faits et arguments contre la rie iii
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faits et arguments contre la rie iii
«FAITS ET ARGUMENTS CONTRE LA RIE III» LA RIE III, OU COMMENT FAIRE PAYER LA POPULATION LES CADEAUX AUX ACTIONNAIRES NON à la RIE III fédérale le 12 février 2017! NON à la RIE III genevoise! RIE III, c’est le sigle de la troisième réforme de l’imposition des bénéfices des grandes entreprises. Adoptée ce printemps par le Parlement fédéral, elle a fait l’objet d’un référendum réussi des syndicats et de la gauche. C’est le 12 février qu’elle sera soumise au vote. La RIE III résulte de l’engagement du Conseil fédéral auprès de l’Union européenne à supprimer avant 2019 les Les mots pour le dire Petit lexique à l’usage de tout un chacun RIE III signifie Troisième Réforme de l’imposition des entreprises. En fait, ce que ce titre oublie de dire c’est qu’il s’agit de la taxation des bénéfices nets réalisés par les entreprises. Sociétés à statut, sociétés domiciliées Ce sont des multinationales étrangères qui ont établi leur domiciliation fiscale en Suisse. Dès lors, tous leurs bénéfices, y compris ceux qu’elles ont réalisés à l’étranger, sont imposés en Suisse. Actuellement, ces sociétés bénéficient d’un taux d’imposition compris entre 7% et 11%. Sociétés ordinaires Ce sont les entreprises suisses. Leurs bénéfices sont actuellement imposés à raison de 12 à 24,1% selon les cantons. Personnes morales Aux yeux du fisc, les sociétés sont des personnes «morales». Personnes physiques Ce sont les contribuables individuels. Progressivité de l’impôt C’est un mécanisme qui adapte le taux d’imposition aux montants imposables, de manière à éviter que les petits revenus soient mis à contribution de manière inéquitable par rapport aux gros. >>>> privilèges fiscaux de sociétés étrangères établies en Suisse. Ainsi, par exemple dans le Canton de Genève, les bénéfices des multinationales suisses sont taxés à 24% alors que ceux qui sont réalisés par les sociétés dites «à statut», y compris à l’étranger, sont taxés entre 7 et 11%. En soi, la suppression des privilèges est une bonne chose... pour autant que la correction de l’injustice ne se traduise pas par une injustice généralisée. C’est ce qui se passera avec la RIE III: tous les bénéfices vont profiter à la fois d’exonérations fiscales majeures et d’une imposition réduite. Les conséquences seront dramatiques pour toutes celles et ceux qui ont besoin de prestations publiques. Explications… Des coûts exhorbitants et largement sous-estimés… Après une première réforme de l’imposition des bénéfices des entreprises en 1997 et une deuxième adoptée par 50,5% des votants en 2008, la RIE III a été l’occasion pour le Parlement fédéral d’accorder un grand nombre de privilèges aux entreprises qui réalisent des bénéfices. D’une part, la Loi fédérale supprime la différence de traitement entre les sociétés, mais élargit la possibilité pour toutes les sociétés de réduire la part de leurs bénéfices soumise à l’impôt. D’autre part, en vertu de la fixation des taux d’imposition par les cantons, la RIE III aggrave la concurrence et la sous-enchère fiscale entre cantons. Tout cela a évidemment un coût: c’est le manque à gagner pour les collectivités publiques. Le Conseil fédéral estime que la RIE III pourrait priver la Confédération de sommes comprises entre 1,4 et 3 milliards de francs par an, auxquelles il faudra ajouter les pertes fiscales subies par les cantons et les communes. La fiabilité de cette estimation est plus que discutable: en 2008, par exemple, le même gouvernement avait estimé les pertes occasionnées par la RIE2 à 700 millions de francs. Au final, la perte a été presque dix fois plus élevée! Avec la RIE III, on ignore surtout l’ampleur de baisses dans les cantons, les effets des nouvelles niches fiscales, et les comportements indirects des contribuables engendrés par la réforme. Maintenir le paradis fiscal Caterpillar, HSBC Private Bank, BNP Paribas, Lockeed Martin International, Cargill… la liste est longue. Ces sociétés multinationales étrangères sont domiciliées fiscalement en Suisse. Elles y bénéficient d’une imposition de leurs bénéfices, y compris ceux qu’elles ont réalisés à l’étranger, très favorable en comparaison internationale. Imposés à moins de 11% à Genève par exemple, leurs bénéfices le seraient à hauteur de 33,83% en France, de 33,99% en Belgique, de 25% en Allemagne, entre 29 et 34% aux pays Bas, de 33% en Italie ou entre 25 et 38% aux Etats Unis! Ainsi, par exemple, Caterpillar peut-elle réaliser en Suisse d’importantes économies d’impôts sur les bénéfices réalisés en Belgique grâce, aussi, à des milliers Le taux d’imposition des bénéfices des entreprises en Europe: tableau comparatif entreprises, ordinaires ou à statut, mais à des taux très favorables. Après l’abandon du secret bancaire, c’est par la RIE III que le statut de paradis fiscal est sauvé. 35 30 25 Taux en % 20 15 10 5 0 Pays Guernesey Bulgarie Chypre Irlande Liechstenstein Lettonie Lituanie Roumanie Slovaquie Slovenie Hongrie Pologne Rép. Tchèque Croatie Finlande Estonie Royaume-Uni Suède Portugal Suisse (GE) Danemark Autriche Pays-Bas Grèce Norvège Luxembourg Allemagne Espagne Italie France Belgique Malte On constatera que le premier pays comparable à la Suisse en termes de développement, d’infrastructures et d’offre de services est la Finlande qui applique un taux d’imposition de 20%. Avec un taux autour des 13%, la Suisse se retrouverait en compagnie de la Bulgarie, de Chypre, de l’Irlande et du Lichtenstein! de licenciements! En stimulant la sous-enchère entre cantons, la RIE III légalise et renforce l’évasion fiscale légale vers la Suisse, aucune discrimination n’étant plus faite entre les Source: KPMG Une assiette réduite La suppression des privilèges fiscaux pour les sociétés «à statut» a été l’occasion pour le Parlement fédéral d’accorder de nouveaux privilèges à toutes les grandes entreprises. Ainsi, si la RIE III devait passer, pourraient-elles déduire de l’impôt sur les bénéfices jusqu’à 150% -une fois et demie!- les frais réels de recherche et développement, grâce au mécanisme dit «Superdéduction R&D»! De même, imposant de manière séparée les bénéfices réalisés grâce aux brevets, la Les mots pour le dire (suite) «Patent Box», seul un dixième des gains serait soumis à l’impôt, les 90% restants relevant du bénéfice absolu. De plus, les entreprises pourraient, grâce au mécanisme appelé NID, ou, en français, déduction des intérêts notionnels, déduire de leurs bénéfices imposables les intérêts fictifs qu’aurait généré le capital de l’entreprise s’il avait été placé sur le marché des capitaux. En gros, comme investir mon capital me rapporte bien moins que le placer en bourse, je peux déduire de mes impôts sur le bénéfice la différence entre ce que j’aurais pu me mettre dans la poche et ce que j’ai réellement gagné! Notion fort controversée au plan international, cette déduction pourrait permettre, en fonction de l’évolution des marchés des capitaux, une défiscalisation massive du capital. Le cumul de ces niches réduirait fortement l’assiette fiscale, c’est-à-dire la part des bénéfices qui pourrait être soumise à l’impôt. A tel point que les cantons, inquiets, ont demandé à poser une limite. Celle-ci a été fixée à 80% de déductions: concrètement, les quatre cinquièmes des bénéfices ne seront plus imposés. Seul le cinquième restant sera soumis à un impôt dont le taux sera à son tour diminué massivement. Taux d’imposition C’est le pourcentage auquel sont imposés les revenus, le capital ou les bénéfices, ou plus simplement les francs payés en impôts, pour cent francs de revenu imposable. «La chute des recettes tirées de l’impôt sur les bénéfices des sociétés entraîne un accroissement de la pression sur les particuliers». Patent box C’est une innovation de la RIE III. Elle permet de soustraire à l’impôt 90% des bénéfices réalisés grâce à la vente de brevets. Ce constat est fait par l’Organisation de coopération et développement économique (OCDE) en décembre 2015. Autrement dit, depuis que les recettes de l’imposition des bénéfices des sociétés – Superdéduction R&D La RIE III autorise les entreprises à déduire de l’impôt 150% des coûts réels de recherche et développement (R&D), y compris ceux qui sont engagés à l’étranger. NID (Notional Interest Deduction) C’est le mécanisme qui permettrait aux entreprises de déduire de l’impôt les intérêts fictifs qu’aurait généré le placement en bourse de leurs fonds propres. Quand les sociétés paient moins, ce sont les gens qui paient plus! les personnes «morales» – diminuent, ce sont les personnes physiques, des gens en chair et en os, qui sont appelées à compenser, par l’impôt, les cadeaux faits aux sociétés! Avec la RIE III ce sont aussi bien les quantités contenues dans l’assiette – la part des bénéfices soumise à l’impôt – que la taille de la fourchette – le taux d’imposition – qu’on réduit pour le plus grand bien des actionnaires à qui les bénéfices sont redistribués sous forme de dividendes! Quant à celles et ceux, la majorité de la population, que l’assiette contribue à nourrir, il faudra qu’ils se satisfassent de moins de prestations publiques, tout en voyant leurs propres impôts et les taxes augmenter! LE 12 FÉVRIER 2017, NON A LA LOI FÉDÉRALE SUR L’AMÉLIORATION DES CONDITIONS FISCALES EN VUE DE RENFORCER LA COMPÉTITIVITÉ DU SITE ENTREPRENEURIAL SUISSE LA RIE III! RIE III CANTONALE: 800 MILLIONS DE CADEAUX PAR AN… ET UN TROU DE 500 MILLIONS Loin de fixer un taux d’imposition unique au plan fédéral, la RIE III fait la part belle à la concurrence fiscale inter-cantonale puisque c’est aux cantons de fixer le taux d’imposition. C’est ainsi que tous les cantons essaient de disputer l’attractivité aux autres cantons en adoptant des taux séduisants pour les entreprises. Ce phénomène n’est pas nouveau puisque, dès le début des années 2000, nombreux ont été les cantons qui ont abaissé, à une ou plusieurs reprises, le taux d’imposition des bénéfices des sociétés. L’adoption de la RIE III ne ferait que l’aggraver. C’est ainsi qu’à Genève, le parlement sera saisi cet hiver d’un projet de RIE III cantonale. Revendiquant la légitimité d’une Table ronde regroupant partis politiques, syndicats, organisations patronales, représentants des multinationales et collectivités publiques, le Conseil d’Etat propose la fixation d’un taux d’imposition à 13,49%. De ce fait, les sociétés «à statut» perdraient leurs privilèges Un pari perdu d’avance La logique économique qui sert de justification de la RIE III genevoise tient plus de la profession de foi que des pratiques de l’économie réelle. C’est sous la forme de pari sur l’avenir que le Conseil d’Etat, les associations patronales et la presse présentent la RIE III. Leur crédo est le suivant: baissons les impôts sur les bénéfices, cela permettra de réinvestir les sommes économisées et de créer des places de travail, de la richesse et, dans cinq ans, d’enregistrer de nouvelles rentrées pour les finances publiques. Ce raisonnement relève au mieux de la béatitude, au pire de l’escroquerie: aucune garantie n’est donnée que les économies d’impôts réalisées soient réinvesties. Bien au contraire, ce à quoi l’on assiste depuis des années, ce n’est pas à une intensification des investissements ou à des augmentations des salaires, à l’exception de ceux des cadres, mais bel et bien à l’accroissement de la rémunération des actionnaires et à la spéculation sur les capitaux. D’ailleurs, qui donc pourrait obliger les propriétaires de capitaux à réinvestir les bénéfices réalisés plutôt qu’à verser de juteux dividendes? De plus, aucune garantie n’existe que les détenteurs des capitaux investissent d’éventuelles sommes à Genève; la réalité des délocalisations prouvant qu’ils le font plutôt ailleurs. C’est à ce pari perdu d’avance que le gouvernement nous invite, un pari aux conséquences désastreuses pour les finances publiques et, partant, pour les prestations à la population. par rapport aux grandes entreprises locales et verraient leur contribution fiscale globale «gonfler» de presque 300 millions de francs. Par contre, le projet gouvernemental offre un «allègement fiscal […] conséquent pour les sociétés dites ordinaires», ainsi que le dit le président de la Fédération des entreprises romandes (FER), Ivan Slatkine, de quelque 800 millions de francs par an, selon les calculs du Département des finances, le taux d’imposition de leurs bénéfices passant de 24,1% à 13,49%. Compte tenu d’un certain nombre de mesures compensatoires, et pour autant que les chiffres présentés soient crédibles, le manque à gagner pour les collectivités publiques – canton et communes – est estimé à 440 millions par an, soit l’équivalent de quatre fois ce que le Canton dépense chaque année pour la réinsertion des demandeurs d’emplois par exemple. Une saignée, quoi! Endetter l’Etat pour verser des dividendes? Le Conseil d’Etat s’appuie souvent sur les recommandations d’une étude réalisée à sa demande par deux économistes. Celleci comporte une conclusion étonnante: «cette baisse [de la fiscalité des entreprises] ne doit pas être compensée par […] une baisse des dépenses publiques». Autrement dit, pour que l’hypothétique relance ait lieu grâce aux économies d’impôts, il faudra que l’Etat continue à dépenser… Et, puisque les rentrées fiscales vont diminuer et que le personnel n’est pas prêt à se laisser imposer l’augmentation du temps et des rythmes de travail, cet argent que les patrons ne verseront plus, il faudra le trouver ailleurs. En empruntant. En juin dernier, Serge Dal Busco, le patron des finances, a chiffré le coût de ce recours à l’emprunt: un milliard par an! Le recours à l’endettement est une pratique courante pour financer l’Etat: il permet de disposer des sommes nécessaires pour les investissements, pour construire des écoles, des routes, des hôpitaux, qui enrichissent à long terme la société toute entière. Et il reporte une partie des coûts d’investissements d’aujourd’hui sur les bénéficiaires futurs. Par contre, creuser la dette uniquement pour accorder des rabais fiscaux aux entreprises qui réalisent des bénéfices milliardaires? Non! C’est reporter sur les générations futures les coûts des cadeaux faits aujourd’hui aux actionnaires! A qui ça profite? 24,1% aujourd’hui, 13,49% dès 2019. C’est d’une baisse d’impôt de presque la moitié que vont bénéficier les grandes entreprises dès 2019. Car, s’il y a plusieurs manières de supprimer les avantages indus, le projet du Conseil d’Etat revient à mettre tout le monde sur pied d’égalité en généralisant les privilèges... Qui restent toutefois des privilèges. En effet, à Genève, trois entreprises sur cinq ne déclarent aucun bénéfice imposable et ne paient donc pas d’impôt sur le bénéfice. Parmi ceux-ci, ceux qui «arrangent» leur bénéfice, et ceux dont le bénéfice leur permet tout juste que de verser leur propre salaire et celui d’éventuels employés. Ce sont le garagiste du coin, le coiffeur du quartier, la boulangère de ma rue. Ce sont les grandes entreprises, celles qui réalisent des bénéfices qui se chiffrent en millions, voire en milliards, qui verraient leur imposition baisser de presque moitié. Qui sont-elles, ces grandes entreprises aux bénéfices globaux de quelques huit milliards de francs par an, auxquelles la RIE III accorderait des baisses d’impôts de 800 millions chaque année? On les connaît, elles ont des noms bien de chez nous: United Banks of Switzerland, Crédit Suisse, Vacheron-Constantin, Givaudan, Firmenich, l’Union bancaire privée et autres Pictet ou Mirabeau, Implenia… Cette dernière, par exemple, bénéficierait de réductions se chiffrant en millions sur l’imposition de ses bénéfices, alors qu’elle refuse catégoriquement d’entrer en matière sur la demande des maçons d’une augmentation salariale de 80 francs par mois! On compense? Qui compense? Jusqu’à quand? Comme le fait remarquer le Conseil d’Etat, «il serait malvenu de faire de tels cadeaux en s’en prenant en même temps aux prestations à la population». C’est pourquoi le gouvernement a prévu des mesures transitoires, censées durer cinq ans, pour compenser partiellement les pertes fiscales. Ainsi, en plus d’un prélèvement extraordinaire de 0,3% sur les bénéfices pendant cinq ans – et que fera-t-on si dans cinq ans le trou se creuse? – le projet gouvernemental prévoit l’instauration d’un impôt pour les entreprises équivalent à 0,22% de la masse salariale qu’elles versent. Cet impôt serait directement affecté à la petite enfance, à la formation et à la réinsertion professionnelles, ainsi qu’à la fluidification des transports. C’est au moment de chiffrer le produit de ce nouvel impôt que la supercherie saute aux yeux: il ne rapporterait que 55 millions de francs. Les parents à la recherche d’une place en crèche, les jeunes sans apprentissage, les chômeurs et les usagers de la route et des transports publics y trouveront leur compte… Par contre, le nouvel impôt aura au moins deux effets collatéraux. Il imposera les petits entrepreneurs qui, ne réalisant pas de bénéfices, ne paient à ce jour pas d’impôt sur le bénéfice. En outre, il va réduire ultérieurement les revenus de l’État et des Communes, ces derniers étant, eux aussi, appelés à payer des millions au nom des 0,22% de la masse salariale. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient Afin de faire passer la pilule, le gouvernement se fait fort de proposer au parlement une certaine retenue dans les coupes et de suspendre temporairement le mécanisme de frein aux déficits. Quelle promesse! Mais comment croire, après les débats tragicomiques autour du projet de budget 2016, finalement refusé, à une quel- De plus, comment parler de «retenue» lorsque le projet de budget 2017 du Conseil d’État prévoit des coupes de l’ordre de 5%, notamment en matière de subventions aux services sociaux? Décidément, les promesses n’engagent que ceux qui y croient! Vont-elles migrer? Le chantage à la délocalisation – «Ne faisons pas fuir les entreprises!» - est systématiquement mis en avant pour justifier la RIE III. C’est faire peu de cas de la réalité. C’est oublier par exemple que ce n’est pas un taux d’imposition très, très bas qui a empêché la direction de Merck-Serono de fermer le site de Sécheron. C’est aussi oublier que, malgré les taux d’imposition actuels, tous types d’entreprises confondus, la Suisse est pour la huitième année consécutive première mondiale en matière d’attractivité et compétitivité selon le WEF. D’autres facteurs que les impôts, tels que la qualité des infrastructures, de la formation professionnelle, des centres de recherche de haut niveau et des admi- nistrations contribuent à rendre la Suisse attractive. Certes, des entreprises pourraient partir. Mais elles partiront bien plus volontiers si la qualité des infrastructures, des systèmes de transport, des écoles ou des hôpitaux venaient à se détériorer lorsque les finances de l’État seront à sec. De plus, comme le constate le Département des finances, les entreprises multinationales qui pourraient être tentées de quitter Genève créent proportionnellement bien moins d’emplois que les sociétés «ordinaires» et surtout que l’État. Or, ce sont les moyens de ce dernier qu’on s’apprête à réduire! 13,49%? Comme un ouvrier non qualifié! Il y a quelque chose d‘indécent dans ces tentatives de réduction du «fardeau fiscal» pour les grandes entreprises millionnaires. prise paieraient 13,49 francs pour cent francs gagnés. Sauf que pour le premier, les francs gagnés s’arrêtent à 5000… Avec un taux d’imposition de 13,49%, elles paieraient proportionnellement autant d’impôt qu’un ouvrier non qualifié gagnant quelque 5000 francs par mois. L’ouvrier, comme la grande entre- Avec la RIE III, c’est le contraire de la progressivité de l’impôt qui s’impose, l’effort le plus important étant demandé à celui qui gagne… le moins! Leur part du fardeau Comme le constate l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), «les sociétés parviennent à trouver des moyens de payer moins d’impôts et c’est en fin de compte aux particuliers de régler la facture». Et elle conclut «ce sont en effet les citoyens qui ont fait les frais de la grande majorité des hausses d’impôts […] sous CARTEL INTERSYNDICAL DU PERSONNEL DE L’ETAT ET DU SECTEUR SUBVENTIONNE AGEEP – FAPCEGM/HEM – FAMCO – SEV – SIT– SPG – SPJ – SSP – UCESG – UFAC – UPCP CP 1765 – 1227 Carouge – www.cartel-ge.ch conque autorité du Conseil d’État sur le parlement? la forme d’augmentation des cotisations sociales, de la taxe sur la valeur ajoutée et des impôts sur le revenu. Cette situation montre bien qu’il est urgent d’agir pour faire en sorte que les entreprises supportent leur juste part du fardeau». Puisque c’est l’OCDE qui le dit… NON à la RIE III fédérale le 12 février 2017! NON à la RIE III genevoise!