GROSSESSE ET INSUFFISANCE RÉNALE : LE POINT DE VUE DE
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GROSSESSE ET INSUFFISANCE RÉNALE : LE POINT DE VUE DE
G ROSSESSE ET INSUFFISANCE RÉNALE : LE POINT DE VUE DE L’OBSTÉTRICIEN Alexandra Benachi, Céline Lacam Service de Gynécologie-Obstétrique. Hôpital Antoine Béclère - Clamart. Université Paris 11 1. Introduction 2. Influence de la grossesse sur l’insuffisance rénale La plupart des femmes en insuffisance rénale chronique (IRC) qui débutent une grossesse ont une insuffisance rénale débutante. La grossesse n’affectera pas, en général, le pronostic rénal. Si la patiente a une insuffisance rénale débutante (créatininémie < 125 µmol/l), une protéinurie minime (<1g/24h), et une tension artérielle bien contrôlée avant la grossesse, celle-ci n’aura pas ou peu d’effet à long terme sur la fonction rénale [2]. Les patientes ayant une IRC modérée à terminale ont en revanche un risque important d’accélérer la détérioration de leur fonction rénale. Une étude rétrospective sur 67 pa- tientes démontre que les patientes ayant une IRC modérée (créatinémie 124-168 µmol/l) ont un risque de 40% de détériorer leur fonction rénale pendant la grossesse, et pour 50% d’entre elles celle-ci persistait après l’accouchement [3]. Les patientes présentant une IRC sévère (créatininémie > 177 µmol/l) ont dégradé leur fonction rénale au troisième trimestre. Pour la plupart cette dégradation a persisté, et pour certaines, a progressé vers une insuffisance rénale terminale. Le suivi à 6 mois de ces patientes montre que dans 50% des cas la fonction rénale est identique à celle en ante partum, et dans 30% des cas une diminution de la fonction rénale pouvait être attribuée à la grossesse. Une étude prospective chez des patientes présentant une IRC aux stades 3 à 5 retrouve des résultats similaires [4]. Les patientes, présentant à la fois une clairance < 40ml/min/1.73m2 et une protéinurie > 1g/24h avant la grossesse, présentaient une accélération de la détérioration de leur fonction rénale pendant la grossesse. Session 3 La prévalence des patientes en âge de procréer porteuses d’une pathologie rénale chronique serait actuellement proche de 3%[1]. Les progrès récents de l’arsenal thérapeutique permettent de ralentir l’évolution des néphropathies et d’envisager une grossesse pour la plupart des patientes porteuses d’une IR. Ces grossesses ne sont cependant pas dénuées de risques pour la mère et l’enfant. La grossesse peut modifier l’évolution de l’IR et l’IR peut être à l’origine de complications spécifiques pendant la grossesse. Il n’existe pas de consensus sur la mesure du débit de filtration glomérulaire (DFG) et de la protéinurie au cours de la grossesse. Idéalement, la grossesse doit être programmée car l’IR n’est souvent qu’un des symptômes de pathologies variées qui peuvent comporter un risque propre pour la grossesse (diabète, lupus..). Le suivi devra être fait conjointement par les néphrologues et les obstétriciens. L’hypertension artérielle chronique va aussi contribuer à la dégradation de la fonction rénale. Jones et Hayslett [3] ont montré que la présence d’une hypertension était corrélée à une diminution significative de la filtration glomérulaire. L’hypertension artérielle présente avant la grossesse était associée à une augmentation de la créatininémie au troisième trimestre. En revanche, l’apparition d’une hypertension au troisième trimestre était associée à une diminution de la filtration glomérulaire en comparaison avec les patientes ayant une tension artérielle normale. Une autre étude publiée en 2007 [4] avait pour but de rechercher les facteurs pronos75 Alexandra BENACHI, Céline LACAM tiques chez des patientes en insuffisance contrôlée avant le début de la grossesse a un rénale modérée à sévère. Une analyse multi effet négatif cumulatif sur le pronostic de la variée retrouvait que, seules, une protéinurie fonction rénale à long terme. > 1g/24h et une clairance < 40ml/min/1.73m2 étaient significativement associées à une 4. Influence de l’insuffisance rénale sur diminution de la filtration glomérulaire et à la grossesse significativement à une diminution de la filtration glomérulaire et à une une augmentation associées de la créatininémie après Les Ni patientes unedenéphropathie augmentation deNi la l’âge, créatininémie après l’accouchement. l’âge, niavec la cause l’insuffisance ont l’accouchement. ni la cause de l’insufun risque accru de morbidité maternelle et rénale, ni la présence d’une hypertension n’étaient associés de manière significative. fisance rénale, impose ni la présence d’une hypertenLa grossesse de nombreuses adaptations à périnatale. la physiologie rénale.etLa d’une que Trevisan al présence [5] rapportent sion n’étaient associés de manière significainsuffisance rénale pré existante ne permet pas une 40% adaptation va, en fonctionune de pré des optimale, patientes etdéveloppent tive. la sévérité de l’atteinte initiale, engendrer une détérioration de la fonction rénale. Celle-ci sera éclampsie, 48% une anémie microcytaire, ou moins réversible après l’accouchement. L’existence d’une protéinurie ou d’une Laplus grossesse impose de nombreuses adap60% accouchent prématurément, et 52% hypertension artérielle non contrôlée avant le début de la grossesse a un effet négatif tations à la physiologie rénale. La présence sont césarisées. Dans une revue de Bar [5], cumulatif sur le pronostic de la fonction rénale à long terme. d’une insuffisance rénale pré existante ne 90% des patientes incluses dans leur étude permet pas une adaptation optimale, etlava,grossesse avaient une IRC débutante, et ils retrouvaient 4. Influence de l’insuffisance rénale sur en fonction deavec la sévérité de l’atteinteontinitiale, Les patientes une néphropathie un risque accru maternelle périnatale. 22% de demorbidité pré éclampsie, 22% et d’accouchement Trevisan etune al [5] rapportent que des patientes prématuré, développent13% une RCIU, pré éclampsie, 48% une engendrer détérioration de 40% la fonction et 24% de césarienne. anémieCelle-ci microcytaire, 60%ouaccouchent prématurément, 52%d’insuffisance sont césarisées. Dans est unecorrélé revue aux rénale. sera plus moins réversible Le et degré rénale de Bar [5], 90% des patientes dans leur issues étude de avaient une IRC débutante, ils après l’accouchement. L’existenceincluses d’une progrossesse (tableau 1). Lesetpatientes retrouvaient 22% de pré éclampsie, 22% d’accouchement prématuré, 13% RCIU, et 24% de téinurie ou d’une hypertension artérielle non ayant une insuffisance rénale sévère ont plus césarienne. Le degré d’insuffisance rénale est corrélé aux issues de grossesse (tableau 1). Les patientes ayant une insuffisance rénale sévère ont plus de risque de fausses couches précoces et de complications pendant la grossesse (RCIU, accouchement prématuré, pré éclampsie). Tableau 1. Estimation des effets de la fonction rénale avant la grossesse sur le déroulement de la grossesse et la fonction rénale maternelle [7]. Créatininémie avant la Grossesse (µmol/l) Issues de grossesse Perte > 25% de la fonction rénale RCIU (%) Accouchement prématuré (%) Pré éclampsie (%) Mort périnatale (%) Pdt la grossesse Persistant en post-partum IRC terminale un an après <125 25 30 22 1 2 0 0 125-180 40 60 40 5 40 20 2 >180 65 >90 60 10 70 50 35 En dialyse >90 >90 75 50* N/A N/A N/A Tableau 1. Estimation des effets de la fonction rénale avant la grossesse sur le déroulement de la grossesse et la fonction rénale maternelle [7]. 76 La sévérité de l’insuffisance rénale est le facteur déterminant de l’issue de la grossesse. La présence ou l’absence d’une hypertension artérielle, avec ou sans pré éclampsie surajoutée, apparaît aussi être significatif dans le pronostic de la grossesse [8]. Dans l’étude de Bar [6], après avoir utilisé un modèle recherchant les facteurs prédictifs d’un déroulement de grossesse normal, le seul facteur retrouvé était l’existence d’une hypertension artérielle préexistante. Cet auteur retrouvait aussi que les autres facteurs les plus souvent étudiés (étiologie de l’insuffisance rénale et créatininémie) n’étaient pas corrélés aux issues de grossesse favorables. Grossesse et insuffisance rénale : Le point de vue de l’obstétricien La sévérité de l’insuffisance rénale est le facteur déterminant de l’issue de la grossesse. La présence ou l’absence d’une hypertension artérielle, avec ou sans pré éclampsie surajoutée, apparaît aussi être significatif dans le pronostic de la grossesse [8]. Dans l’étude de Bar [6], après avoir utilisé un modèle recherchant les facteurs prédictifs d’un déroulement de grossesse normal, le seul facteur retrouvé était l’existence d’une hypertension artérielle préexistante. Cet auteur retrouvait aussi que les autres facteurs les plus souvent étudiés (étiologie de l’insuffisance rénale et créatininémie) n’étaient pas corrélés aux issues de grossesse favorables. Malgré cela, le degré de sévérité de l’insuffisance rénale est l’un des meilleurs facteurs pronostiques de l’évolution de la grossesse. Les patientes présentant une insuffisance rénale débutante ont le plus souvent une grossesse de déroulement normal. Dans la série décrite par l’équipe de Bar [6], 90% des patientes incluses avaient une insuffisance rénale débutante. Le taux de complications était très bas (4-22%) quelque soit l’étiologie de l’insuffisance rénale. Deux ans après l’accouchement, seulement 5% de ces patientes avaient une augmentation de leur créatininémie et aucune n’avait évolué vers une insuffisance rénale terminale. Il apparaît que le pronostic périnatal pour les patientes atteintes d’une insuffisance rénale débutante est peu affecté, et qu’une détérioration de la fonction rénale est très rare chez ces patientes. Le taux de complications est beaucoup plus important dans le groupe de patientes présentant une insuffisance rénale modérée à sévère . L’hypertension artérielle, la pré éclampsie, l’anémie, le retard de croissance intra utérin, et la prématurité sont les complications les plus fréquentes chez les patientes ayant une insuffisance rénale modérée à sévère. L’étude de Jones et Hayslett [3] retrouve 59% d’accouchement prématuré. Le poids de naissance était inférieur au 10ème percentile pour 39% des nouveaux nés. Dans le sous groupe des patientes ayant une insuffisance rénale sévère (créatininémie > 250µmol/l), la fréquence des accouchements prématurés et des retards de croissance intra utérin était significativement plus élevée que chez celles ayant une insuffisance rénale modérée (73% versus 55% et 57% versus 31%, p = 0.25 et p = 0.12 respectivement). La présence d’une hypertension artérielle en début de grossesse n’était pas corrélée à un accouchement prématuré, ou à un retard de croissance intra-utérin. En revanche la présence d’une hypertension artérielle au troisième trimestre augmentait significativement la fréquence d’un accouchement prématuré (72% versus 46%, p = 0.02). En comparaison avec les patientes ayant une insuffisance rénale débutante, l’incidence des complications maternelles et obstétricales (à l’exception de la survie fœtale) est approximativement deux fois plus fréquente chez les patientes en insuffisance rénale modérée à sévère. Session 3 de risque de fausses couches précoces et de complications pendant la grossesse (RCIU, accouchement prématuré, pré éclampsie). La sévérité de l’insuffisance rénale augmente également le risque de pré éclampsie. Dans une revue de la littérature publiée en 2006 [8], 64% des patientes ayant une insuffisance rénale sévère développaient une pré éclampsie. Celle ci est aussi corrélée à la présence ou non d’une hypertension artérielle chronique. En effet, 82% de ces patientes présentaient une hypertension artérielle, et pour les patientes en insuffisance rénale modérée, 80% de celles ayant une hypertension artérielle, versus 30% pour celles n’en ayant pas, développaient une pré éclampsie. L’anémie est aussi une complication fré77 Alexandra BENACHI, Céline LACAM quente. Elle est retrouvée chez 100% des patientes présentant une insuffisance rénale sévère [8] cas de maladie rénale préexistante (diminution du risque de pré éclampsie, amélioration des issues périnatales) 5. Planification et recommandations pour une grossesse 6. Suivi et prise en charge Idéalement, toutes les patientes insuffisantes rénales devraient avoir été informées des risques pour leur fonction rénale et pour la grossesse avant de concevoir. Si une grossesse est envisageable elle doit débuter le plus tôt possible. Le taux de fertilité, comme le déroulement de la grossesse, est dépendant du degré d’insuffisance rénale. Sur le plan rénal, les différents critères à prendre en compte sont l’état de santé général, le type d’insuffisance rénale et la maladie causale, la tension artérielle diastolique, et la fonction rénale. La tension artérielle diastolique doit être inférieure à 80mmHg. Pour les patientes ayant une hypertension artérielle pré existante, il faudra l’équilibrer au mieux en mettant en place un traitement qui pourra être poursuivi pendant la grossesse. Les patientes traitées par inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou par sartans devront être prévenues que ces traitements doivent être interrompus rapidement une fois le diagnostic de grossesse fait. En cas de grossesse programmée, il faudra les remplacer par de l’æ-méthyldopa ou par un ß-bloquant. La fonction rénale avant la grossesse doit être connue. La créatininémie doit être inférieure à 250µmol/l, on préfèrera un taux inférieur à 180µmol/l. La protéinurie devra être absente ou minime. L’urée plasmatique devra être inférieure à 10mmol/l . Un traitement prophylactique par de l’acide folique à la posologie de 400µg par jour doit être prescrite jusqu’à 12 semaines d’aménorrhée comme pour les grossesses à bas risque. Suite à plusieurs études [9], de faibles doses d’aspirine (de 50 à 150 mg/jour) sont prescrites en début de grossesse. Ce traitement améliorerait le pronostic de la grossesse en 78 Le suivi des patientes insuffisantes rénales sera fait conjointement par le néphrologue et l’obstétricien. Les consultations prénatales seront plus fréquentes et dépendront essentiellement du degré de sévérité de l’insuffisance rénale. En moyenne les patientes seront suivies toutes les deux semaines jusqu’à 30-32 semaines d’aménorrhée, puis une fois par semaine, en alternance entre l’obstétricien et le néphrologue. Au premier trimestre, la clairance de la créatinine augmente, et on observe souvent une créatininémie inférieure à sa valeur de référence avant la grossesse. Une non diminution de la créatininémie laisse supposer une mauvaise adaptation de la filtration glomérulaire, et serait, à ce stade, un indicateur d’un risque accru de complication. Pendant la grossesse, le MDRD sous estime le débit de filtration glomérulaire chez les patientes en bonne santé (111.6 +/- 19.6 ml/min versus 153.8 +/-28.2 ml/min), mais aussi chez les patientes présentant une pré éclampsie ou une insuffisance rénale (86.6 +/- 12.4 ml/ min versus 104.5 +/- 19.8 ml/min). Le MDRD sous estime de manière significative le débit de filtration glomérulaire (DFG) pendant la grossesse, et cette formule ne peut donc pas être utilisée pendant le suivi de grossesse. On utilisera donc la créatininémie et la clairance de la créatinine pour estimer le DFG pendant le suivi de grossesse. L’estimation de la protéinurie se fait par le dosage de celle-ci dans les urines de 24 heures. Cette méthode est contraignante pour les patientes et le personnel, et parfois imprécise. En dehors de la grossesse, la protéinurie peut être estimée en utilisant le rapport albumine/créatinine ou le rapport protéine/créatinine sur un échantillon d’urine. Deux études prospectives [10,11] re- trouvaient une corrélation entre ce rapport et la protéinurie des 24h, mais ce dosage serait trop imprécis pour le suivi des patientes pré éclamptiques et hypertendues. Une revue de la littérature publiée en 2008 dans BMJ [12] montrait que ce rapport permettait de détecter une protéinurie ≥ 0.3g/ jour, mais qu’il était insuffisamment précis pour le suivi. rielle s’accompagne d’une atteinte organique, en particulier rénale avec une protéinurie. En fonction de sa sévérité, on retrouvera des signes cliniques (céphalées, phosphènes, acouphènes), une atteinte hépatique (élévation des transaminases), et hématologiques (hémolyse, thrombopénie). Elle n’apparaît pas avant la vingtième semaine le plus souvent. La surveillance fœtale sera augmentée à partir de 28 semaines d’aménorrhée, en particulier si l’on retrouve des notch utérins à l’échographie morphologique de 22 semaines. La surveillance sera principalement échographique au début, avec estimation du poids fœtal, évaluation de la quantité de liquide amniotique, mesure du doppler ombilical, et score de Manning. La croissance et le bien-être fœtal seront évalués toutes les 2 à 4 semaines en fonction de la présence ou non d’une hypertension artérielle, de la détérioration de la fonction rénale, de l’apparition d’un retard de croissance, et des antécédents obstétricaux de la patiente. En fonction de tous ces paramètres, on mettra en place une surveillance du rythme cardiaque fœtal. L’apparition d’une anémie est fréquente. Elle est due à une diminution de la synthèse d’érythropoïétine et à une durée de vie plus courte des globules rouges. On commencera par une supplémentation en fer orale ou intra veineuse. Si l’hématocrite est inférieure à 19%, on utilisera alors de l’érythropoïétine recombinante. En cas d’acidose métabolique (Bicarbonates sériques < 24mmol/l), on prescrira du bicarbonate de sodium par voie orale. L’alimentation de ces patientes doit être équilibrée et permettre un apport protidique suffisant. Une consultation avec une diététicienne est utile en début de grossesse. L’apparition ou le déséquilibre d’une hypertension artérielle préexistante imposera la mise en place d’un traitement (mono, bi et parfois trithérapie anti hypertensive), avec pour objectif une tension artérielle diastolique inférieure à 90mmHg en évitant les variations tensionnelles brutales très mal tolérées par les fœtus. Le principal problème va être de pouvoir faire la différence entre hypertension artérielle essentielle, hypertension gravidique, pré-éclampsie, et la pathologie rénale sous jacente. L’hypertension artérielle gravidique sera définie par une hypertension (tension artérielle systolique > 140mmHg et/ou diastolique > 90mmHg) apparaissant pendant la grossesse, en général après 20 semaines d’aménorrhée, et sans dysfonction rénale. En cas de pré éclampsie, l’hypertension arté- Session 3 Grossesse et insuffisance rénale : Le point de vue de l’obstétricien Chez les patientes présentant une protéinurie importante, il faudra surveiller l’albuminémie. En cas d’hypo albuminémie inférieure à 25g/l un traitement préventif par anticoagulants devra être prescrit. Le dépistage et le traitement des infections urinaires doivent être aussi réguliers. Toute bactériurie doit être traitée pendant la grossesse, et un traitement prophylactique mis en place après toute infection. Il avait été suggéré que le dépistage de la trisomie 21 au deuxième trimestre de la grossesse chez les patientes porteuses d’une pathologie rénale n’était pas utilisable dans les conditions habituelles. Il a été récemment démontré que le taux de faux positifs de ce test était majoré de façon proportionnelle à la créatininémie mais également chez les patientes transplantées avec une créatininémie normale. Ce test ne doit donc pas être utilisé chez les patientes présentant une insuffisance 79 Alexandra BENACHI, Céline LACAM rénale car générateur d’un nombre important d’amniocentèses inutiles. Depuis fin 2009 le dépistage de la trisomie 21 est possible dès le 1er trimestre, mais ce test n’a pas encore été évalué chez les patientes porteuses d’une pathologie rénale [13]. La grossesse chez une patiente porteuse d’une insuffisance rénale doit être considérée dès le début comme une grossesse à risque. 80 Elle nécessite un suivi multidisciplinaire attentif. Le néphrologue s’inquiète pour le fœtus et l’obstétricien pour le rein. Le néphrologue doit expliquer les risques, aider à planifier la grossesse et modifier les prescriptions médicamenteuses avant une grossesse. L’obstétricien doit optimiser la surveillance maternelle et fœtale en limitant les risques de prématurité et d’hypotrophie. Ce suivi coordonné permet d’obtenir des résultats favorables aussi bien pour la mère que pour l’enfant. BIBLIOGRAPHIE 8.Ramin SM, Vidaeff AC, Yeomans ER, Gilstrap LC. Chronic renal disease in pregnancy. Obstet Gynecol 2006; 6(108): 1531-1539 2.Jungers P, Houillier P, Chauveau D and al. Influence of pregnancy on the course of primary chronic glomerulonephritis. Lancet 1995; 346:1122-1124 9.Coomarasamy A, Honest H, Papaioannou S, Gee H, Khan KS. Aspirin for prevention of preeclampsia in women with historical risk factors : a systematic review. Obstet Gynecol 2003;101:13191332. 3.Jones DC, Hayslett JP. Outcome of pregnancy in women with moderate or severe renal insufficiency. N Eng J Med 1996;335:226-232 10.Kieler H, Zettergren T, Svensson H, Dickman PW, Larsson A. Assessing urinary albumin excretion in pre-eclamptic women: wich sample to use. 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