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PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUXCOMMERCIAUX : Cas du Port de Douala Par : André Bertrand MINE OKON Marcellin DJEUWO Louis PAGOU 1 INTRODUCTION ....................................................................................................................................................... 3 I. FACILITATION DES ECHANGES ET LE TEMPS COMME OBSTACLES AUX ECHANGES ................................... 5 I.1 Délais comme obstacle aux flux commerciaux .......................................................................................... 5 I.2 Facilitation des échanges et performances des flux commerciaux ............................................................ 7 I.3 Les leçons de la littérature ....................................................................................................................... 11 I.4 Expérience du Cameroun en matière de facilitation des échanges ......................................................... 13 II. IMPACT DU DELAI DE DEDOUANEMENT SUR LES IMPORTATIONS CAMEROUNAISES............................. 15 II.1 Le modèle ............................................................................................................................................... 16 II.2 Etude empirique ..................................................................................................................................... 20 III. LA MESURE DE LA PERFORMANCE ET CONTRAT DE PERFORAMNCE : ATOUTS POUR LA REDUCTION DES DELAIS ........................................................................................................................................................ 27 CONCLUSION ......................................................................................................................................................... 29 BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................................................................................... 31 ANNEXES ............................................................................................................................................................... 34 Auteur principale de l’article, l’auteur est ingénieur Statisticien Economiste et chercheur. Email : [email protected] Co-auteur de l’ouvrage, il est actuellement chef de la Cellule de Gestion des Risques à la Douane Camerounaise. Il est également détenteur d’un Master II en Commerce International. Email : [email protected] Co-auteur de l’ouvrage et Economiste, il est un chercheur dans le domaine du Commerce International. Actuellement en service dans la Douane Camerounaise, l’auteur a toujours manifesté son désir de participer à faire de la douane Camerounaise, une douane forte et proche des usagers. Email : [email protected] Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU RESUME L’objectif de cet article consiste à évaluer l’impact du délai de dédouanement à l’importation sur les importations portuaires via le port de Douala. Il s’appuie sur l’estimation du modèle de gravité généralement utilisé dans l’analyse du commerce international. De l’estimation du modèle, il ressort que le temps de dédouanement n’influence pas tous les articles du système harmonisé des douanes. Exception faite des articles de mode (vêtements) ou d’investissement (fonte et fer, ouvrage en fonte, fer ou acier, aluminium et ouvrage en aluminium) qui sont sensibles au temps. Une augmentation de 1% du délai de dédouanement des articles de modes, conduit à une diminution de 1,55% des importations portuaires. En ce qui concerne les articles d’investissement, une augmentation de 1% du délai de dédouanement réduit les importations portuaires de ce type de 1,46%. La raison la plus probable pouvant justifier cette observation, n’est rien d’autre que le niveau élevé des contrôles physiques des articles relevant de ces types. En effet, les articles de l’industrie de l’habillement par exemple, sont très fortement contrôlés car ils sont sujets le plus souvent au phénomène de fraude. Mots clés : performance, délai de dédouanement, délai d’exportation, modèle de gravité (gravitationnel), facilitation des échanges. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX INTRODUCTION De nombreuses mesures de facilitation des échanges commerciaux à l’échelle internationale, sont entreprises de part et d’autre dans le monde. L’objectif de leur mise en œuvre, est de permettre aux pays en développement, de tirer pleinement profit des échanges commerciaux L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) définit « la facilitation des échanges », comme étant un ensemble de simplification et une harmonisation des procédures du commerce international. Dans différents contextes, la facilitation des échanges renvoie à une large sphère, incluant toutes les mesures visant à réduire les barrières (tarifaires, non tarifaires etc.) susceptibles de porter préjudice au commerce international. Les études menées par l’Organisation de Coopération pour le Développement Économique(OCDE) ont permis de classer les procédures douanières et administratives parmi les mesures non tarifaires (MNT), les plus créatives de difficultés auxquelles sont confrontés les pays en développement. Une des mesures forte consiste aussi, à l’amélioration des procédures de dédouanement. De nombreux pays à l’instar du Cameroun ont procédé à des reformes administratives visant à réduire significativement les délais de dédouanement des marchandises, tout en intensifiant la politique de lutte contre la fraude et la contrebande. C’est dans cette optique que le Cameroun a entrepris en 2011, une réforme essentielle portant sur la facilitation des importations à travers « les contrats de performance opérateurs », pour les opérateurs économiques jugés performant au vue de certains critères retenus à cet effet. Dans le cadre de l’analyse des effets des procédures douanières sur la facilitation des échanges, de nombreuses études se sont focalisées sur des indicateurs tel que : le nombre de documents nécessaires pour le franchissement ; le nombre de signature ; et le nombre de jour à la frontière. L’étude réalisée en septembre 2011 par la Direction Générale des Douanes (DGD), montre que le délai moyen de dédouanement est de 19,5 jours sur la période allant de janvier 2007 à mars 2011. Il est passé de 21,2 jours en 2007 à 18 jours au premier trimestre de 2011. Or, les contrats de performance inspecteurs ont été établis en février 2010, et celui des opérateurs en janvier 2011. Ce qui laisse croire que les contrats de performances ont contribué à un gain important de 3 jours sur les délais de dédouanement. Etant donné que la cause sine qua non de l’allègement du délai de dédouanement est l’établissement des contrats de performances qu’il faut le dire sont conçues sur la base des performances des acteurs de la chaine portuaire, il faut mesurer l’influence de ces derniers sur les flux commerciaux. Le Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 3 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX nombre de signature ou encore le nombre de document n’ont cependant pas changé, mais la nouvelle réforme sur la procédure douanière a permis de réduire considérablement les délais de dédouanement tout en intensifiant les flux commerciaux entre le Cameroun et ses différents partenaires. Elle a ainsi contribué à l’amélioration de la performance de la chaine portuaire. Par ailleurs, l’observation des courbes des exportations et des importations, montre que l’activité a connu une avancée significative. Les exportations en pourcentage du PIB sont passées de 22,06 à 34,55 entre 2007 et 2011. Quant aux importations en pourcentage du PIB, elles sont passées de 21,25 à 35,45 sur la même période. Tout porte à croire que la procédure douanière en elle-même ne constitue pas le principal frein à la facilitation des échanges, mais on devrait associer à cette dernière la qualité des services douaniers en d’autres termes, la performance de la chaine portuaire qu’on pourrait appréhender comme le délai de dédouanement. Le port autonome évolue dans un environnement concurrentiel. En effet, plus un port manque de performance, plus les importateurs se tourneront vers d’autres ports de la sous-région ou d’autres moyens de transport, si, le différentiel du coût de transport et d’écoulement de la marchandise est moins important. Autrement dit, vu que l’entreprise cherche à maximiser son profit, elle optera pour d’autres moyens de transport ou d’autres ports d’accueil lui permettant d’entrer rapidement en possession de sa marchandise et à des coûts réduits. Dans un contexte de responsabilité partagée, ce travail se veut de mesurer l’impact de la performance de la chaine portuaire (vue comme le délai de dédouanement des marchandises au port de Douala) sur les échanges portuaires entre le Cameroun et ses partenaires commerciaux. En d’autres termes, quel est l’impact de la performance de la chaine portuaire, vue comme le délai de dédouanement, sur les flux commerciaux ? L’approche méthodologique consistera pour nous d’estimer le modèle de gravité en vue de mesurer l’impact du délai de dédouanement sur les importations portuaires. Cet article s’articule autour de deux grands points. Dans un premier temps, nous allons passer en revue les travaux qui se sont penchés sur la question du temps comme obstacle aux flux commerciaux. Dans la seconde partie, il sera question d’estimer le modèle de gravité en vue d’évaluer l’impact de la performance de la chaine portuaire (délai de dédouanement) sur les importations portuaires. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 4 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX I. FACILITATION DES ECHANGES ET LE TEMPS COMME OBSTACLES AUX ECHANGES La littérature s’est penchée en grande partie sur l’analyse des variables de facilitation sur les flux commerciaux. Très peu d’auteurs ont analysé le problème des délais comme étant un obstacle aux flux commerciaux. Nous allons de ce fait présenter tour à tour les résultats obtenus sur les deux approches. I.1 Délais comme obstacle aux flux commerciaux Les principaux travaux ont été menés par Hummel (2001), Nordas (2006) et Djankov (2006). Hummels (2001), a travaillé avec les importations américaines. A partir de la double méthode d’estimation de Helpman Melitz Rubinstein (HMR), il a montré que les coûts de transport sont fortement corrélés à la probabilité d’expédition. En d’autres termes, la probabilité d'observer le commerce diminue de manière significative en jours d'expédition pour l’ensemble des produits sauf les produits du bloc de matériaux (liège et bois, pulpe et perte, gaz naturel, huiles de charbon et animales, et engrais). Chaque jour de temps supplémentaire de passage par l’océan entre deux pays réduit la probabilité du commerce de 1 pour cent à 1,5 pour cent (pour toutes les marchandises). Il a par ailleurs montré que la distance croissante de 1000 kilomètres augmente la probabilité de l'expédition de 0,02 pour cent, ce qui est un résultat contraire à toute attente. Le temps d’expédition conduit à un effet de sélectivité. Si un pays éprouve une longue expédition vers les Etats-Unis, il se focalisera dans l’importation des biens moins sensibles au temps. Le temps d'expédition affecte fortement le choix des partenaires commerciaux et soulève les coûts supplémentaires de conditionnement commercial. Les exportateurs dans les plus grandes catégories de fabrication montrent une bonne volonté de payer l'épargne de temps égale à 0,8% ad valorem2 par jour (en valeur). Ceci signifie qu'un voyage moyen par océan de longueur de 20 jours est équivalent à un tarif de 16%. Hummel (2001) n’intègre que le choix du mode de transport (air ou océan). En effet, dans un environnement concurrentiel, l’exportateur choisira le mode de transport optimal d’une part, mais aussi le lieu de débarquement approprié sous inclusion des coûts du fret. L’entreprise importatrice peut donc décider d’importer à partir d’un autre lieu, si les coûts de livraison (transport etc.) ne sont pas élevés. Elle optera donc pour les ports les plus performants. 2 Renvoie au terme « En valeur ». Ainsi, une exportation ad valorem signifie une exportation en valeur et non en volume. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 5 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX Nordas (2006) s’est focalisé principalement sur l’analyse de la dimension temporelle des coûts des échanges et l’évaluation de l’impact des délais sur les échanges commerciaux. L’application de ses travaux portait sur les importations du Japon, de l’Australie et du Royaume uni entre 2004 et 2006. Il a utilisé de l’économétrie des données de panel appliqué au modèle de gravité comme méthodologie. Par ailleurs, l’auteur a procédé à deux méthode d’estimation : l’estimation par le Pseudo-Maximum de Vraisemblance appliqué au modèle de poisson (PPML) ; et la double méthode d’estimation de HMR. Il a montré qu’en remplaçant la lutte contre la corruption comme variable centrale d’obstacle, on observe un effet positif de cette dernière sur la probabilité d’exporter, exception faite des marchandises nippones et anglaises. Une diminution de 10% de la lutte contre la corruption augmente les échanges commerciaux dans une fourchette de 8 à 40% selon le secteur de destination. En prenant directement le délai d’exportation, il apparaît qu’une diminution de 10% de cette variable, augmente les échanges commerciaux dans une fourchette de 8 à 27%. D’après ses résultats, on note que les variables muettes habituellement incluses dans le modèle gravitationnel, tels que les liens coloniaux, une langue commune et l’appartenance ou non des deux pays partenaires à un même accord commercial régional, n’ont pas les effets escomptés. Elles ne sont pas significatives d’un point de vue statistique. Simeon Djankov et al (2006), ont mené des travaux à partir des données de la base de Doing business de la banque mondiale. La base a été collectée à partir de 345 expéditeurs du fret, les ports et les douanes dans 126 pays. Ils ont utilisé le temps moyen pour obtenir un conteneur d’une usine la plus grande de la ville d’affaire à un bateau dans le port le plus accessible. L’objectif de leurs travaux consistait à estimer les effets des coûts associés au temps sur le volume du commerce. A partir des données de panel appliquées au modèle gravitationnel, ils ont montré que le délai d’exportation influence négativement le volume des exportations. Une augmentation de 10 pour cent de délai dans les exportations réduit leur volume d’environ 8 pour cent. Ils ont cependant eu un problème avec le signe du coefficient du PIB par habitant. Il est attendu en général, une élasticité négative entre les exportations et le PIB par habitant. L’origine du problème rencontré par les auteurs provenait de la multicolinéarité entre cette variable (PIB/ habitant) et le temps évalué à -0,61. Une augmentation d’un jour du délai médian d’exportation implique, une augmentation de 1,5 pour cent du commerce. Par contre, une augmentation de 10 pour cent de temps d'exportation moyen réduit des exportations des pays en développement de 8 pour cent. Par ailleurs, le volume d'exportations bilatérales globales augmente en PIB de l'exportateur et diminue la distance de la destination. Partageant Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 6 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX des frontières, le langage commun et avoir un rapport colonial dans le passé favorisent le commerce ; être sans littoral le réduit. I.2 Facilitation des échanges et performances des flux commerciaux La facilitation commerciale implique le plus souvent d’améliorer l'efficacité dans l'administration et les procédures, avec l’amélioration de la logistique au niveau des ports et de la douane (bref au niveau de la chaîne portuaire). Le plus large concept de la facilitation commerciale est l’importance donnée aux volumes croissant du commerce global, de la sensibilité de temps du commerce intermédiaire de marchandises, de la réduction des taux de tarif protecteur, et de la plus grande disponibilité de technologie moderne qui peut améliorer la gestion du commerce frontalier (Libo Wu et al). La réduction des délais de dédouanement, qui semble fortement corrélé au niveau des infrastructures, apparait comme une des mesures majeures de la facilitation des échanges. La revue de la littérature sur la facilitation des échanges est dense. Il est important de mentionner ces travaux car ils permettront de mieux commenter les résultats obtenus. Chris Milner et al (2005) ont passé en revue toutes les différentes mesures de facilitations qui ont été réalisées dans certains pays. Il ressort ainsi de son analyse que la reforme douanière mené par l’administration des douanes marocaine, ont conduit à une augmentation de 48% des importations entre 1996 et 2002, tandis que les recettes douanières ont augmenté de 8% au cours de la même période. Le temps moyen de dédouanement a réduit par ailleurs à une moyenne de 1 à 2 heures entre 2001-2003. Clarke (2005) a travaillé sur les facteurs susceptibles d’affecter la performance des exportations des entreprises de fabrication dans les pays Africains. Il a ainsi établi qu’une entreprise de fabrication ne désire pas exporter vers des pays pour lesquels les services de l’administration douanière sont pauvres ou pas du tout performantes et pour lesquels les régulations douanières sont restreintes. Tomaz Iwanow et Colin Kirk (2007), se sont basés sur le modèle de gravité. L’estimation du modèle a été faite sur un panel de 78 pays sur une période de 5 ans allant de 2000 à 2004. Ils ont d’abord estimé la probabilité qu’une paire de pays échange dans le commerce. De leur analyse, il ressort que : La distance et éloignement du reste du monde exerce une influence négative sur les flux commerciaux Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 7 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX La langue et l’héritage colonial continu à jouer un rôle significatif déterminant dans le partenariat bilatéral La Facilitation d’échange (FT) est la cause déterminante du commerce international confirmant ainsi l’hypothèse selon laquelle, un environnement meilleur en termes de facilitation d’échange a un effet significatif au sens statistique sur les flux commerciaux bilatéraux Les améliorations de l'environnement de procédures et de douane ont un impact sur les flux commerciaux. Une élévation de l'index d'infrastructure augmenterait les exportations bilatérales de près de 8 pour cent, et les améliorations commerciales semblables d'une facilitation rapporteraient une élévation des exportations d'environ 5 pour cent. Wilfied kock et al ont implémenté le modèle de gravité dans la zone UEMOA 3. Dans la formulation de leur modèle, ils ont inclus les variables muettes telles que UEMOA, CEDEAO4, CEMAC5. Pour Norbert Wilson (2009), l’objectif était d’analyser l’impact des procédures douanières et administratives sur les flux commerciaux. La méthodologie de son étude consistait à présenter dans un premier temps les indicateurs des procédures douanières et administratives élaborés par la banque mondiale. Puis, comparer sur cette base les régions du monde en démontrant que les frontières des pays en développement sont relativement plus denses que celles des pays développés. Ensuite, l’utilisation de ces indicateurs dans un modèle statistique fut employée afin, de déterminer le niveau de réforme idéale permettant d’accroître les échanges. Les indicateurs utilisés dans son étude porte sur : (i) le nombre de documents correspondant au nombre de documents nécessaires au franchissement d’une frontière ;(ii) le nombre de signatures correspondant au nombre total de signatures, cachets et autres autorisations nécessaires au respect d’une ou plusieurs procédures officielles ; et (iii) le nombre de jour à la frontière, mesurant la durée de nombre de jour civil nécessaires pour qu’un produit franchisse la frontière (cette variable est comparé au délai de dédouanement). Il ressort de son étude que, les pays d’Afrique sub-saharienne ont les frontières les plus « denses ». Il a par ailleurs établi qu’une hausse de 1% du nombre de jour à la frontière à l’importation, s’accompagne d’une baisse de 0,63% des échanges. L’étude porte essentiellement sur les marchandises suivantes : le café, le thé, le cacao, les épices et les produits provenant de leur transformation, les fils, les 3 Union Économique et Monétaire Ouest Africaine Économique Des États d’Afrique de l’Ouest 5Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale 4Communauté Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 8 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX tissus et les articles textiles façonnés, les vêtements et accessoires de vêtements. Pour lui, les pays de l’Afrique sub-saharienne ont tendance à traiter les exportations et les importations de la même manière. L’application du modèle de gravité lui a permis de montrer que, la variable distance et la variable muette« Pays enclavé » (dans ce cas sans accès à la mer) ont une portée négative sur les flux commerciaux. Le PIB et les liens linguistiques et post-coloniaux ont un effet positif sur les flux commerciaux. Les accords commerciaux régionaux (ou préférentiels) ont également une influence positive sur les flux. De son étude, il apparait que, pour accroître les importations d’un pays de l’OCDE, en provenance d’un autre, il faudrait raccourcir de 1,20% le nombre jours passé à la frontière d’importation. Ainsi, pour lui, accroître de 10% les exportations de l’Afrique sub-saharienne vers le Moyen-Orient et celles de l’Afrique du nord vers les pays exportateurs d’Afrique sub-saharienne est possible en diminuant les jours d’attente à la frontière de 4,74. Tandis que les pays importateurs du Moyen Orient et d’Afrique du nord devraient réduire les jours d’attente à la frontière de 4,13. Sangkyom kim et al, ont travaillé sur les impacts de la facilitation des échanges pour les pays de l’Asie du Nord. Ils ont utilisé quatre indicateurs pour mesurer la facilitation des échanges à savoir : les procédures douanières6 (CP), les conformités standards (SC), la mobilité du business (MB) et, le niveau de la technologie d’information et de communication (TIC). Selon eux, quand un pays réduit ses tarifs, liés à l’importation, de 10% accroît les importations vers son voisin entre 5,4% et 9,6%. Par ailleurs, quand les facilitations des échanges augmentent de 10%, ceci accroît l’importation dans la région de 2,2% dans le cas de TIC et de 7,4% maximum, dans le cas de BM. Pour eux, les effets commerciaux provenant de la réduction tarifaire apparaît comme étant plus efficace que la facilitation des échanges. Alberto Portugal-Perez et John S. Wilson (2010), ont estimé l’impact des agrégats du soft et du hard infrastructure sur les performances des exportations dans les pays développés. Les données utilisées dans cette étude couvrent 101 pays au cours de la période 2004-2007 obtenu de la base de UNCOMTRADE. D’autres variables tels que le PIB et la population provenaient de la base de la banque mondiale. Il résulte de leurs travaux, que, les coefficients des quatre indicateurs commerciaux de facilitation sont positifs et significatifs. Le coefficient d'infrastructure physique est en effet, le plus grand de chacun des quatre. L'environnement des affaires semble être le prochain facteur important pour des exportateurs, suivi de l'efficacité 6 Cette variable peut être mesurée par le délai de dédouanement. En effet, une reforme douanière efficace et une appréciation du niveau des infrastructures portuaires doit conduire très significativement à une réduction du délai de dédouanement. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 9 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX des. Les tarifs plus élevés et une plus longue distance entre les associés découragent le commerce. Les pays ayant une langue officielle commune, et les pays ayant eu un colonisateur commun ou un rapport colonial commun sont susceptibles de commercer plus intensivement. Volpe Martincus C., Carballo J., Graziano A (2013), ont analysé l’impact du délai de dédouanement sur le volume des exportations. Ils ont montré que le temps est une barrière forte du commerce international. La note brève de USAID/Mozambique parue en 2007, affirme qu’une amélioration d’un maillon de la chaîne d’approvisionnement sous entend obligatoirement, une amélioration des autres maillons si l’on veut raccourcir, les délais de livraison ou diminuer la variabilité de ces délais. Une meilleure efficience des services de dédouanement, par exemple, ne peut pas réduire les temps de livraison si les services locaux de transport et de logistique restent inefficaces et non compétitifs. Peter Walkenhorst et TadashiYasui (OCDE, 2009), à partir de l’indicateur de qualité des procédures douanières, ont procédé à l’analyse de l’impact des procédures douanières sur la facilitation du commerce. Ils ont cependant affirmé, que l’indicateur de qualité des procédures douanières peut être considéré comme, inversement proportionnel aux coûts de transaction directs et, la durée de dédouanement peut servir de variable de substitution des coûts indirects des opérations. Selon eux, on pourrait éliminer complètement les coûts de transaction. Cependant, les contrôles physiques des services douaniers sont nécessaires pour s’assurer de l’application des réglementations intérieures. Toutefois, accroître l’efficience des procédures douanières (par la réduction des délais de dédouanement par exemple) peut contribuer à abaisser, les coûts de transaction et contribuer à la réduction de l’écart entre le prix intérieurs et le prix international, dans l’intérêt des consommateurs et des producteurs. Subramanian et Arnold (2001) ont étudié la configuration des réseaux de transport et la dimension logistique en Asie du Sud comme facteur de facilitation des échanges. Ils ont découvert que les principaux problèmes des négociants reposaient sur le temps d’opération, la qualité et même la sécurité offerte par les services de logistique. Selon eux, les procédures de dédouanement représentent près de 0,5 % de la valeur de la marchandise dans l’ensemble des destinations étudiées. Le passage en frontière par contre, est sujet à des coûts de transactions commerciales élevés et de long délai d’attente. Les procédures de dédouanement conduisent à des coûts indirects et à des retards inutiles fortement impulsés par un rallongement des délais Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 10 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX intensifs. De ce fait, les coûts de traitement intermédiaires, notamment les coûts liés aux visites physiques dans le cas des opérations portuaires, représentaient environ 20 à 25 % des coûts totaux. En guise de conclusion, les auteurs ont affirmé que l’efficience douanière variait considérablement entre les différents services de douane du même pays. D’après les résultats qu’ils ont obtenus, les produits agricoles sont sensibles à la qualité des procédures douanières. Selon le rapport produit par la Banque Asiatique de développement, (2003) les exportations du Bangladesh pourraient apporter 30 % de plus si les inefficiences portuaires venaient à disparaître. L’inefficience portuaire conduit donc fortement à la réduction du volume des exportations. Les délais rallongés, les coûts supplémentaires et les procédures douanières excessives sont les principaux facteurs qui contribuent à la différence significative entre le prix intérieur et le prix international. En effet, l’objectif de l’entreprise étant de maximiser son profit, elle inclura les coûts liés à l’importation des produits dans le prix pratiqué sur le marché. La Banque mondiale (2004a) révèle que la productivité moyenne des entreprises se verrait augmenter de 18% si, le nombre de jours requis au dédouanement en Ethiopie diminuait de près de la moitié. Au Nigeria par contre, on estime que la fraude, la corruption et l’insécurité aux douanes contribuent à accroître le coût des importations de 45 %. I.3 Les leçons de la littérature Les coûts et délais d’importations sont supérieurs à ceux des exportations, alors que c’est l’inverse qui prévaut pour d’autres pays (Banque mondiale, 2002). Selon une étude menée sur les importations et les exportations nippones, les délais d’attente aux frontières sont identiques. Ils s’élèvent à 3,5 jours pour les importations, contre trois jours pour les exportations en provenance du Japon. La durée moyenne pour le dédouanement des marchandises importées s’étale de 1 à 24 jours (banque mondiale, 2003). Le problème des délais reste donc une inquiétude centrale dans l’analyse du commerce transfrontalier. Les délais ont tendances à décourager aussi bien les exportations que les importations. D’un autre côté, on ne saurait analyser les délais sans prendre en compte les différents facteurs qui peuvent les influencer. Ainsi, l’ensemble des mesures de facilitations des échanges, à l’instar du relèvement du niveau logistique, contribue fortement à la réduction des délais aux frontières. La dématérialisation, l’automatisation du système douanier et l’amélioration de la performance des installations portuaires sont des facteurs explicatifs, d’une baisse du niveau Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 11 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX de dédouanement. Les poids économiques (PIB) et la distance entre deux pays sont les facteurs qui affectent considérablement les flux commerciaux. Plus le poids économique s’accroît, plus les pays partenaires augmenteront les flux commerciaux. Plus la distance est longue, plus les flux commerciaux sembleraient en subir les conséquences renvoyant à une réduction de leur niveau général. Il peut s’avérer cependant que le facteur distance ne soit pas déterminant dans l’ampleur des flux commerciaux. Cette réalité est d’autant plus vraisemblable par le fait que, l’avancée technologique a permis de rendre les chalutiers plus rapides et plus performants. Ainsi, le temps de transport en eau est considérablement réduit. Le choix du mode de transport de l’entreprise relève des coûts associés à chaque mode de transport. Le transport par les airs par exemple est plus coûteux mais, plus rapide que le transport par les eaux. Le temps à l’importation tout comme le temps à l’exportation ne saurait être exclu de la liste des facteurs explicatifs de flux commerciaux. Plus le temps à l’exportation s’apprécie, plus les flux commerciaux se réduiront. Le temps de livraison est donc un des facteurs qui influence le plus la performance des exportations et même des importations. En effet, un rallongement du temps à l’importation s’accompagne des coûts indirects tels que les coûts de stockages supplémentaires au port, les coûts associés aux visites physiques aux frais de l’importateur, et parfois même une élévation du niveau de corruption comme ce fut le cas au Nigéria. Plus une marchandise met du temps à la frontière, plus elle est exposée au phénomène de corruption et ceux d’autant plus si elle est davantage sensible au problème de délai. La corruption apparaît donc comme une variable contribuant à la réduction des flux commerciaux. Les pays dont le niveau de corruption est élevé, ne constitue pas des espaces d’attraction aux exportations étrangères. Par ailleurs, l’importateur voulant assurer son roulement des stocks, peut être amené à soudoyer les douaniers en vue de réduire les délais de dédouanement et par conséquent les coûts directs et indirects. Le rallongement des délais contribue donc à la création significative de l’écart entre le prix international et le prix national. Les relations post coloniales et même le partage des frontières sont des éléments tout aussi bien intéressant, dans l’analyse de la performance des flux commerciaux. Les liens linguistiques, tout comme l’existence des accords de partenariats, sont des facteurs qui peuvent influencer le volume des importations surtout pour les pays membre de l’OCDE. Le fait de partager les mêmes frontières encourage les flux commerciaux entre zone. En effet, l’une des mesures la plus répandue dans le contexte de facilitation des échanges, consiste à construire des routes frontalières. C’est d’ailleurs ce qui justifie par exemple les grands projets intra-zone visant à faciliter la mobilisation des biens et des personnes. En zone Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 12 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX UEMOA par exemple, le projet de transport et de transit du corridor Abidjan-Lagos (2008) a permis d’intensifier la procédure d’intégration régionale dans la sous-région CEDEAO. Ce projet, contribuant à la croissance économique en Afrique de l’ouest, a facilité les mouvements des biens et des personnes le long du corridor côtier, tout en augmentant l’intégration régionale dans la zone de sa mise en œuvre (Wulf et Sokol, 2004). La modernisation du système douanier et la simplification de la procédure douanière contribuent aussi à l’amélioration des flux commerciaux. Les pays ont intérêt à commercer entre eux. Cependant, il serait opportun de savoir non seulement comment commercer avec efficacité et efficience, mais aussi comment réduire l’impact des principaux freins au commerce international. I.4 Expérience du Cameroun en matière de facilitation des échanges7 En matière de facilitation des échanges, le Cameroun s’est activée en adoptant des reformes douanières favorables à la mobilité des flux commerciaux et à rendre la douane plus performante. La facilitation des échanges vise cinq principaux objectifs à savoir : la réduction des visites physiques et des tracasseries douanières infligées aux opérateurs économiques ; la réduction des délais de passages des marchandises ; la sécurisation des opérations douanières ; le respect des dispositions légales à l’export ; et la contribution à l’amélioration de la compétitive du Port de Douala dans la Sous-région. En 2001, les services douaniers camerounais ont introduit le système SYDONIA++ (Système Douanier Automatisé). Le système SYDONIA a été intégré afin de réduire significativement les longues files d’attente. La mise sur pieds de ce système a ainsi permis de suivre automatiquement le parcours, lors de la procédure de dédouanement, d’une marchandise donnée. Accentuant ainsi l’efficacité des contrôles, le SYDONIA++ en remplacement de PAGODE, joue le rôle d’interface entre les autres acteurs de la chaîne portuaire et la douane. Il possède une interface client/serveur reliant ainsi les différents Commissionnaire Agrée en Douane (CAD) à l’interface Douane. La mise en place d’un appareil scanner au Port Autonome de Douala a aussi permis d’améliorer la gestion du risque douanier. Le Scanner joue ainsi le rôle de contrôle primaire. Il permet de mesurer le taux de suspicion d’une déclaration. Ainsi, une déclaration considérée comme suspecte doit logiquement faire l’objet d’une visite physique. L’inspection du scanner prend en moyenne 8 minutes, contre plusieurs heures pour une visite physique directe. Le scanner permet donc de réduire le temps de dédouanement au vue des résultats obtenu par ce dernier. Si la suspicion est élevée, le 7 Voir la présentation de Norbert BELINGA sur la facilitation des échanges au Cameroun. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 13 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX contrôle physique émanant de la décision de l’inspecteur augmentera le temps de dédouanement. Si par contre la suspicion est faible, il peut s’avérer que lors du contrôle documentaire, l’inspecteur décide de procéder à une visite physique. Le Scanner optimise pour une déclaration donnée, la probabilité qu’elle soit orientée au circuit rouge ou encore qu’elle fasse l’objet d’une visite physique. En outre, l’inspection du scanner se fait lorsque le conteneur est chargé sur remorque prêt à être enlevé du port. Ce qui limite les manutentions portuaires et conduit à un gain de temps et de ressources. Le scanner est un outil de lutte contre les glissements tarifaires. La coopération entre les services de la douane et la Société Générale de Surveillance(SGS) permet de s’assurer de la qualité de la déclaration des valeurs des opérateurs économiques. L’Attestation de Vérification à l’Importation(AVI) émis par la SGS oriente l’inspecteur dans la valeur réelle de la déclaration et donc le droit de douane et taxe y référent. L’AVI est un outil de lutte contre la fraude douanière en termes de fausse déclaration sur la valeur. La simplification des procédures de dédouanement et l’adoption des valeurs transactionnelles ont permis de veiller à l’harmonisation des procédures avec les autres pays et la sous-région. On peut citer comme harmonisation des échanges, l’application du taux unique de droit de douane appliquer en zone CEMAC. Par ailleurs, l’orientation des marchandises au circuit bleu apparaît comme un moyen idéal de réduction des délais. Ce rôle est pleinement assuré par les contrats de performance opérateurs. En effet, dans le cadre de ses interventions, un opérateur qui enregistre des bonnes performances verrait 40% de ses opérations orientées vers le circuit bleu. Or le circuit bleu est le circuit des visites à domicile. Orienter donc une déclaration au circuit bleu s’accompagne de la minimisation de la probabilité que, cette déclaration fasse l’objet d’une visite physique. Le Cameroun est un pays stratégique de transit dans la sous-région. De ce fait, il prend une grande part dans les activités de transit dans la sous-région CEMAC. Il se doit donc de veiller à la limitation des délais impartis pour le traitement des dossiers de transit. Le délai apparaît donc comme une variable centrale de performance, surtout dans le transit. La route vers une douane forte n’est pas un objectif nouveau. Elle est la suite d’un long processus motivé par des réformes continuelles. Le Cameroun s’y attèle ardemment quoi qu’un gros effort reste à entreprendre. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 14 15 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX II. IMPACT DU DELAI DE DEDOUANEMENT SUR LES IMPORTATIONS CAMEROUNAISES Dans cette section, il est question de voir l’implication de la performance de la chaine portuaire vu ici, comme étant le délai de dédouanement de la marchandise, sur les flux commerciaux. On se focalisera principalement sur les importations, plus précisément les IM48. L’analyse portera sur les positions tarifaires des chapitres suivants : Groupe 1 : 72, 73,76 ; Groupe 2 : 61, 62,42 ; Groupe 3 : 85, 87,39 ; Groupe 4 : 19, 20, 21, 22,24. Le tableau 2 en annexe présente l’intitulé des chapitres. Le groupe 1 caractérise les articles d’investissement. Il s’agit des articles de construction. Vu l’envergure des grands travaux structurant, ce groupe a été retenu question de voir s’il est sensible au facteur temps. En effet, avec l’avancée des grands projets structurant, tout porte à croire que le temps de dédouanement constituerait un obstacle aux importations des articles de ce groupe. Le groupe 2 est celui des biens de l’industrie de l’habillement. Il s’agit des vêtements. Dans la consommation grand public, la mode vestimentaire s’avère particulièrement sensible au facteur temps (Nordas, 2006). C’est pour cette raison que ce groupe a été retenu particulièrement. Ce groupe est caractérisé par les vêtements de femmes et de filles. Le groupe 3 renvoie aux biens d’équipement. Il s’agit des biens électroniques. Selon Nordas (2006), l’électronique est le secteur où les chaînes d’approvisionnement internationales sont très développées. On s’attendrait à voir que les articles de l’électronique, les pièces détachées et les composantes qui entrent dans le processus de production manufacturière soient sensibles au facteur temps (Nordas, 2006). Le groupe 4 est celui des biens de consommation alimentaire. Nous allons aussi retenir ce groupe. Dans le cadre de cette étude, nous allons considérer l’hypothèse suivante. Les importations de l’article X, d’un pays j en provenance du pays i, sont égales aux exportations du pays d’origine i vers le pays j pour le même article (l’article est vu ici comme une position tarifaire)». Il peut s’avérer que les importations telles que déclarées dans le pays j, ne correspondent pas aux exportations déclarées par le pays i vers le pays j pour une position tarifaire donnée. La différence proviendrait par exemple du phénomène de glissement 8 C’est ce régime douanier qui caractérise les marchandises mises à la consommation direct. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX tarifaire, ou encore de l’incompatibilité des périodes de déclaration, ou même du phénomène de fraude ou contrebande. Nous allons utiliser le modèle gravitationnel pour mesurer l’impact du délai de dédouanement sur les flux commerciaux portuaires. II.1Le modèle II.1.1 Le modèle gravitationnel Le modèle gravitationnel9 s’appuie sur l’équation suivante : Tij 1Yi 2 Y j3 Dij 4 Équation 1 Où i et j représentent les indices des pays qui s’échangent des biens. Tij représente le flux commercial (exportation ou importation), Y le PIB et Dij la distance entre le pays i et le pays j. αi représente le paramètre pour i allant de 1 à 4. Développer en physique, le modèle gravitationnel a été utilisé en 1962 par Tinbergen dans le commerce international. La différence entre le commerce et la force physique de la pesanteur réside sur le fait qu’il n’y a aucun ensemble de paramètres pour lequel, l’équation (1) tiendra exactement pour un ensemble arbitraire d’observation (Santos Silva et Tenreyro, 2006). D’où la formulation stochastique suivante : Tij 1Yi2 Y j3 Dij4 ij Équation 2 Où εij désigne l’erreur. Avec E( ij / Yi , Yj , Dij ) 1 pour s’assurer que le paramètre α1 ne soit pas biaisé10. En linéarisant11 l’équation (2) par application du logarithme, on obtient l’équation suivante : ln(Tij ) ln(1 ) 2ln Yi 3ln Yj 4ln Dij ln( ij ) Équation 3 De l’équation (3) on intègre d’autres variables telles que la population, le PIB par habitant, l’éloignement et les variables liées à la facilitation des échanges (tarif douanier, délai d’importation ou d’exportation, qualité de la régularisation de i ou de j, le niveau des infrastructures de j, langue commune, accords commerciaux, possession d’un littoral, colonie, 9 Le modèle gravitationnel tire son essence de la force d’attraction de Newton. La force d’attraction entre deux éléments est proportionnelle aux produits des masses des deux éléments et inversement proportionnelle au carré de la distance entre les deux éléments. 10 En effet, si E ( ij / Yi , Yj , Dij ) avec 1 on aura E (Tij / Yi , Y j , Dij ) (1 )Yi 2 Y j 3 Dij 4 l’estimation de α1 comporterait donc un biais. 11 Log-linéarisé une équation signifie appliquer le logarithme pour la rendre linéaire. En effet, on peut appliquer le logarithme sans pour autant rendre une équation linéaire. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 16 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX pays limitrophes, appartenance à l’OMC, appartenance à la même union monétaire et/ou économique, le nombre de signature etc). De l’équation (3), il est attendu une influence positive des poids économiques (PIB des pays qui s’échangent), et négative de la distance entre les deux pays. Plus la distance est élevée, plus les échanges se réduiront. L’éloignement entre deux pays constitue l’un des obstacles au commerce. Il est vrai que de nos jours avec l’avancée technologique, les navires sont devenus plus rapides. Par ailleurs, le phénomène de délocalisation fait en sorte qu’une marchandise peut être achetée dans un pays autre que le pays d’origine. La formulation du modèle utilisé dans cette étude s’appuie sur les travaux de Nordas12 (2006). Dans l’étude de ce dernier, il a analysé l’impact que pourrait avoir les délais sur les flux commerciaux. Dans la présente étude l’intérêt porte principalement sur le problème des délais, plus précisément, du délai de dédouanement comme obstacle aux importations (voir Djankov, 2006). La formulation du modèle retenu est la suivante : p ln M i ln 1 2ln Yi 3ln Dij 4 ln(d _ dedouaM i ) k X k ln( ij ) Équation 4 i 1 Dans l’équation ci-dessus, d_dedouaMi représente le délai moyen de dédouanement d’un article provenant du pays d’origine i. L’avant dernier terme de l’équation (4) mesure l’effet des variables muettes de facilitation des échanges sur les importations. Le délai de dédouanement devrait donc être un facteur déterminant dans la réduction des échanges. Il permet de mesurer la « densité » d’une frontière notamment la frontière portuaire. II.1.2. Estimation Cinq grandes méthodes d’estimation du modèle gravitationnel ont été adoptées dans la littérature. On peut ainsi citer : l’estimation par les MCO (Moindres Carrés Ordinaire) ; l’estimation par les MCNL (Moindres Carrées non linéaire) ; l’estimation tobit ; l’estimation par le pseudo-maximum de vraisemblance appliquée au modèle de poisson (PPML) ; et la double méthode d’estimation de Helpman, Melitz et Rubinstein (HMR). Chacune des méthodes d’estimation comporte ses limites et ses avantages. En fonction des objectifs recherchés, on choisira la méthode d’estimation qui semble la mieux appropriée et moins critiquée par la littérature. 12 Voir l’article de l’auteur pour la formulation à savoir :« Les délais comme obstacle aux échanges commerciaux : conséquences pour les pays à faible revenu » Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 17 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX A. MCO Les MCO ont l’avantage d’être facilement implémentable. Le véritable problème de cette méthode réside dans le risque d’hétéroscédasticité (voir Santos Silva et Tenreyro, 2006). Ce qui rend les paramètres estimés inefficients (Nordas, 2006). En effet, dans la littérature l’équation (2) est généralement linéarisée par le logarithme puis estimée par les MCO. La validité de ce procédé dépend fortement du fait que εij et plus loin, ln(εij) soient statistiquement indépendant des régresseurs (Santos Silva et Tenreyro, 2006). Ce qui n’est pas toujours le cas et ce d’autant plus que E ( ij / Yi , Y j , Dij ) 1 n’implique pas forcément que E (ln( ij ) / Yi , Yj , Dij ) 0 (on déduit aisément le résultat de l’inégalité de jensen13) Les MCO ont été très contestés. La littérature propose cependant une méthode corrective pour résoudre le problème d’hétéroscédasticité évoqué pour les MCO et d’absence d’échanges14. L’option la plus simple consiste à tronquer les observations des flux des échanges et à estimer ln(1+Tij). Il s’est avéré que le problème d’hétéroscédasticité est résolu en procédant de la sorte (voir Nordas, 2006). Estimé 1+Tij au lieu de Tij résulte simplement du fait qu’au cours de la période d’analyse, deux pays peuvent ne pas avoir échangé. Or dans le cas de notre étude, si le pays j n’a pas eu à échanger avec le Cameroun, le délai de dédouanement ne pourrait être mesuré. Ce qui ne permettra pas de voir l’effet du délai sur les importations de ce pays. Une telle observation ne serait pas importante. Ce qui remet en cause le choix des MCO comme méthode d’estimation. B. MCNL15 Bien que les études empiriques emploient la forme linéaire de la notation du modèle log gravitationnel, quelques auteurs [voir Frankel et Wei (1993) pour un exemple dans la littérature du commerce international] ont estimé les modèles multiplicatifs en utilisant des moindres carrés non-linéaire (MCNL). En réécrivant le modèle linéarisé sous sa forme exponentielle, on obtient le modèle gravitationnel initial. Autrement dit, l’équation suivante est similaire au modèle gravitationnel initial (équation (1)). Tij exp ln(1 ) 2 ln(Yi ) 3 ln(Yj ) 4 ln( Dij ) Équation 5 En écrivantce modèle sous sa forme matricielle, on obtient : 13 L’inégalité de jensen stipule que E (ln( X )) ln( E ( X )) donc E (ln( ij ) / Yi , Yj , Dij ) 0 remettant ainsi en cause l’estimation du modèle log linéarisé par les MCO. 14 En cas d’absence de flux, T vaudra 0 ce qui pose un problème lorsqu’il faudra linéariser le modèle gravitationnel de base. ij 15 Voir Frankel et Wei ,1993 Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 18 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX Tij exp X Équation 6 Où X désigne la matrice du logarithme des variables dépendantes et 𝜷les paramètres non linéaires. L’estimation de l’équation (6) par les MCNL, conduit à un estimateur asymptotiquement valide. Cependant, l'estimateur de MCNL peut être très inefficace dans ce contexte, comme il ignore l’hétéroscédasticité qui, comme discuté avant, est caractéristique de ce type de données (Santos Silva et Tenreyro, 2006). L’estimateur des MCNL est défini de la manière suivante : ˆ arg min (Tk exp( xk b)) 2 Équation 7 b k k représente une opération entre deux pays partenaires. (voir la condition du premier ordre dans Santos Silva et Tenreyro, 2006). C. PPML Cette méthode a été proposée par Santos Silva et Tenreyro (2006). Elle consiste à appliquer la méthode du pseudo-maximum de vraisemblance au modèle de poisson. Elle a l’avantage d’être particulièrement facilement applicable sur stata 12. En utilisant la ligne de commande suivante (voir Santos Silva et Tenreyro, 2006) : Poisson Tij ln(Dij) ln(Yi) ln(Yj) (autres variables muettes de facilitation), robust16 Dans le cadre de ce travail, cette méthode sera employée à des fins de comparaison car elle a été présentée par l’auteur comme justifiable (Nordas), quoi qu’elle n’a pas permis d’apprécier la probabilité qu’un(e) pays (entreprise ) partenaire (étrangère) exporte vers son pays partenaire (voir Nordas, 2006). Elle n’a donc pas subi un grand nombre de critique et permet de résoudre le problème d’hétéroscédasticité. Les flux sont à niveau (volume) contrairement aux autres méthodes pour lesquelles, les flux sont en valeur. Cet estimateur incorpore l’absence des flux et permet de résoudre le problème d’hétéroscédasticité (Nordas, 2006). D. HMR Cette méthode repose sur deux étapes. La première étape consiste à estimer la probabilité qu’une entreprise étrangère exporte (resp importe) vers (resp en provenance) un pays partenaire. L’équation de la première étape est donc la suivante : 16 Le terme robust est employé pour corriger l’hétéroscédasticité des erreurs. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 19 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX p ij ln(1 ) 2ln(Yi ) 3ln( Dij ) 4ln( d _ export j ) k X k Équation 8 i 1 Dans cette équation, 𝒅_𝒆𝒙𝒑𝒐𝒓𝒕17 représente le délai d’exportation d’une marchandise. Elle provient de la base de Doing Business 2012. 𝜑𝑖𝑗 désigne la probabilité qu’il existe un flux commercial entre le pays j et le pays i supérieur à un seuil. Dans les travaux de Nordas (2006), le seuil a été fixé à 1 milliards de USD. Dans le cadre de nos travaux, nous allons utiliser la valeur médiane des importations par groupe augmentée de 5%. Ce choix correspond au seuil limite établi dans le cadre de la mesure de la performance des opérateurs économiques. La deuxième étape consiste à estimer l’équation suivante par les MCO : p ln M i ln(1 ) 2 ln(Yi ) 3 ln( Dij ) 4 ln(d _ dedouaM ) k X k ln( ij ) Équation 9 i 1 ̅ comme étant l’inverse du ratio de mills obtenu de l’équation (8). La méthode de Avec 𝝎 Helpam et al a montré que le fait d’inclure cet élément dans le modèle, permet de résoudre le problème d’hétéroscédasticité car, l’inverse du ratio de mills corrige le biais de sélectivité. (voir Nordas, 2006). Nous allons également utiliser cette approche que nous allons comparer avec la méthode du PPML. Elle sera cependant l’objet central de nos analyses. II.2 Etude empirique Dans cette section, l’action sera portée sur l’estimation du modèle empirique (équation .4) par la méthode PPML et HMR. Les résultats seront présentés et également commentés par la suite. II.2.1 Les données Les données proviennent en grande partie de l’application SYDONIA++ de la Direction Général des Douanes (portant essentiellement sur l’année 2012), et d’autres sources (Banque mondiale, Wikipédia et Google MAP). La distance18 entre le Cameroun et ses pays partenaires a été calculé à partir de l’équation suivante. 1 1 Dij 2 r Arcsin sin( (lati lat j ))2 cos(lati ) cos(lat j )(sin( (loni lon j )))2 2 2 17 Équation 10 Elle a été mesurée comme étant le temps que met un conteneur, pour, sortir de l’usine de la plus grande entreprise du pays i, et embraqué dans un navire au port le plus proche. 18Deux principales mesures de la distance entre deux pays sont généralement utilisées. La distance réelle que nous avons employées et la distance à vol d’oiseau. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 20 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX Dans cette équation, lat et lon désignent respectivement la latitude et la longitude, en degré divisée par 1000 , des capitales des deux pays qui s’échangent des biens. r représente le rayon de la terre (6366 km dans notre exemple). Nous avons utilisé la distance entre les capitales des deux pays pour, estimer la distance entre deux pays. Les marchandises d’origine vietnamiennes, thaïlandaises ou indiennes, sont celles qui mettent le plus de temps en moyenne dans le processus de dédouanement. Ce qui se justifie amplement par les critères de sélectivités adoptés par la DGD. Dans le processus de dédouanement, il arrive le plus souvent qu’une déclaration soit dirigée au circuit rouge au vue du pays d’origine et de la composition de la déclaration. Les déclarations comportant en grande partie de la friperie ou l’électronique sont, le plus souvent, orientées au circuit rouge. Or qui dit circuit rouge19, fait allusion à la visite physique. Plus une marchandise est sujette à une visite physique, plus son temps de dédouanement augmente. Les marchandises d’origine asiatique, sont en général déclarées à risque. Figure 1 : Distribution du délai moyen de dédouanement selon le pays 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Source : SYDONIA++, DGD Ces pays importent à majorité les articles électroniques (groupe 3) et produits alimentaires (groupe 4). C’est produits sont très influencés par les délais (Nordas, 2006). Ce qui justifie les délais élevés pour ces différents. D’un autre côté, une importation d’origine Equato-Guinéenne ou congolaise, met moins de temps en termes de dédouanement (entre 12 et 13 jours). La raison fondamentale de cette observation provient de l’appartenance à la même union douanière. On s’attendrait ainsi dans le modèle a réalisé que l’appartenance à la CEMAC, contribue à augmenter le volume global 19 Le circuit rouge est le circuit de contrôle physique. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 21 22 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX des importations. Le délai ne constituerait donc pas à priori une barrière aux importations de la sous-région. En outre, la palme d’or en matière de long délai d’exportation est détenue par l’Afghanistan (80 jours), suivi du Tchad (73) et du Congo (50). Ce rallongement excessif des délais en ce qui concerne le Tchad, provient en majeur partie du fait que ce dernier, tout comme l’Afghanistan, ne possède pas de littoral. Il ne peut donc pas bénéficier du rapprochement des entreprises du port, car les marchandises tchadiennes transitent par d’autre pays de la sousrégion CEMAC. Les pays européens ont des délais d’exportation compris entre 7 et 13 jours. La raison la plus probable pouvant justifier cette observation, est le rapprochement des entreprises des ports d’embarquement (Hummel, 2001). CHYPRE SINGAPOUR LUXEMBOURG SUEDE ROYAUME-UNI BELGIQUE OMAN FRANCE MAROC MALAISIE EGYPTE TUNISIE COSTA RICA COLOMBIE INDE CHILI POLOGNE GHANA ALGERIE CHINE BULGARIE SAMOA NAMIBIE SAO TOME-ET-… ANGOLA AFGHANISTAN 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 GUINEE… Figure 2 : Distribution du délai d’exportation selon le pays Source : DOING BUSINESS, 2012 Au bas de la liste, se situent les Etats unis qui ont le délai d’exportation le plus bas, soit 6 jours. II.2.2 Les résultats du modèle Nous allons dès lors, commenter les résultats obtenus de l’estimation du modèle gravitationnel d’après les deux approches évoquées plus haut. Nous allons voir l’impact que pourraient avoir les délais d’export sur la probabilité d’exporter (décision d’exporter audessus d’un certain seuil) via le port de Douala. Puis, nous allons analyser le comportement des importations face aux délais de dédouanement. A. Probabilité d’exporter/importer au-dessus du seuil La présente partie se focalise sur l’analyse des facteurs susceptibles, de pouvoir influencer l’entrée d’une entreprise dans le réseau des entreprises exportatrices en direction du Cameroun. Les résultats figurent dans le tableau 3 en annexe. Le seuil comme nous l’avions Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX expliqué plus haut, a été obtenu par application du modèle de mesure de la performance des opérateurs économiques, actuellement appliqué à la DGD. Cette méthode voudrait qu’une note de 1 soit accordée aux importateurs, ayant contribués en termes de droit de douane à un montant supérieur à la médiane augmentée de 5%. En deçà de ce seuil, l’opérateur court le risque d’être confronté à des sanctions, synonymes de possibilité d’exclusion des contrats de performance. Les résultats du tableau 3 en annexe montrent que le délai d’exportation a un effet pratiquement nul sur la probabilité d’exporter. Cette assertion est valable pour l’ensemble des articles (groupe 0) y compris les articles des différents groupes (groupe 1, 2, 3 et 4). D’un point de vue statistique, le délai d’exportation n’est donc pas une variable pouvant amener un opérateur économique à décider d’exporter au-dessus du seuil établi par la méthode des contrats de performance. Cette décision d’exporter relève plutôt de la structure des économies des pays exportateurs. Plus le pays exportateur connait une croissance importante, plus ses entreprises se tourneront vers l’extérieur et donc inciteraient, par le processus des partenariats avec les entreprises locales, le volume des importations. D’un autre côté, la distance constituerait un facteur explicatif de la réduction de la probabilité d’exporter. Surtout pour les biens électroniques (groupe 3), les biens d’investissement20 (groupe 1), et les biens de l’industrie de l’habillement21 (groupe 2). La langue, l’appartenance à la CEMAC et la possession d’un littoral, sont les facteurs qui n’ont pas une influence significative sur les exportations. La langue joue cependant un rôle déterminant dans les exportations des articles de l’industrie alimentaire. Le fait d’avoir la langue française ou anglaise comme langue parlée, augmente la décision d’exporter de 0,41%. La colonie par contre accroît les articles du groupe 1 et 3 respectivement de 0,5% et 0,36%. Les relations coloniales jouent donc un rôle non négligeable sur certains articles. La colonie ou même encore l’appartenance à l’UEMOA, restent de ce fait des facteurs déterminant dans l’accroissement des exportations. En ce qui concerne l’appartenance à l’UEMOA, elle accroit la probabilité d’exporter en direction du Cameroun de 0,59% pour le panier de tous les articles. 20 Au seuil de 10% la distance constitue un frein aux exportations 21idem Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 23 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX Figure 3 : Estimation des probabilités d’exporter Source : SYDONIA ++, Nos travaux sur STATA Les entreprises américaines sont celles qui ont une probabilité estimée, plus élevée d’exporter vers le Cameroun au dessus du seuil réquis. De la figure ci-dessus, cette affirmation est valable pour l’ensemble des groupe d’articles. Lorsqu’on s’attarde sur les articles du groupe 1, le Brésil et la France ont les probabilités (resp 0,9874 et 0,9871) élevé d’exporter des articles de ce type. Ainsi, si ces pays enrégistrent des gains en terme de croissance, il s’ensuivra une augmentation des exportations au dessus du seuil réquis. En sommes, le délai d’exportation ne saurait être considéré véritablement comme un obstacle à la probabilité d’exporter vers le Cameroun via le port de Douala. Cette dernière est plus influencée par les structures économiques et géographiques. L’augmentation de la probabilité qu’une entreprise exporte vers le Cameroun, résulte des opportunités offertes par la demande locale. Autrement dit, la décision d’exporter vers le Cameroun résulte de la décision des exportateurs de se tourner vers le marché camerounais. C’est donc la demande locale, ou même encore les décisions d’expansion qui peuvent amener une entreprise à exporter vers le Cameroun. Le choix du pays exportateur relève beaucoup plus de la force économique de ce dernier. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 24 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX B. Modèle gravitationnel L’implémentation du modèle gravitationnel permet d’analyser l’impact des délais sur les importations portuaires. Le tableau 4 donne les résultats de l’estimation du modèle selon la méthode du PPML et HMR. Les résultats de l’estimation révèlent des résultats quasiment disparates entre les deux méthodes. Cette disparité est beaucoup plus observée sur les articles du groupe 0 (ensembles des chapitres) et du groupe 2. Quelques soit la méthode d’estimation, le délai de dédouanement affectent négativement les articles du groupe 1 et 3. En d’autres termes, les biens d’investissement et de l’industrie de l’habillement sont très sensibles au temps de dédouanement d’un point de vu statistique. Plus s’accroît le temps de dédouanement, plus se réduit le niveau des importations camerounaises en ses biens (aussi bien qu’en volume, qu’en valeur). En outre, l’estimation par le PPML montre que l’élasticité entre le délai de dédouanement et les importations est négative, bien qu’elle soit non significative pour certain groupe d’article. Une augmentation de 1% du temps de dédouanement, provoquera une diminution de 1,46% à 1,55% pour les articles du groupe 1 et sensiblement 1,55% pour les articles du groupe 3. La corrélation négative entre le taux de croissance des importations et, le taux de croissance du délai de dédouanement du groupe 2 rejoint nos attentes. En effet, Nordas (2006) a présenté les articles de ce mode comme étant très sensible au facteur temps. Ceci se justifie amplement par le fait que les vêtements de mode font l’objet très fréquemment des visites physiques, impliquant des coûts indirects supplémentaires et des rallongements des délais de dédouanement. On ne saurait penser à la suppression des visites physiques car le faire sousentend encourager indirectement les mauvaises pratiques. On pourrait juste les alléger surtout pour les opérateurs jugés performant dans le cadre de la mesure de la performance, en vue de favoriser une activité bien contrôlée. Comme nous l’avions ressorti de la revue de la littérature, le PIB a un impact positif sur les importations (Sensiblement 1,2% dans la croissance des importations). En ce qui concerne la langue, elle ne joue plus un grand rôle dans les importations portuaires. En d’autres termes, la langue n’est pas un facteur explicatif de l’accroissement des importations portuaires. La colonie de son côté, semble influencer le volume des flux dans leur ensemble. La colonie n’est donc plus a postériori vue comme un frein aux importations portuaires. Le fait de posséder un littoral, voir un port, facilite les importations portuaires. Ceci se justifie pleinement par le fait que le port de Douala reste un point stratégique d’échanges entre le Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 25 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX Cameroun et ces partenaires commerciaux. Par ailleurs, les statistiques de Doing Business place le Cameroun en deuxième position dans la sous-région. Figure 4 : Répartition du délai d’importation en zone CEMAC 44 Guinée équatoriale 22 Gabon 54 Congo 25 Cameroun 0 10 20 30 40 50 60 Source : DOING BUSINESS, 2012 La chaîne portuaire doit donc réduire au maximum le délai de dédouanement des marchandises. Cette mesure permettra non seulement d’accroître les importations et implicitement le niveau des recettes douanières, mais aussi de réduire les coûts indirects associés au rallongement des délais. En effet, un jour additionnel sur le temps de dédouanement s’accompagne des coûts additionnels d’entreposage au port. De plus, lorsqu’une déclaration fait l’objet d’une visite physique, il s’ensuit des coûts qui sont à la charge de l’opérateur. Comme nous l’avions vu plus haut, le délai est et demeure un facteur important dans l’analyse des freins à la facilitation des échanges. Réduire dont le délai aura pour conséquence d’accroitre les flux commerciaux malgré le fait que cette variable n’ait pas été statistiquement significative pour certain groupe d’article. Cependant, cette observation ne remet pas en cause l’appréhension du délai comme un frein aux échanges. Le délai long s’accompagne des coûts indirects élevés. Il est ainsi à l’origine de l’écart entre le prix mondial et le prix domestique (Love P., Lattimore R, 2009). Ce qui se traduit par la réduction du bien être des consommateurs. Dans certains pays, le contrôle mensuel du délai de dédouanement (et même de passage des marchandises) est sans cesse la préoccupation des douanes et dans une certaine mesure des ports. Au Cameroun par exemple, l’évaluation mensuelle du délai de dédouanement des Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 26 27 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX marchandises est continuellement entreprise. Le véritable problème est de savoir comment on pourrait actionner un levier de contrôle pour ensuite induire la réduction des délais dans leur ensemble. On citerait donc comme exemple de levier de contrôle la dématérialisation (qui contribue très fortement à l’allègement des procédures) et la mesure de la performance. III. LA MESURE DE LA PERFORMANCE ET CONTRAT DE PERFORAMNCE : ATOUTS POUR LA REDUCTION DES DELAIS La mesure de la performance a été implémentée pour la première fois au Cameroun, en ce qui concerne les activités portuaires (secteur du Littoral) en 2011. Elle consiste par le construit d’un indicateur de performance, à classer les acteurs que l’on souhaite évaluer au vue des critères objectifs retenus dans le cadre de la procédure de dédouanement à l’importation. A l’heure actuelle, seuls les inspecteurs des douanes et les opérateurs économiques sont évalués. L’instauration des contrats de performance inspecteur a contribué à la réduction des mauvaises pratiques et le phénomène de corruption entre inspecteur et opérateurs économiques. Les contrats de performance inspecteurs ont permis de réduire les pressions que pouvaient exercer les inspecteurs sur les opérateurs. Les inspecteurs se doivent dont d’accroître de manière significative la proportion de déclarations impliquant les réclamations contestées qu’ils ont eu à conduire loin du canal de facilitation (Bilangna et Djeuwo, 2013). L’efficacité de la mesure de la performance n’est plus à démontrer. L’introduction des contrats de performance au port de Douala en ce qui concerne les inspecteurs des douanes, a favorisé l’augmentation du temps au travail dans tous les bureaux sous contrat. Ainsi, dans certain bureau sous contrat, on note une évolution considérable de la proportion des déclarations liquidées au jour de leur enregistrement tel que le montre la figure suivante : Figure 5 : Evolution de la proportion de déclarations liquidées au jour de leur enregistrement 100,0 98,3 95,0 94,5 94,0 90,0 nov.-13 Proportion déc.-13 janv.-14 Source : SYDONIA++, Douanes Cameroun Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX Les inspecteurs étant sous contrat, s’activent à minimiser au maximum les pertes en temps car ils se verront perdre de performance et par conséquence en subir les conséquences. La mesure de la performance à la Douane Camerounaise est également à l’origine de l’existence des contrats de performance opérateurs. Les contrats de performance opérateurs sont des sortes de contrats établis entre le Directeur Général des Douanes et les principaux opérateurs (importateurs) basés sur l’évaluation mensuelle d’une série d’indicateur relevant de la mesure de la performance. Le contrat de performance accorde certaine facilité aux opérateurs qui réaliseraient des bons résultats au cours d’une période donnée. A l’heure actuelle (2013) uniquement 18 opérateurs économiques sont sur contrats de performance. Du graphique ci-après, il apparait que des 18 opérateurs sous contrat, le délai moyen de dédouanement d’une marchandise baisse considérablement comparativement aux opérateurs hors contrat de performance. Lorsqu’on se réfère aux meilleurs opérateurs économiques, le délai moyen de dédouanement ne cesse de baissé de plus en plus tel que le montre la figure suivante. Or l’incidence d’une telle observation est de voir les délais globaux en subir les impacts notamment en termes de décroissance. Figure 6 : Evolution du délai moyen de dédouanement selon le type d’opérateur Opérateurs Hors contrat Opérateurs sous contrat 20,9 22,3 18,4 15,5 15 15,2 14,4 15,9 13,4 aout-oct 2010 aout-oct 2011 aout-oct 2012 11 meilleurs 22,1 13,1 11,3 aout-oct 2013 Source : SYDONIA ++, Douanes Cameroun Si tous les opérateurs économiques passaient donc sous contrat de performance, et en supposant qu’ils ne soient pas parmi les 11 meilleurs, il en résulterait donc un délai moyen inférieur ou égal à 13,1 jours. Soit un gain de 11,9 jours par rapport au niveau du délai publié par Doing Bussiness en 2012. L’analyse du délai séquentiel (découpage du délai suivant les étapes de la procédure à l’importation) montre également une nette amélioration entre le trimestre aout-octobre 2012 et le même trimestre mais à l’année 2013. Le tableau suivant montre que les acteurs portuaires Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 28 29 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX sont devenus plus anticipateurs entre les deux périodes. Dans l’ensemble, les délais se réduisent à un taux dépassant parfois le seuil de 50%. Tableau 1 : Estimation du délai séquentiel de la procédure à l’importation Trimaou-oct Trimaou-oct VARIATION 2012 2013 (%) Entre arrivée navire et enregistrement manifeste -1,6 -2,1 36% Entre enreg. manifeste et enregistrement déclaration 8,1 6,0 -25% Entre enregistrement déclaration et liquidation 0,1 0,1 -54% Entre liquidation et paiement 2,4 2,2 -8% Entre paiement et bon de sortie 4,7 4,3 -8% Entre bon de sortie et constat de sortie 0,6 0,5 -20% Délai global entre enreg. manifeste et constat de sortie 15,9 13,1 -18% SEQUENCES DE DELAIS Source : SYDONIA DGD Dans l’ensemble, le délai global est passé de 15,9 jours à 13,1 jours par rapport à la période d’analyse. Le temps est un facteur indispensable. Son suivi reste et demeure l’une des préoccupations majeures des services douaniers. Ils doivent donc prendre des mesures adéquates pour le réduire. L’expérience du Cameroun nous apprend que la mesure de la performance des acteurs et l’usage des contrats des performances passent pour des mesures idéales en termes de réduction des délais. CONCLUSION Tout au long de ce travail, il était question pour nous de mesurer les effets des délais sur les flux commerciaux. Il en résulte que le temps de dédouanement n’influence pas en grande partie les importations. Ce résultat n’est plus valable lorsqu’on se réfère aux articles de mode ou d’investissement. Le temps de dédouanement réduit considérablement le volume des importations de ces types d’articles. La raison la plus probable pouvant justifier cette observation, n’est rien d’autre que le niveau élevé des contrôles physiques des articles relevant de ces types. En effet, les articles de l’industrie de l’habillement par exemple, sont très fortement contrôlés car ils sont sujets le plus souvent au phénomène de fraude. Ces contrôles vont donc rallonger le temps de séjour de la marchandise au port, mais aussi les Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX coûts indirects qui y sont associés. Toutefois, il apparaît le plus souvent, que les importateurs non soucieux du problème des délais, préfèrent maintenir leurs marchandises au port en attendant de trouver des débouchés. Cette pratique dans l’ensemble va aussi concourir au rallongement des délais. C’est pourquoi, un modèle de mesure de la performance s’avère nécessaire. On pourrait en outre, en plus de la mesure de la performance, optimiser le modèle de sélection des déclarations supposées frauduleuses. Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 30 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX BIBLIOGRAPHIE [1] Amir II J., Developing Service Standards and Performance Indicators for Customs, USAID, April 2008 [2] Banque asiatique de développement (2003), « Technical Assistance to the People’sRepublic of Bangladesh for Preparing the Chittagong Port Trade Facilitation Project », TAR:BAN 36105, juillet [3] Banque mondiale (2004a), « Compétitivité et développement du secteur privé en Afrique, Conférence sur le commerce et l’investissement AsieAfrique (CCIAA), Tokyo, 1-2 novembre. [4] Banque mondiale (2006), Doing business / Pratique des affaires en 2006 : Créer des emplois, Eska-Banque mondiale, Paris. 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Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 33 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX ANNEXES Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 34 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX ANNEXE Tableau 2 : Libellé des chapitres par groupe d’analyse Groupe Groupe 1 Groupe 2 Chapitre 72 73 76 61 62 42 85 Groupe 3 87 39 19 Groupe 4 20 21 22 24 Intitulé du chapitre Fonte, fer et acier Ouvrage en fonte, fer ou acier Aluminium et ouvrage en aluminium (tuyaux, tôle…) Vêtements et accessoires des vêtements en bonneterie Vêtements et accessoires des vêtements autres qu'en bonneterie Ouvrage en cuir; article de bourrellerie ou de sellerie, articles de voyage, sacs à main et contenants similaires, ouvrages en boyaux Machine, appareils et matériels électriques et leur partie; appareils d'enregistrement ou de reproduction de son, appareil d'enregistrement ou de reproduction d'image et du son en télévision et partie et accessoires de ces appareils Voitures automobiles, tracteurs cycles et autres véhicules terrestres, leur partie et accessoire Matière plastique et ouvrage en ces matières Préparation en base de céréales, de farines, d'amidon, de fécules ou de lait pâtisseries Préparation de légume, de fruit ou d'autres parties de plantes Préparation alimentaire diverses Boisson liquide alcooliques et vinaigres tabac et succédanés de tabac fabriqués Source : Tarif douanier en CEMAC Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU 35 36 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX Tableau 3 : Estimation de la probabilité d’importer au-dessus du seuil Variables lpib ldist ld_export langue colonie UEMOA CEMAC littoral Constante Probabilité Seuil Roc area N Total 0.71*** (0.12) -0.31 (0.33) -0.46 (0.42) 0.33 (0.48) 0.49 (0.45) 2.29*** (0.84) 1.47 (1.02) 0.40 (0.37) -15.6*** (4.40) 80 0.36 Groupe 1 0.61*** (0.12) -0.76* (0.39) 0.52 (0.49) -0.47 (0.55) 1.37** (0.63) 0.30 (0.41) -8.92* (5.00) 64 0.34 Coefficient Groupe 2 050*** (0.13) -0.66* (0.38) -0.30 (0.46) 0.17 (0.47) 0.41 (0.46) -0.71* (0.42) -6.46 (4.64) 57 0.19 Groupe 3 0.77*** (0.13) -1.04*** (0.42) -0.61 (0.46) -0.17 (0.49) 0.94* (0.53) 0.46 (0.86) -0.18 (0.40) -9.83** (4.24) 70 0.36 Groupe 4 0.27** (0.12) -0.25 (0.34) -0.10 (0.44) 1.10** (0.47) 0.10 (0.45) -0.05 (1.07) 0.17 (0.38) -5.31 (4.39) Total 0.28 (0.04) -0.12 (0.13) -0.18 (0.16) 0.13 (0.19) 0.19 (0.18) 0.59 (0.08) 0.49 (0.20) 0.15 (0.14) Groupe 1 0.24 (0.05) -0.30 (0.15) -0.20 (0.1ç) -0.18 (0.21) 0.50 (0.19) 0.11 (0.16) -0.27 (0.16) -0.07 (0.15) -0.02 (0.42) 0.06 (0.14) 0.42 0;45 0.53 0.50 0.46 0.85 0.86 0.76 0.86 0.75 65 0.15 Pseudo R2 ***significatif au seuil de 1%, ** significatif au seuil de 5%, * significatif au seuil de 10% Source :l’auteur sur Stata Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU Effet marginaux Groupe 2 Groupe 3 0.20 0.30 (0.06) (0.05) -0.26 -0.41 (0.15) (0.17) -0.12 -0.24 (0.18) (0.18) 0.06 -0.07 (0.18) (0.19) 0.16 0.36 (0.17) (0.18) 0.18 (0.31) Groupe 4 0.10 (0.04) -0.10 (0.13) -0.04 (0.17) 0.41 (0.15) 0.04 (0.18) 37 PERFORMANCE DE LA CHAINE PORTUAIRE ET FLUX COMMERCIAUX Tableau 4 : Estimation du modèle PPML Variables lpib ldist ld_dedouaM langue colonie UEMOA CEMAC littoral Constante N Pseudo R2 HMR Total 1.204*** Groupe 1 1.141*** Groupe 2 1.274*** Groupe 3 1.203*** Groupe 4 0.668*** Total Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4 1.04** 0.85* 1.89** 1.05*** 0.67 (0.32) (0.20) (0.07) (0.09) (1.17) (0.42) (0.48) (0.71) (0.34) (0.88) -4.477*** -0.635 -0.529 -1.195*** -1.202*** -1.69*** -0.70 -1.99** -0.65 -1.04 (1.18) (0.51) (0.59) (0.38) (0.39) (0.60) (0.68) (0.89) (0.52) (1.13) -0.965 -1.555* -4.465*** -0.943 -0.643 0.27 -1.46* -1.55** 0.34 0.60 (1.34) (0.79) (0.69) (0.65) (0.84) (0.98) (1.02) (0.69) (0.44) (2.27) 3.656*** 0.475 0.171 -0.035 0.568 0.62 0.90 1.40 0.10 0.12 (1.04) (0.45) (0.45) (0.51) (0.46) (0.56) (1.27) (1.00) (0.57) (3.99) -2.304*** -0.446 -0.682** -0.355 0.912 -0.76 -1.04 0.52 0.02 1.15 (-0.84) (0.58) (0.26) (0.36) (0.56) (0.52) (1.36) (1.11) (0.57) (1.10) -4.265*** 0.606 2.360* 2.353*** -0.671 0.81 0.34 (1.44) (1.01) (1.43) (0.84) (0.64) (1.64) (1.71) -0.0018 4.220** -0.641 -0.606 -0.585 0.87 -0.20 (1.70) (1.86) (1.43) (1.81) (1.21) (2.19) (2.61) 4.324*** 1.332* -1.636*** -0.374 0.073 1.31** 0.39 -2.21* 1.04* -0.21 (1.14) (0.80) (0.54) (0.29) (0.54) (0.53) (0.70) (1.29) (0.57) (0.97) 6.269 -14.6*** -11.42** -7.70* 2.35 -2.36 -0.78 -23.44 -12.86* -2.84 (6.87) (5.38) (4.84) (4.03) (4.12) (9.43) (14.47) (14.54) (7.43) (24.29) 80 68 61 74 68 80 64 57 70 65 0.85 0.69 0.95 0.84 0.43 0.72 0.48 0.46 0.70 0.30 ***significatif au seuil de 1%, ** significatif au seuil de 5%, * significatif au seuil de 10%, () erreur type robuste Source : Nos travaux sur Stata Par André Bertrand MINE OKON, Marcellin DJEUWO, Louis PAGOU