Exposition SEENCITY par FERRATO JULIEN 1er année

Transcription

Exposition SEENCITY par FERRATO JULIEN 1er année
SEENCITY
Exposition de SEEN
Je suis allé voir l'exposition du graffeur SEEN (la première en France) qui se tenait à la Galerie
Chappe à Paris du 14 au 30 sptembre 2007.
Pour commencer je tiens à présenter SEEN, graffiti-artiste américain né en 1961, de son vrai
nom Richard Mirando. Il débuta le Graffiti à New-York en 1973. Son pseudonyme SEEN (ou plus
communément appelé « blase » dans le milieu du graffiti) et le participe passé du verbe see
(voir). Il est surnommé le « Godfather of Graffiti » car il est considéré comme le leader du
mouvement graffiti underground new-yorkais des années 80, grace à ses nombreux « wholecars » sur le métro new-yorkais. Le whole-car consiste à réaliser une peinture sur des wagons
entiers.
Mais il passe au rang d'icône en 1982, à la sortie du film documentaire « Style War » réalisé par
Henry Chalfant et Tony Silver. Dans ce film apparaît aussi une autre légende du Graffiti DONDI
WHITE.
Henry Chalfant qui est à l'origine sculpteur, devient lui aussi un acteur du graffiti en prenant des
photos des métros graffés; il sera l'auteur d'un livre culte pour les graffeurs du monde entier:
« Subway Art » réalisé avec la photographe et journaliste Martha Cooper, elle même auteur de
l'exellent « Hip Hop Files » qui apporte un témoignage sur la culture Hip Hop au début des
années 80.
On peut aussi noter que SEEN a participé à l'Exposition « New York, New Wave » au PS1 de
New-York en 1981 au côté, en autre, de Jean-Michel Basquiat, Keith Haring et Andy Warhol; on
pu y voir pour la première fois des graffitis sur des toiles, ce qui apporta une vision différente du
Graffiti qui était à l'époque hait par la population new-yorkaise.
Le nom de l'exposition est un jeu de mot avec la série de comics Sin City de Frank Miller, adapté
au cinéma en 2005.
L'expo commence à l'extérieur, la galerie ayant été recouverte de chrome pour l'occasion
sachant que la bombe de chrome est la plus utilisé pour la réalisation de « blocletters » (lettres
simples et lisibles utilisées pour faire du vandalisme en général en bord d'autoroute ou sur les
trains et métros). Sur ce fond chromé se trouve un lettrage SEEN dans les tons jaune et orange
avec un surcontourt bleu, je pense que cette pièce est le reflet parfait de ce qu'est le Graffiti: une
publicité visible de tous, elle permet aussi de nous mettre dans l'ambiance avant même d'avoir
passé la porte.
L'expo comprend des pièces de SEEN, des toiles de divers formats et des peintures sur des
cartes du metro.
J'ai été particulièrement intérréssé par un Abécédaire réalisé sur 27 toiles carrées organisées
par lignes de 9. L'abécédaire est une sorte d'exercice qui se fait en général sur papier et que bon
nombre de graffeur réalise dans un but d'améliorer, de rechercher ou/et de visualiser ses lettres
et son style. SEEN a réalisé ses lettres à la bombe comme si il peignait sur un mur. Ses lettres
sont rouges avec un contour noir et un effet réalisé avec une grille de peintre utilisée comme
pochoir au blanc et au jaune.
Je trouve que cette pièce reflète assez bien le travail de SEEN, les lettres ont une bonne
énergie, un bon mouvement, elles vont bien enssembles et se répondent les unes aux autres.
SEEN a un style qui correspond à son époque, il est « old school » et il n'utilise pas d'effets
compliqués pour faire ressortir sa lettres, elles restent simples et lisibles, il cherche l'éfficacité. Je
le trouve assez puriste surtout si on le compare au mouvement Graffiti d'aujourd'hui. Il découpe
ses lettres et y rajoute des petites parties ou des flèches, il pratique ce qu'on appelle le « Wild
Style », un style qui a du mouvement, qui n'est pas rigide. Ses lettres et son style me ramène
imediatement à BANDO (voir photo ci-dessous) qui est l'un des premiers graffeur français qui a, à
la suite d'un voyage à New-York, importé le Graffiti à Paris au début des années 80, c'est ce que
montre le film documentaire « Writers, 20ans de Graffiti à Paris »; ce reportage nous transporte
dans les débuts du graffiti en France, avec ses évenements marquant comme l' « attaque » de la
station Louvre-Rivoli où des copies d'oeuvres d'art furent vandalisées et des peines de prison ont
étées appliquées aux auteurs. BANDO a la même pureté que SEEN dans son travail, il est
partisant du graff à 2 couleurs (une pour le contour et l'autre pour l'intérieur) qui est à ses yeux
plus difficile à réaliser car il faut trouver l'équilibre et l'harmonie des lettres sans pouvoir jouer sur
le jeu des couleurs et des effets qu'il définit comme de la « fioriture », ce raisonnement rend la
lettre graffiti brute.
L'expo comporte beaucoup d'oeuvres comportant des lettres et des flèches utilisant les mêmes
procédés que l'Abécédaire mais en 9 toiles avec la lettre S (comme SEEN) ou bien juste des
flèches et toujours à la bombe.
Toujours dans le même principe que les autres oeuvres, une compostion toujours en 9 toiles
mais cette fois couverte de « tags » (signatures) de toutes les couleurs réalisés à la bombe avec
un logo se répétant au centre de chaque toile. Ce logo est réalisé à la bombe avec un pochoir, il
représente un M avec écrit « Mad Transit Artist » en rapport avec le « crew » (groupe) de graffeur
new-yorkais dont SEEN fait parti, les MTA. Cette acumulation de tags n'est pas sans rappellé le
travail de JONONE (voir photo à droite) un graffeur new-yorkais de la génération suivant celle de
SEEN, installé à Paris depuis les années 90, il s'est installé en France pour profiter de l'énergie
du Graffiti, il est à l'origine du Free Style qui consiste à peindre sur un support (murs, toiles...), à
la bombe, en improvisant.
On retrouve ce logo sur des wholecars de SEEN, il utilise aussi le surnom de MADSEEN (jeu de
mot avec Medecine).
On trouve aussi dans ses travaux beaucoup de référence à la signalétique, celle du métro en
particulier, pas mal de choses empreintées au milieu urbain. Il reprend le logo de la ligne numéro
6 de la ville de New-York, qui est la ligne où il a commencé à peindre.
Il a aussi réalisé des peintures sur des plans du métro new-yorkais à la bombe et au marqueur.
Un peu avant l'exposition SEEN avait fait parler de lui mais de l'autre côté de l'Atlantique en
réalisant une superbe performance. Il a réussi à écrire son nom dans l'endroit le plus visible d'une
banlieue de Los Angeles: Hollyood! Il s'est attaqué aux deux L de la fameuse colline, ce qui lui
aura donné le droit à la visite de la police et de un de leurs hélicoptères ainsi que quelques
plaintes et amandes.
J'ai trouvé l'exposition intéressante sur plusieurs points.
Le fait de voir réuni des travaux des débuts de SEEN à maintenant et de pouvoir comprendre et
voir l'evolution de son style.
Je me suis rendu compte que la toile sacralisée le Graffiti et le sortait de son essence: la ville.
Je m'aperçois de la perte culturelle et historique engendré par les municipalités et les états en ne
conservant pas les graffitis. Il serait réducteur de penser que ce qui fait le Graffiti se trouve sur
toiles, films ou photos. Quand je regarde la comédie « Un Prince à New-York » avec Eddy
Murphy et que j'y voit le métro new-yorkais remplit de tags je suis déçu que la municipalité n'est
pas gardé ses wagons et continue à traiter le Graffiti comme du vandalisme, ces métros était
pleins d'expressions et de vies.
Je vois aujourd'hui à quel point SEEN est efficace et appliqué à la lettre ce qui fait le Graffiti:
faire lire son nom à un maximum de personnes; il va à l'essentiel de la lettre et n'ajoute pas
beaucoup de chose, son style se trouve justement dans la simplicité et le brut de ses lettres.
L'influence qu'il a eut sur la « new school » et le milieu new-yorkais avec ceux qui le précède:
COPE2 et T.KID.
SEEN est pour moi le chaînon manquant entre le Graffiti et l'Art, entre l'expression de la rue et
les téchniques brutes ainsi que la poésie de Jean-Michel Basquiat.
Les expositions sur le Graffiti sont rares et lorqu'elle se fond elle essaye d'être pluridisciplinaire
ce qui ne permet pas vraiment au public de cerner le travail et les influences qu'on les graffitiartistes entre-eux. Je trouve que le travail de la lettre et des divers style qu'on lui donne reflète
énormement l'état d'esprit d'une époque, d'un contexte. Le Graffiti prend en compte toutes les
mixités sociales sans rejetté leurs influences. Il est aussi fascinant de voir que les recherches de
style qu'un graffeur va effectuer peuvent être poursuivies par d'autres et ouvrir vers de nouvelles
façons de peindre et des téchniques différentes.
Je regrette le côté machandising de cette exposition, car on pouvait y trouver des bombes
signées par SEEN à édition limitée de la marque Montana ainsi que des t.shirt et des magasines,
un peu comme à Baubourg. Même si cela attire du monde, je trouve que cela à tendance à
parasiter l'évenement.
En conclusion je dirais que ce fut agréable de voir les oeuvres de SEEN en vrai, en dehors des
livres et des magasines, et de me rendre compte de leurs tailles et de leurs couleurs. Je suis
content d'avoir pu voir l'exposition de celui qui est considéré comme une légende vivante dans le
milieu du Graffiti.
FERRATO JULIEN
Première Année