lignes qui ne servent plus à les délimiter ou à les mettre en valeur
mais qui se combinent avec elles, se superposent et se chevauchent de façon très libre pour former des
toiles d’une force extraordinaire.
La musique a eu une grande influence sur la naissance de l’art abstrait, étant abstraite par nature et ne
cherchant pas à représenter vainement le monde extérieur mais simplement à exprimer de façon
immédiate des sentiments intérieurs à l’âme humaine. Kandinsky utilisait parfois des termes
musicaux pour désigner ses œuvres : il appela beaucoup de ses peintures les plus spontanées des
« improvisations », tandis qu’il nomma « compositions » quelques unes parmi les plus élaborées et
les plus longuement travaillées, un terme qui résonnait en lui comme une prière.
Kandinsky fonde une nouvelle association, le Cavalier Bleu (Der Blaue Reiter) avec des artistes plus
proches de sa vision de l’art, tel que Franz Marc. Cette association réalise un almanach, appelé
L’Almanach du Cavalier Bleu qui connu deux parutions. Davantage de numéros étaient prévus, mais
la déclaration de la Première Guerre mondiale en 1914 met fin à ces projets, et Kandinsky retourne
chez lui en Russie via la Suisse et la Suède.
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Son premier grand ouvrage théorique sur l’art, intitulé Du spirituel dans l’art et dans la peinture en
particulier, paraît fin 1911. Il expose dans ce court traité sa vision personnelle de l’art dont la
véritable mission est d’ordre spirituel, ainsi que sa théorie de l’effet psychologique des couleurs sur
l’âme humaine et leur sonorité intérieure.
19181921
Kandinsky s’occupe du développement de la politique culturelle de la Russie, il apporte sa
collaboration dans les domaines de la pédagogie de l’art et de la réforme des musées. Il se consacre
également à l’enseignement artistique avec un programme reposant sur l’analyse. Pendant cette
période, la production artistique de Kandinsky est caractérisée par son étrange hétérogénéité. La
création de Kandinsky pendant les années a Moscou présente deux autres tendances : une
géométrisation croissante et l’apparition d’un encadrement
1922-1933 Le Bauhaus était une école d’architecture et d’art novateur qui avait pour objectif de fusionner les arts
plastiques et les arts appliqués, et dont l’enseignement reposait sur la mise en application théorique
et pratique de la synthèse des arts plastiques. Kandinsky y enseigne dans le cadre de l’atelier de
peinture murale et développe sa théorie des couleurs en y intégrant de nouveaux éléments sur la
psychologie de la forme. Le développement de ces travaux sur l’étude des formes, en particulier le
point et les différentes formes de lignes, conduiront à la publication de son second grand ouvrage
théorique Point et ligne sur plan en 1926.
Les éléments géométriques prennent dans son enseignement comme dans sa peinture une importance
grandissante, en particulier le cercle, le demi-cercle, l’angle et les lignes droites ou courbes. Cette
période est pour lui une période d’intense production. Par la liberté dont témoigne chacune de ses
œuvres, par le traitement des surfaces riches en couleurs et en dégradés magnifiques comme dans sa
toile Jaune – rouge – bleu (1925), Kandinsky se démarque nettement du constructivisme ou du
suprématisme dont l’influence était grandissante à cette époque.
Face à l’hostilité des partis de droite, le Bauhaus quitte Weimar pour s’installer à Dessau dès 1925.
Suite à une campagne de diffamation acharnée de la part des nazis, le Bauhaus fut fermé à Dessau en
1932. L’école poursuivit ses activités à Berlin jusqu’à sa dissolution en juillet 1933 par les nazis.
Kandinsky quitte alors l’Allemagne pour venir s’installer à Paris.
1939
Acquiert la nationalité française.
19341944
A Paris, il se trouve relativement isolé, d’autant que l’art abstrait, en particulier géométrique, n’est
guère reconnu : les tendances artistiques à la mode étaient plutôt l’impressionnisme et le cubisme. Il
vit et travail dans un petit appartement dont il a aménagé la salle de séjour en atelier. Des formes
biomorphiques aux contours souples et non géométriques font leur apparition dans son œuvre, formes
qui évoquent extérieurement des organismes microscopiques mais qui expriment toujours la vie
intérieure de l’artiste. Il recourt à des compositions de couleurs inédites qui évoquent l’art populaire
slave et qui ressemblent à des ouvrages en filigrane précieux.
Cette période correspond en fait à une vaste synthèse de son œuvre antérieure, dont il reprend
l’ensemble des éléments tout en les enrichissant. Il peint en 1936 et 1939 ses deux dernières grandes
compositions, ces toiles particulièrement élaborées et longuement mûries qu’il avait cessé de produire
depuis de nombreuses années.
Dans les œuvres de Kandinsky, un certain nombre de caractéristiques sautent immédiatement aux
yeux tandis que certaines sonorités sont plus discrètes et comme voilées, c’est-à-dire qu’elles ne se
révèlent que progressivement à ceux qui font l’effort d’approfondir leur rapport avec l’œuvre et
d’affiner leur regard.
Il poursuit ses expositions à Paris, malgré la guerre, ainsi qu’à Los Angeles, à New York en 1941,
tout en refusant de s’installer aux Etats Unis.
Il expose à Paris à la Galerie Jeanne Bucher avec Nicolas de Staël puis à la Galerie Esquisse durant
laquelle il meurt à l’âge de 78 ans le 3 décembre 1944.
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6.
LISTE DES ŒUVRES
A l’occasion de la donation du Salon de Musique de Kandinsky et de ses trois maquettes originales, une
petite exposition permet d’éclairer cette œuvre à la lumière d’autres travaux de Kandinsky.
Leichtes, 1930, huile sur toile, 70 x 49 cm, Centre Pompidou MNAM/CCI.
Braunes Schweigen, 1925, huile sur carton, 77 x 63 cm, Hélène Rochas, Paris.
Brückes, 1931, huile sur toile, 70 x 60 cm, Collection Bettencourt, Paris.
Blaues Kreusz, 1926, huile sur toile, 41 x 33 cm, P. Bruguière, Paris.
Pfeile, 1927, huile sur toile, 41 x 33 cm, Ancienne collection Beglarian.
Lockere Bindung,1929, huile sur toile, 44 x 33 cm, Musée de Saint-Etienne, don Susi Magnelli
Herunter,1930, huile sur toile, 49 x 49 cm, MBA Nantes, don Gildas Fardel.
Projet pour Le Salon de Musique présenté dans l’exposition d’architecture allemande (Bau-austellung) de
Berlin en 1931, panneau gauche, huile sur carton, 45,5 x 75 cm, Dépôt de la société L’ORÉAL
Projet pour Le Salon de Musique présenté dans l’exposition d’architecture allemande (Bau-austellung) de
Berlin en 1931, panneau droit, huile sur carton, 45,5 x 75 cm, Dépôt de la société L’ORÉAL
Projet pour Le Salon de Musique présenté dans l’exposition d’architecture allemande (Bau-austellung) de
Berlin en 1931, panneau central, huile sur carton, 45 x 100 cm, Dépôt de la société L’ORÉAL
7.
AUTOUR DE L’EXPOSITION
À l’occasion de la donation du Salon de Musique et de ses trois maquettes originales, un catalogue sera
édité par les Musées de Strasbourg, sous la direction de Christian Derouet.
Parution juillet 2006.
Format : 16, 5 x 20 cm
96 pages
Prix : 17 euros
ISBN : 2-35125-045-1
8. INFORMATIONS PRATIQUES
VASSILY KANDINSKY . LE SALON DE MUSIQUE DE L’EXPOSITION D’ARCHITECTURE ALLEMANDE DE
BERLIN , 1931
Musée d’Art moderne et Contemporain.
1, place Hans jean Arp
67 076 STRASBOURG CEDEX
Tél. 03 88 23 31 31
Horaires
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h, le jeudi de 12h à 22h, le dimanche de 10h à 18h.
Fermé le lundi.
8
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EXPOSITION 16 JUIN / 24 SEPTEMBRE
Prix d’entrée musée et expositions
Tarif normal : 5 euros
Tarif réduit : 2,50 euros
Gratuité : moins de 18 ans, agents de la CUS munis de leur badge, carte Culture, carte Atout Voir, carte
Édu’Pass, visiteurs handicapés, étudiants en art et en histoire de l’art, personnes en recherche d’emploi,
er
bénéficiaires de l’aide sociale, pour tous, le 1 dimanche de chaque mois.
Pass 1 jour : 6 euros, tarif réduit 3 euros,
Pass 3 jours : 8 euros, tarif unique (accès à tous les musées de Strasbourg et à leurs expositions
temporaires),
Pass 1 an : 20 euros (accès à tous les musées de Strasbourg et à leurs expositions temporaires).
Museums Pass Musées – 1 an, 150 musées : tarif individuel 61 euros tarif familial 106 euros tarif réduit
53 euros (accès à plus de 150 musées en Alsace, Suisse et Allemagne).
Exposition organisée par les Musées de Strasbourg
Fabienne Keller, Sénatrice, Maire de Strasbourg
Robert Grossmann, Président de la Communauté urbaine de Strasbourg
Les Musées de Strasbourg
Fabrice Hergott, Directeur
Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg
Emmanuel Guigon, Conservateur en chef.
Commissaires de l’exposition
Christian Derouet, conservateur au Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou
Fabrice Hergott, directeur des Musées de Strasbourg
SERVICE COMMUNICATION DES MUSEES DE STRASBOURG
Marie Ollier, Lize Braat, Cathy Letard
[email protected]
[email protected]
[email protected]
2, place du Château
67 076 Strasbourg Cedex
Tél. 00 33 (0)3 88 52 50 15
Fax 00 33 (0)3 88 52 50 42
SERVICE DE PRESSE VILLE / CUS
Anne Premel, [email protected]
Communauté urbaine de Strasbourg
1, parc de l’Etoile
67076 Strasbourg Cedex
tél. 00 (0)3 88 60 93 97 / fax 00 (0)3 55 43 66 42
CONTACT POUR L ’OREAL
Anne de Fayet, [email protected]
tél. : 06 08 32 41 59
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