Être diabétique à Cuba - bei mediCuba

Transcription

Être diabétique à Cuba - bei mediCuba
Dans le cadre du projet six
diabétologues en pédiatrie
ont déjà participé à un
échange professionnel d’un
mois à l’Hospital Gregorio
Marañón à Madrid. Les
conditions préalables au
registre ont été créées, mobilier et hardware sont installés sur place. Actuellement
les travaux d’installation du
software sont en cours.
Bulletin no 47
Septembre 2015
Lors de mes contacts directs
avec nos collègues cubains
j’ai été une fois de plus imRencontre au départ à l’Instituto Nacional de Endocrinología. De
pressionné de leurs compégauche à droite : Francisco Carvajal, Urs Zumsteg, Juliette Navartences professionnelles, de
rete, Manuel Vanegas, Marco Janner
l’enthousiasme avec lequel il
maitrisent les difficultés quotidiennes et du haut niveau de la prévention du diabète à
Cuba. Le financement a été rendu possible grâce aux dons des membres de mediCuba-Suisse et au soutien de la DDC. Je suis donc confiant que les premiers patients
pourront bientôt être recensés dans le nouveau registre et que nous pourrons faire
avancer et améliorer l’encadrement des enfants diabétiques à Cuba.
Être diabétique à Cuba
*) Dr. med. Marco Janner est pédiatre et diabétologue à Berne. Il est membre du comité
de mediCuba-Suisse.
Cuba en route
• Recueil de photographies prises sur les routes de Cuba lors du voyage organisé par mediCuba en octobre 2014.
• 50 photographies de Christiane Yvelin
Préface (fr./all.) de Michel Vincent
• Prix: CHF 24.- (+ CHF 4.- Emballage et port)
Pour les commandes:
[email protected]
• Le bénéfice de la vente sera
versé intégralement à mediCuba pour le financement de ses projets en cours.
Les enfants diabétiques sont instruits sur leur maladie.
Mentions légales
Rédaction : Peter Leuenberger; texte et photos: Marco Janner
Impression : Druckerei Peter & Co., Zurich
Le bulletin «mediCuba» paraît cinq à six fois par année, au minimum une fois par trimestre.
Il va à tous les membres et donatrices et donateurs de l’association mediCuba-Suisse.
L’abonnement est compris dans la cotisation de membre. Pour les donatrices et donateurs,
cinq francs de leurs dons sont utilisés pour les frais de l’abonnement.
mediCuba-Suisse
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Téléphone +41 (0)44 271 08 15, PC 80-51397-3
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[email protected], www.medicuba.ch
certifié ZEWO depuis 1999
Visite au Centre de contrôle du diabète de La Havane
De Marco Janner*
Les cris des enfants s’entendent dans la rue, il est neuf heures du matin et le thermomètre indique 28 degrés. Nous entrons par le portail dans la cour d’un beau
bâtiment de couleur jaune et blanche, situé dans le quartier de Vedado à La Havane.
Quelques marches sur la gauche mènent par une terrasse couverte soutenue par
des colonnades à l’entrée principale. A droite, un carré de gazon et le buste de José
Martí. Une vingtaine d’enfants de trois à douze ans chahutent autour de l’écrivain
cubain. A l’arrière, un homme maigre et grisonnant, lunettes à écailles, est train
de réparer une conduite d’eau et se dirige vers nous les bras ouverts. Il nous salue
chaleureusement: «¡Bienvenidos en el Centro de Atención al Diabético de La Habana!». C’est le professeur Dr. Manuel Vera; il dirige cette institution qui a pour mission
de faire les contrôles réguliers du diabète des adultes.
nous expliquent, après avoir rapidement perdu leur timidité, qu’ils apprennent
pendant les heures de théorie à mieux connaître leur maladie et les réactions de
leur corps. Ils apprennent par exemple à reconnaître les signes d’une hypoglycémie
qui peut être dangereuse pour eux et ce qu’ils peuvent faire dans ce cas. Contrairement aux enfants diabétiques en Suisse qui portent toujours sur eux des pastilles de
glucose, les enfants cubains ont un peu de miel pour combattre l’hypoglycémie et
ceci a le même effet.
Information aux parents
Nous laissons les enfants à leurs études et avons la possibilité de suivre une séance
d’information destinée aux parents. «Profe Manuel» y a invité Tanja, elle a 27 ans et a
terminé ses études d’économie à La Havane, elle est diabétique depuis l’âge de trois
ans. Elle explique en quelques mots aux parents comment elle a vécu sa maladie. En
se fondant sur son expérience elle essaie de montrer qu’une personne diabétique est
une personne en bonne santé avec un diabète. Si le taux de glycémie est bon, l’enfant peut mener une vie tout à fait normale. Il est très important dit-elle, d’avoir une
activité sportive régulière ce qui permet de réduire l’apport d’insuline quotidien. Lors
des questions-réponses qui suivent, il est intéressant de constater que les soucis et
incertitudes des parents ressemblent, à des milliers de kilomètres de l‘Europe, à ceux
qui se posent en Suisse : les questions tournent autour des complications ultérieures
de la maladie, l’hypoglycémie et sans cesse sur la non-connaissance de l’entourage
et les réactions à la maladie de leur enfant. Vers midi, après avoir pris beaucoup de
photos, nous terminons notre visite et nous prenons chaleureusement congé ; pour
les enfants il est temps de diner.
Un échange animé entre spécialistes
Cette visite en avril dernier au «Centro de Atención al Diabético» faisait partie du
programme du voyage pour le projet de mediCuba-Suisse le registre du diabète pour
enfants et adolescents. J’ai été accompagné lors de ce voyage par le Prof. Dr. Urs
Zumsteg, endocrinologue et diabétologue de l‘hôpital pédiatrique universitaire de
Bâle. Il a tenu une conférence sur le thème «Quoi de neuf sur la thérapie à l’insuline»
à l‘Instituto Nacional de Endocrinología (INE) dans le cadre d’un échange bilatéral.
Le journal mural dans l’ambulance du diabète de l’Instituto Nacional de Endocrinología
Instruction des enfants diabétiques
Deux fois par année, pendant les vacances scolaires, un cours d’une semaine y a
lieu pour les enfants diabétiques et leurs parents. Au printemps les «petits» et en été
les enfants de plus de douze ans y sont convoqués. Ces cours d’instruction ont lieu
dans toutes les provinces du pays. Les enfants viennent le matin avec leurs parents
au „Centro“ et ils déjeunent ensemble. Mais ils doivent d’abord mesurer leur taux
de glycémie et calculer la dose d’insuline qu’ils doivent s’injecter. Une spécialiste des
soins ou un-e pédiatre diabétologue est à leur côté pour les aider. Après le déjeuner
plusieurs activités sont prévues au programme, séparément pour les enfants et les
parents.
Le calme est revenu dans la cour, les enfants ont disparu par une porte à l’arrière. Le
professeur Manuel Vera, «Profe Manuel» comme il est appelé affectueusement, nous
invite à le suivre et se dirige dans une salle de classe bien ventilée à haut plafond. Les
enfants y sont assis sur de petites chaises bleu-ciel avec pupitre intégré. Les enfants
Cuba connait depuis la fin des années 70 un registre du diabète en pédiatrie. Ce
registre simple, sous forme papier, recense tous les cas détectés de la maladie. Il
rend possible de calculer la fréquence des diabètes en pédiatrie à Cuba et d’analyser les différents facteurs influant. Le type 1 survient à Cuba auprès de 5 enfants sur
100 000. Ceci correspond à la fréquence de pays méditerranéens tels que l’Italie ou
l’Espagne. En Suisse, la fréquence du
diabète est double.
Il y a trois ans, le Prof. Dr. Francisco
Carvajal et la Dresse Juliette Navarrete de l‘INE ont émis le souhait d’un
soutien auprès de mediCuba-Suisse
pour la mise en place d’un registre
digitalisé qui permettrait également
des enquêtes horizontales et améliorer
la qualité des soins médicaux. Les travaux pour un projet pilote englobant
les provinces occidentales La Habana,
Matanzas et Pinar del Río ont débuté
L’équipement informatique pour l’Instituto Nacional de
en automne 2013.
Endocrinología vient d’être déballé et installé