Ils ont brisé les codes et créé leur cabinet rêvé
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Ils ont brisé les codes et créé leur cabinet rêvé
PORTRAIT CABINET DU MOIS DRS RIGOLLET, CHAVENT ET HABERER, CHAZAY-D’AZERGUES (69) CABINET DU MOIS PORTRAIT Ils ont brisé les codes et créé leur cabinet rêvé Trois praticiens, deux hommes, une femme, différentes générations, mais une même vision d’un cabinet de groupe, où « tous les cauchemars des dentistes ont été éliminés »… Un cabinet à effet « waouh » pour une dentisterie humaniste et rentable. Visite dans un cabinet pas tout à fait comme les autres. Par Guylaine Masini – Photos Henri Granjean Différents mais similaires Les trois associés mêlent les genres et les âges : le Dr Rigollet, sportif, photographe, un pied en France, un autre au Brésil, à 60 ans il est le praticien « senior » de l’équipe, le Dr Chavent, à 100 km/heure, jeune quinqua déterminé il est l’obsessionnel de l’ergonomie, de la traçabilité, le Dr Haberer, la trentaine, enthousiaste et travailleuse, se définit mi-amusée, mi-agacée comme « la pédo et la DRH » du cabinet, elle enchaîne les formations continues tous azimuts. Tous partagent une même vision de la dentisterie, exigeante et humaniste, et une même énergie. Différents mais complémentaires, ils se retrouvent sur le terrain des valeurs auxquelles on adhère… ou pas. Pas évident de suivre leur rythme (au cabinet la règle est de faire journée continue de 9 heures à 19 heures) et de se faire une place © akarelias / Istockphoto N iché entre les monts du Lyonnais et ceux du Beaujolais et situé légèrement en dehors du Grand Lyon, un petit village de près de 4 000 habitants offre à ses visiteurs une vue attrayante sur les coteaux du Beaujolais. Chazay-d’Azergues, fier de son centre historique, s’est développé essentiellement en zone pavillonnaire où le milieu rural côtoie une population qui travaille pour 85 % en ville. Dans ce pittoresque village, les habitants ont eu la surprise de voir surgir un bâtiment hors-norme, atypique et résolument moderne. On pourrait imaginer qu’il abrite un centre d’art contemporain ou un show room… Il n’est autre que le cabinet de groupe du village, le fruit de la complicité des trois associés qui l’ont imaginé. Les Drs Rigollet, Chavent et Haberer ont voulu un cabinet qui fasse fi de « tous les cauchemars des chirurgiens-dentistes ». Après 18 mois de mise à l’épreuve du quotidien, le pari semble remporté haut la main. Genèse de l’aventure du cabinet du Terrail. au sein de ce trio soudé. De nombreuses assistantes et collaborateurs s’y sont cassé les dents, une sorte de « sélection naturelle » : « Nous travaillons en famille ici, explique le Dr Chavent. Nous connaissons la vie des uns des autres, nos bonheurs, nos jours avec et nos jours sans, mais quand on entre en scène les états d’âme doivent s’évaporer. Nous sommes 10 ici, il est impossible que nous ne rencontrions pas de difficultés… C’est cependant la condition du succès d’un cabinet de groupe. » L’exercice dans une structure avec quatre praticiens apporte une grande satisfaction à nos trois associés, même s’ils reconnaissent qu’il existe « plus de pression d’être jugé par ses pairs, au quotidien ». « Naturellement tout praticien donne le meilleur de luimême pour ses patients, et davantage dans un exercice à plusieurs, précise le Dr Haberer, ce qui est intéressant dans les cabinets de groupe, c’est l’émulation et l’envie permanente de progresser. » Un bloc béton contemporain abrite le cabinet du Terrail, en zone d’activité de Chazayd’Azergues dans le Beaujolais. REPÈRES 1989 Rencontre et association des Drs Rigollet et Chavent 24 indépendentaire 123 I Décembre 2014 2005 Arrivée du Dr Sophie Haberer au sein du cabinet 2011 Début du projet de déménagement et de création d’un nouveau cabinet 2013 Ouverture du cabinet du Terrail dans la zone d’activité de Chazay 2012 Arrivée du nouveau collaborateur le Dr Aymeric Berticat independentaire 123 I Décembre 2014 25 PORTRAIT CABINET DU MOIS Faisant dos à l’entrée, les quatre praticiens entourent leurs quatre assistantes présentes ce jour-là. De gauche à droite : le Dr Ludovic Chavent, le Dr Sophie Haberer, Stéphanie, l’assistante du Dr Chavent, Carole, l’assistante du Dr Haberer, Coralie, l’assistante du Dr Berticat, Catherine l’assistante du Dr Rigollet, le Dr René Rigollet et le Dr Aymeric Berticat. « C’est en milieu péri-urbain que se nichent aujourd’hui les projets les plus étonnants ! » Comment nos trois associés ont-ils embrassé la profession ? Le Dr René Rigollet souhaitait devenir pilote, sa vue en décidera autrement. « Je me suis lancé en médecine avec un copain, mais des conditions financières familiales, m’ont fait opter pour une solution plus rapide : l’odontologie. » Le Dr Ludovic Chavent est tombé dans la marmite quand il était petit : « Un pied devant l’autre, j’ai fini par aimer ce que je faisais même si cela n’était pas un choix de cœur, ni une évidence, reconnaît le Dr Chavent. Ma famille est issue du milieu médical, le reste, c’est mon parcours scolaire qui l’a induit. De ma formation initiale, je ne garde pas un souvenir ému, la formation universitaire que j’ai reçue était très perfectible. L’esprit de camaraderie en revanche m’a laissé un excellent souvenir ! » Un souvenir que partage le Dr Haberer. Issue d’une famille de professeurs de Chazay, la jeune Sophie a dérogé au solide modèle familial (ses frères et sœurs sont également professeurs aujourd’hui) et, à la fin du collège, décide qu’elle fera médecine. Dont acte. Le numerus clausus étant bas, le concours est encore plus ardu : elle décroche la première place sur liste d’attente, ça sera donc dentaire pour la jeune Sophie. « Je ne connaissais du milieu dentaire que le cabinet de mon dentiste ! Je suis allée voir, comme ça… je ne l’ai pas regretté ! » Manuelle, elle se plait en formation initiale où elle noue des amitiés solides : « Nous travaillions ensemble, faisions la fête aussi dans une vraie ambiance d’école, je garde un excellent souvenir de ma formation ! » 26 indépendentaire 123 I Décembre 2014 Les rencontres Par hasard, le Dr Rigollet rencontre le Dr Joubert de 10 ans son aîné et commence une collaboration avec lui avant de s’associer. La première sera la bonne ! « C’était un bon vivant, se souvient René. Il était navigateur et moi montagnard… Nous étions faits pour nous entendre ! Il était un praticien “à l’ancienne”, humaniste avec une belle idée de la mission du chirurgien-dentiste de famille. Les nouveaux venus ont fait bouger les lignes. » Après une première collaboration à Modane, les obligations militaires appellent Ludovic Chavent en Côte d’Ivoire où il sera dentiste dans l’infanterie de marine, un choix : « Du vrai boulot, dans de bonnes conditions » résume-t-il. De retour en France, une collaboration en demi-teinte l’amène à dessiner précisément la pratique qui lui correspond : « Dans la profession, il existait des praticiens seniors qui recrutaient des jeunes praticiens pour s’occuper des patients pendant qu’ils jouaient au golf ! Le rôle de ces jeunes collaborateurs est de trier les cas intéressants pour le titulaire. Ça n’est pas ma vision du métier ». Le business n’est pas son moteur, tous sont parfaitement en phase sur cet aspect du métier. En 1989, les chemins de Corse font se rencontrer le Dr René Rigollet et Ludovic Chavent, une amitié se lie qui se poursuivra, rentrés en région lyonnaise, par une collaboration professionnelle. « J’ai opté pour ce cabinet “à la campagne”, un choix judicieux si l’on observe ce qui se passe en centre-ville… C’est en milieu péri-urbain que se nichent aujourd’hui les projets les plus étonnants ! ». Le Dr Chavent rejoint le cabinet des Drs Rigollet et Joubert. « Depuis toujours » le cabinet existe sous la structure trois associés et un collaborateur. « Les deux associés étaient honnêtes : ils m’ont proposé des conditions qui n’ont pas changé, le prix proposé était celui de l’activité initiale, pas de celle que j’ai développé. L’achat avait pour objectif de marier la personne qui vend avec celle qui achète, pas question d’y mettre du ressentiment pour une histoire d’argent. » PORTRAIT CABINET DU MOIS L’arrivée de Sophie En près de 20 ans, de 1989 à 2008, le cabinet enchaîne un grand nombre de collaborateurs, jusqu’à l’arrivée de Sophie Haberer. Parce que c’était elle, parce que c’était eux, l’évidence s’impose ! « Sophie manifeste un investissement hors-norme, c’est du 200 % » affirment les deux praticiens seniors du cabinet. Dès la fin de la 5e année, les « remplas » commencent pour Sophie Haberer, suivis d’une collaboration dans un cabinet solo du centre de Lyon, au Point-du-Jour. Une première approche assez âpre avec la réalité de l’exercice libéral. En 6e année, le Dr Haberer alterne deux jours au centre de soin et 1,5 jour en collaboration au cabinet du Point-du-Jour. À la fin de la 6e année, elle se rapproche d’un nouveau cabinet, et, nouvel enseignement, la jeune Dr Haberer comprend que le partage des valeurs est un postulat sur lequel il ne lui faudra pas transiger : « Lors de notre premier entretien le praticien senior n’a évoqué qu’une seule chose : le chiffre minimum que je devais faire ! Nous ne partagions pas du tout la même vision de la profession ». Elle apprend qu’un cabinet au centre de Chazay (le village de ses parents) recrute un collaborateur. En 2005, elle se présente alors et rencontre le Dr Ludovic Chavent qui ne lui parlera pas de chiffre d’affaires : « L’entretien avec Ludovic a été très sommaire et extrêmement sympathique : “Tu es de Chazay, super ! Nous pouvons te proposer un fauteuil, une assistante… et si tu as besoin de matos tu peux en commander.” Je me suis sentie immédiatement en confiance ! » Le ton de la collaboration était donné et Sophie Haberer commence sur le champ. Lorsque le Dr Joubert quitte le cabinet pour prendre sa retraite, elle reprend naturellement sa place. Tous les trois sont aujourd’hui gérants de trois Selarl regroupés au sein d’une SCM, avec une SCI. Partir d’une feuille blanche Un temps, le trio nouvellement constitué travaille dans le cabinet du centre historique, un bel immeuble au cœur du village médiéval, avec beaucoup de cachet, mais également de grosses lacunes ergonomiques et organisationnelles : constitué en trois appartements empilés de 80 m2 chacun, tout était très améliorable. « C’est un modèle pur jus des années 80, résume le Dr Chavent. Notre back office était au troisième étage, les assistantes faisaient des allers-retours entre les différents étages, les appartements n’étaient pas conçus pour être des cabinets performants. Après 5 ans de travail en totale insouciance, j’ai commencé à réfléchir à la façon dont on pouvait améliorer les choses, mais pour ce faire, un déménagement s’imposait. » « Nous ne supportions plus de rester dans le précédent cabinet, confirme le Dr Rigollet. Avec ses trois niveaux, ses escaliers, ça n’était plus vivable. Nous avions un cabinet du 20e siècle il fallait passer au 21e et avoir un cadre qui colle à notre activité ! » Mais pour créer un nouveau cabinet, il fallait commencer par trouver un terrain. Souci : les terrains agricoles étaient non constructibles, quant au foncier destiné à la résidence principale, les prix étaient très élevés, avec des normes 28 indépendentaire 123 I Décembre 2014 La salle d’attente, dans l’entrée, est ouverte sur la zone publique du cabinet. Transparence oblige, la stérilisation, centrale, est entièrement vitrée. Déjà engagés dans une démarche qualité, ils prennent une feuille blanche et dessinent leur cabinet idéal… imposées très strictes. « C’est la création d’une zone d’activité commerciale qui nous a permis d’envisager la construction de notre cabinet, développe le Dr Chavent. Sans unité architecturale exigée et à un budget raisonné, tout devenait possible pour nous. » Pendant un an, tous les mardis entre midi et deux, des réunions de chantier se tiennent pour accoucher de leur bébé. Tout commence avec l’achat du terrain. Les praticiens du cabinet de groupe, déjà engagés dans une démarche qualité depuis quelques années, prennent une feuille blanche et dessinent leur cabinet idéal, fruit de leur expérience terrain et de leur maturité. Lorsque nos trois praticiens se penchent sur leur projet, ils tombent d’accord très rapidement sur le principe de la stérilisation centrale avec open space. C’est la zone d’accueil qui leur posera le plus de difficultés. « Nous ne voulions pas de banque d’accueil, explique Ludovic Chavent. Nous avons énormément travaillé avec l’architecte, Jaques Fabre prPORTRAIT CABINET DU MOIS PORTRAIT CABINET DU MOIS CABINET DU MOIS PORTRAIT Pas de blouses pour le Dr Rigollet et les autres praticiens, mais des tenues décontractées (tee-shirts ou polos) qui participent à atténuer les angoisses des patients. Il n’y a pas d’âge pour bien y voir… La jeune Sophie Haberer utilise des loupes binoculaires. et Véronique Vincent la décoratrice qui n’était pas spécialistes en cabinet dentaire, mais qui ont parfaitement cerné toutes nos attentes. L’accueil devait être ouvert pour que le patient se sente accueilli, mais une zone de confidentialité devait leur permettre de pouvoir échanger à propos de leur plan de traitement ou des conditions de règlement… Nous avons dessiné un espace pour se faire plaisir, nous voulions qu’il se passe quelque chose dès l’entrée ! » Le premier coup de crayon a été esquissé en juillet 2011, deux années pour trouver les partenaires et mettre en branle le chantier, plus 5 mois de retard pour la livraison… Un véritable lieu de vie Pari réussi, l’effet « waouh ! » est au rendez-vous dès que l’on pénètre dans le bloc en béton. Ce qui frappe est la chaleur et la convivialité qui se dégagent d’un espace très contemporain aux matières brutes. L’espace est baigné de la lumière qui tombe du puits de lumière au-dessus de la stérilisation. Le coin enfant avec fauteuils Fatboy, livres et télévision permet aux plus jeunes d’attendre pendant que leur parent est au fauteuil, pour les plus grands, une salle avec bureau pour les devoirs, pour les adultes, un espace avec connexion internet est à disposition… Le cabinet a été entièrement pensé et conçu comme un espace de vie où l’on peut passer un moment agréable déchargé de tout stress. « Nous avons pensé notre cabinet comme un univers de bien-être, sans douleur, explique le Dr Rigollet. » Le cabinet est distribué en trois zones : la zone public (l’accueil et l’attente), la zone public/privé (les salles de soins) et l’espace privé (salle de pause, vestiaires femmes et hommes, stock) pour trois entrées : une à l’avant du bâtiment pour les patients et deux à l’arrière (une pour l’équipe soignante et une pour les livraisons qui donne directement sur le stock). Chaque détail a été soigné : pas de crachoir dans les salles de soins, mais un coin prophylaxie sur le modèle des cabinets d’orthodontie à la sortie de chaque salle où le miroir n’est pas en face du lavabo mais décalé sur le mur de droite pour ainsi éviter les projections et rendre le nettoyage plus rapide. indépendentaire 123 I Décembre 2014 3030 independentaire 31 Janvier 2013 Le temps d’échanger « La philosophie du cabinet est la suivante : de l’omnipratique moderne dans une démarche qualité incontournable » La démarche qualité Comme un tango millimétré, les binômes travaillent en harmonie. Le cabinet doit beaucoup à la rencontre du Dr Jean-Marc Gabet, un ami d’études du Dr Rigollet, spécialiste de l’hygiène, de l’asepsie et de la démarche qualité. « Grâce à lui nous sommes passés à une traçabilité complète pour la protection des patients et des personnels, et pour la lutte contre la transmission des infections nosocomiales, résume le Dr Chavent. Au bout d’une année de travail on s’y est tous mis et cela a bouleversé notre façon de travailler. Nous sommes investis dans une démarche qualité rigoureuse. Si l’un de mes enfants arrive au cabinet pour une urgence, je voulais pouvoir intégrer cette urgence dans ma journée de travail et pouvoir prendre un instrument sans me poser de question. Nous avons développé cette exigence à l’ensemble des patients du cabinet. » Si le cabinet ne communique pas sur cette démarche, les patients la ressentent et la découvrent. Ne serait-ce par la présence vitrée de la stérilisation au cœur même de la structure : tout est construit en étoile autour d’elle. « Lorsqu’un patient m’interroge sur les sachets par exemple, je réponds naturellement, poursuit Ludovic Chavent, mais cette attention, nous l’avons pour nous.» Aide opératoire pendant 4 ans en chirurgie durant ses études, la gestion hospitalière des séquences de soins laisse une empreinte durable chez le praticien : « Une fois intégrés les gestes élémentaires pour assurer l’hygiène et l’asepsie, cela me dérangeait de travailler de façon préhistorique de retour au cabinet dentaire ! ». Le cabinet fait appel aux services de W&H pour la gestion des autoclaves et délègue également le ménage à une entreprise spécialisée. Les charges liées aux prestataires sont élevées mais garantissent une équipe soignante mobilisée sur l’essentiel. Question matériel, le cabinet a opté pour la tranquillité d’esprit : les contre-angles sont loués sur 5 ans, tout comme la sté qui est en leasing. « Ça permet d’être plus serein », résume Sophie Haberer. Les associés souhaitant maîtriser les coûts de leur nouvelle structure, ils réfléchissent à la meilleure solution : « Nous avons reçu des devis astronomiques pour nos blocs de chirurgie, se rappelle le Dr Haberer. Nous ne voulions pas renoncer ni à l’ergonomie, ni au design, mais La parole circule librement au sein du cabinet et dans les binômes, les réunions sont informelles, si le besoin s’en fait ressentir le vendredi soir de 19 à 20 h avant le week-end, les associés et le collaborateur se retrouvent autour d’une bouteille (région oblige !) : « Nous n’organisons pas de réunion formelle, reconnaît le Dr Haberer, si tout roule, nous n’en ressentons pas le besoin, si nous avons des décisions à prendre, on cale une date du matin au soir. Chacun a son assistante et chacun sait ce qu’il a à faire. Regrouper 9 personnes au même moment pendant 1 heure avec notre organisation, c’est compliqué… » nous ne pouvions pas tout nous permettre. » Ils font donc le choix de matériel hospitalier d’excellente qualité… mais d’occasion : « En faisant ce pari, nous divisions par six le prix du scialytique par exemple, pour commencer c’était idéal ! Nous avons acheté des fauteuils nus A-Dec également. » Faire des économies ne signifie pas concéder à la qualité : « Nous poursuivons notre démarche qualité avec le choix du matériel et nous ne travaillons pas avec des produits de second choix. » binôme. La plus jeune du cabinet, le Dr Haberer connaît encore de jeunes praticiens susceptibles d’être intéressés par le poste de collaborateur : « Je suis un peu la DRH du cabinet ! Je gère les entretiens d’embauche des collaborateurs et de leurs assistantes. » Savoir recruter Un cabinet économe, sur tout, sauf sur le personnel : « Si on fait une belle année, nous pensons à verser des primes, bien sûr, explique René Rigollet. Parfois le personnel demande, parfois nous les devançons. En installant cette structure nous avons fait mentir la crise : nous sommes en croissance, il est naturel que celles qui contribuent à cette situation en récoltent les fruits. » Fonctionnant comme une TPE avec une culture entreprise très forte et une vraie solidarité, le recrutement fait partie intégrante de l’équation : il existe un ou deux postes (peut-être moins bien définis que les autres) pour lequel le turn-over est bien plus élevé qu’au sein des binômes historiques, très solides, praticiens/assistante. Le rythme des journées, très soutenu, pose parfois problème, mais les conditions de travail pour peu que l’on adhère au principe de la journée continue, sont perçues comme très intéressantes : un jour off par semaine, de vrais week-end et 9 à 10 semaines de vacances par an. « Stéphanie est mon assistante senior, ce qui est important pour elle est important pour moi… reconnaît le Dr Chavent, si elle a une réunion de parents d’élèves ou tout autre demande, la réponse est oui ! Notre travail à quatre mains, et au-delà du seul travail au fauteuil, notre collaboration avec nos assistantes peut être assimilé à des tangos parfaitement millimétrés, auxquels les assistantes volantes n’ont pas accès. Je comprends que cela génère une certaine frustration. » reconnaît le Dr Chavent. Le Dr Rigollet a également toujours travaillé avec une assistante : « Je travaille à quatre mains, je ne sais rien faire tout seul ! Catherine est mon assistante, et un peu de la famille ». « J’ai dû, avec grand regret, me séparer d’une de mes assistantes qui a été victime d’un burn-out, explique quant à elle le Dr Haberer. Outre des difficultés personnelles, elle se mettait une trop grande pression au cabinet. Cela m’a demandé du temps pour la licencier, j’étais très attachée à elle, mais il faut parfois se faire violence pour la pérennité du cabinet ! ». C’est finalement Carole, une assistante que Sophie avait recrutée pour le poste de collaborateur en 2009 qu’elle « récupère » en 2011 pour en faire son Un cabinet au jour le jour La cabinet assure une très grande amplitude horaire : du lundi matin 9 h au samedi 13 h, l’un des quatre praticiens pourra recevoir tout patient qui appelle en urgence ou tout nouveau patient qui souhaite un premier rendez-vous. La communication n’est pas laissée au hasard : un pré-décroché a été installé sur tous les postes, les assistantes portent un combiné à la ceinture et si au bout de trois sonneries l’appel n’a pas été pris, le relais est pris par l’ensemble des autres postes du cabinet. « Nous sommes très attentifs à la demande initiale du patient qui appelle, à laquelle nous nous devons de répondre. Les plans Le coin enfant connaît un grand succès auprès de la patientèle : des fatboy permettent aux plus jeunes de profiter de la diffusion d’un dessin animé ou d’un documentaire ou encore de lire pendant que les parents sont en soin… independentaire 123 I Décembre 2014 31 CABINET DU MOIS PORTRAIT Pour faire des économie et rester performants et efficaces, nos praticiens ont choisi d’équiper leurs blocs chirurgie avec du matériel de premier choix mais de deuxième main ! de traitements sont globaux, mais nous savons naturellement écouter, et répondre à la demande particulière. Au téléphone déjà, nos assistantes savent déjà nous dresser un premier portrait du patient. » Le cabinet tient à respecter ses patients, et tout commence par la ponctualité. Extrême. « Je ne veux pas de retard, explique le Dr Chavent, source de stress. Les assistantes le savent et sont là pour nous faire respecter le temps. Je veux avoir une activité respectable et moderne, cela commence par le respect du timing ». L’organisation permet aux praticiens de tourner sur les différents fauteuils, tous les quatre n’étant pas présents aux mêmes horaires (à l’exception du mardi et du vendredi). Il n’est pas rare qu’un des quatre praticiens demande à l’autre de venir le conforter dans une question clinique auprès d’un patient. Dès le deuxième rendez-vous avec un nouveau patient, le plan de traitement est exposé, les assistantes sont formées pour prendre le relais dans les bureaux « confidentiels ». Le cabinet propose le PNF à ses patients. « Nous savons qu’il n’y a pas que la santé bucco-dentaire dans la vie de nos patients : comme tout un chacun, ils ont des arbitrages à faire et nous sommes tout à fait capable de comprendre cela, explique le Dr Ludovic Chavent. Nous répondons à la demande initiale, soumettons notre plan de traitement avec des pans Le quatrième homme Le poste de collaborateur fait partie du succès de la structure. « Le cabinet 4 », comme il est appelé, doit avoir à sa tête un praticien dans l’esprit du groupe, ce qui n’est pas toujours évident : « Nous avions recruté un jeune collaborateur qui ne voulait faire que de l’implantologie et de l’esthétique, mais pas de soins, alors qu’il débutait, raconte le Dr Haberer. Il a fini par partir, mais en ayant vidé l’agenda du cabinet 4 ! Il n’était même pas agréable avec les patients. » Finalement, ce poste restera « dans l’esprit famille » : c’est le Dr Aymeric Berticat qui sera recruté : « Il avait le bon profil, il n’était pas intéressé que par l’argent, poursuit Sophie. Nous avons attendu quatre mois qu’il revienne de la Réunion pour rouvrir le poste. » 32 indépendentaire 123 I Décembre 2014 EN CHIFFRES Implant Straumann : 900 € CCM ou céramique sur zircone : 620 € C.A 2013 (année du déménagement) : 1 400 000 € C.A 2014 (année entière dans la nouvelle structure) : 1 500 000 € évolutifs et/ou optionnels. Nous pouvons faire payer en quatre fois, travailler par secteur. C’est la vraie vie ici ! Combien de fois par an un patient pousse la porte d’un cabinet dentaire en disant “Refaites tout ce qu’il faut sans aucune contrainte ni de temps, ni de budget ” ?, cela se compte sur les doigts d’une main. » Le cabinet a à cœur de prendre sa part dans sa mission de service public : la prévention auprès des enfants occupe un volume important de l’activité. « Il faut servir à quelque chose, servir au sens militaire des choses. Je défendrais notre système de soins jusqu’au bout ! déclare le Dr Chavent. Je suis un chirurgien-dentiste avec une mentalité d’entrepreneur mais je tiens à ce que tout le monde ait accès aux soins. » Les associés travaillent en rendez-vous longs le plus souvent, d’une heure et demie à deux heures. « On est plus concentrés, plus efficaces, explique le Dr Haberer. C’est plus agréable pour le patient comme pour nous. » Le mot de la fin « Nous faisons un métier qui est devenu magnifique, conclut le Dr Rigollet. Ça n’était pas le cas il y a 30 ans : on pratiquait une dentisterie que je ne voudrais pas faire aujourd’hui. La mutation est géniale : tant dans la prévention, la conservation, que l’anesthésie avec le Quicksleeper, l’implanto et l’esthétique. Nous attendons la dématérialisation et les caméras de capture numériques, c’est ce qui nous manque aujourd’hui. » « On ne se lasse pas de notre nouvel environnement, résume le Dr Chavent. Il est difficile dans nos professions d’éviter le burn-out. Nous sommes soumis à une forte charge de stress, avec la soumission consentie du patient au soin, nous absorbons leur stress et devons gérer le nôtre. Le modèle du cabinet conventionnel n’aide pas à arranger les choses : triste, angoissant, avec une mauvaise circulation… Regardez l’image du dentiste dans la littérature, au cinéma ou dans la pub ! Nous avons voulu faire table rase de tout cela, casser le modèle du praticien dans son environnement pour alléger le poids que fait peser sur nous la vengeance collective ! » Au cabinet, 100 % des soins sont réalisés sous anesthésie… une pierre de plus à l’édifice du développement d’une image positive et respectable de la profession. indépendentaire indépendentaire 121 I 121 Octobre I Octobre 2014 2014 33 33