reboisements en chêne liege

Transcription

reboisements en chêne liege
Institut National de la Recherche Forestière
Arboretum de Bainem BP 37 Cheraga. Alger
REBOISEMENTS EN CHÊNE LIEGE
M. MESSAOUDENE Mahand
Unité de Recherche en Foresterie
Station Régionale de Tizi-Ouzou
PROBLEMATIQUE DE LA SUBERAIE ALGERIENNE
 Forte régression des suberaies productives, liée en
général à la forte dynamique des feux de forêt ;



Absence de traditions subériculturales et/ou de
sylviculture appropriée;
Fort enrésinement naturel (préoccupant)
Intensification des reboisements sans atteindre les
objectifs escomptés.
En soi, le reboisement est une méthode de régénération. Elle est indispensable pour restaurer les
formations dégradées à chêne liège. Depuis 1962 à 1980, les objectifs des reboisements en Algérie
étaient la production ligneuse et la protection des sols. Le choix du chêne liège ne figurait même pas
comme essence de reboisement. En contraire, l'enrésinement de l'aire du chêne était remarquable.
En 2000, l'administration forestière avait opté pour la politique de réhabilitation de la subéraie
algérienne, suivie d'un plan de reboisement national en chêne liège (PNR).
La proposition de projet de reboisement doit prendre en considération le contexte social et les
conditions écologiques actuelles. Le fait d’envisager des plantations de chêne liège du mois de mars
au mois avril, période suivie d’une sécheresse estivale de quatre mois, interprète directement
l’échec. Aussi, ne pas prévoir de mise en défens de ces reboisements dans les régions à vocation
pastorale, en soi, constitue une autre forme d’échec.
Que doit-on faire?
*** Parcelles favorables ou formations à chêne liège dégradées nécessitant réhabilitation et
restauration par reboisement.

Superficie des parcelles ≥ 25ha ;

Débroussailler manuellement ou mécaniquement et rootage si possible sur une
profondeur ≥ à 40cm (terrain de moins de 20%)

Assainir la parcelle : dessouchement et sous bois restant ;

Ouvrir des potêts de dimensions : 30x30x30cm au minimum ;

Reboiser avec des plants performants d’âge 6-9 mois, période : octobre à janvier ;

Reboiser avec des densités de 1500-2500plants/ha (reboisement intensif). Le
reboisement avec 600 à 1000 plants par hectare sont admis, mais à condition de
procéder à des regarnis dès observation de plants dépéris.

Clôturer les parcelles ou mise en défens des parcelles sur une période de 8-10 ans;

Arroser les plants trois (03) fois au moins au mois d’août ;

Entretiens, nettoiements et tailles périodiques obligatoires : temps de passage tous les
2 ans jusqu’à 8 d’âge, puis tous les 5 ans à partir de la 10ème année au minimum. Cette
pratique permet d’éviter les compétitions et minimiser les risques d’incendie.

La proposition de projet de reboisement doit prendre en considération le contexte
social et les conditions climatiques actuelles. Le fait d’envisager des plantations de
chêne liège du mois de mars au mois avril, période suivie d’une sécheresse estivale de
quatre mois, interprète directement l’échec. Aussi, ne pas prévoir de mise en défens de
ces reboisements dans les régions à vocation pastorale, en soi, constitue une autre
forme d’échec.

Etablir des fascicules de gestion pour les parcelles.
FACTEURS D’ECHEC PROBABLES DES REBOISEMENTS
 Manque d’arrosage après plantation ;
 Le problème de pacage ;
 Les attaques de rongeurs ;
 l’absence de d’entretien et/ou de suivis sylvicoles après plantation.
 En raison de l’absence de données quantitatives sur l’arrosage, nous ne pouvons
interpréter l’impact de cette variable sur le taux de mortalité. Néanmoins, d’après
l’enquête faites auprès des agents forestiers, il s’avère que cette opération n’est pas
respectée dans l’ensemble des parcelles et que les quantités d’eau apportées sont
faibles et non répétées pendant la période estivale, surtout au mois d’août. Cette
carence en eau peut être fatale aux plants dont le stress perdure au cours de
l’année (Aussenac G., 1973 ; Aussenac, et Levy, 1983).
 Le problème de pacage n’est pas à écarter. Au cours de nos visites répétées, nous
avons souvent constaté des troupeaux à l’intérieur des parcelles reboisées. Ici, le
problème de mise en défens reste donc poser. En soi, il constitue le facteur
aggravant de perdition. Pourquoi l’absence de clôture, sachons que dans la Mamora
(Maroc), la Sardaigne (Italie) et la Tunisie des parcelles de 1000ha sont clôturées ?
 Les attaques de rongeurs est le facteur prépondérant majeur d’échec immédiat dans
de nombreux cas. Ces rongeurs (espèces à définir) occasionnent :
 dégâts importants ; ils s’attaquent aux plants et les cisaillent au niveau du
collet. Bien que les plants se régénèrent rapidement de souche, en raison
de leur stress après plantation et l’absence d’arrosage, ils perdent leurs
vigueurs et dépérissement progressivement.
 Absence de planification d’opérations d’entretien ou de suivis sylvicoles dans les
parcelles reboisées, même à très court terme :
 Envahissement des plantations par le sous bois dense et élevé. Cette
situation se distingue plus dans les parcelles où le débroussaillement a été
réalisé manuellement, contrairement aux parcelles rootées dans lesquelles
la remontée du sous bois se fait plus lentement.
 Résultats :
1.
Augmentation du risque d’incendie après une ou deux années de
plantations (les parcelles ravagées par les feux depuis 2004
résultent de cette situation).
Etouffement des plants suite aux compétitions très accrues d’où la mortalité et la modification de
la structure des plants (tiges dressées, rampantes ou rabougries).
Entretiens des plants
L’entretien des plants deux années après la plantation est indispensable pour stimuler la productivité
des plants. La taille précoce des sujets ayant développé les rameaux latéraux, issus du
dysfonctionnement du méristème apical, est recommandée ainsi que l’opération de binage ou
crochetage autour des plants.
CONCLUSION ET PERSPECTIVE
Les forts taux de mortalité enregistrés dans le cadre ce bilan traduisent l’échec des stratégies de
reboisement adoptées dont la cause prépondérante majeure est la déficience d’entretiens postreboisement dans les parcelles reboisées à laquelle s’ajoute le problème de mise en défens.
Nous ne devons pas focaliser cet échec seulement à la qualité des plants ou bien aux manques de
résultats de recherche (ils sont nombreux). Dans ce contexte, pourquoi les reboisements en chêne
liège en Algérie étaient une réussite au cours des années 50 et pas maintenant? La raison est simple.
Dans le passé, l’administration forestière disposait d’une régie pour l’entretien et les suivis des
plantations, ce qui n’est pas le cas actuellement. Aujourd’hui, une année après la plantation, les
parcelles sont oubliées (pas de soins culturaux : nettoiement des parcelles, arrosage une année après
plantations, binage et ni élagage des plants).
Pour ne décrire que les facteurs d’échec contrôlables, l’absence de mise en défens est aussi une
contrainte dans les milieux à vocation pastorale. Comme dans tous les pays méditerranéens, la
clôture pourrait être une option.
Du point de vue économique, cet échec engendre une forte perdition financière. A raison d’un taux
moyen de mortalité de 60% et un prix avoisinant les 150000DA l’hectare reboisé, le déficit financier
par rapport au volume global de reboisement avoisine les 126 millions de Dinars en cinq années de
reboisement (2004-2009).
Dans ce cas, ne faudrait-il pas réfléchir à une autre stratégie qui assurera la réussite des
reboisements et réduire la facture? Travailler sur un volume limite dans l’espace et dans le temps,
auquel s’ajoutera une régie par circonscription pour les besoins de soins culturaux, permettra une
meilleure plus-value
Par ailleurs, la réhabilitation de la subéraie ne doit pas se résumer ou se concentrer à la seule action
de reboisement. La protection et l’aménagement durable du patrimoine productif ainsi que la
restauration des aires dégradées de chêne liège (gestion et entretien des taillis) (Messaoudène,
1994) de la wilaya doivent faire l’objet de fiches techniques planifiées. La condition sine qua non
pour la réhabilitation durable des suberaies algériennes est, à notre avis, au préalable, la
réhabilitation de la politique subériculturale, puis l’établissement d’un programme planifié à court,
moyen et long terme (Messaoudène et Laribi, 2006 ; Messaoudène et al, 2006). Celle-ci doit être
continuelle et non conjoncturelle.
SYLVICULTURE
« Traitement des suberaies »
Itinéraire technique de conduite des peuplements de Chêne-liège
Les tableaux ci-après récapitulent les orientations de gestion des suberaies en fonctions de l’état
des peuplements et des conditions stationnelles.
Types de situation
Orientations de gestion
Parcelle défavorable, avenir
de production compromis

Parcelle favorable,
potentiellement
intéressantes et avec
régénération naturelle.
 Dégagement et dépressage de la régénération ;
Observations
On attribue au peuplement uniquement une
fonction de protection des sols vis-à-vis de l’érosion.
Pas de travaux sylvicoles à envisager.
 Protection des jeunes plants, mise en défens quand
la suberaie est pâturée ;
 Tailles de formation et élagages ;
 Enrichissement dans les trouées ;
 Elimination des semenciers improductifs.
Parcelle favorable,
régénération absente mais
on tente de l’acquérir
naturellement (cas de
semenciers viables)
 Débroussaillement : ouverture du peuplement pour Travaux de dégagement de la
favoriser la régénération (mise en lumière);
régénération indispensables
dans les premières années.
 Crochetage du sol : augmenter la réceptivité du sol
et favoriser l'apparition de drageons) ;
 Mise en défens quand la régénération est acquise
(si pâturage de la suberaie) ;
 Elimination des semenciers improductifs quand la
régénération est acquise.
Parcelle favorable,
régénération absente, mais
on l’obtiendra par
plantation.
 Débroussaillement ;

Travaux de dégagement
puis de taille de formation
indispensables dans les
premières années ;

La période de plantation
est fixée d’octobre à
janvier ;

Arrosage des plants
obligatoire pendant la
 Ouverture de potets travaillés (30 x 30 x 30) ;
 Plantation : densité selon le taux de couverture et
la densité du peuplement en place ;
 Protection des plants, mise en défens si pâturage
de la suberaie ;
 Elimination des semenciers improductifs quand la
régénération est acquise.
Parcelle favorable et
dégradée, mais nécessitant
une totale restauration
 Débroussaillement totale ;
période estivale
 Ouverture de potets travaillés (30 x 30 x 30) ;
 Plantation : densité 1200 pl/ha
 Protection des plants, mise en défens si pâturage
de la suberaie (clôture indispensable) ;
 Entretien des plants en deuxième années (binage,
taille)
Conduite de futaies adultes
pure, de structure régulière,
clair (densité < à 400
tiges/ha) et densité
moyenne à forte (> à
600tiges/ha).
L’objectif est de conduire ce type de peuplement selon des
règles de culture de la futaie régulière. On favorisera le
développement des classes de diamètres dominantes de
manière à obtenir un peuplement adulte équienne.
Travaux à réaliser dans les peuplements à faible densité
 Débroussaillement de pénétration ;
 Eclaircie sanitaire (élimination des arbres tarés et
dépérissants) et sélective légère (si présence de
cépée, affranchir un brin par cépée). Compte-tenu
de la faible densité initiale, on s’attachera à
conserver un maximum de tiges ;
 Densité optimale après éclaircie 350 tiges/ha ;
 Enrichissement éventuel dans les grandes trouées
(supérieur à 1000 m²) à raison de 40 plants/are ou
dégagement de la régénération naturelle si elle est
présente (augmentation de la densité : 400 à 500
tiges par hectare) ;
 Taille et élagage.
Travaux à réaliser dans les peuplements à densité
moyenne :
 Débroussaillement de pénétration ;
 Eclaircie sélective lorsque les brins se
concurrencent -Eclaircie sanitaire (élimination des
arbres tarés et dépérissants) ;
 Densité optimale après éclaircie : 500 à 750
tiges/ha ;
 Taille et élagage ;
 Les intensités d’éclaircies
sont à prendre de manière
indicative car variables en
fonction des densités
initiales ; les houppiers ne
doivent pas se
concurrencer et doivent
maintenir un couvert de
30 à 40 % après éclaircie.
 Gestion à long terme : une
fois les premiers travaux
sylvicoles réalisés on
interviendra après chaque
levée (12 à 15 ans) en
effectuant une éclaircie
sanitaire (élimination des
arbres improductifs).
 Densité finale : 300 à 350
tiges/ha.
 Par rapport aux stades
d’évolution de la futaie
régulière, les parcelles
sont parcourues par des
éclaircies sélectives et
progressives jusqu’à
l’obtention de la densité
souhaitée. Les soins
culturaux envisageables
dans ce cas sont :

Dégagement dans les
semis et dans le fourré ;

Dépressage et
nettoiement du stade
fourré à gaulis ;

Eclaircies par le bas et le
haut dans les futaies
 Démasclage des lièges mâles, levée des lièges
dégradés.
denses

Peuplement à structure
régulière et à forte surface
terrière > à 15m²/ha) :
 peuplement à bois
moyens et/ou gros bois
et à faible densité < à
400 tiges/ha).
Peuplement dense (> à 900
tiges/ha), à dominance de
petits bois et bois moyens.
 Débroussaillement de pénétration ;
 Cette éclaircie sanitaire
servira de coupe
 Eclaircie sanitaire : Compte-tenu de la faible
d’ensemencement de
densité initiale et de l’objectif de production de
manière à provoquer la
liège, on gardera un maximum de tiges. Densité
régénération naturelle
après éclaircie
dans les trouées
effectuées. Elle peut être
 380 à 400 tiges/ha.
assistée soit par un travail
localisé du sol, soit par
 Taille et élagage ;
plantation.). Dans le cas
Gestion à long terme : Eclaircie sanitaire après chaque
où la régénération est déjà
levée, tous les 12 à 15 ans. Au fur et à mesure des levées de
présente, on effectuera un
liège, les arbres dépérissants et improductifs
dépressage et les
différentes éclaircies dans
(blessures importantes, impossibilité de récolte,
les divers stades.
parasitisme important…) seront éliminés. On obtiendra
petit à petit un peuplement (futaie) régénéré par bouquet,
à structure régulière ou irrégulière, en fonction de la durée
de renouvellement du peuplement.
 Débroussaillement de pénétration ;
 Eclaircie sélective et sanitaire au profit des classes
dominantes. L’objectif est de diminuer fortement
la densité actuelle dans les perches et les petits
bois.
 Densité optimale après éclaircie : 700 à 800
tiges/ha ;
 Taille et élagage ;
Parcelles favorables, mais
dégradées nécessitant
réhabilitation et
restauration par
reboisement.
Taille des individus.
 Superficie des parcelles ≥ 25ha ;
 Débroussailler manuellement ou
mécaniquement et rootage si possible sur une
profondeur ≥ à 40cm (terrain de moins de 20%)
 Assainir la parcelle : dessouchement et sous bois
restant ;
 Ouvrir des potêts de dimensions : 30x30x30cm au
minimum ;
 Reboiser avec des plants performants d’âge 6-9
mois, période : octobre à janvier ;
 Reboiser avec des densités de 15002500plants/ha (reboisement intensif). Le
Les intensités d’éclaircies sont
à prendre de manière
indicative car variable en
fonction des densités initiales ;
les houppiers ne doivent pas
se concurrencer et doivent
maintenir un couvert de 30 à
40 % après éclaircie.
Gestion à long terme : Eclaircie
sélective après chaque levée,
tous les 12 à 15 ans (intensité
d’éclaircie : 8 à 10 % ).

La proposition de projet
de reboisement doit
prendre en considération
le contexte social et les
conditions écologiques
actuelles. Le fait
d’envisager des
plantations de chêne liège
du mois de mars au mois
avril, période suivie d’une
sécheresse estivale de
quatre mois, interprète
directement l’échec. Aussi,
ne pas prévoir de mise en
défens de ces
reboisement avec 600 à 1000 plants par hectare
sont admis, mais à condition de procéder à des
regarnis dès observation de plants dépéris.
 Clôturer les parcelles ou mise en défens des
parcelles sur une période de 8-10 ans;
 Arroser les plants trois (03) fois au moins au mois
d’août ;
reboisements dans les
régions à vocation
pastorale, en soi, constitue
une autre forme d’échec.

Etablir des fascicules
de gestion pour les
parcelles.
 Entretiens, nettoiements et tailles périodiques
obligatoires : temps de passage tous les 2 ans
jusqu’à 8 d’âge, puis tous les 5 ans à partir de la
10ème année au minimum. Cette pratique permet
d’éviter les compétitions et minimiser les risques
d’incendie.
Peuplement à structure
irrégulière (toutes les classes
de diamètres sont
représentées), surface
terrière faible (< à 15
m²/ha).
Peuplement clair, densité
faible (< à 600 tiges/ha) à
dominance de perches,
petits bois et bois moyens
(réf IML)
Types de situation
 Débroussaillement de pénétration ;
Dans ce cas, l’objectif est de
conduire ce type de
 Favoriser la régénération. Si celle-ci est présente, il peuplement selon des règles
est nécessaire de réaliser des dégagements et des de culture de la futaie
tailles de formation. Dans le cas contraire, il est
irrégulière. On conservera le
indispensable d’assister la régénération par des
maximum d’arbres productifs
travaux d’ouverture du maquis
(circonférence > à 70 cm) tout
(débroussaillement, travaux du sol) ou par
en conservant et en favorisant
enrichissement dans les trouées ;
le renouvellement des arbres.
Celui-ci s’effectuera par
 Eclaircie sanitaire (arbres tarés et dépérissants) ;
régénération naturelle par
bouquet et dans les trouées
 Taille et élagage.
créées par élimination des gros
bois surannés et improductifs.
Ce type de gestion évite les
trous de production et assure
une régénération continuelle
du peuplement. En revanche
les travaux d’éclaircie
nécessaires à la croissance des
tiges en production seront plus
compliqués à réaliser car il est
nécessaire de conserver le
maximum de classes de
diamètres pour assurer un
équilibre continuel du
peuplement (nécessité d'un
marquage sélectif des arbres).
Orientation de gestion
Observations
Peuplement à structure
irrégulière (toutes les classes
de diamètres sont
représentées), surface
terrière forte (> à 15 m²).
Peuplement à forte densité
(> à 900 tiges/ha) à
dominance de perches,
petits bois (IML)
 Débroussaillement de pénétration ;
 Diminution forte de la densité dans les perches et
petits bois. On éliminera les brins concurrencés,
étêtés, tarés et dépérissants. On conservera un
maximum de
 gros diamètres (peu nombreux dans le
peuplement).
 Densité optimale après éclaircie : 700 tiges/ha.
 Taille et élagage.
Là aussi, l’objectif est de
conduire ce type de
peuplement selon des règles
de culture de la futaie
irrégulière. Il est nécessaire de
diminuer l’effectif trop
important de perches et petits
bois. Ceux-ci se concurrencent
fortement. L’objectif est
d’accroître leur diamètre par
des travaux d’éclaircie. On ne
se préoccupera pas, dans un
premier temps, de la
régénération, et ce en raison
de la forte densité du
peuplement et de la
répartition des classes d’âge.
Gestion à long terme :
Compte-tenu de la faible
densité de gros bois et de la
forte proportion de bois
moyens, on ne pourra pas
diminuer trop fortement la
proportion de ces derniers,
sous prétexte de se rapprocher
de la courbe optimale pour les
peuplements irréguliers.
A la prochaine levée de liège,
on diminuera légèrement la
densité des classes de
diamètres 10, 15 et 20. En
règle générale, chaque
éclaircie tendra à favoriser la
régénération naturelle.
Futaie de Chêne liège en mélange
La présence de formations de chêne liège en mélange principalement avec le chêne zéen, le pin
d’Alep et le pin maritime mérite une attention particulière. Si l’objectif de l’aménagement est la
réhabilitation de la suberaie, dans les conditions favorables au chêne liège, l’élimination des
essences envahissantes est envisageable. Le cas du pin d’Alep dans la région centre-ouest et du pin
maritime dans la région centre-est d’Algérie en est un exemple atypique. La forte propagation de
régénération naturelle de ces deux essences peut nuire d’avantage l’avenir du chêne liège.
Types de situation
Orientation de gestion
Peuplement à densité moyenne
de Chêne-liège (> à 600 tiges/ha)
à dominance de perches, petits
bois et bois moyens, surface
terrière moyenne (> à 15 m²).
L’objectif est de conduire ce type de peuplement
selon des règles de culture de la futaie régulière.
On éliminera les essences accompagnatrices afin
de diminuer la densité trop importante. On
favorisera le développement des classes de
diamètres dominantes de Chêne-liège de
Densité plus ou moins importante manière à obtenir un peuplement adulte
de l’essence accompagnatrice (P. équienne de Chêne-liège.
d’Alep ou P. maritime).
TRAVAUX SYLVICOLES A REALISER :
 Débroussaillement de pénétration ;
 Elimination des autres essences et
éclaircie sélective dans le Chêne-liège
(perche et petits bois).
 Densité optimale après éclaircie : 450 à
600 tiges/ha.
 Taille et élagage.
Gestion à long terme : une fois les premiers
travaux sylvicoles réalisés, on interviendra après
chaque levée (12 à 15 ans) en éliminant les
essences accompagnatrices qui concurrencent le
Chêne-liège et en effectuant une éclaircie
sanitaire (élimination des arbres improductifs et
envahissants).
Densité finale : 300 à 350 tiges/ha.
Observations
Les intensités d’éclaircie sont à
prendre de manière indicative car
variables en fonction des densités
initiales ; les houppiers ne doivent pas
se concurrencer et doivent maintenir
un couvert de 30 à 40 % après
éclaircie.
Peuplement à structure
L’objectif est de conduire ce type de peuplement
irrégulière, surface terrière forte selon des règles de culture de la futaie
(> à 15 m²).
irrégulière. On travaillera au profit du Chêneliège en éliminant les essences accompagnatrices
Peuplement à forte densité (> à (diminution de la densité). La régénération de ce
600 tiges/ha) et Forte densité
type de peuplement se fera au fur et à mesure
des essences accompagnatrices. de l’élimination des gros bois dépérissants et les
essences envahissantes représentées par de gros
bois (régénération dans les trouées).
Les intensités d’éclaircie sont à
prendre de manière indicative car
variables en fonction des densités
initiales ; les houppiers ne doivent pas
se concurrencer et doivent maintenir
un couvert de 30 à 40% après éclaircie
.
TRAVAUX SYLVICOLES A REALISER :
Peuplement à structure
irrégulière, surface terrière
moyenne (< à 15 m²).
- Faible densité de chêne liège
(< à 600 tiges/ha)
- Plus ou moins importante
densités de P. d’Alep et P.
maritime (Réf. IML)

Débroussaillement de pénétration ;

Eclaircie forte dans les autres essences
et éclaircie sanitaire du Chêne-liège.

Densité optimale après éclaircie : 550 à
650 tiges/ha ;

Taille et élagage.
L’objectif est de maintenir ce type de
IDEM
peuplement selon des règles de culture de la
futaie irrégulière. On travaillera au profit du
Chêne-liège (élimination des autres essences) en
maintenant l’irrégularité du peuplement dans
toutes les classes de diamètres. On favorisera les
perches, petits bois et la régénération de chêneliège, souvent en concurrence avec l’essence
envahissante. La régénération de ce type de
peuplement se fera au fur et à mesure de
l’élimination des gros bois dépérissants.
TRAVAUX SYLVICOLES A REALISER :

Débroussaillement de pénétration ;

Elimination des autres essences quand
elles concurrencent le Chêne-liège et sa
régénération ;

Densité optimale de Chêne-liège après
éclaircie : 550 à 600 t/ha, si la

densité du chêne-liège n’est pas
suffisante, on conservera des tiges
d’essence accompagnatrice. On évitera
ainsi l’explosion du maquis ;

Dégagement et dépressage de la
régénération des espèces envahissantes
si elle est présente ;

Taille et élagage.
La suberaie de structure
jardinée : équilibre des classes
d’âge ou de diamètre.
Le but recherché est l’équilibre des classes d’âge
des individus dans chaque parcelle, de telle sorte
à favoriser la discontinuité horizontale et
verticale du peuplement.
TRAVAUX SYLVICOLES A REALISER :
 Recourir aux regarnis dans les
peuplements caractérisés par la
déficience de la régénération
naturelle et aux coupes préparatoires ;
 Repeupler ou reboiser les parcelles
dégradées ;
 Pratiquer les coupes jardinatoire dans
tous les cas de figure ;
 Dans le cas de la reconversion de la
futaie régulière, les opérations
envisagées sont les coupes
d’ensemencement et sanitaires,
complétée par des coupes jardinatoires.
Compte tenu de l’objectif fixé, à savoir
créer le déséquilibre en faveur des
classes les plus jeunes, la reconversion
de la structure initiale impose le
sacrifice de plusieurs arbres dont l’âge
est supérieur ou égal à la moyenne ;
 Etablir des inventaires périodiques
(périodicité de 5 ans) dans les
reboisements et parcelles traitées. Ils
permettent d’évaluer l’impact des
diverses coupes et éclaircies sur la
distribution des classes de diamètre et,
éventuellement, d’intervenir pour
corriger la tendance.
Les fréquences des classes de
diamètre en fonction de l’âge des
arbres doivent s’ajuster à une
fonction exponentielle négative. Le
forestier peut opter pour la futaie
jardinée par pieds d’arbre, la futaie
jardinée par groupes d’arbre. Pour
cette dernière, l’objectif consiste à
créer et répartir systématiquement
des bouquets de divers âges dans la
parcelle.
Taillis à chêne liège.
Il s’agit d’un régime forestier issu de la régénération par rejets de souche. De ce point de vue, le
chêne liège présente une excellente capacité à se régénérer par rejets. Toutefois, elle est très
influencée par l’âge des arbres. Ce régime est assez fréquent dans les suberaies incendiées avec ou
sans travaux d’assainissement. Le plus souvent, à l’âge de 22 à 40 ans (tout dépend de la fertilité des
parcelles), suite à la sélection naturelle, les cépées se composent d’au moins quatre brins. La
reconversion de ce taillis en futaie sur souche est possible si des opérations sylvicoles sont adoptées.
Aussi, le forestier peut le faire évoluer vers la structure composée du taillis sous futaie. L’objectif,
dans ce cas, est d’éduquer les brins d’élite du taillis en semenciers qui permettront d’assurer la
régénération naturelle.
Types de taillis
Orientation de gestion
Taillis sous futaie
L’objectif consiste à créer dans le peuplement deux régimes :
le taillis « étage dominé » et la futaie « étage dominant ». En
Algérie, cette structure est assez fréquente dans les
peuplements incendiés et assainis ou marqués par des délits.
La conduite de ses deux régimes est :

Prélever 40-50% des arbres du peuplement dans le
but de former la formation du taillis, arbres aptes à
rejeter de souches. A l’abattage, la souche doit
présenter un plan de coupe oblique et une hauteur
de coupe de 20cm, et ce pour assurer son bon état
sanitaire ;

A la 4ème année, procéder au premier dépressage
dans la cépée. A à cet âge, la cépée est composée
d’un nombre de brins élevé et où les compétitions
sont très accrues. Cette opération doit être modérée
et progressive pour éviter la fragilisation de la
souche. Le nombre de brins à prélever doit
correspondre à 50% ;

A l’âge de 10 ans, une 2ème éclaircie doit être
pratiquée pour éliminer les rejets issus de l’éclaircie
précédente et ceux mal formés. Le taux de
prélèvement est tributaire de la densité des cépées. Il
est proposé de maintenir deux brins par souche à
ère
l’âge de 25 ans, âge moyen de la 1 opération de
démasclage ;

Procéder à la taille des brins à chaque opération de
dépressage et d’éclaircie ;

En cas de dépérissement d’un arbre ou plus dans la
futaie, procéder à son remplacement. Le recrutement
peut se faire dans la cépée en choisissant le meilleur
brin.
Observations

Etablir des fiches descriptives
des parcelles et les suivre
périodiquement par des
inventaires pour apprécier la
dynamique et l’évolution de
la régénération par rejets de
souche et d’en déduire les
opérations sylvicoles à
mener ultérieurement.
Taillis simple pur à 80% L'objectif est de convertir ce type de peuplement en futaie sur
et dominance de rejets souche. On affranchira un à deux brins par cépée. On
à plus de 65%
favorisera les brins de franc-pied. Le peuplement sera conduit
selon les règles de la futaie régulière.
TRAVAUX SYLVICOLES A REALISER :
Débroussaillement de pénétration ;
Dépressage des cépées (affranchissement de 1 à 3 brins par
souche). En fonction de la densité initiale, cette conversion
devra se faire en 1 ou 2 fois et notamment lorsque le nombre
de cépées est inférieur à 200 par hectare. Dans ce cas, on
favorisera la régénération (dégagement de la régénération, si
elle est présente ou enrichissement) ;
Densité optimale après éclaircie : 550 à 750 tiges/ha.
Taille et élagage.
Gestion à long terme : à la première levée (70 cm de
circonférence), on éclaircira de façon à ne conserver plus
qu'un brin par cépée. Une fois la conversion en futaie sur
souche terminée, on traitera ce peuplement selon les règles
de la futaie régulière.
NB : Les intensités d’éclaircie sont à
prendre de manière indicative car
variables en fonction des densités
initiales ; les houppiers ne doivent pas
se concurrencer et doivent maintenir
un couvert de 30 à 40 % après
éclaircie .
Gestion durable des suberaies.
La gestion durable des suberaies doit être basée sur un ensemble de travaux codifiés et suivis à
court, moyen et long termes d’où l’idée de revenir sur les méthodes anciennes « l’établissement de
fascicules de gestion des suberaies. Développée, cette approche permettra d’envisager :
•
La certification de la gestion forestière durable (volets aménagement, exploitation,
environnement, social),
•
La certification de la chaîne d'approvisionnement et de transformation de la forêt au
consommateur final (plus communément appelée chaîne de traçabilité).

Les fascicules de gestion doivent comprendre par parcelle ou série :
 Cartes parcellaires numérisées et géo référenciées
 Historiques des parcelles
 L’essence dominante ou principale
 L’essence dominé ou secondaire
 Le type de structure
 Le régime forestier
 La densité à l’hectare
 Hauteur dominante
 Hauteur de démasclage moyenne pratiquée
 Hauteur de démasclage théorique
 Le recouvrement en % des strates
 Les volumes réalisables et présumés réalisables
 Description périodiques des travaux réalisés.

Formation du personnel forestier : spécialiser des équipes techniques forestières dans le
domaine de la subériculture.
 Travaux forestiers : les entreprises doivent former des équipes permanentes de travaux en
milieu subéricole
 Conservation des forêts : chaque circonscription doit avoir une équipe d’ouvriers
permanents et polyvalents bien formée pour suivre les travaux ultérieurs tels que : les
reboisements, l’assainissement des suberaies, l’éducation des taillis, l’entretien des dépôts
de liège.