Étude de cas Décision et conservation
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Étude de cas Décision et conservation
APPEAR Étude de cas Auteur Date Accessibility Projects. Sustainable Preservation and Enhancement of Urban Subsoil Archaeological Remains Décision et conservation - Le Rose Theatre, Londres (Royaume-Uni) Tatiana Hachimi (CUGS), avec la collaboration de l’ensemble des partenaires Décembre 2005 Commission européenne, DG Recherche 5e Programme-Cadre, Énergie, Environnement et Développement durable, Action-clé 4 : ville de demain et patrimoine culturel, 4.2.3. : pour une meilleure intégration du patrimoine culturel dans la ville Contrat : EVK4-CT-2002-00091 APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 2 Table des matières 1. La nature des vestiges archéologiques .............................................................................3 2. Le processus décisionnel : quand les arts de la scène se mobilisent ............................3 3. L’intégration urbaine et architecturale ...............................................................................6 4. La conservation des vestiges .............................................................................................7 5. La muséographie..................................................................................................................8 6. L’étude du public..................................................................................................................9 7. Les recommandations clés ...............................................................................................11 8. Le chronogramme ..............................................................................................................12 Les résultats complets de cette étude de cas sont rassemblés dans les rapports de recherche suivants : - Deliverables D7 et D16-21 (processus décisionnel), Deliverables D15 et D19 (présentation du site au public et impact socio-culturel), Deliverable D17 (intégration urbaine et architecturale). Pour consulter ces rapports, cliquer ici. APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 3 Décision et conservation - Le Rose Theatre, Londres (Royaume-Uni) 1. La nature des vestiges archéologiques Le Rose Theatre à Londres constitue le prototype du théâtre élisabéthain, type de construction tout à fait particulier qui connaîtra un grand succès durant une soixantaine d'années, grâce à des figures emblématiques et universellement reconnues comme William Shakespeare ou Christopher Marlowe, et puis disparaîtra à jamais. Pour certains, cet épisode exceptionnel de l'histoire d'Angleterre représente le berceau de la civilisation, non seulement anglaise, mais occidentale dans son ensemble. Étant donné qu’il s’agissait d’édifices en bois, il ne reste aujourd’hui plus aucune construction de cette époque préservée dans son état original. Ainsi, pour se faire une idée de ce que le Rose Theatre a pu être, on peut visiter la reconstitution du Globe Theatre à quelques pas de son emplacement original que l’on doit à l’américain Sam Wanamaker et qui respecte des techniques de construction traditionnelles de l’époque. On notera que le nouveau Globe a bénéficié des découvertes faites lors de l’excavation du Rose dans la mesure où sa disposition au sol s’en inspire. En ce qui concerne le Rose, selon les vestiges, il s’agissait d’un polygone irrégulier, de 22 mètres de diamètre. La façade du théâtre était constituée de deux murs, un intérieur et l’autre extérieur, fait de piliers en bois reliés par des clayonnages. Entre ces deux murs, les restes des poutres semblent correspondre aux supports des galeries pour le public. Ni l’organisation de ces galeries ni la localisation des escaliers n’ont pu être déterminées à partir des fondations. En revanche, il semble certain que le toit était en chaume. La scène était contre le mur intérieur nord, face à la cour intérieure. L’espace entre les deux murs de la façade servait de loges pour les acteurs. Les spectateurs qui payaient le billet le moins cher restaient debout dans la cour au centre du bâtiment, entre les gradins et la scène. La cour de 15 mètres sur 9 mètres avait un sol constitué de mortier gris. Les recherches archéologiques attestent d’importantes transformations. Il y a eu un élargissement de la moitié nord du bâtiment, pour agrandir l’aire destinée au public. Le mur extérieur de la façade est reconstruit, marquant plus clairement les angles du polygone. La scène a été également reconstruite pour atteindre environ 50m2. Suite à l’expiration du contrat de location en 1605, le Rose Theatre a été démoli pour pouvoir réutiliser les matériaux de construction. Seuls les madriers des fondations du bâtiment ont été préservés grâce à la nature marécageuse du sol liée à la proximité de la Tamise. 2. Le processus décisionnel : quand les arts de la scène se mobilisent Dans le cas du Rose Theatre, la construction du conflit à propos de la gestion du site archéologique se situe bien en amont de la problématique du projet de mise en valeur tel qu'il est défini dans le projet APPEAR. L' « histoire » du Rose Theatre commence en effet par un conflit entre le promoteur immobilier et le Museum of London au stade et à propos de la fouille de sauvetage. Même si la gestion de cette étape ne fait pas l'objet du guide APPEAR, sa prise en compte reste incontournable dans le cas du Rose Theatre. La problématisation initiale de l'objet du conflit va en effet influencer les redéfinitions proposées par la suite, et plus particulièrement lors du conflit à propos du classement du site. Les acteurs « premiers » du projet de mise en valeur sont, d'une part, un promoteur privé qui projette de construire une tour de bureaux sur l'emplacement d'un bâtiment vieux de 30 ans, qu'il a racheté au groupe immobilier Heron. La construction de cette tour implique des travaux de fondations en sous-sol. Le promoteur, Imry Merchant (IM), est en possession d'un APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 4 permis de construire accordé au précédent propriétaire (Heron) qui s'était engagé, conformément au cadre de bonnes pratiques existant à l’époque, à accorder deux mois de délai aux archéologues et à financer durant ces deux mois les fouilles de sauvetage, et plus, en fonction des résultats des travaux. Étant donné le caractère sensible du site, dans la mesure où Bankside est connu pour avoir été un haut lieu du théâtre élisabéthain, Imry Merchant fait intervenir ses propres consultants en archéologie et espère s'en tenir là, ayant ainsi contribué de son côté à réduire le risque de détruire des vestiges archéologiques significatifs. En principe, les coûts de cette contribution « volontaire » font partie de la gestion du risque archéologique que l'on qualifiera de « normal ». C'est généralement le cas, à moins d'une découverte archéologique majeure sur le site. Une gestion efficace et préventive – en amont du projet – du risque archéologique permet de réduire l'incertitude des parties intéressées – celle du promoteur mais aussi les autorités locales, les professionnels de l'archéologie, etc. – quant à la présence de vestiges archéologiques. Mais comme dans tout domaine d'activité comportant des risques, personne n'est à l'abri d'une surprise. La spécificité de celle que constitue la découverte de vestiges archéologiques à la faveur de travaux de construction réside dans le fait qu'elle n'est pas appréciée de la même façon par les différentes parties. Tant que les archéologues s'attachent à la mission de gérer au mieux ce risque par la réduction de l'incertitude quant à la présence de vestiges – en recourant par exemple à l'outil de la cartographie – , leurs intérêts ne contredisent pas ceux du développeur. Il n'en va plus de même lorsque la fouille de sauvetage conclut à l'existence de vestiges significatifs ou à la très forte probabilité de celle-ci. Une telle découverte représente sans nul doute une fort mauvaise surprise pour le développeur mais par contre une très bonne du point de vue des archéologues. À condition que ceux-ci s'autodéfinissent exclusivement et strictement comme des porte-parole des traces du passé, abstraction faite des contraintes institutionnelles liées à leur affiliation – service de consultance engagé par le développeur, institutions publiques de défense du patrimoine sous-financé et placé devant des choix tragiques... Concrètement, l’archéologue peut donc se retrouver en porte à faux avec le développeur. Leur coopération est à la merci d'une « grande » découverte archéologique. Or cette coopération constitue un élément essentiel pour résoudre le conflit d'intérêts qui naît de ce type de découverte. On comprend sans doute mieux l'importance de ce moment de la gestion du risque archéologique et sa prise en compte dans le cas du Rose bien que situé fort en amont du projet de mise en valeur. En effet, English Heritage (EH) va se situer systématiquement du mauvais côté de la barrière du point de vue des activistes qui vont se positionner en qualité de défenseurs du patrimoine archéologique et rejeter toute idée de règlement coopératif du conflit d'intérêts. Passée l’étape de fouille, la découverte de vestiges significatifs tient à la définition que l’on va faire du vestige et pas nécessairement à sa nature intrinsèque. Décider que tel vestige est important est un élément de la plus haute importance pour son avenir. Bien sûr certains éléments objectifs permettront d’arbitrer son sort selon des critères archéologiques. Néanmoins, puisqu’il ne s’agit pas de sciences exactes, il faut prendre en considération la part de subjectivité qui subsiste à ce stade. En effet, parfois il faut bien choisir de sacrifier une partie des vestiges pour permettre de découvrir une strate rattachée à une période de l’Histoire plus ancienne. Il s’agit bien d’un choix dans ce cas. APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 5 Dans le cas du Rose, ce point a été traité de façon relativement unanime et tout le monde s’accorde pour dire que le Rose est un vestige de la plus haute importance et qui a aussi le mérite d’être resté dans un très bon état de conservation. À ce stade, dans le cas du Rose, on peut voir trois phases subsidiaires. Dans un premier temps, il s’agit du moment où le Museum of London contacte la presse pour faire état de la découverte du Rose et puis celui où le monde du spectacle et du show-business se mobilise. Ensuite, la décision de préserver les vestiges in situ est à ne pas en douter un moment crucial. Cependant, encore une fois, un site peut être jugé suffisamment important pour être préservé in situ, être recouvert et légué aux générations futures sans pour autant conduire à une mise en valeur. En ce qui concerne le Rose, l’élément crucial qui marque cette importante étape se situe au moment où l’on demande aux ingénieurs d’EH de développer les méthodes possibles de conservation du site au mois de mai 1989. Quant à la demande de classement du site introduite le 5 mai par le Museum of London auprès du Secrétaire d’État à l’Environnement, il faut la voir comme une étape subsidiaire destinée à renforcer le choix de la préservation in situ. Dans le même sens du renforcement de la préservation in situ, on notera l’annonce faite par Imry Merchant que le site sera conservé sous le bâtiment sur pilotis. Plus tard en juin, après la constatation du processus de destruction rapide dont le site est victime, la conservation devient réellement une préoccupation majeure et tous les acteurs s’accordent sur ce point qui est désormais acquis sur le plan du principe. La décision de mettre un site à la disposition du public est le point culminant d’un projet de mise en valeur. Néanmoins la décision n’est pas nécessairement couronnée de succès. L’échec est encore possible et le projet à ce stade peut encore ne pas aboutir. Pour le Rose, la décision de mettre le site à la disposition du public est intervenue assez brutalement durant la nuit du 14 au 15 mai 1989, alors que les revendications sont passées de la préservation du site à sa mise en valeur et mise à la disposition du public. Les mots de Margaret Thatcher « tout doit être fait pour préserver ces vestiges pour qu’un jour il puisse être visible pour le public », ne sont peut-être pas étrangers à ce changement d’objectif. À côté des aspects chronologiques qui viennent d’être développés ci-dessus, il ne faut pas négliger ce qui relève plus d’une forme d’analyse de la stratégie des différents acteurs. Les processus décisionnels sont en effet le fruit d’interactions entre des acteurs qui ont des positions et des intérêts généralement différents et qui peuvent en outre se modifier au gré des circonstances. Dès lors au-delà de la dimension linéaire que toute décision acquière au fur et mesure qu’elle se construit (le temps ayant cette faculté de transformer une partie du possible en présent et ne permettant à cet égard que de difficiles retours en arrière), il y a justement, plus en profondeur, tous ces éléments ténus qui vont contribuer au fait que telle idée, « tel possible » va finir par acquérir un poids, prendre corps et constituer une décision. On constate ici que le Rose n'a pas véritablement été porté par un projet. Le contraste est frappant avec le cas du Globe Theatre où il y a un projet qui est porté à bout de bras, pendant vingt ans par son auteur, l'américain Sam Wanamaker. Les deux objets ne sont certes pas comparables mais le cas du Globe démontre tout de même la force de l'idée maîtrisée. Pour le Rose en revanche, pendant que toute l'attention était focalisée sur le problème de la préservation du site, mais aussi sur la bataille médiatique et les différents épisodes du feuilleton juridique, il semble que les acteurs aient quelque peu négligé le « projet » dans son ensemble. Qu'allait-on décider de faire du Rose ? Quelle destination allait-on lui donner ? APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 6 Bien peu de traces nous permettent de retrouver les intentions des parties à l'époque. La quasi totalité des acteurs actifs à l'époque ne l’est plus aujourd'hui et ceux qui les ont remplacés ne disposent pas d'information à ce sujet. On voit donc qu'il n'y a pas de continuité dans le projet, mais plutôt une succession (interrompue) d'idées. 3. L’intégration urbaine et architecturale Bankside est cette partie de Londres qui s'étire le long de la Tamise sur la rive sud, non loin de London Bridge en face de St Paul's Cathedral. Bankside est l'un des quartiers qui composent l'entité de Southwark. En marge de l'activité économique fluviale, Bankside a eu un très stigmatisant passé de « quartier chaud » dévolu aux loisirs populaires, aux combats d'ours et de chiens, aux maisons closes, aux théâtres qui a connu son apogée à la fin du XVIe siècle. Par la suite l'endroit s'est « assagi » sous la pression des « Puritans » qui s'imposent durant quelques années lors de la Guerre Civile. À partir de la mi-XVIIIe siècle, la révolution industrielle transforme progressivement le quartier en zone de stockage, ponctuée de dépôts, de hangars et de « warehouses » de dimension et à destination diverse. Traditionnellement dans le quartier, on retrouve des entreprises liées aux secteurs de l'imprimerie, de la construction et du transport fluvial. Dans les années 1960, on y établit une immense station électrique. À côté des hangars vétustes et non entretenus, quelques immeubles de moyenne importance sont érigés. Après le premier choc pétrolier des années 1970, un mouvement de désinvestissement du secteur industriel dans le cœur des villes s'amorce. L'ensemble du quartier se déprécie et véhicule un sentiment des plus sinistre. Parallèlement, le marché immobilier connaît une hausse inversement proportionnelle. Les promoteurs immobiliers investissent le quartier. Fin des années 1980, on y construit progressivement de plus en plus d'immeubles de bureaux. Dans la foulée, de nombreux anciens hangars sont reconvertis en lofts. Le quartier se défait progressivement de son image de zone sinistre, morose et délabrée pour devenir une figure emblématique parmi les lieux les plus « branchés » de la planète, bien que cette conception soit encore quelque peu élitiste et qu'elle ne soit pas encore passée auprès d'un public plus large qui reste fort réticent rien qu'à l'évocation du nom de « Southwark ». Le côté très « tendance » que le quartier de Bankside cultive aujourd’hui doit beaucoup aux investissements réalisés au cours des célébrations de l'an 2000. Pour l'occasion on a demandé à Norman Foster de dessiner le Millennium Bridge en collaboration avec le sculpteur Anthony Caro et on a planifié le réaménagement de l'ancienne station électrique en un des plus prestigieux musée d'Art Moderne, la Tate Modern. Malgré tous ces investissements, le Borough de Southwark reste extrêmement pauvre d'un point de vue économique. La population d'anciens immigrants irlandais et indiens vieillit. Dans certaines zones, on voit s'installer une population afro-caraïbéenne. « North Southwark détient une triste position en termes de chômage, de familles mono-parentale, de pensionnés et de personnes handicapées » pour reprendre les propos de Simon Hughes en 19891. La « gentryfication » que l’on observe sur les rives de la Tamise n’a pas significativement changé la donne. 1 ECCLES C., 1990. The Rose Theatre, p. 212, selon Simon Hugues. APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 7 Le dénuement de Southwark est encore accentué par l'effet de contraste qui découle de sa contiguïté avec la City, quartier exclusivement dévolu aux affaires qui concentre sur quelques centaines de mètres carrés les sièges des sociétés parmi les plus riches au monde. Il va de soi que les deux entités dissemblables, tant au niveau économique que politique éprouvent parfois certaines difficultés à coexister. Le cas du Rose est un peu particulier à cet égard en ce sens qu'une partie du site, environ 2/5, se situent sous un bâtiment qui sert de dépôt technique à la Corporation of London (la « City »). Bankside n'est pourtant pas sans ressources d'un point de vue culturel. Au pied de Blackfriars Bridge, on trouve le National Theatre, le British Film Institute, et plus loin la Tate Modern. Les quais ont été aménagés en piétonnier et offrent un très agréable itinéraire où circulent de nombreux « joggeurs » par beau temps. De nombreux bouquinistes se sont installés le long des quais. Il y a aussi l’OXO Tower, qui concentre tout un ensemble de boutiques de créateurs et de galeries d’art qui constituent l’essence de l’avant-garde londonienne. Plus loin, vers l'est, toujours en front de fleuve, on aperçoit la fidèle reconstitution du Globe Theatre, très prisée et très visitée. Malheureusement, il lui manque la « légitimité » de l'authenticité, l'argument clé qui pousse justement le Globe et le Rose au rapprochement. Plusieurs facteurs ont joué en défaveur du site. D'une part le Millennium Bridge tout proche qui relie Bankside à la City a connu des problèmes techniques qui l'ont rendu non opérationnel pendant près de deux ans. D'autre part, par la suite, la crainte des attentats mais aussi, dans une moindre mesure, l'épidémie de fièvre aphteuse n'ont fait qu'accentuer le phénomène en réduisant le nombre de touristes. De façon plus prosaïque aussi, on constate que le site est très difficile à trouver même pour les visiteurs potentiels les plus motivés et cela en raison d’une signalisation inadéquate. Mais pour l’heure, faire la promotion du site alors qu’il n’est ouvert que sur rendez-vous serait plutôt embarrassant, voire contre-productif. 4. La conservation des vestiges Comme nous le signalions en introduction, la conservation des vestiges du Rose est essentiellement due à leur maintien dans un milieu fort humide qui a fortement ralenti leur dégradation. Cette situation initiale devait bien entendu avoir des répercussions assez importantes sur la stratégie de fouille ainsi que le mode de conservation, qui lui-même a déterminé une forme de muséalisation spécifique. En effet, l'option d'une excavation totale s'est avérée extrêmement difficile à mener en raison de la consistance très meuble du sol et des difficultés techniques liées à un chantier organisé sur un endroit surmonté d'un immeuble sur pilotis. Dans ce contexte, l’option défendue par les gestionnaires du patrimoine a été de limiter les fouilles au strict nécessaire et de préserver d’importantes réserves archéologiques pour les générations à venir. Cette option technique et scientifique devait elle-même alimenter le conflit entre gestionnaires du patrimoine et avocats de la valorisation qui défendaient eux une fouille complète et rapide du site, en vue de mettre en évidence son caractère exceptionnel. La stratégie de fouille minimale défendue par les gestionnaires du patrimoine dérivait en outre de problèmes de conservation. Le Museum of London tout comme English Heritage ont rapidement réalisé que les vestiges mis à jour étaient victimes d'un processus de destruction relativement rapide et que l'ensemble du site était en danger si l’immersion des vestiges n’était pas maintenue. Des mesures ont ainsi dû être prises d'urgence en 1989, car d'énormes APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 8 fissures sont apparues à la surface du site. Malgré le système d'hydratation de fortune mis en place pour remédier à ce type de problème une partie de la surface se déshydrate et les vestiges de nature organique entrent en décomposition. La solution proposée par English Heritage consiste à recouvrir le site avec du « terram » une sorte de géotextile sur lequel on ferait reposer 30 centimètres de sable. Est également intégré un système d'irrigation ainsi qu'un système de monitoring pour ensuite recouvrir le tout d'une chape de béton léger. Ce recouvrement dont la durée de vie était estimée à deux ans semble résister jusqu'à nos jours moyennant quelques réparations. Le Rose Theatre Trust accepte l'idée initialement émise par English Heritage de recouvrir le site et de mettre à la disposition du public des éléments de reproduction, des fac-similés de qualité en surface. Les arguments avancés par English Heritage sont la fidélité d'un point de vue formel allié à la préservation des originaux qui pourront être transmis dans les meilleures conditions possibles aux générations futures. Ce même argument est avancé par English Heritage pour justifier la non-excavation du site. « En vingt ans, les techniques de conservation se sont fortement améliorées. Dès lors pourquoi ne pas attendre l'avènement d'une technologie qui garantira une solution de préservation avant de se lancer dans de nouvelles excavations ? » dit-on chez English Heritage. En attendant, l’été 2004 aura été marqué par une prolifération d’algues dans le volume d’eau qui recouvre le site. Pour y remédier, l’eau a été retirée et l’espace a été désinfecté. Il est à craindre que le phénomène se reproduise dans l’avenir. En outre, il n’est pas exclu que ces algues soient toxiques pour l’homme. Par ailleurs, la structure provisoire destinée à protéger le site reste, plus que jamais, un sujet de préoccupation. 5. La muséographie Dans un premier temps, en 1991, le Rose Theatre Trust a commandé une étude de faisabilité a Heritage Projects (à qui l'on doit le très célèbre Jorvik Center de York) pour analyser le potentiel du Rose et déterminer les meilleures options pour que l'ouverture au public se double d'un succès économique. Ce document explore les possibilités de développement pour le Rose en analysant différents aspects intrinsèques et extrinsèques au site. Ainsi la première partie de l’étude est consacrée aux publics potentiels, aux attractions touristiques londoniennes, aux attractions touristiques de nature culturelle, ainsi qu’aux besoins spécifiques des groupes scolaires. Plus loin, il est question de la vocation culturelle et touristique du quartier de Bankside. Cette partie aborde la problématique des voies d’accès (train, bus, métro) au site ainsi qu’aux aspects lacunaires en matière de signalisation. À cet égard, étant donné que le document date de 1991, on peut mesurer les efforts entrepris par les autorités pour améliorer de façon remarquable le volet des transports. Ensuite, l’étude se penche sur les problèmes de conservation. L’étude qui prévoit un nombre annuel de visiteurs qui avoisine cent cinquante mille unités aborde la problématique du parcours libre des visiteurs sur le site par opposition au trajet imposé, qui prévient la formation de files les jours de grande affluence. Plus loin encore le document présente trois options différentes de mise en valeur pour le Rose Theatre : - L’option 1 envisage les vestiges comme une attraction en soi qui serait agrémentée d’une salle d’exposition minimaliste sous les arches de Southwark Bridge Road, L’option 2 qui représente la tendance « High-Tech » propose la mise en place d’un espace multi-média sous les arches du pont. C’est la solution préférée par l’auteur de l’étude, Heritage Projects, APPEAR - Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 9 L’option 3 : sorte de compromis entre les deux solutions précédentes qui consiste en la mise en place d’un matériel d’interprétation à faible coût. Par ailleurs, il n’y a pas d’extension prévue sous les arches du pont. Ceci implique implicitement la création de synergies avec le Globe et d’autres attractions locales. Finalement, ce n'est que le 13 avril 1999 que le Rose Theatre a été ouvert au public à l'occasion d'une exposition temporaire destinée à raviver l'intérêt du public et générer une source de revenus pour financer la poursuite des fouilles, la préservation du site et sa présentation sur une base permanente. Le Rose Theatre Trust s'est tourné vers une présentation assez sophistiquée dont la réalisation a été confiée au célèbre scénographe William Dudley (Royal National Theatre, Peter Hall Company) qui a eu recours a un spectacle « sons et lumières ». La scénographie a notamment fait un réemploi de l'ancienne technique du « Pepper's Ghost » pour visionner (à partir des galeries situées sur la partie non excavée du site) une vidéo projetée sur le site par « transparence ». Un texte narratif décrit le site, les événements qui entourent sa découverte en 1989 et les projets du Rose Theatre Trust. Les outils d’analyse développés dans le cadre du projet APPEAR (la fiche d’observation et le scénario des entretiens, ainsi que l’analyse du public) ont été mis au point pour évaluer si les équipements muséographiques installés permettent au public de comprendre le site et dans quelle mesure. Dans le cas du Rose Theatre, l’application de ces outils reste difficile car les intentions des concepteurs de la valorisation du site ont été confrontées à des dysfonctionnements techniques. La muséographie actuelle ne représente qu’une petite partie du projet original. On a conservé l’audiovisuel, mais il passe sur un écran de télévision, on a aussi maintenu les panneaux explicatifs. Ceux-ci sont irréprochables, tant du point de vue des contenus (ils résument parfaitement le message original) que du design (il existe un bon équilibre entre l’esthétique et le texte). Les panneaux fournissent une synthèse intéressante du message à transmettre tel qu’il avait été prévu pour l’exposition de 1999. Toutefois, en l’absence du spectacle sons et lumières initial, ils font pâle figure car ils ne transmettent ni la magie, ni l’impression de découverte véhiculée par le projet initial. En outre, il n’y a pas de lien réel entre ces panneaux et le site à proprement parler. L’espace où se situent les vestiges ne dispose pas de panneaux. En effet, ceux-ci sont restés à l’entrée du musée et ne font aucune référence aux cordons lumineux qui matérialisent les vestiges. L’absence de corrélations entre ces deux éléments muséographiques nuit à la compréhension du site par le public. Cette lacune est toutefois comblée par les explications du guide. Le problème se pose lorsqu’il n’y a pas de visites guidées. Une des conclusions intéressantes à tirer de l’analyse du projet du Rose Theatre est la nécessité de prendre en considération la maintenance des installations muséographiques et son coût et ceci, dès la conception du projet. Ce point est d’autant plus important lorsque les installations sont techniquement sophistiquées et que leur maintenance génère des coûts conséquents. On sait que l’exposition ouverte en 1999 était définie comme une exposition temporaire, toutefois, au regard des dépenses liées aux installations, il aurait été souhaitable de penser d’emblée à la continuité du projet en intégrant des données comme la maintenance et le remplacement du matériel usagé (ampoules, lampes, etc.). 6. L’étude du public Comme pour d’autres sites, l’équipe de l’Université Autonome de Madrid s’est livrée à une étude du public relative au site du Rose Theatre. Les différents éléments de cette recherche présentés ci-dessous s’attachent à l’intégration du site et à son influence sur l’identité de Londres. Enfin, l’équipe de Madrid nous livre les résultats d’un questionnaire qui mesure la Étude de cas / Rose Theatre APPEAR Décembre 2005 Page 10 conscience du public face à la conservation du patrimoine archéologique. Le premier graphique (fig. 1) montre que sur le plan de la signalétique, les opinions sont très partagées, tout comme en matière d’intégration. On peut aussi lire, à partir des réponses obtenues que le site du Rose Theatre ne constitue pas une référence dans le paysage archéologique londonien. Toutefois, on constate que ce site contribue de façon significative à la convivialité (« bienêtre » sur le graphique) de la ville et qu’il est considéré comme un facteur très important dans la construction de l’identité de Londres. Bonne Mauvaise 100 % 90 80 93 93 67 70 60 50 50 50 53 47 40 33 30 20 7 10 7 0 Signalétique Intégration Bien- être Idéntité Référence Fig. 1 - Questionnaire d'intégration On peut trouver un prolongement de ce dernier élément dans le registre d’identité (fig. 2) qui compare l’identité de la ville en fonction de différentes périodes clés dans l’Histoire de Londres. On constate que la période élisabéthaine à laquelle appartient le Rose arrive en deuxième position, soit juste après la période victorienne. On peut aussi raisonnablement imaginer que le public aura associé le règne d’Elisabeth I au rayonnement de Shakespeare. 9 8,5 8,35 8 Moyenne 8 7,88 8,2 7,35 7,5 7 6,5 6,8 6 5,5 5 Victoria Elisabeth Romano Blitz Medieval Modern Fig. 2 - Registre d'identité Enfin, l’équipe de l’UAM nous livre les résultats d’un questionnaire consacré à la conscience de la conservation du patrimoine archéologique urbain (fig. 3). Il s’agit d’un ensemble de Étude de cas / Rose Theatre APPEAR Décembre 2005 Page 11 questions ouvertes où l’on demande aux personnes interviewées d’exprimer leur opinion sur un dilemme fictif où l’on met en jeu la conservation d’un site (ici le Rose) dans le cadre de la création de voies de communication. Il s’agit d’une sorte de jeu de rôle où le participant est mis dans la position d’un décideur chargé de trancher entre différentes solutions possibles. Dans le cas précis du Rose, l’UAM relève que les réponses en faveur de la conservation font appel à « des critères très généraux d’intérêt pour la conservation » et conclut par la nécessité d’accroître le degré de conscientisation des personnes par le biais d’« opérations de communication plus ambitieuses ». arguments pour la conservation pas d'arguments/nsp importance pour l'histoire 13,33% 3,33% Detruire est final, il faut donner du temps pour recherches Perdu 33,33% 50,0% 7. Les recommandations clés Le cas du Rose Theatre est riche d’enseignement. Au-delà de son avenir, il met en exergue différentes étapes qui peuvent constituer des écueils pour de tels projets de mise en valeur. En tout premier, on peut voir combien il est essentiel de maîtriser le risque archéologique et de le réduire au maximum à travers l’adoption systématique de certaines pratiques comme entre autres la réalisation d’une cartographie la plus complète possible du sous-sol urbain. Le cas du Rose a amené les autorités anglaises à adopter un document d’orientation (PPG16) prévoyant une possibilité offerte aux administrations compétentes d’assortir les permis délivrés aux promoteurs à diverses conditions qui ont pour finalité de faire face à l’imprévu archéologique. Il est ainsi possible de consigner une somme d’argent afin de prendre en charge d’éventuelles modifications au projet initial au regard de l’importance des vestiges qui pourraient être découverts. Le PPG16 est aussi un moyen d’assurer la protection d’un site considéré comme étant d’importance nationale. Le cas du Rose permet encore de prendre conscience de l’importance du dialogue au sein de l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus décisionnel. Dans ce type de projet, il faut donc veiller à rassembler le plus tôt possible les parties prenantes afin d’éviter les polarisations, les conflits et de déboucher plutôt sur une démarche coopérative faite d’inévitables concessions qui exigeront des négociations. Il faut donc œuvrer à la création d’un climat propice à de telles discussions lorsqu’il y a trop de divergences entre les acteurs et les scenarii qu’ils projettent. Dans une culture politique encline à intégrer le concept de APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 12 gouvernance, il est très important de ne pas laisser en marge du débat des acteurs non institutionnels tels que des groupements de citoyens ou des ONG. En les intégrant très tôt dans la prise de décisions, on peut espérer gagner en cohérence pour l’élaboration du projet. Enfin, le cas du Rose nous apprend aussi toute l’importance de cette cohérence du projet qui se nourrit d’une vision axée sur le durable et qui a fait si cruellement défaut. Les décisions qui émaillent le parcours du Rose Theatre manquent de cohérence lorsqu’elles sont mises bout à bout. Il s’agit de décisions qui sont à la fois non planifiées, destinées bien souvent à faire face à l’urgence (ce qui ne constitue pas intrinsèquement un facteur d’incohérence) et qui ont échappé à toute prise en charge par une personne responsable impliquée durablement dans la poursuite du projet. Ceci permettrait en effet de prendre à la fois les décisions qui s’imposent dans l’urgence tout en gardant à l’esprit le cheminement du projet et ses nécessaires enchaînements séquentiels. Quel que soit le modèle décisionnel choisi, il faut garder une trame logique dans laquelle la conservation du vestige doit être discutée préalablement à sa mise en valeur. Sinon, il se peut que l’on arrive à des résultats aussi étonnants qu’une mise en valeur destinée à financer des fouilles et aboutir un jour à une muséalisation permanente ! 8. Le chronogramme 1956 Dépôt d'une demande de permis de bâtir pour la construction d'un immeuble à sept étages. Personne ne reconnaît les traces du Rose. Aucun travail archéologique n'est mené sur le site car aucun texte ne contraint les propriétaires. 1971 Richard Hughes, consultant en archéologie pour le compte d'Ove Arup indique que « cette zone devrait être considérée comme l'une de celles où l'intérêt du public pour les fouilles et la préservation pourrait générer un problème d'envergure nationale ». 1987 Le groupe immobilier Heron Corporation acquiert le site. Le 20 novembre, une demande de permis de bâtir est déposée par Heron Corporation. 1988 Le Conseil de Southwark, suivant les recommandations du Museum of London demande une autorisation aux architectes de Heron Corporation afin de permettre une évaluation du site avant qu'il ne soit reconstruit. A ce moment-là, le Museum of London ne mentionne pas l'existence du Rose, mais exprime son intérêt pour une zone riche d'un grand passé historique. Le Bourough de Southwark octroie le permis de bâtir à Heron moyennant le respect de clauses relatives à la dimension archéologique du site. Cet aspect fera l'objet d'un « gentlemen’s agreement » proposant deux phases de travail. Cet accord amiable a été obtenu sous l'égide du Voluntary Code of Practice rédigé conjointement par l'association des archéologues et des propriétaires. Le site est revendu. Le nouvel acquéreur, Imry Merchant, tiers à l'accord entre le Museum of London et Heron et qui n'était en rien juridiquement tenu, accorde toutefois au Museum of London la possibilité de fouiller le site durant dix semaines. APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 13 En décembre, le permis de bâtir est définitivement accordé et les fouilles commencent sur le site. 1989 Une enceinte du Rose est retrouvée sur le site par une équipe du Museum of London's Department of Greater London Archaeology. Le monde du spectacle se mobilise et nombre de personnalités se rendent sur le site. English Heritage considère que le site mériterait d'être conservé, tout en prenant en considération les délais de construction. On s'oriente alors vers un recouvrement du site par du sable surmonté d'une membrane afin de pouvoir un jour reprendre les fouilles, lorsque le bâtiment à construire serait à son tour abattu. Le Museum of London demande le classement du site à Nicholas Ridley, Secretary of State for the Environment. English Heritage est consulté et se prononce en défaveur du classement dans la mesure où le propriétaire dispose d'un permis de bâtir en bonne et due forme et que le classement pourrait conduire English Heritage à supporter un éventuel dédommagement de l'ordre de £60,000,000. Imry Merchant reçoit du gouvernement £1,000,000 de dédommagement pour permettre à ses architectes de repenser, de redessiner la construction, les fondations et de ce fait, post-poser les travaux d'un mois. Le Museum of London tout comme English Heritage réalisent que les vestiges sont victimes d'un processus de destruction relativement rapide et que l'ensemble du site est en danger. Des mesures doivent être prises d'urgence car d'énormes fissures sont apparues à la surface du site. Malgré le système d'hydratation de fortune mis en place pour remédier à ce type de problème une partie de la surface se déshydrate et les vestiges de nature organique entrent en décomposition. Le site du Rose occupera la cave du bâtiment et disposera d'une hauteur sous plafond de 22 pieds. Mais le problème de sa conservation, des fouilles et de sa mise en valeur reste entier. Durant l'été les dissensions entre l'International Shakespeare Globe Centre et le Rose Campaign s'intensifient car les deux anciens partenaires de combat se font désormais concurrence dans la possible gestion du site. Dans la perspective de la future gestion du site, le Rose Campaign commande une étude de marché à Heritage Projects, l'équipe qui est à la base du Jorvik Viking Center de York. 1992 Avec l'accord d'Imry Merchant, une fois que le bâtiment eut été définitivement construit (ce qui exclu toute demande de dédommagement par le propriétaire), le site a été classé et est passé sous la tutelle d’English Heritage à titre de patrimoine d'importance nationale. APPEAR Étude de cas / Rose Theatre Décembre 2005 Page 14 1993 English Heritage effectue neuf fouilles de sondage pour remplacer le système de monitoring et examiner l'état du sol. 1994-1995 Au cours d'une étude des trous laissés lors de l'extraction des piliers du bâtiment de 1950, Simon Blatherwick (Rose Theatre Trust) a conclu à la présence de strates et d'objets relatifs au théâtre qui se situeraient sous le niveau des fouilles atteint en 1989. Avril 1999 Le Rose Theatre ouvre au public à l'occasion d'une exposition temporaire axée sur l'histoire du Rose. Cet événement est la première étape d'une campagne destinée à raviver l'intérêt du public pour le théâtre et à générer des fonds afin de subvenir à la poursuite des fouilles, à la stabilisation du site ainsi qu'à sa mise à disposition pour le public. La scénographie de l'exposition a été réalisée par William Dudley qui a opté pour une démarche très dépouillée. La partie non fouillée du site a été reconvertie en galerie de visionnement à partir de laquelle sont projetées des images semi-transparentes selon un procédé s'inspirant la technique du « Pepper's Ghost » fréquemment employée dans les foires et les music-halls à l'époque victorienne. 1999-2000 L'exposition temporaire se maintient durant deux ans, bien que les revenus engendrés par l'opération et le nombre de visiteurs soit inférieur à celui projeté. Une séance de réflexion est organisée avec des représentants d'English Heritage et du Rose Theatre Trust. Le résultat de cette session donne lieu à un projet qui envisage une excavation totale avec un repositionnement des objets sur une surface en béton. Le coût du projet s'élèverait à près de £8millions. 2001 Suite à un manque de visiteurs et confronté à des difficultés financières, un terme a été mis à l'exposition, et le Rose Theatre a fermé ses portes pour ne rester accessible que sur rendez-vous à l'occasion de visites organisées par le Globe voisin ou de spectacles ponctuels.