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IBFrenchBNiveauMoyen
Thématique:ChômagedesjeunesenFrance
TroncCommun:RelationsSociales
Texte Source 1:
Les jeunes et le chômage : la situation plus mauvaise que jamais
VÉRONIQUE SOULÉ 8 AVRIL 2014 À 19:25
Des étudiants de l'université Paris III (Censier-Sorbonne Nouvelle), en 2009. 88% des diplômés du
«supérieur long» (bac plus cinq et au-delà) de la génération 2010 ont un emploi au bout de trois ans.
AU RAPPORT Plus d'un jeune sur cinq est sans emploi, trois après avoir quitté l'école. Un
taux de chômage qui n'a jamais été aussi haut, particulièrement chez les non-diplômés.
Trois ans après être sorti de formation, plus d’un jeune sur cinq (22%) est au chômage: jamais ce
taux n’avait été aussi haut en France. La dernière enquête du Cereq (le Centre d’études et de
recherches sur les qualifications), concernant l’insertion des 700 000 jeunes ayant quitté le système
éducatif en 2010 – appelés «la Génération 2010» -, renvoie une image plutôt sombre des débuts des
jeunes Français dans la vie active. Les diplômés s’en sortent toujours nettement mieux que les non
diplômés, et cet écart s’est même creusé. Mais pour tous, à des degrés divers, le risque du chômage
s’aggrave et l’insertion se détériore.
Retour sur les principaux enseignements de cette enquête, la sixième de la sorte menée par le Cereq,
un établissement public sous l’autorité du ministère de l’Education et de celui du Travail. (…)
LES MOINS DIPLÔMÉS ENCORE PLUS PÉNALISÉS QU’AUPARAVANT
En France où le diplôme pèse particulièrement lourd, on les savait handicapés sur le marché du
travail. C’est plus vrai que jamais. Alors que 81% des diplômés du «supérieur court» (jusqu’à bac
plus 4) ont un emploi au bout de trois ans, et que ce taux atteint 88% pour ceux du «supérieur long»
(bac plus cinq et au-delà), 41% des non-diplômés travaillent – une baisse de 16 points par rapport
aux jeunes de la Génération 2004. Conséquence de cette forte dégradation: la majorité (48%) se
retrouve au chômage, un niveau record, contre 32% six ans plus tôt.
La tendance affecte aussi les peu diplômés, particulièrement les détenteurs de CAP et de BEP. Avec
la crise qui a frappé l’industrie, les CAP préparant aux métiers industriels, connus pour assurer de
meilleurs débouchés que ceux du tertiaire, ne sont désormais plus épargnés. L’apprentissage, réputé
mieux insérer, ne suffit pas pour protéger.
Enfin, les jeunes n’ayant que le bac en poche subissent eux aussi cette dégradation, mais atténuée.
Les bacs pros et technos, plus pratiques et proches des métiers, s’en sortent mieux que les bacs
généraux.
Pour expliquer l’écart qui se creuse entre diplômés et non diplômés, les experts du Cereq décrivent
une «stratégie de repli» en temps de crise: «Les diplômés se replient sur des emplois de moindre
qualification, des bacs pros vont prendre des emplois destinés aux non diplômés, qui se retrouvent
alors concurrencés par tous les autres.» (…)
Véronique SOULÉ
TexteSource2:
Près d’un jeune sans diplôme sur deux est au chômage
Par Quentin Blanc for <time> uses see http://www.brucelawson.co.uk/2012/best-of-time/ Publié le 03/12/2013
à 19:03
Alors qu’ils sont deux fois moins nombreux qu’il y a 15 ans, les jeunes non-diplômés sont
de plus en souvent au chômage. Même pour ceux qui décrochent un emploi, ce manque de
qualification reste pour longtemps un handicap significatif.
L’insertion professionnelle des jeunes reste très inégale selon leur niveau de formation. Si le
diplôme ne constitue plus une assurance «tout risque» contre le chômage, il devient en revanche un
prérequis de plus en plus incontournable pour décrocher un emploi, explique l’étude «Formations et
emploi 2013» publiée par l’Insee mercredi 4 décembre. Plusieurs chiffres éloquents illustrent ce
constat. En 2012, le taux de chômage des jeunes récemment diplômés de l’enseignement supérieur
était ainsi d’environ 10%, mais grimpait à 47% pour les jeunes sans diplômes. Ce taux a explosé en
15 ans, puisqu’il n’était «que» de 29% en 1990.
Ils sont pourtant de moins en moins nombreux à sortir du système scolaire sans qualification. Il y a
quinze ans, 30% des jeunes étaient dans ce cas. Ils sont aujourd’hui deux fois moins nombreux
(16%), mais cette réduction significative n’a pas permis une meilleure insertion de cette population
à cause de la baisse concomitante du nombre d’emplois non-qualifiés en France. Cet handicap de
départ marque pour longtemps le parcours de ces jeunes. Sept ans après leur entrée dans la vie
active, ils ne sont qu’environ 6 sur 10 à avoir décroché un emploi, dont près d’un tiers sont des
contrats précaires. Dans le même temps, près de 9 diplômés du supérieur sur 10 ont trouvé un job,
presque tous à durée interminée.
LA SPÉCIALITÉ DU DIPLÔME OBTENU JOUE ELLE AUSSI UNE IMPORTANCE
CAPITALE
(…)
Les diplômes du supérieur semblent donc plus que jamais indispensables sur le marché du travail.
Mais si le niveau de diplôme compte, la spécialité choisie pour la formation a elle aussi une
importance capitale. De ce petit jeu là, les «jeunes» titulaires d’un diplôme de physique ou de
mathématiques sortent très largement en tête. Seuls 3% d’entre pointent au chômage. A l’autre
extrémité du spectre, les diplômés en arts sont près de 16% à rechercher un emploi, talonnés de près
par les anciens étudiants en sociologie et psychologie (14%).
TexteSource3:
Chômage: les jeunes diplômés français n'échappent pas à la galère
(…)
Un job de plus en plus alimentaire
Face à cette situation compliquée, difficile de garder le moral. 13% des jeunes diplômés en
recherche d'emploi expliquent ainsi "ne plus y croire" et 8% "manque de motivation et de
détermination". Et pour cause: ils sont 56% à ne trouver aucune annonce qui correspond à leur
profil et à laquelle ils pourraient postuler. Et lorsqu'ils envoient des CV, 48% d'entre eux racontent
avoir du mal à obtenir des réponses de la part des recruteurs. De fait, les jeunes diplômés sont en
pleine désillusion: 57% de ceux qui recherchent un emploi estiment qu'ils ne trouveront pas dans les
6 prochains mois.
La désillusion touche également ceux qui ont réussi à décrocher un premier emploi. Le rêve de faire
un métier plaisant et qui correspond à ses valeurs, se brise face à la réalité du marché du travail.
63% des jeunes diplômés embauchés depuis moins de 3 ans estiment qu'un emploi est "un moyen
de gagner sa vie", contre 24% "une source d'épanouissement personnel". "Ceux qui ont réussi à être
en poste s'estiment chanceux et donc sont assez indulgent", soutient Jean-Marc Mickeler. Ils ont
également renoncé à changer d'entreprise. Alors que 38% étaient prêts à quitter leur poste en janvier
2012, ils n'étaient plus que 27% en janvier 2014.
Partir: le nouvel eldorado
Partir à l'étranger apparaît de plus en plus comme l'eldorado pour quitter cette morosité ambiante.
8% de ceux qui sont embauchés depuis moins de 3 ans ont envie de partir à l'étranger (12% chez les
diplômés des grandes écoles). Ce taux grimpe à 27% chez les jeunes diplômés au chômage.
Parmi les destinations prisées, on retrouve le Canada (37% des personnes interrogés répondent
spontanément ce pays comme destination d'expatriation), les Etats-Unis (32%) et le Royaume-Uni
(26%). Loin derrière, les BRICS: la Chine (5%), l'Inde (3%), Brésil (3%). Mais pour 28% des
jeunes diplômés en recherche d'emploi, cette expatriation pourrait être définitive.
Méthodologie: Cette étude a été réalisée par le cabinet Deloitte sur un échantillon de 1.001
personnes, représentatif des jeunes ayant achevé leurs études, titulaires d'un diplôme de niveau
BAC à BAC+5 depuis moins de 3 ans et en poste ou en recherche d'emploi dans le secteur privé.
Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administrés en ligne du 9 au 18 janvier 2014.
Bibliographie
Blanc, Quentin. "Près d'un jeune sans diplôme sur deux est au chômage." Le
Figaro Etudiant. N.p., 3 Dec. 2013. Web. 30 Oct. 2014.
<http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/pres-d-un-jeunesans-diplome-sur-deux-est-au-chomage-3604/>.
Husson, Laure-Emmanuelle. "Chômage: les jeunes diplômés français
n'échappent pas à la galère." challenges.fr. N.p., 30 Jan. 2014. Web. 30
Oct. 2014. <http://www.challenges.fr/emploi/20140130.CHA9895/lesjeunes-diplomes-francais-n-echappent-pas-a-la-galere.html>.
Soulé, Véronique. "Les jeunes et le chômage: la situation plus mauvaise
que jamais." http://www.liberation.fr. N.p., 8 Apr. 2014. Web. 30 Oct.
2014. <http://www.liberation.fr/societe/2014/04/08/un-jeune-sur-cinqau-chomage-trois-ans-apres-la-fin-de-ses-etudes_994142>.