Stratégie sectorielle, Pauvreté et Vulnérabilité : cas du - Pep
Transcription
Stratégie sectorielle, Pauvreté et Vulnérabilité : cas du - Pep
6th PEP Research Network General Meeting Sheraton Lima Hotel, Paseo de la Republica 170 Lima, Peru June 14-16, 2007 Stratégie sectorielle, Pauvreté et Vulnérabilité : cas du Togo Adoété Éga Agbodji Ministerio de Economía y Finanzas For more information about the 6th PEP Research Network General Meeting, Please visit: www.pep-net.org Réseau de Politiques Economiques et Pauvreté (PEP) Stratégie sectorielle, Pauvreté et Vulnérabilité : cas du Togo PR-MPIA 676 RAPPORT FINAL Par Akoété Ega AGBODJI Economiste, Enseignant-Chercheur, Chef d’équipe FASEG / Université de Lomé (TOGO) E-mail : [email protected] Koffi YOVO Agroéconomiste, Enseignant-Chercheur ESA / Université de Lomé (TOGO) E-mail : [email protected] Kodjo ABALO Enseignant-Chercheur IUT-Gestion / Université de Lomé (Togo) E-mail : [email protected] Komlan Dodzi AGBODJI Ingénieur Statisticien Economiste Direction Générale de la Statistique E-mail: [email protected] Ablamba Ahoéfavi JOHNSON Assistante de recherche E-mail: [email protected] Mai 2007 i Résumé Face à la persistance de la pauvreté au Togo et dans le souci de mettre en œuvre des mesures adéquates pour la réduction de cette pauvreté, le Gouvernement togolais a adopté en 2004 le Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DISRP). Diverses stratégies de lutte contre la pauvreté sont en cours d’élaboration dans le cadre du DSRP final. La présente étude vise à mesurer et analyser les effets potentiels des stratégies retenues sur la pauvreté des ménages. Pour ce faire, la méthodologie retenue repose sur la construction d’un modèle d’équilibre général calculable dont la structure générale s’inspire du modèle standard EXTER de Decaluwé, Martens et Savard (2001). A partir des données d’un TRE désagrégé tiré du TRE (2000) de la Direction Générale de la Statistique et de la Comptabilité Nationale, une matrice de comptabilité sociale a été construite. Une analyse de cette MCS a permis de faire ressortir certaines principales caractéristiques de l’économie togolaise, notamment : (i) la contribution à la valeur ajoutée totale de plus de 20% par la branche Agriculture vivrière qui affecte plus de 67% de sa valeur ajoutée au titre de rémunération salariale du travail informel contre 0,02% du travail formel; (ii) la rémunération du travail informel (indépendants et salariés non déclarés) comme principale source de revenu des ménages avec 20 % au revenu des ménages non pauvres et non vulnérables contre 12,27 % pour les ménages non pauvres et vulnérables. Les ménages pauvres et vulnérables en tirent 8,70 % de leur revenu contre 11,33 % pour les ménages pauvres non vulnérables. Une simulation d’une hausse de 15% du capital spécifique aux branches du secteur primaire il a été noté une variation d’une part, négative du revenu nominal des ménages pauvres et vulnérables et des ménages pauvres non vulnérables (-3.09% et 0.77% respectivement) et d’autre part, positive pour les ménages non pauvres vulnérables et non vulnérables (0.06% et 6.28%). Cependant, une analyse en termes de bien-être indique que les ménages dans leur ensemble ont connu une amélioration de bien-être puisqu’ils présentent tous une variation équivalente positive. L’amélioration a été plus élevée pour les ménages vulnérables pauvres ou non. ii Sommaire Résumé ................................................................................................................................................................. i 1. Contexte et Problématique ............................................................................................................................... 1 1.1 Le contexte.................................................................................................................................................... 1 1.2 La problématique........................................................................................................................................... 2 2. Objectifs de l’étude.......................................................................................................................................... 3 3. Revue de la littérature ...................................................................................................................................... 3 4. Synthèse sur les stratégies de réduction de la pauvreté au Togo........................................................................ 4 5. Méthodologie .................................................................................................................................................. 9 5.1 Justificatifs du choix du MEGC ...................................................................................................................... 9 5.2 Méthodologie de construction du MEGC .................................................................................................... 10 5.2.1 Méthodologie de construction de la MCS.................................................................................................. 10 5.2.1.1 Catégories de ménages ........................................................................................................................... 10 5.2.1.2 Flux de production et de revenus ........................................................................................................... 10 5.2.2 Le modèle d’équilibre général calculable .................................................................................................... 12 5.2.2.1 La modélisation de la structure générale de l’économie togolaise............................................................. 12 5.2.2.2 La production et les facteurs................................................................................................................... 13 5.2.2.3 Les taxes, revenus et épargne................................................................................................................... 13 5.2.2.4 La demande............................................................................................................................................ 13 5.2.2.5 Les prix .................................................................................................................................................. 14 5.2.2.6 Le commerce international ..................................................................................................................... 14 5.2.2.7 Equilibre ................................................................................................................................................ 14 5.2.2.8 Le calibrage et la fermeture du modèle ................................................................................................... 15 5.3 Données ...................................................................................................................................................... 15 5.3.1 : Présentation des données ......................................................................................................................... 15 6. Présentation et analyse des résultats ............................................................................................................... 16 6.1 Description de la structure de l’économie togolaise à partir de la MCS ......................................................... 16 Activités de production et Intensité factorielle par branche................................................................................. 16 Sources du revenu des ménages.......................................................................................................................... 18 Utilisation du revenu .......................................................................................................................................... 18 Références bibliographiques ............................................................................................................................... 23 ANNEXES................................................................................................................Erreur ! Signet non défini. Annexes 1 : Tableaux issus de la MCS ........................................................................Erreur ! Signet non défini. ANNEXE 2 : Caractéristiques du modèle EXTER.....................................................Erreur ! Signet non défini. 1 1. Contexte et Problématique 1.1 Le contexte Le Togo, pays à façade maritime, d’une superficie de 56.600 km² en forme de corridor entre la République du Bénin à l’Est et la République du Ghana à l’Ouest, s’étire sur une longueur de près de 700 km entre l’Océan Atlantique au Sud et le Burkina Faso au Nord. Sa population est estimée à 5 500 000 habitants en 2005. Avec un PIB par habitant d’environ 310 dollars EU en 2004, le Togo fait partie des pays les moins avancés. Au Togo, le taux de croissance du PIB réel est de 4,1% (20002004). Parmi les trois secteurs d'activité qui sont à l'origine de la création du PIB, deux secteurs sont dominants ; ce sont le secteur primaire et le secteur tertiaire qui fournissent près de 80% du PIB. L’ensemble du secteur primaire contribue pour plus de 40 % environ au produit intérieur brut. Le secteur primaire est dominé par les productions vivrières à concurrence de plus de 60% du PIB agricole. La production de produits de rente contribue à hauteur de plus de 12 % avec la production de coton, de café et de cacao. La structure de la production agricole togolaise est caractérisée par une forte atomicité (exploitations de petites tailles par de petits producteurs), une faible productivité et des méthodes de production archaïques. Le secteur secondaire, avec contribution au PIB s’établissant en moyenne à 21,7 % est dominé par les industries extractives (phosphates et clinker) et les industries agro-alimentaires. En dehors des secteurs énergétiques et des bâtiments et travaux publics, les autres branches importantes d’activités sont les textiles, la production de ciments et de produits chimiques, et la transformation du bois. Le Togo dispose de potentialités en ressources minières variées (fer, chromite, manganèse, phosphate, calcaire, etc.) dont seuls les phosphates et le calcaire sont actuellement exploités. Quant au secteur tertiaire, il est à l’origine d’une part importante du PIB (environ 44%) en raison notamment de l’importance traditionnelle des opérations de transit à travers le port de Lomé d’où part un réseau routier important vers des pays enclavés situés au nord du Togo. Malgré la mise en œuvre de différentes politiques et réformes économiques, notamment les plans quinquennaux à compter de 1966 et les programmes d’ajustement structurel au début des années 80, l’économie togolaise connaît depuis les vingt dernières années une situation extrêmement fragile avec de très faibles performances économiques. L’un des coûts sociaux les plus importants de ces dégradations macroéconomiques est la hausse du chômage due non seulement à la compression d'effectifs du fait du ralentissement de la croissance économique, mais aussi à cause des réformes économiques engagées. Il en a résulté une aggravation de la pauvreté. Au Togo, une première estimation du profil de la pauvreté monétaire a été réalisée par la Banque mondiale en 1998 à partir des données de l’Enquête Budget-Consommation de 1989 actualisées. Selon cette étude, la pauvreté a touché environ 35,3% de la population en 1998 contre 32,3% en 1989 (PNUD, 2004). Le phénomène de pauvreté se fait surtout ressentir en milieu rural notamment dans la partie septentrionale du pays, à savoir : les régions de la Kara et des Savanes où le pourcentage des pauvres se situe respectivement à 57% et 69%. Dans une étude récente, il a été révélé que l’incidence de la pauvreté a augmenté (Ministère de l’Economie, 2007). En effet, les résultats de l’enquête ménage de 2006 indiquent que la proportion de ménages pauvres est de 47,3 % dont 12,9% d’extrêmement pauvres. La pauvreté est restée essentiellement rurale avec une incidence de 60,8% contre 24,2% en milieu urbain. En outre, l’incidence de pauvreté est particulièrement forte et variable dans les cinq régions. Les pauvres se concentrent particulièrement dans les régions des Savanes (81,2% de ménages pauvres), région Centrale (65,1%), région de la Kara (62,7%), région Maritime (53,9%) et région des Plateaux (43,2%). Selon les branches d’activité des chefs de ménage, l'incidence de 2 pauvreté est la plus forte dans les ménages dont le chef travaille principalement dans l'Agriculture, l'Elevage ou la Pêche (79,1 %) soit 68,9 % des pauvres. Le taux de vulnérabilité à la pauvreté, regroupant les pauvres durables, les pauvres transitoires et les non pauvres vulnérables est de 76,7 % des ménages. Les ménages pauvres durables sont relativement plus nombreux que ceux des pauvres transitoires, avec des incidences respectives de 29,9 % et 17,4 %, contre 29,5 % des ménages non pauvres mais vulnérables. Selon le milieu de résidence, le taux de vulnérabilité des ménages est considérablement plus élevé en milieu rural (80,2 %) qu’en milieu urbain (70,9%). Comme pour la pauvreté monétaire, c’est dans la région des Savanes que la proportion de ménages vulnérables est la plus élevée, soit 92,3%. Dans les autres régions, l'incidence de la vulnérabilité varie entre 58,0 % et 89,7 %. Dans la capitale Lomé et sa périphérie, le taux de vulnérabilité à la pauvreté est de 67,4%. Sur la base des éléments de diagnostic ci-dessus et de l’évolution récente de l’économie, il apparaît clairement que la situation de la pauvreté est très préoccupante au Togo. C'est dans ce contexte que le Gouvernement a décidé de repenser sa stratégie de développement en la focalisant sur une approche globale de réduction de la pauvreté. Bien que cette approche tire son origine de l'expérience passée en matière de développement, elle s'inscrit également dans un contexte international marqué par une prise de conscience accrue relative à la progression inquiétante de la pauvreté et à une coalition mondiale pour l'enrayer. C’est ainsi qu’en 2004, le Gouvernement a adopté son Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté1 (DISRP) (Ministère de l’économie, 2004). Les orientations stratégiques contenues dans le DISRP visent à arrêter l'expansion du phénomène de pauvreté et à améliorer l'accès équitable des populations aux services sociaux de base2. Les grandes orientations reposent sur les 4 axes suivants : (i) accélération de la croissance économique dans une optique de réduction de la pauvreté ; (ii) développement des secteurs sociaux, des ressources humaines et de l’emploi ; (iii) gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement ; (iv) promotion de la bonne gouvernance. 1.2 La problématique En effet, les nombreuses politiques de développement économique et social mises en œuvre dans le cadre de la lutte contre la pauvreté ont montré leurs limites étant donné la complexité du phénomène de pauvreté à savoir qu’elle n’est seulement pas d’ordre monétaire mais aussi multidimensionnelle3. Les causes de la pauvreté étant multiformes et diverses, il est reconnu aujourd’hui que pour lutter efficacement contre la pauvreté, il y a lieu de prendre en compte plusieurs dimensions économiques et sociales qui interagissent dans un ensemble global. D’où la nécessité de mieux décrire et analyser les interrelations qui se développent à l’intérieur d’un ensemble global et qui peuvent accroître ou limiter les effets sur la pauvreté de toute mesure de politiques économiques de l’Etat. En d’autres termes, avec les nouvelles mesures de politiques économiques que l’Etat entend mettre en œuvre dans le cadre du DSRP, quelles seront les incidences sur le revenu des ménages pauvres vulnérables ? 1 Le DSRP étant en cours d’élaboration suite à la réalisation de l’Enquête Ménages en 2006. Les objectifs chiffrés seront précisés au moment de l’élaboration du DSRP final. 3 L’une des dernières mesures économiques a été l’implantation de la zone franche industrielle d’exportation. Si cette mesure a permis la création d’emploi, en procédant à une analyse en équilibre général, il a été trouvé que son impact sur la valeur ajoutée, l’emploi et sur le revenu des ménages est resté très insignifiant. Ce qui n’est pas de nature à entraîner une réduction significative de la pauvreté. 2 3 Cependant, malgré que très peu de travaux ont permis d’apprécier le phénomène de pauvreté au Togo en recourant aux approches monétaire (Banque mondiale, 1996 et PNUD, 2000) et non monétaire (Lawson-Body et al, 2007), il n’existe pas de travaux destinés à apprécier, en utilisant une approche d’équilibre général, les effets de politiques économiques sur la pauvreté des ménages ou sur la redistribution des revenus des ménages. L’intérêt de la présente étude est de simuler différentes politiques économiques de l’Etat togolais en vue de mesurer leurs effets potentiels sur la pauvreté en général et sur la redistribution de revenus des ménages en particulier. 2. Objectifs de l’étude L’objectif général de cette étude est de mesurer les effets potentiels des mesures de politique économique sectorielle prises par l’Etat dans le cadre du DSRP sur la pauvreté des ménages au Togo. Il s’agit spécifiquement de : - construire une MCS détaillée du Togo ; d’identifier les secteurs d’activités porteurs de croissance économique et marqués par une forte présence de ménages pauvres ; d’identifier les mesures de politiques sectorielles visées par l’Etat dans le cadre du DSRP pour réduire la pauvreté au Togo ; évaluer les effets de ces politiques sur la pauvreté des ménages vulnérables ou non. 3. Revue de la littérature Il est admis dans la littérature que parmi les outils d’analyse des effets des différentes politiques économiques, le Modèle Calculable d’Équilibre Général (MCEG) est devenu célèbre en raison de sa capacité à effectuer des simulations qui captent les interrelations des différents secteurs de l’économie. C’est ainsi qu’il a été un outil utilisé dans de nombreux travaux pour analyser les effets de différentes politiques économiques sur la distribution de revenu et la pauvreté. Les premiers MEGC trouvent leur origine dans les travaux fondateurs de Johansen (1960), Harberger (1962) et Scarf (1973). Ces modèles, appliqués pour l’essentiel aux pays développés, sont issus de la théorie néo-classique de l’équilibre général et sont qualifiés en cela de MEGC walrasiens. Ils admettent les hypothèses de plein emploi des facteurs de production et, par conséquent, s’intéressent en priorité aux effets redistributifs de chocs exogènes sur l’allocation optimale des ressources et le bien être des ménages. Le premier MEGC appliqué à un pays en développement (PED) fut celui construit par Adelman et Robinson (1978) pour la Corée du Sud. Ce modèle se différencie des MEGC appliqués aux pays développés. En effet, les hypothèses néo-classiques utilisées jusque là s’accommodent mal des imperfections dans le fonctionnement des marchés et du sous emploi observés dans les PED. Comme le souligne Sand-Zantman (1995), il s’agissait donc d’intégrer au modèle des caractéristiques dites structurelles afin d’établir un lien entre variables nominales et réelles dans des économies non néoclassiques. Ainsi, ce nouveau type de modèles sera qualifié de structuraliste néo-classique dans le sens où il accepte le modèle néo-classique d’allocation des ressources fondé sur l’individualisme méthodologique tout en admettant l’existence de rigidités. Selon une revue de la littérature de Boccanfuso et al (2003), il existe de nombreux travaux qui ont utilisé le MEGC pour analyser les questions relatives à la distribution de revenu et la pauvreté. Ces travaux peuvent être regroupés compte tenu de l’approche suivie. Trois approches sont à ce jour 4 identifiées. Avec la première approche dite approche de ménage représentatif, on considère que les ménages sont homogènes et il est possible d’examiner comment les différents types de ménages sont affectés par un choc donné (Adelman et Robinson, 1979 ; Devis, de Melo et Robinson, 1982 ; Gunning, 1983). Ce qui suppose que la variance intra-groupe de revenu des ménages est nulle. Cette hypothèse est une des limites de cette approche puisqu’il y a l’évidence que les ménages à l’intérieur d’une catégorie donnée peuvent être affectés très différemment étant donné leur dotation factorielle, leurs caractéristiques démographiques et leurs modèles de consommation. D’où la seconde approche qui consiste à construire ou supposer une fonction de distribution pour chaque groupe, dont la moyenne et la variance sont estimées à partir d’une enquête de revenu et de dépenses des ménages (Thorbecke, 1991 ; de Janvry, Sadoulet et Fargeix 1991 ; Bourguignon, de Melo et Suwa, 1991 ; Morrisson, 1991 ; Decaluwé et al., 1999). Cependant, dans la mesure où la dispersion des revenus intra groupe est supposée être fixée à la suite des chocs, il est impossible d’évaluer le changement des inégalités intra groupe. Par conséquent, les mesures de pauvreté qui sont sensibles à la distribution de bien-être parmi les pauvres seront biaisées, si la répartition des revenus parmi les pauvres se modifie fortement. Afin de dépasser cette limite, on a recours aux microsimulations en remplaçant le ménage représentatif par les ménages issus directement des enquêtes (Cockburn, 2001 ; Cogneau and Robilliard, 2001 ; Bourguignon, Robillard et Robinson, 2002). 4. Synthèse sur les stratégies de réduction de la pauvreté au Togo Sur la base des éléments de diagnostic ci-dessus et de l’évolution récente de l’économie, il apparaît clairement que la situation de la pauvreté est très préoccupante au Togo et nécessite que des actions urgentes et vigoureuses soient entreprises dans un cadre stratégique cohérent. La présente stratégie a donc pour objet de prendre des mesures en vue d’arrêter la progression du phénomène. Elle sera actualisée au fur et à mesure et en fonction du résultat des enquêtes qui vont être organisées en vue de permettre une connaissance plus précise du phénomène de la pauvreté. Les stratégies visent à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adoptés par la Communauté internationale dont le Togo à l’occasion du Sommet du Millénaire en septembre 2000. A moyen terme, les orientations stratégiques visent à arrêter l'expansion du phénomène de pauvreté et à améliorer l'accès équitable des populations aux services sociaux de base. Les grandes orientations reposent sur les axes suivants : (i) accélération de la croissance économique dans une optique de réduction de la pauvreté ; (ii) développement des secteurs sociaux, des ressources humaines et de l’emploi ; (iii) gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement ; (iv) promotion de la bonne gouvernance. Axe Stratégique N° 1 : Accélération de la croissance dans une optique de réduction de la pauvreté S'il est démontré que la première condition pour la réduction de la pauvreté est la création de richesses c'est-à-dire la croissance économique, il est également vrai que certains pays ont connu de longues périodes de croissance sans parvenir à réduire la pauvreté. Dans cette optique, cet axe de la stratégie consiste à maintenir un cadre macro-économique stable sur une longue période et à orienter les interventions publiques dans des secteurs porteurs où les pauvres peuvent augmenter leurs actifs et accroître leur production. 5 A. Assainissement et stabilisation du cadre macro-économique La réalisation de ce volet passe essentiellement par une politique budgétaire et monétaire prudente. S'agissant de la politique budgétaire, il vise à moyen terme, la réduction du déficit budgétaire par une mobilisation plus accrue des ressources publiques et une bonne maîtrise des dépenses. B. Amélioration de la productivité et de la compétitivité de l'économie L'amélioration de la productivité de l'économie passe par l'amélioration du niveau global d'éducation, de formation et de santé de la population active, le développement des infrastructures, l'amélioration de l'efficacité des administrations pour réduire les coûts des facteurs de production et des coûts des transactions liées à la fourniture adéquate des services par ces administrations. C. Promotion des principaux secteurs porteurs de croissance Le potentiel de croissance de l'économie togolaise réside dans le secteur agricole, les services, l'industrie notamment les PME/PMI et l'artisanat, le tourisme, la culture, les mines et les infrastructures. C.1. Agriculture L’objectif global de la stratégie agricole et rurale est d’améliorer les revenus et les conditions de vie des communautés de base particulièrement des couches vulnérables de la population rurale (notamment les femmes et les jeunes) par la création des conditions incitant leur autodéveloppement et leur responsabilisation dans la lutte contre la pauvreté. Cet objectif se décline en objectifs spécifiques dont (i) l’amélioration de la productivité des cultures vivrières ; (ii) la diversification des filières d’exportation et la consolidation des filières traditionnelles ; (iii) l’amélioration des infrastructures et de l’équipement rural. C.2 Industrie Dans le domaine de l’industrie, l’objectif global du Gouvernement consiste à exploiter le potentiel de développement industriel du pays, grâce à une stratégie d’encouragement de l’initiative privée afin d’accélérer la croissance économique et lutter contre le chômage et la pauvreté. Le Gouvernement continuera donc à se désengager du secteur productif afin d'étendre le champ d'activité du secteur privé et de renforcer son rôle moteur en matière de développement industriel. Les efforts du Gouvernement et des opérateurs du secteur privé devront porter sur la restructuration et la diversification du tissu industriel en vue de la valorisation des matières premières locales et de la promotion des industries d’exportation à travers surtout la promotion des petites et moyennes industries. Ces efforts se feront dans un cadre de développement industriel durable en utilisant des outils tels que l’étude d’impact environnemental et l’audit environnemental. Ces efforts tendront également à renforcer le développement de la Zone Franche Industrielle. C.3 Secteur minier Dans le domaine minier, la politique du Gouvernement vise à créer les conditions optimales d'exploitation minière au profit du Togo qui tiennent compte notamment de la prévention et de la 6 gestion durable des ressources naturelles et des intérêts des investisseurs. Elle a également pour but de favoriser des exploitations artisanales permettant de donner aux populations pauvres des revenus conséquents. C.4 Commerce, Services et Banques Dans le domaine du commerce et des services, l’objectif principal poursuivi est de renforcer le cadre libéral d’exercice des activités commerciales résultant de l’abolition, au cours de la dernière décennie, des mesures interventionnistes dont le commerce d’Etat sous monopole, le contrôle des prix et les mesures non tarifaires telles que la réglementation des importations et des exportations avec des contingentements et les licences d’importation. Cette libéralisation doit se faire dans un contexte de respect de l’environnement en utilisant des outils de prévention et de contrôle tels que l’étude d’impact environnemental et les audits environnementaux. Plus spécifiquement, il s’agira de diversifier les exportations en vue d’améliorer la balance commerciale. Dans le domaine financier, l’action gouvernementale visera à promouvoir un secteur financier robuste, bien capitalisé, respectant les réglementation prudentielle et capable de faire face efficacement à l’ensemble de la demande en services financiers. A cet égard, le Gouvernement poursuivra sa stratégie de désengagement pour laisser jouer pleinement le rôle des opérateurs privés dans le domaine, l’Etat se consacrant à la création d’un cadre propice à l’épanouissement du secteur. S’agissant de la microfinance, l’objectif de développement est de favoriser l’accès à des services de microfinance viables et pérennes à une majorité des ménages pauvres ou à faibles revenus et des micro-entrepreneurs sur l’ensemble du territoire d’ici à 2008, grâce à des Institutions de microfinance viables et intégrées dans le marché financier national. Dans le domaine de l’artisanat, l’objectif général poursuivi est d’organiser le secteur afin de le rendre plus performant et à même d’offrir d’épanouissement à un plus grand nombre d’individus. Le programme d’action du Gouvernement porte sur : i) la poursuite de la mise en place des chambres régionales de métiers ; ii) le recensement des artisans ; iii) le renforcement des projets d’appui à l’artisanat ; iv) la dynamisation de la formation et le perfectionnement des artisans ;v) l’élaboration d’une politique nationale pour le secteur de l’artisanat ; vi) la mise en place d’un fonds de garantie auprès des institutions bancaires pour l’octroi des crédits aux artisans ; vii) la promotion de la commercialisation des produits artisanaux par la recherche des marchés extérieurs, l’organisation et la participation aux foires et salons tant sur le plan national qu’international ; viii) la création d’un village artisanal ; ix) la création et le renforcement des centres de formation et de perfectionnement des artisans. Dans le domaine des transports en général, les objectifs poursuivis par le Gouvernement sont d’améliorer l’efficacité du sous-secteur, d’améliorer la compétitivité des produits togolais sur le marché intérieur et extérieur par une réduction des coûts des transports et une meilleure qualité des services offerts et de faciliter la mobilité des biens et des personnes. Quatre aspects seront particulièrement privilégiés, notamment l'intensification du programme régulier de l'Etat, en vue d'améliorer les infrastructures de transport des biens et des personnes. C.5 Tourisme et loisirs Dans le domaine du tourisme et des loisirs, l’objectif poursuivi par le Gouvernement est d’accroître la contribution du secteur du tourisme et des loisirs au développement socio-économique 7 national. L’effort portera particulièrement sur l’élaboration d’un Plan Directeur pour le Développement Touristique. La formulation et la mise en œuvre dudit plan se feront conformément aux dispositions adoptées par le Gouvernement en matière de gestion durable de l’environnement. C.6 Culture L’objectif poursuivi par le gouvernement est de favoriser et d’accroître la contribution du secteur de la culture et des arts au développement socio-économique national dans l’optique de la réduction de la pauvreté. C.7 Promotion des infrastructures de base visant à soutenir une croissance durable Le secteur des infrastructures comprenant les domaines de l’habitat, de l’énergie, de l’hydraulique, de l’assainissement et des postes et télécommunications, a été le domaine d’intervention privilégié de l’Etat en raison de son caractère stratégique. La gestion de ces différents sous-secteurs, qui a été faite à travers des monopoles parapublics, a été inefficace, offrant des services de faible qualité avec des surcoûts financiers peu incitatifs pour l’investissement privé en aval. La stratégie vise donc à limiter le rôle de l'Etat à la création des infrastructures de base et à la création d'un cadre incitatif pour l'intervention privée dans le secteur. Dans le même ordre d'idées, l'Etat accordera la priorité aux investissements privés, à travers le renforcement des capacités de ce secteur par : i) l’institution d’un partenariat Etat-secteur privé en matière de financement de certaines infrastructures de base et des infrastructures rentables : routes, pistes rurales, ports, chemins de fer, système de télécommunications, aménagement de sites pour lotissements collectifs, structures touristiques ; ii) l’institution d’un partenariat Etat –Secteur Privé-Société Civile pour la maintenance des infrastructures de base (cantonage, entretien des équipements d’hydraulique rurale, exploitation des systèmes d’adduction d’eau). iii) l’institution du partenariat Etat -Société Civile pour la construction et l’exploitation de certaines infrastructures sociales de santé, d’éducation scolaire et de formation professionnelle. Axe Stratégique N°2 Développement des secteurs sociaux, des ressources humaines et de l’emploi Le développement des secteurs sociaux, des ressources humaines et de l’emploi passe par des actions en faveur de la population, des actions dans les domaines de l’éducation et de la santé, de la promotion de l’emploi et de la réduction des inégalités de genre. En ce qui concerne la population, l’objectif général poursuivi par la Politique Nationale de Population est de contribuer à l’amélioration des conditions et de la qualité de vie des populations togolaises dans l’optique du développement durable. La réalisation de cet objectif passe par les principales orientations stratégiques suivantes telles que la régulation de la croissance démographique, l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance. Sur le plan sanitaire, un plan national de développement sanitaire (PNDS) a été élaboré et adopté par le gouvernement avec la participation de toutes les parties prenantes. Les principaux objectifs spécifiques suivants y sont définis, principalement entre autres : (i) assurer la santé pour tous de manière permanente ; (ii) réduire la mortalité infantile et infanto-juvénile ; (iii) réduire la mortalité maternelle ; (iv) faire reculer de façon significative les maladies de la pauvreté (réduire d’au moins 30% le taux de morbidité imputable au paludisme, en dessous de 5% la séroprévalence du VIH/SIDA et inverser les tendances pour la tuberculose, les maladies diarrhéiques, la malnutrition, la 8 méningite cérébro-spinale, éliminer la poliomyélite, la Filariose lymphatique, éradiquer dracunculose et contrôler l’onchocercose). la Compte tenu de l’objectif universel de l’Education pour tous, le gouvernement a défini six axes prioritaires. Ces axes prioritaires sont, entre autres : (i) améliorer l’accès, l’équité et le maintien des enfants dans les différentes formes d’éducation de base, notamment les filles, les enfants vulnérables et défavorisés ainsi que l’acquisition réelle des compétences ; (ii) améliorer sous tous ses aspects, la qualité de l’éducation notamment l’efficacité interne et les conditions d’accueil à tous les niveaux ; (iii) améliorer la pertinence des contenus ( qui ne suscitent pas l’esprit de créativité à cause de leur lourdeur) et les adapter constamment aux besoins du marché du travail ainsi que du programme national de développement ; (iv) améliorer la gestion du système par le renforcement de la capacité de gestion et de contrôle des pouvoirs publics ; (v) promouvoir l’éducation à la paix et à la citoyenneté à tous les niveaux du cursus d’enseignement ; (vi) promouvoir l’éducation sanitaire en accordant une forte priorité à la lutte contre les IST/SIDA, le paludisme et les autres maladies contagieuses. Pour la promotion de l’emploi et des activités génératrices de revenus, la stratégie est essentiellement axée sur : i) le renforcement des capacités des institutions de promotion de l'emploi ; ii) la restructuration de la Direction Nationale pour l'Emploi ;iii) le renforcement des systèmes d'informations sur le marché de l'emploi ; iv) le renforcement des formations qualifiantes ; v) l'amélioration du cadre juridique ; vi) la promotion des droits au travail ; vii) la constitution d'un fonds de garantie pour le financement de l'agriculture ; viii) le renforcement des systèmes financiers adaptés aux spécificités des besoins du secteur informel ; ix) le développement de l'auto-emploi ; x) le renforcement du dialogue social. Pour atteindre l’objectif de réduction des disparités liées au genre, l’action gouvernementale s’articule autour des principales orientations stratégiques suivantes : (i) la promotion des droits et de l’égalité des chances pour tous les individus en général et en particulier pour la femme et la jeune fille ; (ii) l’intégration de l’approche genre dans tous les secteurs de développement et plus précisément dans les programmes et projets de développement ; Axe Stratégique N° 3 Gestion durable de l’environnement et ressources naturelles Une stratégie de réduction de la pauvreté doit se préoccuper de la prise en compte de l’environnement et des ressources naturelles. L’objectif global de la politique environnementale est de promouvoir une gestion globale et rationnelle de l’environnement pour améliorer le cadre et les conditions de vie des populations dans la perspective d’un développement économique et social durable. Les axes stratégiques de la politique environnementale visent : - le renforcement des capacités nationales de gestion de l’environnement; - la réduction des pressions sur les ressources naturelles ; - la promotion de la gestion intégrée et durable de la zone côtière ; - le renforcement de la coopération sous-régionale et internationale en matière de gestion de l’environnement. Axe Stratégique N° 4 Promotion de la bonne gouvernance La stratégie du Gouvernement en matière de promotion de la bonne gouvernance est fondée sur le principe selon lequel, la participation des populations à la définition des priorités politiques, sociales 9 et économiques est un préalable au succès de toute stratégie de développement. C'est pour cela qu'il s'est engagé dans la voie de la promotion de la gouvernance démocratique, de la transparence et de la responsabilisation en vue d'un large consensus au niveau de la société togolaise, pour que les voix des plus démunis se fassent entendre notamment dans le cadre des prises de décisions relatives à l'allocation des ressources nécessaires au développement. 5. Méthodologie Il est admis dans la littérature que parmi les outils d’analyse des effets des différentes politiques économiques, le Modèle Calculable d’Équilibre Général (MCEG) est un bon outil pour effectuer une simulation quantitative de ces effets. C’est ainsi qu’il a donc été un outil utilisé dans de nombreux travaux pour analyser les effets de différentes politiques économiques sur la distribution de revenu et la pauvreté. Pour une meilleure présentation de cette méthodologie, nous allons dans une première section relever les raisons pertinentes qui justifient l’utilisation de ce modèle avant de décrire le modèle lui-même dans une deuxième section. 5.1 Justificatifs du choix du MEGC Le MEGC apparaît comme un outil pertinent lorsque : (i) il existe une interaction entre les secteurs d’activités ; (ii) des effets rétroactifs sont observés ; (iii) les chocs sont transmis à travers le fonctionnement des marchés et des prix ; (iv) un rôle important des transferts particulièrement ceux des ménages est observé ; (v) une distribution de revenu a lieu. Dans le cas de la présente étude, en s’inspirant du modèle EXTER, un cadre analytique est décrit à travers la représentation schématique du modèle (l’annexe 2c) pour mettre en exergue les liens d’interdépendance entre les activités des branches et l’économie nationale. En effet, une interprétation du schéma permet de faire ressortir : 9 l’existence de relations entre les différentes branches de production de l’économie nationale à travers des achats et ventes des biens de consommations intermédiaires; 9 l’intervention sur le marché du travail des différents acteurs économiques tels que les entreprises et l’Etat par une demande de main d’œuvre devant intervenir dans leur processus de production ; en conséquence les variations qui pourront intervenir dans ces demandes de main d’œuvre affecteront, toutes choses égales par ailleurs, le taux de salaire d’équilibre sur ce marché ; 9 les entreprises dans les différentes branches de production distribuent des revenus aux ménages sous forme de salaire en contrepartie de la force de travail offerte par ces derniers. Il n’y a pas de doute que les ménages utilisent une partie de ce revenu pour leur consommation de biens et services domestiques et importés. Par ailleurs, les firmes utilisent une partie de leur revenu pour payer des dividendes aux ménages capitalistes tant nationaux qu’étrangers; 9 les importations et les exportations des entreprises de production affectent le solde de la balance des paiements. 10 5.2 Méthodologie de construction du MEGC La méthodologie retenue dans le cadre de la présente étude repose sur la modélisation en équilibre général calculable. Cette modélisation nécessite la construction d’une matrice de comptabilité sociale (MCS) spécifique qui répond à l’intérêt de notre sujet. C’est pourquoi dans un premier temps, nous présentons la méthodologie de construction de notre MCS et dans un second temps, nous développons les caractéristiques du modèle. 5.2.1 Méthodologie de construction de la MCS La matrice de comptabilité sociale est constituée à partir d'un ensemble d'informations provenant d'une part de la comptabilité nationale (plus précisément du Tableau Entrée sortie) et d'autre part d'enquêtes sur les revenus et dépenses des ménages. Elle retrace l'ensemble des flux réalisés dans un système économique au cours d'une période. A chaque catégorie de bien ou service, de facteur de production, d'agent économique ou secteur institutionnel, correspondent une entrée en ligne et une entrée en colonne. Les lignes répertorient l'origine des ressources de chaque agent, et les colonnes quant à elles répertorient l'utilisation ou l'emploi des ressources. La MCS est une matrice carrée dont les comptes diffèrent selon ce que le modélisateur veut mettre en évidence. Comment construire notre MCS4 ? 5.2.1.1 Catégories de ménages Trois catégories de ménages sont visées, à savoir : les ménages pauvres vulnérables, les ménages pauvres non vulnérables, les ménages non pauvres vulnérables et les ménages non pauvres. Les clés de répartition entre les différents groupes de ménages des transferts reçus par les ménages, des impôts et des dividendes des autres institutions, des impôts, des dividendes et des transferts reçus du reste du monde seront tirées de l’Enquête sur le bien-être (QUIBB) de 2006. Le revenu du facteur travail sera approximé par les rémunérations salariales tandis que le revenu du facteur capital sera approximé par le revenu de la propriété. Nous rappelons que pour ajuster le revenu mixte des ménages, nous allons recourir également aux données de l’Enquête sur le bien-être (QUIBB) de 2006. Quant aux dépenses courantes des ménages, elles sont composées de leurs consommations privées, impôts directs et transferts versés. La consommation des différents groupes de ménages sera calculée à partir des résultats de l’Enquête sur le bien-être (QUIBB) de 2006 en recourant à la répartition des dépenses des différents groupes selon le type de produit. 5.2.1.2 Flux de production et de revenus 5.2.1.2.1 Activités de production Dans le TRE de 2000, la production est divisée en 40 branches d’activités. Pour la construction de notre MCS, le secteur tertiaire est agrégé. Le secteur primaire est décomposé en cinq sous-secteurs. Le secteur secondaire comporte 18 sous-branches. Le secteur des services regroupe les services marchands (14 sous-branches) et les services non marchands. 4 Voir annexe 2c pour sa structure générale 11 La matrice des activités de production sera évaluée au coût des facteurs tandis que celle des comptes de produits qui constituent les productions est exprimée au prix du marché une fois qu’on ajoute aux premières composantes les impôts nets de subventions. Toutes ces données sont à tirer du TRE. 5.2.1.2.2 Paiement des facteurs Les paiements des facteurs sont constitués des salaires et de l’excédent brut d’exploitation. Dans le TRE (2000) ces données sont disponibles pour chaque branche. Il y aura recours aux données de l’Enquête sur le bien-être des ménages de 2006 pour déterminer les revenus du facteur capital affecté à chaque groupe de ménages. Les revenus de la propriété seront utilisés comme proxy pour évaluer la part de la rémunération du capital destinée à chaque groupe de ménage. 5.2.1.2.3 Transferts Les ménages reçoivent des transferts sous diverses formes, notamment les prestations sociales versées par les entreprises, l’Etat, les transferts inter-ménages et les transferts reçus des nonrésidents. Les données agrégées (par institutions) sur les prestations sociales versées sont disponibles dans le tableau des comptes économiques intégrés (TCEI) de 2000. Il en est de même des transferts courants reçus et versés par les institutions dont le reste du monde. Les ratios tirés de l’Enquête sur le bien-être (QUIBB) de 2006 vont permettre de ventiler ces agrégats par groupe de ménages. 5.2.1.2.4 Compte de l’Etat Les recettes de l’Etat sont constituées des impôts directs et indirects ainsi que des transferts reçus du reste du monde. S’agissant des dépenses de l’Etat, on y inclut la consommation finale et les transferts versés aux autres institutions. Les impôts indirects (taxes sur les produits et les échanges extérieurs) sont disponibles par branche d’activités dans le TRE. Les impôts sur les revenus et le patrimoine sont contenus dans le TCEI. 5.2.1.2.5 Compte de capital Les comptes de capital des différents secteurs comportent la formation brute de capital fixe net de la variation des stocks. Les données sur ce compte sont à tirer du TRE. 5.2.1.2.6 Compte Reste du monde Ce compte inclut dans la MCS prend en compte la nature ouverte de l’économie togolaise étant donné l’existence des échanges entre le Togo et le reste du monde. A cet effet, les produits des branches des secteurs de production peuvent être l’objet d’exportation. De même, le marché domestique regorge de produits importés. Il existe une répartition des importations et des exportations selon les branches d’activités dans le TRE. 5.2.1.2.7 Compte accumulation Il est un compte résiduel pour assurer l’équilibre des comptes pour tous les produits concernés. A cet effet, la cohérence interne du système est assurée si la somme des investissements est égale à la somme des épargnes des institutions. 12 5.2.2 Le modèle d’équilibre général calculable Une fois construite la MCS, cette dernière va constituer une situation de référence pour notre simulation basée sur le modèle d’équilibre général calculable (MEGC). Ce MEGC sera utilisé pour simuler les effets des différentes politiques sectorielles sur la distribution de revenus des ménages pauvres vulnérables et non vulnérables. Il est un modèle statique, de petite économie réelle ouverte et avec gouvernement. Sa structure générale s’inspire du modèle standard EXTER de Decaluwé, Martens et Savard (2001). Il s’est agi d’un redécoupage des comptes relatifs particulièrement aux ménages travailleurs en distinguant les ménages salariés qualifiés des ménages salariés non qualifiés. Ainsi, de 19 comptes que comporte le modèle standard, nous passons à 122 comptes décomposés comme suit : 4 comptes de facteurs de production (travail formel, travail informel, capital privé et capital public) ; 7 comptes d’agents (ménages pauvres vulnérables, ménages pauvres non vulnérables, ménages non pauvres vulnérables, ménages non pauvres non vulnérables, firmes, Gouvernement et Reste du monde) ; 37 comptes de branches d’activité de production; 37 comptes de produits composés ; 36 comptes de produits exportés ; 1 compte accumulation. L’exposition du modèle est faite ici en 6 blocs : la production ; les revenus et les épargnes ; la demande ; les prix ; le commerce extérieur et les conditions d’équilibre. Les équations relatives à chaque bloc sont au nombre de 2264 et sont présentées en annexe 3. A l’instar du modèle standard EXTER, le nombre de variables endogènes équivaut à 2264 tandis que celui des variables exogènes est de 115. 5.2.2.1 La modélisation de la structure générale de l’économie togolaise La production de service public est réalisée en combinant la main-d’oeuvre LDntr et les consommations intermédiaires CI. La production marchande combine quatre facteurs de production (le travail formel et le travail informel, le capital K et les consommations intermédiaires CI) pour réaliser un output XS destiné aux ventes domestiques D et aux exportations EX. L’offre totale de produit composite Q est une combinaison des biens domestiques D et des importations M. Elle est utilisée pour les besoins de consommations intermédiaires (DIT) des firmes, la consommation finale privée des ménages C, les dépenses publiques G et l’investissement INV. L’épargne des ménages (SH), des firmes (SF), du gouvernement (SG) et du reste du monde (SR) constituent l’épargne totale (ST). L’égalité entre l’investissement (INV) et l’épargne totale (ST) assure l’équilibre macroéconomique ex post. 13 5.2.2.2 La production et les facteurs Le bloc de la production est caractérisé par les équations 1 à 7. Nous adoptons la procédure standard dans les MEGC consistant à retenir deux hypothèses pour caractériser le processus de production. Il s’agit de : 1) l’hypothèse de substituabilité à la CES entre les facteurs de production dans la détermination de la valeur ajoutée et 2) l’hypothèse de parfaite complémentarité à la Leontief entre les intrants intermédiaires et la valeur ajoutée. Cette juxtaposition de spécifications différentes dans le processus de production implique une fonction de production emboîtée à différents niveaux. La résolution des programmes d’optimisation des producteurs permet de déterminer les niveaux de la valeur ajoutée totale et les différents facteurs utilisés. Les facteurs travail qualifié et travail non qualifié sont supposés mobile entre les secteurs d’activité. Le facteur capital, par contre, est supposé immobile dans chaque secteur. Pour les secteurs d’activité, la production est modélisée en deux étapes. Dans un premier temps, elle est représentée par une fonction Leontief des consommations intermédiaires et de la valeur ajoutée (eq 1). Ensuite, la valeur ajoutée est une fonction à élasticité constante de substitution (CES) entre les facteurs travail qualifié, travail non qualifié et le capital (eq 2). 5.2.2.3 Les taxes, revenus et épargne Ils sont caractérisés par les équations 8 à 19. Les impôts sont constitués d’une part des taxes indirectes sur les importations et les ventes intérieures de biens marchands, d’autre part, des taxes directes sur les revenus des ménages et ceux des firmes. Les revenus des ménages sont constitués d’une part des rémunérations des facteurs travail qualifié et non qualifié et celle du facteur capital provenant des secteurs d’activité et, d’autre part, des transferts reçus du gouvernement, du reste du monde et des firmes sous forme de dividendes. Les ménages payent des impôts directs et indirects, épargnent une proportion fixe de leur revenu. Ils choisissent la composition de leur panier de consommation en maximisant une fonction d’utilité de type Cobb-Douglas. Quant aux revenus des entreprises, ils sont composés uniquement de la rémunération du capital provenant de leurs activités. Leur épargne est la différence entre leur revenu brut d’une part, les impôts payés et la somme des dividendes versés aux ménages et à l’extérieur, d’autre part. Les dépenses du gouvernement sont fixes en termes réels tandis que leurs revenus varient en fonction de l’activité économique, des échanges et des variations de taux de taxe. Les revenus du gouvernement proviennent des taxes indirectes sur les ventes de produits des branches, des droits de douane, des prélèvements directs sur les revenus des ménages et des entreprises. L’épargne de l’État est la différence entre ses revenus ses dépenses et les transferts versés aux ménages. Le taux de change nominal est supposé fixe. Le recours à l’épargne privée permet de financer le déficit. 5.2.2.4 La demande Les biens produits par le secteur non marchand ne sont pas échangeables, par conséquent, l’offre totale pour chaque secteur est égale à sa production brute. Par contre, les biens produits dans le secteur marchand sont concurrencés par les biens importés. L’offre de biens composites de chacun de ces secteurs consiste en une combinaison CES des importations et des biens produits à l’intérieur. La demande agrégée de chacun des secteurs échangeables est composée des dépenses de consommation finale des ménages, des dépenses de consommation intermédiaires et des dépenses d’investissement (équations 20 à 22). 14 5.2.2.5 Les prix Ils sont illustrés à travers les équations 23 à 30. L’hypothèse de petit pays qui est retenu implique que les prix mondiaux des biens importés et exportés sont exogènes ; le prix du bien est égal au prix du marché domestique. Ce prix est égal au prix local augmenté de la taxe indirecte. Le prix à la consommation est déterminé de manière à assurer l’équilibre entre l’offre et la demande. Pour les secteurs qui entrent en relation avec l’extérieur, ce prix est celui du bien composite des importations et de la production locale. Il est déterminé en fonction des prix locaux, taxes comprises et des prix des produits importés augmentés des droits de douane et de la taxe indirecte. Le prix au producteur du bien échangeable est égal au rapport entre, d’une part, la somme de l’offre domestique et des exportations et d’autre part le volume de la production. Pour les biens non échangeables, le prix au producteur est égal au rapport entre l’offre domestique et la production. Le prix de l’investissement est une moyenne géométrique de l’indice des prix des biens composites ; le coefficient de pondération étant la part de chaque bien dans l’investissement total. L’indice des prix est une moyenne pondérée des prix à la valeur ajoutée des produits. 5.2.2.6 Le commerce international Le commerce extérieur est modélisé par les équations 31 à 37 et repose sur deux hypothèses : l’hypothèse dite de « petit pays » et celle d’Armington (1969). La première implique que le pays est « preneur de prix » internationaux c'est-à-dire que le poids de son économie n’est pas suffisamment important pour que ses agents économiques puissent influencer les prix mondiaux. De ce fait, les prix à l’importation et à l’exportation sont déterminés sur le marché mondial et constituent des données de nature exogène sur lesquelles les agents économiques du pays n’ont absolument aucun contrôle. Les prix internationaux des produits sont ainsi libellés en monnaie nationale à l’aide du taux de change nominal qui joue le rôle de coefficient de conversion. L’hypothèse d’Armington implique que les importations sont des substituts imparfaits de la production locale. Le produit demandé sur le marché intérieur est ainsi un bien composite qui se décompose en biens domestiques et importés. Les demandes d’importation et de biens domestiques sont dérivées d’une fonction à élasticité de substitution constante et finie (CES). A l’équilibre, la relation d’arbitrage entre les demandes d’importions et de produits locaux dépend de leurs prix relatifs. De manière symétrique, les exportations sont des substituts des produits domestiques. Les producteurs nationaux allouent leur production entre le marché domestique et les exportations. Cette différenciation est captée au niveau de l’offre par une fonction à élasticité de transformation constante (CET). La balance courante qui correspond à l’épargne extérieure (en devises), est égale aux importations en devises et transferts vers le reste du monde (sous forme de rémunérations de capital et de dividendes) provenant des entreprises, de transferts versés par le gouvernement net du total de ses exportations et des transferts du reste du monde dont il bénéficie (transferts reçus par le gouvernement et les ménages). 5.2.2.7 Equilibre Les conditions d’équilibre qui caractérisent le modèle sont traduites par les équations 36 à 39. Premièrement, sur les marchés des biens et services, les prix s’ajustent pour assurer l’équilibre entre l’offre et la demande. L’offre totale du produit composite est égale à la somme des demandes 15 intermédiaires, de la consommation finale des ménages et de l’investissement. Deuxièmement, les dépenses publiques sont affectées uniquement à la production des services publics non marchands. La troisième condition d’équilibre est celle du marché du travail. On suppose un plein emploi des facteurs travail qualifié et travail non qualifié, ce qui implique qu’il n’y a pas de chômage. La dernière condition est celle de l’équilibre macroéconomique entre l’investissement total qui est égal à la somme des épargnes des agents économiques résidents et du reste du monde. 5.2.2.8 Le calibrage et la fermeture du modèle Pour le calibrage du modèle, il est nécessaire de choisir des paramètres. Il s’agit, entre autres, des élasticités de transformation, des élasticités de substitution et des paramètres du bloc commerce extérieur. Pour des élasticités qui ne sont pas estimées pour le Togo, l’étude pourra recourir à différentes sources telles que la base de données de GTAP relatives aux pays d’Afrique au Sud du Sahara, les travaux relatifs au MEGC cités dans la revue de la littérature sur les pays de l’UEMOA, entre autres : Dorosch (1996), Decaluwé, Dissou et Patry (2001), Dissou (2002) et Decaluwé, Dissou et Robichaud (2004). Ainsi, dans le cas de la présente étude, les élasticités de substitution (fonctions CES) et de transformation (fonctions CET) des différentes branches d’activité de production de biens et services seront tirées de Decaluwé, Dissou et Robichaud (2004, p.331). Cette préférence est due au fait que ces élasticités ont été déjà utilisées pour une modélisation en équilibre général calculable basée sur les pays de l’UEMOA dont le Togo. Enfin, les prix mondiaux des importations et des exportations de même que le taux de change sont fixés à 1 à l’année 2000 ici l’année de référence. C’est également le cas du taux de salaire et du prix du capital. Excepté ces paramètres, tous les autres, notamment les paramètres d’échelle des fonctions CES et CET, le paramètre de transformation de la fonction CET, les paramètres de substitution (fonctions CES) ainsi que les paramètres de part des fonctions CES et CET seront calibrés à partir des données de la MCS. Une fois que le modèle standard EXTER, construit et exécuté, permet de retrouver les valeurs de départ (Benchmark data) issues de la MCS, on peut donc utiliser le modèle construit pour effectuer une simulation des effets d’un choc dans le secteur agricole sur la distribution de revenu des ménages. 5.3 Données 5.3.1 : Présentation des données Les données nécessaires pour la modélisation sont issues de la MCS à construire pour mieux répondre aux objectifs de l’étude. En effet, la Direction Générale de la Statistique et de la Comptabilité Nationale a finalisé en 2005 les comptes nationaux d’une nouvelle année de base (2000), conformes à la version de 1993 du Système de Comptabilité Nationale des Nations Unies (SCN 93). Un Tableau des Ressources et Emplois (TRE) comportant une partie TEI (Tableau des Echanges intermédiaires) détaillée. Un Tableau des Comptes Economiques Intégrés (TCEI) et une masse d’informations importante sont disponibles et serviront de matières premières à la construction de la MCS désagrégée. En effet, le TRE comporte des données sur un total de 41 comptes d’agents de production de biens de services, notamment : 16 (i) (ii) (iii) 5 comptes relatifs au secteur primaire : agriculture vivrière, agriculture de rente, élevage, forêt et pêche ; 24 comptes du secteur secondaire : 1 compte pour l’industrie extractive, 1 compte pour l’industrie pétrolière et 22 comptes pour l’industrie manufacturière ; 12 comptes du secteur tertiaire : transport, construction, réparation, éducation, santé… Les données sur chaque compte d’agent sont relatives à la production, à la valeur ajoutée brute, aux rémunérations salariales (avec distinction entre salariés déclarés et salariés non déclarés qui sont majoritairement des salariés sans qualification), aux échanges interbranches, à l’accumulation, aux échanges extérieurs, aux impôts et taxes et à l’excédent brut d’exploitation. 6. Présentation et analyse des résultats 6.1 Description de la structure de l’économie togolaise à partir de la MCS A partir des données de la MCS du Togo, un certain nombre d’indicateurs macroéconomiques sont analysés pour comprendre la structure de l’économie togolaise. Les principaux indicateurs retenus sont : le taux de valeur ajoutée, l’intensité factorielle, la ventilation de la production, les échanges inter-branches, la part des impôts et taxes indirects dans l’écart entre les flux aux coûts des facteurs et les flux aux prix du marché et la part des importations dans l’offre totale des biens et services. 6.1.1 Activités de production et Intensité factorielle par branche 6.1.1.1 Répartition de la production et de la valeur ajoutée Une répartition de la valeur ajoutée totale selon la valeur ajoutée par branche montre que la branche Agriculture vivrière contribue à plus de 20% à la valeur ajoutée totale (tableau A1). Les autres branches les plus représentatives sont par ordre d’importance le Commerce, le Service non marchand, les Transports et Communications et l’Agriculture de rente. En termes de taux de valeur ajoutée, les données de la MCS indiquent que ce taux est de l’ordre de 56% pour l’ensemble de l’économie. Toutefois, selon les branches, on note des disparités significatives étant donné que certaines branches se sont révélées à fort ou à faible taux de valeur ajoutée. Les cinq premières branches à forte valeur ajoutée (avec un taux de valeur ajoutée compris entre 81% et 93,4%) dans l’économie togolaise sont, l’Education, la Pêche, l’Agriculture vivrière, les Activités immobilières et la Sylviculture & exploitation forestière. Par contre, les branches à très faible valeur ajoutée sont : «Fabrication de produits à base de tabac», «Travail de grains & produit amylacé», «Fabrication d’équipement, Métallurgie» et «Abattage & transformation. Une analyse de la part de la valeur ajoutée brute affectée par les branches d’activités aux rémunérations des facteurs travail formel et travail informel indique que pour l’ensemble des branches 48% de la valeur ajoutée est utilisée pour le paiement du travail informel contre 14% pour le travail informel (tableau A2 annexe 1). En considérant un taux de salaire implicite pour prendre en compte le travail autonome des travailleurs informels, il ressort de la MCS que l’Agriculture vivrière affecte plus de 67% de sa valeur ajoutée au titre de rémunération salariale du travail informel contre 0.02% du travail formel. Ceci est d’autant vrai que l’agriculture 17 togolaise est une agriculture traditionnelle constituée d’exploitations familiales de petite taille. Par contre, excepté la branche «Fabrication d’équipement», les branches orientées vers le secteur des services (Education, Réparation, Services aux entreprises transports et communications) présentent une intensité factorielle en travail informel très élevée. L’administration publique est la principale branche utilisatrice du travail formel avec en son sein près de 46% du total du travail formel. Cette administration publique qui n’a recours qu’au travail formel affecte près de trois quart de sa valeur ajoutée au paiement des rémunérations salariales. Le travail formel est également fortement utilisé dans deux autres branches, à savoir : les Activités financières et les Postes et Télécommunications. 6.1.1.2 Structure de la demande de biens intermédiaires A partir des données sur les échanges intermédiaires, il est ressorti que la branche Commerce fournit près du quart des biens intermédiaires utilisés dans l’ensemble de l’économie (tableau A1 annexe 1). De même, les produits de la branche Agriculture vivrière constituent une part relativement non négligeable dans la demande totale de biens intermédiaires avec 11% de part. Suivent après les branches Transport et Communications, Electricité Eau et Gaz, et Produits Chimique avec des parts respectives de 8.3%, 7.5%, 6.3%. S’agissant de la structure de la ventilation des produits des branches, il ressort que, toutes branches confondues, la production écoulée vers les ménages sous forme de produits de consommation finale représente 41,5% de la production (tableau A1 annexe 1). Celles vendues aux branches comme biens intermédiaires représentent 51%. L’accumulation ne représente dans ce cas qu’environ 8% de la production. Pour le cas particulier de la branche «Agriculture vivrière», la vente d’une partie de ses produits à titre de produits de consommation finale des ménages représente 64% de sa production. Une analyse de l’offre domestique des produits sur le marché montre que certains biens disponibles sur le marché sont entièrement ou presque issus des importations (tableau A1 annexe 1). C’est le cas des branches telles que « Produits chimiques», « Machines et matériels divers ». Par contre, les produits du secteur primaire sont des tirés presque entièrement des productions locales en grande partie. De même, un grand nombre de produits manufacturiers disponibles sur le marché local sont des biens domestiques à concurrence de plus de 50%. La part des taxes et impôts dans le prix du marché varie d’une branche à une autre. Les produits issus du secteur primaire sont nullement taxés tandis que ceux issus des secteurs secondaire et tertiaire supportent des taxes relativement élevées. Les taux de taxation varient entre 13 et 73%. Dans ces taxes, la TVA est la plus importante. 6.1.2 Le commerce extérieur La branche des produits chimiques est la principale branche d’importation du Togo avec plus de la moitié des importations totales. Ce poids est expliqué par la prépondérance des importations de produits pétroliers. Il y a lieu de relever que pour les biens issus du secteur primaire, la faiblesse des importations enregistrées est expliquée par la prépondérance des échanges frontaliers informels portant sur ces biens. Quant aux exportations totales des biens et services, elles sont 18 dominées par les produits pétroliers (14,9%), les textiles (12,9%) et les phosphates (12,3%). Parmi les produits agricoles, les produits de rente représentent 4,3% des exportations totales. 6.1.3 Sources du revenu des ménages Il ressort du tableau 1 ci-dessous, que les rémunérations du travail informel (indépendants et salariés non déclarés) constituent la principale source de revenu des ménages toutes catégories confondues. Ce qui peut être expliqué par le fait que c’est dans les secteurs primaires et tertiaires considérés comme les secteurs principaux de l’économie togolaise qu’il existe un nombre élevé d’indépendants notamment les indépendants agricoles et les commerçants de grande ou de petite taille. Les rémunérations du travail formel contribuent à près de 20 % au revenu des ménages non pauvres et non vulnérables contre 12,27 % pour les ménages non pauvres et vulnérables. Les ménages pauvres et vulnérables en tirent 8,70 % de leur revenu contre 11,33 % pour les ménages pauvres non vulnérables. En outre, il apparaît à travers les résultats que la part de la rémunération du capital privé dans le revenu total des ménages décroît avec la situation de pauvreté et de vulnérabilité. En effet, les ménages pauvres et vulnérables perçoivent près de 22 % de leur revenu à titre de rémunération du capital privé contre 19,37 % pour les ménages pauvres et non vulnérables. Quant aux ménages non pauvres la part de la rémunération du capital privé est de 17,76 % et 10,61 % respectivement pour les vulnérables et les non vulnérables. Tableau 1 : Structure des sources de revenus des ménages (%) Ménages Ménages Ménages non Ménages non pauvres et pauvres et non pauvres et pauvres et non Sources vulnérables vulnérables vulnérables vulnérables Travail formel 8,70 11,33 12,27 19,47 Travail informel 48,28 48,50 49,91 53,19 Rémunération du capital privé 21,66 19,37 17,76 10,61 Revenu de la propriété 6,08 5,92 5,71 4,77 Prestations sociales 1,12 1,09 1,05 0,88 Autres transferts 9,44 9,19 8,87 7,40 Transfert en nature 4,72 4,59 4,43 3,70 Source : Calculs à partir des données de la MCS du Togo, 2007 6.1.4 Utilisation du revenu En considérant les résultats contenus dans le tableau suivant, il ressort que dans l’ensemble, les ménages consacrent une part très élevée de leur revenu à la consommation de biens et services. La proportion est particulièrement très importante pour les ménages pauvres vulnérables ou non vulnérables. En ce qui concerne les dépenses de transferts et de paiement d’impôts directs, les ménages non pauvres utilisent environ 6% de leur revenu à ces deux types de dépense. Ce qui représente le double de la part utilisée par les pauvres vulnérables. En conséquence, les taux d’épargne sont différents selon le type de ménages. Ainsi, les ménages non pauvres et non vulnérables sont de loin les grands épargnants parmi les ménages avec un taux d’épargne d’environ 16%. Ce taux demeure relativement faible pour les ménages non pauvres et vulnérables puisqu’il est de 1,70 %. Quant aux ménages pauvres, et plus particulièrement les ménages pauvres non vulnérables, ils ont eu recours à la désépargne pour financer leur consommation. 19 Tableau 2: Structure de l’utilisation des revenus des ménages (%) Ménages Ménages Ménages non pauvres et pauvres et non pauvres et vulnérables vulnérables vulnérables Consommation finale 104,24 122,75 92,49 Transferts et Impôts 2,75 3,52 5,81 Epargne -6,99 -26,27 1,70 Source : Calculs à partir des données de la MCS du Togo, 2007 Ménages non pauvres et non vulnérables 78,17 5,86 15,98 6.1.5 Les finances publiques Les finances publiques illustrent l’ensemble des recettes publiques générées et des dépenses effectuées par l’Etat. Le tableau 3 ci-après montre que les finances publiques sont constituées en grande partie des taxes indirectes. Tableau 3 : Structure des recettes publiques Part Capital public 22,955 Contributions sociales 5,892 Autres transferts 17,583 Taxes directes 13,857 Taxes sur les produits 2,456 Autres taxes 24,926 Taxes sur les importations 12,172 Taxes sur les exportations 0,158 Source : Calculs à partir des données de la MCS du Togo, 2007 6.2 Analyse des résultats de la simulation5 d’une hausse de 15% du capital spécifique aux branches du secteur primaire L’augmentation de 15% de la dotation en capital des branches du secteur primaire a eu pour conséquence comme attendu la diminution du rendement du capital dans les branches bénéficiaires. Les taux de diminution ont été de 29,69% pour l’agriculture vivrière, 62,46% pour l’agriculture de rente, 38,83% pour l’Elevage et Chasse, 43,67% pour la Sylviculture et Forêt et 51,51% pour la Pêche (tableau A4 annexe 2). Il s’ensuit une substitution du capital à la main d’œuvre justifiant ainsi la baisse de la demande de main d’œuvre qui est constatée dans ces branches. La main d’œuvre libérée devient disponible pour les autres secteurs d’activité notamment l’industrie et les services. Il ressort de résultats que ce sont les services qui ont récupéré la main d’œuvre informelle issue du secteur primaire puisque certaines branches des services connaissent une hausse du volume de main d’œuvre variant entre 16,69 et 98,55% (tableau A4 annexe 2). Ce déplacement de la main d’œuvre a eu des conséquences sur la rémunération du taux de salaire. C’est ainsi qu’il est observé une augmentation du taux de salaire de la main d’œuvre formelle et une baisse de celui de la main d’œuvre informelle (tableau A4 annexe 2). En effet, dans un premier temps, la main d’œuvre libérée par les branches du secteur primaire, fortes utilisatrices de la main d’œuvre informelle, viendra 5 Simulation à partir du modèle standard 20 gonfler l’offre de main d’œuvre disponible impliquant ainsi une baisse du taux de salaire de la main d’œuvre informelle. Par contre, la hausse du taux de salaire de la main d’œuvre formelle, serait due à l’accroissement de la demande de main d’œuvre formelle par l’Administration publique qui utilise plus de 45% de la main d’œuvre formelle totale et dont la production et le revenu ont fortement augmenté. Par ailleurs, dans l’industrie et les services, le capital qui leur est spécifique devient ainsi relativement plus rare avec comme effet une augmentation des rendements à la fois dans l’industrie que dans les services notamment les transport et communication, les Postes et Télécommunications et Réparations (tableau A4 annexe 2). Ces variations des rendements du capital ont impliqué une variation du prix de la valeur ajoutée dans le sens attendu. En effet, le prix de valeur ajoutée des branches du secteur primaire affectées par la hausse du volume de capital a connu une baisse tandis que les branches des secteurs industriels et des services où il a été noté une augmentation du rendement du capital ont connu une hausse du prix de valeur ajoutée. Les baisses du prix de valeur ajoutée de certaines branches des secteurs industriels et des services peuvent être expliquées par celles du rendement de leur capital (tableau A3 annexe 2). Quant à l’effet sur la production, on sait que toute variation du volume de facteurs de production entraîne, toutes choses égales par ailleurs, la variation dans le même sens du volume de production. Dans le cas présent, l’accroissement de 15% du volume du capital a eu pour effet l’accroissement de la production dans les branches bénéficiaires excepté l’agriculture de rente (tableau A1 annexe 2). Dans les autres branches d’activité, on observe des variations à la hausse ou à la baisse de leur production en fonction des variations à la hausse ou à la baisse respective de leur demande en biens intermédiaires. On peut expliquer la baisse des productions dans la plupart des branches par le fait que les produits chimiques (principalement le pétrole) qui constituent un bien de consommation intermédiaire de premier ordre pour toutes les branches de production ont varié significativement à la baisse. En ce qui concerne les effets sur les échanges internationaux, on note une hausse des importations puisque la consommation des ménages a augmenté tandis que la production domestique a varié dans l’ensemble faiblement à la hausse ou même a diminué. Avec une diminution du prix des biens et services plus forte que celle du revenu disponible des ménages, il été constaté une hausse non négligeable de la consommation finale des biens et services par ces ménages et en conséquence une diminution des exportations (tableau A3 annexe 2). 6.3 Analyse des effets d’une hausse de 15% du capital spécifique aux branches du secteur primaire sur la distribution de revenu des ménages pauvres et vulnérables Suite à l’accroissement des investissements dans le secteur primaire de 15%, il a été noté une variation d’une part négative du revenu nominal des ménages pauvres et vulnérables et des ménages pauvres non vulnérables (-3.09% et 0.77% respectivement) et d’autre part positive pour les ménages non pauvres vulnérables et non vulnérables (0.06% et 6.28%). Cependant, une analyse en termes de bien-être indique que les ménages dans leur ensemble ont connu une amélioration de bien-être puisqu’ils présentent tous une variation équivalente positive. L’amélioration a été plus élevée pour les ménages vulnérables pauvres ou non. L’accroissement des investissements dans le secteur primaire par l’Etat suppose que ce dernier dispose de moyens financiers ou encore a les moyens de mobiliser les ressources financières en conséquence. En effet, dans le cadre du DSRP, l’Etat togolais prévoit le financement des investissements à travers trois sources que sont : les emprunts obligataires, les recettes fiscales et les aides étrangères. Cependant, le recours à l’une ou l’autre de ces sources de financement a des conséquences économiques qui peuvent affecter à des degrés divers la pauvreté et la vulnérabilité des 21 ménages. D’où la nécessité pour l’Etat de retenir la source de financement la plus favorable aux pauvres. Ainsi, en recourant aux emprunts obligataires, l’Etat devra à court ou moyen terme rembourser le capital et les intérêts grâce à un accroissement de ses recettes fiscales et non fiscales. Ce qui aura pour conséquence, toutes choses égales par ailleurs, d’accroître les charges des unités de production et de réduire le revenu disponible des ménages et principalement les ménages salariés formels. Dans ces conditions, étant donné que les ménages pauvres tirent l’essentiel de leur revenu du travail informel, l’on pourra s’attendre à des effets moindres sur le niveau de pauvreté des ménages. Par contre, lorsque l’Etat privilégiera une plus grande mobilisation de ses ressources fiscales pour pouvoir financer ses investissements, cela s’entend un plus grand accès aux contribuables potentiels et donc une réduction des activités informelles qui échappent jusqu’alors à la fiscalité directe. Il s’en suivra une réduction sensible du revenu tiré du travail informel par les ménages pauvres et non pauvres. Enfin, en considérant le financement extérieur comme un appui à l’Etat, cette source de financement doit être complémentaire aux deux autres sources car elle est à très faible coût puisqu’elle est en grande partie non remboursable. Pour une lutte plus efficace et durable contre la pauvreté, l’Etat a intérêt à combiner les deux sources de financement que sont les emprunts obligataires et l’aide étrangère. Conclusion L’analyse de l’évolution récente de la situation socio-économique du Togo fait apparaître clairement une progression inquiétante de la pauvreté chez les ménages. C’est dans ce contexte que le gouvernement togolais s’apprête à adopter le DRSP dont les grands axes stratégiques visent à arrêter l’expansion du phénomène de pauvreté et à améliorer l’accès équitable des populations aux services sociaux de base. A ce stade du DSRP, une des préoccupations est de tenter de mesurer les effets potentiels des mesures prévues dans le cadre notamment de l’axe stratégique portant sur la réduction de la pauvreté par la promotion de la croissance économique. Pour répondre à cette préoccupation, un modèle d’équilibre général calculable (MEGC) a été construit pour simuler les effets des mesures de politique sectorielle retenue dans le DRSP en l’occurrence un accroissement du volume du capital spécifique au secteur Agriculture sur la distribution de revenus des différentes catégories de ménages pauvres. Ce modèle a nécessité la construction d’une Matrice de Comptabilité Sociale (MCS) élaborée à partir du TRE, du TCEI de 2000 et des informations tirées soient de l’enquête de l’entreprise de 2000 ou de l’enquête QUIBB de 2006. Les quatre catégories de ménages considérées sont : les ménages pauvres vulnérables, les ménages pauvres non vulnérables, les ménages non pauvres vulnérables et les ménages non pauvres. En recourant au contenu de la MCS, il ressort que la branche Agriculture vivrière contribue à plus de 20% à la valeur ajoutée totale suivie des branches Commerce, Service non marchand, Transports et Communications et Agriculture de rente. Pour l’ensemble des branches, 48% de la valeur ajoutée est utilisée pour le paiement du travail informel contre 14% pour le travail informel. En considérant un taux de salaire implicite pour prendre en compte le travail autonome des travailleurs informels, il ressort de que l’Agriculture vivrière affecte plus de 67% de sa valeur ajoutée au titre de rémunération salariale du travail informel contre 0,02% du travail formel. L’administration publique est la principale branche utilisatrice du travail formel avec en son sein près de 46% du total du travail formel. Toutes branches confondues, la production écoulée vers les ménages sous forme de produits de consommation finale représente 41,5% de la production contre environ 8% au titre d’accumulation. La principale source de revenu des ménages se trouve être les rémunérations du travail informel (indépendants et salariés non déclarés). Les rémunérations du travail formel 22 contribuent à près de 20 % au revenu des ménages non pauvres et non vulnérables contre 12,27 % pour les ménages non pauvres et vulnérables. Les ménages pauvres et vulnérables en tirent 8,70 % de leur revenu contre 11,33 % pour les ménages pauvres non vulnérables. Les ménages, notamment les ménages pauvres vulnérables ou non vulnérables consacrent une part très élevée de leur revenu à la consommation de biens et services. Une simulation d’une hausse de 15% du capital spécifique aux branches du secteur primaire fait ressortir une baisse de rendement du capital et du salaire dans le secteur primaire, et une très faible augmentation de la production vivrière et une baisse de la production de culture de rente. En ce qui concerne les effets sur les échanges internationaux, on note une détérioration de la balance commerciale consécutive à la baisse du volume des exportations et une hausse du volume des importations. En ce qui concerne l’effet sur la distribution des revenus, il a été noté une variation positive et négative du revenu nominal. En termes de bien-être, il est noté dans l’ensemble une amélioration du bien-être. De tout ce qui précède, il ressort qu’une action de grande envergure dans l’agriculture est de nature à réduire l’incidence de la pauvreté et la vulnérabilité au Togo. A cet effet, il convient aux décideurs de cibler efficacement les mesures économiques adéquates en faveur dudit secteur et surtout de rechercher les sources de financement qui ne créent pas de nouvelles charges aux ménages pauvres et vulnérables. 23 Références bibliographiques Adelman I. and S. Robinson (1978), «Income distribution policy in developing countries: A case study of Korea», Oxford university press. Adelman, I. and S. Robinson (1979), «Income Distribution Policy: A Computable General Equilibrium Model of South Korea», in Adelman, I, The selected essays of Irma Adelman. Volume 1. Dynamics and income distribution. Economists of the Twentieth Century Series. Aldershot, U.K., pp. 256-89. Agénor, P. R., A. Izquierdo and H. Fofack (2001), « IMMPA: A Quantitative Macroeconomic Framework for the Analysis of Poverty Reduction Strategies », World Bank. Annabi, N. and T. Rajhi (2001), «Dynamics of Trade liberalization: an Intertemporal General Equilibrium Model Applied to Tunisia», Présenté à la conférence: Policy Modeling for the European and Global Issues, Bruxelles. Bchi, M. H.; Decreux, Y. ; Guérin, J. – L and Jean, S. (2002), «MIRAGE, a Computable General Equilibrium Model for Trade Policy Analysis», CEPII, Working Paper wp02 – 17. Beladi H. and Marjit (1992) « Foreign Capital and Protectionism» The Canadian Journal of Economics, Vol.25, Issue 1, pp. 233-238. Boccanfuso et al(2003), « Pauvreté et distribution de revenus au Sénégal: une approche par la modélisation en équilibre général calculable micro-simulé » CIRPEE, Cahier de recherche/Working Paper 03-33 Bourguignon, F., J. de Melo and A. Suwa, (1991), « Modelling the effects of adjustment programs on income distribution », World Development, Vol. 19. no 11. pp. 1527-1544. Bourguignon, F., A.-S Robillard and S. Robinson (2002), « Representative versus real households in the macro-economic modeling of inequality», mimeo, World Bank. Callipel, S. et Guillaumont-Jeanneney, S. (1996), « Dévaluation, Chocs Externes et Politique Economique en Côte d’Ivoire. Analyse de leurs Effets Respectifs à Partir d’un Modèle d’Equilibre Général Calculable», Revue d’Economie du Développement. 3/1996, pp 65-93. CAPE (2002), Impact des Accords de Partenariat Economique (APE) et les Scenarii desAjustements préliminaires: Cas de l’UEMOA, Cotonou, mimeo. Chia, N.-C., Wahba, S. M. and Whalley, J. (1992), « A General Equilibrium – Based Social Policy Model for Côte d’Ivoire», Poverty and Social Policy Series, Paper N°2. World Bank, Washington, D.C Cling, J.P. and G. Letilly (2001), «Export Processing Zones: A threatened instrument for global economy insertion? », Document de Travail DIAL, DT/2001/17 Cockburn, J. (2001), « Trade liberalization and Poverty in Nepal: A Computable General Equilibrium Microsimulation Analysis », Working paper 01-18. CREFA, Université Laval. Cogneau, D. and Collange, G. (1997), « Les effets à moyen terme de la dévaluation des francs CFA Une comparaison Cameroun / Côte d’Ivoire à partir d’un modèle micro-macro dynamique et financier», 24 Cogneau D. and A.-S Robillard (2000), « Income Distribution, Poverty and Growth in Madagascar: Micro simulations in a General Equilibrium Framework », IFPRI TMD Discussion Paper No.61. Colatei, D, and J. I, Round (2001), « Poverty and Policy: Some experiments with a SAM-Based CGE Model for Ghana » Mimeo, Warwick University. Dansokho (2000). « Essai de simulation de l’ajustement structurel dans le secteur agricole du Sénégal à l’aide d’un modèle d’équilibre général calculable ». Thèse de Doctorat d’État ès Sciences Économique, Université Cheikh Anta Diop. Decaluwé, B., A. Patry, L. Savard and E. Thorbecke (1998), « Poverty Analysis Within a General Equilibrium Framework » Working Paper 99-09, African Economic Research Consortium. Decaluwé, B., J.C. Dumont et L. Savard (1999), « How to Measure Poverty and Inequality in General Equilibrium Framework », Laval University, CREFA Working Paper #9920. Decaluwé, B., A. Martens et L. Savard (2001), « La politique Économiques du Développement», Université Francophone-Presse de l’Université de Montréal, Montréal. pp. 1-509. Decaluwé, B., Y. Dissou and A. Patry (2001), «Union douanière au sein de l’UEMOA : Une analyse quantitative» Revue Economique Vol. 52, N° 4, pp. 811-830. Decaluwé, B., Y. Dissou and V. Robichaud (2004), « Regionalism and Labour Market Structure: A CGE Analysis of UEMOA Customs Union », Journal of African Economies, Vol.13(2), pp. 302332 de Janvry, A., E. Sadoulet et A. Fargeix (1991), « Adjustment and Equity in Ecuador » OECD Development Center, Paris. Devarajan, S. and G., Delfin (1998), « The Simplest Dynamic General-Equilibrium Model of an Open Economy», Journal of Policy Modeling. Vol.20, pp. 677-714. Devereux, J and Chen L.L. ( 1995) « Export Zones and Welfare : Another Look » Oxford Economic Papers 47, pp.704-713 Diagne A., F. J. Cabral, F. Cissé, M. Dansokho , S. Ba. (2003), « Politiques commerciales, intégration régionale et distribution de revenus au Sénégal », in Cockburn J., B. Decaluwé and V. Robichaud (eds), Trade, liberalization and poverty : a CGE analysis of the 1990’s expêrience Dissou, Y. (2002), « Dynamic Effects in Senegal of the Regional Trade Agreement Among UEMOA Countries», Review of International Economics, 10(1), pp. 177-199 Dissou, Y (2001), « Le temps et les Importations Ivoiriennes», in Decaluwé, Martens et Savard (2001). La Politique Economique et les Modèles d’Equilibre Général Calculable. Les Presses de l’Université de Montréal, Chap 16, pp 421 – 436. Dissou, Y. and B. Decaluwé (1995), « External Shocks and Adjustment in Cote d’Ivoire: a Dynamic General Equilibrium Analysis», Cahier de Recherche du CREFA. 95 – 12, Université Laval. Document de Travail, DT/97/11, DIAL, Paris. Dumont J.C. et S. Mesple-Somps (2001), « Des retombées généralement bien appréciées : infrastructure publique, croissance et compétitivité au Sénégal», in La politique économique du développement et les modèles d’équilibre général calculable. Montréal: Presse de l’Université de Montréal, AUPELF/UREF. 25 EL Saïd, M.; H. Löfgren and S. Robinson (2001), « The Impact of Alternative Development Strategies on Growth and Distribution: simulations with a dynamic Model for Egypt », Trade and macroeconomics Division, International Food Policy Research Institute, Washington DC. Fofana, I., Cockburn, J. and B. Decaluwé (2003), «Trade Liberalisation and Poverty in Africa: Description d’un Modèle Standard d’Equilibre Général Calculable, CIPREE-PEP, Université de Laval, Canada. Glick, P. and F. Roubaud (2004), «Export Processing Zone Expansion in an African Country: What are the Labor Market and Gender Impacts? », Document de Travail DIAL, DT/2004/15 Gunning, W.J. (1983), « Income Distribution and Growth: A Simulation Model for Kenya », in D.G. Greene (principal author), Kenya: Growth and Structural Change, 2 vols., Washington, DC: World Bank, pp. 487-621. Harberger, A., (1962), «The incidence of the corporate income tax », Journal of Political Economy 70, pp 215–240. Harrison, G., T. Rutherford and D. Tarr (1997), «Trade policy Options for Chile: A Quantitative Evaluation », World Bank, Washington DC. Jayanthakumaran S. (2003), « Benefit-Cost Appraisals of Export Processing Zones : A survey of Literature» Development Policy Review, Vol.21, N° 1, pp. 51-65 Johansen, L. (1960), «A multisectoral study of economic growth », North Holland, Amsterdam. Lloyd, P.J., Mac Laren, D. (2002), «Measures of Trade Openness Using CGE Analysis », Journal of Policy Modeling. vol. 24, pp. 67-81. Mc Intire, J (1999), «Reforming Côte d’Ivoire’s Cocoa Marketing and Pricing System », The World Bank, Washington DC. Mc Intire, J et P. Varangis (2001), «Reforming Côte d’Ivoire’s Cocoa Marketing and Pricing System », The World Bank, Washington DC. OIT (1998), « Labour and Social Issues Relating to Export Processing Zones » Geneva. Scarf, H. E. (1973), The computation of economic equilibria, Yale University Press, New Haven and London. PNUD (2004), «Rapport National sur le Développement Humain : Action des ONG dans le Développement Humain Durable au Togo» Sand-Zantman, A. (1995), «Modèles d'équilibre général calculable et répartition des revenus dans les pays en voie de développement: quelques éléments d'évaluation », Document ERUDITE N° 94-09. Schubert, K. (1993), « Les modèles d’Équilibre Général Calculable : Une Revue de Littérature », Revue d’Economie Politique 103 (6) pp775 – 824. Thorbecke, E. (1991), « Adjustment growth and income distribution in Indonesia. and Equity in Indonesia », World Development, Vol. 19. no 11. pp. 1595-1614. Zantman, A. (1994), « Modèles d’Equilibre Général Calculable et Répartition des Revenus dans les Pays en Voie de Développement : Quelques Eléments d’Evaluation », El Trimestre Economico. Vol. LXI (4). N°. 244. Mexico.