Évaluation de la sécurité alimentaire Zone de Santé d`Ankoro

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Évaluation de la sécurité alimentaire Zone de Santé d`Ankoro
Mars 2009
Évaluation de la sécurité alimentaire
Zone de Santé d’Ankoro
Province du Katanga
République Démocratique du Congo
Financée par
TABLE DES MATIERES
Remerciements ..................................................................................................... 3
Résumé introductif ................................................................................................ 4
1
Introduction ................................................................................................. 10
2
Approche méthodologique ............................................................................... 11
2.1
Méthodologie .......................................................................................... 11
2.2
Étude des marchés .................................................................................... 12
2.3
Contraintes ............................................................................................. 12
3
Résultats par composante ............................................................................... 12
3.1
Contexte et typologie des ménages ................................................................ 12
3.1.1
Contexte général ................................................................................ 12
3.1.2
Typologie des ménages......................................................................... 14
3.2
Problématiques ........................................................................................ 15
3.3
Production et disponibilité alimentaire ........................................................... 15
3.3.1
Agriculture ....................................................................................... 16
3.3.2
Pêche ............................................................................................. 18
3.3.3
Élevage ........................................................................................... 19
3.3.4
Chasse............................................................................................. 20
3.3.5
Dynamique du marché local ................................................................... 20
3.4
Revenus et Dépenses ................................................................................. 22
3.4.1
Revenus ........................................................................................... 22
3.4.2
Principales dépenses ........................................................................... 23
3.5
Disponibilité, Consommation et Diversité Alimentaire .......................................... 24
3.6
Situation sanitaire .................................................................................... 25
3.6.1
Santé .............................................................................................. 25
3.6.2
Eau et Assainissement .......................................................................... 25
3.7
Mécanisme de survie.................................................................................. 26
4
Conclusion et recommandations ....................................................................... 29
4.1
Conclusion .............................................................................................. 29
4.2
Recommandations..................................................................................... 29
4.2.1
Ciblage prioritaire .............................................................................. 29
4.2.2
Recommandations d’intervention ............................................................ 30
Annexes
Enquête et rapport réalisés par :
Gustave MWAMBA KIDIYA, Superviseur- Evaluateur Sécurité alimentaire ACF
Action Contre la Faim / Zone de santé d’Ankoro / Katanga / Sécurité Alimentaire
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Remerciements
L’équipe d’Action Contre la Faim remercie toutes les personnes ressources de Manono et Ankoro
qui, par leur franche collaboration, ont facilité la réalisation de cette mission d’évaluation. Que les
autorités de la zone de santé d’Ankoro et les communautés des localités touchées par cette étude
trouvent, dans ces lignes, l’expression de notre profonde gratitude pour leur accueil et leur
participation aux enquêtes.
Action Contre la Faim / Zone de santé d’Ankoro / Katanga / Sécurité Alimentaire
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Résumé introductif
¾
Données démographiques
- La taille moyenne des ménages enquêtés est de 9 personnes,
- Le statut matrimonial des chefs des ménages enquêtés se présente de la manière suivante :
marié (es) : 81,3% ; veufs : 4% ; veuves : 10,7% ; divorcé (es) et séparé (es) : 4%.
- La répartition par âge des populations enquêtées se présente de la manière suivante : 0-6
ans : 27,4% ; 7-15 ans : 29,9%, 16-55 ans : 38,7% et plus de 55 ans : 4%.
- 68,4% des enfants âgés de 7 à 15 ans sont scolarisés, dont 60,2% de sexe masculin et 39,8% de
sexe féminin.
- 16,7% des ménages enquêtés comptent un ou plusieurs membres soufrant d’un handicap
physique contre 83,3% qui n’en ont pas.
- 17,3% des ménages enquêtés possèdent une ou plusieurs personnes dépendantes à leur charge
contre 82,7% qui n’en ont pas.
¾
Productions
- 100% des ménages enquêtés pratiquent l’agriculture dont 15,3% font du maraîchage.
- Les autres activités de production et génératrices de revenu pratiquées par les enquêtés par
ordre d’importance sont : l’élevage familial (75,3%), la pêche (67,3%) et la chasse (14%).
- Le nombre moyen d’actifs agricoles par ménage est de 2 personnes. Il s’agit généralement du
chef de ménage et de son conjoint pour les familles biparentales.
- 100% des ménages agricoles ont chacun au moins une houe, 82% ont au moins une hache et
34% ont au moins une machette.
- Le manioc, l’arachide, le maïs, le haricot/le niébé, le voandzou et le riz sont les principales
spéculations cultivées respectivement par 99,3% ; 63,3% ; 46% ; 20% ; 16% et 13,3% des
ménages enquêtés.
- Les superficies moyennes cultivées annuellement par ménage et par spéculation sont de
l’ordre de 51,6 ares pour le manioc; 25,6 ares pour l’arachide; 20,8 ares pour le maïs ; 5 ares
pour le haricot ; 3,1 ares pour le voandzou et 2,2 ares pour le riz.
- Quant aux semences maraîchères, l’amarante et la tomate sont cultivées par 100% des
ménages maraîchers; l’aubergine par 69,7% ; le chou par 56,4% ; l’oignon par 47,8% et le
poireau par 43,5% des ménages enquêtés.
- Plus de la moitié des ménages enquêtés pratique l’élevage de type familial et les animaux
concernés sont la volaille, les chèvres, les moutons, les porcs, les canards, les cobayes et les
lapins élevés dans les proportions respectives de : 49,2% ; 19,9% ; 13,9% ; 7,7% ; 3,9% ; 3,3% et
2,1%.
- 75,3% des ménages pratiquant l’élevage familial déclarent avoir fait face à une baisse du
nombre de leurs animaux dans les trois derniers mois pour les raisons respectives
suivantes : les maladies, citées par 65,3% des ménages enquêtés notamment la pseudo peste
aviaire et la peste porcine ; le vol cité par 43,3% ; la vente citée par 38% et la consommation
ménagère citée par 19,3% des ménages.
- Les contraintes liées aux activités agricoles évoquées par ordre d’importance par les ménages
enquêtés sont : le manque de semences de qualité cité par 60% des ménages enquêtés ; le
manque d’outils de qualité et diversifiés cité par 22,7% ; le manque de main d’œuvre
suffisante pour les travaux pré culturaux cité par 10% ; les facteurs climatiques et les
maladies cités par 4,7% et le vol cité par 2% des ménages enquêtés.
- Par rapport aux contraintes relatives aux activités maraîchères, le manque d’outils aratoires
et de semences de bonne qualité a été évoqué par tous les maraîchers enquêtés (100%) ; le
manque de produits phytosanitaires repris par 73,9% ; la pénibilité des travaux évoquée par
52,2% ; le manque de connaissances par 47,8% et enfin le manque d’intérêt pour cette activité
évoqué par 34,8%.
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- Les contraintes aux activités de pêche sont le manque d’intrants (filets, hameçons etc.) et la
rareté des poissons pendant la période d’étiage.
- Les ménages de chasseurs enquêtés signalent le manque d’intrants (cartouches, fusils), la
rareté et l’éloignement des gibiers comme contraintes à cette activité.
- Quant à l’utilisation des produits agricoles par spéculation, le manioc et le riz sont plus
consommés respectivement à des proportions de 63,6% et 60% que vendus à des proportions
respectives de 19,4% et 25,8%. Les parts restantes de 17% et 14,2% représentent globalement
le stock, les semences, le troc, le remboursement, l’épargne, les dons, les dîmes et les
éventuelles pertes.
- Les autres produits vivriers tels que l’arachide, le haricot, le maïs et le voandzou sont plus
vendus respectivement à des proportions de 58,8% ; 51,3% ; 51,2% et 46,1% qu’ils ne sont
consommés respectivement à des proportions de 22,4% ; 39,1% ; 35,2% et 42%. Les parts
globales respectives réservées aux stocks, aux semences, aux trocs, aux remboursements, aux
dons, aux éventuelles pertes par spéculation sont de 18,8% ; 9,6% ; 13,6% et 11,9%.
- Les ménages maraîchers enquêtés déclarent vendre 42% de leurs productions et n’en
consommer que 40,6%, 11,3% vont aux dons et 6,1% représentent les éventuelles pertes.
- Quant à la production halieutique ; 58,9% des poissons sont vendus ; 31% consommés et 10,1%
réservés aux dons et trocs.
- Pour la chasse ; 55,4% des gibiers sont consommés ; 30,1% sont vendus et 14,5% destinés aux
dons.
¾
Revenus
- Le revenu moyen quotidien des ménages enquêtés est 563,37 Fc avec un écart type de 490,04
Fc, pourtant la distribution de revenu s’étale de 45 Fc à 3000 Fc.
- Les principaux postes de dépenses des ménages enquêtés se repartissent en moyenne de la
manière suivante : alimentation (39,6%), non vivres (27,3%), éducation (12,7%), santé (12,5%),
obligations sociales (4,5%) et équipements productifs (3,4%).
¾
Consommation et diversité alimentaire
- Les mécanismes de survie développés en période de difficultés alimentaires sont indiqués ci-
dessous en ordre d’importance : la réduction du nombre des repas (28,4%), la modification des
habitudes alimentaires (26,1%), la diminution de la scolarisation des enfants (12,3%), le travail
journalier non agricole (10,9%), le petit commerce (7,9%), les emprunts (7,3%), les travaux
champêtres rémunérés (4,6%) et les dons (2,5%).
- Généralement, les ménages enquêtés prennent en moyenne 1 repas par jour en période
difficile contre 3 en période normale. Toutefois, 91,3% d’enquêtés interrogés déclarent avoir
accès à un repas par jour contre 8,7% qui affirment prendre 2 repas par jour en période de
difficulté alimentaire. Par ailleurs, en période dite normale, 24,7% d’entre eux ont accès à 2
repas par jour et 75,3% à 3 repas par jour.
- En période normale, les principaux aliments qui entrent dans la composition du repas du
ménage par ordre d’importance sont les tubercules consommés par 98,7% des ménages
enquêtés ; les feuilles de manioc par 97,3% ; l’huile de palme par 94,7% ; les protéines
animales par 88,7% ; les légumes par 70,7 ; le riz par 60,7%; le haricot, les lentilles, les petits
pois, le soja par 58,7% des ménages. Les autres groupes d’aliments entrent à moins de 50%
dans la composition du repas.
- En période dite difficile, les principaux aliments qui composent l’alimentation du ménage par
ordre d’importance sont les tubercules et les feuilles de manioc consommés dans tous les
ménages enquêtés (100%) ; tandis que la patate douce, le haricot et les autres groupes
d’aliments interviennent à moins de 50% dans la composition du repas, notamment le riz à
45,3% ; le haricot, les lentilles, les petits pois, le soja à 34,7% ; les protéines animales à
25,3% ; l’huile à 22,7% et les légumes à 16%.
- En période normale, les ménages ont plusieurs sources de provenance de la nourriture. 99,3%
des ménages déclarent avoir un stock au champ ou à la maison ; 74,7% achètent des produits
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au marché local ; 25,3% par l’emprunt au marché local et 15,3% des ménages trouvent la
nourriture suite aux dons qui se font selon les liens de solidarité développés dans la
communauté.
- Les sources de provenance de la nourriture des ménages enquêtés en période difficile sont : le
stock au champ ou à la maison (72%), l’achat au marché local (67,3%), l’emprunt au marché
local (44%) et le don (30%).
- Le taux de diversité alimentaire hebdomadaire moyen des ménages enquêtés est de 29,8%. Le
rappel de la fréquence hebdomadaire moyenne de la prise alimentaire se présente de la
manière suivante : 7 fois pour des plats faits à base de tubercules ou de racines, 5 fois pour
les légumes, 4 fois pour l’huile, la graisse ou le beurre, 3 fois pour du poisson (frais, salé,
fumé), 2 fois pour des plats faits à base de maïs ainsi que d’autres aliments comme les épices,
le thé, le café ; 1 fois pour les fruits, le haricot, les lentilles, les petits pois, le soja, les noix,
le sucre, la canne à sucre ou le miel et enfin moins d’une fois pour les protéines animales, les
œufs et les produits laitiers.
¾
Dynamique du marché local
- Au moment des évaluations, 94% des ménages enquêtés ont observé une augmentation des
prix des denrées alimentaire sur le marché local contre 6% qui ont dit le contraire; 97,3% ont
observé une absence de certains produits contre 2,7% des ménages qui ont émis un avis
contraire et enfin 4,7% ont signalé la baisse des activités sur le marché contre 95,3% qui
estiment que les activités n’ont pas connu de fluctuations significatives.
- Les produits ayant augmenté de prix sont le poisson cité par 91,3% des enquêtés, la viande
citée par 66% ; l’huile de palme citée par 62%, le riz par 56% ; l’arachide par 46% et le haricot
par 23,3% des enquêtés.
- Les produits absents sur le marché sont l’avocat et le chou cité par 72,7% ; la pomme de terre
par 68% ; la viande par 66% ; le riz par 44% et l’huile de palme par 38% des enquêtés.
¾
Santé et accès aux soins
- Au cours du mois précédent, les affections suivantes sont apparues dans les proportions
suivantes : 90% des ménages ont souffert de fièvres; 56% ont souffert de la malaria; 39,3% ont
souffert de diarrhée simple et enfin 30,7% qui ont souffert de vomissements.
- En cas de maladie, la première alternative des ménages est l’automédication (60,7%); puis
l’utilisation des produits locaux ou des plantes. C’est en troisième lieu que les ménages
optent pour se faire soigner dans un centre ou poste de santé (31,3%) et le cas échéant, ils
consultent un médecin traditionnel (12%). Les raisons évoquées de ne pas visiter un centre de
santé sont soit les prix élevés des consultations et soins évoqués par 50,7% des ménages
enquêtés; le manque de médicaments évoqué par 43,3% ; l’éloignement des centres de santé
ou postes de santé cité par 14,7% et le manque d’argent évoqué par 10,7% des enquêtés.
¾
Eau et assainissement
- L’approvisionnement en eau potable se fait soit aux puits traditionnels (88%), soit à la rivière
(52%), soit aux puits aménagés (19,3%) et enfin soit au forage (13,3%).
- Les ménages utilisent comme récipient le bidon de 20 litres (87,3%) et de 25 litres (12,7%) ; et
par conséquent plus de la moitié des ménages font plus ou moins 3 courses par jour pour aller
chercher l’eau.
- 100% des ménages ne font pas bouillir l’eau de boisson.
- Les ménages ont des latrines individuelles dans leur parcelle (88%), mais certains font leur
besoin en brousse (48,7%).
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Problèmes
9
•
Causes de la crise observée dans la zone
Baisse de la production agricole due essentiellement:
- A la présence de la mosaïque de manioc et des sangliers qui détruisent les champs de
manioc ;
- Au manque d’outils agricoles de qualité et diversifiés (houe, hache, machette, arrosoir,
binette, râteau, brouette, sécateur pour couper les aubergines);
- Au manque de semences de qualité (maïs, haricot, niébé, arachide, soja et riz) ainsi que
de semences maraîchères (amarante, chou, tomate, salade, céleri, oignon, épinard,
carotte);
- Aux faibles superficies emblavées.
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Les inondations de 2006 et 2007 (février, mars et avril) dues aux crues du fleuve Lualaba et
des rivières (Luvidjo, Lusanze, Kadjabilongo Mwabukwa et Kananga) ont dévasté les
champs et par conséquent ont fait pourrir les cultures vivrières (manioc, maïs, arachide,
etc.) ;
Les perturbations climatiques observées sur la zone de 2007 à ce jour qui sont marquées
par la diminution de la pluviométrie. L’absence de pluie aux mois de septembre,
décembre, janvier et février perturbe également le calendrier agricole (les semis) et de ce
fait les termites rongent même les boutures de manioc ;
L’enclavement de la zone suite au mauvais état des routes : les routes Ankoro – Kitanda et
Ankoro – Manono ;
Diminution de la production halieutique due :
- A l’usage des filets à petites mailles
- A l’utilisation fréquente des plantes neurotoxiques par certains pêcheurs
- A la pratique des mauvaises techniques de capture des poissons (bundangombe)
Les épizooties cycliques (la peste porcine d’origine africaine, les épidémies des caprins et
ovins et la pseudo peste aviaire) qui ravagent le petit élevage, ainsi que la dégénérescence
des géniteurs ;
Les prises alimentaires déséquilibrées et peu diversifiées sur le plan nutritionnel ;
Les pathologies associées (tuberculose) et autant de problèmes liés à la santé (manque
d’eau potable, mauvaises conditions d’hygiène) ;
Les facteurs culturels et l’ignorance ;
Les naissances nombreuses suite au manque d’offre de services de planning familial ;
Le sevrage abrupt et précoce des enfants et l’ignorance de l’alimentation de l’enfant sevré
et de la femme enceinte et allaitante ;
Le manque d’encadrement technique des producteurs en faveur de l’augmentation de la
production agricole, de la transformation, de la valorisation et de la commercialisation
des produits agricoles ;
Une démographie galopante avec comme corollaire l’agrandissement de la taille des
ménages.
9
•
•
Conséquences de la crise
Une disponibilité limitée de la nourriture au niveau de la zone dans la mesure où l’on
observe une pénurie saisonnière des denrées alimentaires, accentuée par l’enclavement de
la zone et d’autres sites, la baisse de la production, les perturbations climatiques, la
rareté des produits halieutiques lors de la fermeture et pendant les périodes d’étiage du
fleuve et des rivières.
Une accessibilité limitée de la nourriture au niveau du ménage due aux prix trop élevés de
certaines denrées de base comme le maïs, le manioc etc., aux faibles revenus des
ménages, au manque de stocks alimentaires au champ. Les indicateurs les plus pertinents
de l’accessibilité limitée de la nourriture observée en période difficile sont la réduction de
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nombre des repas journalier (3 à 1 repas par jour), la variation de la composition du repas,
etc.
Une utilisation inadéquate de la nourriture chez les enfants âgés de 6 à 59 mois, chez les
femmes enceinte et allaitantes, vulnérables au problème de malnutrition. La malnutrition
chez les femmes enceintes a une incidence sur le poids des bébés à la naissance (poids
inférieur au poids standard), à la taille des enfants et sur le développement psychomoteur.
Typologies des ménages vulnérables
•
Les ménages vulnérables ou pauvres retenus après compilation des données sur le critère
des richesses sont : ménage sans vélo, meubles, appareils électroménagers ; ménage
caractérisé par un habillement médiocre et ménage ayant un champ de moins de 30 ares.
Cette catégorie représente 74% des ménages (soit 21833 ménages), au sein desquels 42%
(soit 9170 ménages) sont plus vulnérables, notamment : les ménages ayant un ou plusieurs
enfants mal nourris, les ménages reconnus agriculteurs mais ne disposant pas d’un
outillage de qualité et diversifié ; les ménages agricoles à taille large (7 personnes et
plus), les familles monoparentales dont la femme est chef de ménage, les pêcheurs
artisanaux, les ménages victimes de la destruction de leurs champs par les sangliers.
•
Les ménages dit ni riches, ni pauvres (ménages à revenu moyen) sont sur le plan social,
des ménages assurant la scolarité, les soins médicaux et l’habillement des enfants. Selon
les critères de richesse, ils sont des agriculteurs exploitant des champs de plus de 30 ares
et associant un à deux autres activités génératrices de revenu, des ménages ayant des
matériels de pêche modernes comme des filets, hameçons. Cette catégorie représente 21%
des ménages enquêtés (soit 6196 ménages).
•
Les ménages riches au sein de la population sont ceux possédant plus d’un champ de 50
ares, les ménages ayant des petites activités commerciales, une maison en matériaux
durables, les ménages possédant des biens de valeur tels que moto, radio, groupe
électrogène, moulin, etc. Ils ne représentent que 5% des ménages enquêtés (soient 1475
ménages).
Recommandations
9
Court terme
- Distribution des intrants agricoles aux populations vulnérables de la zone, y compris les
ménages victimes de la destruction des champs par les sangliers ;
- Distribution des kits maraîchers aux déchargés des UNT;
- Distribution d’intrants de pêche (filets, hameçons, sel marin) aux pêcheurs artisanaux ;
- Formation des bénéficiaires et partenaires en techniques agricoles et en technique de salage
de poisson ;
- Sensibilisation et formation des bénéficiaires sur l’utilisation adéquate de la nourriture chez
les nourrissons, les enfants âgés de 6 à 59 mois, les femmes enceintes et allaitantes ;
- Multiplication de semences de maïs, arachide, niébé/haricot, riz et de boutures saines de
manioc ;
- Relance de la dynamique organisationnelle (groupement de producteurs) ;
- Mise en place des jardins de démonstration dans les UNT.
9
Moyen terme
- Désenclavement de la zone (réhabilitation des pistes de desserte agricole) ;
- Renforcement des capacités techniques des producteurs locaux (agriculture, pêche) ;
- Organisation et renforcement des circuits de commercialisation des produits agricoles et de
pêche ;
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- Mise en place de banques de semences à travers des coopératives / groupements villageois de
producteurs ;
- Mise en place d’activités génératrices de revenu (AGR) et d’unités de transformation
(décortiqueuse d’arachide, moulin, fours de fumage des poissons), valorisation des
productions agricoles ;
- Relance du petit élevage familial.
9
Long terme
- Renforcement de la dynamique communautaire ;
- Développement de l’initiative d’entreprise agricole familiale (femmes agricoles familiales).
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1
Introduction
Le contexte général de la zone s’est nettement amélioré du point de vue sécuritaire par rapport
aux années antérieures grâce au désengagement des combattants Mai Mai qui, depuis le mois de
mai 2006, se sont joint au processus de pacification et d’intégration de l’armée. Cela a eu pour
conséquence l’arrêt des hostilités, avec comme effet immédiat, le retour progressif des populations
déplacées et des réfugiés.
Bien qu’on observe une amélioration du contexte sécuritaire, le manque d’accès humanitaire
consécutif à l’absence de ponts et à l’état délabré des routes reste un handicap considérable pour
une réponse humanitaire adéquate dans une zone aussi vaste et dans laquelle on signale de
nombreux besoins humanitaires non couverts. Les besoins humanitaires se font sentir avec acuité
dans le secteur de la santé, nutrition, sécurité alimentaire, eau et assainissement, abris et biens
non alimentaires, éducation (rattrapage scolaire).
A l’heure actuelle, aucune intervention dans le domaine de la sécurité alimentaire dans la zone de
santé d’Ankoro n’a été enregistrée, hormis celle du CICR en 2004 où il avait appuyé ASCODIA (ONG
locale) dans le domaine de l’élevage de volaille.
Sur le plan sanitaire, le paludisme, les infections respiratoires aigues (IRA), les diarrhées simples et
la malnutrition sont les pathologies les plus courantes dans la zone, selon les autorités sanitaires.
Sur le plan nutritionnel, l’hôpital général de référence d’Ankoro organise en son service de
pédiatrie une prise en charge des cas de malnutrition où les bénéficiaires reçoivent une bouillie à
base de céréale et des légumineuses. Au vu du nombre important de cas enregistrés, une alarme a
été lancée par le médecin chef de zone d’Ankoro, relayée par la suite au niveau des réunions du
cluster nutrition. Après la guerre, aucune enquête nutritionnelle n’a été faite sur la zone, hormis
un screening que venait de faire le PRONANUT provincial concomitamment avec les évaluations
sécurité alimentaire et dont les résultats ne nous ont pas encore parvenus.
Par et à travers toutes ces considérations, Action Contre la Faim a pris l’option d’effectuer une
évaluation en sécurité alimentaire afin d’améliorer la connaissance de la vulnérabilité et des
causes sous jacentes de la malnutrition sur la zone.
Cette évaluation a été réalisée dans la Zone de santé d’Ankoro, dans le territoire de Manono,
province du Katanga, du 10 au 24 Mars 2009.
Cette mission d’évaluation avait quatre objectifs:
9 Décrire et analyser les caractéristiques des moyens d’existence des ménages.
9 Identifier les principales contraintes affectant les différents aspects relatifs à la
sécurité alimentaire des ménages ainsi que les conséquences qui en découlent.
9 Effectuer une typologie des ménages selon une échelle de vulnérabilité construite
localement.
9 Dégager les déterminants de l’insécurité alimentaire des ménages plus vulnérables et
proposer les types d’intervention appropriés ;
Le présent rapport s’articule autour des points suivants:
9 le premier point présente la méthodologie utilisée pour cette évaluation ;
9 le deuxième point présente les résultats par composante définie dans le questionnaire y
compris le contexte géographique, socio-économique et humanitaire de la zone
d’étude ;
9 Enfin, une conclusion et quelques recommandations marquent le terme de ce rapport.
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2.1
Approche méthodologique
Méthodologie
La méthodologie de la présente étude s’est articulée autour des points ci-dessous :
- L’exploitation des données secondaires et les rencontres avec des personnes ressources et
des partenaires ;
- L’organisation de 4 focus groupes : à Ankoro (cfr BCZ), Mbayo (74Km), Kiya (45Km) et
Kyofwe (47Km) ;
- La réalisation de 150 enquêtes ménages.
Les outils de collecte de données utilisés sur le terrain sont le questionnaire semi structuré pour les
focus groupes et l’entretien avec les personnes ressources et le questionnaire structuré pour les
entretiens ménages (copies en annexe).
Pour les enquêtes ménages, elles ont touché les 26 aires de santé qui constituent la zone de santé
d’Ankoro. A l’aide d’un sondage en grappe à 2 degrés, le logiciel SMART a permis de fixer à 30 le
nombre des grappes tirées au premier degré. Par ailleurs, les contraintes d’ordre financier,
humain, logistique et temporel ont motivé la réduction de la taille de l’échantillon à 150 ménages.
Quant à la détermination du nombre des grappes dans chaque aire de santé, elle a été faite par
SMART proportionnellement au nombre total des ménages ou parcelles, après compilation des
données de la zone de santé ; et un tirage au hasard des villages ou quartiers a été fait sur place
après constitution d’une base de sondage pour chaque grappe (liste exhaustive des villages ou
quartiers de chaque grappe). Au deuxième degré, c’est par la méthode du crayon lancé, pour
choisir d’abord la direction, puis les ménages, que cinq ménages ont été sélectionnés dans chaque
grappe.
Les grappes retenues ont été regroupées en 5 axes selon les critères d’accessibilité.
Sites d’enquête
Distance par
Axes
Aires de Santé
(Villages/Quartiers) rapport au BCZ
Kyofwe
Kyofwe
47 km
Kinyunzi
35 km
Kayombo
Kayombo
35 Km
Kyofwe
Kalole
Kalole
95 km
Kinkununu
136 km
N’Kanda
N’Kanda
130 km
Mbayo
Mbayo
75 km
Makena
Pima
117 km
Kilembwe
Kilembwe
95 km
Kilengalele
Kilengalele
Ngoyamputu
15 km
Kasumpa
Kasumpa
75 km
Kilulwe
Kalangala
137 km
Kimungu
Kilongo
45 km
Kibondwe
Mwandjiluwi
145 km
Kalolo
Mpandandjila
60 km
Kitanda
Kyala
Mutombo
67 km
Kitanda
Kitanda
75 km
Ngongwe
Bijiku
61 km
Kiya
Kikasu
45 km
Kanda
Luhungu
50 km
Kambi
Kalakiboko
18 km
Kiya
Q/Lualaba
0 km
Kamalenge
Q/Sange
0 km
Kibao
Kabanga
53 km
Q/Kimabwe
0 km
Kisiko
Kisamba
8 km
Kiluba
Kiluba
40 km
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Mukomwenze
Kivua
Kibao
2.2
Mukomwenze
Kivua
Malanga
50 km
25 km
45 km
Étude des marchés
Dans le but d’évaluer la disponibilité locale des denrées alimentaires entrant dans la composition
du panier de la ménagère, une étude de marché a été faite sur l’étendue de la zone de santé
d’Ankoro. Par ailleurs, pour démontrer les fluctuations des prix des denrées alimentaires sur le
marché, les prix ont été relevés selon les périodes (période normale et période de crise) et sont
présentés dans la partie consacrée aux résultats de l’étude.
2.3
Contraintes
Les contraintes rencontrées sont de plusieurs ordres :
• Logistiques : zone enclavée par la forte dégradation des routes
• Disponibilité des populations : ménages peu disponibles à cause des travaux champêtres,
activités de commerce.
3
3.1
3.1.1
Résultats par composante
Contexte et typologie des ménages
Contexte général
La zone de santé d’Ankoro est située dans le territoire de Manono, province du Katanga.
Elle est limitée :
¾ Au Nord-Ouest, Nord et Nord-Est par la zone de santé de Kabalo ;
¾ A l’Est par la zone de santé de Kiyambi ;
¾ Au Sud - Est et Sud par la zone de santé de Manono ;
¾ Au Sud-Ouest par la zone de santé de Luamba (district sanitaire du Haut Lomami) ;
¾ A l’Ouest par la zone de santé de Kitenge.
La superficie de la zone est de 14.000 km² avec une population de 206.528 habitants (soit 29.504
ménages), soit une densité moyenne de 15 habitants au km².
La zone de santé d’Ankoro connaît un climat du type subtropical, venteux et frais en altitude (>
1000 mètres) caractérisé par deux saisons : la saison pluvieuse de mi-septembre à mi-juin et la
saison sèche de mi-juin à mi-septembre. Le relief est constitué par les collines et les plaines. La
végétation est constituée de savane herbeuse sur les plateaux et boisée en basse altitude et sur les
collines, avec des forêts galeries le long des cours d’eau. Sur le plan hydrographique, la zone est
traversée par le fleuve Congo (Lualaba), et parsemée de rivières dont la Luvua sur la rive droite ; la
Luvidjo, Kananga, Lunsanze sur la rive gauche du fleuve Congo. Le sol est argilo sablonneux, assez
fertile en général.
Les grands groupes ethniques de la zone de santé d’Ankoro sont les Baluba (plus de 90%) qui se
trouvent dans toutes les aires de santé et les Pygmées (batwa) minoritaires (moins de 10%). Les
pygmées (batwa) sont les premiers occupants de la zone et on les retrouve dans les aires de santé
de Kimungu, Mbayo, Kanda, Kibao, Kayombo, Kambi, Kalole, Kyofwe et N’Kanda. Ces ethnies
parlent chacune une langue portant le même nom que l’ethnie (Kitwa et Kiluba). Quelques soient
cette diversité linguistique observée, les langues vernaculaires parlées et entendues par tous sont
le Kiluba et le swahili.
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Le début du conflit en 1998 a entraîné un déplacement significatif de la population du Katanga.
Après la chute de Manono aux mains des rebelles en mai 1999, un grand nombre de personnes s’est
réfugié sur la rive droite du fleuve Congo encore sous contrôle du gouvernement, notamment à
Ankoro. Donc durant toute la période de la guerre, Ankoro était sur la ligne de front. Ainsi, il a joué
le rôle de chef lieu du district du Tanganyika et a accueilli des populations des zones occupées par
la rébellion (Nord Katanga, Nord Kivu, Sud Kivu et Maniema). Dans la province du Katanga il y aurait
eu plus de 160 000 personnes déplacées, dont plus ou moins 59 000 ayant traversé le fleuve et
s'étant installés à Ankoro. La majorité de ces familles s'est installée aux abords de la ligne de front,
pour faciliter un retour rapide au domicile une fois la guerre terminée.
Après le retrait des rebelles, le conflit entre les groupes d’auto défense (maî maî) et les troupes
gouvernementales ont continué. Du 11 au 25 octobre 2002, toutes les maisons ont été pillées et
brûlées à l’occasion des affrontements entre les Forces Armées Congolaises (FAC) et les Maï Maï.
Peu à peu, les populations ont regagné leurs maisons et se sont remises à travailler leurs champs,
mais les effets des pillages restent toujours visibles. Il est à noter que ces affrontements avaient
coïncidé avec le début de la saison agricole ; par conséquent, la population n’avait pas cultivé
toute l’année à cause du climat d’insécurité qui s’était installé. Pendant ce temps, il y a eu
quelques intervenants ponctuels comme la Vision Mondiale, le CICR, qui ont secouru les sinistrés en
distribuant des vivres et non vivres (bâches, friperies, kit de cuisine, couvertures, etc.). Le retour
des déplacés s’est fait timidement vers leur lieu de provenance à cause de l’insécurité.
La combinaison de ces événements a eu pour conséquences : la désarticulation du système
productif, la diminution de la main d’œuvre agricole, le pillage de la production, des biens
productifs et non productifs, la décapitalisation du petit élevage, la dégradation de la situation
nutritionnelle des populations locales.
L’activité économique principale de la population est focalisée sur l’agriculture, la pêche et le
petit commerce. L’élevage de petit bétail, de volaille et quelques activités saisonnières comme le
ramassage de termites, de champignons en saison des pluies font partie aussi des activités
économiques. Les cultures vivrières les plus importantes au niveau de la zone sont le manioc, le
maïs, l’arachide, le niébé, le haricot, le voandzou et le riz. Il n’y a aucune activité industrielle dans
la zone, et peu d’opportunités d’emploi comme dans l’enseignement (niveau primaire et
secondaire).
La ration alimentaire est composée essentiellement de Nshima (une pâte faite à base de farine de
manioc) et de feuilles de manioc (manyi), les amarantes, les poissons frais, séchés ou salés pêchés
soit dans le fleuve Congo (Lualaba), soit dans les rivières Luvua, Luvidjo, Kananga, etc. Le maïs a
été introduit dans la ration alimentaire des populations de la zone de santé d’Ankoro après la
guerre suite aux contacts avec les déplacés de guerre et les migrants. En période de crise, on
assiste à un changement des habitudes alimentaires où le manioc frais cuit est pris comme repas
principal en lieu et place du Nshima. Les aliments d’origine animale proviennent de la chasse, de
la pêche et à l’occasion des fêtes du petit bétail et de la basse cour. La viande de chèvre, de
poule, de bœuf est inaccessible à la classe moyenne à cause de son prix élevé. Le nombre moyen
de repas par ménage est de 1 repas par jour en période difficile contre 3 en période normale.
Intervenants
Les acteurs répertoriés dans la zone de santé d’Ankoro après la guerre sont les suivants :
- Vision Mondiale (décembre 2002 à juin 2003) :
-
Distribution de farine de maïs, haricot, huile végétale, soja et sel de cuisine.
Distribution de bâches.
Distribution de souliers, friperie pour les enfants.
-
Distribution ciblée de couvertures, kits de cuisine, bâches, friperie aux populations
vulnérables (personnes du troisième âge, familles nombreuses, réfugiés, déplacés
de guerre, etc.) ;
- CICR (Comité International de la Croix Rouge 2003 à 2004)
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-
Appui ASCODIA (ONG locale) dans le domaine de l’élevage de volaille.
-
Appui à l’Hôpital Général de Référence pour la prise en charge globale des enfants
mal nourris, en médicaments essentiels et le paiement des primes des agents.
Distribution de casseroles, bâches et sceaux en plastique.
- UNICEF (2003 à 2008) : Distribution de kits scolaires
- MSF/France (2003 à 2008) :
-
- UMCOR (2008) : Appui à l’Hôpital Général de Référence par le biais de l’Église Méthodiste Unie
du Congo avec des médicaments essentiels.
Depuis l’apparition de la crise, aucune action humanitaire de grande envergure n’a été entreprise
dans la zone de santé d’Ankoro dans le domaine de la sécurité alimentaire.
3.1.2
Typologie des ménages
Le ménage est la plus petite unité familiale organisée autour de la gestion commune des activités
de production et partageant les mêmes repas. Ainsi, un village ou un quartier comprend plusieurs
ménages.
Par rapport à l’organisation du pouvoir, il y a coexistence des pouvoirs coutumier et administratif.
La zone de santé d’Ankoro comprend deux secteurs administratifs : secteur de Kamalondo et
secteur de Kyofwe dirigé chacun par un chef de secteur, et chaque secteur est subdivisé en
groupement dirigé chacun par un chef de groupement investi à la fois d’un pouvoir coutumier et
administratif. Le secteur de Kamalondo comprend en son sein 5 groupements dont : Kambi, Bena
Nkala, Ngoyansanza, Bavumbu et Kifwa, tandis que le secteur de Kyofwe comprend 3 groupements :
Mpiana Mbayo, Kilulwe et Kajilo Kalombo.
Par rapport à l’organisation sociale au sein des communautés, il se développe un réseau de
solidarité/entraide à travers les groupements associatifs, les églises et les familles. Au niveau des
associations, ce réseau de solidarité s’observe pour le défrichage des champs collectifs et
individuels (Kibidi1 ou Likilimba) de manioc, d’arachide, de maïs, etc. Au niveau des églises, une
assistance est accordée à un membre frappé par un deuil, une maladie qui le rend improductif et
aux personnes du troisième âge. Quant aux familles nucléaires élargies, l’entraide se fait sous
forme de don des produits de la récolte.
L’accès à la terre est héréditaire car les espaces de terre appartiennent aux familles, aux clans.
Néanmoins, les propriétaires peuvent la distribuer gratuitement, soit moyennant de l’argent selon
les relations sociales existantes. C’est de cette façon que les étrangers acquièrent les espaces
cultivables. Il n’existe pas de conflits au sujet des terres destinées à l’agriculture, mais pour les
espaces aquatiques, il existe un droit de propriétaire (Munyenge) pour toute production
halieutique. La proportion de cette redevance dépend de la bonne fois du propriétaire,
généralement elle avoisine les 30%.
Par ailleurs, le patriarcat constitue le mode d’héritage en vigueur jusqu’à ce jour au sein des
communautés ethniques de la zone et la succession du pouvoir suit également les même prescrits.
La pratique de mariage reconnue est la monogamie, tandis que la polygamie est aussi presque
institutionnalisée et tolérée par la communauté.
La typologie des ménages découlant des entretiens avec les communautés se présente comme suit :
Les ménages vulnérables ou pauvres retenus après compilation des données sur le critère des
richesses sont : ménage sans vélo, meubles, appareils électroménagers ; ménage caractérisé par un
habillement médiocre et ménage ayant un champ de moins de 30 ares. Cette catégorie représente
74% des ménages (soit 21833 ménages), au sein desquels 42% (soit 9170 ménages) sont plus
vulnérables, notamment : les ménages ayant un ou plusieurs enfants mal nourris, les ménages
1
Kibidi ou Likilimba : Cinq personnes et plus se mettent ensemble pour le défrichage, le semi des champs. Le
bénéficiaire prévoit à manger après le travail et le travail se fait équitablement.
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reconnus agriculteurs mais ne disposant pas d’un outillage de qualité et diversifié ; les ménages
agricoles à taille large (7 personnes et plus), les familles monoparentales dont la femme est chef de
ménage, les pêcheurs artisanaux, les ménages victimes de la destruction de leurs champs par les
sangliers
Les ménages dit ni riches, ni pauvres (ménages à revenu moyen) sont sur le plan social, des
ménages assurant la scolarité, les soins médicaux et l’habillement des enfants. Selon les critères de
richesse, ils sont des agriculteurs exploitant des champs de plus de 30 ares et associant un à deux
autres activités génératrices de revenu, des ménages ayant des matériels de pêche modernes
comme des filets, hameçons. Cette catégorie représente 21% des ménages enquêtés (soit 6196
ménages).
Les ménages riches au sein de la population sont ceux possédant plus d’un champ de 50 ares, les
ménages ayant des petites activités commerciales, une maison en matériaux durables, les ménages
possédant des biens de valeur tels que moto, radio, groupe électrogène, moulin, etc. Ils ne
représentent que 5% des ménages enquêtés (soient 1475 ménages).
3.2
Problématiques
Avant la guerre, la situation de la sécurité alimentaire était relativement stable dans la mesure où
les productions agricoles et halieutiques étaient élevées et le problème de la malnutrition ne se
posait pas avec acuité comme ce jour. ICA (International Christian Aid : une ONG Suisse) intervenait
déjà dans le domaine de la santé et nutrition (1982 – 1997). Pendant la guerre, Ankoro se trouvant
sur la ligne de front entre le gouvernement et la rébellion, a connu un afflux de la population des
zones occupées par la rébellion. C’est à ce moment là que le problème a commencé.
L’enquête sécurité alimentaire ACF a mis en exergue les contraintes ci-dessous des ménages
agricoles et dont les conséquences se manifestent au niveau de la zone, du ménage et de
l’individu.
9
9
9
9
9
9
9
9
9
9
9
3.3
La baisse de la production agricole due à la présence de la mosaïque de manioc et les
sangliers qui détruisent les champs de manioc, au manque d’outils agricoles de qualité et
diversifiés et d’outils aratoires, au manque de semences de qualité (maïs, haricot, niébé,
arachide, soja et riz) et de semences maraîchères (amarante, chou, tomate, salade,
céleri, oignon, épinard, carotte) et enfin aux faibles superficies emblavées ;
Les mauvaises récoltes dues aux inondations (février, mars et avril de 2006, 2007), aux
perturbations climatiques observées sur la zone de 2007 à ce jour, marquées par la
diminution de la pluviométrie ;
L’enclavement de la zone suite au mauvais état des routes ;
La diminution de la production halieutique due à l’usage des filets à petites mailles, à
l’utilisation fréquente des plantes neurotoxiques par certains pêcheurs et enfin à la
pratique des mauvaises techniques de capture des poissons ;
Le ravage de la volaille et du petit bétail suite aux épizooties cycliques ;
Les prises alimentaires déséquilibrées et peu diversifiées sur le plan nutritionnel ;
Les pathologies associées (tuberculose) et les problèmes liés à la santé (manque d’eau
potable, mauvaises conditions d’hygiène) ;
Les facteurs culturels et l’ignorance ;
Les naissances nombreuses, le sevrage abrupt et précoce des enfants et l’ignorance de
l’alimentation de l’enfant sevré et de la femme enceinte et allaitante ;
Le manque d’encadrement technique des producteurs en faveur de l’augmentation de la
production agricole, de la transformation, de la valorisation et de la commercialisation
des produits agricoles ;
Une démographie galopante.
Production et disponibilité alimentaire
Les principales activités productives et génératrices de revenus révélées par l’enquête sont
l’agriculture, la pêche, l’élevage et la chasse. La consommation de la nourriture est saisonnière
tant dans sa composition que dans sa fréquence quotidienne.
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L’analyse du statut alimentaire des ménages au cours de l’année indique une variation selon les
saisons :
Période de crise (de juillet à février) : Cette période correspond à la période de soudure pendant
laquelle les ménages sont en insécurité alimentaire par manque de stocks alimentaires. La période
est caractérisée d’abord par le début des travaux des champs (semis d’octobre à novembre)
mobilisant toutes les énergies et par conséquent, les enfants sont abandonnés par les parents qui
vont aux champs pendant soit plusieurs jours (à plus de 40 Km), soit pendant de longues journées.
De plus, c’est la période de rareté des poissons due à la fermeture des activités de pêche
(décembre à février). Comme mécanismes de survie, une bonne partie des agriculteurs abandonne
les semis (septembre à novembre) pour s’adonner à la pêche dans les eaux dormantes où il y a une
bonne capture des poissons, source de revenu. On assiste aussi à une modification des habitudes
alimentaires où le manioc frais est consommé en lieu et place de Shima. De plus, 91,3% des
ménages ont accès à 1 seul repas par jour et 8,7% à 2 repas par jour.
Période normale (de mars à juin) : La situation alimentaire des ménages devient relativement
stable. On retrouve dans l’assiette du paysan des produits de cueillette (chenilles, champignons,
légumes, feuilles de manioc), du poisson (avec l’ouverture de la pêche le 1er mars), de la viande et
les produits de la récolte (arachide, voandzou, niébé/haricot) et ceci fait que les ménages ont
accès à une diversité d’aliments. D’une manière générale, les ménages ont accès à 3 repas par jour
durant cette période normale : 75,3% des ménages ont accès à 3 repas par jour, 24,7% des ménages
ont accès à 2 repas par jour.
3.3.1
Agriculture
L’agriculture est à la fois une activité de production, une source de revenus et de nourriture. Elle
est pratiquée par 100% des ménages enquêtés. Le manioc, l’arachide, le maïs, le haricot/le niébé,
le voandzou et le riz sont les principales spéculations cultivées respectivement par 99,3% ; 63,3% ;
46% ; 20% ; 16% et 13,3% des ménages enquêtés. Parmi les agriculteurs, 15,3% associent également
les activités maraîchères. Le manioc et le riz constituent la base alimentaire des ménages
enquêtés, tandis que le maïs, l’arachide, le haricot/niébé et le voandzou sont des cultures de
rente.
L’accès aux outils se fait par achat. Pendant l’évaluation, on a noté que la plupart d’agriculteurs
recourent aux outils fabriqués par les forgerons locaux. Cette stratégie est développée suite au
faible pouvoir d’achat qui limite l’accès aux outils de qualité vendus dans les marchés locaux.
Les principales cultures, en termes de superficie et production sont représentées dans les figures
ci-dessous.
Figure 1: Part moyenne de chaque spéculation dans la superficie moyenne cultivée par ménage
Part moyenne de chaque spéculation dans la supérficie
cultivée par ménage
Voandzou
3%
Haricot
5%
Arachide
24%
Riz
2%
Manioc
47%
Maïs
19%
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Figure 2: Proportion moyenne de la production par spéculation
Proportion moyenne de la production par spéculation
Voandzou
1%
Haricot
1%
Arachide
6%
Riz
1%
Maïs
7%
Manioc
84%
La production moyenne de chaque spéculation par ménage, telle que indiquée par les évaluations
ACF, se présente de la manière suivante : 1002,7Kg pour le manioc ; 78,1Kg pour le maïs ; 73,5Kg
pour l’arachide ; 16,4Kg pour le riz ; 11,7Kg pour le haricot et 10,5Kg pour le voandzou.
Les évaluations ACF ont montré également que le nombre moyen d’actifs agricoles par ménage est
de 2 personnes. Il s’agit généralement du chef de ménage et de son conjoint pour les familles
biparentales et tous les ménages agricoles ont chacun au moins une houe, 82% ont au moins une
hache et 34% ont au moins une machette
Les contraintes liées aux activités agricoles identifiées par les évaluations sont les suivantes par
ordre d’importance :
-
Le manque de semences de qualité cité par 60% des ménages enquêtés,
le manque d’outils de qualité et diversifiés cité par 22,7%,
le manque de main d’œuvre suffisante pour les travaux pré culturaux cité par 10%,
les facteurs climatiques et les maladies cités par 4,7% et
le vol cité par 2% des ménages enquêtés.
Quant aux contraintes liées aux activités maraîchères, les évaluations ont montré les contraintes
suivantes:
-
Le manque d’outils aratoires et de semences de bonne qualité cité par tous les maraîchers
(100%),
-
Le manque de produits phytosanitaires évoqué par 73,9%,
La pénibilité des travaux citée par 52,2%,
Le manque de connaissances cité par 47,8% et
Le manque d’intérêt pour les activités maraîchères évoqué par 38,8% des ménages
enquêtés.
Outre les contraintes ci haut mentionnées, nous avons identifié lors des entretiens avec des groupes
focalisés d’agriculteurs, d’autres contraintes non négligeables à savoir : les ravages des champs par
les sangliers, le problème de la mosaïque de manioc, le manque de sensibilisation des agriculteurs
aux nouvelles techniques culturales, etc.
Le calendrier agricole d’Ankoro se présente comme indiqué dans les tableaux suivants. La saison
agricole A s’étale de mi-septembre à mi-janvier. C’est durant cette saison que sont cultivés le
maïs, le haricot et l’arachide. La petite saison agricole B s’étale de mi-janvier à mi-juin. Le
manioc, l’arachide, le niébé, le haricot, le voandzou, la patate douce sont cultivés pendant toutes
les saisons.
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Tableau 1 : Calendrier cultural de la zone de santé d’Ankoro
Opérations culturales
J
F
M
A
M
J
Préparation des champs
Semis
Entretien des cultures
Récolte
Jt
A
S
O
N
D
Légende :
Saison A
Saison B
Tableau 2 : Calendrier cultural des principales spéculations agricoles de la zone d’Ankoro
Spéculations
J
F
M
A
M
J
Jt
A
S
O
N
Maïs
Arachide
Haricot
Niébé
Voandzou
RIZ
Soja
Manioc
D
Légende :
Semis
Entretien des cultures
Récolte
Systèmes de cultures
L’association des cultures est une pratique culturale très développée par les agricultures de la zone
de santé d’Ankoro. Elle offre l’avantage du gain de temps dans la mesure où les travaux d’entretien
se font au même moment pour toutes les cultures installées sur la parcelle. Ensuite, elle permet
l’utilisation rationnelle des éléments minéraux se trouvant dans la couche arable du sol.
Ce système de cultures se présente comme suit :
1ère année :
Saison A : Manioc, Maïs, Arachide, Voandzou.
Saison B : Niébé (Kunde)
2ème année : Le manioc évolue seul et sur le nouveau terrain, on met les mêmes cultures.
Saison A : Manioc, Maïs, Arachide, Voandzou
Saison B : Niébé
3ème année : Retour au 1er terrain au moment où le manioc est déjà récolté.
Saison A : Arachide, Maïs, Voandzou
Saison B : Niébé
La récolte de manioc intervient après 12 mois de culture. Considéré comme culture de fin
d’assolement, le manioc est placé juste avant la jachère. Ceci est surtout vrai pour les systèmes
traditionnels de culture en raison de l’épuisement du sol, de la plasticité et la rusticité du manioc
3.3.2
Pêche
La pêche est l’apanage des hommes qui capturent des tilapia, des capitaines, des silures etc. ; elle
est artisanale, occupe 67,3% d’enquêtés et est effectuée dans le fleuve Congo et ses affluents :
Luvua, Luvidjo, Kananga, Lusanze, etc. Dans l’ensemble, ces cours d’eau sont très poissonneux et
la production est élevée, souvent destinée plus à la vente (58,9%) qu’à la consommation (31%) et la
part restante s’écoule sous forme de dons (10,1%) selon le réseau de solidarité/entraide
qu’entretient le pêcheur. La grande production halieutique que fournissaient jadis les rivières et le
fleuve a un peu baissé suite aux mauvaises techniques de capture des poissons.
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Les équipements de pêches les plus fréquents dans la zone sont :
-
Les filets de différents numéros : 4 ; 3,5 ; 3 ; 2 ½, 2
Les hameçons de différents numéros, même les prohibés : 6, 8, 12,14, 16, 18, 20 ;
Les bobines de nylon de numéro : 5, 6, 7, 8, 9.
Autres bobines pour hameçons de numéro : 0100, 090, 080, 070, 060, 050, 040.
Les techniques de pêche développées dans la zone sont la pêche au filet, la pêche à la ligne et
celles utilisant plusieurs hameçons, les digues ou barrages (matuwa), et enfin la pêche à la nasse.
La pêche au filet (types de filets organisés)
¾
•
•
•
•
•
Sous marin : Utilisés pour la capture des poissons moyens.
- La première catégorie utilise 3 filets (filet de 100 mètres) numéro : 2 ou 2,5 et 4 bobines
nylon 6 ou 7.
- La deuxième catégorie utilise 15 bobines nylon numéro : 6 ou 7.
Kahito : pour la capture des crapotins, tilapia, capitaines, poissons électriques, etc. Il
utilise 20 filets (filets de 50 mètres) numéro 2 ou 2,5 ; 2 bobines nylon numéro 6 ou 7 et 3
bobines nylon numéro 9.
Manda manda : pour la capture des gros poissons. Il est composé de 120 bobines nylon
numéro 8 et 4 bobines nylon numéro 9.
Kimana : pour la capture des moyens et gros poissons. Il est composé de 6 filets numéro
3,5 ou 4 (filet de 100 mètres), 2 bobines numéro 8 et 2 bobines numéro 4 .
Kibata : pour la capture des poissons moyens et gros poissons dans les eaux dormantes.
- La première catégorie est longue de 400 mètres et comprend 46 filets numéro 2 ou 2,5 ;
25 filets numéro 2 ou 2,5 (filet de 50 mètres) et 5 bobines nylon numéro 6 ou 7.
- La deuxième catégorie longue de 300 mètres comprend 16 filets numéro 3,5. 14 filets
numéro 2 ou 2,5 et 7 bobines nylon numéro 8 ou 9.
Techniques de pêche utilisant les hameçons
¾
•
•
•
Kabamba (ou Kalopa) : pour la capture de toutes sortes de poissons. Cette technique
utilise 5 boites d’hameçons numéro 16, 18 ou 20 et 1 bobine nylon numéro 7 ou 6 et 1
bobine nylon numéro 4.
Apolo : pour toutes sortes des poissons. Il est composé de 6 boites d’hameçons et 4 bobines
nylon numéro 6, 7 ou 8.
Mufwi et Musamu : pour la capture de toutes sortes de poissons. Il est composé d’une boite
d’hameçons numéro 10 ; 12 ; 14 ou16 et 1 bobine en soie numéro 090, 080, 070, 060, 050
ou 040.
Les informations recueillies lors des entretiens avec des groupes focalisés indiquent que les
pêcheurs sont organisés en association et éprouvent des difficultés dans l’exercice de leur
activité, notamment à cause du manque d’intrants de pêche (filets, hameçons pirogues, etc.).
Les activités de pêche suivent le calendrier annuel repris dans le tableau ci-dessous.
Tableau 3 : Calendrier de pêche de la zone d’Ankoro
Mois
J
F
M
A
M
J
Saison de pêche
Période
interdite
3.3.3
Jt
A
S
O
N
D
Élevage
Avant la guerre, les activités d’élevage étaient très prospères dans la zone ; il s’agissait de
l’élevage familial et chaque famille avait un certain nombre d’animaux ; mais avec les guerres
successives, tout a été dévasté. Toutefois, les évaluations ont montré qu’au moment des enquêtes,
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les animaux élevés sont les poules, les chèvres, les moutons, les cochons, les canards, les cobayes
et les lapins dans les proportions respectives de 49,2% ; 19,9% ; 13,9% ; 7,7% ; 3,9% ; 3,3% et 2,1%.
Environ 75,3% des ménages éleveurs ont déclaré avoir fait face à une baisse du nombre de leurs
animaux pendant les trois derniers mois pour les raisons suivantes : les maladies citées par 65,3%
des ménages enquêtés notamment la pseudo peste aviaire et la peste porcine ; le vol cité par
43,3% ; la vente citée par 38% et la consommation ménagère citée par 19,3% des ménages. Ainsi,
nous avons fait le constat que l’utilisation des produits de l’élevage se présente de la manière ci
après : vente (22,9%) ; consommation (11,6%) ; les autres 65,5% (maladies et vol).
3.3.4
Chasse
La chasse est l’apanage des hommes qui capturent leur gibier à l’aide de pièges et de fusils de
chasse. Généralement fumée, la viande de chasse est destinée à la consommation familiale
(55,4%), à la vente (30,1%) et la partie restante est destinée aux dons (14,5%) selon le lien de
solidarité de la communauté. Les contraintes liées aux activités de chasse sont le manque d’outils
de chasse notamment les cartouches 12 qui coûtent cher et la rareté du gibier due essentiellement
aux fréquents feux de brousse et à la déforestation pour l’agriculture.
3.3.5
Dynamique du marché local
La problématique de la dynamique du marché local repose sur les questions relatives à
l’augmentation des prix des produits alimentaires, à la diminution ou encore à l’absence de
certains produits et enfin à la baisse de l’activité sur le marché.
S’agissant de l’augmentation des prix des denrées alimentaires sur le marché local, les évaluations
ACF ont montré que 94% des ménages enquêtés ont observé une augmentation des prix des denrées
alimentaires sur le marché local contre 6% qui ont dit le contraire. Les produits ayant augmenté de
prix sont le poisson cité par 91,3% des enquêtés, la viande citée par 66% ; l’huile de palme par 62%,
le riz par 56% ; l’arachide par 46% et le haricot par 23,3% d’enquêtés.
S’agissant de l’absence ou de la moindre quantité de certains produits alimentaires observées sur le
marché, les évaluations ACF ont montré qu’au moment de l’enquête, 97,3% des ménages ont
observé une absence de certains produits contre 2,7% qui ont émis un avis contraire. Les produits
absents sur le marché sont l’avocat et le chou cité par 72,7% ; la pomme de terre par 68% ; la
viande par 66% ; le riz par 44% et l’huile de palme par 38% des enquêtés.
Quant à la baisse de l’activité sur le marché, les résultats des évaluations montrent que malgré la
hausse des prix et la rareté des certains produits, l’activité du marché n’a pas tellement varié et
cette affirmation a été confirmée par 95,3% des enquêtés.
Par indisponibilité de données de référence, nous nous sommes contentés des données collectées
au moment des évaluations pour deux périodes distinctes, à savoir la période normale (mois de
mars 2009) et la période de crise (mois de janvier 2009).
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20/39
Tableau 4 : Etude des marchés
Janvier 2009 : 700 Fc = 1dollars USA et Mars 2009 : 700 Fc = 1dollars USA.
Produits
Unités en Kg, Litres
Maïs en graine
Farine de maïs
Cossettes de manioc
Farine de manioc
Niébé
Haricot
Riz local
Riz importé
Patate douce
Arachide décortiquée
Arachide fraîche
Banane
Voandzou
Canne à sucre
Huile de palme
Tomate
Oignon local
Amarante
Feuilles de manioc
Feuilles de patate
Feuilles de courge
Aubergine locale
Aubergine (grosse)
Ngaï ngaï (oseille)
Pili pili
Escargot
Manioc cru
Igname sauvage
Champignon jaune
Courge
Orange
Oignon en feuille
Gombo
Aïe en gousse
Termite rouge
Goyave
Œuf de poule
Poule
Poisson frais (vodo)
Poisson fumé (sillure)
Poisson frais (biteke)
Poisson fumé biteke
Sel de cuisine
Sucre
Savon local (Kileleko)
Filet
Hameçons
Bobine nylon
Bobine nylon
1 meka (2,8Kg)
1 meka
4 à 5 (3Kg)
1 meka
1 meka (2,5Kg)
1 meka (2,5Kg)
1 meka (3,5Kg)
1 meka (3,5Kg)
1 tas (2Kg)
1 meka
1 meka
3 pièces
1 meka (3Kg)
1 tige (50cm)
1 bouteille (75cl)
3 pièces
2 pièces
1 botte
1 tas
1 tas
1 tas
1 pièce
1 pièce
1 tas
1 tas (4 pièces)
1 tas (12 pièces)
1 carotte (1,2Kg)
1 tas (10 pièces)
1 tas
1 pièce (5Kg)
1 pièce
1 tige
3 pièces
1pièce
1 verre
1 pièce
1 pièce
1 pièce
1 pièce (2,5Kg)
0,5Kg
1 Kg
0,5 Kg
1 verre
1 verre
1 pièce
n°2. 2,5 ; 3 (50m)
1 boite n°14 ; 12
Petite bobine
Grande bobine
Mars 2009
Prix en
Disponib
Fc
ilité
350
350
200
150
1500
2000
200
250
100
900
300
50
100
50
350
50
50
10
10
10
10
10
25
10
10
10
30
50
50
300
20
10
10
70
100
10
100
2000
1800
500
500
200
150
300
50
900
2500
800
1500
Janvier 2009
Prix en Disponib
Fc
ilité
600
500
300
200
1600
2500
250
300
150
2700
50
100
400
50
50
20
10
10
10
20
50
10
10
10
30
50
70
100
100
2000
700
700
500
250
300
100
750
2500
800
1500
Fluctu
ation
en %
Origine
41,7
30
33
25
6,25
20
20
16,7
33,3
66,7
0
50
12,5
0
0
50
0
0
0
50
50
0
0
0
0
0
0
0
0
0
28,6
28,7
60
20
0
50
20
0
0
0
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro rt villages
Ankoro et villages
Villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Lubumbashi
Ankoro et Kibao
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et Kyofwe
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Kabalo – Kongolo
Makena-Kasumpa
Pweto – manono
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro-Kilengale
Ntuta
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Moba
Ankoro et villages
Ankoro
Ankoro et villages
Ankoro et villages
Ankoro
Ankoro
Ankoro
Ankoro
Lubumbashi
Lubumbashi
Ankoro
Lubumbashi
Lubumbashi
Lubumbashi
Lubumbashi
Légende :
Très bonne disponibilité
Bonne disponibilité
Denrée rare
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21/39
N.B : Hormis les filets dont le prix a augmenté de 20%, les autres produits repris dans le tableau ci
haut hachurés en vert ont diminué de prix.
Tableau 5 : Synthèse partielle sur la production
Secteurs
d’activité
Agriculture
Maraîchage
Pêche
Elevage
Chasse
Population
active (%)
100
15,3
67,3
14
Utilisation de la production
Vente
Consommation
Autres
42,1
43,7
14,2
42
40,6
17,4
58,9
31
10,1
22,9
11,6
65,5
30,1
55,4
14,5
NB : Le cumul de la population active des secteurs de production ci-dessus présentés ne restitue
pas 100% car la question était ouverte avec réponse multiple.
3.4
3.4.1
Revenus et Dépenses
Revenus
Hormis les activités de production et génératrices de revenu telles que l’agriculture, la pêche,
l’élevage et la chasse que nous avons détaillées ci haut, les autres activités génératrices de revenu
sont le petit commerce, l’emploi salarié, la vente de travail et l’artisanat.
• Le petit commerce
A part le commerce professionnel des produits manufacturés tenu généralement par les non
originaires de la zone, beaucoup de femmes, aidées par leurs enfants s’adonnent au petit
commerce comme activité d’appoint. Il s’agit de la vente des produits de la récolte et du poisson.
• Emploi salarié
Les opportunités d’emploi salarié se limitent à la fonction publique.
• Vente de force de travail
Elle est fréquente pour l’ouverture d’un champ, le semi, le sarclage, la récolte ou le transport des
produits agricoles. La rémunération se fait en espèce ou en nature (une partie de la récolte, un
repas, etc.).
• Artisanat
Les principaux métiers artisanaux rencontrés dans la zone sont :
- Poterie : fabrique de pots en argile, travail exclusif des femmes
- Vannerie : fabrication de nattes, paniers, chaises, etc., activité des jeunes garçons
et filles pour suppléer aux frais scolaires
- Forgerons : fabrication d’outils agricoles (houe, machette, hache)
- Savonnerie : fabrication de savon à base de soude caustique et d’huile de palme
(savon local appelé Kileleko)
- Menuiserie : fabrication de meubles
- Fabrication des braises : charbon de bois
- Maçonnerie : fabrique de briques cuites
Au regard des résultats des évaluations ACF, le revenu quotidien moyen par ménage enquêté est de
564 Fc (0,80 dollar US), soit un revenu moyen hebdomadaire de 3948 Fc (5,6 dollars US). S’agissant
de la distribution du revenu des enquêtés, elle s’étale du revenu quotidien minimum de 45 Fc
(0,064 dollar US), soit un revenu hebdomadaire minimum de 315 Fc (0,45 dollar US) à un revenu
quotidien maximum de 3000 Fc (4,3 dollars US), soit un revenu hebdomadaire maximum de 21000
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Fc (30 dollars US), avec un écart type par rapport à la moyenne de 490 Fc (0,7 dollar US)
quotidiennement, soit 3425 Fc (4,9 dollars US) hebdomadairement.
Par rapport au coût de la vie, nous estimons que 54,7% des ménages qui ont un revenu journalier de
moins de 500 Fc (0,7 dollar US), soit 3500 Fc (5 dollars US) hebdomadairement, se trouvent en
insécurité alimentaire par rapport aux 45,3% des ménages enquêtés ayant un revenu journalier de
500 Fc (0,7 dollar US) et plus, soit 3500 Fc (5 dollars US) hebdomadairement.
3.4.2
Principales dépenses
Les dépenses des ménages sont fluctuantes dans le temps, souvent en fonction de la disponibilité
des ressources monétaires, des dépenses saisonnières particulières. Les principaux postes de
dépenses des ménages enquêtés dans la zone de santé d’Ankoro selon leur ordre d’importance
sont l’alimentation, les non vivres, l’éducation, la santé, les obligations sociales et les dépenses
agricoles.
Figure 2 : Postes de dépense
Principaux postes de dépenses des ménages enquêtés dans
la zone de santé d'Ankoro
Obligations
sociales; 4,5
Santé; 12,5
Dépenses
agricoles; 3,4
Alimentation; 39,6
Education; 12,7
Non vivres; 27,3
¾ Alimentation
Le gros des dépenses alimentaires des ménages agricoles consiste dans un premier temps à l’achat
du poisson, du sel et de la viande. Les produits manufacturés de première nécessité (savon,
ustensiles de cuisines, etc.) sont aussi prioritaires pour ces ménages agricoles. En moyenne, 39,6%
du revenu des ménages sont alloués à l’alimentation.
¾ Non vivres
Les dépenses de non vivres concernent notamment les vêtements, les ustensiles de cuisine, etc. En
ce qui concerne les vêtements, ceci s’avère être une question de dignité, surtout pour les femmes.
La qualité et le mode d’habillement du couple et de leurs enfants est un indicateur très pertinent
de pauvreté dans la communauté. De même pour les ustensiles de cuisine, il va de la dignité de la
femme ménagère de posséder ses propres casseroles et autres ustensiles de cuisine. En bonne
période, 27,3% du revenu des ménages sont affectés aux non vivres.
¾ Éducation
Le taux de scolarisation des enfants de 7 à 15 ans retenu par les évaluations ACF est de 68,4% dont
60,2% du sexe masculin et 39,8% du sexe féminin. Ceci s’explique par le fait que les frais de
Action Contre la Faim / Zone de santé d’Ankoro / Katanga / Sécurité Alimentaire
23/39
scolarité sont particulièrement élevés en septembre lors de la rentrée scolaire (achats des
fournitures scolaires et des uniformes des enfants), ainsi que lors du paiement de minerval (frais
scolaires acquittés par trimestre). Par ailleurs, compte tenu de la modicité du revenu moyen des
ménages, 12,7% seulement des revenus sont affectés à l’éducation.
¾ Santé
La santé constitue un poste de dépense non négligeable et occupe 12,5% du revenu du ménage, car
se soigner coûte cher tant pour la consultation que pour l’achat des médicaments. Le ménage
s’autorise des dépenses de santé surtout dans les cas graves et encore à condition qu’une
infrastructure de santé soit proche.
¾ Obligations sociales
Il peut s’agir d’un mariage (constitution de la dot du futur époux), des fêtes de fin d’année, d’un
deuil, etc. Les personnes concernées ne sont pas les seules à supporter ces différentes dépenses.
C’est l’ensemble du réseau de solidarité qui est mis à contribution (famille élargie, clan,
communauté religieuse ou villageoise, etc.). Ces dépenses représentent 4,5% du revenu moyen du
ménage.
¾ Dépenses agricoles
Le renouvellement des moyens de production est une notion quasi inexistante dans la zone
d’Ankoro. Ce poste est marginalisé dans les dépenses des ménages, même en période de bons gains
(période post-récoltes par exemple). Il ne consomme en moyenne que 3,4% des revenus des
ménages enquêtés.
3.5
Disponibilité, Consommation et Diversité Alimentaire
Le manioc constitue l’aliment de base des populations. Il est souvent consommé sous forme de
nshima (une pâte issue de la cuisson de la farine de manioc). Le manioc présente une disponibilité
durant toute l’année. Quant au riz, le riz local (riz paddy) est aussi disponible au moment de la
récolte, et le reste du temps, la population consomme le riz importé qui provient de Lubumbashi.
Les autres produits vivriers comme le maïs, l’arachide, le voandzou, le niébé, le haricot sont
disponibles au moment de la récolte. Les protéines animales consommées couramment sont les
poissons frais, salés ou fumés.
Tableau 6 : Calendrier de disponibilité alimentaire
Opérations
culturales
Manioc
Arachide
Maïs
Haricot
Niébé
Voandzou
Riz
Feuilles de manioc
Amarante
Poissons frais
Poisson salé, fumé
Viande fraîche
Viande fumée
J
F
M
A
M
J
Jt
A
S
O
N
D
Légende
Très bonne disponibilité
Bonne disponibilité
Denrée rare
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24/39
3.6
Situation sanitaire
3.6.1 Santé
Sur le plan sanitaire, le paludisme, les infections respiratoires aigues (IRA), les diarrhées simples et
la malnutrition sont les pathologies les plus courantes dans la zone, selon les autorités sanitaires.
Les évaluations ACF ont montré que les enquêtés ont souffert principalement de fièvres, de la
malaria, de diarrhée simple et de vomissements au cours du mois précédent. Par rapport à la
fréquence moyenne d’apparition de l’affection, les fièvres et les vomissements ont une fréquence
moyenne mensuelle de 3, respectivement où 90% et 30,7% des ménages en ont souffert contre 10%
et 69,3% qui n’en ont pas souffert ; tandis que la malaria et les diarrhées simples ont une fréquence
moyenne mensuelle d’apparition de 2 ; respectivement ou 56% et 39,3 % des ménages en ont
souffert contre 44% et 60,7% qui n’en ont pas souffert.
Par rapport à l’accès aux soins, en cas de maladie, la première alternative des ménages est
l’automédication (60,7%); suivie de l’utilisation des produits locaux ou des plantes. C’est en
troisième lieu que les ménages optent à se faire soigner dans un centre ou poste de santé (31,3%)
et le cas échéant, ils consultent un médecin traditionnel (12%). Les raisons évoquées de ne pas
visiter un centre de santé sont les prix élevés des consultations et soins évoqués par 50,7% des
ménages enquêtés; le manque de médicaments évoqué par 43,3% ; l’éloignement des centres de
santé ou poste de santé cité par 14,7% et le manque d’argent évoqué par 10,7% des enquêtés.
Par ailleurs, la tuberculose et la lèpre sont deux maladies endémiques qui affectent la zone depuis
plusieurs années. La zone est appuyée par la Fondation Damien depuis plusieurs années en intrants
(tuberculostatiques), ainsi que pour la prise en charge du personnel traitant (primes trimestrielles).
Pour la tuberculose, on rencontre toutes les formes, à savoir la tuberculose pulmonaire ouverte (ou
tuberculose à frottis positif), la tuberculose pulmonaire fermée (ou tuberculose à frottis négatif) et
la tuberculose extra pulmonaire (ganglionnaire, osseuse, intestinale).
Pour le traitement de la tuberculose et une bonne prise en charge, la zone de santé est subdivisée
en 3 centres de santé de diagnostique et de traitement (CSDT) et chaque CSDT a ces centres de
santé de traitement, soit 9 dans le CSDT/Ankoro (HGR) ; 8 dans le CSDT/Kimungu et 9 dans le
CSDT/Kiofwe. Il est à noter que le traitement est gratuit, mais pour le dépistage, il y a un droit de
500 Fc qui est exigé.
Le tableau ci-dessous montre l’évolution des nouveau cas dépistés de tuberculose.
Tableau 7 : Évolution des cas de tuberculose
Année
2008
2007
2006
2005
1er
trimestre
111
155
141
116
2e
trimestre
78
88
118
144
3e
trimestre
96
62
111
180
4e
trimestre
62
81
120
145
Total
347
386
490
585
Quant à la lèpre, on rencontre dans la zone toutes les formes dont la lèpre multi-bassillaire et la
lèpre possi-bassillaire. Par rapport à l’organisation du traitement dans la zone, le dépistage se fait
au niveau de chaque centre de santé de traitement où l’infirmier titulaire a suivi une formation et
celui-ci pose le diagnostic à son niveau tout en réquisitionnant les prostatiques (médicaments de la
lèpre) au niveau du centre de santé de dépistage et de traitement qui est en soit le site de
stockage. Le dépistage et le traitement sont gratuits.
3.6.2 Eau et Assainissement
L’accès à l’eau potable demeure une préoccupation majeure de santé publique dans l’ensemble de
la zone où l’approvisionnement en eau se fait soit aux puits traditionnels (88%), soit à la rivière
(52%), soit aux puits aménagés (19,3%) et enfin soit au forage (13,3%). Ce manque d’accès à l’eau
potable est à la base de la fréquence des maladies hydriques qui affectent la population. Les
maladies hydriques les plus courantes dans la zone sont les diarrhées (simples et dysenteries) et la
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fièvre typhoïde. Ces pathologies sont souvent citées comme un des principaux facteurs de
morbidité, mais leur impact sur le taux de morbidité et de mortalité n’a pas été déterminé par les
évaluations.
Les principales causes du manque d’eau potable dans la zone de santé d’Ankoro sont :
- L’absence d’approvisionnement d’eau potable par la REGIDESO
- L’insuffisance de points d’eau aménagés et protégés.
- Les mauvaises pratiques d’hygiène liées à l’eau.
- Le problème de pollution lié aux activités humaines, la divagation des animaux
domestiques (porc, chèvres, etc.).
Outre le critère lié à la qualité intrinsèque de l’eau, la problématique de l’eau dans la zone touche
également les aspects de récipient de transport, du nombre de tours à effectuer quotidiennement
pour atteindre la quantité d’eau nécessaire à l’utilisation du ménage en vue d’évaluer les corvées
des femmes et des filles et enfin l’aspect stockage de l’eau dans des récipients appropriés pour
éviter toute contamination pendant toute la durée de conservation. Les évaluations ACF ont montré
que les ménages utilisent des bidons de 20 litres (87,3%) et 25 litres (12,7%) ; et par conséquent
plus de la moitié des ménages font plus ou moins 3 courses par jour. Les trois types de récipients
servant à la conservation de l’eau dans les ménages sont les cruches en terre cuite de 10 litres de
capacité, les bidons de 20 et 25 litres en plastique, les bassines en tôle fabriquées localement. Par
rapport à la qualité de l’eau, 100% des ménages interrogés ont déclaré ne pas bouillir l’eau de
boisson.
Par rapport à l’assainissement du milieu dans la zone, la salubrité publique est assurée par les
comités de santé (relais communautaires) lorsqu’ils sont fonctionnels et sous la supervision de
l’administration locale. Elle consiste à la sensibilisation pour la construction des latrines
individuelles dans des parcelles, à l’entretien des sources d’eau, la propreté des marchés, des
écoles et autres voies publiques. L’équipe a noté que l’hygiène des endroits publics est largement
tributaire du dynamisme de l’autorité locale en place. Les évaluations ACF indiquent que les
ménages ont des latrines individuelles dans leur parcelle (88%), mais certains font leur besoin en
brousse (48,7).
3.7
Mécanisme de survie
Les résultats des évaluations ACF montre que les mécanismes de survie développés par les ménages
en période de difficultés alimentaires sont par ordre d’importance la réduction du nombre des
repas (28,4%), la modification des habitudes alimentaires (26,1%), la diminution de la scolarisation
des enfants (12,3%), le travail journalier non agricole (10,9%), le petit commerce (7,9%), les
emprunts (7,3%), les travaux champêtres rémunérés (4,6%) et les dons (2,5%).
¾ Réduction des nombres de repas
Au regard des résultats des évaluations ACF, 28,4% des ménages enquêtés réduisent le nombre des
repas en période difficile comme mécanisme de survie et généralement, ils prennent un seul repas
par jour autour de 17 - 18 heures. Cette réduction est très significative dans la mesure où le
nombre de repas passe de 3 en période normale à 1 en période de crise.
¾ Modification des habitudes alimentaires
Les évaluations ACF ont montré que la modification des habitudes alimentaires est le mécanisme
d’adaptation à la crise utilisé par 26,1% des ménages enquêtés. Il s’agit de :
- La modification de la composition des repas où les enquêtés déclarent prendre le nshima (pâte
obtenue à l’aide de la farine de manioc) aux feuilles de manioc ou légumes seulement, car
pendant cette période, les poissons sont rares et chers.
- La modification de la préparation des repas dans la mesure où les ingrédients se réduisent au
minimum suite à la rareté et au prix élevé.
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¾ Diminution de la scolarisation des enfants
La crise qui secoue les ménages entre les mois de septembre et février, période correspondant avec
la rentrée scolaire, fait que beaucoup d’enfants ne soient pas scolarisés. Ce mécanisme de survie
est utilisé par 12,3% des ménages enquêtés. Le taux de scolarisation des enfants est de 68,4% ou
60,2% des garçons et 39,8% des filles.
¾ Travaux journaliers non agricoles
Le travail non agricole est un mécanisme très fréquent dans la zone de santé d’Ankoro car il est
utilisé d’une façon ponctuelle par 10,9% des ménages enquêtés. Il s’agit de la diversification des
ressources monétaires à travers la fabrique des braises, la fabrique des briques cuites, etc.
¾ Petit commerce
Le petit commerce est un mécanisme de survie pratiqué par 7,9% des ménages enquêtés. Il s’agit
du petit commerce à vélo et à pied pour les femmes qui transportent des charges sur la tête sur de
longues distances.
¾ Emprunt
L’emprunt représente un mécanisme de survie développé par 7,3% des ménages enquêtés pour faire
face à la crise alimentaire.
¾ Travaux champêtres rémunérés
Dans les villages, les personnes qui ont un peu de moyens financiers louent les services de tierce
personnes pour le défrichage, les semis et l’entretien des champs de manioc, d’arachide, etc.,
moyennant un paiement soit en espèce ou en nature. Les évaluations ACF ont montré que 4,6% des
ménages font ces travaux en période de crise financière.
¾ Dons
Les dons représentent un mécanisme de survie, développé par 2,5% de ménages enquêtés pour faire
face à une situation de crise alimentaire. Il se fait généralement suivant le réseau de solidarité
existant (relation familiale, appartenance aux confessions religieuses, ou à un groupe social,
voisinage, etc.)
Figure 5: Proportion des mécanismes de survie développés par les ménages en période
difficile
Proportion des mécanismes de survie adoptés par les
ménages en période de crise
Travaux champêtres
rémunérés; 4,6
Dons; 2,5
Emprunts; 7,3
Réduction de
nombre des repas;
28,4
Petit commerce;
7,9
Travaux journaliers
non agricole; 10,9
Diminution de la
scolarisation des
enfants; 12,3
Modification des
habitudes
alimentaires; 26,1
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Tableau 8 : Synthèse sur les mécanismes de survie
Mécanismes de survie
Proportions
en %
Réduction du nombre de repas
28,4
Modification des habitudes alimentaires
26,1
Diminution de la scolarisation des
enfants
12,3
Travaux journaliers non agricoles
10,9
Petit commerce
7,9
Emprunts
7,3
Travaux champêtres rémunérés
4,6
Dons
2,5
Commentaires
Passage de 3 repas en période normale à
1 seul repas en période de crise
Modification par rapport à la
composition du repas
Les filles sont plus victimes de la
déscolarisation
Fait pour diversifier les ressources
financières
Transport à vélo de lourds fardeaux
(poissons, produits vivriers)
Selon le réseau de solidarité/entraide
existant
Fait pour diversifier les ressources
financières
Selon le réseau de solidarité/entraide
existant
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4
4.1
Conclusion et recommandations
Conclusion
Les informations dont nous disposons concernant les ressources des populations et les mécanismes
de survie que ces dernières développent, nous permettent de tirer un certain nombre de
conclusions concernant le niveau de sécurité alimentaire et de vulnérabilité de la zone de santé
d’Ankoro
Au niveau régional, la disponibilité des produits est saisonnière. Par contre, à l’échelle des
ménages, compte tenu de la taille moyenne élevée de ceux-ci, l’accès à la nourriture est limité,
car certaines familles n’ont pas de moyens suffisants pour couvrir les besoins alimentaires de leurs
membres. Les productions halieutiques suivent également une certaine saisonnalité. La grande
partie de ces productions étant destinée à la vente. Cette situation rend par moment le poisson
rare, ce qui se traduit par une limitation de l’utilisation de la nourriture, suite à une pénurie
alimentaire au niveau local.
Les problèmes suivants ont été appréhendés : la désarticulation du système productif, la diminution
de la main d’œuvre agricole, le pillage de la production, des biens productifs et non productifs, la
dégradation de la situation nutritionnelle des populations locales.
Les conséquences des problèmes précédents se sont manifestés entre autres par :
-
La dégénérescence des semences vivrières ;
-
Les épizooties qui ravagent le petit élevage ;
Le manque d’accès aux intrants agricoles de qualité (outils et semences) ;
La baisse des productions agricoles et halieutique ;
L’enclavement de la zone ;
Le manque d’encadrement technique des producteurs en faveur de l’augmentation de la
production agricole, de la transformation, de la valorisation et de la commercialisation
des produits agricoles;
Les maladies phytosanitaires ;
La faiblesse, voir l’inexistence d’une dynamique organisationnelle ;
La propagation de la mosaïque du manioc ;
Les prises alimentaires déséquilibrées et peu diversifiées sur le plan nutritionnel ;
Les pathologies associées (tuberculose) et les problèmes liés à l’eau potable ;
Les facteurs culturels et l’ignorance ;
La baisse du pouvoir d’achat ;
La marginalisation de la production agricole au profit des travaux non agricoles ;
Les fréquents conflits au sujet des terres ;
Une démographie galopante.
Depuis l’apparition de la crise, aucune action humanitaire de grande envergure n’a été entreprise
dans la zone de santé d’Ankoro dans le domaine de la sécurité alimentaire.
4.2
4.2.1
Recommandations
Ciblage prioritaire
Les groupes cibles pour le futur programme devront être constitués des :
Action Contre la Faim / Zone de santé d’Ankoro / Katanga / Sécurité Alimentaire
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-
Ménages ayant un ou plusieurs enfants mal nourris,
-
Ménages agricoles à taille large (7 personnes et plus),
Ménages reconnus agriculteurs, mais ne disposant pas de l’outillage agricole de
qualité et diversifié,
Familles monoparentales dont la femme est chef de ménage,
Pêcheurs artisanaux,
Ménages victimes de la destruction de leurs champs par les sangliers.
D’autres caractéristiques des groupes cibles pourront être complétées par les communautés lors de
la phase de l’identification des bénéficiaires du programme.
La pile proportionnelle réalisée dans les focus groupes, dans l’optique d’obtenir une typologie de la
population de la zone d’étude, a révélé que 74% des ménages (soit 21833 ménages) sont
vulnérables, au sein desquels 42% (soit 9170 ménages) sont plus vulnérables.
4.2.2
Recommandations d’intervention
Tableau 9 : Types d’activités
Secteurs
d’activités
Types d’activités
Distribution d’un kit maraîcher/ménage comprenant :
•
1 houe,
•
1 machette,
•
1 râteau,
•
1 arrosoir et
•
40g de semences maraîchères (amarante, tomate,
oignon, choux, aubergine)
Maraîchage
Agriculture de
subsistance
Pêche artisanale
Transformation
Formation des
bénéficiaires
•
Distribution d’intrants (outils et semences) : 1 houe,
1 machette, 10Kg de semences de céréales (maïs et
riz), 5kg de légumineuses (arachide, niébé, haricot)
•
Multiplication de semences vivrières pour 10
ménages associés pour un champ de 1 hectare.
Outils : 7 houes, 5 machettes et semences : 25Kg de
maïs, 25Kg de légumineuses (cas de niébé)
•
Multiplication de boutures saines de manioc pour 10
ménages associés pour un champ de 1 hectare.
Outils : 7 houes, 5 machettes et boutures : 2500
mètres linéaires, soit 1 mètre linéaire pour 3
boutures à planter.
•
Formation des partenaires et bénéficiaires en
techniques agricoles, c'est-à-dire renforcement des
capacités sur les opérations culturales.
•
Mise en place de jardins de démonstration
Distribution d’équipements de pêche :
• 5 nappes de filets (comprenant 20 filets), 4 bobines
nylon, 10 boites d’hameçons, 10 limes et 10
machettes pour 1 association de 10 pêcheurs.
• Sensibilisation et organisation des ateliers d’échange
d’expériences dans les sites de pêche.
• Distribution de 2 fours de séchage des poissons par
campement de pêcheurs.
• Formation des bénéficiaires sur la composition des
repas pour femmes enceintes, femmes allaitantes,
nourrissons, enfants âgés de 6 à 59 mois, ainsi que les
principes nutritifs des aliments.
Populations cibles
1050 ménages dont : ménages
ayant des enfants mal nourris,
ménages reconnus agriculteurs
mais ne disposant pas de
l’outillage agricole de qualité et
diversifié, ménages agricoles à
taille large (7 personnes et
plus), familles monoparentales
dont la femme est chef de
ménages, et ménages victimes
de la destruction de leurs
champs par les sangliers.
9170 ménages dont les
caractéristiques sont repris ci
haut.
5000 pêcheurs artisanaux réunis
en 500 associations.
500 campements des pêcheurs.
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¾ A court terme
- Distribution des intrants agricoles aux populations vulnérables de la zone, y compris les
ménages victimes de la destruction des champs par les sangliers ;
- Distribution des kits maraîchers aux déchargés des UNT;
- Distribution d’intrants de pêche (filets, hameçons, sel marin) aux pêcheurs artisanaux ;
- Formation des bénéficiaires et partenaires en techniques agricoles et en technique de salage
de poisson ;
- Sensibilisation et formation des bénéficiaires sur l’utilisation adéquate de la nourriture chez
les nourrissons, les enfants âgés de 6 à 59 mois, les femmes enceintes et allaitantes ;
- Multiplication de semences de maïs, arachide, niébé/haricot, riz et de boutures saines de
manioc ;
- Relance de la dynamique organisationnelle (groupement de producteurs) ;
- Mise en place des jardins de démonstration dans les UNT.
¾ A moyen terme
- Désenclavement de la zone (réhabilitation des pistes de desserte agricole) ;
- Renforcement des capacités techniques des producteurs locaux (agriculture, pêche) ;
- Organisation et renforcement des circuits de commercialisation des produits agricoles et de
pêche ;
- Mise en place de banques de semences à travers des coopératives / groupements villageois de
producteurs ;
- Mise en place d’activités génératrices de revenu (AGR) et d’unités de transformation
(décortiqueuse d’arachide, moulin, fours de fumage des poissons), valorisation des
productions agricoles ;
- Relance du petit élevage familial.
¾ A long terme
- Renforcement de la dynamique communautaire ;
- Développement de l’initiative d’entreprise agricole familiale (femmes agricoles familiales).
Calendrier d’intervention
Dans l’optique de distribuer les intrants agricoles en conformité avec le calendrier culturale local,
nous proposons le calendrier d’activités ci-dessous.
Tableau 10 : Calendrier d’intervention
Activité
J
F
M
A
M
J
Jt
A
S
O
N
D
1. Recrutement et formation
de l’équipe de terrain
2. Ciblage des zones
d’intervention
3. Identification des
bénéficiaires et partenaires
4. Distribution des Kits
5. Formation des bénéficiaires
6. Monitoring
7. Jardin de démonstration
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Annexes
Termes de Référence de la mission d’évaluation dans le territoire de Manono, ZS Ankoro
Province du Katanga
1. Identification de la situation normale
C'est-à-dire avant les événements (depuis 1997 mais aussi des événements récents)
- Ressources alimentaires et revenus : agricultures, pêche, élevage, chasse etc.…avec détail
(quels intrants, quelles productions, quelles utilisations de la production, etc.) ;
- Disponibilité dans les ménages des biens de valeur autres que les intrants
- Consommation alimentaire des ménages
- Calendrier saisonnier des activités et des disponibilités alimentaires / des revenus.
2. Conséquences des événements : identification de la situation actuelle.
- Immédiates (c’est à dire par exemple ménages ayant des enfants malnutris, ménages
exposés au risque d’insécurité alimentaire (disponibilité, accessibilité limitée et utilisation
inadéquate de la nourriture).
- Secondaires : en termes de conditions de vie, de sécurité alimentaire des ménages, de
moyen de subsistance et situation économique, de mécanisme de survie en période
difficile, de situation nutritionnelle et sanitaire, de source de revenus et de dépenses, et
autres problèmes prioritaires etc.
3. Caractériser la situation :
- Par une classification socio économique des ménages : Riche, Pauvre, Ni riche, ni pauvre.
- Perspective dans 6 mois ,12 mois (coté agricole et sécurité alimentaire- scénario suivant le
niveau de sécurité / insécurité).
4. Analyse
- Niveau de la situation actuelle : comprendre la situation des communautés en matière de
sécurité alimentaire et déterminer si elles ont besoin d’une assistance extérieure. Dans
l’affirmative, quelle forme d’assistance? (Comparaison entre situation avant et actuelle)
5. Recommandations
- Proposer des interventions, au besoin différenciées selon le niveau de vulnérabilité observé
des ménages et le secteur d’activités, en fonction des conclusions de l’analyse dans la
partie précédente mais aussi en prenant en compte les perspectives à court et moyen
termes = sécurité, mouvement de population, projets d’autres ONGS, UN, etc.
Exemples :
- Distribution d’intrants : quoi, combien, à qui, où ?
- Distribution de non- Food items : quoi, combien, à qui, où ?
- Etc.
6. Durée de l’évaluation : 15 jours
Prise de décision s’il faut ou pas lancer les démarches auprès des bailleurs :
- Situation sécu : est-il possible de faire quelque chose ?
- Problèmes / Besoins
- Objectifs à atteindre
- Activités à mettre en œuvre : quoi, combien, quand.
7. Consignes à prendre en compte avant la descente sur terrain :
- Contacts : Autorités militaires, ANR, Autorités politico administratives, Responsables de la
santé, Services de l’agriculture, pêche et élevage et/ou du développement rural,
environnement, etc.
- Observation à faire : Conditions d’accessibilité dans la zone (état des routes, état des
ponts, présence d’une piste d’atterrissage – longueur et largeur de piste, etc.…Existence ou
non des points de vente.
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8. Disponibilité locale en Ressources humaines
Recueillir des informations auprès des personnes ressources (par exemple inspecteurs agricoles,
Administrateurs de territoires) sur la disponibilité locale en RH notamment, les agronomes et/ou
les techniciens en développement rural.
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Fiche d’enquête ménage
Fiche d’enquête ménage : Enquête Evaluation Ankoro
Questionnaire d'enquête des ménages
Date :
Site :
Village ou Quartier :
Numéro du ménage :
Nom de l’enquêteur :
Nom du superviseur :
Heure début entretien :
Heure fin entretien :
I. Taille et caractéristiques du ménage
Tranches d’âges M
Scolarisés
> 55 ans
16 - 55 ans
8-15 ans
5-7 ans
0-4 ans
Famille
Oui
Non
monoparentale
F
Scolarisées
Présence
d’handicape
Oui
Non
II. Moyens de subsistance et situation économique
II.1. Sources de revenus
II.1.1. Quelles sont vos trois principales sources de revenu ?
1
Revenu moyen par semaine, saison ou année (devise :…….)
2
Revenu moyen par semaine, saison ou année (devise :…….)
3
Revenu moyen par semaine, saison ou année (devise :…….)
II.1.2. Répartition des revenus sur un cycle agricole (ou année dernière)
Activité
Spéculation
Cycle agricole
Annuel Total
Agriculture
Petit commerce
Vente de MO
AUTRE: (préciser)
TOTAL
II.2. Agriculture :
Combien de champs cultivez-vous ?
Quelle est la surface des champs ?
Qui dans la famille cultive ? (nombre)
Main d’œuvre de la famille : est-elle
suffisante ? (rayer la réponse inutile)
Quels intrants utilisez-vous ?
Oui
1.
2.
Non
3.
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4.
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Que cultivez-vous ? (cultures vivrières)
Culture 1
Culture 2
Culture 3
Principales cultures
Quantités semées2 Surface cultivée
Production3
Quelles sont vos deux contraintes
principales ? *
Exemples : Accès aux intrants, Main d’œuvre, Accès à la terre, Facteurs climatiques, Maladies,
Insectes, Animaux, etc.
Utilisation de la production agricole (utilisez 10 cailloux pour faire les proportions)
Types de
Consommation Vente
Stock Semences Troc
Remboursement Dons
Culture
Pertes
1
2
3
4
II.3. Elevage :
Lapins
Caprins/ovins Volailles
Porcins
Autres (Spécifiez)
Quel élevage pratiquezvous ?
Combien d’animaux avezvous ?
Durant les 12 derniers mois :
Combien sont morts ?
Combien ont été
consommés ?
Combien ont été
achetés ?
Combien ont été vendus ?
Vos deux contraintes
principales *
Est-ce que votre production est suffisante
Non
Oui
pour nourrir toute la famille ? O/N
Si non pourquoi ? Et que faudrait-il pour atteindre une
1.
production suffisante ?
2
3.
4.
* Exemples : Alimentation; Maladies; Pâturage ; Parcours ; Conflits ; Vols; Gardiennage, etc.
II.4. Pêche :
Où ?
Période ?
Utilisation (Vente ou Consommation,
dons, troc, etc.) ?4
Vos deux contraintes principales *
Vente
Consommation
Troc
Don
Autre
II.5.Chasse :
Où ?
Période ?
Utilisation (Vente ou Consommation,
Vente
Consommation Troc
Don
dons, troc, etc.) ?
Vos deux contraintes principales *
* Exemples : Accès aux intrants, Accès à l’eau, Manque de connaissances, etc.
Autre
2
Pour les quantités semées : utiliser les unités de mesures locales en prenant le soin de préciser leurs correspondances en Kg
ou en g.
3
Idem pour les productions : il faut convertir les unités de mesures locales (seaux, paniers, bidons, etc.) en Kg
4
Exprimer la part de chaque usage en pourcentage (utiliser dix cailloux). C’est aussi valable pour la chasse et le maraîchage
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II.6. Maraîchage :
Période ?
Quels légumes ?
1.
2.
3.
4.
Utilisation (Vente ou consommation,
Vente
Consommation Troc
Don
Autre
dons, troc, etc.) ?
Vos deux contraintes principales *
* Exemples : Accès aux intrants, Accès à l’eau, Manque de semences, Animaux, Manque de
connaissances, etc.
II.7. Quelles sont vos principales dépenses ? (Utilisez 10 cailloux pour faire les proportions)
Alimentation Santé
Education
Habillement Habitation
Equipement productif Autres (Spécifiez)
II.8. Quels sont les cinq principaux biens de valeurs que votre ménage possède ?
Etat
Désignation
Nombre
1. Bon
2. Moyen
3. Mauvais
1
2
3
4
5
III. Mécanismes de survie en période « difficile »
Qu’est- ce que vous faites en cas de difficulté alimentaire ou financière récurrente ?
Dons
Vente de force de travail
Réduction de nombres de repas
Modification des habitudes alimentaires
Dette*
Autres (à préciser)
Y a-t-il des périodes de « difficultés
alimentaires » (période d’insécurité
alimentaire)? Si oui lesquelles ?
1.
2.
*Avez-vous la dette actuellement ? Oui _______ Non _______
Si oui, pour quelle raison ?
Combien de francs ? ____________
Comment
Vous comptez rembourser cette dette ? ____________________
IV. Consommation alimentaire
1………
2……….
Combien de repas prenez-vous par jour en période 1………
difficile ? (Période de……………à ……………..)
2……….
3………
4………
Combien de repas prenez-vous par jour en période
normale ? (période de …….. à ……….)
3………
4………
Rappel des 24h :
Combien de repas hier :
Détail de la consommation
Denrée
ORIGINE: (marché, boutique dans le village,
propre production, échange). NB: faire
distinction si achat avec emprunt ou non.
Matin (Heure: ________)
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Déjeuner (heure:___________)
Dîner (heure:___________)
Durant les 7 derniers jours, combien de fois avez-vous consommé les aliments suivants ?
1. Du pain ou d'autres plats à base du mais?
OUI NON si oui combien de fois :
2. Des pommes de terre, patate douce, manioc, ou d'autres plats a base de tubercules ou de
racines?
OUI NON si oui combien de fois :
3. Des légumes?
OUI NON si oui combien de fois :
4. Des fruits?
OUI NON si oui combien de fois :
5. Du bœuf, porc, chèvre, poulet, lapin, canard, mouton, ou du foie, reins, ou autres abats?
OUI NON si oui combien de fois :
6. Des œufs?
OUI NON si oui combien de fois :
7. Du poisson frais, séché ou des coquillages?
OUI NON si oui combien de fois :
8. Des haricots, lentilles, petits poids, soja, noix?
OUI NON si oui combien de fois :
9. Du fromage, yaourt, lait ou produits laitier?
OUI NON si oui combien de fois :
10. De plat fait avec l'huile, la graisse, ou du beurre?
OUI NON si oui combien de fois :
11. Du sucre ou du miel?
OUI NON si oui combien de fois :
12. D'autres aliments, comme les épices, du café, du thé?
OUI NON si oui combien de fois :
V. Santé
Quelles sont les maladies enregistrées dans votre famille au cours des 12 derniers mois(par
ordre d’importance)?
1
2
3
4
5
Où est-ce que les membres malades de votre ménages ont été soignés ? (cochez « oui » ou
« non »)
Centre de Santé
Oui
Non
Tradi-praticien
Oui
Non
Auto-médicamentation
Oui
Non
VI. Problèmes prioritaires
Quels sont vos 3 principaux problèmes (par ordre d’importance)?
Il faudra surement pré-coder la réponse et prévoir du détail (cf modèle ci-dessous à adapter au
contexte RDC) :
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Problèmes
Cochez le mot clé
ACTIVITE-EMPLOI
INTRANTS AGRICOLES
ALIMENTATION
ACCES A L’EAU
ACCES A LA TERRE
SECURITE
INACCESSIBILITE
SANITATION
SANTE
EDUCATION
AUTRE (Préciser)
Priorité
(1, 2, 3.)
- Emploi irrégulier
- Revenus très bas
- Dépendance des travaux champêtre
- Manque d’intrants (semences & outils, outils de
pêches…)
- Production insuffisante
- Longue période de soudure
- Manque d’infrastructure
- Longue période de sécheresse
- Statut de la terre (propriétaire ou non)
- Conditions sécuritaires
-Tensions
- Présence de camp
- Difficulté pour écouler (accès au marché)
- Exclus du développement
- Mauvaise condition d’hygiène
- Mauvaise couverture sanitaire
- Difficultés de scolarisation des enfants
Guide d’entretien
Historique de la zone
ƒ Evénements politiques, économiques, naturels, démographiques…sur les 10 à 20 dernières
années sur la zone/ le village.
ƒ Dynamique spatio-temporelle des activités de production et de valorisation
(transformation/vente/consommation) des produits locaux
Caractéristiques naturelles du village
ƒ Localisation, végétation
ƒ Accès/le village
Caractéristiques démographiques et ethnoculturelles
ƒ Nombre de familles dans le village/ Nombre moyen de personnes par famille/ Composition
des familles
ƒ Ethnies, langages, religions
ƒ Origines des familles : résidents/ déplacés/réfugiés, mouvement de population ?
ƒ Localisation/répartition spatiale des différents groupes
Activités
ƒ Principales activités industrielles/ commerciales/ agricoles/ artisanales/etc.
ƒ Calendrier des activités saisonnières
ƒ Opportunités d’emploi
Organisation du village
ƒ Administrative
ƒ Traditionnelle
ƒ Religieuse
ƒ Sociale
• Relation au sein de la population (domination, réseau de solidarité/entraide,
crédit/prêt/usure, banque des semences).
• Utilisation et accès aux ressources (à la terre, aux espaces aquatiques, à la forêt,…)
• Pratique d’héritage, de mariage,…condition des veuves ?
• Identification des partenaires potentiels
Infrastructures
ƒ Ecoles
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ƒ
ƒ
ƒ
Dispensaire
Château d’eau
Centrale électrique / hydroélectrique
Typologie des populations (Cf. annexe 2)
ƒ Une classification socio-économique des ménages est-elle possible ?
ƒ Comment reconnaît-on un pauvre, un riche, une personne qui n’est ni pauvre ni riche ?
ƒ Pourquoi est –on pauvre ? riche ? moyen = ni pauvre ni riche ?
Etat sanitaire et nutritionnel
ƒ Y a-t-il déjà eu des enquêtes/ évaluations nutritionnelles ? Méthodologie, résultats
ƒ Variation du statut nutritionnel selon les saisons ?
ƒ Y a-t-il déjà eu des enquêtes de mortalité ? résultat ?
ƒ Principales causes de décès ?
ƒ Données de centres de santé, centres nutritionnels ?
ƒ Principales maladies sur la zone au cours des 3 derniers mois ? Fluctuation selon les
saisons ?
ƒ Données de morbidité ? Présence de maladies à potentiel épidémique ?
ƒ Données de couverture vaccinale ?
ƒ Y a-t-il apparition de nouvelles maladies depuis la crise ? pourquoi ?
ƒ Structures du système de santé ? Structures sanitaires : présence, distance, accessibilité,
prix, disponibilité en médicaments
Présence humanitaire
ƒ Qui, quoi, comment, où, depuis quand, avec quel bailleur ?
ƒ Nombre de bénéficiaires
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