Stratégie sectorielle, Pauvreté et Vulnérabilité : cas du - Pep

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Stratégie sectorielle, Pauvreté et Vulnérabilité : cas du - Pep
6th PEP Research Network General Meeting
Sheraton Lima Hotel, Paseo de la Republica 170
Lima, Peru
June 14-16, 2007
Stratégie sectorielle, Pauvreté et
Vulnérabilité : cas du Togo
Adoété Éga Agbodji
Ministerio de Economía y Finanzas
For more information about the 6th PEP Research Network General Meeting,
Please visit: www.pep-net.org
Réseau de Politiques Economiques et Pauvreté (PEP)
Stratégie sectorielle, Pauvreté et Vulnérabilité : cas du Togo
PR-MPIA 676
RAPPORT FINAL
Par
Akoété Ega AGBODJI
Economiste, Enseignant-Chercheur, Chef d’équipe
FASEG / Université de Lomé (TOGO)
E-mail : [email protected]
Koffi YOVO
Agroéconomiste, Enseignant-Chercheur
ESA / Université de Lomé (TOGO)
E-mail : [email protected]
Kodjo ABALO
Enseignant-Chercheur
IUT-Gestion / Université de Lomé (Togo)
E-mail : [email protected]
Komlan Dodzi AGBODJI
Ingénieur Statisticien Economiste
Direction Générale de la Statistique
E-mail: [email protected]
Ablamba Ahoéfavi JOHNSON
Assistante de recherche
E-mail: [email protected]
Mai 2007
i
Résumé
Face à la persistance de la pauvreté au Togo et dans le souci de mettre en œuvre des mesures
adéquates pour la réduction de cette pauvreté, le Gouvernement togolais a adopté en 2004 le
Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DISRP). Diverses stratégies de
lutte contre la pauvreté sont en cours d’élaboration dans le cadre du DSRP final. La présente
étude vise à mesurer et analyser les effets potentiels des stratégies retenues sur la pauvreté des
ménages. Pour ce faire, la méthodologie retenue repose sur la construction d’un modèle
d’équilibre général calculable dont la structure générale s’inspire du modèle standard EXTER de
Decaluwé, Martens et Savard (2001). A partir des données d’un TRE désagrégé tiré du TRE
(2000) de la Direction Générale de la Statistique et de la Comptabilité Nationale, une matrice de
comptabilité sociale a été construite. Une analyse de cette MCS a permis de faire ressortir
certaines principales caractéristiques de l’économie togolaise, notamment : (i) la contribution à la
valeur ajoutée totale de plus de 20% par la branche Agriculture vivrière qui affecte plus de 67%
de sa valeur ajoutée au titre de rémunération salariale du travail informel contre 0,02% du travail
formel; (ii) la rémunération du travail informel (indépendants et salariés non déclarés) comme
principale source de revenu des ménages avec 20 % au revenu des ménages non pauvres et non
vulnérables contre 12,27 % pour les ménages non pauvres et vulnérables. Les ménages pauvres et
vulnérables en tirent 8,70 % de leur revenu contre 11,33 % pour les ménages pauvres non
vulnérables.
Une simulation d’une hausse de 15% du capital spécifique aux branches du secteur primaire il a
été noté une variation d’une part, négative du revenu nominal des ménages pauvres et vulnérables
et des ménages pauvres non vulnérables (-3.09% et 0.77% respectivement) et d’autre part,
positive pour les ménages non pauvres vulnérables et non vulnérables (0.06% et 6.28%).
Cependant, une analyse en termes de bien-être indique que les ménages dans leur ensemble ont
connu une amélioration de bien-être puisqu’ils présentent tous une variation équivalente positive.
L’amélioration a été plus élevée pour les ménages vulnérables pauvres ou non.
ii
Sommaire
Résumé ................................................................................................................................................................. i
1. Contexte et Problématique ............................................................................................................................... 1
1.1 Le contexte.................................................................................................................................................... 1
1.2 La problématique........................................................................................................................................... 2
2. Objectifs de l’étude.......................................................................................................................................... 3
3. Revue de la littérature ...................................................................................................................................... 3
4. Synthèse sur les stratégies de réduction de la pauvreté au Togo........................................................................ 4
5. Méthodologie .................................................................................................................................................. 9
5.1 Justificatifs du choix du MEGC ...................................................................................................................... 9
5.2 Méthodologie de construction du MEGC .................................................................................................... 10
5.2.1 Méthodologie de construction de la MCS.................................................................................................. 10
5.2.1.1 Catégories de ménages ........................................................................................................................... 10
5.2.1.2 Flux de production et de revenus ........................................................................................................... 10
5.2.2 Le modèle d’équilibre général calculable .................................................................................................... 12
5.2.2.1 La modélisation de la structure générale de l’économie togolaise............................................................. 12
5.2.2.2 La production et les facteurs................................................................................................................... 13
5.2.2.3 Les taxes, revenus et épargne................................................................................................................... 13
5.2.2.4 La demande............................................................................................................................................ 13
5.2.2.5 Les prix .................................................................................................................................................. 14
5.2.2.6 Le commerce international ..................................................................................................................... 14
5.2.2.7 Equilibre ................................................................................................................................................ 14
5.2.2.8 Le calibrage et la fermeture du modèle ................................................................................................... 15
5.3 Données ...................................................................................................................................................... 15
5.3.1 : Présentation des données ......................................................................................................................... 15
6. Présentation et analyse des résultats ............................................................................................................... 16
6.1 Description de la structure de l’économie togolaise à partir de la MCS ......................................................... 16
Activités de production et Intensité factorielle par branche................................................................................. 16
Sources du revenu des ménages.......................................................................................................................... 18
Utilisation du revenu .......................................................................................................................................... 18
Références bibliographiques ............................................................................................................................... 23
ANNEXES................................................................................................................Erreur ! Signet non défini.
Annexes 1 : Tableaux issus de la MCS ........................................................................Erreur ! Signet non défini.
ANNEXE 2 : Caractéristiques du modèle EXTER.....................................................Erreur ! Signet non défini.
1
1. Contexte et Problématique
1.1 Le contexte
Le Togo, pays à façade maritime, d’une superficie de 56.600 km² en forme de corridor entre la
République du Bénin à l’Est et la République du Ghana à l’Ouest, s’étire sur une longueur de près de
700 km entre l’Océan Atlantique au Sud et le Burkina Faso au Nord. Sa population est estimée à 5
500 000 habitants en 2005. Avec un PIB par habitant d’environ 310 dollars EU en 2004, le Togo
fait partie des pays les moins avancés. Au Togo, le taux de croissance du PIB réel est de 4,1% (20002004). Parmi les trois secteurs d'activité qui sont à l'origine de la création du PIB, deux secteurs sont
dominants ; ce sont le secteur primaire et le secteur tertiaire qui fournissent près de 80% du PIB.
L’ensemble du secteur primaire contribue pour plus de 40 % environ au produit intérieur brut. Le
secteur primaire est dominé par les productions vivrières à concurrence de plus de 60% du PIB
agricole. La production de produits de rente contribue à hauteur de plus de 12 % avec la production
de coton, de café et de cacao. La structure de la production agricole togolaise est caractérisée par
une forte atomicité (exploitations de petites tailles par de petits producteurs), une faible productivité
et des méthodes de production archaïques. Le secteur secondaire, avec contribution au PIB
s’établissant en moyenne à 21,7 % est dominé par les industries extractives (phosphates et clinker) et
les industries agro-alimentaires. En dehors des secteurs énergétiques et des bâtiments et travaux
publics, les autres branches importantes d’activités sont les textiles, la production de ciments et de
produits chimiques, et la transformation du bois. Le Togo dispose de potentialités en ressources
minières variées (fer, chromite, manganèse, phosphate, calcaire, etc.) dont seuls les phosphates et le
calcaire sont actuellement exploités. Quant au secteur tertiaire, il est à l’origine d’une part importante
du PIB (environ 44%) en raison notamment de l’importance traditionnelle des opérations de transit
à travers le port de Lomé d’où part un réseau routier important vers des pays enclavés situés au nord
du Togo.
Malgré la mise en œuvre de différentes politiques et réformes économiques, notamment les plans
quinquennaux à compter de 1966 et les programmes d’ajustement structurel au début des années 80,
l’économie togolaise connaît depuis les vingt dernières années une situation extrêmement fragile avec
de très faibles performances économiques. L’un des coûts sociaux les plus importants de ces
dégradations macroéconomiques est la hausse du chômage due non seulement à la compression
d'effectifs du fait du ralentissement de la croissance économique, mais aussi à cause des réformes
économiques engagées. Il en a résulté une aggravation de la pauvreté. Au Togo, une première
estimation du profil de la pauvreté monétaire a été réalisée par la Banque mondiale en 1998 à partir
des données de l’Enquête Budget-Consommation de 1989 actualisées. Selon cette étude, la pauvreté
a touché environ 35,3% de la population en 1998 contre 32,3% en 1989 (PNUD, 2004). Le
phénomène de pauvreté se fait surtout ressentir en milieu rural notamment dans la partie
septentrionale du pays, à savoir : les régions de la Kara et des Savanes où le pourcentage des pauvres
se situe respectivement à 57% et 69%. Dans une étude récente, il a été révélé que l’incidence de la
pauvreté a augmenté (Ministère de l’Economie, 2007). En effet, les résultats de l’enquête ménage de
2006 indiquent que la proportion de ménages pauvres est de 47,3 % dont 12,9% d’extrêmement
pauvres. La pauvreté est restée essentiellement rurale avec une incidence de 60,8% contre 24,2% en
milieu urbain. En outre, l’incidence de pauvreté est particulièrement forte et variable dans les cinq
régions. Les pauvres se concentrent particulièrement dans les régions des Savanes (81,2% de
ménages pauvres), région Centrale (65,1%), région de la Kara (62,7%), région Maritime (53,9%) et
région des Plateaux (43,2%). Selon les branches d’activité des chefs de ménage, l'incidence de
2
pauvreté est la plus forte dans les ménages dont le chef travaille principalement dans l'Agriculture,
l'Elevage ou la Pêche (79,1 %) soit 68,9 % des pauvres.
Le taux de vulnérabilité à la pauvreté, regroupant les pauvres durables, les pauvres transitoires et les
non pauvres vulnérables est de 76,7 % des ménages. Les ménages pauvres durables sont relativement
plus nombreux que ceux des pauvres transitoires, avec des incidences respectives de 29,9 % et 17,4
%, contre 29,5 % des ménages non pauvres mais vulnérables. Selon le milieu de résidence, le taux de
vulnérabilité des ménages est considérablement plus élevé en milieu rural (80,2 %) qu’en milieu
urbain (70,9%). Comme pour la pauvreté monétaire, c’est dans la région des Savanes que la
proportion de ménages vulnérables est la plus élevée, soit 92,3%. Dans les autres régions, l'incidence
de la vulnérabilité varie entre 58,0 % et 89,7 %. Dans la capitale Lomé et sa périphérie, le taux de
vulnérabilité à la pauvreté est de 67,4%.
Sur la base des éléments de diagnostic ci-dessus et de l’évolution récente de l’économie, il apparaît
clairement que la situation de la pauvreté est très préoccupante au Togo. C'est dans ce contexte que
le Gouvernement a décidé de repenser sa stratégie de développement en la focalisant sur une
approche globale de réduction de la pauvreté. Bien que cette approche tire son origine de
l'expérience passée en matière de développement, elle s'inscrit également dans un contexte
international marqué par une prise de conscience accrue relative à la progression inquiétante de la
pauvreté et à une coalition mondiale pour l'enrayer. C’est ainsi qu’en 2004, le Gouvernement a
adopté son Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté1 (DISRP) (Ministère de
l’économie, 2004). Les orientations stratégiques contenues dans le DISRP visent à arrêter l'expansion
du phénomène de pauvreté et à améliorer l'accès équitable des populations aux services sociaux de
base2. Les grandes orientations reposent sur les 4 axes suivants : (i) accélération de la croissance
économique dans une optique de réduction de la pauvreté ; (ii) développement des secteurs sociaux,
des ressources humaines et de l’emploi ; (iii) gestion durable des ressources naturelles et de
l’environnement ; (iv) promotion de la bonne gouvernance.
1.2 La problématique
En effet, les nombreuses politiques de développement économique et social mises en œuvre dans le
cadre de la lutte contre la pauvreté ont montré leurs limites étant donné la complexité du phénomène de
pauvreté à savoir qu’elle n’est seulement pas d’ordre monétaire mais aussi multidimensionnelle3. Les
causes de la pauvreté étant multiformes et diverses, il est reconnu aujourd’hui que pour lutter
efficacement contre la pauvreté, il y a lieu de prendre en compte plusieurs dimensions économiques et
sociales qui interagissent dans un ensemble global. D’où la nécessité de mieux décrire et analyser les
interrelations qui se développent à l’intérieur d’un ensemble global et qui peuvent accroître ou limiter les
effets sur la pauvreté de toute mesure de politiques économiques de l’Etat. En d’autres termes, avec les
nouvelles mesures de politiques économiques que l’Etat entend mettre en œuvre dans le cadre du
DSRP, quelles seront les incidences sur le revenu des ménages pauvres vulnérables ?
1
Le DSRP étant en cours d’élaboration suite à la réalisation de l’Enquête Ménages en 2006.
Les objectifs chiffrés seront précisés au moment de l’élaboration du DSRP final.
3
L’une des dernières mesures économiques a été l’implantation de la zone franche industrielle d’exportation. Si cette
mesure a permis la création d’emploi, en procédant à une analyse en équilibre général, il a été trouvé que son impact
sur la valeur ajoutée, l’emploi et sur le revenu des ménages est resté très insignifiant. Ce qui n’est pas de nature à
entraîner une réduction significative de la pauvreté.
2
3
Cependant, malgré que très peu de travaux ont permis d’apprécier le phénomène de pauvreté au Togo
en recourant aux approches monétaire (Banque mondiale, 1996 et PNUD, 2000) et non monétaire
(Lawson-Body et al, 2007), il n’existe pas de travaux destinés à apprécier, en utilisant une approche
d’équilibre général, les effets de politiques économiques sur la pauvreté des ménages ou sur la
redistribution des revenus des ménages. L’intérêt de la présente étude est de simuler différentes
politiques économiques de l’Etat togolais en vue de mesurer leurs effets potentiels sur la pauvreté en
général et sur la redistribution de revenus des ménages en particulier.
2. Objectifs de l’étude
L’objectif général de cette étude est de mesurer les effets potentiels des mesures de politique
économique sectorielle prises par l’Etat dans le cadre du DSRP sur la pauvreté des ménages au Togo.
Il s’agit spécifiquement de :
-
construire une MCS détaillée du Togo ;
d’identifier les secteurs d’activités porteurs de croissance économique et marqués par une
forte présence de ménages pauvres ;
d’identifier les mesures de politiques sectorielles visées par l’Etat dans le cadre du DSRP pour
réduire la pauvreté au Togo ;
évaluer les effets de ces politiques sur la pauvreté des ménages vulnérables ou non.
3. Revue de la littérature
Il est admis dans la littérature que parmi les outils d’analyse des effets des différentes politiques
économiques, le Modèle Calculable d’Équilibre Général (MCEG) est devenu célèbre en raison de sa
capacité à effectuer des simulations qui captent les interrelations des différents secteurs de
l’économie. C’est ainsi qu’il a été un outil utilisé dans de nombreux travaux pour analyser les effets de
différentes politiques économiques sur la distribution de revenu et la pauvreté.
Les premiers MEGC trouvent leur origine dans les travaux fondateurs de Johansen (1960),
Harberger (1962) et Scarf (1973). Ces modèles, appliqués pour l’essentiel aux pays développés, sont
issus de la théorie néo-classique de l’équilibre général et sont qualifiés en cela de MEGC walrasiens. Ils
admettent les hypothèses de plein emploi des facteurs de production et, par conséquent, s’intéressent
en priorité aux effets redistributifs de chocs exogènes sur l’allocation optimale des ressources et le
bien être des ménages. Le premier MEGC appliqué à un pays en développement (PED) fut celui
construit par Adelman et Robinson (1978) pour la Corée du Sud. Ce modèle se différencie des
MEGC appliqués aux pays développés. En effet, les hypothèses néo-classiques utilisées jusque là
s’accommodent mal des imperfections dans le fonctionnement des marchés et du sous emploi
observés dans les PED. Comme le souligne Sand-Zantman (1995), il s’agissait donc d’intégrer au
modèle des caractéristiques dites structurelles afin d’établir un lien entre variables nominales et réelles
dans des économies non néoclassiques. Ainsi, ce nouveau type de modèles sera qualifié de
structuraliste néo-classique dans le sens où il accepte le modèle néo-classique d’allocation des ressources
fondé sur l’individualisme méthodologique tout en admettant l’existence de rigidités.
Selon une revue de la littérature de Boccanfuso et al (2003), il existe de nombreux travaux qui ont
utilisé le MEGC pour analyser les questions relatives à la distribution de revenu et la pauvreté. Ces
travaux peuvent être regroupés compte tenu de l’approche suivie. Trois approches sont à ce jour
4
identifiées. Avec la première approche dite approche de ménage représentatif, on considère que les
ménages sont homogènes et il est possible d’examiner comment les différents types de ménages sont
affectés par un choc donné (Adelman et Robinson, 1979 ; Devis, de Melo et Robinson, 1982 ;
Gunning, 1983). Ce qui suppose que la variance intra-groupe de revenu des ménages est nulle. Cette
hypothèse est une des limites de cette approche puisqu’il y a l’évidence que les ménages à l’intérieur
d’une catégorie donnée peuvent être affectés très différemment étant donné leur dotation factorielle,
leurs caractéristiques démographiques et leurs modèles de consommation. D’où la seconde approche
qui consiste à construire ou supposer une fonction de distribution pour chaque groupe, dont la
moyenne et la variance sont estimées à partir d’une enquête de revenu et de dépenses des ménages
(Thorbecke, 1991 ; de Janvry, Sadoulet et Fargeix 1991 ; Bourguignon, de Melo et Suwa, 1991 ;
Morrisson, 1991 ; Decaluwé et al., 1999). Cependant, dans la mesure où la dispersion des revenus
intra groupe est supposée être fixée à la suite des chocs, il est impossible d’évaluer le changement des
inégalités intra groupe. Par conséquent, les mesures de pauvreté qui sont sensibles à la distribution de
bien-être parmi les pauvres seront biaisées, si la répartition des revenus parmi les pauvres se modifie
fortement. Afin de dépasser cette limite, on a recours aux microsimulations en remplaçant le ménage
représentatif par les ménages issus directement des enquêtes (Cockburn, 2001 ; Cogneau and
Robilliard, 2001 ; Bourguignon, Robillard et Robinson, 2002).
4. Synthèse sur les stratégies de réduction de la pauvreté au Togo
Sur la base des éléments de diagnostic ci-dessus et de l’évolution récente de l’économie, il apparaît
clairement que la situation de la pauvreté est très préoccupante au Togo et nécessite que des actions
urgentes et vigoureuses soient entreprises dans un cadre stratégique cohérent. La présente stratégie a
donc pour objet de prendre des mesures en vue d’arrêter la progression du phénomène. Elle sera
actualisée au fur et à mesure et en fonction du résultat des enquêtes qui vont être organisées en vue
de permettre une connaissance plus précise du phénomène de la pauvreté.
Les stratégies visent à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adoptés
par la Communauté internationale dont le Togo à l’occasion du Sommet du Millénaire en septembre
2000. A moyen terme, les orientations stratégiques visent à arrêter l'expansion du phénomène de
pauvreté et à améliorer l'accès équitable des populations aux services sociaux de base. Les grandes
orientations reposent sur les axes suivants : (i) accélération de la croissance économique dans une
optique de réduction de la pauvreté ; (ii) développement des secteurs sociaux, des ressources
humaines et de l’emploi ; (iii) gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement ; (iv)
promotion de la bonne gouvernance.
Axe Stratégique N° 1 : Accélération de la croissance dans une optique de réduction de la
pauvreté
S'il est démontré que la première condition pour la réduction de la pauvreté est la création de
richesses c'est-à-dire la croissance économique, il est également vrai que certains pays ont connu de
longues périodes de croissance sans parvenir à réduire la pauvreté. Dans cette optique, cet axe de la
stratégie consiste à maintenir un cadre macro-économique stable sur une longue période et à orienter
les interventions publiques dans des secteurs porteurs où les pauvres peuvent augmenter leurs actifs
et accroître leur production.
5
A. Assainissement et stabilisation du cadre macro-économique
La réalisation de ce volet passe essentiellement par une politique budgétaire et monétaire prudente.
S'agissant de la politique budgétaire, il vise à moyen terme, la réduction du déficit budgétaire par une
mobilisation plus accrue des ressources publiques et une bonne maîtrise des dépenses.
B. Amélioration de la productivité et de la compétitivité de l'économie
L'amélioration de la productivité de l'économie passe par l'amélioration du niveau global d'éducation,
de formation et de santé de la population active, le développement des infrastructures, l'amélioration
de l'efficacité des administrations pour réduire les coûts des facteurs de production et des coûts des
transactions liées à la fourniture adéquate des services par ces administrations.
C. Promotion des principaux secteurs porteurs de croissance
Le potentiel de croissance de l'économie togolaise réside dans le secteur agricole, les services,
l'industrie notamment les PME/PMI et l'artisanat, le tourisme, la culture, les mines et les
infrastructures.
C.1. Agriculture
L’objectif global de la stratégie agricole et rurale est d’améliorer les revenus et les conditions de vie
des communautés de base particulièrement des couches vulnérables de la population rurale
(notamment les femmes et les jeunes) par la création des conditions incitant leur autodéveloppement et leur responsabilisation dans la lutte contre la pauvreté. Cet objectif se décline en
objectifs spécifiques dont (i) l’amélioration de la productivité des cultures vivrières ; (ii) la
diversification des filières d’exportation et la consolidation des filières traditionnelles ; (iii)
l’amélioration des infrastructures et de l’équipement rural.
C.2 Industrie
Dans le domaine de l’industrie, l’objectif global du Gouvernement consiste à exploiter le potentiel
de développement industriel du pays, grâce à une stratégie d’encouragement de l’initiative privée afin
d’accélérer la croissance économique et lutter contre le chômage et la pauvreté. Le Gouvernement
continuera donc à se désengager du secteur productif afin d'étendre le champ d'activité du secteur
privé et de renforcer son rôle moteur en matière de développement industriel. Les efforts du
Gouvernement et des opérateurs du secteur privé devront porter sur la restructuration et la
diversification du tissu industriel en vue de la valorisation des matières premières locales et de la
promotion des industries d’exportation à travers surtout la promotion des petites et moyennes
industries. Ces efforts se feront dans un cadre de développement industriel durable en utilisant des
outils tels que l’étude d’impact environnemental et l’audit environnemental. Ces efforts tendront
également à renforcer le développement de la Zone Franche Industrielle.
C.3 Secteur minier
Dans le domaine minier, la politique du Gouvernement vise à créer les conditions optimales
d'exploitation minière au profit du Togo qui tiennent compte notamment de la prévention et de la
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gestion durable des ressources naturelles et des intérêts des investisseurs. Elle a également pour but
de favoriser des exploitations artisanales permettant de donner aux populations pauvres des revenus
conséquents.
C.4 Commerce, Services et Banques
Dans le domaine du commerce et des services, l’objectif principal poursuivi est de renforcer le
cadre libéral d’exercice des activités commerciales résultant de l’abolition, au cours de la dernière
décennie, des mesures interventionnistes dont le commerce d’Etat sous monopole, le contrôle des
prix et les mesures non tarifaires telles que la réglementation des importations et des exportations
avec des contingentements et les licences d’importation. Cette libéralisation doit se faire dans un
contexte de respect de l’environnement en utilisant des outils de prévention et de contrôle tels que
l’étude d’impact environnemental et les audits environnementaux. Plus spécifiquement, il s’agira de
diversifier les exportations en vue d’améliorer la balance commerciale.
Dans le domaine financier, l’action gouvernementale visera à promouvoir un secteur financier
robuste, bien capitalisé, respectant les réglementation prudentielle et capable de faire face
efficacement à l’ensemble de la demande en services financiers. A cet égard, le Gouvernement
poursuivra sa stratégie de désengagement pour laisser jouer pleinement le rôle des opérateurs privés
dans le domaine, l’Etat se consacrant à la création d’un cadre propice à l’épanouissement du secteur.
S’agissant de la microfinance, l’objectif de développement est de favoriser l’accès à des services de
microfinance viables et pérennes à une majorité des ménages pauvres ou à faibles revenus et des
micro-entrepreneurs sur l’ensemble du territoire d’ici à 2008, grâce à des Institutions de microfinance
viables et intégrées dans le marché financier national.
Dans le domaine de l’artisanat, l’objectif général poursuivi est d’organiser le secteur afin de le
rendre plus performant et à même d’offrir d’épanouissement à un plus grand nombre d’individus. Le
programme d’action du Gouvernement porte sur : i) la poursuite de la mise en place des chambres
régionales de métiers ; ii) le recensement des artisans ; iii) le renforcement des projets d’appui à
l’artisanat ; iv) la dynamisation de la formation et le perfectionnement des artisans ;v) l’élaboration
d’une politique nationale pour le secteur de l’artisanat ; vi) la mise en place d’un fonds de garantie
auprès des institutions bancaires pour l’octroi des crédits aux artisans ; vii) la promotion de la
commercialisation des produits artisanaux par la recherche des marchés extérieurs, l’organisation et la
participation aux foires et salons tant sur le plan national qu’international ; viii) la création d’un
village artisanal ; ix) la création et le renforcement des centres de formation et de perfectionnement
des artisans.
Dans le domaine des transports en général, les objectifs poursuivis par le Gouvernement sont
d’améliorer l’efficacité du sous-secteur, d’améliorer la compétitivité des produits togolais sur le
marché intérieur et extérieur par une réduction des coûts des transports et une meilleure qualité des
services offerts et de faciliter la mobilité des biens et des personnes. Quatre aspects seront
particulièrement privilégiés, notamment l'intensification du programme régulier de l'Etat, en vue
d'améliorer les infrastructures de transport des biens et des personnes.
C.5 Tourisme et loisirs
Dans le domaine du tourisme et des loisirs, l’objectif poursuivi par le Gouvernement est
d’accroître la contribution du secteur du tourisme et des loisirs au développement socio-économique
7
national. L’effort portera particulièrement sur l’élaboration d’un Plan Directeur pour le
Développement Touristique. La formulation et la mise en œuvre dudit plan se feront conformément
aux dispositions adoptées par le Gouvernement en matière de gestion durable de l’environnement.
C.6 Culture
L’objectif poursuivi par le gouvernement est de favoriser et d’accroître la contribution du secteur de
la culture et des arts au développement socio-économique national dans l’optique de la réduction de
la pauvreté.
C.7 Promotion des infrastructures de base visant à soutenir une croissance durable
Le secteur des infrastructures comprenant les domaines de l’habitat, de l’énergie, de l’hydraulique, de
l’assainissement et des postes et télécommunications, a été le domaine d’intervention privilégié de
l’Etat en raison de son caractère stratégique. La gestion de ces différents sous-secteurs, qui a été faite
à travers des monopoles parapublics, a été inefficace, offrant des services de faible qualité avec des
surcoûts financiers peu incitatifs pour l’investissement privé en aval. La stratégie vise donc à limiter le
rôle de l'Etat à la création des infrastructures de base et à la création d'un cadre incitatif pour
l'intervention privée dans le secteur. Dans le même ordre d'idées, l'Etat accordera la priorité aux
investissements privés, à travers le renforcement des capacités de ce secteur par : i) l’institution d’un
partenariat Etat-secteur privé en matière de financement de certaines infrastructures de base et des
infrastructures rentables : routes, pistes rurales, ports, chemins de fer, système de
télécommunications, aménagement de sites pour lotissements collectifs, structures touristiques ; ii)
l’institution d’un partenariat Etat –Secteur Privé-Société Civile pour la maintenance des
infrastructures de base (cantonage, entretien des équipements d’hydraulique rurale, exploitation des
systèmes d’adduction d’eau). iii) l’institution du partenariat Etat -Société Civile pour la construction
et l’exploitation de certaines infrastructures sociales de santé, d’éducation scolaire et de formation
professionnelle.
Axe Stratégique N°2 Développement des secteurs sociaux, des ressources humaines et de
l’emploi
Le développement des secteurs sociaux, des ressources humaines et de l’emploi passe par des actions
en faveur de la population, des actions dans les domaines de l’éducation et de la santé, de la
promotion de l’emploi et de la réduction des inégalités de genre. En ce qui concerne la population,
l’objectif général poursuivi par la Politique Nationale de Population est de contribuer à l’amélioration
des conditions et de la qualité de vie des populations togolaises dans l’optique du développement
durable. La réalisation de cet objectif passe par les principales orientations stratégiques
suivantes telles que la régulation de la croissance démographique, l’augmentation de l’espérance de
vie à la naissance.
Sur le plan sanitaire, un plan national de développement sanitaire (PNDS) a été élaboré et adopté par
le gouvernement avec la participation de toutes les parties prenantes. Les principaux objectifs
spécifiques suivants y sont définis, principalement entre autres : (i) assurer la santé pour tous de
manière permanente ; (ii) réduire la mortalité infantile et infanto-juvénile ; (iii) réduire la mortalité
maternelle ; (iv) faire reculer de façon significative les maladies de la pauvreté (réduire d’au moins
30% le taux de morbidité imputable au paludisme, en dessous de 5% la séroprévalence du
VIH/SIDA et inverser les tendances pour la tuberculose, les maladies diarrhéiques, la malnutrition, la
8
méningite cérébro-spinale, éliminer la poliomyélite, la Filariose lymphatique, éradiquer
dracunculose et contrôler l’onchocercose).
la
Compte tenu de l’objectif universel de l’Education pour tous, le gouvernement a défini six axes
prioritaires. Ces axes prioritaires sont, entre autres : (i) améliorer l’accès, l’équité et le maintien des
enfants dans les différentes formes d’éducation de base, notamment les filles, les enfants vulnérables et
défavorisés ainsi que l’acquisition réelle des compétences ; (ii) améliorer sous tous ses aspects, la qualité
de l’éducation notamment l’efficacité interne et les conditions d’accueil à tous les niveaux ; (iii)
améliorer la pertinence des contenus ( qui ne suscitent pas l’esprit de créativité à cause de leur lourdeur)
et les adapter constamment aux besoins du marché du travail ainsi que du programme national de
développement ; (iv) améliorer la gestion du système par le renforcement de la capacité de gestion et de
contrôle des pouvoirs publics ; (v) promouvoir l’éducation à la paix et à la citoyenneté à tous les
niveaux du cursus d’enseignement ; (vi) promouvoir l’éducation sanitaire en accordant une forte
priorité à la lutte contre les IST/SIDA, le paludisme et les autres maladies contagieuses.
Pour la promotion de l’emploi et des activités génératrices de revenus, la stratégie est essentiellement
axée sur : i) le renforcement des capacités des institutions de promotion de l'emploi ; ii) la
restructuration de la Direction Nationale pour l'Emploi ;iii) le renforcement des systèmes
d'informations sur le marché de l'emploi ; iv) le renforcement des formations qualifiantes ; v)
l'amélioration du cadre juridique ; vi) la promotion des droits au travail ; vii) la constitution d'un
fonds de garantie pour le financement de l'agriculture ; viii) le renforcement des systèmes financiers
adaptés aux spécificités des besoins du secteur informel ; ix) le développement de l'auto-emploi ; x) le
renforcement du dialogue social.
Pour atteindre l’objectif de réduction des disparités liées au genre, l’action gouvernementale s’articule
autour des principales orientations stratégiques suivantes : (i) la promotion des droits et de l’égalité
des chances pour tous les individus en général et en particulier pour la femme et la jeune fille ; (ii)
l’intégration de l’approche genre dans tous les secteurs de développement et plus précisément dans
les programmes et projets de développement ;
Axe Stratégique N° 3 Gestion durable de l’environnement et ressources naturelles
Une stratégie de réduction de la pauvreté doit se préoccuper de la prise en compte de
l’environnement et des ressources naturelles. L’objectif global de la politique environnementale est de
promouvoir une gestion globale et rationnelle de l’environnement pour améliorer le cadre et les
conditions de vie des populations dans la perspective d’un développement économique et social
durable. Les axes stratégiques de la politique environnementale visent :
- le renforcement des capacités nationales de gestion de l’environnement;
- la réduction des pressions sur les ressources naturelles ;
- la promotion de la gestion intégrée et durable de la zone côtière ;
- le renforcement de la coopération sous-régionale et internationale en matière de gestion de
l’environnement.
Axe Stratégique N° 4 Promotion de la bonne gouvernance
La stratégie du Gouvernement en matière de promotion de la bonne gouvernance est fondée sur le
principe selon lequel, la participation des populations à la définition des priorités politiques, sociales
9
et économiques est un préalable au succès de toute stratégie de développement. C'est pour cela qu'il
s'est engagé dans la voie de la promotion de la gouvernance démocratique, de la transparence et de la
responsabilisation en vue d'un large consensus au niveau de la société togolaise, pour que les voix des
plus démunis se fassent entendre notamment dans le cadre des prises de décisions relatives à
l'allocation des ressources nécessaires au développement.
5. Méthodologie
Il est admis dans la littérature que parmi les outils d’analyse des effets des différentes politiques
économiques, le Modèle Calculable d’Équilibre Général (MCEG) est un bon outil pour effectuer une
simulation quantitative de ces effets. C’est ainsi qu’il a donc été un outil utilisé dans de nombreux
travaux pour analyser les effets de différentes politiques économiques sur la distribution de revenu et
la pauvreté. Pour une meilleure présentation de cette méthodologie, nous allons dans une première
section relever les raisons pertinentes qui justifient l’utilisation de ce modèle avant de décrire le
modèle lui-même dans une deuxième section.
5.1 Justificatifs du choix du MEGC
Le MEGC apparaît comme un outil pertinent lorsque : (i) il existe une interaction entre les secteurs
d’activités ; (ii) des effets rétroactifs sont observés ; (iii) les chocs sont transmis à travers le
fonctionnement des marchés et des prix ; (iv) un rôle important des transferts particulièrement ceux
des ménages est observé ; (v) une distribution de revenu a lieu. Dans le cas de la présente étude, en
s’inspirant du modèle EXTER, un cadre analytique est décrit à travers la représentation schématique
du modèle (l’annexe 2c) pour mettre en exergue les liens d’interdépendance entre les activités des
branches et l’économie nationale. En effet, une interprétation du schéma permet de faire ressortir :
9 l’existence de relations entre les différentes branches de production de l’économie nationale à
travers des achats et ventes des biens de consommations intermédiaires;
9 l’intervention sur le marché du travail des différents acteurs économiques tels que les
entreprises et l’Etat par une demande de main d’œuvre devant intervenir dans leur processus
de production ; en conséquence les variations qui pourront intervenir dans ces demandes de
main d’œuvre affecteront, toutes choses égales par ailleurs, le taux de salaire d’équilibre sur ce
marché ;
9 les entreprises dans les différentes branches de production distribuent des revenus aux
ménages sous forme de salaire en contrepartie de la force de travail offerte par ces derniers. Il
n’y a pas de doute que les ménages utilisent une partie de ce revenu pour leur consommation
de biens et services domestiques et importés. Par ailleurs, les firmes utilisent une partie de
leur revenu pour payer des dividendes aux ménages capitalistes tant nationaux qu’étrangers;
9 les importations et les exportations des entreprises de production affectent le solde de la
balance des paiements.
10
5.2 Méthodologie de construction du MEGC
La méthodologie retenue dans le cadre de la présente étude repose sur la modélisation en équilibre
général calculable. Cette modélisation nécessite la construction d’une matrice de comptabilité sociale
(MCS) spécifique qui répond à l’intérêt de notre sujet. C’est pourquoi dans un premier temps, nous
présentons la méthodologie de construction de notre MCS et dans un second temps, nous
développons les caractéristiques du modèle.
5.2.1 Méthodologie de construction de la MCS
La matrice de comptabilité sociale est constituée à partir d'un ensemble d'informations provenant
d'une part de la comptabilité nationale (plus précisément du Tableau Entrée sortie) et d'autre part
d'enquêtes sur les revenus et dépenses des ménages. Elle retrace l'ensemble des flux réalisés dans un
système économique au cours d'une période. A chaque catégorie de bien ou service, de facteur de
production, d'agent économique ou secteur institutionnel, correspondent une entrée en ligne et une
entrée en colonne. Les lignes répertorient l'origine des ressources de chaque agent, et les colonnes
quant à elles répertorient l'utilisation ou l'emploi des ressources. La MCS est une matrice carrée dont
les comptes diffèrent selon ce que le modélisateur veut mettre en évidence. Comment construire
notre MCS4 ?
5.2.1.1 Catégories de ménages
Trois catégories de ménages sont visées, à savoir : les ménages pauvres vulnérables, les ménages
pauvres non vulnérables, les ménages non pauvres vulnérables et les ménages non pauvres. Les clés
de répartition entre les différents groupes de ménages des transferts reçus par les ménages, des
impôts et des dividendes des autres institutions, des impôts, des dividendes et des transferts reçus du
reste du monde seront tirées de l’Enquête sur le bien-être (QUIBB) de 2006. Le revenu du facteur
travail sera approximé par les rémunérations salariales tandis que le revenu du facteur capital sera
approximé par le revenu de la propriété. Nous rappelons que pour ajuster le revenu mixte des
ménages, nous allons recourir également aux données de l’Enquête sur le bien-être (QUIBB) de
2006. Quant aux dépenses courantes des ménages, elles sont composées de leurs consommations
privées, impôts directs et transferts versés. La consommation des différents groupes de ménages sera
calculée à partir des résultats de l’Enquête sur le bien-être (QUIBB) de 2006 en recourant à la
répartition des dépenses des différents groupes selon le type de produit.
5.2.1.2 Flux de production et de revenus
5.2.1.2.1 Activités de production
Dans le TRE de 2000, la production est divisée en 40 branches d’activités. Pour la construction de
notre MCS, le secteur tertiaire est agrégé. Le secteur primaire est décomposé en cinq sous-secteurs.
Le secteur secondaire comporte 18 sous-branches. Le secteur des services regroupe les services
marchands (14 sous-branches) et les services non marchands.
4
Voir annexe 2c pour sa structure générale
11
La matrice des activités de production sera évaluée au coût des facteurs tandis que celle des comptes
de produits qui constituent les productions est exprimée au prix du marché une fois qu’on ajoute aux
premières composantes les impôts nets de subventions. Toutes ces données sont à tirer du TRE.
5.2.1.2.2 Paiement des facteurs
Les paiements des facteurs sont constitués des salaires et de l’excédent brut d’exploitation. Dans le
TRE (2000) ces données sont disponibles pour chaque branche. Il y aura recours aux données de
l’Enquête sur le bien-être des ménages de 2006 pour déterminer les revenus du facteur capital affecté
à chaque groupe de ménages. Les revenus de la propriété seront utilisés comme proxy pour évaluer la
part de la rémunération du capital destinée à chaque groupe de ménage.
5.2.1.2.3 Transferts
Les ménages reçoivent des transferts sous diverses formes, notamment les prestations sociales
versées par les entreprises, l’Etat, les transferts inter-ménages et les transferts reçus des nonrésidents. Les données agrégées (par institutions) sur les prestations sociales versées sont disponibles
dans le tableau des comptes économiques intégrés (TCEI) de 2000. Il en est de même des transferts
courants reçus et versés par les institutions dont le reste du monde. Les ratios tirés de l’Enquête sur
le bien-être (QUIBB) de 2006 vont permettre de ventiler ces agrégats par groupe de ménages.
5.2.1.2.4 Compte de l’Etat
Les recettes de l’Etat sont constituées des impôts directs et indirects ainsi que des transferts reçus du
reste du monde. S’agissant des dépenses de l’Etat, on y inclut la consommation finale et les transferts
versés aux autres institutions. Les impôts indirects (taxes sur les produits et les échanges extérieurs)
sont disponibles par branche d’activités dans le TRE. Les impôts sur les revenus et le patrimoine
sont contenus dans le TCEI.
5.2.1.2.5 Compte de capital
Les comptes de capital des différents secteurs comportent la formation brute de capital fixe net de la
variation des stocks. Les données sur ce compte sont à tirer du TRE.
5.2.1.2.6 Compte Reste du monde
Ce compte inclut dans la MCS prend en compte la nature ouverte de l’économie togolaise étant
donné l’existence des échanges entre le Togo et le reste du monde. A cet effet, les produits des
branches des secteurs de production peuvent être l’objet d’exportation. De même, le marché
domestique regorge de produits importés. Il existe une répartition des importations et des
exportations selon les branches d’activités dans le TRE.
5.2.1.2.7 Compte accumulation
Il est un compte résiduel pour assurer l’équilibre des comptes pour tous les produits concernés. A cet
effet, la cohérence interne du système est assurée si la somme des investissements est égale à la
somme des épargnes des institutions.
12
5.2.2 Le modèle d’équilibre général calculable
Une fois construite la MCS, cette dernière va constituer une situation de référence pour notre
simulation basée sur le modèle d’équilibre général calculable (MEGC). Ce MEGC sera utilisé pour
simuler les effets des différentes politiques sectorielles sur la distribution de revenus des ménages
pauvres vulnérables et non vulnérables. Il est un modèle statique, de petite économie réelle ouverte et
avec gouvernement. Sa structure générale s’inspire du modèle standard EXTER de Decaluwé,
Martens et Savard (2001). Il s’est agi d’un redécoupage des comptes relatifs particulièrement aux
ménages travailleurs en distinguant les ménages salariés qualifiés des ménages salariés non qualifiés.
Ainsi, de 19 comptes que comporte le modèle standard, nous passons à 122 comptes décomposés
comme suit :
ƒ
ƒ
ƒ
ƒ
ƒ
ƒ
4 comptes de facteurs de production (travail formel, travail informel, capital privé et capital
public) ;
7 comptes d’agents (ménages pauvres vulnérables, ménages pauvres non vulnérables,
ménages non pauvres vulnérables, ménages non pauvres non vulnérables, firmes,
Gouvernement et Reste du monde) ;
37 comptes de branches d’activité de production;
37 comptes de produits composés ;
36 comptes de produits exportés ;
1 compte accumulation.
L’exposition du modèle est faite ici en 6 blocs : la production ; les revenus et les épargnes ; la
demande ; les prix ; le commerce extérieur et les conditions d’équilibre. Les équations relatives à
chaque bloc sont au nombre de 2264 et sont présentées en annexe 3. A l’instar du modèle standard
EXTER, le nombre de variables endogènes équivaut à 2264 tandis que celui des variables exogènes
est de 115.
5.2.2.1 La modélisation de la structure générale de l’économie togolaise
La production de service public est réalisée en combinant la main-d’oeuvre LDntr et les
consommations intermédiaires CI. La production marchande combine quatre facteurs de production
(le travail formel et le travail informel, le capital K et les consommations intermédiaires CI) pour
réaliser un output XS destiné aux ventes domestiques D et aux exportations EX. L’offre totale de
produit composite Q est une combinaison des biens domestiques D et des importations M. Elle est
utilisée pour les besoins de consommations intermédiaires (DIT) des firmes, la consommation finale
privée des ménages C, les dépenses publiques G et l’investissement INV. L’épargne des ménages
(SH), des firmes (SF), du gouvernement (SG) et du reste du monde (SR) constituent l’épargne totale
(ST). L’égalité entre l’investissement (INV) et l’épargne totale (ST) assure l’équilibre
macroéconomique ex post.
13
5.2.2.2 La production et les facteurs
Le bloc de la production est caractérisé par les équations 1 à 7. Nous adoptons la procédure standard
dans les MEGC consistant à retenir deux hypothèses pour caractériser le processus de production. Il
s’agit de : 1) l’hypothèse de substituabilité à la CES entre les facteurs de production dans la
détermination de la valeur ajoutée et 2) l’hypothèse de parfaite complémentarité à la Leontief entre
les intrants intermédiaires et la valeur ajoutée. Cette juxtaposition de spécifications différentes dans le
processus de production implique une fonction de production emboîtée à différents niveaux. La
résolution des programmes d’optimisation des producteurs permet de déterminer les niveaux de la
valeur ajoutée totale et les différents facteurs utilisés. Les facteurs travail qualifié et travail non
qualifié sont supposés mobile entre les secteurs d’activité. Le facteur capital, par contre, est supposé
immobile dans chaque secteur. Pour les secteurs d’activité, la production est modélisée en deux
étapes. Dans un premier temps, elle est représentée par une fonction Leontief des consommations
intermédiaires et de la valeur ajoutée (eq 1). Ensuite, la valeur ajoutée est une fonction à élasticité
constante de substitution (CES) entre les facteurs travail qualifié, travail non qualifié et le capital (eq
2).
5.2.2.3 Les taxes, revenus et épargne
Ils sont caractérisés par les équations 8 à 19. Les impôts sont constitués d’une part des taxes
indirectes sur les importations et les ventes intérieures de biens marchands, d’autre part, des taxes
directes sur les revenus des ménages et ceux des firmes. Les revenus des ménages sont constitués
d’une part des rémunérations des facteurs travail qualifié et non qualifié et celle du facteur capital
provenant des secteurs d’activité et, d’autre part, des transferts reçus du gouvernement, du reste du
monde et des firmes sous forme de dividendes. Les ménages payent des impôts directs et indirects,
épargnent une proportion fixe de leur revenu. Ils choisissent la composition de leur panier de
consommation en maximisant une fonction d’utilité de type Cobb-Douglas. Quant aux revenus des
entreprises, ils sont composés uniquement de la rémunération du capital provenant de leurs activités.
Leur épargne est la différence entre leur revenu brut d’une part, les impôts payés et la somme des
dividendes versés aux ménages et à l’extérieur, d’autre part. Les dépenses du gouvernement sont fixes
en termes réels tandis que leurs revenus varient en fonction de l’activité économique, des échanges et
des variations de taux de taxe. Les revenus du gouvernement proviennent des taxes indirectes sur les
ventes de produits des branches, des droits de douane, des prélèvements directs sur les revenus des
ménages et des entreprises. L’épargne de l’État est la différence entre ses revenus ses dépenses et les
transferts versés aux ménages. Le taux de change nominal est supposé fixe. Le recours à l’épargne
privée permet de financer le déficit.
5.2.2.4 La demande
Les biens produits par le secteur non marchand ne sont pas échangeables, par conséquent, l’offre
totale pour chaque secteur est égale à sa production brute. Par contre, les biens produits dans le
secteur marchand sont concurrencés par les biens importés. L’offre de biens composites de chacun
de ces secteurs consiste en une combinaison CES des importations et des biens produits à l’intérieur.
La demande agrégée de chacun des secteurs échangeables est composée des dépenses de
consommation finale des ménages, des dépenses de consommation intermédiaires et des dépenses
d’investissement (équations 20 à 22).
14
5.2.2.5 Les prix
Ils sont illustrés à travers les équations 23 à 30. L’hypothèse de petit pays qui est retenu implique que
les prix mondiaux des biens importés et exportés sont exogènes ; le prix du bien est égal au prix du
marché domestique. Ce prix est égal au prix local augmenté de la taxe indirecte. Le prix à la
consommation est déterminé de manière à assurer l’équilibre entre l’offre et la demande. Pour les
secteurs qui entrent en relation avec l’extérieur, ce prix est celui du bien composite des importations
et de la production locale. Il est déterminé en fonction des prix locaux, taxes comprises et des prix
des produits importés augmentés des droits de douane et de la taxe indirecte. Le prix au producteur
du bien échangeable est égal au rapport entre, d’une part, la somme de l’offre domestique et des
exportations et d’autre part le volume de la production. Pour les biens non échangeables, le prix au
producteur est égal au rapport entre l’offre domestique et la production. Le prix de l’investissement
est une moyenne géométrique de l’indice des prix des biens composites ; le coefficient de
pondération étant la part de chaque bien dans l’investissement total. L’indice des prix est une
moyenne pondérée des prix à la valeur ajoutée des produits.
5.2.2.6 Le commerce international
Le commerce extérieur est modélisé par les équations 31 à 37 et repose sur deux hypothèses :
l’hypothèse dite de « petit pays » et celle d’Armington (1969). La première implique que le pays est «
preneur de prix » internationaux c'est-à-dire que le poids de son économie n’est pas suffisamment
important pour que ses agents économiques puissent influencer les prix mondiaux. De ce fait, les
prix à l’importation et à l’exportation sont déterminés sur le marché mondial et constituent des
données de nature exogène sur lesquelles les agents économiques du pays n’ont absolument aucun
contrôle. Les prix internationaux des produits sont ainsi libellés en monnaie nationale à l’aide du taux
de change nominal qui joue le rôle de coefficient de conversion. L’hypothèse d’Armington implique
que les importations sont des substituts imparfaits de la production locale. Le produit demandé sur le
marché intérieur est ainsi un bien composite qui se décompose en biens domestiques et importés.
Les demandes d’importation et de biens domestiques sont dérivées d’une fonction à élasticité de
substitution constante et finie (CES). A l’équilibre, la relation d’arbitrage entre les demandes
d’importions et de produits locaux dépend de leurs prix relatifs. De manière symétrique, les
exportations sont des substituts des produits domestiques. Les producteurs nationaux allouent leur
production entre le marché domestique et les exportations. Cette différenciation est captée au niveau
de l’offre par une fonction à élasticité de transformation constante (CET).
La balance courante qui correspond à l’épargne extérieure (en devises), est égale aux importations en
devises et transferts vers le reste du monde (sous forme de rémunérations de capital et de
dividendes) provenant des entreprises, de transferts versés par le gouvernement net du total de ses
exportations et des transferts du reste du monde dont il bénéficie (transferts reçus par le
gouvernement et les ménages).
5.2.2.7 Equilibre
Les conditions d’équilibre qui caractérisent le modèle sont traduites par les équations 36 à 39.
Premièrement, sur les marchés des biens et services, les prix s’ajustent pour assurer l’équilibre entre
l’offre et la demande. L’offre totale du produit composite est égale à la somme des demandes
15
intermédiaires, de la consommation finale des ménages et de l’investissement. Deuxièmement, les
dépenses publiques sont affectées uniquement à la production des services publics non marchands.
La troisième condition d’équilibre est celle du marché du travail. On suppose un plein emploi des
facteurs travail qualifié et travail non qualifié, ce qui implique qu’il n’y a pas de chômage. La dernière
condition est celle de l’équilibre macroéconomique entre l’investissement total qui est égal à la
somme des épargnes des agents économiques résidents et du reste du monde.
5.2.2.8 Le calibrage et la fermeture du modèle
Pour le calibrage du modèle, il est nécessaire de choisir des paramètres. Il s’agit, entre autres, des
élasticités de transformation, des élasticités de substitution et des paramètres du bloc commerce
extérieur. Pour des élasticités qui ne sont pas estimées pour le Togo, l’étude pourra recourir à
différentes sources telles que la base de données de GTAP relatives aux pays d’Afrique au Sud du
Sahara, les travaux relatifs au MEGC cités dans la revue de la littérature sur les pays de l’UEMOA,
entre autres : Dorosch (1996), Decaluwé, Dissou et Patry (2001), Dissou (2002) et Decaluwé, Dissou
et Robichaud (2004). Ainsi, dans le cas de la présente étude, les élasticités de substitution (fonctions
CES) et de transformation (fonctions CET) des différentes branches d’activité de production de
biens et services seront tirées de Decaluwé, Dissou et Robichaud (2004, p.331). Cette préférence est
due au fait que ces élasticités ont été déjà utilisées pour une modélisation en équilibre général
calculable basée sur les pays de l’UEMOA dont le Togo. Enfin, les prix mondiaux des importations
et des exportations de même que le taux de change sont fixés à 1 à l’année 2000 ici l’année de
référence. C’est également le cas du taux de salaire et du prix du capital. Excepté ces paramètres, tous
les autres, notamment les paramètres d’échelle des fonctions CES et CET, le paramètre de
transformation de la fonction CET, les paramètres de substitution (fonctions CES) ainsi que les
paramètres de part des fonctions CES et CET seront calibrés à partir des données de la MCS.
Une fois que le modèle standard EXTER, construit et exécuté, permet de retrouver les valeurs de
départ (Benchmark data) issues de la MCS, on peut donc utiliser le modèle construit pour effectuer
une simulation des effets d’un choc dans le secteur agricole sur la distribution de revenu des
ménages.
5.3 Données
5.3.1 : Présentation des données
Les données nécessaires pour la modélisation sont issues de la MCS à construire pour mieux
répondre aux objectifs de l’étude. En effet, la Direction Générale de la Statistique et de la
Comptabilité Nationale a finalisé en 2005 les comptes nationaux d’une nouvelle année de base
(2000), conformes à la version de 1993 du Système de Comptabilité Nationale des Nations Unies
(SCN 93). Un Tableau des Ressources et Emplois (TRE) comportant une partie TEI (Tableau des
Echanges intermédiaires) détaillée. Un Tableau des Comptes Economiques Intégrés (TCEI) et une
masse d’informations importante sont disponibles et serviront de matières premières à la
construction de la MCS désagrégée. En effet, le TRE comporte des données sur un total de 41
comptes d’agents de production de biens de services, notamment :
16
(i)
(ii)
(iii)
5 comptes relatifs au secteur primaire : agriculture vivrière, agriculture de rente, élevage,
forêt et pêche ;
24 comptes du secteur secondaire : 1 compte pour l’industrie extractive, 1 compte pour
l’industrie pétrolière et 22 comptes pour l’industrie manufacturière ;
12 comptes du secteur tertiaire : transport, construction, réparation, éducation, santé…
Les données sur chaque compte d’agent sont relatives à la production, à la valeur ajoutée brute, aux
rémunérations salariales (avec distinction entre salariés déclarés et salariés non déclarés qui sont
majoritairement des salariés sans qualification), aux échanges interbranches, à l’accumulation, aux
échanges extérieurs, aux impôts et taxes et à l’excédent brut d’exploitation.
6. Présentation et analyse des résultats
6.1 Description de la structure de l’économie togolaise à partir de la MCS
A partir des données de la MCS du Togo, un certain nombre d’indicateurs macroéconomiques
sont analysés pour comprendre la structure de l’économie togolaise. Les principaux indicateurs
retenus sont : le taux de valeur ajoutée, l’intensité factorielle, la ventilation de la production, les
échanges inter-branches, la part des impôts et taxes indirects dans l’écart entre les flux aux coûts
des facteurs et les flux aux prix du marché et la part des importations dans l’offre totale des biens
et services.
6.1.1 Activités de production et Intensité factorielle par branche
6.1.1.1 Répartition de la production et de la valeur ajoutée
Une répartition de la valeur ajoutée totale selon la valeur ajoutée par branche montre que la
branche Agriculture vivrière contribue à plus de 20% à la valeur ajoutée totale (tableau A1). Les
autres branches les plus représentatives sont par ordre d’importance le Commerce, le Service non
marchand, les Transports et Communications et l’Agriculture de rente. En termes de taux de
valeur ajoutée, les données de la MCS indiquent que ce taux est de l’ordre de 56% pour
l’ensemble de l’économie. Toutefois, selon les branches, on note des disparités significatives
étant donné que certaines branches se sont révélées à fort ou à faible taux de valeur ajoutée. Les
cinq premières branches à forte valeur ajoutée (avec un taux de valeur ajoutée compris entre 81%
et 93,4%) dans l’économie togolaise sont, l’Education, la Pêche, l’Agriculture vivrière, les
Activités immobilières et la Sylviculture & exploitation forestière. Par contre, les branches à très
faible valeur ajoutée sont : «Fabrication de produits à base de tabac», «Travail de grains &
produit amylacé», «Fabrication d’équipement, Métallurgie» et «Abattage & transformation.
Une analyse de la part de la valeur ajoutée brute affectée par les branches d’activités aux
rémunérations des facteurs travail formel et travail informel indique que pour l’ensemble des
branches 48% de la valeur ajoutée est utilisée pour le paiement du travail informel contre 14%
pour le travail informel (tableau A2 annexe 1). En considérant un taux de salaire implicite pour
prendre en compte le travail autonome des travailleurs informels, il ressort de la MCS que
l’Agriculture vivrière affecte plus de 67% de sa valeur ajoutée au titre de rémunération salariale
du travail informel contre 0.02% du travail formel. Ceci est d’autant vrai que l’agriculture
17
togolaise est une agriculture traditionnelle constituée d’exploitations familiales de petite taille.
Par contre, excepté la branche «Fabrication d’équipement», les branches orientées vers le secteur
des services (Education, Réparation, Services aux entreprises transports et communications)
présentent une intensité factorielle en travail informel très élevée. L’administration publique est
la principale branche utilisatrice du travail formel avec en son sein près de 46% du total du travail
formel. Cette administration publique qui n’a recours qu’au travail formel affecte près de trois
quart de sa valeur ajoutée au paiement des rémunérations salariales. Le travail formel est
également fortement utilisé dans deux autres branches, à savoir : les Activités financières et les
Postes et Télécommunications.
6.1.1.2 Structure de la demande de biens intermédiaires
A partir des données sur les échanges intermédiaires, il est ressorti que la branche Commerce
fournit près du quart des biens intermédiaires utilisés dans l’ensemble de l’économie (tableau A1
annexe 1). De même, les produits de la branche Agriculture vivrière constituent une part
relativement non négligeable dans la demande totale de biens intermédiaires avec 11% de part.
Suivent après les branches Transport et Communications, Electricité Eau et Gaz, et Produits
Chimique avec des parts respectives de 8.3%, 7.5%, 6.3%.
S’agissant de la structure de la ventilation des produits des branches, il ressort que, toutes
branches confondues, la production écoulée vers les ménages sous forme de produits de
consommation finale représente 41,5% de la production (tableau A1 annexe 1). Celles vendues
aux branches comme biens intermédiaires représentent 51%. L’accumulation ne représente dans
ce cas qu’environ 8% de la production. Pour le cas particulier de la branche «Agriculture
vivrière», la vente d’une partie de ses produits à titre de produits de consommation finale des
ménages représente 64% de sa production.
Une analyse de l’offre domestique des produits sur le marché montre que certains biens
disponibles sur le marché sont entièrement ou presque issus des importations (tableau A1 annexe
1). C’est le cas des branches telles que « Produits chimiques», « Machines et matériels divers ».
Par contre, les produits du secteur primaire sont des tirés presque entièrement des productions
locales en grande partie. De même, un grand nombre de produits manufacturiers disponibles sur
le marché local sont des biens domestiques à concurrence de plus de 50%.
La part des taxes et impôts dans le prix du marché varie d’une branche à une autre. Les produits
issus du secteur primaire sont nullement taxés tandis que ceux issus des secteurs secondaire et
tertiaire supportent des taxes relativement élevées. Les taux de taxation varient entre 13 et 73%.
Dans ces taxes, la TVA est la plus importante.
6.1.2 Le commerce extérieur
La branche des produits chimiques est la principale branche d’importation du Togo avec plus de
la moitié des importations totales. Ce poids est expliqué par la prépondérance des importations de
produits pétroliers. Il y a lieu de relever que pour les biens issus du secteur primaire, la faiblesse
des importations enregistrées est expliquée par la prépondérance des échanges frontaliers
informels portant sur ces biens. Quant aux exportations totales des biens et services, elles sont
18
dominées par les produits pétroliers (14,9%), les textiles (12,9%) et les phosphates (12,3%).
Parmi les produits agricoles, les produits de rente représentent 4,3% des exportations totales.
6.1.3 Sources du revenu des ménages
Il ressort du tableau 1 ci-dessous, que les rémunérations du travail informel (indépendants et salariés
non déclarés) constituent la principale source de revenu des ménages toutes catégories confondues.
Ce qui peut être expliqué par le fait que c’est dans les secteurs primaires et tertiaires considérés
comme les secteurs principaux de l’économie togolaise qu’il existe un nombre élevé d’indépendants
notamment les indépendants agricoles et les commerçants de grande ou de petite taille. Les
rémunérations du travail formel contribuent à près de 20 % au revenu des ménages non pauvres et
non vulnérables contre 12,27 % pour les ménages non pauvres et vulnérables. Les ménages pauvres
et vulnérables en tirent 8,70 % de leur revenu contre 11,33 % pour les ménages pauvres non
vulnérables. En outre, il apparaît à travers les résultats que la part de la rémunération du capital privé
dans le revenu total des ménages décroît avec la situation de pauvreté et de vulnérabilité. En effet, les
ménages pauvres et vulnérables perçoivent près de 22 % de leur revenu à titre de rémunération du
capital privé contre 19,37 % pour les ménages pauvres et non vulnérables. Quant aux ménages non
pauvres la part de la rémunération du capital privé est de 17,76 % et 10,61 % respectivement pour les
vulnérables et les non vulnérables.
Tableau 1 : Structure des sources de revenus des ménages (%)
Ménages
Ménages
Ménages non
Ménages non
pauvres et pauvres et non
pauvres et
pauvres et non
Sources
vulnérables
vulnérables
vulnérables
vulnérables
Travail formel
8,70
11,33
12,27
19,47
Travail informel
48,28
48,50
49,91
53,19
Rémunération du capital privé
21,66
19,37
17,76
10,61
Revenu de la propriété
6,08
5,92
5,71
4,77
Prestations sociales
1,12
1,09
1,05
0,88
Autres transferts
9,44
9,19
8,87
7,40
Transfert en nature
4,72
4,59
4,43
3,70
Source : Calculs à partir des données de la MCS du Togo, 2007
6.1.4 Utilisation du revenu
En considérant les résultats contenus dans le tableau suivant, il ressort que dans l’ensemble, les
ménages consacrent une part très élevée de leur revenu à la consommation de biens et services. La
proportion est particulièrement très importante pour les ménages pauvres vulnérables ou non
vulnérables. En ce qui concerne les dépenses de transferts et de paiement d’impôts directs, les
ménages non pauvres utilisent environ 6% de leur revenu à ces deux types de dépense. Ce qui
représente le double de la part utilisée par les pauvres vulnérables. En conséquence, les taux
d’épargne sont différents selon le type de ménages. Ainsi, les ménages non pauvres et non
vulnérables sont de loin les grands épargnants parmi les ménages avec un taux d’épargne d’environ
16%. Ce taux demeure relativement faible pour les ménages non pauvres et vulnérables puisqu’il est
de 1,70 %. Quant aux ménages pauvres, et plus particulièrement les ménages pauvres non
vulnérables, ils ont eu recours à la désépargne pour financer leur consommation.
19
Tableau 2: Structure de l’utilisation des revenus des ménages (%)
Ménages
Ménages
Ménages non
pauvres et
pauvres et non
pauvres et
vulnérables
vulnérables
vulnérables
Consommation finale
104,24
122,75
92,49
Transferts et Impôts
2,75
3,52
5,81
Epargne
-6,99
-26,27
1,70
Source : Calculs à partir des données de la MCS du Togo, 2007
Ménages non
pauvres et non
vulnérables
78,17
5,86
15,98
6.1.5 Les finances publiques
Les finances publiques illustrent l’ensemble des recettes publiques générées et des dépenses
effectuées par l’Etat. Le tableau 3 ci-après montre que les finances publiques sont constituées en
grande partie des taxes indirectes.
Tableau 3 : Structure des recettes publiques
Part
Capital public
22,955
Contributions sociales
5,892
Autres transferts
17,583
Taxes directes
13,857
Taxes sur les produits
2,456
Autres taxes
24,926
Taxes sur les importations
12,172
Taxes sur les exportations
0,158
Source : Calculs à partir des données de la MCS du Togo, 2007
6.2 Analyse des résultats de la simulation5 d’une hausse de 15% du capital spécifique aux
branches du secteur primaire
L’augmentation de 15% de la dotation en capital des branches du secteur primaire a eu pour
conséquence comme attendu la diminution du rendement du capital dans les branches bénéficiaires.
Les taux de diminution ont été de 29,69% pour l’agriculture vivrière, 62,46% pour l’agriculture de
rente, 38,83% pour l’Elevage et Chasse, 43,67% pour la Sylviculture et Forêt et 51,51% pour la
Pêche (tableau A4 annexe 2). Il s’ensuit une substitution du capital à la main d’œuvre justifiant ainsi
la baisse de la demande de main d’œuvre qui est constatée dans ces branches. La main d’œuvre
libérée devient disponible pour les autres secteurs d’activité notamment l’industrie et les services. Il
ressort de résultats que ce sont les services qui ont récupéré la main d’œuvre informelle issue du
secteur primaire puisque certaines branches des services connaissent une hausse du volume de main
d’œuvre variant entre 16,69 et 98,55% (tableau A4 annexe 2). Ce déplacement de la main d’œuvre a
eu des conséquences sur la rémunération du taux de salaire. C’est ainsi qu’il est observé une
augmentation du taux de salaire de la main d’œuvre formelle et une baisse de celui de la main
d’œuvre informelle (tableau A4 annexe 2). En effet, dans un premier temps, la main d’œuvre libérée
par les branches du secteur primaire, fortes utilisatrices de la main d’œuvre informelle, viendra
5
Simulation à partir du modèle standard
20
gonfler l’offre de main d’œuvre disponible impliquant ainsi une baisse du taux de salaire de la main
d’œuvre informelle. Par contre, la hausse du taux de salaire de la main d’œuvre formelle, serait due à
l’accroissement de la demande de main d’œuvre formelle par l’Administration publique qui utilise
plus de 45% de la main d’œuvre formelle totale et dont la production et le revenu ont fortement
augmenté. Par ailleurs, dans l’industrie et les services, le capital qui leur est spécifique devient ainsi
relativement plus rare avec comme effet une augmentation des rendements à la fois dans l’industrie
que dans les services notamment les transport et communication, les Postes et Télécommunications
et Réparations (tableau A4 annexe 2). Ces variations des rendements du capital ont impliqué une
variation du prix de la valeur ajoutée dans le sens attendu. En effet, le prix de valeur ajoutée des
branches du secteur primaire affectées par la hausse du volume de capital a connu une baisse tandis
que les branches des secteurs industriels et des services où il a été noté une augmentation du
rendement du capital ont connu une hausse du prix de valeur ajoutée. Les baisses du prix de valeur
ajoutée de certaines branches des secteurs industriels et des services peuvent être expliquées par
celles du rendement de leur capital (tableau A3 annexe 2). Quant à l’effet sur la production, on sait
que toute variation du volume de facteurs de production entraîne, toutes choses égales par ailleurs, la
variation dans le même sens du volume de production. Dans le cas présent, l’accroissement de 15%
du volume du capital a eu pour effet l’accroissement de la production dans les branches bénéficiaires
excepté l’agriculture de rente (tableau A1 annexe 2). Dans les autres branches d’activité, on observe
des variations à la hausse ou à la baisse de leur production en fonction des variations à la hausse ou à
la baisse respective de leur demande en biens intermédiaires. On peut expliquer la baisse des
productions dans la plupart des branches par le fait que les produits chimiques (principalement le
pétrole) qui constituent un bien de consommation intermédiaire de premier ordre pour toutes les
branches de production ont varié significativement à la baisse. En ce qui concerne les effets sur les
échanges internationaux, on note une hausse des importations puisque la consommation des
ménages a augmenté tandis que la production domestique a varié dans l’ensemble faiblement à la
hausse ou même a diminué. Avec une diminution du prix des biens et services plus forte que celle du
revenu disponible des ménages, il été constaté une hausse non négligeable de la consommation finale
des biens et services par ces ménages et en conséquence une diminution des exportations (tableau A3
annexe 2).
6.3 Analyse des effets d’une hausse de 15% du capital spécifique aux branches du secteur
primaire sur la distribution de revenu des ménages pauvres et vulnérables
Suite à l’accroissement des investissements dans le secteur primaire de 15%, il a été noté une
variation d’une part négative du revenu nominal des ménages pauvres et vulnérables et des ménages
pauvres non vulnérables (-3.09% et 0.77% respectivement) et d’autre part positive pour les ménages
non pauvres vulnérables et non vulnérables (0.06% et 6.28%). Cependant, une analyse en termes de
bien-être indique que les ménages dans leur ensemble ont connu une amélioration de bien-être
puisqu’ils présentent tous une variation équivalente positive. L’amélioration a été plus élevée pour les
ménages vulnérables pauvres ou non.
L’accroissement des investissements dans le secteur primaire par l’Etat suppose que ce dernier
dispose de moyens financiers ou encore a les moyens de mobiliser les ressources financières en
conséquence. En effet, dans le cadre du DSRP, l’Etat togolais prévoit le financement des
investissements à travers trois sources que sont : les emprunts obligataires, les recettes fiscales et les
aides étrangères. Cependant, le recours à l’une ou l’autre de ces sources de financement a des
conséquences économiques qui peuvent affecter à des degrés divers la pauvreté et la vulnérabilité des
21
ménages. D’où la nécessité pour l’Etat de retenir la source de financement la plus favorable aux
pauvres. Ainsi, en recourant aux emprunts obligataires, l’Etat devra à court ou moyen terme
rembourser le capital et les intérêts grâce à un accroissement de ses recettes fiscales et non fiscales.
Ce qui aura pour conséquence, toutes choses égales par ailleurs, d’accroître les charges des unités de
production et de réduire le revenu disponible des ménages et principalement les ménages salariés
formels. Dans ces conditions, étant donné que les ménages pauvres tirent l’essentiel de leur revenu
du travail informel, l’on pourra s’attendre à des effets moindres sur le niveau de pauvreté des
ménages. Par contre, lorsque l’Etat privilégiera une plus grande mobilisation de ses ressources
fiscales pour pouvoir financer ses investissements, cela s’entend un plus grand accès aux
contribuables potentiels et donc une réduction des activités informelles qui échappent jusqu’alors à la
fiscalité directe. Il s’en suivra une réduction sensible du revenu tiré du travail informel par les
ménages pauvres et non pauvres. Enfin, en considérant le financement extérieur comme un appui à
l’Etat, cette source de financement doit être complémentaire aux deux autres sources car elle est à
très faible coût puisqu’elle est en grande partie non remboursable. Pour une lutte plus efficace et
durable contre la pauvreté, l’Etat a intérêt à combiner les deux sources de financement que sont les
emprunts obligataires et l’aide étrangère.
Conclusion
L’analyse de l’évolution récente de la situation socio-économique du Togo fait apparaître clairement
une progression inquiétante de la pauvreté chez les ménages. C’est dans ce contexte que le
gouvernement togolais s’apprête à adopter le DRSP dont les grands axes stratégiques visent à arrêter
l’expansion du phénomène de pauvreté et à améliorer l’accès équitable des populations aux services
sociaux de base. A ce stade du DSRP, une des préoccupations est de tenter de mesurer les effets
potentiels des mesures prévues dans le cadre notamment de l’axe stratégique portant sur la réduction
de la pauvreté par la promotion de la croissance économique.
Pour répondre à cette préoccupation, un modèle d’équilibre général calculable (MEGC) a été
construit pour simuler les effets des mesures de politique sectorielle retenue dans le DRSP en
l’occurrence un accroissement du volume du capital spécifique au secteur Agriculture sur la
distribution de revenus des différentes catégories de ménages pauvres. Ce modèle a nécessité la
construction d’une Matrice de Comptabilité Sociale (MCS) élaborée à partir du TRE, du TCEI de
2000 et des informations tirées soient de l’enquête de l’entreprise de 2000 ou de l’enquête QUIBB de
2006. Les quatre catégories de ménages considérées sont : les ménages pauvres vulnérables, les
ménages pauvres non vulnérables, les ménages non pauvres vulnérables et les ménages non pauvres.
En recourant au contenu de la MCS, il ressort que la branche Agriculture vivrière contribue à plus de
20% à la valeur ajoutée totale suivie des branches Commerce, Service non marchand, Transports et
Communications et Agriculture de rente. Pour l’ensemble des branches, 48% de la valeur ajoutée est
utilisée pour le paiement du travail informel contre 14% pour le travail informel. En considérant un
taux de salaire implicite pour prendre en compte le travail autonome des travailleurs informels, il
ressort de que l’Agriculture vivrière affecte plus de 67% de sa valeur ajoutée au titre de rémunération
salariale du travail informel contre 0,02% du travail formel. L’administration publique est la
principale branche utilisatrice du travail formel avec en son sein près de 46% du total du travail
formel. Toutes branches confondues, la production écoulée vers les ménages sous forme de produits
de consommation finale représente 41,5% de la production contre environ 8% au titre
d’accumulation. La principale source de revenu des ménages se trouve être les rémunérations du
travail informel (indépendants et salariés non déclarés). Les rémunérations du travail formel
22
contribuent à près de 20 % au revenu des ménages non pauvres et non vulnérables contre 12,27 %
pour les ménages non pauvres et vulnérables. Les ménages pauvres et vulnérables en tirent 8,70 % de
leur revenu contre 11,33 % pour les ménages pauvres non vulnérables. Les ménages, notamment les
ménages pauvres vulnérables ou non vulnérables consacrent une part très élevée de leur revenu à la
consommation de biens et services.
Une simulation d’une hausse de 15% du capital spécifique aux branches du secteur primaire fait
ressortir une baisse de rendement du capital et du salaire dans le secteur primaire, et une très faible
augmentation de la production vivrière et une baisse de la production de culture de rente. En ce qui
concerne les effets sur les échanges internationaux, on note une détérioration de la balance
commerciale consécutive à la baisse du volume des exportations et une hausse du volume des
importations. En ce qui concerne l’effet sur la distribution des revenus, il a été noté une variation
positive et négative du revenu nominal. En termes de bien-être, il est noté dans l’ensemble une
amélioration du bien-être.
De tout ce qui précède, il ressort qu’une action de grande envergure dans l’agriculture est de nature à
réduire l’incidence de la pauvreté et la vulnérabilité au Togo. A cet effet, il convient aux décideurs de
cibler efficacement les mesures économiques adéquates en faveur dudit secteur et surtout de
rechercher les sources de financement qui ne créent pas de nouvelles charges aux ménages pauvres et
vulnérables.
23
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