Recherche en Economie Quantitative par les Centres de

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Recherche en Economie Quantitative par les Centres de
Recherche en Economie Quantitative par les Centres de Recherche
Nationaux : Diagnostic pour le Mali
Diéry Seck
CREPOL
B.P. 29981
Dakar Yoff, Sénégal
Décembre 2010
TABLE DES MATIERES
Introduction
Partie 1. Analyse descriptive de la recherche en économie quantitative au Mali
1.1.
La production de chercheurs en économie au Mali
1.2.
Les chercheurs en économie quantitative au Mali
1.3.
L’organisation de la recherche au Mali
1.4.
Les liens avec les décideurs
1.5.
Le soutien des bailleurs de fonds à la recherche en économie quantitative
Partie 2. Dynamisme de la recherche au Mali : facteurs explicatifs
2.1.
Degré d’adéquation des ressources financières et humaines
2.2.
Fuite des cerveaux
2.3.
Isolement vis-à-vis de la communauté de la recherche
2.4.
Capacités de gestion
2.5.
Structure organisationnelle et développement institutionnel
2.6.
Qualité et constance des relations avec les décideurs
Partie 3. Etudes d’impact au Mali
3.1.
Etudes d’impact au Mali
3.2.
Etudes d’impact et renforcement des capacités de recherche en économie
quantitative
Conclusion du rapport
1
Introduction
Après plus de 50 ans d’indépendance le Mali a réalisé des progrès économiques significatifs
surtout quant à son produit intérieur brut per capita qui a connu une croissance fulgurante au
cours de la dernière décennie. Cependant, il reste l’un des pays les plus pauvres du monde et
parmi les moins favorisés au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine
(UEMOA). Son Indice de Développement Humain le place continuellement parmi les cinq pays
les moins bien classés du monde. Au regard de cette situation le pays a besoin d’accomplir de
grands progrès économiques et sociaux grâce à des politiques appropriées et dont la recherche
économique devrait constituer un pilier majeur. L’objectif de la présente étude est d’évaluer les
capacités des centres de recherche économique à conduire la recherche quantitative en économie
pour aider les décideurs publics à formuler des stratégies de développement qui seront
couronnées de succès. Le cas du Mali est emblématique de beaucoup de pays africains au sud du
Sahara dont les niveaux de développement sont comparables; les leçons qui se dégageront de
l’étude pourront sans nul doute être applicables à une grande partie du Continent.
L’étude consiste à faire l’inventaire des capacités actuelles des institutions de formation et des
centres de recherche, d’étudier leurs liens entre eux, leur collaboration avec la communauté
scientifique internationale, les décideurs publics et les bailleurs de fonds, et d’identifier les
opportunités et obstacles qu’il faudrait prendre en compte dans toute stratégie de développement
des capacités nationales. Le bilan actuel du Mali semble indiquer que toutes les politiques du
passé n’ont pas eu l’effet escompté. C’est pour cette raison que l’accent sera mis sur les études
d’évaluation d’impact comme outil analytique de prédilection pour aider le pays dans sa difficile
marche vers le développement. Dans la première partie, un diagnostic des capacités des
institutions de formation et de recherche est fait et les principales caractéristiques de celles-ci
présentées. Ensuite la deuxième partie évalue les forces et faiblesses de ces institutions au regard
de leurs missions respectives et les opportunités qui se présentent. Enfin, leur expérience en
matière d’études d’évaluation d’impact est examinée et les moyens de renforcer leurs capacités
dans ce domaine sont explorés.
Partie 1. Analyse descriptive de la recherche en économie quantitative au Mali
1.1.
La production de chercheurs en économie au Mali
La formation en économie au Mali s’est pendant longtemps limitée aux programmes qu’offre la
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de l’Université de Bamako, seule université
publique du pays. Elle s’est récemment étendue aux programmes de l’Université privée Mandé
Bukari de Bamako qui offre une Maîtrise, un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) et un
Doctorat en socio-économie. Le DEA en économie de l’Université de Bamako s’intitule DEA en
Analyse et Pratiques du Développement (DEA/APD). Pour l’année universitaire 2010-2011, ses
effectifs sont de 32 étudiants avec un taux de réussite attendu de 90%. La formation inclut
l’apprentissage de l’économétrie et des statistiques. En outre, en tant qu’université participant au
Nouveau Programme de Troisième Cycle Inter-universitaire (NPTCI), programme de DEA
dispensé en commun par les universités francophones de l’Afrique sub-saharienne, l’Université
de Bamako envoie pour une formation en DEA en moyenne 5 étudiants maîtrisards dans les
2
autres universités de la sous-région (Ouagadougou, Abidjan, Dakar). Le NPTCI est un
programme sélectif et attire les meilleurs candidats des universités participantes.
Deux facteurs défavorables limitent la portée de la formation des économistes au Mali. Le
premier réside dans l’absence d’un véritable programme de doctorat dans le pays et
l’insuffisance de la qualité et de la quantité de la recherche économique. Les programmes de
DEA ne peuvent donc pas profiter du climat scientifique qui en aurait résulté. La deuxième
contrainte provient du faible nombre d’enseignants de rang A (Professeurs et Maîtres de
conférence) pour dispenser les cours de DEA. Le domaine des méthodes quantitatives en est une
parfaite illustration. En conséquence, le faible nombre de diplômés du DEA, l’absence d’un
programme de Doctorat de qualité et l’insuffisance du nombre d’enseignants qualifiés ne
contribuent pas à une préparation adéquate dans le pays d’économistes capables de conduire de
la recherche en économie quantitative.
1.2.
Les chercheurs en économie quantitative au Mali
Le monde de la recherche économique au Mali frappe par ses différents contrastes.
Premièrement, bien que le pays ait une université nationale, il n’a pas pu acquérir une image de
prestige scientifique de niveau comparable au Sénégal, à la Côte d’Ivoire ou au Cameroun bien
que ces pays soient de tailles approximativement similaires. Au cours des ans, ils ont augmenté
le nombre d’universités publiques alors que le Mali n’en a qu’une après plus de 50 ans
d’indépendance. En effet, le Mali ne s’est tardivement doté d’une université que dans les années
1990, car au lendemain de l’indépendance le choix s’est porté d’abord sur les grandes écoles
telles que l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), l’Ecole Nationale d’Ingénieurs (ENI),
l’Ecole de Médecine et l’Institut Polytechnique Rural (IPR) de Katibougou.
Le deuxième contraste réside dans la forte demande des décideurs pour les services des
chercheurs et le faible nombre d’économistes capables de conduire des études de qualité ou
simplement dont le rayonnement est comparable à celui des principaux chercheurs des pays
voisins. Du fait du retard du Mali en matière de recherche économique il est le seul grand pays
de l’Afrique francophone au sud du Sahara à avoir le statut mineur de pays à université de
Catégorie A dans le cadre du Nouveau Programme de Troisième Cycle Inter-Universitaire
(NPTCI).
Cette situation défavorable qu’explique en partie la longue période socialiste du pays qui avait
aussi influencé l’enseignement supérieur est illustrée par le très grand nombre d’enseignants de
l’Université de Bamako qui restent au grade initial d’assistants pendant toute leur carrière avec
peu de recherche et de publications à leur actif. Comme nous le verrons plus loin, le Mali est l’un
des grands pays membres du Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur
(CAMES) qui a le moins d’enseignants en économie de rang A. En conséquence, les
responsables des centres de recherche et de la FASG font face au défi de trouver des chercheurs
bien formés et capables de participer à la vie scientifique nationale et internationale. Cependant,
la nouvelle génération de chercheurs formés dans le cadre du NPTCI semble apte à relever le
défi de l’excellence pourvu que les conditions adéquates lui soient offertes.
3
En comparaison aux pays voisins tels que le Sénégal et la Côte d’Ivoire le métier de chercheur
est assez mal rémunéré au Mali car un Assistant de la Faculté des Sciences Economiques et de
Gestion (FSEG), a un salaire mensuel moyen de 250.000 francs CFA, un Maitre-assistant
275.000 francs, un Maitre de conférence 350.000 francs et un Professeur 450.000 francs. Les
salaires des mêmes postes sont environ trois fois plus élevés au Sénégal et en Côte d’Ivoire et s’y
ajoutent des allocations de recherche et des conditions de travail meilleures qu’au Mali. Les
salaires maliens sont comparables à ceux pratiqués au Burkina Faso. Il faut également noter une
faible participation féminine dans la profession et des perspectives de carrière peu reluisantes
pour les jeunes chercheurs. En effet, la trajectoire de carrière dépend des décisions du Conseil
Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) dont le système de promotion est
considéré comme malthusien et compétitif. En outre, l’Etat malien ne peut autoriser la
budgétisation d’un grand nombre de postes de rang A du fait de ses contraintes financières et les
candidats des autres pays bénéficient d’une meilleure préparation car jouissant d’un cadre
académique plus favorable.
1.3.
L’organisation de la recherche au Mali
Une des caractéristiques du Mali est l’absence presque totale de recherche économique à
l’Université bien que la mission de la FSEG incluse celle-ci. L’enseignement occupe
l’intégralité du temps des enseignants qui souvent dispensent des cours dans des institutions
privées du pays. Aussi, l’activité de recherche économique n’est conduite que dans les centres et
instituts de recherche notamment le Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique
(GREAT), la Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP), l’Institut d’Economie Rurale (IER) et
le centre Innovations for Poverty Action (IPA).
Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique (GREAT) ;
www.greatmali.net
Créé depuis une dizaine d’années, le GREAT a pour vocation toute intervention de conseil,
formation, recherche, publication, assistance et promotion de la science et de la culture en faveur
du Mali. Ses activités, conformément à l’accord–cadre qu’il a signé avec l’Etat en juillet 2009,
consistent essentiellement à faire de la recherche, la formation et la publication. Le conseil et
l’assistance ne sont pas encore suffisamment développés. Les activités de recherche et de
publication se concentrent sur l’édition des « Cahiers du GREAT » qui sont des rapports de
recherche publiés sous forme de fascicules individuels. Le Centre en a publié 33 à ce jour.
L’activité de recherche se caractérise par une grande diversité des thèmes qui couvrent la
pauvreté, la croissance économique, la politique industrielle, la politique commerciale,
l’endettement, la gouvernance, l’intégration régionale, et la vulgarisation des techniques
économétriques. Le Centre va bientôt publier une série de « Policy Briefs » qui vont résumer les
résultats de ses travaux et viseront les décideurs publics du pays.
En matière de formation, le GREAT a offert des cours à l’intention des employés de
l’Administration publique malienne dans les domaines des techniques quantitatives
(économétrie, Modèle Calculable d’Equilibre Général (MCEG)), notamment au Ministère de
l‘économie et des finances et à la Caisse de retraite. Le Centre met également l’accent sur la
formation de son propre personnel. Ainsi, avec l’aide du Réseau de Recherche Pauvreté et
4
Analyse de Politiques (PEP) il a formé 7 de ses chercheurs au MCEG. Du fait de ses liens étroits
avec la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, le GREAT anime des séminaires pour
les étudiants de maîtrise, parfois de concert avec des chercheurs étrangers en visite au Mali.
Tableau 1. Répartition du personnel scientifique de GREAT
Grade
Chercheur sénior
Hommes
Femmes
Total
1
0
1
3
1
4
4
1
5
Chercheurs
Total
Source : GREAT.
Sur les 5 chercheurs du Centre un a le doctorat, un est inscrit en thèse en France, un a le Diplôme
d’Etudes Approfondies (DEA) et deux ont la maîtrise. A part le Directeur, tous les chercheurs
ont moins de 40 ans et ont rejoint le Centre en 2009. Un des chercheurs a été recruté en 2007. Le
GREAT a pu effectuer cette augmentation de son personnel grâce à l’appui financier
institutionnel de l’Initiative Think Tank du Centre de Recherche pour le Développement
International (CRDI). Les conditions de travail au sein du Centre sont considérées comme
bonnes grâce également à la subvention du CRDI. La moyenne des salaires mensuels est de
200.000 francs CFA.
Malgré son personnel réduit le GREAT s’efforce de collaborer avec les décideurs publics. Ainsi,
outre les programmes de formation qu’il offre aux fonctionnaires de l’Etat, il conduit à titre
gracieux des études sur la pauvreté pour le compte de la Cellule du Cadre Stratégique de Lutte
contre la Pauvreté (CSLP). Il est aussi membre du Secrétariat technique du Comité de prévision
et de modélisation de la Direction nationale de la planification du développement au Ministère de
l’économie et des finances. Le Centre envoie toutes ses publications au CSLP. Sa collaboration
avec les autres centres est inégale car consistant en des échanges de publications avec
l’Université Mandé Boukari et des séminaires organisés à l’Université de Bamako.
Les liens avec les bailleurs de fonds sont plus fructueux. Outre la subvention de l’Initiative
Think Tank, le GREAT travaille avec la Coopération suisse dans le domaine de l’économie
locale, avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur le
développement humain au Mali, le Fonds d’Equipement des Nations Unies (FENU) également
sur l’économie locale et Afrobaromètre sur des sondages portant sur la démocratie, la
gouvernance et la réforme économique. L’unique expérience du Centre en matière d’étude
d’évaluation d’impact a porté sur une collaboration avec le centre de recherche international
Innovations for Poverty Action (IPA) mais celle-ci n’a pas été concluante.
5
GREAT présenté par GREAT
Institution de recherche indépendante,
GREAT (Groupe de recherche en économie
appliquée et théorique) est doté d’une
autonomie administrative et de gestion qui
opère dans les domaines de la recherche, de
la formation et des publications. Il
ambitionne de se positionner sur le terrain
de l'aide à la décision par des évidences
empiriques à l'aide d'outils méthodologiques
éprouvés. Aussi, ses objectifs stratégiques se
résument-ils en l'influence politique,
l'information publique, le partage du savoir
par la formation, l'influence des partenaires
surtout des partenaires financiers et autres
acteurs internationaux du développement et
la performance organisationnelle.
savoir et de l'innovation. Aussi, "produire
du savoir" demeure sa vision de tous les
instants. A cet effet, il aspire à être un centre
indépendant de recherche de haut niveau
reconnu comme tel à l'aune des standards
internationaux les plus pertinents par ses
méthodologies de haut standard, ses
capacités de recherche et de formation
basées sur les systèmes de connaissances les
plus en vue et pour la qualité de ses
publications. Sa contribution
au
développement de l'économie du savoir au
Mali passera par la réflexion et une
diffusion de ce savoir en vue de son
application à la résolution des problèmes de
développement auxquels le pays est
confronté.
GREAT est une association de recherche à
but non lucratif et signataire d'accord cadre
avec l'État sous le numéro de récépissé n
001079 en date du 01 juillet 2009.
Auparavant, le groupe a bénéficié d’une
expérience d'association de 10 ans avant sa
transformation en ONG.
En faveur du savoir, GREAT envisage la
création d’un Master 2 en économie
quantitative qui contribuera à faire du Mali
un pays qui compte en matière de sciences et
politiques économiques et un pôle
d'excellence sous-régional dans la formation
en modélisation et évaluation d'impacts des
politiques. Dans ce domaine comme dans
celui des travaux de recherche et de
formation, GREAT se fonde sur un
partenariat fécond avec les organisations
sous-régionales et internationales avec qui
il a déjà une expérience de collaboration
e.g. CRDI, réseau Afrobaromètre, ACBF,
AERC, PEP, TTI, etc..
Au plan institutionnel, GREAT est dirigé par
un Conseil d’administration de 5 membres
qui valide le plan stratégique et définit les
grandes orientations du groupe. L'équipe
technique est dirigée par un Directeur
exécutif et se compose de 4 départements
(Administration et finances, Etudes et
recherche, Enseignement et formation,
Information communication) dirigé chacun
par un Responsable. Tous les 5 membres de
cette équipe sont des chercheurs.
1.
2.
Des valeurs
Comme toute organisation, GREAT fonde
ses travaux de recherche, de formation et de
diffusion du savoir sur des valeurs ou
principes qui ont et continuent de guider ses
activités. Au nombre de ces valeurs, on
retiendra une recherche de qualité fondée
sur l'exigence de méthodologies rigoureuses
Une vision
GREAT
ambitionne
de
contribuer
significativement à sortir les intellectuels
maliens du statut de consommateurs passifs
du savoir des autres en producteurs du
6
et éprouvées pour traiter des questions de
politique économique, la pertinence,
l’innovation et l’utilité sociale.
En matière de formation, GREAT travaillera
sur la modélisation en équilibre général
calculable, la conception et l'élaboration de
plans de développement économique local,
le montage des cartes de pauvreté, l'analyse
en composantes principales, la modélisation
économétrique. En outre, GREAT envisage
d’ouvrir une formation diplômante,
le
Master 2 en économie quantitative
calculable (MEQC) en partenariat avec
l'Université de Bamako et des partenaires
universitaires du Nord.
GREAT entend favoriser un changement
qualitatif de notre société par une forte
participation à la réflexion qui va avoir des
répercussions sur les comportements, les
procédures de décision, les attitudes, le
bien-être et le savoir des populations. Ces
résultats permettront d’influencer la
décision politique et le débat public par
l'évidence scientifique plutôt que par des
jugements de valeur.
3.
Toutes les recherches de GREAT font l’objet
de publications à travers la revue
trimestrielle "Les GREAT_Cahiers" et des
revues scientifiques spécialisées. A côté de
cette revue trimestrielle, GREAT s’attache à
informer les citoyens par la publication de
"La
GREAT_Formation",
"La
GREAT_Data", "La GREAT_Press" et "Les
GREAT_Livres". Toutes ces publications
seront mises également sur le site de
GREAT et distribués à des partenaires aussi
bien publics que privés. La communication
s'enrichira de l’organisation des journées de
réflexion scientifique, "Les journées du
savoir".
Des domaines prioritaires
GREAT, comme centre de recherche
s’intéresse à trois grands thèmes de
recherche à savoir les questions de
développement du pays, le bien-être des
populations et la distribution du savoir
pour l'épanouissement intellectuel du
citoyen. Ces thèmes sont classés en un
certain nombre d’axes de recherche qui sont
l'économie du développement, la politique
économique, l'économie locale, l'économie
de
l'environnement,
l'économie
internationale et la microéconomie.
7
Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP)
La Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP) a été créée en mars 2010 à l’instigation du
Premier ministre du Mali pour lui servir de conseil en matière de politique publique. Sa mission
consiste à identifier les problèmes à moyen et long terme du Mali et à contribuer à leurs
solutions. Ses opérations ont débuté en mai 2010. La CAP est hébergée à la Primature et relève
directement de l’autorité du Premier ministre qui identifie les priorités de recherche en
concertation avec la direction de la Cellule. Les ministères peuvent recourir aux services de la
CAP par l’entremise du bureau du Premier ministre. Pour l’année en cours les priorités de
recherche suivantes ont été retenues :
-
Commercialisation des céréales et des produits primaires de consommation ;
Comment accroître la classe moyenne avec une capacité financière propice à
l’industrialisation du Mali ;
Le Bamako de demain : adressage des rues, facilitation des transports, organisation
spatiale et services urbains ;
Identification des pôles régionaux de développement économique et répartition
sectorielle ;
Répartition régionale des populations, de la production et de la consommation.
Une fois achevées, ces études seront vulgarisées sur le site web de la Primature et présentées à
l’ensemble des groupes concernés (ministères, ONG, organisations internationales, etc…). Bien
qu’étant nouvelle et donc sans lien de collaboration avec les autres centres, la CAP prévoit de
renforcer sa coopération avec ceux-ci et d’organiser une conférence sur un thème donné tous les
deux ans. Afin de pallier son manque de personnel au regard de sa mission la CAP recourt aux
services de consultants locaux et étrangers.
Le personnel de la Cellule se compose de 7 chercheurs et d’une assistante. Compte tenu du
caractère transversal de sa mission, la CAP a un personnel dont les profils sont variés et qui se
compose d’un économiste, un expert en planification et développement, un expert en économie
d’entreprise, un expert en agroéconomie, un expert en socio-économie et un expert en
infrastructures et information et d’un expert aux questions institutionnelles qui la rejoindra sous
peu. Seul l’économiste a une expérience de recherche scientifique en économie et de publication
dans des revues scientifiques de renom. Ceci illustre le caractère insuffisant du nombre
d’économistes de la Cellule au regard des priorités de recherche qu’elle s’est fixées pour l’année
en cours et des défis de l’économie malienne.
8
Tableau 2. Répartition du personnel scientifique de la CAP
Grade
Chercheurs sénior
Hommes
Femmes
Total
1
0
1
4
1
5
5
1
6
Chercheurs
Total
Source : Cellule d’Analyse et de Prospective.
Les conditions de travail du personnel sont bonnes considérant que le salaire mensuel moyen
des chercheurs est très concurrentiel et que les locaux et les équipements sont adéquats. Parmi
les chercheurs dont les disciplines s’apparentent à l’économie deux d’entre eux ont un doctorat
et une expérience de participation à la communauté scientifique internationale et tous les
chercheurs ont plus de 45 ans.
Le budget de la CAP s’élève à 1,5 Milliards de francs CFA pour 4 ans. L’Etat malien le finance
pour un sixième, le Danemark et le Canada pour un tiers chacun et le dernier sixième, pas encore
conclu, est attendu de l’Agence française de Développement (AFD). La CAP n’a aucune
expérience en matière d’études d’évaluation d’impact et ne prévoit pas d’en faire dans
l’immédiat.
9
LA CAP PRESENTEE PAR LA CAP
La Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP)
vient d’être récemment mise en place à la
Primature du Mali. Cette Cellule est donc
relativement jeune puisque ses activités n’ont
commencé qu’en mars 2010. Elle est
directement rattachée à son Excellence
Monsieur le Premier Ministre, et a pour mission
principale d’identifier des problèmes qui se
posent au Mali à moyen et long terme au Mali
et de proposer au Premier Ministre des solutions
et des plans d’action visant à résoudre ces
problèmes.
La Cellule est composée d’Experts qui travaillent
actuellement sur différents thèmes de
recherche, dont certains ont été expressément
demandés par son Excellence Monsieur le
Premier Ministre.
L’équipe de chercheurs de la CAP est réduite (6
Experts) en plus du Coordonnateur. De ce fait,
elle a recours à des compétences externes
nationales ou internationales pour certaines
recherches.
TABLEAU RECAPITULATIF DES INFORMATIONS SUR LE PROJET
INFORMATIONS DEMANDEES
INFORMATIONS SUR LA CAP
Organisation requérante (nom et adresse)
Cellule d’Analyse et de Prospective (CAP)
1, Place de l’indépendance
BP : E 790, BAMAKO, MALI
Nom du Responsable du projet
Mr Oumar BOUARE, Coordonnateur de la CAP
Autres partenaires impliqués
Le Gouvernement malien, le Danemark,
le Canada, et l’Agence Française de
Développement (AFD).
Le Gouvernement malien, le Mali entier, les
partenaires.
Population bénéficiaire
Contexte et justification
La CAP a été créée pour améliorer la gouvernance
au Mali
Objectifs du projet
L’objectif de la CAP est d’apporter des solutions à
moyen terme et à long terme aux problèmes qui
peuvent se poser au Mali dans le cadre de la
gouvernance.
Résultats escomptés et indicateurs
Résultats escomptés :
 les rapports sur les différents thèmes de
recherche,
 les plans d’action destinés au Premier
Ministre.
Les indicateurs :
10
 le

Activités
Stratégie de mise en œuvre (stratégie globale
d’intervention, stratégie de désengagement et
de prise en charge par les bénéficiaires)
taux
d’application
des
recommandations des rapports de la CAP
sur les thèmes de recherche,
le délai de réalisation des rapports sur les
thèmes.
La CAP a pour activité de faire la recherche sur les
champs de la gouvernance.
 Stratégie globale d’intervention : la CAP


met en œuvre des recherches faisant
intervenir les personnes compétentes
indépendamment de leur nationalité.
Stratégie de désengagement : la CAP est
désengagée lorsque l’étude prend fin, et à
la remise du rapport final et du plan
d’action au Premier Ministre.
Stratégie de mise en œuvre par les
bénéficiaires : les plans d’action sur les
projets de recherche sont destinés au
Premier Ministre et le suivi de leur
application effective dans les différentes
structures concernées par les projets de
recherche est assuré par l’administration
publique.
Impact sur l’environnement
Il est attendu une amélioration :
 de l’infrastructure,
 du cadre des affaires
 et de la gouvernance.
Stratégie favorisant l’égalité des sexes
Une attention particulière est apportée au
recrutement des femmes dans différents projets.
Suivi et évaluation
 La Primature et les partenaires financiers

11
procèderont à une évaluation périodique
des activités de la CAP.
Les partenaires financiers prévoient un
audit des comptes de la CAP suivant leurs
calendriers.
L’Institut d’Economie Rurale (IER) ; www.ier.ml
L’IER a été créé en novembre 1960, soit quelques semaines après l’indépendance du Mali, pour
contribuer au développement du pays par la recherche scientifique dans l’agriculture et l’élevage.
Il a conservé cette mission qui s’est par la suite étendue aux questions relatives à
l’environnement. En conséquence, bien que certaines de ses études, notamment l’économie des
filières aient une composante économique, il reste essentiellement un institut de recherche
agronomique. Ses trois orientations principales de recherche sont :
-
L’économie des filières ;
Les systèmes de production et de gestion des ressources naturelles ;
Etudes d’impact des changements dans les systèmes de production.
Les principales publications de l’Institut sont :
-
Les Cahiers de l’Economie Rurale ;
Les Fiches Techniques de Production ;
Le Bulletin d’Information Trimestrielle.
L’IER a un effectif de 800 personnes dont 229 chercheurs, tous fonctionnaires de l’Etat malien
ou assimilés. Il relève du Ministère de l’agriculture et représente 99% des capacités de recherche
agricole au Mali. Par ses recherches il a introduit plusieurs innovations dans l’agriculture,
l’élevage et la pêche mais ne produit pas de vaccin, ceci sortant de son champ de compétence.
Avec un budget de 5 milliards de francs CFA dont la moitié est financée par l’Etat et l’autre
moitié par les bailleurs, il constitue le plus grand centre de recherche du pays et le plus présent
dans les différentes régions géographiques. Compte tenu de sa mission et de ses antécédents,
l’IER ne peut être considéré comme un centre de recherche en économie à part entière.
Innovations for Poverty Action (IPA), Mali, www.poverty-action.org
IPA Mali est la représentation au Mali du réseau de Innovation for Poverty Action dont le siège
social est à New Haven, Connecticut, Etats Unis. La mission principale de ce réseau est de
conduire des études d’évaluation d’impact grâce à des équipes de chercheurs affiliés à des
universités basées aux Etats Unis et en Europe. IPA Mali dont la création remonte à 2008 a
entrepris des projets de recherche au Mali mais les résultats ne sont pas encore disponibles. IPA
a pour crédo la préservation de la qualité dans la mise en œuvre des projets de recherche et utilise
des équipes de chercheurs affiliés aux universités américaines et européennes. Quelques
chercheurs africains sont membres de certaines équipes mais constituent encore une minorité.
Aussi, le Centre s’est dit disposé à participer à la formation des chercheurs locaux. Par ailleurs,
IPA a organisé un atelier de sensibilisation aux études d’évaluation d’impact à l’intention des
membres de SECO-ONG, une association de la société civile malienne.
Les sources de financement de IPA Mali sont exclusivement étrangères et la direction cherche
activement à intensifier ses contacts avec les décideurs maliens. Cependant, aucune
collaboration scientifique significative n’existe encore avec les centres de recherche locaux.
Tableau 2. Répartition du personnel scientifique d’IPA Mali
12
Grade
Hommes
Femmes
Total
Directeur
1
0
1
Coordonnateurs de
projets
1
1
2
0
1
1
2
2
4
Chargé de projets
Total
Source: Innovations for Poverty Action.
1.4. Les liens avec les décideurs
Bien que peu développé par la taille ou la qualité de son personnel, le monde de la recherche
économique au Mali entretient dans son ensemble d’excellentes relations avec les décideurs
publics. En effet, la CAP est une émanation de la Primature et relève directement de l’autorité du
Premier ministre qui lui octroie un financement de fonctionnement et des conditions de travail
dignes des centres de recherche européens. Le programme de travail de la CAP est arrêté par le
Premier ministre et reflète donc ses priorités. L’IER est placé sous l’autorité du Ministère de
l’agriculture et a été considéré depuis l’indépendance du pays comme un outil vital pour le
développement économique. Le contenu de ses programmes de recherche, sa présence sur tout
le territoire national, la composition de son Conseil d’administration, essentiellement étatique, et
la forte contribution financière de l’Etat à son budget de fonctionnement attestent de ses relations
privilégiées avec les décideurs publics. Quant au GREAT, bien que ne recevant pas de
subvention de l’Etat malien, il participe activement à la formation des fonctionnaires, siège dans
des structures étatiques de planification du développement et conduit des études pour le compte
de la Cellule du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté. Il est à noter que les
collaborations les plus fortes entre l’Etat et les centres de recherche, notamment la CAP et l’IER,
se sont faites à l’initiative de l’Etat et non des centres.
1.5. Le soutien des bailleurs de fonds à la recherche en économie quantitative
En dehors de la FSEG dont l’activité principale est l’enseignement et non la recherche, les
centres de recherche maliens disposent d’un appui financier non négligeable. En effet, le
GREAT est bénéficiaire d’une subvention de l’Initiative Think Tank du CERDI qui lui permet de
financer ses dépenses d’opération et de programme pendant plusieurs années. La CAP prévoit
que les 5/6 de son budget annuel de 400 millions de francs CFA soient financés par le Danemark,
le Canada et l’Agence française de développement, l’Etat malien s’acquittant du reste. Sur un
budget annuel de 5 milliards de francs CFA, l’IER reçoit la moitié de l’Etat et l’autre moitié des
bailleurs de fonds. Ces derniers entretiennent des relations de coopération avec l’IER depuis de
13
nombreuses années, ce qui témoigne du partenariat fructueux entre celui-ci et les centres de
recherche étrangers.
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Partie 2. Dynamisme de la recherche au Mali : facteurs explicatifs
2.1. Degré d’adéquation des ressources financières et humaines
Le paysage de la recherche économique au Mali est marqué par le contraste entre un financement
relativement adéquat des centres et donc suffisant pour l’exécution de leurs tâches, et la faiblesse
de la qualité et de la disponibilité des chercheurs. En effet, parmi la cinquantaine d’enseignants
de la FSEG, très peu s’adonnent à la recherche scientifique et seulement 4 sont des professeurs et
près de 90% ne sont qu’assistants. La CAP et le GREAT ont un faible nombre de chercheurs
parmi lesquels seulement (4 au CAP) détiennent un doctorat, ce qui illustre le caractère
inadéquat des ressources humaines dans la recherche économique au Mali. A cela s’ajoute
l’insuffisance des programmes de formation tant dans la qualité que dans le nombre d’étudiants
formés. Cette situation nécessite une réflexion profonde sur la formation des économistes au
Mali et exige une intervention immédiate.
2.2. Fuite des cerveaux
Contrairement à certains de ses voisins qui font face à une véritable fuite des cerveaux, le Mali
court peu le risque de voir ses économistes s’exiler pour entreprendre des carrières à l’étranger,
cela du fait de la faiblesse de son enseignement supérieur en sciences économiques. Par contre
la perte peut résulter de la décision des étudiants maliens formés dans des universités étrangères
de ne pas rentrer après leurs études. Le risque d’un isolement du Mali quant aux progrès de la
science économique est donc réel car il n’y a ni entrée significative de chercheurs de la Diaspora
ni sortie de chercheurs locaux avec les retombées possibles d’une collaboration ultérieure. La
recherche de solutions à l’isolement devra surmonter les obstacles du faible nombre
d’institutions de recherche dans le pays et les faibles niveaux de rémunération offerts par la
plupart des centres de recherche et des universités.
2.3. Isolement vis-à-vis de la communauté de la recherche
La FSEG de l’Université de Bamako participe au Nouveau Programme de Troisième Cycle
Inter-Universitaire qui offre le même programme de DEA dans tous les pays francophones au
sud du Sahara. Cependant, en vertu de son statut d’université de catégorie A, elle envoie en
moyenne 5 étudiants maliens tous les ans pour une formation dans les autres universités de la
sous-région. Aussi, elle n’attire pas beaucoup de chercheurs ou d’enseignants étrangers. La
CAP et le GREAT ont une certaine présence dans les réseaux internationaux de recherche par
l’entremise de leurs responsables respectifs qui sont des chercheurs chevronnés. Dans
l’ensemble, on peut conclure que les chercheurs maliens sont relativement isolés de la
communauté de la recherche africaine et internationale.
2.4. Capacités de gestion
Parmi les trois institutions maliennes de recherche et d’enseignement économique seul le
GREAT est une entité autonome et distincte de l’Administration publique. Sa faible taille et ses
ressources humaines modestes confinent le besoin des capacités de gestion à un minimum. La
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responsabilité de la gestion des ressources humaines et financières de la CAP incombe à la
Direction administrative et financière de la Primature mais le Directeur est l’ordonnateur des
dépenses. Cet arrangement soulage la Cellule et lui permet de consacrer l’intégralité de ses
ressources aux activités programmatiques. La gestion des ressources de la FSEG relève de
l’administration centrale de l’Université de Bamako.
2.5. Structure organisationnelle et développement institutionnel
La FSEG a une structure arrêtée par l’Université de Bamako conformément aux dispositions de
l’Etat concernant l’organisation de l’Université. Elle ne se distingue donc pas des autres facultés
de l’Université. Quant à la CAP et au GREAT, le faible nombre de leurs employés respectifs
leur impose une structure plate avec un niveau hiérarchique pour le directeur, un niveau pour les
chercheurs et un troisième pour le personnel d’appui. Aucune amélioration notable ne semble
nécessaire considérant le caractère embryonnaire de ces deux centres.
Les défis de
développement institutionnel que s’est fixés la CAP incluent l’édification d’une banque de
consultants locaux et internationaux sur lesquels s’appuyer pour épauler son personnel, et la
transition sans heurts d’une phase de démarrage à une phase opérationnelle. La vision
stratégique du GREAT consiste en un développement institutionnel par i) le renforcement des
capacités de recherche et de formation, ii) l’identification et l’exploitation d’une niche de
recherche et de formation pertinente, iii) la rationalisation de sa structure administrative et de sa
gouvernance et iv) l’accroissement du financement des activités de recherche.
2.6. Qualité et constance des relations avec les décideurs
Comme souligné plus haut, les centres de recherche maliens jouissent d’excellentes relations
avec les décideurs publics car étant pour la plupart des émanations de ces derniers. Le lien
institutionnel qui marque leurs relations semble être durable et pourrait se renforcer au fur et à
mesure que les centres grandissent et donnent de plus en plus satisfaction. L’enjeu concerne
davantage les centres indépendants tels que le GREAT qui doivent continuer à gagner la
confiance des décideurs dans un pays marqué par une forte tradition d’interventionnisme étatique
qui faisait peu de place à l’initiative privée dans le monde des affaires ou du savoir. Ce défi sera
d’autant plus réalisable que le GREAT prouvera son utilité et sa pertinence et que la nouvelle
classe de décideurs sera plus prédisposée par sa formation et son ouverture au dialogue, à
travailler avec les centres de recherche.
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Partie 3. Etudes d’impact au Mali
3.1.
Etudes d’impact au Mali
Compte tenu de leur faible tradition de recherche économique quantitative, les centres maliens
n’ont pas d’expérience en matière d’études d’évaluation d’impact. Le vide qui existe dans ce
domaine explique en partie les études entreprises par IPA dans le passé et l’établissement de
celui-ci dans le pays depuis quelques années. Cependant, le besoin de faire connaître ce nouvel
instrument d’investigation est encore important et beaucoup d’efforts devront être faits dans ce
domaine.
3.2.
Etudes d’impact et renforcement des capacités de recherche en économie quantitative
L’élargissement de l’étendue de la recherche quantitative par le truchement des études
d’évaluation d’impact procure une excellente opportunité d’améliorer le profil des chercheurs
maliens et de les familiariser aux techniques les plus récentes. Les études d’évaluation d’impact
offrent une bonne occasion pour cela et il importe que des dispositions soient prises dans ce but.
Dans le cas du Mali, les objectifs visés seront plus faciles à atteindre dans le cadre d’une
collaboration ouverte à des partenaires de la sous-région et au-delà. La présence d’IPA Mali
devrait être d’un grand secours pour la formation des chercheurs locaux et la constitution
d’équipes mixtes de chercheurs qui renforcerait la capacité des jeunes chercheurs locaux.
Conclusion du rapport
A l’inverse des pays voisins qui ont augmenté leur investissement dans l’enseignement supérieur
notamment par la multiplication des universités publiques, le Mali n’a eu pendant 50 ans qu’une
seule université dont la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion constitue la seule
institution publique de formation des économistes du pays. Il en a résulté un retard important
dans la production de chercheurs de niveau international et un petit nombre de centres de
recherche en économie. Le monde de la recherche économique se compose d’un centre privé, le
GREAT, d’un centre public, la CAP, et d’un centre étranger dont les liens avec les décideurs et
les chercheurs locaux sont inexistants, IPA Mali. Peu de femmes travaillent dans les centres de
recherche et les perspectives de carrière qui s’offrent aux jeunes chercheurs ne sont pas
reluisantes.
Les décideurs publics maliens ont depuis longtemps apporté un soutien considérable à la
recherche et continuent de collaborer avec les chercheurs mais le caractère inégal de la qualité de
la recherche et le faible nombre de chercheurs compétents constituent une contrainte majeure au
développement du dialogue entre les deux groupes. Les centres de recherche économique
bénéficient également de l’appui des bailleurs de fonds mais n’ont pas encore réussi à attirer un
grand nombre de chercheurs de la Diaspora malienne ou à développer une large collaboration
avec la communauté scientifique internationale. Beaucoup d’efforts restent encore à faire pour
répondre aux besoins en personnel nécessaire à l’accomplissement de la tâche des centres de
recherche économique, qu’il s’agisse de leur donner une place plus importante dans la sousrégion et au-delà, ou continuer à donner satisfaction aux décideurs. Sur ce plan, l’amélioration
de la qualité de l’enseignement des sciences économiques et plus particulièrement les méthodes
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quantitatives constitue un préalable indispensable. Les centres de recherche du pays n’ont pas
encore entrepris la pratique des études d’évaluation d’impact qui représenteraient une avancée de
taille dans le développement des sciences économiques et le rehaussement du dialogue avec les
décideurs. Des progrès sensibles pourraient être accomplis grâce à leur enseignement, ce que
l’établissement récent d’une institution de renom telle que IPA au Mali devrait faciliter.
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Liste des personnes rencontrées.
Cellule d’Analyse et de Prospective, Primature
-
Dr. Oumar Bouaré, Coordonateur, Cellule d’Analyse et de Prospective, Primature
Mme Hawa Samake Coulibaly, Expert en Economie d’Entreprise
Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique
- Dr. Massa Coulibaly, Directeur Exécutif
- M. Boubacar Bougoudogo, Responsable, Département études et recherche
- M. François Koné, Responsable, Département enseignement et formation
Institut d’Economie Rurale
-
Dr. Bino Témé, Directeur Général
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion
-
Prof. Abdrahamane Sanogo, Doyen
Innovations Poverty Action
-
M. Loic Watine, Directeur Mali
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