Fiche Fonds Galerie Charpentier

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Fiche Fonds Galerie Charpentier
FONDS GALERIE CHARPENTIER
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Zone d’identification
1.2 Intitulé/Analyse : Fonds Galerie Charpentier
1.3 Dates extrêmes : 1941-1968
1.4 Niveau de description : fonds
1.5 Importance matérielle :
Actuellement, le fonds est conditionné comme suit :
- 87 boîtes et 1 boîte GF ;
- 988 boîtes photos (divers formats) et l’équivalent d’un carton (moyen) de
photographies non triées ;
- 324 imprimés.
2
Zone du contexte
2.1 Nom du producteur : Galerie Charpentier
2.2 Histoire administrative/Notice biographique :
Fondée en 1941, la galerie Charpentier connaît un grand prestige jusqu’à la fin de son
activité 1968. Elle était située au 76, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, à l’angle de
la rue Duras.
Cet ancien hôtel particulier fut bâti en 1802 par le comte d’Orglandes pour être vendu
dès 1821 au colonel d’Andlau d’Orvillers. Il devient propriété de la famille MouthierDehayin à une date inconnue, à laquelle succède le collectionneur Jean Charpentier. Avec
ce dernier, le public est peu à peu admis à visiter les collections dans la galerie aménagée
dans la cour d’honneur. Petit à petit, Jean Charpentier diversifie les activités de sa galerie
en commençant par organiser une première exposition sur Géricault dès 1924. Après la
dissolution de la société des Galeries Georges Petit, des ventes aux enchères de prestige
sont organisées dans l’hôtel du collectionneur. De nombreuses autres expositions ou
manifestations culturelles prennent ensuite place dans la galerie de Jean Charpentier
tels que le premier Salon des Réalités Nouvelles en 1939, ou l’exposition posthume des
œuvres d’Émile Bernard en 19411.
Raymond Nacenta devient propriétaire de la galerie en 1948 et va en faire une galerie
mondaine et événementielle qui connaît un important succès public très rapidement. A
1
Dans les années 1970, les anciens locaux de la galerie Charpentier sont le siège parisien de la société FivesLille1 (acier). À la fin des années 1980, Pierre Cardin installa un restaurant dans les pièces sur rue. Et, depuis
1988, l’immeuble abrite le bureau parisien de la maison de vente aux enchères Sotheby’s.
1
l’instar de nombreux marchands dans les années 1940, Raymond Nacenta était
architecte-décorateur avant de devenir galeriste. Diplômé de l’Ecole Boulle puis de
l’Ecole nationale des beaux-arts, il s’installe à son compte comme décorateur alors qu’il
n’a que 25 ans, avant de reprendre la galerie Charpentier à l’âge de 41 ans2. Les
expositions qu’il organise attirent énormément de visiteurs et sont réalisées sous la
présidence de personnalités prestigieuses (André Le Troquer, André Malraux,
Maximilien Gauthier, Louis Vauxcelles, Sacha Guitry).
Dans une lettre à L. Gilles, datée du 2 juillet 1943, Raymond Nacenta explique que la
galerie pense avant tout à « mettre en évidence les trésors artistiques de notre pays et
faire connaître le grand passé de la France et toute la vitalité actuelle de nos arts ».
En effet, si les premiers accrochages sont thématiques : « 100 portraits de femmes »,
« Danse et divertissement », « Beautés de la Provence », la galerie Charpentier a la
particularité de réaliser d’importantes expositions monographiques incluant tant des
artistes contemporains que les grands maîtres depuis le XVIIIème siècle (Modigliani,
Braque, Derain, etc.). Les titres des expositions que Raymond Nacenta choisi concourent
à garantir une certaine réputation à la galerie : « Plaisirs de la campagne », « Fleurs et
fruits », « Le pain et le vin ». La galerie Charpentier possède un programme novateur qui
laisse apparaître quelques expositions atypiques. De plus, la galerie Charpentier
organisait des séances hebdomadaires de prospection : durant toutes les années 1950,
tous les mardis matins, Raymond Nacenta recevait des artistes inconnus, venus avec
deux ou trois œuvres3.
De 1949 à 1953, la galerie Charpentier accueille le salon des Tuileries chaque année.
Mais en réponse au déclin des salons en général et, avec la conviction que les marchands
sont les mieux placés pour proposer une présentation pertinente de l’art contemporain,
Raymond Nacenta met fin à ce rendez-vous annuel dans sa galerie. En 1954, il met en
place une grande manifestation qui se déroulera à l’ouverture de la saison artistique
parisienne chaque année. Intitulée « Ecole de Paris », cette exposition témoigne des
goûts de la galerie Charpentier qui « se range dès la Libération dans le camp des
adversaires de l’abstraction4 ». Toutefois, cette exposition collective qui présente chaque
année l’actualité de l’art contemporain figuratif, ouvrira ses portes à l’art abstrait
pendant quelques années, avant de prendre fin en 1964 suite à une nouvelle controverse
quant aux critères de sélection des artistes5.
La galerie Charpentier acquièrent une grande réputation du fait de ses nombreuses
expositions qui donnent lieu à de multiples événements de toutes sortes : des concours,
des galas, des soirées culturelles mêlant danse et littérature, des conférences, des prix,
des ventes de charité, etc. Située dans la portion centrale de la rue du Faubourg-SaintHonoré, elle fait partie de l’un des quartiers les plus attractifs de la rive droite dans les
années 1950, pour les amateurs d’art moderne et contemporain. Bénéficiant de la
proximité avec des commerces de luxe, qui leur garantissent un prestige acquis
d’avance, les marchands implantés dans cette rue organisent des manifestations
2
Julie Verlaine, Les galeries d’art contemporain à Paris. Une histoire culturelle du marché de l’art, 1944-1970,
Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, p. 202.
3
Ibid., p. 299.
4
Ibid., p. 149.
5
Ibid., p. 341-343.
2
mondaines valorisant des produits et des objets divers. Principal acteur de cette activité,
Raymond Nacenta loue l’espace de sa galerie pour des défilés de collections, des
présentations de bijoux, des reportages photographiques destinés à être publiés dans
des magazines de mode. Les vernissages et les soirées de la galerie sont souvent
organisés en concertation avec les commerces voisins. Pour preuve, les catalogues de la
galerie ouvrent leurs pages à des publicités insérées en fin de volume6.
Peu de temps avant la fermeture de la galerie en juin 1966, Raymond Nacenta exportent
des expositions au Japon. D’abord liées à l’activité de la galerie en montrant de l’art
contemporain, ces expositions se veulent plus historiques après sa fermeture en 1966 :
« Henri Rousseau et le monde des naïfs », « Modigliani », « Gauguin ». Composées
d’œuvres provenant de collections privées et d’œuvres à vendre, elles sont présentées
dans les galeries de grands magasins à Kyoto et Tokyo, entre 1966 et 19697.
Du fait de ces nombreux événements qu’elle organise, la galerie Charpentier conserve
une actualité toujours vive pendant plus de vingt ans. Accompagnant des expositions
souvent prestigieuses par leur taille ou les œuvres exposées, ces événements ont
participé à donner à la galerie Charpentier un prestige, une renommée et une place
centrale dans le marché de l’art parisien d’après-guerre.
2.3 Historique de la conservation :
2.4 Modalité d’entrée :
Le don du fonds de la galerie Charpentier a été négocié par Daniel Abadie et finalisé en
1987.
Il a été accompagné d’un achat des photographies à Maître Blache (Versailles) dès 1985,
qui les avait lui-même achetées auprès de Raymond Nacenta. D’après les deux factures
conservées dans le dossier administratif, il se peut que certains documents d’archives
ont également fait partie de l’achat : la première est datée du 24 avril 1985 et
mentionnent un achat de tirages photographiques et de documents d’archives pour une
valeur de 1779 francs ; la seconde, datée du 29 avril 1985, mentionnent un achat de
tirages photographiques d’une valeur de 948,80 francs.
Ces acquisitions portent le numéro d’inventaire 10586.
Le dossier administratif renferme des listes d’artistes, d’expositions, des catalogues
d’exposition, des plaques de verre par artistes et par exposition et des négatifs souples.
3
Zone du contenu et de la structure :
3.1 Présentation du contenu :
6
7
Ibid., p. 231-233.
Ibid., p. 497.
3
Le fonds de la galerie Charpentier est un fonds multi-supports, comprenant des
documents de nature diverse : archives écrites (correspondance, reçus, documents
administratifs, listes d’artistes, liste des prix d’œuvres, coupure de presse, cartes
diverses, etc.), photographiques (plaques de verre, négatifs souples), imprimés
(catalogues, dépliants, cartons, etc.). Témoin d’une activité très dense (l’année 1961
compte jusqu’à neuf expositions), elles illustrent également la vie événementielle du
monde de l’art parisien de 1941 à 1965.
Les archives écrites, conservées dans 87 boîtes et une boîte Grand Format, renferment
une importante correspondance relative à l’organisation et la préparation des
expositions, notamment les prêts des œuvres. Ces documents sont traditionnellement
ceux que l’on trouve dans un fonds de galerie. Mais, la particularité des archives de la
galerie Charpentier est la grande part représentée par les documents relatifs aux
mouvements des œuvres exposées. En effet, la correspondance est complétée par les
nombreux reçus d’œuvres conservés, ainsi que par les documents de travail concernant
le transport, les assurances, les prix des œuvres, etc. Ce détail propre à la galerie
Charpentier tient à son activité singulière au sein de marché de l’art français des années
1940 à 1960. En effet, elle a pour caractéristique d’organiser de grandes expositions
thématiques ou monographiques notamment celles de maîtres de la peinture du XVIIIème
au XXème siècle, l’obligeant ainsi à emprunter des œuvres.
Les archives photographiques comptabilisent un peu plus de 988 boîtes de formats
divers. Il s’agit majoritairement de plaques de verre, réparties en 932 boîtes dont
chacune possède une étiquette signalant le titre de l’exposition et, parfois, l’année ou la
date de l’événement (vernissage, soirée). Ces boîtes sont classées par événement qui
peut compter 1 à 26 boîtes (l’exposition de René Genis en 1956 est celle qui
comptabilise le plus de boîtes, avec 26). Les plaques de verre fournissent des
reproductions d’œuvres, des vues d’accrochage et des images d’événements tel que le
vernissage d’une exposition.
51 boîtes à archives renferment des négatifs souples. Répartis par dossier d’artistes, il
s’agit essentiellement de reproductions d’œuvres.
Ces photographies sont très importantes à plusieurs titres : les reproductions d’œuvres
concernent parfois des œuvres méconnues dont il n’existe que peu de visuels ; les vues
d’accrochages permettent une étude de l’espace d’exposition, des différents accrochages,
de la scénographie de l’époque ; les images des vernissages ou soirées sont un
formidable témoignage de la vie mondaine de l’époque, des personnalités récurrentes
lors de ces événements et de la mode, représentée dans les robes et les tenues des
invités.
La liste des imprimés contient 324 titres. Au sein de cette liste, il existe de nombreux
doublons qui baisse le nombre à 182. Il s’agit des catalogues (allant d’un feuillet à
plusieurs dizaines) édités par la galerie à l’occasion des expositions qu’elle organise.
Deux exemplaires de chaque ont été gardés, lors du don, dans la mesure du possible
mais certains titres ne sont représentés qu’une seule fois. La quasi-totalité des catalogue
est présente dans le fonds, offrant ainsi une vue complète de l’activité de la galerie à côté
des documents de travail et des photographies. Les imprimés ont été intégrés au
catalogue de la Bibliothèque Kandinsky sous la cote : Fonds Galerie Charpentier L.
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Les archives de la galerie conservées par la Bibliothèque Kandinsky représentent un des
fonds les plus importants et les plus complets pour une galerie. La quasi-totalité des
catalogues (parfois réduit à un dépliant de 2 feuillets) édités par la galerie à l’occasion
des expositions qu’elle organise est présente dans le fonds et permet d’illustrer l’activité
d’édition de la galerie Charpentier. Ils complètent les nombreux documents qui
accompagnent l’organisation d’une exposition ou d’un événement culturel :
correspondance, cartons d’invitation, textes de présentation, documents administratifs
(feuilles d’assurance, fiches de transport, reçus). La part des reçus notamment, rarement
présents dans les archives de galerie, est ici très importante et est fondamentale pour
des recherches sur la traçabilité des œuvres. Enfin, l’important fonds de photographies
représente un formidable témoignage non seulement de l’activité de la galerie, mais
aussi de la vie mondaine parisienne des années 1940 à 1960.
3.2 Evaluation, tris et éliminations, sort final :
Aucune élimination n’a été faite en dehors des exemplaires multiples de certains
catalogues d’exposition. Certains possédaient une dizaine de copie : la bibliothèque n’a
gardé à chaque fois que deux exemplaires en bon état.
3.3 Accroissements : Fonds clos.
3.4 Mode de classement :
Le mode de classement adopté pour les archives écrites respecte les différents types de
documents présents dans le fonds et s’organise en trois parties. La première partie
renferme la correspondance classée selon le sujet ou le destinataire. Ainsi, elle se
subdivise en quatre dossiers : la correspondance et les documents relatifs aux
expositions depuis 1941 (boîtes 1 à 66) ; la correspondance diverse avec des particuliers
(boîte 67) ; celle avec les institutions (boîte 67) ; et les doubles de correspondance
(boîtes 69 à 70). La seconde partie des documents plus divers sur l’activité et la vie de la
galerie (rassemblés dans la boîte 68) : des dossiers sur des projets d’exposition,
d’éditions, de festivals et des dossiers documentaires hors expositions ; cartons
d’exposition d’autres galeries, cartes de vœux, cartes publicitaires, presse ; et des
documents non identifiés tels que des fiches de réception, des notices d’œuvres, des
listes, des textes, des reçus, des bordereaux de transport ou des notes de travail. Enfin,
16 boîtes contiennent des reçus, classés par ordre alphabétique et par type de prêteurs :
reçus pour les particuliers et les organismes (boîtes 71 à 83) ; ceux pour les galeries
(boîtes 84 à 86) ; et ceux pour les musées (boîte 87), accompagnés d’une collection de
doubles de cartons.
Les archives photographiques sont réparties par sujet, donc essentiellement par
exposition ou par artiste. Les plaques de verre sont classées par exposition ou
événement. Les négatifs souples sont classés par artiste (par ordre alphabétique) pour
les boîtes 1 à 30 et par exposition pour les boîtes 31 à 50. Il reste l’équivalent d’un
carton (moyen) de photographies de différents supports non classés et non identifiés.
4
Zone des conditions d’accès et d’utilisation :
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4.1 Conditions d’accès : Aucune restriction particulière.
4.2 Conditions de reproduction :
Le fonds est reproductible sous réserve de l’autorisation expresse des ayant-droits et
selon les conditions de reproduction fixées par la Bibliothèque Kandinsky.
4.3 Langue et écriture des documents : Français.
4.4 Caractéristiques matérielles et contraintes techniques :
4.5 Instrument de recherche :
Catalogage dans ALOES pour la partie des archives écrites et liste sommaire sous forme
de tableau Excel pour la partie des archives photographiques.
5
Zone des sources complémentaires :
5.3 Sources complémentaires :
La galerie Charpentier est mentionnée dans des documents divers dans d’autres fonds
conservés à la Bibliothèque Kandinsky : Fonds Delaunay, Fonds Kandinsky, Fonds
Breton, etc.
Plusieurs vidéos d’archives de la galerie Charpentier (notamment des vernissages) sont
consultables en ligne sur le site de l’INA :
http://www.ina.fr/recherche/search?search=galerie+charpentier&vue=Video&x=851&y=-156
Dossier documentaire : AP GAL CHAR.
5.4 Bibliographie :
Les catalogues d’exposition de la galerie sont référencés dans le catalogue de la
bibliothèque sous la cote Fonds Galerie Charpentier L.
Un article sur la galerie Charpentier a été publié dans la revue Connaissance des Arts,
n°548, 1998 [P 538].
L’ouvrage de Julie Verlaine mentionne la galerie Charpentier à plusieurs reprises, des
archives de laquelle elle a puisé de nombreuses informations : Julie Verlaine, Les galeries
d’art contemporain à Paris. Une histoire culturelle du marché de l’art, 1944-1970, Paris,
Publications de la Sorbonne, 2012 [IN-8 26009].
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Zone des notes :
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Zone du contrôle de la description :
7.1 Notes de l’archiviste / Traitement :
Le fonds est catalogué dans Aloes, logiciel de bibliothèque / format unimarc,
conditionné et classé. Les archives manuscrites ont été cataloguées par Christine Jullien.
Les imprimés ont été intégrés au catalogue de la bibliothèque, accompagnés d’une notice
individuelle. Une liste des imprimés a été réalisée à partir du catalogue de la
Bibliothèque Kandinsky.
7.2 Règles ou conventions :
Cet instrument de recherche à été élaboré conformément aux recommandations de l’ICA,
selon la norme générale et internationale de description archivistique ISAD(G).
7.3 Date(s) de la description : Emeline Jaret, 2nd trimestre 2013.
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