Pourquoi la croissance économique japonaise a-t-elle
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Pourquoi la croissance économique japonaise a-t-elle
Corrigé de dissertation Pourquoi la croissance économique japonaise a-t-elle fortement ralenti à partir des années 1990 ? (BORDAS P. 66) Dans les années 1980, vingt années consécutives de forte croissance économique japonaise, depuis le "boom" des années 1960, se résument dans l'expression médiatique du moment : "Miracle économique japonais". La réussite industrielle japonaise, l'organisation du travail japonaise... génèrent commentaires et analyses dans les médias occidentaux, les milieux d'affaires... et jusque dans les programmes scolaires !... Une décennie plus tard, le fort ralentissement de sa croissance efface quelque peu le japon de l'avant scène médiatique. Au profit de pays émergents tels que les "BRICS", potentiels "nouveaux miracles économiques" des années 90. Aujourd'hui, le Japon conserve toutefois le troisième PIB mondial (derrière les Etats Unis et la Chine). Pays riche, grace à la longue expansion des années 1960-70-80, le Japon a tout de même connu une phase de récession (années 1990-2000...), c'est à dire à une séquence durable de croissance ralentie, mesurée par des taux de variation annuels du PIB souvent proches de zéro, voire même négatifs, certaines années, (sans que l'on puisse, pour autant, parler de dépression). Quelles que soient les fluctuations de la croissance japonaise et l'écho médiatique de son modèle, l'importance économique incontestable de ce pays, qui se maintient aujourd'hui à la troisième place mondiale par ordre de PIB (derrière les Etats Unis et la Chine) est une raison suffisante pour s'interroger en profondeur sur les raisons du fort ralentissement à partir des années 1990. Il apparaît ici qu'à court terme, l'éclatement d'une bulle spéculative ait entrainé un choc de demande, puis d'offre, suffisamment négatifs pour détériorer significativement le rythme de croissance (PARTIE I) Par ailleurs, à long terme, malgré des tentatives de politique économique pour soutenir ou relancer l'activité par des chocs positifs, des mécanismes cumulatifs, amplifiant les déséquilibres, semblent l'avoir emporté, maintenant une croissance à un niveau durablement faible (PARTIE II) I – L'éclatement d'une bulle spéculative : choc de demande, puis choc d'offre, négatifs A) En quoi y-a-t-il eu des "chocs" négatifs ? • Notion de "choc exogène" en économie (cours) • Les mécanismes déclencheur des chocs : Spéculation et éclatement de la bulle immobilière et boursière (Doc. 1, cours) • Un différentiel fort de croissance entre les années 80 et les années 90 (Doc. 1, Doc. 2) B) Chute de la consommation et de l'investissement : des chocs de demande négatifs • La croissance est déterminée par la "Demande globale" (Cours) • "Les ménages restreignent leurs dépensent" (Doc. 1) • "Les prix baissent, alimentant l'attentisme" (Doc. 1) • L'investissement ralentit car : "La majorité des entreprises, surendettées, boudent l'emprunt" (Doc. 1), mais aussi car la dépréciation des actifs financiers des entreprises freinent leur capacité de financement et d'investissement (Doc. 1 et 3). C) Crise du crédit et choc d'offre négatif • Spéculation sur des "mauvaises créances" => charges sur l'offre (Doc. 3) II – L'installation de la récession japonaise dans le long terme des années 1990-2000 A) Des tentatives de chocs positifs (d'offre et de demande) par la politique économique... • La politique monétaire expansive par la baisse des taux d'intérêts directeurs (Cours) • "Soutien au secteur bancaire et politique du taux zéro décidée par la Banque du Japon en 1999" (Doc. 1) • Relance budgétaire et mécanisme du multiplicateur keynésien (Cours) • Soutien de la croissance japonaise par des programmes de "dépenses dispendieuses", au milieu des années 90 (Doc. 2) B) ...qui ne parviennent pas à endiguer les mécanismes cumulatifs de la récession • Les investissements publics du programme "keynésien" de soutient à la croissance sont coûteux (1.5 points de PIB en 1995 et 1.4 points en 1999) pour des effets réels mais non durables : La croissance repart à un taux de 2.6 % en 1996 mais retombe à un taux négatif dès 1997. De même, le taux de croissance remonte à 2.9 % en 2000, suite aux investissements de 1999. mais dès 2001, le taux de croissance japonais est proche de zéro. Le risque est donc d'accroitre les déficits et la dette publique sans déclencher un processus de croissance satisfaisant. Par conséquent, les années 2000 ne verront plus au Japon de telles politiques keynésiennes (Cours, Doc. 2, Doc. 3) • "Les banques, confrontées à la montée des crédits douteux, freinent le crédit" (Doc. 1). Elles enclenchent ainsi un cycle récessif du crédit. (Cours) Au début des années 1990, le japon connaît une grave crise économique, provoquée par l'éclatement d'une bulle spéculative, immobilière et boursière, laquelle débouche sur un ralentissement de l'activité économique (investissement et consommation) et deux décennies de récession. L'expérience japonaise montre combien il peut être difficile de relancer durablement l'activité par la politique économique, lorsque des mécanismes cumulatifs (endettement non rentable et fragilisation de la situation financière des investisseurs publics et privés, cycle du crédit...) relaient les déclencheurs de la crise pour accentuer la récession. L'enchaînement des déséquilibres macroéconomiques, leurs liens et leurs facultés à s'autoentretenir, donnent à la crise et à la récession un caractère systémique, qui amènent Raymond Van Der Putten à parler de "décennie perdue au Jappon". Un parallèle avec la crise financière de 2007 des économies occidentales, suivie de la crise économique, sociale, puis crise des dettes publiques des années 2008-2009-2010... peut susciter aujourd'hui un certain pessimisme quant aux perspectives de ces économies. Toutefois, ce pessimisme peut être relativisé en rappelant que le Japon reste l'un des plus riches pays du monde, dans lequel la récession n'a pas remis en cause le maintien du niveau de vie et l'amélioration des conditions de vie des habitants. Loin d'être un repoussoir, l'expérience japonaise pourrait alors être une piste pour des société occidentales aspirant encore à se développer, sans pouvoir compter sur une croissance forte.