Recherche en Economie Quantitative par les Centres de
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Recherche en Economie Quantitative par les Centres de Recherche Nationaux : Diagnostic pour le Mali Diéry Seck CREPOL B.P. 29981 Dakar Yoff, Sénégal Décembre 2010 TABLE DES MATIERES Introduction Partie 1. Analyse descriptive de la recherche en économie quantitative au Mali 1.1. La production de chercheurs en économie au Mali 1.2. Les chercheurs en économie quantitative au Mali 1.3. L’organisation de la recherche au Mali 1.4. Les liens avec les décideurs 1.5. Le soutien des bailleurs de fonds à la recherche en économie quantitative Partie 2. Dynamisme de la recherche au Mali : facteurs explicatifs 2.1. Degré d’adéquation des ressources financières et humaines 2.2. Fuite des cerveaux 2.3. Isolement vis-à-vis de la communauté de la recherche 2.4. Capacités de gestion 2.5. Structure organisationnelle et développement institutionnel 2.6. Qualité et constance des relations avec les décideurs Partie 3. Etudes d’impact au Mali 3.1. Etudes d’impact au Mali 3.2. Etudes d’impact et renforcement des capacités de recherche en économie quantitative Conclusion du rapport 1 Introduction Après plus de 50 ans d’indépendance le Mali a réalisé des progrès économiques significatifs surtout quant à son produit intérieur brut per capita qui a connu une croissance fulgurante au cours de la dernière décennie. Cependant, il reste l’un des pays les plus pauvres du monde et parmi les moins favorisés au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Son Indice de Développement Humain le place continuellement parmi les cinq pays les moins bien classés du monde. Au regard de cette situation le pays a besoin d’accomplir de grands progrès économiques et sociaux grâce à des politiques appropriées et dont la recherche économique devrait constituer un pilier majeur. L’objectif de la présente étude est d’évaluer les capacités des centres de recherche économique à conduire la recherche quantitative en économie pour aider les décideurs publics à formuler des stratégies de développement qui seront couronnées de succès. Le cas du Mali est emblématique de beaucoup de pays africains au sud du Sahara dont les niveaux de développement sont comparables; les leçons qui se dégageront de l’étude pourront sans nul doute être applicables à une grande partie du Continent. L’étude consiste à faire l’inventaire des capacités actuelles des institutions de formation et des centres de recherche, d’étudier leurs liens entre eux, leur collaboration avec la communauté scientifique internationale, les décideurs publics et les bailleurs de fonds, et d’identifier les opportunités et obstacles qu’il faudrait prendre en compte dans toute stratégie de développement des capacités nationales. Le bilan actuel du Mali semble indiquer que toutes les politiques du passé n’ont pas eu l’effet escompté. C’est pour cette raison que l’accent sera mis sur les études d’évaluation d’impact comme outil analytique de prédilection pour aider le pays dans sa difficile marche vers le développement. Dans la première partie, un diagnostic des capacités des institutions de formation et de recherche est fait et les principales caractéristiques de celles-ci présentées. Ensuite la deuxième partie évalue les forces et faiblesses de ces institutions au regard de leurs missions respectives et les opportunités qui se présentent. Enfin, leur expérience en matière d’études d’évaluation d’impact est examinée et les moyens de renforcer leurs capacités dans ce domaine sont explorés. Partie 1. Analyse descriptive de la recherche en économie quantitative au Mali 1.1. La production de chercheurs en économie au Mali La formation en économie au Mali s’est pendant longtemps limitée aux programmes qu’offre la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de l’Université de Bamako, seule université publique du pays. Elle s’est récemment étendue aux programmes de l’Université privée Mandé Bukari de Bamako qui offre une Maîtrise, un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) et un Doctorat en socio-économie. Le DEA en économie de l’Université de Bamako s’intitule DEA en Analyse et Pratiques du Développement (DEA/APD). Pour l’année universitaire 2010-2011, ses effectifs sont de 32 étudiants avec un taux de réussite attendu de 90%. La formation inclut l’apprentissage de l’économétrie et des statistiques. En outre, en tant qu’université participant au Nouveau Programme de Troisième Cycle Inter-universitaire (NPTCI), programme de DEA dispensé en commun par les universités francophones de l’Afrique sub-saharienne, l’Université de Bamako envoie pour une formation en DEA en moyenne 5 étudiants maîtrisards dans les 2 autres universités de la sous-région (Ouagadougou, Abidjan, Dakar). Le NPTCI est un programme sélectif et attire les meilleurs candidats des universités participantes. Deux facteurs défavorables limitent la portée de la formation des économistes au Mali. Le premier réside dans l’absence d’un véritable programme de doctorat dans le pays et l’insuffisance de la qualité et de la quantité de la recherche économique. Les programmes de DEA ne peuvent donc pas profiter du climat scientifique qui en aurait résulté. La deuxième contrainte provient du faible nombre d’enseignants de rang A (Professeurs et Maîtres de conférence) pour dispenser les cours de DEA. Le domaine des méthodes quantitatives en est une parfaite illustration. En conséquence, le faible nombre de diplômés du DEA, l’absence d’un programme de Doctorat de qualité et l’insuffisance du nombre d’enseignants qualifiés ne contribuent pas à une préparation adéquate dans le pays d’économistes capables de conduire de la recherche en économie quantitative. 1.2. Les chercheurs en économie quantitative au Mali Le monde de la recherche économique au Mali frappe par ses différents contrastes. Premièrement, bien que le pays ait une université nationale, il n’a pas pu acquérir une image de prestige scientifique de niveau comparable au Sénégal, à la Côte d’Ivoire ou au Cameroun bien que ces pays soient de tailles approximativement similaires. Au cours des ans, ils ont augmenté le nombre d’universités publiques alors que le Mali n’en a qu’une après plus de 50 ans d’indépendance. En effet, le Mali ne s’est tardivement doté d’une université que dans les années 1990, car au lendemain de l’indépendance le choix s’est porté d’abord sur les grandes écoles telles que l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), l’Ecole Nationale d’Ingénieurs (ENI), l’Ecole de Médecine et l’Institut Polytechnique Rural (IPR) de Katibougou. Le deuxième contraste réside dans la forte demande des décideurs pour les services des chercheurs et le faible nombre d’économistes capables de conduire des études de qualité ou simplement dont le rayonnement est comparable à celui des principaux chercheurs des pays voisins. Du fait du retard du Mali en matière de recherche économique il est le seul grand pays de l’Afrique francophone au sud du Sahara à avoir le statut mineur de pays à université de Catégorie A dans le cadre du Nouveau Programme de Troisième Cycle Inter-Universitaire (NPTCI). Cette situation défavorable qu’explique en partie la longue période socialiste du pays qui avait aussi influencé l’enseignement supérieur est illustrée par le très grand nombre d’enseignants de l’Université de Bamako qui restent au grade initial d’assistants pendant toute leur carrière avec peu de recherche et de publications à leur actif. Comme nous le verrons plus loin, le Mali est l’un des grands pays membres du Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) qui a le moins d’enseignants en économie de rang A. En conséquence, les responsables des centres de recherche et de la FASG font face au défi de trouver des chercheurs bien formés et capables de participer à la vie scientifique nationale et internationale. Cependant, la nouvelle génération de chercheurs formés dans le cadre du NPTCI semble apte à relever le défi de l’excellence pourvu que les conditions adéquates lui soient offertes. 3 En comparaison aux pays voisins tels que le Sénégal et la Côte d’Ivoire le métier de chercheur est assez mal rémunéré au Mali car un Assistant de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FSEG), a un salaire mensuel moyen de 250.000 francs CFA, un Maitre-assistant 275.000 francs, un Maitre de conférence 350.000 francs et un Professeur 450.000 francs. Les salaires des mêmes postes sont environ trois fois plus élevés au Sénégal et en Côte d’Ivoire et s’y ajoutent des allocations de recherche et des conditions de travail meilleures qu’au Mali. Les salaires maliens sont comparables à ceux pratiqués au Burkina Faso. Il faut également noter une faible participation féminine dans la profession et des perspectives de carrière peu reluisantes pour les jeunes chercheurs. En effet, la trajectoire de carrière dépend des décisions du Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) dont le système de promotion est considéré comme malthusien et compétitif. En outre, l’Etat malien ne peut autoriser la budgétisation d’un grand nombre de postes de rang A du fait de ses contraintes financières et les candidats des autres pays bénéficient d’une meilleure préparation car jouissant d’un cadre académique plus favorable. 1.3. L’organisation de la recherche au Mali Une des caractéristiques du Mali est l’absence presque totale de recherche économique à l’Université bien que la mission de la FSEG incluse celle-ci. L’enseignement occupe l’intégralité du temps des enseignants qui souvent dispensent des cours dans des institutions privées du pays. Aussi, l’activité de recherche économique n’est conduite que dans les centres et instituts de recherche notamment le Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique (GREAT), la Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP), l’Institut d’Economie Rurale (IER) et le centre Innovations for Poverty Action (IPA). Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique (GREAT) ; www.greatmali.net Créé depuis une dizaine d’années, le GREAT a pour vocation toute intervention de conseil, formation, recherche, publication, assistance et promotion de la science et de la culture en faveur du Mali. Ses activités, conformément à l’accord–cadre qu’il a signé avec l’Etat en juillet 2009, consistent essentiellement à faire de la recherche, la formation et la publication. Le conseil et l’assistance ne sont pas encore suffisamment développés. Les activités de recherche et de publication se concentrent sur l’édition des « Cahiers du GREAT » qui sont des rapports de recherche publiés sous forme de fascicules individuels. Le Centre en a publié 33 à ce jour. L’activité de recherche se caractérise par une grande diversité des thèmes qui couvrent la pauvreté, la croissance économique, la politique industrielle, la politique commerciale, l’endettement, la gouvernance, l’intégration régionale, et la vulgarisation des techniques économétriques. Le Centre va bientôt publier une série de « Policy Briefs » qui vont résumer les résultats de ses travaux et viseront les décideurs publics du pays. En matière de formation, le GREAT a offert des cours à l’intention des employés de l’Administration publique malienne dans les domaines des techniques quantitatives (économétrie, Modèle Calculable d’Equilibre Général (MCEG)), notamment au Ministère de l‘économie et des finances et à la Caisse de retraite. Le Centre met également l’accent sur la formation de son propre personnel. Ainsi, avec l’aide du Réseau de Recherche Pauvreté et 4 Analyse de Politiques (PEP) il a formé 7 de ses chercheurs au MCEG. Du fait de ses liens étroits avec la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, le GREAT anime des séminaires pour les étudiants de maîtrise, parfois de concert avec des chercheurs étrangers en visite au Mali. Tableau 1. Répartition du personnel scientifique de GREAT Grade Chercheur sénior Hommes Femmes Total 1 0 1 3 1 4 4 1 5 Chercheurs Total Source : GREAT. Sur les 5 chercheurs du Centre un a le doctorat, un est inscrit en thèse en France, un a le Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) et deux ont la maîtrise. A part le Directeur, tous les chercheurs ont moins de 40 ans et ont rejoint le Centre en 2009. Un des chercheurs a été recruté en 2007. Le GREAT a pu effectuer cette augmentation de son personnel grâce à l’appui financier institutionnel de l’Initiative Think Tank du Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI). Les conditions de travail au sein du Centre sont considérées comme bonnes grâce également à la subvention du CRDI. La moyenne des salaires mensuels est de 200.000 francs CFA. Malgré son personnel réduit le GREAT s’efforce de collaborer avec les décideurs publics. Ainsi, outre les programmes de formation qu’il offre aux fonctionnaires de l’Etat, il conduit à titre gracieux des études sur la pauvreté pour le compte de la Cellule du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). Il est aussi membre du Secrétariat technique du Comité de prévision et de modélisation de la Direction nationale de la planification du développement au Ministère de l’économie et des finances. Le Centre envoie toutes ses publications au CSLP. Sa collaboration avec les autres centres est inégale car consistant en des échanges de publications avec l’Université Mandé Boukari et des séminaires organisés à l’Université de Bamako. Les liens avec les bailleurs de fonds sont plus fructueux. Outre la subvention de l’Initiative Think Tank, le GREAT travaille avec la Coopération suisse dans le domaine de l’économie locale, avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur le développement humain au Mali, le Fonds d’Equipement des Nations Unies (FENU) également sur l’économie locale et Afrobaromètre sur des sondages portant sur la démocratie, la gouvernance et la réforme économique. L’unique expérience du Centre en matière d’étude d’évaluation d’impact a porté sur une collaboration avec le centre de recherche international Innovations for Poverty Action (IPA) mais celle-ci n’a pas été concluante. 5 GREAT présenté par GREAT Institution de recherche indépendante, GREAT (Groupe de recherche en économie appliquée et théorique) est doté d’une autonomie administrative et de gestion qui opère dans les domaines de la recherche, de la formation et des publications. Il ambitionne de se positionner sur le terrain de l'aide à la décision par des évidences empiriques à l'aide d'outils méthodologiques éprouvés. Aussi, ses objectifs stratégiques se résument-ils en l'influence politique, l'information publique, le partage du savoir par la formation, l'influence des partenaires surtout des partenaires financiers et autres acteurs internationaux du développement et la performance organisationnelle. savoir et de l'innovation. Aussi, "produire du savoir" demeure sa vision de tous les instants. A cet effet, il aspire à être un centre indépendant de recherche de haut niveau reconnu comme tel à l'aune des standards internationaux les plus pertinents par ses méthodologies de haut standard, ses capacités de recherche et de formation basées sur les systèmes de connaissances les plus en vue et pour la qualité de ses publications. Sa contribution au développement de l'économie du savoir au Mali passera par la réflexion et une diffusion de ce savoir en vue de son application à la résolution des problèmes de développement auxquels le pays est confronté. GREAT est une association de recherche à but non lucratif et signataire d'accord cadre avec l'État sous le numéro de récépissé n 001079 en date du 01 juillet 2009. Auparavant, le groupe a bénéficié d’une expérience d'association de 10 ans avant sa transformation en ONG. En faveur du savoir, GREAT envisage la création d’un Master 2 en économie quantitative qui contribuera à faire du Mali un pays qui compte en matière de sciences et politiques économiques et un pôle d'excellence sous-régional dans la formation en modélisation et évaluation d'impacts des politiques. Dans ce domaine comme dans celui des travaux de recherche et de formation, GREAT se fonde sur un partenariat fécond avec les organisations sous-régionales et internationales avec qui il a déjà une expérience de collaboration e.g. CRDI, réseau Afrobaromètre, ACBF, AERC, PEP, TTI, etc.. Au plan institutionnel, GREAT est dirigé par un Conseil d’administration de 5 membres qui valide le plan stratégique et définit les grandes orientations du groupe. L'équipe technique est dirigée par un Directeur exécutif et se compose de 4 départements (Administration et finances, Etudes et recherche, Enseignement et formation, Information communication) dirigé chacun par un Responsable. Tous les 5 membres de cette équipe sont des chercheurs. 1. 2. Des valeurs Comme toute organisation, GREAT fonde ses travaux de recherche, de formation et de diffusion du savoir sur des valeurs ou principes qui ont et continuent de guider ses activités. Au nombre de ces valeurs, on retiendra une recherche de qualité fondée sur l'exigence de méthodologies rigoureuses Une vision GREAT ambitionne de contribuer significativement à sortir les intellectuels maliens du statut de consommateurs passifs du savoir des autres en producteurs du 6 et éprouvées pour traiter des questions de politique économique, la pertinence, l’innovation et l’utilité sociale. En matière de formation, GREAT travaillera sur la modélisation en équilibre général calculable, la conception et l'élaboration de plans de développement économique local, le montage des cartes de pauvreté, l'analyse en composantes principales, la modélisation économétrique. En outre, GREAT envisage d’ouvrir une formation diplômante, le Master 2 en économie quantitative calculable (MEQC) en partenariat avec l'Université de Bamako et des partenaires universitaires du Nord. GREAT entend favoriser un changement qualitatif de notre société par une forte participation à la réflexion qui va avoir des répercussions sur les comportements, les procédures de décision, les attitudes, le bien-être et le savoir des populations. Ces résultats permettront d’influencer la décision politique et le débat public par l'évidence scientifique plutôt que par des jugements de valeur. 3. Toutes les recherches de GREAT font l’objet de publications à travers la revue trimestrielle "Les GREAT_Cahiers" et des revues scientifiques spécialisées. A côté de cette revue trimestrielle, GREAT s’attache à informer les citoyens par la publication de "La GREAT_Formation", "La GREAT_Data", "La GREAT_Press" et "Les GREAT_Livres". Toutes ces publications seront mises également sur le site de GREAT et distribués à des partenaires aussi bien publics que privés. La communication s'enrichira de l’organisation des journées de réflexion scientifique, "Les journées du savoir". Des domaines prioritaires GREAT, comme centre de recherche s’intéresse à trois grands thèmes de recherche à savoir les questions de développement du pays, le bien-être des populations et la distribution du savoir pour l'épanouissement intellectuel du citoyen. Ces thèmes sont classés en un certain nombre d’axes de recherche qui sont l'économie du développement, la politique économique, l'économie locale, l'économie de l'environnement, l'économie internationale et la microéconomie. 7 Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP) La Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP) a été créée en mars 2010 à l’instigation du Premier ministre du Mali pour lui servir de conseil en matière de politique publique. Sa mission consiste à identifier les problèmes à moyen et long terme du Mali et à contribuer à leurs solutions. Ses opérations ont débuté en mai 2010. La CAP est hébergée à la Primature et relève directement de l’autorité du Premier ministre qui identifie les priorités de recherche en concertation avec la direction de la Cellule. Les ministères peuvent recourir aux services de la CAP par l’entremise du bureau du Premier ministre. Pour l’année en cours les priorités de recherche suivantes ont été retenues : - Commercialisation des céréales et des produits primaires de consommation ; Comment accroître la classe moyenne avec une capacité financière propice à l’industrialisation du Mali ; Le Bamako de demain : adressage des rues, facilitation des transports, organisation spatiale et services urbains ; Identification des pôles régionaux de développement économique et répartition sectorielle ; Répartition régionale des populations, de la production et de la consommation. Une fois achevées, ces études seront vulgarisées sur le site web de la Primature et présentées à l’ensemble des groupes concernés (ministères, ONG, organisations internationales, etc…). Bien qu’étant nouvelle et donc sans lien de collaboration avec les autres centres, la CAP prévoit de renforcer sa coopération avec ceux-ci et d’organiser une conférence sur un thème donné tous les deux ans. Afin de pallier son manque de personnel au regard de sa mission la CAP recourt aux services de consultants locaux et étrangers. Le personnel de la Cellule se compose de 7 chercheurs et d’une assistante. Compte tenu du caractère transversal de sa mission, la CAP a un personnel dont les profils sont variés et qui se compose d’un économiste, un expert en planification et développement, un expert en économie d’entreprise, un expert en agroéconomie, un expert en socio-économie et un expert en infrastructures et information et d’un expert aux questions institutionnelles qui la rejoindra sous peu. Seul l’économiste a une expérience de recherche scientifique en économie et de publication dans des revues scientifiques de renom. Ceci illustre le caractère insuffisant du nombre d’économistes de la Cellule au regard des priorités de recherche qu’elle s’est fixées pour l’année en cours et des défis de l’économie malienne. 8 Tableau 2. Répartition du personnel scientifique de la CAP Grade Chercheurs sénior Hommes Femmes Total 1 0 1 4 1 5 5 1 6 Chercheurs Total Source : Cellule d’Analyse et de Prospective. Les conditions de travail du personnel sont bonnes considérant que le salaire mensuel moyen des chercheurs est très concurrentiel et que les locaux et les équipements sont adéquats. Parmi les chercheurs dont les disciplines s’apparentent à l’économie deux d’entre eux ont un doctorat et une expérience de participation à la communauté scientifique internationale et tous les chercheurs ont plus de 45 ans. Le budget de la CAP s’élève à 1,5 Milliards de francs CFA pour 4 ans. L’Etat malien le finance pour un sixième, le Danemark et le Canada pour un tiers chacun et le dernier sixième, pas encore conclu, est attendu de l’Agence française de Développement (AFD). La CAP n’a aucune expérience en matière d’études d’évaluation d’impact et ne prévoit pas d’en faire dans l’immédiat. 9 LA CAP PRESENTEE PAR LA CAP La Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP) vient d’être récemment mise en place à la Primature du Mali. Cette Cellule est donc relativement jeune puisque ses activités n’ont commencé qu’en mars 2010. Elle est directement rattachée à son Excellence Monsieur le Premier Ministre, et a pour mission principale d’identifier des problèmes qui se posent au Mali à moyen et long terme au Mali et de proposer au Premier Ministre des solutions et des plans d’action visant à résoudre ces problèmes. La Cellule est composée d’Experts qui travaillent actuellement sur différents thèmes de recherche, dont certains ont été expressément demandés par son Excellence Monsieur le Premier Ministre. L’équipe de chercheurs de la CAP est réduite (6 Experts) en plus du Coordonnateur. De ce fait, elle a recours à des compétences externes nationales ou internationales pour certaines recherches. TABLEAU RECAPITULATIF DES INFORMATIONS SUR LE PROJET INFORMATIONS DEMANDEES INFORMATIONS SUR LA CAP Organisation requérante (nom et adresse) Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP) 1, Place de l’indépendance BP : E 790, BAMAKO, MALI Nom du Responsable du projet Mr Oumar BOUARE, Coordonnateur de la CAP Autres partenaires impliqués Le Gouvernement malien, le Danemark, le Canada, et l’Agence Française de Développement (AFD). Le Gouvernement malien, le Mali entier, les partenaires. Population bénéficiaire Contexte et justification La CAP a été créée pour améliorer la gouvernance au Mali Objectifs du projet L’objectif de la CAP est d’apporter des solutions à moyen terme et à long terme aux problèmes qui peuvent se poser au Mali dans le cadre de la gouvernance. Résultats escomptés et indicateurs Résultats escomptés : les rapports sur les différents thèmes de recherche, les plans d’action destinés au Premier Ministre. Les indicateurs : 10 le Activités Stratégie de mise en œuvre (stratégie globale d’intervention, stratégie de désengagement et de prise en charge par les bénéficiaires) taux d’application des recommandations des rapports de la CAP sur les thèmes de recherche, le délai de réalisation des rapports sur les thèmes. La CAP a pour activité de faire la recherche sur les champs de la gouvernance. Stratégie globale d’intervention : la CAP met en œuvre des recherches faisant intervenir les personnes compétentes indépendamment de leur nationalité. Stratégie de désengagement : la CAP est désengagée lorsque l’étude prend fin, et à la remise du rapport final et du plan d’action au Premier Ministre. Stratégie de mise en œuvre par les bénéficiaires : les plans d’action sur les projets de recherche sont destinés au Premier Ministre et le suivi de leur application effective dans les différentes structures concernées par les projets de recherche est assuré par l’administration publique. Impact sur l’environnement Il est attendu une amélioration : de l’infrastructure, du cadre des affaires et de la gouvernance. Stratégie favorisant l’égalité des sexes Une attention particulière est apportée au recrutement des femmes dans différents projets. Suivi et évaluation La Primature et les partenaires financiers 11 procèderont à une évaluation périodique des activités de la CAP. Les partenaires financiers prévoient un audit des comptes de la CAP suivant leurs calendriers. L’Institut d’Economie Rurale (IER) ; www.ier.ml L’IER a été créé en novembre 1960, soit quelques semaines après l’indépendance du Mali, pour contribuer au développement du pays par la recherche scientifique dans l’agriculture et l’élevage. Il a conservé cette mission qui s’est par la suite étendue aux questions relatives à l’environnement. En conséquence, bien que certaines de ses études, notamment l’économie des filières aient une composante économique, il reste essentiellement un institut de recherche agronomique. Ses trois orientations principales de recherche sont : - L’économie des filières ; Les systèmes de production et de gestion des ressources naturelles ; Etudes d’impact des changements dans les systèmes de production. Les principales publications de l’Institut sont : - Les Cahiers de l’Economie Rurale ; Les Fiches Techniques de Production ; Le Bulletin d’Information Trimestrielle. L’IER a un effectif de 800 personnes dont 229 chercheurs, tous fonctionnaires de l’Etat malien ou assimilés. Il relève du Ministère de l’agriculture et représente 99% des capacités de recherche agricole au Mali. Par ses recherches il a introduit plusieurs innovations dans l’agriculture, l’élevage et la pêche mais ne produit pas de vaccin, ceci sortant de son champ de compétence. Avec un budget de 5 milliards de francs CFA dont la moitié est financée par l’Etat et l’autre moitié par les bailleurs, il constitue le plus grand centre de recherche du pays et le plus présent dans les différentes régions géographiques. Compte tenu de sa mission et de ses antécédents, l’IER ne peut être considéré comme un centre de recherche en économie à part entière. Innovations for Poverty Action (IPA), Mali, www.poverty-action.org IPA Mali est la représentation au Mali du réseau de Innovation for Poverty Action dont le siège social est à New Haven, Connecticut, Etats Unis. La mission principale de ce réseau est de conduire des études d’évaluation d’impact grâce à des équipes de chercheurs affiliés à des universités basées aux Etats Unis et en Europe. IPA Mali dont la création remonte à 2008 a entrepris des projets de recherche au Mali mais les résultats ne sont pas encore disponibles. IPA a pour crédo la préservation de la qualité dans la mise en œuvre des projets de recherche et utilise des équipes de chercheurs affiliés aux universités américaines et européennes. Quelques chercheurs africains sont membres de certaines équipes mais constituent encore une minorité. Aussi, le Centre s’est dit disposé à participer à la formation des chercheurs locaux. Par ailleurs, IPA a organisé un atelier de sensibilisation aux études d’évaluation d’impact à l’intention des membres de SECO-ONG, une association de la société civile malienne. Les sources de financement de IPA Mali sont exclusivement étrangères et la direction cherche activement à intensifier ses contacts avec les décideurs maliens. Cependant, aucune collaboration scientifique significative n’existe encore avec les centres de recherche locaux. Tableau 2. Répartition du personnel scientifique d’IPA Mali 12 Grade Hommes Femmes Total Directeur 1 0 1 Coordonnateurs de projets 1 1 2 0 1 1 2 2 4 Chargé de projets Total Source: Innovations for Poverty Action. 1.4. Les liens avec les décideurs Bien que peu développé par la taille ou la qualité de son personnel, le monde de la recherche économique au Mali entretient dans son ensemble d’excellentes relations avec les décideurs publics. En effet, la CAP est une émanation de la Primature et relève directement de l’autorité du Premier ministre qui lui octroie un financement de fonctionnement et des conditions de travail dignes des centres de recherche européens. Le programme de travail de la CAP est arrêté par le Premier ministre et reflète donc ses priorités. L’IER est placé sous l’autorité du Ministère de l’agriculture et a été considéré depuis l’indépendance du pays comme un outil vital pour le développement économique. Le contenu de ses programmes de recherche, sa présence sur tout le territoire national, la composition de son Conseil d’administration, essentiellement étatique, et la forte contribution financière de l’Etat à son budget de fonctionnement attestent de ses relations privilégiées avec les décideurs publics. Quant au GREAT, bien que ne recevant pas de subvention de l’Etat malien, il participe activement à la formation des fonctionnaires, siège dans des structures étatiques de planification du développement et conduit des études pour le compte de la Cellule du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté. Il est à noter que les collaborations les plus fortes entre l’Etat et les centres de recherche, notamment la CAP et l’IER, se sont faites à l’initiative de l’Etat et non des centres. 1.5. Le soutien des bailleurs de fonds à la recherche en économie quantitative En dehors de la FSEG dont l’activité principale est l’enseignement et non la recherche, les centres de recherche maliens disposent d’un appui financier non négligeable. En effet, le GREAT est bénéficiaire d’une subvention de l’Initiative Think Tank du CERDI qui lui permet de financer ses dépenses d’opération et de programme pendant plusieurs années. La CAP prévoit que les 5/6 de son budget annuel de 400 millions de francs CFA soient financés par le Danemark, le Canada et l’Agence française de développement, l’Etat malien s’acquittant du reste. Sur un budget annuel de 5 milliards de francs CFA, l’IER reçoit la moitié de l’Etat et l’autre moitié des bailleurs de fonds. Ces derniers entretiennent des relations de coopération avec l’IER depuis de 13 nombreuses années, ce qui témoigne du partenariat fructueux entre celui-ci et les centres de recherche étrangers. 14 Partie 2. Dynamisme de la recherche au Mali : facteurs explicatifs 2.1. Degré d’adéquation des ressources financières et humaines Le paysage de la recherche économique au Mali est marqué par le contraste entre un financement relativement adéquat des centres et donc suffisant pour l’exécution de leurs tâches, et la faiblesse de la qualité et de la disponibilité des chercheurs. En effet, parmi la cinquantaine d’enseignants de la FSEG, très peu s’adonnent à la recherche scientifique et seulement 4 sont des professeurs et près de 90% ne sont qu’assistants. La CAP et le GREAT ont un faible nombre de chercheurs parmi lesquels seulement (4 au CAP) détiennent un doctorat, ce qui illustre le caractère inadéquat des ressources humaines dans la recherche économique au Mali. A cela s’ajoute l’insuffisance des programmes de formation tant dans la qualité que dans le nombre d’étudiants formés. Cette situation nécessite une réflexion profonde sur la formation des économistes au Mali et exige une intervention immédiate. 2.2. Fuite des cerveaux Contrairement à certains de ses voisins qui font face à une véritable fuite des cerveaux, le Mali court peu le risque de voir ses économistes s’exiler pour entreprendre des carrières à l’étranger, cela du fait de la faiblesse de son enseignement supérieur en sciences économiques. Par contre la perte peut résulter de la décision des étudiants maliens formés dans des universités étrangères de ne pas rentrer après leurs études. Le risque d’un isolement du Mali quant aux progrès de la science économique est donc réel car il n’y a ni entrée significative de chercheurs de la Diaspora ni sortie de chercheurs locaux avec les retombées possibles d’une collaboration ultérieure. La recherche de solutions à l’isolement devra surmonter les obstacles du faible nombre d’institutions de recherche dans le pays et les faibles niveaux de rémunération offerts par la plupart des centres de recherche et des universités. 2.3. Isolement vis-à-vis de la communauté de la recherche La FSEG de l’Université de Bamako participe au Nouveau Programme de Troisième Cycle Inter-Universitaire qui offre le même programme de DEA dans tous les pays francophones au sud du Sahara. Cependant, en vertu de son statut d’université de catégorie A, elle envoie en moyenne 5 étudiants maliens tous les ans pour une formation dans les autres universités de la sous-région. Aussi, elle n’attire pas beaucoup de chercheurs ou d’enseignants étrangers. La CAP et le GREAT ont une certaine présence dans les réseaux internationaux de recherche par l’entremise de leurs responsables respectifs qui sont des chercheurs chevronnés. Dans l’ensemble, on peut conclure que les chercheurs maliens sont relativement isolés de la communauté de la recherche africaine et internationale. 2.4. Capacités de gestion Parmi les trois institutions maliennes de recherche et d’enseignement économique seul le GREAT est une entité autonome et distincte de l’Administration publique. Sa faible taille et ses ressources humaines modestes confinent le besoin des capacités de gestion à un minimum. La 15 responsabilité de la gestion des ressources humaines et financières de la CAP incombe à la Direction administrative et financière de la Primature mais le Directeur est l’ordonnateur des dépenses. Cet arrangement soulage la Cellule et lui permet de consacrer l’intégralité de ses ressources aux activités programmatiques. La gestion des ressources de la FSEG relève de l’administration centrale de l’Université de Bamako. 2.5. Structure organisationnelle et développement institutionnel La FSEG a une structure arrêtée par l’Université de Bamako conformément aux dispositions de l’Etat concernant l’organisation de l’Université. Elle ne se distingue donc pas des autres facultés de l’Université. Quant à la CAP et au GREAT, le faible nombre de leurs employés respectifs leur impose une structure plate avec un niveau hiérarchique pour le directeur, un niveau pour les chercheurs et un troisième pour le personnel d’appui. Aucune amélioration notable ne semble nécessaire considérant le caractère embryonnaire de ces deux centres. Les défis de développement institutionnel que s’est fixés la CAP incluent l’édification d’une banque de consultants locaux et internationaux sur lesquels s’appuyer pour épauler son personnel, et la transition sans heurts d’une phase de démarrage à une phase opérationnelle. La vision stratégique du GREAT consiste en un développement institutionnel par i) le renforcement des capacités de recherche et de formation, ii) l’identification et l’exploitation d’une niche de recherche et de formation pertinente, iii) la rationalisation de sa structure administrative et de sa gouvernance et iv) l’accroissement du financement des activités de recherche. 2.6. Qualité et constance des relations avec les décideurs Comme souligné plus haut, les centres de recherche maliens jouissent d’excellentes relations avec les décideurs publics car étant pour la plupart des émanations de ces derniers. Le lien institutionnel qui marque leurs relations semble être durable et pourrait se renforcer au fur et à mesure que les centres grandissent et donnent de plus en plus satisfaction. L’enjeu concerne davantage les centres indépendants tels que le GREAT qui doivent continuer à gagner la confiance des décideurs dans un pays marqué par une forte tradition d’interventionnisme étatique qui faisait peu de place à l’initiative privée dans le monde des affaires ou du savoir. Ce défi sera d’autant plus réalisable que le GREAT prouvera son utilité et sa pertinence et que la nouvelle classe de décideurs sera plus prédisposée par sa formation et son ouverture au dialogue, à travailler avec les centres de recherche. 16 Partie 3. Etudes d’impact au Mali 3.1. Etudes d’impact au Mali Compte tenu de leur faible tradition de recherche économique quantitative, les centres maliens n’ont pas d’expérience en matière d’études d’évaluation d’impact. Le vide qui existe dans ce domaine explique en partie les études entreprises par IPA dans le passé et l’établissement de celui-ci dans le pays depuis quelques années. Cependant, le besoin de faire connaître ce nouvel instrument d’investigation est encore important et beaucoup d’efforts devront être faits dans ce domaine. 3.2. Etudes d’impact et renforcement des capacités de recherche en économie quantitative L’élargissement de l’étendue de la recherche quantitative par le truchement des études d’évaluation d’impact procure une excellente opportunité d’améliorer le profil des chercheurs maliens et de les familiariser aux techniques les plus récentes. Les études d’évaluation d’impact offrent une bonne occasion pour cela et il importe que des dispositions soient prises dans ce but. Dans le cas du Mali, les objectifs visés seront plus faciles à atteindre dans le cadre d’une collaboration ouverte à des partenaires de la sous-région et au-delà. La présence d’IPA Mali devrait être d’un grand secours pour la formation des chercheurs locaux et la constitution d’équipes mixtes de chercheurs qui renforcerait la capacité des jeunes chercheurs locaux. Conclusion du rapport A l’inverse des pays voisins qui ont augmenté leur investissement dans l’enseignement supérieur notamment par la multiplication des universités publiques, le Mali n’a eu pendant 50 ans qu’une seule université dont la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion constitue la seule institution publique de formation des économistes du pays. Il en a résulté un retard important dans la production de chercheurs de niveau international et un petit nombre de centres de recherche en économie. Le monde de la recherche économique se compose d’un centre privé, le GREAT, d’un centre public, la CAP, et d’un centre étranger dont les liens avec les décideurs et les chercheurs locaux sont inexistants, IPA Mali. Peu de femmes travaillent dans les centres de recherche et les perspectives de carrière qui s’offrent aux jeunes chercheurs ne sont pas reluisantes. Les décideurs publics maliens ont depuis longtemps apporté un soutien considérable à la recherche et continuent de collaborer avec les chercheurs mais le caractère inégal de la qualité de la recherche et le faible nombre de chercheurs compétents constituent une contrainte majeure au développement du dialogue entre les deux groupes. Les centres de recherche économique bénéficient également de l’appui des bailleurs de fonds mais n’ont pas encore réussi à attirer un grand nombre de chercheurs de la Diaspora malienne ou à développer une large collaboration avec la communauté scientifique internationale. Beaucoup d’efforts restent encore à faire pour répondre aux besoins en personnel nécessaire à l’accomplissement de la tâche des centres de recherche économique, qu’il s’agisse de leur donner une place plus importante dans la sousrégion et au-delà, ou continuer à donner satisfaction aux décideurs. Sur ce plan, l’amélioration de la qualité de l’enseignement des sciences économiques et plus particulièrement les méthodes 17 quantitatives constitue un préalable indispensable. Les centres de recherche du pays n’ont pas encore entrepris la pratique des études d’évaluation d’impact qui représenteraient une avancée de taille dans le développement des sciences économiques et le rehaussement du dialogue avec les décideurs. Des progrès sensibles pourraient être accomplis grâce à leur enseignement, ce que l’établissement récent d’une institution de renom telle que IPA au Mali devrait faciliter. 18 Liste des personnes rencontrées. Cellule d’Analyse et de Prospective, Primature - Dr. Oumar Bouaré, Coordonateur, Cellule d’Analyse et de Prospective, Primature Mme Hawa Samake Coulibaly, Expert en Economie d’Entreprise Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique - Dr. Massa Coulibaly, Directeur Exécutif - M. Boubacar Bougoudogo, Responsable, Département études et recherche - M. François Koné, Responsable, Département enseignement et formation Institut d’Economie Rurale - Dr. Bino Témé, Directeur Général Faculté des Sciences Economiques et de Gestion - Prof. Abdrahamane Sanogo, Doyen Innovations Poverty Action - M. Loic Watine, Directeur Mali 19