Les populistes marquent des points

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Les populistes marquent des points
Les populistes marquent des points
ALLEMAGNE Le parti antimigrant AfD a gagné 22 % des voix lors des élections organisées dans le Land
du Mecklembourg-Poméranie occidentale, devant la CDU de la chancelière Angela Merkel.
Un rejet des élites et une politique
d'austérité régionale, sans oublier
la gestion des réfugiés par le pouvoir
fédéral expliqueraient cette lame
de fond.
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>
Les migrants,
thème numéro un
Trois ans après sa création, l'AfD
renforce sa position sur la scène nationale, le parti étant désormais représenté dans neuf des 16 Länder
avec ses succès électoraux dans trois
régions au printemps, dont son record de 24 % en Saxe-Anhalt (est). Le
scrutin d'hier, avec celui de Berlin le
18 septembre, fait figure de répétition générale à un an des législatives.
Le patron du SPD et vice-chancelier,
Sigmar Gabriel, a dès lors appelé tous
les partis à se demander «comment
faire pour que la colère et les inquiétudes des gens ne se retrouvent pas dans l'AfD». Le secrétaire
général de la CDU, Peter Tauber, a
reconnu une défaite «amère» et a
qualifié le vote AfD de «protestataire». Lorenz Caffier, patron régional de la CDU, a lui expliqué sa défaite par le fait qu'il «n'y avait
qu'un thème, la politique sur les
réfugiés». Les populistes font ainsi
Photo : afp
n an après la décision d'Angela
Merkel d'ouvrir l'Allemagne
aux réfugiés, le parti populiste antimigrants AfD a remporté hier un
succès électoral important dans une
région de l'ex-RDA communiste, infligeant un camouflet au parti de la
chancelière à un an des législatives.
Si les sociaux-démocrates du SPD arrivent en tête dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale avec
environ 30 % des voix, soit cinq
points de moins qu'en 2011, c'est
avant tout l'AfD qui a le cœur à la
fête. Avec environ 22 %, selon des
résultats préliminaires, ce parti né
en 2013 devance nettement la CDU
d'Angela Merkel, pourtant élue de la
région, qui se classe troisième avec
un peu plus de 19 % des voix. La
problématique de l'intégration du
million de demandeurs d'asile arrivés l'an dernier en Allemagne a monopolisé la campagne électorale.
Même si seulement quelques milliers de réfugiés sont installés dans
le Mecklembourg, selon un sondage
de la chaîne ZDF un électeur sur
deux a jugé ce thème crucial. «La cerise sur le gâteau c'est qu'on laisse
la CDU de Merkel derrière nous
(...) et peut-être même est-ce le début de la fin pour la chancelière
Merkel», a lancé Leif-Erik Holm,
chef de file du parti populiste dans
cette région.
L'AfD devient le deuxième parti du Land, derrière le SPD qui recueille 30 % des voix.
une entrée fracassante au Parlement
régional pour leur première participation à un scrutin dans ce Land, un
an jour pour jour après la décision
de la chancelière d'ouvrir grand les
portes de l'Allemagne aux réfugiés.
En difficulté – seulement 44 % lui
font confiance pour un quatrième
mandat –, Angela Merkel a fait campagne sur le terrain pour convaincre
les 1,3 million d'électeurs du Mecklembourg, où se trouve sa propre
circonscription électorale, de ne pas
voter populiste.
Mais dans la presse, on s'était fait
déjà une raison. «Désormais l'Allemagne a ce qui n'avait jamais
existé depuis la fin de la guerre
(en 1945) : un parti d'extrême
droite», regrettait hier matin le quotidien Die Welt. Les néonazis du
NPD, dont le Mecklembourg était le
Veillée d'armes à La Baule
FRANCE Les Républicains ont lancé le sprint final
pour les primaires en attendant la présidentielle.
N
icolas Sarkozy, candidat à la
primaire à droite pour 2017, a
affirmé qu'il voulait une compétition «sans pugilat» et réservé la
plupart de ses flèches à la gauche,
notamment sur la question de l'immigration, en clôturant l'université
d'été des Républicains à La Baule.
Lors d'un discours prononcé hier
devant des militants qui l'ont accueilli par des «Sarkozy président», l'ex-chef de l'État a appelé
chacun des candidats aux scrutins
des 20 et 27 novembre à «garder
son calme».
«Ici, à La Baule, je veux dire avec
force qu'il n'y aura pas d'alternance si la campagne des primaires devait continuer sur la base
d'un pugilat. Aucune victoire ne
se construit sur les divisions», a-til affirmé, en faisant allusion, sans le
nommer, à François Fillon, très critique envers lui ces derniers jours. Ses
principaux adversaires à la primaire
étaient toutefois absents, Alain
Juppé, Bruno Le Maire et François
Fillon étant intervenus la veille. Aucun d'entre eux n'avait d'ailleurs
écouté le discours des autres, chacun s'esquivant lorsqu'un autre
concurrent prenait la parole.
Seul Jacques Myard, prétendant
qui ne devrait toutefois pas réussir à
réunir les parrainages nécessaires
(2 500 adhérents, 250 grands élus
dont au moins 20 parlementaires), a
assisté à tous les discours. Nathalie
Kosciusko-Morizet – à qui il manque
encore la signature de près de
500 adhérents et d'une cinquantaine d'élus dont cinq parlementaires – a, elle, profité de son passage à
La Baule pour lancer un «appel» aux
parrainages.
Alain Juppé est toujours favori
dans les sondages même si Nicolas
Sarkozy, en hausse, fait jeu égal avec
lui au premier tour, selon une enquête d'opinion révélée hier.
bastion, n'ont pour leur part pas
réussi à se maintenir au Parlement
régional, la percée de l'AfD les privant d'atteindre la barre nécessaire
des 5 %. Pour Hajo Funke, professeur de sciences politiques à l'université libre de Berlin, le succès de
l'AfD un peu partout en Allemagne
est une «lame de fond». Car au-delà
de la question des réfugiés, l'AfD tire
sa force du fait que «beaucoup de
gens ne se sentent plus représentés», reconnaît aussi Frieder Weinhold. Un rejet des élites, nourri par
une politique d'austérité régionale,
sur lequel les populistes surfent malgré les progrès économiques de ce
Land. Désemparés par le succès des
populistes, de nombreux responsables de gauche comme de droite rejettent la faute sur la chancelière au
pouvoir depuis onze ans.
Rendez-vous dans un an
L
e parti populiste Alternative
für Deutschland (AfD), qui enchaîne les succès électoraux cette
année, a connu depuis ses débuts
en 2013 une profonde mutation,
passant de la lutte contre l'euro à
un discours anti-réfugiés. Après
ses succès de mars dans trois autres Länder, et notamment le
score record de 24 % en Saxe-Anhalt (est), l'AfD siègera désormais
dans 9 des 16 parlements régionaux. Si ses plus gros scores ont
été enregistrés en ex-RDA communiste, moins prospère, l'AfD
peut se targuer de bons résultats
aussi à l'ouest, comme ses 15 %
en mars dans le riche Bade-Wur-
temberg. Le parti a été fondé il y
a trois ans par Bernd Lucke, un
professeur d'économie de l'université de Hambourg, et a séduit
les déçus des partis politiques
établis, dont la CDU. Il surfait
alors sur la vague de mécontentement liée à la crise de l'euro et,
plus particulièrement, sur le sentiment assez répandu que les
contribuables allemands n'en finissaient plus de payer pour les
autres membres de la zone euro,
moins vertueux. À un an des législatives, les populistes peuvent
espérer devenir la troisième force
du pays, derrière la CDU et le
SPD.
quise à sa rivale, Hillary Clinton.
En difficulté dans les sondages à
l'approche de l'élection présidentielle de novembre, l'homme d'affaires de New York tente depuis
quelques semaines de tendre la
main à cette partie de l'électorat
qui vote traditionnellement démocrate et à laquelle il n'avait
jusqu'ici prêté que peu d'attention. Selon un sondage USA Today/
Suffolk University publié jeudi, il
ne recueille le soutien que de...
4 % des électeurs noirs.
l'un, entaille à la tête pour l'autre
– par un groupe de cinq ou six
hommes, a précisé la police de
l'Essex. Il pourrait s'agir d'un acte
«de haine», a déclaré Trevor Roe,
un responsable de la police.
EN BREF
■ ESPAGNE
Plusieurs milliers de Vénézuéliens ont défilé hier dans les rues
de Madrid pour réclamer un référendum permettant de révoquer
le président socialiste Nicolas
Maduro. Environ 3 000 personnes selon des policiers sur place et
4 500 selon le service d'ordre des
organisateurs ont scandé les slogans «Venezuela, référendum!»,
«Dehors, Maduro!» ou encore «Je
ne veux pas d'une dictature
comme la cubaine!», trois jours
après une marche géante ayant
rassemblé près d'un million de
personnes dans les rues de Caracas, selon l'opposition.
■ ÉTATS-UNIS
Donald Trump s'est tourné samedi, depuis une église de Detroit, vers les Afro-Américains,
promettant des emplois et de
l'espoir à une communauté qui
le regarde avec grande méfiance
et est presque entièrement ac-
■ ANGLETERRE
Deux Polonais ont été agressés
dans la nuit de samedi à hier à Harlow, en Angleterre, quelques heures après une veillée en hommage à
un de leurs compatriotes, tué en
août dans cette ville par une bande
de jeunes, selon la police qui évoque la piste d'un nouvel acte xénophobe. Les deux hommes d'une
trentaine d'années ont été blessés
devant un pub – nez cassé pour
■ LIBYE
Les derniers combattants du
groupe État islamique (EI) encore
présents à Syrte opposaient hier
une «forte résistance» face à l'offensive des forces libyennes progouvernementales, a indiqué le
porte-parole de ces forces. Plusieurs fois annoncée comme imminente, la reprise de Syrte se
heurte à la détermination farouche des derniers jihadistes. Les
forces du gouvernement d'union
nationale (GNA) avaient annoncé samedi attaquer les «dernières positions de Daech» en
ayant mis en place de nouveaux
plans pour minimiser les pertes
qui pourraient être causées par
des attentats suicide.
Persönlich erstellt für: asbl asti
MONDE 15
lundi 5 septembre 2016