Bibliographie - Institut de Formation en Masso Kinésithérapie
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Bibliographie - Institut de Formation en Masso Kinésithérapie
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Innervation…………………………………………………………………………….. 3 2. 2. Cinésiologie………………………………………………………………………………. 3 2. 2. 1. Abaissement-élévation……………………………………………………………….. 3 2. 2. 2. Propulsion-rétropulsion……………………………………………………………… 4 2. 2. 3. Diduction ou mouvements de latéralité……………………………………………… 4 3. LE S.A.D.A.M………………………………………………………………………………….. 5 3. 1. Définition………………………………………………………………………………… 5 3. 2. Symptomatologie secondaire……………………………………………………………... 6 3. 3. Etiologies…………………………………………………………………………………. 7 4. APPROCHE KINESITHERAPIQUE D’UN S.A.D.A.M……………………………………… 8 4 . 1. Bilan……………………………………………………………………………………... 8 4. 1. 1. Interrogatoire………………………………………………………………………… 8 4. 1. 2. Douleur………………………………………………………………………………. 8 4. 1. 2. 1. Tantôt la symptomatologie cervicale est au premier plan……………………….. 8 4. 1. 2. 2. Tantôt les troubles orientent d’emblée vers l’A.T.M…………………………… 9 4. 1. 2. 3. Tantôt les troubles peuvent égarer le praticien………………………………….. 9 4. 1. 3. Bilan statique………………………………………………………………………… 9 4. 1. 3. 1. Rachis plan frontal………………………………………………………………. 9 4. 1. 3. 2. Rachis plan sagittal……………………………………………………………… 10 4. 1. 3. 3. Rachis plan horizontal…………………………………………………………… 11 4. 1. 4. Bilan palpatoire………………………………………………………………………. 11 4. 1. 4. 1. Sur le plan cervical………………………………………………………………. 11 4. 1 .4. 2. Sur le plan maxillo-facial………………………………………………………. 12 4. 1. 5. Bilan dynamique……………………………………………………………………... 12 4. 1. 5. 1. Rachis cervical…………………………………………………………………... 12 4. 1. 5. 2. ATM……………………………………………………………………………... 13 4. 1. 5. 3. L’os hyoïde………………………………………………………………………. 13 4. 1. 6. Bilan de la déglutition………………………………………………………………... 13 4. 2. Rééducation………………………………………………………………………………. 14 4. 2. 1. Buts…………………………………………………………………………………... 14 4. 2. 2. Principes……………………………………………………………………………… 14 4. 2. 3. Moyens thérapeutiques………………………………………………………………. 15 5. MOTIVATION A L’ELABORATION D’UN LIVRET DESTINE AUX CHIRURGIENSDENTISTES……………………………………………………………………………………….. 17 6. CONCLUSION………………………………………………………………………………… 18 GLOSSAIRE Le bruxisme est caractérisé par des contractions involontaires et inconscientes des muscles masticateurs en dehors de la fonction physiologique (mastication, déglutition) (17). La déglutition est un réflexe inné qui consiste à porter les aliments et la salive de la bouche vers l’œsophage en trois phases : buccale, pharyngée, oesophagienne. La première de ces phases est volontaire. Ce réflexe est déclenché par la stimulation des terminaisons nerveuses du pharynx par le bol alimentaire. La déglutition s’effectue par élévation de la langue vers l’arrière contre la paroi du pharynx, élévation du voile du palais qui ferme les fosses nasales, élévation de l’os hyoïde et du larynx par les muscles sus-hyoïdiens, fermant la trachée. Ces mouvements se font mandibule stabilisée contre le maxillaire supérieur sous l’action des masséters, ptérygoïdiens internes et temporaux qui mettent en contact les dents antagonistes. Cette pression dentaire est minime, mais essentielle dans la déglutition (21). Une gouttière occlusale est une plaque maxillaire ou mandibulaire, ajustée de façon à libérer l’occlusion en supprimant les contacts dento-dentaires qui aboutissent à un mauvais guidage mandibulaire (17). Un meulage sélectif a pour but de permettre à la mandibule d’aboutir en position d’intercuspidation maximale (maximum de points de contact entre les dents) sans rencontrer d’obstacles sur son chemin de fermeture (17). L’occlusion est une relation dento-dentaire qui peut être définie dès que deux ou plusieurs dents d’arcades antagonistes entrent en contact ; ceci quelle que soit la relation existant entre les deux maxillaires (4-21). La parodonte est le tissu de soutien de la dent (2). Le prognathisme est une avancée de la mandibule (2). Le rétrognathisme est un recul de la mandibule (2). RESUME Le S.A.D.A.M. peut se définir comme un dysfonctionnement de l’appareil manducateur. Sa symptomatologie riche, variée et mouvante : troubles fonctionnels et parafonctionnels (bruxisme), algies et myalgies à distance en font une pathologie difficile à diagnostiquer. Les étiologies multiples et souvent intriquées rendent difficile le travail du praticien dans sa tentative de guérison du patient. La prise en charge kinésithérapique, la plus globale possible, a donc pour but de faire disparaître les composantes neuromusculaire et algique de celui-ci qu’elles soient maxillofacial ou cervicales. Les chirurgiens-dentistes sont souvent les premiers concernés face à un problème de S.A.D.A.M.. Les informer du rôle de la posture cervicale, de la cervicalgie comme facteur déclenchant ou d’entretien d’un S.A.D.A.M. et leur donner les moyens de le suspecter nous paraît nécessaire. C’est donc pour cela, afin d’offrir au patient les meilleurs chances de guérison que nous avons décidé la rédaction d’un livret permettant aux chirurgiens-dentistes la réalisation d’un « examen clinique d’un patient porteur d’un S.A.D.A.M. ». Avec le cas échéant, la prescription de séances de masso-kinésithérapie et une meilleure collaboration entre nos deux professions. Mots clés : S.A.D.A.M.., chirurgiens dentistes. MINISTERE DE LA SANTE REGION LORRAINE INSTITUT DE FORMATION EN MASSO-KINESITHERAPIE DE NANCY Le S.A.D.A.M. un point de rencontre interprofessionnel entre le Masseur-Kinésithérapeute et le Chirurgien-Dentiste. Rapport de travail écrit personnel présenté par Vincent CLAUDEL étudiant en 3ème année de kinésithérapie en vue de l’obtention du Diplôme d’Etat de Masseur-Kinésithérapeute 2000-2001. 11 1. INTRODUCTION Le S.A.D.A.M. ou syndrome algodysfonctionnel de l'appareil manducateur est une des plus fréquentes affections des articulations temporo-mandibulaires. On entend par appareil manducateur le système neuro-musculaire, l'occlusion* et l'articulation temporo-mandibulaire qui permettent la mastication, la déglutition*, la phonation et même la respiration. C'est donc plus de 10 000 fois par jour que nous sollicitons cet appareil sans nous en rendre compte. Nous comprenons par-là que cette pathologie peut se révéler pénible et usante à la longue. Après un rappel anatomique et cinésiologique de la région mandibulaire, nous définirons le S.A.D.A.M., la symptomatologie qui l'accompagne et les différentes étiologies possibles. Puis nous évoquerons sa prise en charge kinésithérapique. Enfin nous justifierons l'élaboration d'un livret destiné aux chirurgiens-dentistes leur permettant de réaliser un " Examen clinique d'un patient porteur d'un S.A.D.A.M. " 2. RAPPELS ANATOMIQUES ET CINESIOLOGIQUES 2. 1. Anatomie de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM) (4-7-9-15-17-19-21) (cf. annexe I) Les A.T.M., situées juste en avant du conduit auditif externe, unissent la mandibule aux deux os temporaux. Elles sont au nombre de deux et doivent travailler de façon synchrone. 2. 1. 1. Type articulaire C'est une diarthrose bicondylienne paire séparée par un ménisque. * cf. glossaire 2. 1. 2. Surfaces articulaires La surface temporale comprend : - un condyle convexe d'avant en arrière et concave transversalement. 12 - la cavité glénoïde, placée en arrière du condyle et en avant du méat acoustique, seule sa partie antérieure est articulaire et reçoit le ménisque. La surface mandibulaire comprend un condyle avec deux versants : un antérieur et un postérieur. Seul le versant antérieur est articulaire et s'articule avec l’os temporal par ménisque interposé. 2. 1. 3. Le ménisque Lentille biconcave mobile d'avant en arrière, le ménisque assure la congruence entre le condyle temporal et le condyle mandibulaire. En avant s'y insert le frein méniscal antérieur auquel se joint le chef supérieur du muscle ptérygoïdien externe. En arrière s'insert le frein méniscal postérieur. 2. 1. 4. Moyens d'union passifs La capsule, mince et lâche, doublée de la membrane synoviale, s'insère sur le pourtour des surfaces articulaires. Sa face interne, adhérente au ménisque, crée ainsi deux cavités articulaires (temporo-méniscale et ménisco-mandibulaire). Les ligaments intrinsèques sont au nombre de deux. Le ligament latéral externe est le plus puissant et s'oppose aux luxations postérieures et inférieures de la mandibule. Le ligament latéral interne, moins résistant, a un rôle surtout proprioceptif. Nous citerons également les ligaments stylo-mandibulaire, sphéno-mandibulaire et ptérygo-mandibulaire qui limitent l’abaissement de la mandibule. 2. 1. 5. Muscles moteurs de l'A.T.M. (cf. annexes II et III) Nous allons les diviser en trois groupes : -les masticateurs : masséters, temporaux , ptérygoïdiens internes et externes. -les sus-hyoïdiens : digastriques, stylo-hyoïdiens, mylo-hyoïdiens, génio-hyoïdiens. -les sous-hyoïdiens : sterno-hyoïdiens, thyro-hyoïdiens, sterno-cléïdo-hyoïdiens, omo-hyoïdiens. 13 2. 1. 6. Innervation L 'A.T.M. est innervée par une branche du nerf trijumeau et possède une innervation neuro-végétative importante. Les muscles masticateurs sont innervés par le nerf trijumeau, les sus-hyoïdiens par des nerfs crâniens (V, VII , XII), et les sous-hyoïdiens par des nerfs cervicaux (plexus cervical C1, C2, C3). 2. 2. Cinésiologie (7-17-19) (cf. annexe IV) L'A.T.M. exécute trois types de mouvements principaux qui sont : 2. 2. 1. Abaissement-élévation Dans un premier temps : un mouvement de rotation pure se fait autour d'un axe transversal bicondylien dans la zone condylo-méniscale de l'articulation par la contraction des sus-hyoïdiens prenant leur point fixe sur l'os hyoïde (stabilisé par les sous-hyoïdiens). Cette rotation ne permet une ouverture que de 15-20 millimètres car le condyle mandibulaire se trouve bloqué contre le condyle du temporal. Puis, pour avoir une ouverture maximale, le ptérygoïdien externe se contracte provoquant la mise en tension et le glissement du ménisque sous le condyle temporal. La mandibule glisse alors de façon synchrone avec le disque (ptérygoïdien externe et interne) et continue son mouvement de rotation. L'ouverture maximale de la bouche présuppose l'antépulsion. L'élévation est le mouvement inverse : contraction des masticateurs (temporaux, masséters, ptérygoïdiens médiaux) et détente des ptérygoïdiens latéraux. 2 .2. 2. Propulsion-rétropulsion Ces mouvements s'effectuent sans le compartiment temporo-méniscal. 14 La propulsion entraîne un glissement antérieur de la mandibule (contraction des ptérygoïdiens). La rétropulsion entraîne un recul de la mandibule (contraction des faisceaux postérieurs du temporal et du digastrique). 2. 2. 3. Diduction ou mouvement de latéralité Elle résulte de la rotation du condyle dans le plan horizontal du coté " travaillant " homolatéral à la rotation (contraction des fibres postérieures du temporal), et d'un déplacement en avant en bas et en dedans du condyle du coté " non travaillant " controlatéral (contraction des ptérygoïdiens médiaux et latéraux ainsi que les fibres antérieures du temporal). 15 3. LE S.A.D.A.M 3. 1. Définition (1-4-8-21) Le S.A.D.A.M. (syndrome algo-dysfonctionnel de l'appareil manducateur), fonctionnement disharmonieux de l’appareil manducateur, entraîne au niveau de ses divers constituants (dontes, parodontes*, muscles, articulations) des douleurs et/ou des dysfonctionnements secondaires dont l'enchaînement constitue un cercle vicieux dont il est difficile de sortir. C'est un surmenage articulaire multifactoriel des ATM avec des manifestations principalement algiques. Il existe trois symptômes essentiels : -douleurs : faciales, articulaires, péri-articulaires, irradiantes ou non au niveau mandibulaire, temporal, céphalique, cervical. -des bruits articulaires lors des mouvements mandibulaires à type de craquements perçus à l'oreille ou à la palpation. Pour certains auteurs, seul un craquement peut définir un S.A.D.A.M. -limitations d'amplitudes des mouvements mandibulaires pouvant être accompagnées ou non de blocages, de ressauts ou de subluxation. 16 3. 2. Symptomatologie secondaire (cf. figure 1) figure 1 : Symptomatologie secondaire (21) 3. 3. Etiologies (1-4-8-17-18-20-21-22) 17 Le S.A.D.A.M. est une pathologie uni ou multifactorielle dont les différents facteurs peuvent être intriqués. Nous citerons : -déficits dentaires et troubles de l'occlusion entraînant un déséquilibre musculaire, mécanique et morphologique de l'appareil manducateur. -dysmorphologies osseuses (prognathe*, rétrognathe*, asymétries mandibulaires). -des traumatismes (coup du lapin, ouverture buccale forcée, fracture condylienne...) -bruxisme* et crispation dents serrées provoquant spasmes, déplacement discal et abrasion dentaire. -troubles psychiques, personnalité anxieuse. -dérangements inter-vertébraux mineurs et trouble de la statique : toute modification de la statique cervicale entraîne une modification de la position des condyles mandibulaires (cf. figure 2). Nous voulons ici souligner l'importance de la relation entre cervicalgie, trouble de la statique et S.A.D.A.M. à laquelle le kinésithérapeute doit penser. Fg. 2 : relation entre les muscles cervicaux et masticateurs (d’après BRODIE). La colonne vertébrale est comme la flèche d’une balance. L’équilibre de la tête est dû à des contractions équilibrantes des muscles postérieurs et latéraux répondant aux contractions des muscles masticateurs. 4. APPROCHE KINESITHERAPIQUE D'UN S.A.D.A.M. Nous évoquerons ici les aspects décrits dans la littérature sans oublier que chaque cas étant unique, le kinésithérapeute doit s'y adapter. 18 4. 1. Bilan (1-2-3-4-6-8-9-13-14-17-18-20-21-22) 4. 1. 1. Interrogatoire - préciser l'état civil. - préciser les traumatismes antérieurs (chutes, accidents de voiture, ouvertures buccales forcées ...) . - préciser les traitements pour cette pathologie et les traitements buccaux antérieurs ou en cours. - préciser les gênes et les plaintes. - date d'apparition des symptômes. - nous lui poserons des questions discrètes sur les événements qui ont marqué sa vie privée ou professionnelle, et les coïncidences possibles avec l'apparition des troubles. - évaluer l'état psycho-émotionnel (stress, angoisse...) - présence d'acouphènes, de vertiges, de sensation d'oreille bouchée. 4. 1. 2. Douleur 4. 1. 2. 1.Tantôt la symptomatologie cervicale est au premier plan Cervicalgies hautes, postérieures, irradiant tantôt vers l’occiput (céphalées postérieures), tantôt vers la région auriculaire ou prétragienne, tantôt vers la région fronto-temporale (céphalées sus-orbitaires). 4. 1. 2. 2. Tantôt les troubles orientent d’emblée vers l’ATM Douleurs de la région pouvant irradier à toute l’hémi-face, majorées par la mastication, le bâillement, la déglutition. Elles seraient plus nettes le matin au réveil surtout s’il existe un bruxisme nocturne. 19 4. 1. 2. 3. Tantôt les troubles peuvent égarer le praticien Troubles de la sphère ORL : otalgies, acouphènes, pseudo-vertiges, troubles de l’équilibre. 4. 1. 3. Bilan statique Le kinésithérapeute sera à la recherche de troubles de la statique chez le patient porteur d'un S.A.D.A.M. afin de voir si la posture est en liaison avec le problème d'ATM . Le praticien devra rester prudent au niveau de ce lien de cause à effet, une lésion de l'ATM ne modifiant pas systématiquement la posture d'un patient (l'inverse étant vrai). Le bilan se pratique sujet debout, détendu, pieds joints, regard horizontal. 4. 1. 3. 1. Rachis plan frontal. La tête, les épaules, le bassin doivent se trouver sur un même plan horizontal. Le fil à plomb centré sur C7 doit suivre la ligne des épineuses. D’autre part, on pourra noter : - une inclinaison de la tête (inclinaison de l'axe bipupillaire). - une élévation de l'épaule du côté de la lésion de l'ATM. - une translation latérale du tronc du côté opposé à l'épaule élevé. - une bascule de bassin en sens inverse à celle des épaules. - un appui plantaire plus important du côté opposé à l' épaule élevée. 4. 1. 3. 2. Rachis plan sagittal Le sujet doit être équilibré (point de tangence en T6 et S2) et avoir deux flèches en C7 et L3 de 30 et 45 millimètres avec le fil à plomb. De plus le tragus de l'oreille, le milieu de l'acromion, le milieu du grand trochanter et l'articulation calcanéo-cuboïdien doivent être alignés. 20 Le kinésithérapeute, lors de son bilan, sera attentif à la variation de la lordose cervicale car toute variation de la posture cervicale, et donc du reste du corps, entraîne une modification de la position des condyles mandibulaires. (1-13) Nous observerons souvent une perte, voire une inversion de la courbure cervicale et des sujets en chute avant avec projection antérieure de la tête. (2-3-20) (cf. figure 3) Projection de la tête Recul de la mandibule Perte de la lordose Fig.3: plan sagittal 4. 1. 3. 3. Rachis plan horizontal La rotation des ceintures scapulaire et pelvienne doit être nulle c’est-à-dire ni avancée ni recul d’une fesse ou d’une épaule par rapport à l’autre. La rotation vertébrale est objectivée par le bending-test et doit être nulle (pas de gibbosité). 4. 1. 4. Bilan palpatoire 4. 1. 4. 1. Sur le plan cervical 21 Les signes d'un dérangement intervertébral mineur (DIM) du rachis cervical supérieur en C2/C3 et même C3/C4 sont à rechercher systématiquement : - douleur à la pression-friction de l'articulaire postérieure C2/C3 et C3/C4. - cellulalgie de la peau de l'angle de la mâchoire, de la région du sourcil " signe du sourcil ", et douleur du cuir chevelu à la " manœuvre de friction " dans la région paramédiane ainsi qu’en rétro et sus auriculaire.(cf. annexe V) - cordons myalgiques : sterno-cléido-mastoïdiens, élévateurs de la scapula, trapèzes et points de tension sur les muscles sous-occipitaux . - insertions téno-périostées douloureuses : insertion basse de l'élévateur de la scapula et des scalènes sur la première côte. Les muscles sus- et sous-hyoïdiens sont également palpés de façon bilatérale et symétrique à la recherche de contractures ou de tensions. « La souffrance de l'articulation C2/C3, la plus haute que l'on puisse palper, paraît être le reflet de l'ensemble des perturbations mécaniques du rachis cervical supérieur (C0/C1 et C1/C2) » (14) 4. 1. 4. 2. Sur le plan maxillo-facial Palpation musculaire : nous notons l'état de contracture -le temporal : la palpation extra-orale se fait d'avant en arrière en exerçant une légère pression avec la pulpe de l'index et du majeur, les doigts perpendiculaires à la direction des fibres. -le masséter : palpation extra-orale de l'angle mandibulaire à l'arcade zygomatique. -le ptérygoïdien externe : palpation intra-orale, on recherche le chef inférieur avec l'extrémité de l'index s'insinuant derrière et en haut de la tubérosité maxillaire en arrière et derrière la dernière molaire supérieure, bouche ouverte. -le ptérygoïdien interne : palpation intra-orale, symétrique par rapport à la palpation du masséter. Palpation des A.T.M. : 22 Patient allongé sur le dos, praticien à la tête du patient. La palpation se fait à la face latérale de l'articulation dans la région pré-auriculaire. Modérée et bilatérale, elle est à la recherche d'un point douloureux. On appréciera la symétrie ou la dissymétrie de déplacement latéral d'un condyle lors des mouvements d'ouverture-fermeture, de diduction, de protrusion et également l'existence de ressauts et de claquements. 4. 1. 5. Bilan dynamique 4. 1. 5. 1. Rachis cervical Si le test de l'insuffisance vertébro-basilaire est négatif, nous testons la mobilité cervicale en flexion, extension, inclinaison droite et gauche et rotation droite et gauche. Les résultats sont notés sous la forme de l'étoile de MAIGNE . Les tests de mobilité du rachis cervical sont effectués de façon globale, étagée (différencier rachis cervical supérieur et inférieur), et segmentaire (étage par étage). 4. 1. 5. 2. A.T.M. (cf. Annexe VI) Ouverture-fermeture: elle doit être rectiligne, sans déviation ni ressaut et signifie que les deux condyles se déplacent symétriquement. L'amplitude normale d'ouverture, mesurée par la distance interincisive, est de 40 millimètres ou trois doigts du patient. Diduction : la référence est le milieu interincisif, elle doit être symétrique à droite comme à gauche et la norme est de 9 millimètres (6 millimètres et moins sont considérés comme pathologique). Propulsion : c'est la mesure entre le bord libre de l'incisive mandibulaire et la face vestibulaire de l'incisive maxillaire. 4. 1. 5. 3. L'os hyoïde Il doit être horizontal et, à la palpation se laisser déplacer symétriquement de droite à gauche, de haut en bas et en rotation autour d’un axe antéro-postérieur. 23 4. 1. 6. Bilan de la déglutition (cf. annexes VII et VIII) Un nombre important de patients présentant un S.A.D.A.M. ont une déglutition atypique de type succion, aspiration et donc une langue basse. L'examen se pratique en deux temps : -le patient déglutit et si l'on observe une contraction des peauciers et la non-contraction des masséters, une déglutition atypique est à suspecter. -le patient déglutit et le kinésithérapeute écarte les lèvres. Nous observons une avancée de la langue entre les dents, un appui de la langue sur les incisives maxillaires supérieures. 4. 2. Rééducation (1-4-6-8-9-16-20-21-22) 4. 2. 1. But L'approche kinésithérapique a pour but de faire disparaître les différentes composantes neuro-musculaires et algiques du syndrome algo-dysfonctionnel de l'appareil manducateur mais aussi de faire disparaître, s'il y en a, les causes cervicales. Elle devra aussi, puisqu'une certaine instabilité émotionnelle ou psychique est toujours présente, s'attarder sur la relaxation du patient. 4. 2. 2. Principes La rééducation se présente en trois temps et sera douce, infra-douloureuse, et adaptée à chaque patient : -première partie à visée antalgique et relaxante à la recherche d'une décontraction neuromusculaire globale et d’une libération du rachis cervical. -deuxième partie : rééducation linguale. 24 -troisième partie : recoordination neuro-musculaire, reprogrammation proprioceptive de la cinétique mandibulaire . 4. 2. 3. Moyens thérapeutiques à visée antalgique et relaxante : - respiration abdomino-diaphragmatique à haut volume et basse fréquence en début de séance. - massage à visée relaxante et décontracturante du visage en exo- comme en endobuccal. - massage à visée relaxante et décontracturante de la région nucale. - techniques de relaxation plus approfondies pouvant être nécessaires : training autogène de Schultz, eutonie, sophrologie... - technique de contracter-relâcher sur les muscles masticateurs à la recherche de gains d'amplitudes de l'A.T.M. (masséter, ptérygoïdien interne et externe). - technique de contracter-relâcher sur les muscles nucaux (SCOM, élévateur de la scapula, trapèze, omo-hyoïdien, scalène). - technique de spray froid en stretch (Travell) (9) : nous appliquons sur un muscle spasmé positionné en étirement maximum un spray froid puis, au fur et à mesure que le spasme diminue, nous gagnons en amplitude sans déclencher la douleur. - thermothérapie est utilisée avant et après la séance localement ou à distance. -manœuvre de décoaptation des articulations temporo-mandibulaire par prise externe avec le talon des mains sur le corps de la mandibule ou par prise endobuccale avec pulpe des pouces reposant sur les dernières molaires. Cette décoaptation se fait dans la direction de la branche montante de la mandibule. - mobilisations globales et étagées du rachis cervical dans les amplitudes libres et non douloureuses ainsi qu'une mobilisation analytique des articulaires postérieures C2/C3. - correction des défauts de statiques. 25 Rééducation linguale : - correction de la position de repos de la langue : expliquer qu'en position de repos la pointe de la langue se trouve juste en arrière des incisives supérieures centrales en contacte avec les papilles palatines supérieures et que les arcades dentaires ne doivent pas se toucher. ceci permettant un bonne équilibre musculaire. C'est un travail proprioceptif de prise de conscience que le patient devra réaliser au cours de la journée. - correction de la déglutition : lui faire prendre conscience de l'avancée linguale et de la contraction des peauciers, puis lui demander une déglutition en évitant toute mimique faciale, en gardant un appui ferme de la pointe de la langue sur les papilles avec une contraction des masséters et un contact léger des arcades dentaires pendant toute la déglutition. L'automatisation de la déglutition correcte sera entreprise une fois acquise avec le kinésithérapeute. Reprogrammation de la cinétique mandibulaire correcte : - nous travaillons d'abord la mobilisation active de la mandibule par contractions des peauciers et mouvements de la langue. Le travail de la propulsion se fait en demandant au patient de mordre sa lèvre supérieure (orbiculaire et triangulaire des lèvres, carré du menton) ou d’amener la pointe de la langue vers le bout du nez . Pour la rétropulsion, le sujet fait le clown triste (triangulaire des lèvres et peauciers de cou) ou amène la pointe de la langue vers le menton. Pour la diduction, le sujet amène sa commissure labiale latéralement (canin, petit et grand zygomatique et buccinateur) ou fait une protrusion de la langue vers une oreille. Une fois la prise de conscience des mouvements mandibulaires acquise, le patient effectue un travaille actif libre de la mandibule avec corrections cinétiques et devant un miroir. 26 - nous commençons ensuite le travail proprioceptif. Le patient travaille alors sans contrôle visuel, dans les amplitudes maximales et même sur des mouvements contrariés en conservant une symétrie de mouvement des condyles. 5. MOTIVATIONS A L'ELABORATION D'UN LIVRET DESTINE AUX CHIRURGIENSDENTISTES Le traitement actuel des patients atteint d’un S.A.D.A.M. est à dominante occlusale avec une préférence dans l'emploi de traitements réversibles (gouttières* inter-occlusales) suivi ou non d'un traitement de stabilisation irréversible (ajustement occlusal par meulage sélectif*, prothèse, orthodontie) . Nous savons aujourd'hui que : "des dysharmonies occlusales peuvent apparaître comme une conséquence, plutôt qu'une cause, de la pathologie. " (17) Actuellement, sous l'égide de l'Académie européenne des désordres cranio-mandibulaires, la tendance est de diminuer l'importance du rôle de l'occlusion dentaire et d'éviter les thérapeutiques invasives.(18) " Seulement devant cette pathologie variée, aux étiologies complexes et aux signes et symptômes inconstants et mouvants, le diagnostic doit être posé avec une grande précision afin d'orienter la pathologie extra occlusale vers des spécialités non odontologiques qui pourrons aider le patient. " (18) Le but de ce travail est donc de faire accepter l'idée aux chirurgiens-dentistes que les perturbations de la statique cervicale, les cervicalgies et plus généralement les troubles posturaux peuvent être à l'origine ou favoriser l'entretien d'un S.A.D.A.M. et leur donner les moyens de le suspecter. 27 Ceci afin de permettre aux chirurgiens-dentistes, la prescription de séances de massokinésitherapies dans l'intérêt du patient et le développement d'une collaboration entre nos deux professions dans la recherche et le traitement des causes du S.A.D.A.M 6. CONCLUSION Le S.A.D.A.M. , pathologie multifactorielle aux symptômes variés, nécessite une collaboration étroite entre praticiens de disciplines différentes en vue d'un abord plus global de la maladie car seule l'addition de leurs arts assurera une solution durable aux patients. Ainsi lors de leurs consultations, chirurgien-dentistes, stomatologues, orthodontistes, seront à même, grâce à ce livret, de pratiquer un rapide examen clinique afin de déterminer une participation de la posture et du rachis cervical aux problèmes de S.A.D.A.M. , et donc de prescrire des séances de kinésithérapie. Le kinésithérapeute, par une vision globale du patient, aura comme souci de faire disparaître toutes les composantes neuro-musculaires et certaines algies du S.A.D.A.M. , de corriger les défauts de statique, de redonner une cinétique mandibulaire correcte. Il devra aussi, devant une cervicalgie tenace et rebelle, penser à un S.A.D.A.M. Le patient devra être orienté vers un orthophoniste si des problèmes de phonation associés sont découverts. 28 Introduction. Le terme appareil manducateur désigne une triade comprenant le système neuromusculaire, les deux articulations temporo-mandibulaires et l’occlusion. L’équilibre de cet ensemble biomécanique est nécessaire pour des activités aussi diverses que la respiration, la phonation, le langage, les mimiques affectives et gestuelles, la mastication et la déglutition. C’est donc plus de 10000 fois par jour que se meuvent les articulations temporo-mandibulaires. Imaginons qu’un dysfonctionnement d’un ou plusieurs de ces composants vienne fragiliser cet équilibre, ce sont toutes les activités que nous faisons de façon automatique qui deviennent difficiles et usantes. Telle est la situation quotidienne d’un patient atteint d’une des différentes pathologies de l’ appareil manducateur. Parmi celles-ci, se trouve le S.A.D.A.M. Définition. (1-4-6-19) 29 Le S.A.D.A.M. (syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur), fonctionnement dysharmonieux de l’appareil manducateur, entraîne au niveau de ces divers constituants (dontes, parodontes, muscles, articulations) des douleurs et/ou des dysfonctionnements secondaires. Cet enchaînement constitue un cercle vicieux dont il est difficile de sortir. C’est un surmenage articulaire multifactoriel des ATM à manifestations principalement algiques. Il existe trois symptômes essentiels : - douleurs : faciales, articulaires, péri-articulaires, irradiantes ou non au niveau mandibulaire, temporal, céphalique, cervical. - des bruits articulaires lors des mouvements mandibulaires à type de craquements perçus à l’oreille ou à la palpation. Pour certains auteurs, seul un craquement peut définir un S.A.D.A.M. - limitations d’amplitudes des mouvements mandibulaires pouvant être accompagnées de blocages, de ressauts ou de subluxations. Epidémiologie. (5-10-14-20) Les S.A.D.A.M. sont des affections très courantes (75 % de la population présente un signe de dysfonction de l’ATM). Ils sont une cause importante de consultation chez le chirurgien-dentiste et quelles que soient leurs origines, le patient est demandeur d’un traitement rapide et durable. Or, parfois, malgré une correction occlusale adéquate, les résultats ne sont pas à la hauteur de leurs espérances. Etiologies.(1-4-5-6-7-8-10-1417-19-20) Le S.A.D.A.M. peut être la conséquence d’une ou plusieurs étiologies qui peuvent s’associer. Nous citons : - les troubles d’origine dentaire : malposition, extraction non compensée, prothèse défectueuse, et tout trouble engendrant un articulé défectueux. 30 - anomalies occlusales squelettiques : ce sont les types classe II de division deux qui sont les plus gros pourvoyeurs de S.A.D.A.M. (1) - para fonctions : bruxisme et crispation dents serrées. - traumatiques : coup du lapin, ouverture buccale forcée, fracture condylienne… - troubles psychologiques : personnalité anxieuse et émotive - fonctionnelle : des attitudes nocives prolongées entraînent des surtensions musculaires, des élongations ligamentaires, des altérations osseuses. (dormir avec un appui unilatéral sur la mandibule entraîne une impaction contro-latérale du condyle dans la cavité glénoïde du temporal.) - posturale : toute modification de la statique cervicale entraîne une modification de la position mandibulaire. (1) S.A.D.A.M. Troubles de la statique et cervicalgies. Le S.A.D.A.M. s’accompagne fréquemment de cervicalgies (52 %), de troubles de la statique (84,5 %) à type de rectitude et même d’inversion de courbure (19). Relation entre les muscles cervicaux et masticateurs (d'après BRODIE) (14): La colonne vertébrale est comme la flèche d'une balance. L' équilibre de la tête est dû à des contractions équilibrantes des muscles postérieurs et latéraux répondant aux contractions des muscles masticateurs et des muscles sus et sous-hyoïdiens. (cf. Fig. 1) La rectitude du rachis cervical (mise en délordose) , dans le cadre du S.A.D.A.M. peut s’expliquer par l’électromyographie (17-19). Elle donne l’explication montrant la synergie de contraction entre les muscles masticateurs et les muscles de la face antérieure du cou. Ainsi, lorsque le tonus des muscles masticateurs augmente, celui de la face antérieure des muscles du cou augmente et donc celui des muscles profonds de la face postérieure de la nuque diminue (inhibition réciproque de Sherrington), pour arriver à la mise en rectitude du rachis cervical. Ainsi, une inversion de courbure favoriserait la position d’efficacité des masticateurs ; les tensions musculaires qui en découlent, potentialisent le S.A.D.A.M. et le perpétuent. (Fig. 2 et 3) La cervicalgie, dans le cadre du S.A.D.A.M. peut s’expliquer par (2-19): Les noyaux des nerfs crâniens (en particulier l’occulo-moteur, le vestibulaire, le trigéminal) sont en étroite relation grâce à la bandelette longitudinale postérieure avec le noyau de la onzième paire (innervation du trapèze et du SCOM) et le noyau de la première paire rachidienne (muscle sous occipitaux profonds) La surstimulation d’un ou plusieurs éléments (myalgie, parafonctions, anxiété) peut par effet de débordement neuronal, entraîner l’excitation réflexe des éléments qui leur sont anatomiquement liés et perturber ainsi leurs activités. En outre, la bandelette longitudinale postérieure se poursuit en s’amenuisant le long de la moelle épinière, ce qui explique la diffusion possible des contractures aux différents muscles para-vertébraux ainsi qu’aux muscles des ceintures scapulaire et pelvienne. Ainsi, les spasmes et les algies des muscles masticateurs mais aussi nuccaux peuvent entretenir et aggraver la dysfonction. ( Fig. 4) 31 C’est pourquoi, je propose aux chirurgiens-dentistes de réaliser un examen clinique permettant de mettre en évidence les signes d’un dysfonctionnement cervical s’accompagnant de troubles de la statique favorisant l’auto entretien du S.A.D.A.M. 32 INDICES A RECHERCHER DANS LE BILAN. (17-20) Le dentiste sera à la recherche de signes permettant de suspecter une origine cervicale comme facteur d’entretien et /ou d’aggravation d’un S.A.D.A.M. qui sont : 1- une posture anormale du rachis cervical mais aussi de l’individu dans sa globalité 2- présence de zones cellulalgiques 3- douleurs à la palpation des muscles du cou 4- douleurs à la palpation des articulaires postérieures (surtout entre C2/C3 et C3/C4) 5- limitations et douleurs à la mobilisation du rachis cervical (surtout le rachis cervical supérieur) 1. Bilan statique (1-2-3-7-11-12-16-20) Il se fait, sujet debout, en position de repos, pieds joints, regard horizontal. Il se pratique dans les trois plans de l'espace : - le plan frontal. - le plan sagittal. - le plan horizontal. Nous évoquerons d'abord, pour chaque plan, le sujet sain puis le sujet porteur d'anomalies de la statique. 33 1. 1. Plan frontal 1. 1. 1. Face 1. 1. 1. 1. Normes Nous citerons sept lignes qui doivent être horizontales et parallèles entre elles chez le sujet sain. (Fig. 5) Ce sont : -la ligne bi-pupillaire -la ligne bi-tragale -la ligne bi-labiale -la ligne bi-mammelonnaire -la ligne bi-styloidienne -la ligne passant par la ceinture scapulaire -la ligne passant par la ceinture pelvienne Plus précisément, le visage doit être divisé en trois étages égaux et symétriques. A droite comme à gauche, les distances entre l’ angle labial et le centre de la pupille doivent être égales. (fig. 5 bis) 1. 1. 1. 2. Variations C'est au niveau des ceintures que l'on notera le plus facilement ces variations (fig.6) : - ceinture scapulaire : on note une différence de hauteur des styloïdes radiales - ceinture pelvienne : on note une différence de hauteur des paumes de mains posées en médio iliaque Ces déséquilibres des deux ceintures peuvent être homo ou contro-latéral (fig. 7). L'examen cranio-facial permet de mettre en évidence des asymétries de dimension verticales d'occlusion (fig. 7 bis). 1. 1. 2. Dos (fig. 8) 1. 1. 2. 1. Normes Nous regardons l'horizontalité : - de la ligne passant par les deux épaules - de la ligne passant par les deux pointes de l'omoplate - de la ligne passant par les deux crêtes et les deux épines iliaques. 1. 1. 2. 1. Variations Nous confirmons le déséquilibre observé dans le plan frontal. 34 1. 2. Plan sagittal 1. 2. 1. Axes de référence (fig. 9) L’axe vertical du corps : droite passant par le vertex, le tragus de l'oreille, le milieu de l'acromion, le milieu de la hanche et à deux travers de doigts en avant de la malléole externe. La verticale à la partie la plus postérieure de la colonne vertébrale : - deux points de tangence avec sixième vertèbre thoracique et sacrum - deux flèches: - sur la troisième cervicale comprise entre 40 et 60 centimètres - sur la troisième lombaire comprise entre 40 et 60 centimètres 1. 2. 2. Variations de ces références 1. 2. 2. 1. Variations de l'axe vertical (fig. 10) Cas A : Antériorisation de l'axe : tête projetée en avant Cas B : Postériorisation de l'axe : tête projetée en arrière 1. 2. 2. 2. Variations des courbures par rapport à la tangente postérieure (fig. 11) Cas A Cas B Cas C Cas D Cas E Sujet sains Sujet équilibré mais flèches et donc courbures augmentées Tangence avec sixième thoracique et pas avec sacrum : sujet en chute arrière Tangence avec sacrum et non avec sixième thoracique : sujet en chute avant Dos plat 1. 2. 3. Exemples de conséquence de ces variations sur la position mandibulaire (fig. 12) 35 Les classes II de division 2 présentent : - une projection de la tête en avant - un sujet en chute avant - une diminution de la courbure cervicale Les classes III présentent : - projection de la tête en arrière - sujet en chute arrière 36 1. 3. Plan horizontal Nous examinons la rotation des ceintures scapulaire et pelvienne. Celle-ci doit être nulle. 1. 3. 1. Ceinture scapulaire (Fig. 13) Patient debout, pieds joints, en position détendue. Nous lui demandons de tendre ses mains et ses bras puis de les monter à l'horizontale devant lui. On mesure alors l’avancée ou le recul d'une main par rapport à l'autre ce qui signe la rotation de la ceinture scapulaire 1. 3. 2. Ceinture pelvienne (Fig. 13 bis) talons. L’examinateur à la verticale de la tête du patient compare le parallélisme entre le plan fessier et le plan des 2. Bilan palpatoire (1-4-6-7-12-14-16-18-20) Il se fait patient allongé, praticien à la tête du patient. 2. 1. La peau 2. 1. 1. Les zones cellulalgiques Leur recherche se fait de façon symétrique et bilatérale. Elle se traduit par : - une peau adhésive au plan profond - une peau épaissie et une vive douleur à la manœuvre du palpé- roulé - une sensibilité différente 37 Ces zones, expression cutanée de la souffrance d’une articulation entre deux vertèbres, correspondent au territoire du nerf issu de cette articulation (dermatome). La manœuvre du palpé roulé (fig. 14) : 1. Le pli de peau est fermement pris entre le pouce et l'index des deux mains. 2. Il est tiré comme pour le décoller, puis tout en maintenant la traction, il est pincé et roulé entre les deux doigts. Une pression rigoureusement égale et constante est nécessaire afin de faire l'examen en symétrique. 2. 1. 2. Leurs topographies dans le SADAM (Fig. 15) 2. 1. 2. 1. Le signe du sourcil Le sourcil est pincé entre le pouce et l'index. Il est malaxé, roulé comme on le ferait d'une cigarette. Il est exploré de la racine à la queue en débordant sur la peau du front. Lorsque le signe est positif, le pli est douloureux et épaissi sur toute l'étendue ou une partie seulement. 2. 1. 2. 2. L’angle de la mâchoire Le pli de peau est fermement pincé entre pouce et index puis malaxé. La manœuvre est positive si la peau est épaissie et douloureuse. 2. 1. 2. 3.La friction du cuir chevelu Ici la friction remplace la manœuvre du palpé roulé. Elle consiste à appuyer fermement avec la pulpe des doigts sur le cuir chevelu et à le mobiliser par des petits mouvements de va-et-vient. Cette manœuvre est positive si elle est désagréable voire douloureuse. La friction doit s'effectuer dans la région occipitale para médiane ainsi qu’au niveau rétro et sus auriculaire. 2. 1. 3. Interprétation La présence d’un de ces trois signes indique une souffrance d’une ou plusieurs des trois premières vertèbres cervicales. 38 2. 2. Les muscles La palpation a pour but : - d’apprécier le tonus et l’ état de contraction musculaire - de rechercher des points indurés et des cordons douloureux à la palpation. La palpation se fait avec la pulpe des doigts légèrement fléchie en accrochant les fibres perpendiculairement à leur direction. Elle est toujours bilatérale et symétrique et parfois peut reproduire la douleur et les symptômes décrits par le patient. 2. 2. 1. Palpation des masticateurs (Planche anatomie 1, Fig. 16) 2. 2. 1. 1. Le temporal La palpation extra-orale se fait dans la fosse temporale. On examine les régions antérieure, moyenne et postérieure en exerçant une légère pression avec la pulpe de l'index et du majeur à travers le cuir chevelu. La palpation intra-orale se fait en remontant avec la pulpe de l'index le long de la branche montante de la mandibule, côté mésial, en direction de l’apophyse coronoïde. On sent alors l'insertion tendineuse, qui, en cas de spasme musculaire, est douloureuse. 2. 2. 1. 2. Le masséter La palpation est extra orale pour les deux faisceaux : - pour le superficiel, on presse la masse musculaire dans le sens antéro-postérieur avec index et majeur - pour le profond, on exerce une pression à un centimètre et demi en avant du tragus. 2. 2. 1. 3. Le ptérygoïdien interne La palpation intra-orale est symétrique par rapport à la palpation du chef superficiel du masséter. 2. 2. 1. 4. Le ptérygoïdien latéral Seul le bord inférieur du chef inférieur peut être atteint en insinuant l'extrémité de l’index derrière la tubérosité du maxillaire. Pour y parvenir, on demande au patient de déplacer sa mandibule du côté à explorer. 39 2. 2. 2. Palpation des abaisseurs (Planche d’anatomie 2, Fig. 17) 2. 2. 2. 1. Les sus hyoïdiens Les muscles mylo-hyoïdiens (principaux muscles du plancher buccal) se palpent au-dessous et en dedans du bord inférieur libre de la mandibule. Pour percevoir leurs contractions, on demande au patient de déglutir ou d’ouvrir la bouche. Les digastriques se palpent en plaçant les doigts de part et d’autre du raphé qui unit les muscles mylohyoïdiens. Le praticien perçoit la contraction de ces muscles pairs et symétriques en demandant une ouverture buccale. 2. 2. 2. 2. Les sous-hyoïdiens Nous palpons principalement le muscle omo-hyoïdien au niveau de son chef supérieur et le muscle sternohyoïdien. Ils se palpent sur le bord médial du sterno-cléido-mastoïdien. 2. 2. 3. Les muscles cervicaux (Planche d’anatomie 2, Fig. 18) 2. 2. 3. 1. Muscles du plan latéral Le sterno-cléido-mastoïdien : pour le mettre en évidence on demande une rotation de la tête controlatéralement au côté à observer. On l’explore sur toute sa longueur, le doigt toujours perpendiculaire à la direction des fibres, de son origine, la mastoïde, à la clavicule et au sternum. Les scalènes sont au nombre de trois, mais peuvent être considérés comme une masse musculaire unique au niveau de leurs insertions proximales. Ils se palpent en retrait du sterno-cléido-mastoïdien en arrière de la clavicule. Pour faire apparaître cette masse, il suffit de demander au sujet des inspirations brèves et répétées effectuées avec la partie haute du thorax. 2. 2. 3. 2. Muscles du plan postérieur Le trapèze : la partie cervicale de ce muscle est palpée. Elle se fait de la ligne courbe occipitale et de la protubérance occipitale externe jusqu’au tiers externe de la clavicule. L’élévateur de la scapula : il se palpe en avant du trapèze dans la partie cervicale moyenne. Pour le mettre en évidence le sujet effectue une latéro-flexion du côté à tester et une élévation du moignon de l’épaule contre résistance. Il peut aussi réaliser une extension de l’épaule tout en produisant une élévation de l’angle supéro-interne de la scapula. Son insertion distale peut être palpée directement sur l’angle supéro-interne de la scapula. Les sous-occipitaux : leur palpation s’effectue en profondeur sous la ligne courbe occipitale. Une manœuvre de friction transversale douloureuse permet de constater leur souffrance. 2.3.Les ATM Patient allongé sur le dos, praticien à la tête du patient. La palpation se fait à la face latérale de l’articulation dans la région pré-auriculaire. Modérée et bilatérale, elle est à la recherche d’un point douloureux. On appréciera la symétrie ou la dissymétrie de déplacement latéral d’un condyle lors des mouvements d’ouverture-fermeture, de diduction, de protrusion et également l’existence de ressauts et de claquements. 2.4. Les articulaires postérieures (Fig. 19) Ce sont les articulations qui existent entre deux vertèbres à leur face postérieure. On les palpe, patient allongé sur le dos, praticien à la tête du malade, supportant l’occiput dans ces paumes tandis que ses doigts sont tendus de chaque côté du cou. Les médius ou les index sont placés symétriquement : ce sont eux qui vont palper. Ils sont alors sur la partie latérale des trapèzes et les articulations postérieures sont perçues sous la pulpe des doigts. L’examen se pratique alors en faisant glisser lentement les médius sur la colonne des articulaires en pratiquant pour mieux palper, à chaque centimètre, des petits mouvements de va-et-vient longitudinal, puis de friction transversale. Cette palpation friction est faite de manière symétrique et bilatérale sur tous les étages avec une pression constante. 40 Au niveau cervical, la souffrance de l’articulation entre deux vertèbres s’exprime par l’hypersensibilité voire la douleur à la palpation. Dans les SADAM, l’articulation entre la deuxième et la troisième vertèbre cervicale peut être algique et traduit la dysfonction entre C2 et C3 mais aussi la dysfonction entre occiput / C1 et C1/C2 . La palpation de C2/C3 s’effectue à un travers de doigt sous la ligne courbe occipitale et c’est la première articulation que l’on peut palper. 3. Bilan de mobilité (1-2-4-6-7-11-12-14-17-20) 3. 1. Rachis cervical C’est un bilan des amplitudes du rachis cervical. Le praticien est attentif aux différences et aux limitations d’amplitudes, et à l’apparition de douleurs lors de ces mobilisations. Enfin, il teste la qualité de fin de course du mouvement : - si elle est de type élastique molle, il en déduira une origine musculaire à la limitation. - si elle est de type élastique dure, on en déduira une origine articulaire à la limitation. Le bilan sera d’abord global, puis segmentaire et enfin étagé. 3. 1. 1. Bilan global (Fig. 20) Patient assis D’abord actif puis passif Il sera demandé successivement : Flexion Extension Inclinaison Rotation NORMES Distance menton-sternum nulle Distance menton-sternum 20 centimètres Distance oreille-épaule nulle Distance menton-épaule nulle Les différences d’amplitudes et l’origine des limitations sont notées sur l’ étoile de Maigne.(Fig. 20 bis) 41 3. 1. 2. Bilan étagé (Fig. 21) Son but : préciser si la limitation de mouvement est due à un blocage du rachis cervical supérieur ou du rachis cervical inférieur Le rachis cervical supérieur est l’ensemble fonctionnel composé de l’occiput-C1-C2 Le rachis cervical inférieur est l’ensemble fonctionnel composé de C3-C4-C5-C6-C7 Comment : Il se pratique patient couché sur le dos. Rachis cervical supérieur Il s’interroge en fléchissant le menton sur la pomme d’Adam sans modification de la distance sternum-pomme d’Adam. rachis cervical inférieur Il s’interroge en fléchissant la pomme d’Adam sur le sternum sans modification de la distance menton-pomme d’Adam. Extension c’est une augmentation de la distance mentonpomme d’Adam. c’est une augmentation de la distance sternumpomme d’Adam. Inclinaison le mouvement s’effectue autour d’un axe vertical passant par la bouche du patient alors que sternum et trachée reste alignés. le mouvement s’effectue autour d’un axe vertical passant par la glotte du patient alors que menton et pomme d’Adam restent alignés Rotation le patient est placé en extension du rachis cervical supérieur avec un appui des doigts du praticien sur l’ épineuse de la deuxième cervicale (c’est le premier contact osseux palpable après la base du crâne) . Le mouvement s’effectue autour d’un axe passant par le menton du patient et dirigé vers l’avant et les pieds Il est interrogé lors de la rotation globale. Flexion 3. 1. 3. Bilan segmentaire Son but : évaluer la mobilité de chaque étage vertébral. 42 Comment : patient allongé sur le dos. Avant-bras du praticien de part et d’autre de la tête du patient et l’on palpe le massif des articulaires à deux travers de doigts de la ligne des épineuses avec médius et index. 3. 1. 3. 1. Extension : pression à direction antérieure, sur épineuse ou simultanément sur les deux articulaires postérieures de chacune des sept vertèbres cervicales. 3. 1. 3. 2. Flexion : pour la tester, on est attentif à la qualité de retour d’extension de la vertèbre. 3. 1. 3. 3. Inclinaison : un doigt sur la face postérieure de l’articulaire postérieure et pousse contro-latéralement à l’inclinaison à tester, la pulpe du doigt de l’autre main sent la vertèbre se déplacer. On profite du retour pour évaluer l’inclinaison inverse. 3. 1. 3. 4. Rotation : La pulpe d’un doigt pousse, avec une direction antérieure, sur face postérieure de l’articulaire postérieure contro-latérale au sens de la rotation à tester. L’autre doigt sent la vertèbre venir s’appuyer sur sa pulpe et profite du retour pour tester la rotation inverse. Les différences d’amplitudes et les blocages sont notés dans l’ étoile de Maigne attribuée à chaque vertèbre. Le bilan segmentaire, nécessitant une bonne expérience de la palpation, n’ est pas primordial pour le chirurgien-dentiste, qui pourra le laisser à la charge du kinésithérapeute. 3. 2. Les ATM 3. 2. 1. Examen des mouvements mandibulaires (Fig. 22) 3. 2. 1. 1. Ouverture Mesure de la distance inter incisives dont la norme est de 40 mm ou trois doigts du patient. 3. 2. 1. 2. Propulsion La mesure du surplomb est effectuée dents serrées au niveau des incisives centrales : c’est la distance comprise entre les faces vestibulaires des incisives maxillaires et mandibulaires qui est notée. La valeur de la protraction maximale est mesurée entre le bord libre de l’incisive mandibulaire et la face vestibulaire de l’incisive maxillaire. La protrusion totale s’obtient en ajoutant ces deux chiffres. 3. 2. 1. 3. La diduction 43 Si les lignes inter incisives coïncident, la mesure s’effectue à ce niveau. Sinon, on trace un trait vertical sur l’incisive mandibulaire en regard de la ligne inter incisive maxillaire. Norme : la mesure doit être supérieur à 9 mm. Une amplitude inférieure à 6 mm est considérée comme pathologique. 3. 2. 1. 4. Examen de la rectitude d’ouverture (Fig. 23) Une réglette est placée verticalement dans l’axe médian de la face, et l’on observe attentivement le déplacement de la pointe du menton pendant le mouvement d’ouverture maximale. L’ouverture sera classée en : Types d’ouvertures Signification Rectiligne, harmonieuse, coulée Sans dysfonction Rectiligne hésitante dysfonction musculaire, inflammation péri-articulaire Rectiligne avec ressaut bilatéral synchrone et amplitude normale Luxations discales réductibles Rectiligne avec réduction importante Luxations discales irréductibles bilatérales Déviée sans ressauts, ouverture modérément réduite Dysfonction musculaire, inflammation péri-articulaire Déviée, ample, avec mouvement en baïonnette Luxation discale réductible unilatérale ou luxation condylienne Déviée régulièrement, ouverture réduite Luxation discale irréductible ou contracture sévère unilatérale Luxations discales réductibles asynchrones Luxation discale irréductible bilatérale Déviée avec ressauts bilatéraux Bloquée à ouverture réduite rectiligne 4. Auscultation (2-4-6-7-20) 4. 1. Norme La norme veut qu’il n’y ait aucun bruit. On note 2 type de bruits 4. 2. Type de bruit 44 Type de bruit Sonore et sec Peu sonore et crépitations Traduction Conflit condyloméniscale Atteinte des surfaces articulaires Prescription de kinésithérapie par les chirurgiens dentistes. (11-12) La prescription d’actes masso-kinésithérapiques relève de la compétence du chirurgien-dentiste. Le kinésithérapeute s’intègre pleinement dans la prise en charge et le traitement des dysfonctionnements cervicaux (qu’ils soient posturaux ou algiques), dans la correction de la statique globale de l’individu et dans la sédation des spasmes des muscles masticateurs. Il intervient pour la rééducation et la correction des troubles cinétiques des A.T.M. et pour la détente et la relaxation du patient. Le kinésithérapeute est donc là pour préparer le traitement du chirurgien-dentiste et assurer à long terme son maintien. L’ordonnance pourra être qualitative et quantitative et préconiser : 10 séances de massage et rééducation des A.T.M et du rachis cervical sur dysfonctions crânio-mandibulaires. Elle pourra être seulement qualitative, le kinésithérapeute choisissant le nombre de séance en accord avec le chirurgien-dentiste ou le médecin contrôleur de la sécurité sociale. 45 Conclusions générales. (2-10-13-15-20) La vision globale du patient et la reconnaissance du rôle indéniable de la posture cervico-spinale peuvent permettre au chirurgien-dentiste d’ établir un meilleur diagnostic et de préférer, si c’est possible, un traitement réversible (mise en place d’une gouttières) avec prescription de kinésithérapie plutôt qu’un traitement irréversible (meulage sélectif, thérapeutique prothétique ou orthodontique). Cette pathologie d’origine multifactorielle, certes bénigne mais qui peut fréquemment retentir de manière péjorative sur la vie des patients, nécessite une collaboration étroite entre des praticiens de disciplines différentes dans un souci d’efficacité du temps et du coût du traitement afin de s’intégrer dans la politique des dépenses de santé. 1 sommaire INTRODUCTION...............................................................................................................................................p. 1 DEFINITION. .....................................................................................................................................................p. 2 EPIDEMIOLOGIE..............................................................................................................................................p. 2 ETIOLOGIES......................................................................................................................................................p. 3 S.A.D.A.M. , TROUBLES DE LA STATIQUE ET CERVICALGIES...........................................................p. 4 INDICES A RECHERCHER DANS LE BILAN..............................................................................................p. 5 1. BILAN STATIQUE........................................................................................................................................p. 6 1. 1. Plan frontal ..............................................................................................................................................p. 6 1. 1. 1. Face.................................................................................................................................................p. 6 1. 1. 1. 1. Normes...............................................................................................................................p. 6 1. 1. 1. 2. Variations ..........................................................................................................................p. 6 1. 1. 2. Dos..................................................................................................................................................p. 7 1. 1. 2. 1. Normes...............................................................................................................................p. 7 1. 1. 2. 2. Variations ..........................................................................................................................p. 7 1. 2. Plan sagittal .............................................................................................................................................p. 8 1. 2. 1. Axes de référence...........................................................................................................................p. 8 1. 2. 2. Variation de ces références.................................................................................................................p. 8 1. 2. 2. 1. Variations de l’axe vertical ...............................................................................................p. 8 1. 2. 2. 2. Variations des courbures par rapport à la tangente postérieure.......................................p. 8 1. 2. 3. Exemples de ces variations sur la position mandibulaire ............................................................p. 8 1. 3. Plan horizontal .......................................................................................................................................p. 9 1. 3. 1. Ceinture scapulaire........................................................................................................................p. 9 1. 3. 2. Ceinture pelvienne ........................................................................................................................p. 9 2. BILAN PALPATOIRE...................................................................................................................................p. 10 2. 1. La peau ..................................................................................................................................................P. 10 2 2. 1. 1. Les zones cellulalgiques ..............................................................................................................p. 10 2. 1. 2. Leur topographies dans le SADAM ............................................................................................p. 10 2. 1. 1 .1. Le signe du sourcil ............................................................................................................p. 10 2. 1. 1. 2. L’angle de la mâchoire......................................................................................................p. 10 2. 1. 1. 3. La friction du cuir chevelu................................................................................................p. 11 2. 1. 3. Interprétation ...............................................................................................................................p. 11 2 .2. Les muscles ...........................................................................................................................................p. 12 2. 2. 1. Palpation des masticateurs ..........................................................................................................p. 12 .................................................................................................................................................................. 2. 2. 1. 1. Le temporal........................................................................................................................p. 12 2. 2. 1 .2. Le masséter........................................................................................................................p. 12 2. 2. 1. 3. Le ptérygoïdien médial .....................................................................................................p. 12 2. 2. 1. 4. Le ptérygoïdien latéral ......................................................................................................p. 12 2. 2. 2. Palpation des abaisseurs..............................................................................................................p. 13 2. 2. 2. 3. Les sus-hyoïdiens..............................................................................................................p. 13 2. 2. 2. 4. Les sous-hyoïdiens............................................................................................................p. 13 2. 2. 3. Muscles cervicaux.......................................................................................................................p. 13 2. 2. 3. 1. Muscles du plan latéral .....................................................................................................p. 13 2. 2. 3. 2. Muscles du plan postérieur ...............................................................................................p. 13 2. 3. Les A.T.M. ............................................................................................................................................p. 14 2. 4. Les articulaires postérieures..................................................................................................................p. 14 3. BILAN DE MOBILITE..................................................................................................................................p. 15 3. 1. Rachis cervical ......................................................................................................................................p. 15 3 .1. 1. Global ..........................................................................................................................................p. 15 3. 1. 2. Etagé ............................................................................................................................................p. 16 3. 1. 3. Segmentaire .................................................................................................................................p. 17 3. 2. Les ATM ...............................................................................................................................................p. 18 3. 2. 1. Examen des mouvements mandibulaires ...................................................................................p. 18 3. 2. 1. 1. Ouverture...........................................................................................................................p. 18 3 3. 2. 1. 2. Propulsion..........................................................................................................................p. 18 3. 2. 1. 3. Diduction ...........................................................................................................................p. 18 3. 2. 1. 4. Examen de la rectitude d’ouverture..................................................................................p. 18 4. AUSCULATION ............................................................................................................................................p.19 4. 1. Norme ....................................................................................................................................................p. 19 4. 2. Types de bruits ......................................................................................................................................p. 19 PRESCRIPTION DE KINESITHERAPIE PAR LE CHIRURGIEN-DENTISTE..........p. 20 CONCLUSIONS GENERALES ...................................................................................p. 21 Bibliographie 1. BRETON-TORRES I., GAILLARD MARTRILLE S., JAMMET P. - Syndrome algodysfonctionnel de l'appareil manducateur et rééducation. - Ann. Kinésithér., 2000, t. 27, n° 8, pp. 353-370. 2. BRICOT B. -La Reprogrammation Posturale Globale. - Montpellier : Sauramps médical, 1996. - 248 p. 3. CAMPIGNION P. - Respir-Actions : les chaînes musculaires et articulaires G.D.S. Bruxelles : I.C.T.G.D.S, 1996. - 300 p. 4 4. CATTEAU D. - L'influence du traitement kinésithérapique sur le syndrome algodysfonctionnel des articulations temporo-mandibulaires. - K.S., 1984, 222, 110 p. 5. 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