voLuME 9. NUMÉRO 2, rû3-rr2 INTRODUCTION La notion de
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voLuME 9. NUMÉRO 2, rû3-rr2 INTRODUCTION La notion de
REVUE FRANCOPHONE DELA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE 2, rû3-rr2 voLuME 9. NUMÉRO ORGANISATION DES COMPÉTENCES SOCIALES CHEZ L'ADT]LTE PRÉSENTAT{TI.JNRETARD MENTAL RenéPry et DelphineCupillard La rechercheporte sur I'organisationdes compétencessocialesde 3l adulæsprésentantun retard mental.Chaquesujet a fait I'objet d'une triple évaluation: évaluationde sescornpétencescognitives (WAIS-R), évaluationde son intelligencepratique (Vineland) et de son inælligencesociale(Echelle de Frith). Une analyseen axes principaux révèle une organisationqui distingue deux facteurs: un premier nommé .cognitivo-linguistique, (processuscognitif et maitrise du code linguistique), et un second.socialisation,(conformité socialeet partagede significations).Ces résulas sont replacéset discutés dans les modèlesde Greenspanet de Dettermân. Mots clés: ReArd Menbl, Compétence sociale, Inælligencepratique, Intelligencesociale. INTRODUCTION sociale,est centraledans La notion de "compétence lesdéfinitionsacûrellesdu retardmental (Luckasson et al., 192). C'esten partiesurelle quesefondent les programmesd'aide et d'intervention(AAMR, 1994). D'autre part cette conceptionsupposeun profondrenouvellement du conceptde retardmental et impliquegueI'on tiennecompte non seulementdu fonctionnementmental évalué par des procédures psychométriçesclassiques, maisausside la capacité du sujetà s'adapterau milieudanslequelil vit (Pry, 1996a). Au planthéoriqueon peuttrouvercettenotiondansle personnelles, de Greenspan modèledes"compétmces (Greenspan,1981;Greenspan & Granfield,1992; Trois grandesformes Mathias& Netælbeck,t99......2). cony d'inælligence sontdistinguées:I'intelligence René Pry et Delphine Cupillard, Université Paul Valery Monpellier III, Départementde Psychologie. DÉCEMBRE 1998 ceptuelle, I'inælligence pratique et I'intelligence sociale. Ces trois formes d'intelligence sont organisées de façon hiérarchique, I'intelligence conceptuelle représentant un facteur de niveau supérieuraux deux autresformes. . L'intelligence pratique désigne la faculté de se comporter en individu indépendantvis-à-vis des activités çotidiennes: soins personnels, travail et loisirs, utilisation des ressourcescornmunautaires. Elle est aussi cette forme d'inælligenceçi permetde s'ajusterà des attentes, qu'elles soient socialesou personnelles(Pry er al.,1996b). . L'intelligence sociale désigne la faculté de planifier son action en fonction des attentes socialeset sur la based'une interprétationplus ou moins pertinente des comportements d'autrui. Cette forme d'intelligence exige que I'on reconnaissel'autre cornmepartenaire,que l'on s'accordesur les objectifs, sur les rôles et les valeurs,pour construireéventuellementune conformité (Greenspan,1979). 103 L'inælligence pratique contrôle donc les comportementsd'adaptationou @omportementsadaptatifs".On sait que ces comport€ments sont appris et se définissent relativement aux nonnes. aux valeurs et aux att€næs culturelles qui caractérisent le milieu auçel appartient le sujet concerné (Sparrow, 1984; Loveland& Kelley, 1988;Bruininks et al.,198!fi et al.,19% c). Ces comportementsdont les buts sont toujours socialement valorisés ne font donc par conséçent çe refléær le conformisme social de celui qui les manifeste(Oppenheimer,1989). 1976). Ils mériænt cependant d'être distingués des comportements précédents. De plus il convient semble-t-il de séparer I'inadaptation sociale de I'inadaptationpersonnelle(Nihira, 196). Ceci étant dit, cette notion de comportementadaptatif etloud'habiletés socio-cognitivesrisque de rester une notion à large spectre si I'on n'en précise pas le contenu et l'organisation. Un certain nombre de travaux ont donc, dansun premier temps, chercher à en donnerune définition plus précise. C'est ainsi que Anderson et Messick (194) ont proposéune liste non exhaustive de 29 composantes de la compétence sociale et des habiletés qui permettent à un individu de fonctionner en société. Ces dernièrespeuventse regrouper dans quatre grandes catégories: les développementsmoteur, cognitif, émotionnel et les connaissances.Meyers, Nihira et Zetlin (1979) décrivent quant à eux, et sur des sujets retardés mentaux, sept domaines du comportement adaptatif: les habiletésde survie, le développementphysique, les habiletés communicatives. le fonctionnement cognitif, les activités domestiçes et occupationnelles, la reponsabilitéet la socialisation.Widaman, Gibbs et Geary (1987), sur une populationsimilaire, décrivent la structure des comportements adaptatifs à I'aide de six facteurs, où I'on retrouve sensiblementla même organisation. Le quatrième facteur étant très proche du facteuroSocialode Sparrow et Cicchetti (1984)ou de celui de oSocialisation,de Meyers et al. (L979). Ce facteur représenteles tendancesde la personneà interréagir, à cooffrer avec autrui et à construire des activités signifiantesen groupe. Après ce travail identificatoire er descriptif, et fort de ces donnéessommetoute :uisezconsensuelles,il nous a paru intéressantd'essayer de préciser davantagela sfiucnrre organisatricede cette notion de compétences sociales ou de compétencessocio-cognitives dans le retard mental. A partir du modèle de Greenspan, nousnous sommesdonc efforcés d'apprécier les trois grand domaines fonctionnels de I'intelligence reconnus par ce dernier (conceptuel, pratiçe et social) et d'en dégagerI'organisation chez des adultes présentantun retard mental. On peut penser que cette organisation permettrait peut-être dans un second temps od'expliquero I'infériorité des résultaæ des sujets retardés mentâux dans les évaluations psychométriques classiques. Ce modèle des Compétences personnellesnous fournit en effet un cadre théoriçe permettantde comprendre(cornmentles individus qui se développentnormalementacquièrentet manifesænt leurs compétencessociales, (Siperstein, 1992). Il permet de comprendre aussi comment les normes socialess'intériorisent et se réorganisentà des fins de construction identitaire. Il permet de comprendre enfin commentles processuscognitifs participent à la socialisation et selon quelles modalités. La compétencesociale est donc un ensembled'habiletés socio-cognitives que Ie sujet manifeste dans son comportement. Elles lui fournissent une certaine connaissancede la situation et le pouvoir d'agir sur elle. oC'estpourquoi les différents auteursdésignent le plus souventla compéæncesociale comme relevant d'w savoir-faire et répondantà des règles d'usage çi peuventvarier dansdes situationsvariées, (DeBonis & Huteau, 1994). Un deuxième constat se dégage dans la littérature pour identifier des comportementsinadaptés tels que l'on peut rencontrer par exemple dans les troubles autistiçes etlou le retârd mental (Lambert & Nicholl, 104 Enfin, il est clù pour ûousces auteurs que le facteur cognitif, tel Er'il peut être apprécié par les tests classiçes, en tenne de QI par exemple, ne saûre que modérémentles autres facteurs identifiés dans le retard mental et de façon plus signifianæ dans I'autisme (Freemanet al.,l99I; Carpentieri& Morgan, 1996). REVUE FRANCOPHONEDE LA DÉFTCIENCEINTELLECTTJELLE urÉrnonor,ocre Sujets Le grouped'adultes(n : 3l) ryi participeà l'étude qui bénéficient estissud'unepopulationdepersonnes desservicesd'un atelierthérapeutique occupationnel (A.T.O.), en accueilde jour. C'est une structure nd'accompagnement, intermédiaireentre le centre d'aideparle travail(C.A.T.)et le foyerdevie, ou le foyer médicalisé.Tous cessujetsont un long passé institutionnel.En effet, l'âge où le troublea étépris en compæcorresponden généralà celui du débutde la scolarisation, c'est-à-direbiensouventdèsl'école maærnelle.La provenance dessujetsest la suivante: 61% proviennentde strucnreséducatives spécialisées (I.M.E. et LM.P.), 16% soræntd'un servicede Psychiatrieet23 % proviennent d'un C.A.T. L'étiologiedu retardmental: pour42 % d'entreeux, I'origine sembleêtre liée à desfacteursorganiques: anoxienéonatale, encéphalopaties, anomaliechromosomiçe. Pourles58 autres% lortgftre estinconnue. LæQI Verbalmoyenestde 50,64,le QI Performance moyen est de 51,25 et le QI Total moyenest de 47,90.CesQI ont étéobtenusà la IWAIS-R. Le recrutementdes personness'est fait sur des critèrescliniques: capacitéà souteniruneévaluation psychométrique, compréhension et expression verbale suffrsante et volontariat.L'échantillonestcomposéde 11 femmeset 20 hommes.Ils sontâgésde 20 ans8 moisà 52 ans7 mois.L'âgemédianestde 29 anset 4 mois. (Sparow,Ballaet Ciccheni,1984); . évaluationde son.intelligencesociale'par une versionadætéÆ et abrégéedu SocialAjustment ScaledeFrirh(SAS),(Frith er aI., 1994aetbi Hugheset aI., à paraître). I* "VinclandAdaptive BehaviorScale,ou"Echellede Comportement Adaptatiô est la forme réviséede la "VinelandSocialMaturtg Scalen(Doll, 1965). Elle explore 11 sousdomainesdu comportÊment adaptatif regroupés en quatre domaines: Communication,Aptinrdesdansla vie quotidienne, Socialisation.L'échelle fournit égalementun score composite(ABC: AdaptiveBelavior Composite). Chacunde ces domainescomprenddes items (297 dansla forme ençêæ: nSurveyForm,) classéspar ordre de difficulté croissante, çi discriminent correctementles sujets d'un âge donné. Chaçe sectionestdiviséeen rnuf Sriodes: de moinsde 1 an à 18anset plus. L'étalonnage a portésur3000sujetsreprésentatifs de la populationaméricainequant au sexe, I'appartenanceethnique,la situationrégionaleet le niveau d'éducation desparents. La construction de l'échellede comportement adaptatif obeitauxmêmesprincipesqueles testsclassiques d'inælligenceet notammentà cellesdeséchellesde Wechsler.Chaquenotebrute,pour un âgedonné,est replacéedansune distribution de moyenne1(X)et d'écarttype 15, ce qui au plan métriqueautorisela comparaison aveccesmêmestestsd'intelligence. Procédure Chaquesujeta fait l'objetd'unetriple évaluation: . évaluationde sonointelligence par conceptuelleo l'échellede Wechslerpour Adultes- Forme (WAIS-R),(Wechsler, Révisée 1981,1989); . pratiqueD par le évaluationde sonuinælligence VinelandAdaptiveBehaviorScale(VABS), DÉCEMBRE 1998 L'administration de l'échellenécessite la participation d'un adulte connaissantbien I'enfant (parent, éducaæur).Il s'agit donc d'une hétéroévaluation. L'administrations'est faite au coursd'un entretien semidirectifavecleséducateurs référents,celui de Ia structure de jour et celui de la strucnlre d'hébergement. Les deux étudesportant sur des sujets français 105 (Fombonne et Achard,1993; Pry et Guillain, 1994) donnent des résultats similaires: les noûnes américaines semblent pouvoir être utilisées en tânt que telles. Autrement dit les sujetsfrançais obtiennent à la Vineland des scores comparablesà ceux qui ont été obænuspar les sujets américains. C'est ce que concluent Fombonne et Achard pour un échantillon représentatf de l5l zujetsâgésde moins de 18 ans. C'est ce que nous concluonségalement à partir des résultats obtenus sur un échantillon de 45 enfants de 5 ans dont les criêres de stratification pour le sexe, la catégorie socioprofessionnelledu chef de famille et les résultats au K-ABC sont très proches de la moyennede l'échantillon national. Il est à noter que quelques items semblent très sensibles au biais culturel, ceux notamment qui concernent les pratiques linguistiqueset posent des problèmes de traduction: citons à titre d'exemple l'item27: (Follows instructions in "if+hm"), nSuit des instmctionsdonnéessousla forme: si.. . alorsn:oSites mains sont sales, alors il faut les lavern, ou bien l'item 40 : (Use inegular pluiels), "Utilise des pluriels irrégulierso. La Social Adjustment Scalede Frith est une échelle de 50 items: 25 items dits nmentalistesn et 25 items cnon mentalistespempruntésà la VABS. Dans cette étude seulsles 25 items cmentalisteso ont été utilisés (voir tableau 1). Ces iæms, ontogénétiquementclassés explorent les comportementsçi semblentnécessaires à la construction d'une othéorie de I'esprit,: proûodémonstratifs et protoimpératfs, attention conjointe, sens de I'humour, attribution de fausse croyance,capacitéà tricher, capacitéà s'ajuster aux intentionsd'autrui, etc... brefdes activitésqui sonten relation avec la capacitéà s'atftibuer et à attribuer aux autres des oétats mentauxD (croyances, désirs, intentions), capacité çi permet de prévoir et d'inærpréter le comportementd'autrui ("Théorie de I'esprit ), bref une compréhensiondes situations sociales. La cotation pour cette échelle est la même que pour le VABS : 2 points quand le comportement est présentde façon stable, 1 lorsqu'il est émergent, 0 quand il ne peut être repéré. 106 læ æmpsde passationpour le VABS et le SAS abrégé n'a pas excédéune heure en moyenne(VABS -- 40 minutes, SAS Abr. : 15 minutes). En ce qui concerne le \ryAIS-R, pour des raisons de fatiguabilité, de diffrculté à se concentrerde la plupart deszujets,l'épreuvea été passéesur deux rencontres à intervalle d'une semaineet demi environ. ANALYSE STATISTIOI.]E Septnotesont été retenues. Les trois notes factorielles du WAIS-R : compréhension verbale (CV), organisationperceptive (OP) et distractibilité (Dis) (O'Grady, 1983; Parker, 1983; Atkinson & Cyr, 1988). Les trois notesd'échelle du VABS: (communication(Com), usocialisation,(Soc),.aptitudesdans la vie quotidieme, (AVQ), et le score total du SAS Abrégé (ToM). Dans ces trois épreuvesce sont les notes brutes qui ont été retenues. Une analyse factorielle en il(es principaux avec rotation oblique (procédéVarimax) sur I'ensembledes septvariablesa été effectuée.Le critère de Kaiser (valeur supérieureà 1) a été retenu (Cattell, 1978). nÉsur.rlrs Dans le tableau 2 sont présentés les résultats (moyenne,écarttype, minimum et maximum) des 3l sujetsaux 7 variablesretenues. Dans le tableau3 est présentéela matrice d'intercorrélations. Nous pouvons constaterque la quasi-totalitédes coefficients de corrélation sont positifs et significatifs. Les activités cognitives et non cognitives semblent dans le cas présentassezpeu différenciées.La cohérenceintradomaine.WAIS-R et VABS est tout à fait conforme aux données de la littérature. Au niveau interdomaine. deux fortes liaisons méritent d'être signalées. 1. La forte cohésionentreOP, Dis et Com d'une part qui traduit une association importante REVI.]E FRANCOPHONE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTI.JELLE Tableau 1 Social Adjustment Scale (Frith, 1994b) Items Mentalistes l) 2) 3) 4) 5) 6) 7) 8) 9) l0) I l) 12) 13) 14) 15) 16) 17) 18) 19) 20) 2l) 22) 23) 24) 25) Suit le doigt ou le regard de quelç'un qui veut attirer son attentionvers un objet ou une sinraton, Attire l'atæntiond'autruisur quelquechosequi I'intéresse(en montrant,apportânt,pointantdu doigt, etc.). Comprerd une situationcomiçe. Fcint de s'être fait mal (ou majore la douleur) pour manipulerI'entourage. Adapte son comportementen fonction de I'interlocuteur (familer ou non, camaradede son âge ou adulte). Reconnaltla trisæssechez autrui, le manifesæ. Montre un certaindégréde curiosité(par exemple,s'arrêtepour assisterà une scènede rue). Est capablcde comprentredessituationsoù I'on nfaitç1sirc, quetquechoseà çelqu'un. Ioue à cache-cache. Est capablede tricher (dansle but de gagner)à unjeu dont il connaîtles règles. S'empareen cachetted'un objet appartenantà autrui. Se rend compæqu'il a faitde la peineà quelqu'un. Est capabled'avoir un comportement spontanéde réparation(non verbal)aprèsavoir peinéquelqu'un. Fait desconfidencesà une personnefamilièreprécise(notionde .secret,). PrévientI'adulæsi un camarades'estfait mal. Est capabledejouer à faire semblantd'être le pereou la mère,le docteur... Est capablede mentir pour éviter une réprimandeou pour obtenir quelquechose. Saitjouer aux devinettes. Est capabledejouer un petit rôle (dansun sketchpar exemple...). Apporæ des informations imporantes bien à propos. Compred desexpressions non littéralcs(figurées,ou métaphoriques, par exemple,.hr me cassesles oreilles,). Chercheà donner une bonneopinion de lui. Est capablede garderun secretpendantplusd'un jour (par exemplelorsqu'il s'agitde faire une surpriseà quelqu'un). Utilise des expressionsnon litérales (figurées)bien à propos. Arrive à ne paspolariserune conversation sur sesproprescentresd'intérêt. entre processus cognitif non verbal et mobilisation des instruments sociaux de communication chez les sujets présentântun retard mental, autrement dit une forte ocognitivisation,des activités de production et de réceptionlinguistique. 2. Cohésionentre AVQ, Soc et ToM d'autre parr qui traduit vraisemblablement une composante de I'adaptation sociale, composante qui nécessite l'association de ces trois sousdomaines. Ces résultats sont égalementconformesà la théorie de DÉCET,IBRE 199s Detterman sur le retard mental (Detterman, 1987), théorie qui postuleçe chez les personnesayant un QI bas, la plupart desprocessusmentauxfonctionnentà un niveau d'efficience similaire, parce que les processuscentrauxsontaffaiblis. C'est ainsi que chez ces sujets les intercorrélationsentre les différentes mesuresdes formes d'intelligence étudiéessont plus élevéesque chez les sujets ayant un QI plus élevé (Dettermanet Daniel, 1989;Legreeet al.,1996). Dansle tableau4, est présentéla matrice des facteurs aprèsrotation. Après rotation varimax et application du critère de L07 Tableau 2 Statistiques descriptives des notes aux 7 variables (n = 3l) Moyenne(Ecart type) Minimum - Maximum Compréhension Verbale(CV) Organisation (OP) Perceptive Distractibilité(Dis) (Com) Communication AptitudesVie Quotidienne (AVQ) (Soc) Socialisation .Théorieof MindD(ToM) SO,&(6,26)40 - 66 51,25(9,11)40 -7g 47,n (6,96)39 - il 22,58(5,77)20 - 44 47,0(14,56)20 - gg 4j,5I e,Bt) 29 - 62 38,12(6,03)24 - 47 Tableau 3 Matrices de corrélations cv oP Dis Com AVQ soc 108 OP Dis Com AVQ Soc ToM .561 .555 .774 .s0s .684 .753 .472 .498 .424 .534 .375 .505 .484 .63t .872 .49r .454 .316* .431 .833 .791 REVI.JEFRANCOPHONEDE LA DÉFICIENCE INTELLECTI.JELLE Kaiser, deux facteursobliquesexpliçent 74,3 % de I'inertie totale. Ces deux facteurs ne sont pas indépendants(intercorrélation de .653). Le facteur I est un facteur qui sature les quatre premièresvariables : CV, OP, Dis et Com. C'est un facteur cognitivoJinguistique qui mobilise de façon relativement indifférencié les activités cognitives de type perceptif, attentionnel, les actes de communication verbaux et la compréhensionlinguistique. CONCLUSION L'ensemble de ces résultats se prête à une modélisationdes compétenceschez I'adulte ayantun retard mental. Le traiæment des données fait apparaître une organisation dans laquelle on peut repérerdeux dimensions. . La première est un facteur cognitif qui sature les trois variables de la WAIS-R et la souséchelle ucommunicationodu VABS. Dans la mesure où cette sous échelle apprécie très exactement la manière dont le sujet utilise et mobilise les instruments sociaux de communication et ne prend pas du tout en compte les aspects pragmatiques, cela ne surprendra guère. Ces résultats sont compatiblesavec ceux retrouvéschez l'enfant (Carpentieriet Morgan, 1996). . La seconde dimension est un facteur de socialisation qui sature les deux autres souséchelles du VABS (Vie Quotidienne et Socialisation) et l'échelle ToM. Ce facteur associe donc des comportements d'adaptation nécessaireà la construction d'une conformité sociale : dans l'acquisition de comportements socialementvalorisésqui facilitent I'autonomie par exemple, mais également de tous ces comportements qui exigent un ajustement réciproqueau partenaireet la compréhensionde sesintentions. Le facteur 2 est un facteur qui sature les trois autres variables: AVQ, Soc et ToM. C'est un facteur de nSocialisationr qui englobe tout aussi bien des comportementsnécessairesà I'adaptation à la vie quotidienne, aux normessociales et à I'ajustement Tableau4 Structurede référencede la solutionoblique (ProcédéVarimax) OP Dis Com AVQ Soc ToM .637 .822 .573 -.033 .052 -.089 Facteur2 .t25 .002 -.r82 .075 .743 .648 .730 Valeur propre % Inertie totalc %Variance cotllmlme 4,187 .598 .658 1,016 .145 .342 Facteur 1 cv .39r aux siûntions socialeset à autrui. Il est intéressantde noter que ces comportementssemblent assez peu ucognitivisés,. DÉCEMBRE 1998 Il reste égalementà s'interroger sur la relation que peuvententretenir la singularité de cette organisation et le bas niveau des performancespsychométriques. Si I'on pensecomme Detterman que I'organisation des compétences sociales forme un système complexe, mais mobilisant un nombre restreint de processuscognitifs, on peut penserque les processus les plus au centre des opérations du système sont assezbien décrits par le facteur 1. Le modèleprédit que c'est sur ces composantsque les performances devraientêtre les plus faibles, c'est aussice que nous constatons. Iæ facteur 2 quant à lui décrit des pro- 109 cessusprobablementplus périphèriquesqui peuvent être moins affectés, ou mieux conservésque les processuscentraux.c'est égalementce que nous observons(voir Tableau2 et l'étenduedes3 échelles cefacæur).Chezun petitnombredezujets composant en effet les résultatsaux échellesuAptitudesdansla vie quotidienne,,oSocialisation,ainsiqu'aux items TOM sontpratiquementsubnormaux. Ces résultatset cett€modélisationde I'organisation socialessont, d'une part conforme descompétences au modèleproposépar Greenspan,aveccependant uneparticularié:dansle retârdmentalprésentépar des zujetsadultes,cette dissociation semble beaucoup moins marçée. En effet I'intercorrélation est importante entre les deux facteurs et la distinction entre futelligencepratiEte et intelligence sociale est moins nette. Elle est d'autre part conforme aux thèsesde Dettermanselon lesquellesles corrélations entre (aptitudes, sont fonction du niveau de compétence.Chez les personnesayantun QI bas, les procesuscognitifs centrauxsont probablementaffaiblis, I'indifférenciation de ces aptitudesest donc beaucoupplus marquée et les corrélationsplus élevées. Par ailleurs on peut remarquer la conservationd'aptitudes particulières chez certainespersonnesmentalementretardées. TIIE ORGANIZATION OF SOCIAL COMPETENCES WITH ADI.JLTS \ryITH MENTAL DEFICIENCY The researchis focusedon the social competenceof 3l adultswith mental retardation.Each subject hasurdergonethreevaluations: valuationof is cognitiveabilities(WAIS-R). Valuationof its practical intelligence (Vineland) ard its social intelligence (Frith's scale). A factor analysis reveals an This analysisleadsus to emphasistwo factors: a factor of organisationof the sociatcompetence. cognitive mental processand communication,and a factor of socialisation(constructionof social conformity ard shareof significations).Theseresultsare debatedin Greenspanard Deuermanmodels. Practicalinælligence,SocialIntelligence. Key-words: Mentalretardation,Socialcompetence, BIBLIOGRAPHIE AAMR. ASSOCIATION AMÉRICAINE SUR LE RETARD Retard mental Dêfuition, MENTAL (194) classification et systèmesde soutien. Paris: EdisemMaloine. ANDERSON, S., MESSICK, S. (1C74) Socialcornpetence in youngchildren. 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