le financement de l`economie - Pagesperso
Transcription
le financement de l`economie - Pagesperso
LE FINANCEMENT DE L'ECONOMIE
Manuel pages 143 à 210
I LES FORMES ET FONCTIONS DE LA MONNAIE
A – UNE REALITE COMPLEXE
1° Origine de la monnaie ? des thèses bien différentes
Thèse citée en permanence : la monnaie s'est imposée progressivement pour faciliter les
échanges, évitant le troc
Autre thèse, moins courante, mais à méditer : la monnaie canaliserait la violence des
hommes (elle permettrait de rêver que l'on est le chef !). D'où son émergence.
2° Intérêt différent selon les auteurs . Quelques exemples
J.B. SAY : "la monnaie n'est qu'un voile". La plupart des libéraux l'ont simplement considérée
comme un intermédiaire des échanges.
Keynes considérait que c'était un bien comme les autres, ainsi la monnaie peut être désirée
pour elle-même. Mais Keynes et ses successeurs ne considéraient pas que la monnaie puisse être un levier important
de la politique économique.
Par contre M. Friedman, chef de file de l'école monétariste, lui accorde une importance
déterminante. Les monétaristes placent la monnaie comme étant à l'origine de bien des situations économiques
(inflation par exemple).
B - FONCTIONS DE LA MONNAIE (Manuel p. 144)
1° Intermédiaire des échanges
La monnaie évite les inconvénients du troc. Il faut naturellement que le bien "monnaie" soit
accepté de tous temps par tous.
2° Instrument de compte , de mesure des valeurs
Grâce à la monnaie, on se fait rapidement une idée de la valeur des choses (de la valeur
monétaire, pas forcément de la valeur intrinsèque). D'ailleurs l'habitude est très forte à ce sujet : de nos jours la
plupart d'entre nous sont encore incapables de raisonner correctement en €uros de manière automatique.
3° Instrument de réserve de valeur
Une partie de la monnaie est conservée plus ou moins longtemps avant utilisation (épargne).
Encore faut-il que la population ait confiance en la monnaie (donc dans le système
économique et politique en place), et que l'inflation soit limitée.
C - FORMES DE LA MONNAIE (Manuel p. 146)
Nous avons l'impression que les formes de la monnaie se sont multipliées : c'est faux. Ce sont les
instruments de sa circulation qui se sont multipliés (chèque, virement, prélèvement automatique, carte de crédit, ...).
En fait il n'y a que 2 formes principales de la monnaie de nos jours : la monnaie fiduciaire
(billets et monnaies divisionnaires) et la monnaie scripturale.
1° La monnaie fiduciaire (de fiducia : confiance)
Les billets de banque. De nos jours le billet de banque a cours légal (ne peut être refusé en
paiement d'une dette) et cours forcé (non convertible).
Les pièces n'ont qu'un intérêt pratique (distributeurs, caddies, ...). Comme l'alliage qui les
constitue ne vaut pas leur valeur faciale, c'est bien une monnaie fiduciaire.
eg1-4.doc
Page 1 / 9
Michel Barot
2° La monnaie scripturale
Elle résulte d'un jeu d'écritures. La monnaie scripturale est constituée des avoirs en compte à
vue auprès des institutions financières. Les formes les plus courantes sont les comptes bancaires de dépôt et les
CCP. Très fort développement depuis un siècle, et plus encore depuis les années 50 (sécurité - commodité). En
France les comptes à vue ne sont pas encore rémunérés (contrepartie en fait de la gratuité des chèques).
Rappel : ne pas confondre la somme figurant en compte, qui représente la monnaie et les
instruments de sa circulation : chèque, virement, prélèvement automatique, effet de commerce, TIP (titre
interbancaire de paiement), cartes.
Exercice : chercher quelques arguments montrant que le chèque n'est pas, en soi, de la
monnaie.
Quelques Chiffres en %
Monnaies divisionnaires
Billets en circulation
Dépôts à vue
1970
1,1
31,2
67,7
1984
0,9
15
84,1
De nos jours
<1
13-14
85-86
NB : mise en place de l'Euro. (Manuel p. 154)
II LES MECANISMES DE LA CREATION MONETAIRE (Manuel p. 159)
Il ne faut pas assimiler la création de monnaie à la seule émission de billets. Signalons tout de suite que les
pièces, fabriquées sous le contrôle du Trésor Public et mises en circulation par la B. de F., ne représentent à peu près
rien statistiquement, au niveau de la création monétaire. En fait, l'idée à retenir est que toute technique qui permet
d'accroître la quantité de moyens de paiement dans l'économie correspond à de la création monétaire.
A - CREATION DE MONNAIE PAR LES BANQUES
1° La Banque de France
a) Encore appelée Banque Centrale (ou banque de 1er rang, ou institut d'émission), elle a le
monopole du contrôle de l'émission des billets de banque. Cet aspect de la création monétaire, le plus connu, n'est
pas le plus important.
b) En échange des devises procurées par les exportations notamment, la B. de F. lorsqu'elle
récupère ces devises met de la "monnaie banque centrale" en circulation en créditant le compte de la banque de
seconde rang concernée.
c) Quand les banques de second rang ont besoin de billets, la B. de F. les met à leur
disposition, en contrepartie bien entendu d'une écriture en compte. NB : toutes les banques de second rang ont un
compte à la B. de F.
d) Lorsque l'Etat a besoin d'avances pour financer son déficit budgétaire (ce qui est le
cas depuis un certain nombre d'années), il peut émettre des bons du trésor, ou autres titres d'emprunt auxquels les
banques commerciales vont pouvoir souscrire. Ces titres étant cessibles à la B. de F. par la suite si nécessaire, de
nouveaux moyens de paiement seront injectés dans l'économie.
2° Les Banques Commerciales
Elles sont appelées aussi banques de second rang (ou tout simplement banques). Ex : BNPParibas, LCL, CAM, SG, ...
a) Les crédits aux entreprises et aux particuliers
Le principe est finalement simple : à chaque fois qu'une banque accorde un crédit à
un client qui se traduit par l'inscription en compte courant du montant correspondant, de la monnaie est créée (penser
aux découverts, escompte d'effets de commerce). Par la suite le client rembourse son crédit progressivement la
monnaie scripturale est détruite. Mais le raisonnement doit se faire en envisageant la dynamique du système :
comme il y a toujours des crédits ouverts non remboursés complètement, il y a bien une création nette de monnaie
scripturale.
Ce mécanisme est connu également sous le principe : "Les prêts (ou les crédits) font les
dépôts". (Manuel p. 161) - exercice : comparer la différence entre la remise de billets par un particulier à sa banque,
pour alimenter son compte, et un accord de crédit par inscription en compte).
eg1-4.doc
Page 2 / 9
Michel Barot
b) Les crédits à l'Etat
La logique est la même.
c) Les achats de devises
Voir paragraphe consacré à la B. de F.
3° La compensation interbancaire
Chaque jour, des personnes clientes d'une banque font des chèques au profit d'autres
personnes, clientes de la même banque ou non. Pour faciliter la MAJ des comptes, s'établit journellement un
mécanisme dit de "compensation". Le solde qui s'établit entraîne paiement en monnaie banque centrale (inscription
en compte à la B. de F.) des sommes dues.
4° Le Multiplicateur du Crédit (complément - s'intéresser seulement au principe)
Ce mécanisme est en dans une certaine mesure comparable à la théorie du multiplicateur
d'investissement.
Principe basé sur un exemple :
- une banque dispose d'excédents (réserves) qui vont servir à accorder des crédits.
E = 100 000 €
- 10 % va fuir du système : demande de billets.
b = 0.10 ("préférence pour la liquidité")
- 25 % va fuir vers les autres banques (opérations liées aux crédits. Les clients vont
utiliser ces crédits pour payer des personnes ayant leur compte dans d'autres banques - voir plus haut "mécanisme de
la compensation").
- 10 % n'est pas utilisable (Réserves Obligatoires imposées par les autorités
monétaires ; % calculé sur la masse des dépôts à vue détenus par les banques)
r = 0.10 (taux de Réserves Obligatoires)
⇒
100 000 au départ. Compte tenu du taux de préférence pour la liquidité de 10 %, il
reste disponible 90 000. Si l'on enlève les 25 % qui vont vers les autres banques (22 500), il reste 67500. Comme la
B. de F. impose un taux de Réserves Obligatoires de 10 % (6750) il reste 60750.
Périodes
1
2
3
4
...
10
Total
Excédents
d'encaisse
100 000
60 750
36 907
22 422
...
1 130
253 051
Nouveaux
crédits
100 000
60 750
36 907
22 422
...
1 130
253 051
billets
Virements
10 000
6 075
3 690
2 242
...
113
25 301
22 500
13 668
8 304
5 045
...
254
56 935
Réserves
Obligatoires
6 750
4 100
2 491
1 513
...
76
17 077
Mathématiquement, on obtiendrait la formule suivante :
1
M = -----------------------------1 - (1-p) (1-f) (1-r)
Dans notre exemple, M vaut :
1
M = ----------------------------------------- = 2,53
1 - (1-0.1) (1-0.25) (1-0.1)
Ainsi l'effet multiplicateur sera d'autant plus élevé que :
- la "préférence pour la liquidité" est réduite.
- les crédits sont accordés à des personnes qui les utilisent au profit de la même banque.
Imaginez ce que serait la création monétaire s'il n'y avait qu'une seule banque ? Peut-être cet aspect du problème
vous fera-t-il comprendre les raisons qui poussent les banques à faire les "yeux doux" aux futurs clients !
- la B. de F. n'impose pas un taux de réserves obligatoires élevé. (d'ailleurs instrument très
efficace de lutte contre l'inflation, si l'on admet la thèse monétariste).
eg1-4.doc
Page 3 / 9
Michel Barot
B - LES AGREGATS DE MONNAIE - LA MASSE MONETAIRE (Manuel p. 168)
Toutes les statistiques sont obtenues, pour l'essentiel, grâce aux bilans consolidés de la B. de F.,
autres banques et institutions financières.
1° Les agrégats
On distingue dans la nouvelle approche :
M1 : moyens de paiement émis ou gérés par les établissements de crédit, CCP, et
Trésor (disponibilités monétaires : billets, pièces, dépôts à vue).
M2 : M1 + comptes sur livrets rémunérés (livrets CE, Epargne Développement ex CODEVI, LEP, Livrets d'Epargne Logement, ...)
M3 : M2 + avoirs en devises + dépôts à terme non négociables, ...
L : agrégat de liquidité : M3 + toute l'épargne contractuelle dont la transformation en
liquidités fait perdre à son détenteur des intérêts ou droits à crédit (exemple type : Plans d'Epargne Logement).
NB : on utilise aussi les notions de monnaie et "quasi-monnaie". (ex : un placement
en compte épargne est de la "quasi-monnaie")
2° Les Contreparties de la Masse Monétaire
Ce sont les éléments qui sont à la source de la création de monnaie.
a) Extérieur : Plus les rentrées en devises sont importantes, plus la création monétaire basée
sur cet élément est élevée.
b) Opérations de Crédit ("créances sur l'économie") : aux entreprises, aux particuliers, aux
administrations en général (Etat et collectivités).
III LE SYSTEME MONETAIRE ET FINANCIER FRANCAIS (Manuel p. 191)
HISTORIQUE RAPIDE
Le système bancaire a beaucoup évolué depuis le milieu du 19 ème siècle, époque où il a commencé
à se structurer.
Citons les grandes époques :
1° Une spécialisation progressive, fixée clairement par la loi bancaire de 1945
Cette loi définissait 3 grandes catégories exclusives de banques.
a) les banques de dépôt : seules habilitées à recevoir des dépôts à vue. Elles
accordent des crédits à CT (< 2 ans)
b) les banques d'affaires : participent au financement de crédits sur leurs
ressources propres, ne peuvent pas recevoir de dépôts à vue, seulement des dépôts à terme > 2 ans. Prennent des
participations dans des sociétés.
c) les banques de crédit à moyen et long terme
Une législation très contraignante, une trop grande spécialisation, des rigidités dues aux
contrôles de l'Etat, va nécessiter des changements. L'avènement du Marché Commun va également contribuer à ces
changements.
A citer aussi le mouvement de nationalisations de 1945 : B. de F., Grandes banques de dépôt.
eg1-4.doc
Page 4 / 9
Michel Barot
2° La réforme de 1966-1967
Elle s'est traduite par des assouplissements. La différence entre banques d'affaires et
banques de dépôt est considérablement atténuée. Les premières vont pouvoir recevoir des dépôts à vue, les
secondes des dépôts d'un terme > 2 ans.
Cette "déspécialisation" qui permet finalement aux banques de dépôt et d'affaires d'effectuer
les mêmes opérations, va favoriser la concurrence, l'ouverture de nombreux guichets, et le financement de l'économie
en sera facilité. Ces assouplissements ne seront sans doute pas étrangers aux tendances inflationnistes des années
1970 - 1980.
Pourtant ces assouplissements ne suffisent pas : certains organismes mutualistes se
développent (ex type le CAM, mais aussi les BP, CM), organismes qui bénéficient d'avantages très importants
(fiscaux, possibilité d'accorder en exclusivité certains prêts bonifiés, ...)
3° La réforme de 1984
A citer au préalable le mouvement de nationalisation de 1982 (36 banques et 2 groupes très
importants : Paribas et Suez).
a) Pourquoi la loi bancaire de 1984 ?
* raisons historiques : vieillissement du cadre législatif. Trop de réseaux, trop de
statuts, trop de contrôles différents, textes législatifs trop anciens (ex : derniers textes de 1920 pour le CAM, 1917
pour les BP).
* raisons techniques : apparition et développement de techniques nouvelles :
techniques financières comme le crédit-bail ou l'affacturage, techniques liées à l'informatique et à la télématique
(cartes de crédit, DAB, "banque à domicile", ...)
* raisons économiques : le cadre législatif ne s'appliquait qu'aux banques, pas aux
organismes dotés d'un statut spécial. Ainsi les banques proprement dites, dont la vocation est bien le financement de
l'économie, ne jouaient pas pleinement leur rôle
b) Principales règles de la réforme de 1984
* unification des statuts des établissements de crédit.
* banalisation des modes de collecte des ressources, et possibilité de proposer des
instruments défiscalisés (LEP, CODEVI par exemple) faisant concurrence aux réseaux de CE.
* moins de bonifications de crédit accordées à certains organismes (CAM par
exemple).
* assouplissement considérable de l'encadrement du crédit.
* possibilité d'effectuer des opérations connexes à l'activité classique de banque :
conseils financiers divers aux particuliers et entreprises, placement, garde, vente, ... de tous produits financiers, ... et
même organisation de voyages.
IV LE SYSTEME BANCAIRE FRANCAIS - STRUCTURE ACTUELLE (Manuel p. 192)
A - LA BANQUE DE FRANCE
Création Napoléonienne : 1800. La Banque de France joue plusieurs rôles :
- "Banque de la Nation" : Institut d'Emission
- "Banque des Banques" : par l'intermédiaire de son équipe de direction (Gouverneur, sousgouverneurs, et quelques autres membres), elle assure des services spécifiques pour l'ensemble du système
bancaire (ex : centralisation du fichier des impayés, compte ouvert pour chaque banque commerciale, système
informatique centralisé de compensation interbancaire, ...) et exerce une action importante sur l'ensemble des
banques.
- "Banque de l'Etat" : elle lui accorde des avances (prêts) quand il y a notamment des
décalages (inévitables) entre le paiement des dépenses et l'encaissement des recettes
- Elle joue un rôle important également sur le plan international : elle gère notamment le fonds
de stabilisation des changes, et règle les opérations prévues dans le cadre du FMI (Fonds Monétaire International).
Elle met également en oeuvre la politique décidée au niveau de la BCE (Banque Centrale Européenne)
NB : le comité de direction dispose de larges pouvoirs, et n'est plus sous la
dépendance politique directe des autorités de tutelle (Ministre de l'Economie et des Finances
notamment). La B. de F. fait partie avec les autres banques centrales de la zone €uro de "l'Eurosystème".
eg1-4.doc
Page 5 / 9
Michel Barot
B - AUTRES ORGANISMES DE CONTROLE DU SYSTEME BANCAIRE
1° Le Conseil National du Crédit
Créé en 1945, il est consulté par le gouvernement pour la mise en place de la politique
monétaire, de la politique du crédit. Il fait annuellement un rapport au PR et au Parlement sur le fonctionnement du
système bancaire et financier. Ce rapport (public) est publié au JO. Le Ministre de l'Economie et des Finances est le
Président du CNC, le Gouverneur de la B. de F. le Vice-Président.
2° Le Comité de la Réglementation Bancaire
Il est chargé de mettre en place, de réviser, ... les règles bancaires : conditions dans
lesquelles doivent se mettre en place les crédits, la concurrence entre établissements, ... Le Ministre de l'Economie et
des Finances en est le Président, le Gouverneur de la B. de F. le Vice-Président.
3° Le Comité des Etablissements de Crédit
Il gère les agréments à attribuer aux nouvelles banques, aux nouveaux établissements. Il
contrôle les conditions … respecter pour l'exercice de l'activité bancaire (capital, honorabilité des dirigeants, ...). Il tient
à jour la liste des Etablissements. Il est présidé par le Gouverneur de la B. de F. NB : les 2 derniers établissements
sont en fait largement dépendants du CNC (leurs membres notamment sont également membres du CNC).
4° La Commission Bancaire
Elle exerce un pouvoir de contrôle et de sanction sur tous les établissements de crédit
(surveillance de l'application de la législation bancaire, de la manière dont les dirigeants des banques respectent la
"déontologie" bancaire, ...). Elle est présidée par le Gouverneur de la B. de F.
C - LE TRESOR PUBLIC
C'est "l'Etat Financier". Il perçoit les recettes, effectue le paiement des dépenses de l'Etat, participe à
la création de monnaie scripturale (circuit des CCP), émet les monnaies divisionnaires, participe à la gestion des
emprunts d'Etat sous forme de bons du Trésor, prête sa garantie en matière d'emprunt (aux collectivités locales
notamment).
D - LA CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS
En centralisant les fonds gérés par les Caisses d'épargne notamment, elle joue un rôle très important.
Ces fonds servent au financement des investissements des collectivités locales, des opérations de logement social
notamment.
V LA POLITIQUE MONETAIRE (Voir également chapitre "la régulation")
A - LES FONDEMENTS 2 théories principales :
1° La théorie keynésienne : Keynes fait une approche intégrée, globale, macro-économique.
L'instrument de l'intégration entre les secteurs réels de l'économie (volumes d'activité, de production, consommation,
prix relatifs) et le secteur financier (quantité de monnaie, niveau des prix absolus) est le taux d'intérêt. Ce taux
d'intérêt a une influence à 2 niveaux :
- du côté des placements (quand le taux d'intérêt augmente, le taux de préférence pour la
liquidité baisse et inversement il s'élève lors de la baisse des taux d'intérêt).
- du côté des investissements. la propension à investir est plus élevée quand les taux
d'intérêt baissent.
En conséquence, l'instrument privilégié de la politique monétaire sera le taux d'intérêt, et ses
manipulations. Mais d'autres déterminants de l'activité ont un impact encore plus grand sur l'économie que les taux
d'intérêt (revenus, dépenses publiques notamment).
2° La théorie monétariste : elle s'appuie sur la théorie d'Irving FISHER (Théorie Quantitative - 1911).
Fisher met en place une identité fondamentale : M * V = P * T
M : Masse monétaire
V : Vitesse de circulation de la monnaie
P : Prix moyen des transactions
T : volume des Transactions
eg1-4.doc
Page 6 / 9
Michel Barot
Si cette égalité est difficile à contrôler dans les faits, elle présente un côté pédagogique indéniable. Si
par exemple P et V sont constants, on voit bien que la M évolue en fonction de T (ou inversement). En faisant
diverses hypothèses, on constate les effets d'une des 4 variables sur les autres.
La théorie néo-quantitative actuelle : mise en évidence par M. FRIEDMAN. Dans une vision à LT,
Friedman considère que la fonction de demande de monnaie est le comportement le plus stable. Ainsi quand les
agents ont plus de monnaie qu'ils ne le désirent, ils s'en dessaisissent en achetant d'autres biens. Dans certains
contextes (plein emploi, contraintes qui pèsent sur l'offre, ...) ce surplus de monnaie engendrera une hausse des prix
(inflation). Ainsi Friedman met-il clairement en lumière l'impact inflationniste de la politique monétaire. Il ne condamne
pas les politiques de relance à CT, il les juge dangereuses à LT. Quoiqu'il en soit, agir sur la quantité de monnaie en
circulation est essentiel à la stabilité des prix, génératrice de stabilité du système en général.
B - LES OBJECTIFS
1° Objectifs finals : obtenir des équilibres essentiels
- fournir à l'économie la quantité de monnaie dont elle a besoin.
- maintenir la valeur de la monnaie nationale, notamment par rapport aux devises étrangères.
- assurer grâce à la stabilité monétaire la stabilité économique et sociale (croissance normale
et légitime des revenus, stabilisation des anticipations, équilibre extérieur).
2° Objectifs intermédiaires
- stabilisation des taux de change
- contrôle de la croissance des agrégats monétaires et de crédits.
Il faut noter que la réalisation de tous les équilibres économiques est très difficile, compte tenu des
effets contradictoires et pervers des différentes mesures de stabilisation et d'équilibre envisageables.
C - LES INSTRUMENTS
1° l'action sur les taux d'intérêt
A l'origine des variations de taux il y a la politique de la B. de F. et des autorités monétaires.
Quelques Effets de l'action sur les taux (ex : hausse des taux)
- épargne plus attrayante, donc encouragée.
- laisse envisager une croissance future de la Consommation.
- limitation du recours au crédit limitation de la consommation actuelle, et des
investissements.
- baisse de la préférence pour la liquidité, préférence pour les actifs financiers à M et
LT (actions, obligations par exemple).
- renforcement de la force de la monnaie par rapport aux devises étrangères
entrées de capitaux étrangers attirés par les taux d'intérêts élevés. (penser à la politique de taux d'intérêts élevés
pour conserver à l'époque la puissance du mark, longtemps menée par l'Allemagne).
NB : ces effets sont à nuancer, bien entendu, selon les contextes.
2° l'encadrement du crédit
L'encadrement du crédit consiste à prendre des mesures qui interdisent aux banques de
dépasser un certain volume d'encours, ou qui interdisent d'alimenter certains secteurs de l'économie par exemple,
considérant le risque inflationniste.
Depuis 1986-1987 cet encadrement du crédit a disparu (très peu apprécié du système
bancaire). Il a été rendu possible par la baisse des tensions inflationnistes.
3° les Réserves Obligatoires
Système mis en place en 1967.
Un % des dépôts (à vue, à terme), des crédits accordés, le tout selon des modalités variables
en fonction du contexte conjoncturel, doit être conservé en compte non rémunéré à la banque centrale. Il s'agit donc
de valeurs "gelées" qui ne rapportent rien aux banques et qui ne peuvent être utilisées comme support à des
opérations de crédit. On comprend aisément que la manipulation de ces taux de RO influence directement la masse
monétaire en circulation. C'est un instrument efficace de la politique monétaire.
eg1-4.doc
Page 7 / 9
Michel Barot
VI LE FINANCEMENT DE L'ECONOMIE (Manuel p. 176)
A - DEFINITION
Financer l'économie consiste à fournir à tous les agents économiques les ressources financières dont
ils ont besoin sans engendrer de perturbation ou de déséquilibre grave mettant en péril la politique économique. Le
système bancaire et financier joue alors un rôle d'intermédiaire entre les agents à capacité de financement et les
agents à besoin de financement.
B - LE CREDIT (ou financement indirect)
Les organismes habilités à accorder des crédits (banques, organismes spécialisés) offrent de
nombreuses possibilités. On peut classer les crédits selon divers critères (en plus des montants et des taux) :
1° La durée du crédit
a) Court Terme : jusqu'à 2 ans. Souvent quelques jours à quelques mois.
b) Moyen Terme : 2 à 7 ans.
Caractère relatif de ces limites
c) Long Terme : au-delà de 7 ans.
2° Le bénéficiaire et l'objet du crédit
a) Crédits de trésorerie (facilités de caisse, découverts, avances, mobilisation des créances
commerciales [escompte par ex.])
b) Crédits de campagne
c) Crédits à l'exportation
d) Crédits à l'investissement
e) Crédits à la consommation
f) Crédits a l'habitat
g) Crédit permanent (crédit "revolving")
h) Crédit-bail ("leasing")
i) Cartes de Crédit (cartes à débit différé)
…
3° Le type de garantie
Le crédit est basé sur la confiance il est rare que le prêteur ne prenne pas de garantie.
Principales garanties :
a) Garantie réelle : gage, hypothèque, nantissement
b) Garantie personnelle : caution (simple ou solidaire), aval.
4° La possibilité de mobilisation
Un crédit est mobilisable quand le titre représentatif de ce crédit peut être échangé par son
détenteur contre des liquidités auprès d'un banquier, comme c'est le cas pour les créances commerciales (escompte
des effets de commerce notamment), ou auprès de la Banque de France, ou par l'intermédiaire du marché monétaire.
(ex : bons du Trésor).
eg1-4.doc
Page 8 / 9
Michel Barot
C - LES MARCHES (ou financement direct)
1° Le marché monétaire (Manuel p. 192)
Il concerne le marché des capitaux à CT et MT. Il permet aux banques de se procurer les
liquidités dont elles ont besoin contre remise de titres négociables (ou mobilisables). La banque de France, par ses
initiatives, joue un grand rôle sur ce marché.
2° Le marché financier (Manuel p. 192)
Il concerne les capitaux à LT. Il permet aux entreprises de réaliser leurs augmentations de
capital (émission d'actions) ou leurs emprunts à LT (émission d'obligations). Ce marché est en réelle expansion. le
mouvement de privatisation commencé en 1986 et poursuivi actuellement n'y est pas étranger. (des mots "barbares"
comme "titrisation", "mobiliérisation", traduisent ce phénomène).
a) Le marché primaire : il concerne l'émission d'actions et d'obligations. Marché fictif,
abstrait, qui fonctionne grâce aux banques et sociétés de bourse (anciens agents de change). Seul ce marché
apporte de l'argent frais aux entreprises.
b) Le marché secondaire : ou marché "d'occasion" des valeurs mobilières. Il est formé d'un
marché de "gré à gré" pour les titres non cotés, et du marché boursier pour les titres cotés. C'est sans doute le
marché où la loi de l'offre et de la demande joue, plus qu'ailleurs, pleinement son rôle.
c) Les titres échangés : actions, obligations, OPCVM (Organismes de Placement Collectif en
Valeurs Mobilières : qui permettent l'échange de titres de SICAV [Sociétés d'Investissement à Capital Variable] et FCP
[Fonds Communs de Placement]).
d) La Bourse des Valeurs (Manuel p. 202). Elle est composée du marché primaire et du
marché secondaire (voir ci-dessus).
La bourse est un marché public, strictement réglementé. En France, il existe plusieurs
bourses (Lille, Lyon, Marseille, …). Mais la seule importante est bien sûr à Paris.
Les activités en Bourse sont gérées par les Sociétés de Bourse qui remplacent
depuis 1988 les agents de change. La bourse de Paris est gérée par le groupe "Euronext".
Le contrôle de la régularité des opérations est fait par l'AMF (Autorité des Marchés
Financiers Autorité Administrative Indépendante). Elle traque les "initiés" notamment, et autorise les opérations de
lancement d'emprunt obligataire, OPA, ...
La bourse est en fait constituée de plusieurs marchés :
- Le marché officiel (ou marché de la cote officielle) : marché des titres des
grosses sociétés)
. à règlement comptant (sous 3 jours).
. à règlement différé : il est possible, en accord avec son
intermédiaire financier, de pratiquer le SRD (Système à Règlement Différé). Mais le service n'est pas gratuit et est
facturé par l'intermédiaire financier au client.
- Le second marché (marché des sociétés moyennes, moins contraignant au
niveau des règles d'introduction).
- Le marché hors cote : "antichambre" du second marché.
Les intervenants
- les particuliers : par l'intermédiaire de leurs mandataires le plus souvent ou
directement (notamment par Internet).
- les "investisseurs institutionnels" : Compagnies d'assurances, Caisse des
dépôts et Consignations, Caisses de Retraite, SICAV, ...
- banques.
- grosses sociétés détenant des participations dans d'autres sociétés.
- pays étrangers.
Les principaux ordres
- au mieux
- à cours limité
Recherche et approfondissement de vocabulaire (livre et autres supports) : CAC (notamment CAC 40), Cotation (à la
criée, par casier, informatique), Report, MONEP, MATIF, OPA, OPE, OPV, Cote Officielle, Raider (ou prédateur), SICAV, FCP,
Capitalisation Boursière), Dow Jones, NASDAQ, indices SBF, indices STOXX, ...
Remarque : Ne pas oublier de revoir le contexte de création de la monnaie européenne : l'€uro. Manuel p.154-155)
eg1-4.doc
Page 9 / 9
Michel Barot