SUIVI DES ESPECES
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SUIVI DES ESPECES
SUIVI DES ESPECES Aigle royal Le suivi de la reproduction des différents couples d’aigles royaux qui nidifient dans le Parc national de la Vanoise a été réalisé au cours de l’année 2010. Parallèlement, la recherche de nouvelles aires de cette espèce a été effectuée, et ce afin de pouvoir les considérer dans les projets d’équipements touristiques, tels les via ferrata, ainsi que dans le cadre des pratiques sportives comme l’escalade et le vol libre. La méthodologie appliquée a été la suivante : • Mars/avril : visite de l’ensemble des aires et constat de rechargement ou de non-rechargement à l’aide de branches fraîches. • Mai/juin : contrôle des aires rechargées, en particulier celles occupées, et suivi des éventuelles éclosions. • Juillet : contrôle de l’aire occupée pour vérifier la présence du ou des aiglons et suivi des envols. Vallée de la Tarentaise 17 couples territoriaux ont été suivis dans la haute vallée de la Tarentaise, dont 3 en partenariat avec les agents de l’ONCFS* (2 nouveaux couples d’aigles royaux ont été découverts dans la vallée des Encombres en 2010). Parmi ces 17 couples, 13 au moins ont initié une reproduction et 11 d’entre eux ont donné lieu à l’envol d’aiglons. Il est remarquable de constater cette année que 6 couples ont réussi à mener à bien l’élevage de deux aiglons. Au total, ce sont 17 aiglons qui ont pris leur envol en Haute-Tarentaise cette année : succès reproducteur qui ne s’était pas observé depuis plus de 10 ans. Par ailleurs, deux nouvelles aires ont été découvertes sur la commune de Saint-Martin-de-Belleville, portant à 92 le nombre total d’aires d’aigles royaux suivies en Tarentaise. Vallée de la Maurienne En Maurienne, la reproduction de l’aigle peut être qualifiée de satisfaisante puisque, sur les 12 couples suivis par les agents de terrain du Parc, 5 se sont reproduits avec succès. Au total, ce sont 7 aiglons qui ont été notés à l’envol cette année alors que les 2 années précédentes avait été particulièrement néfastes (1 seul aiglon à l’envol en 2009 et 5 en 2008). De plus, 3 nouvelles aires ont été découvertes en Haute-Maurienne, portant ainsi à 83 le nombre d’aires connues et suivies pour l’aigle royal. En résumé, avec 24 aiglons à l’envol en 2010, relativement aux 29 couples suivis en Vanoise, la reproduction n’a jamais été aussi faste depuis de nombreuses années, alors que l’on tendait à interpréter qu’avec la « saturation » des territoires par les couples d’aigles royaux, leur succès reproducteur avait tendance à diminuer depuis une dizaine d’années au moins. A la lueur de ces résultats, cette interprétation paraît donc hâtive et des paramètres favorables comme la quiétude des sites, ainsi que de bonnes disponibilités en ressources alimentaires, permettent encore à cette espèce d’accroître ses effectifs et d’alimenter d’autres massifs périphériques. Récapitulatif des suivis réalisés Nombre d’aires Nombre de couples suivis Nombre d’envols Vallée de la Tarentaise 92 17 17 Vallée de la Maurienne 83 12 7 Ensemble du secteur du Parc 175 29 24 Secteur Source : PNV Tétras-lyre Des campagnes de comptage du Tétras-lyre sont réalisées par le Parc national de la Vanoise, en lien avec l’Observatoire des galliformes de montagne et l’Office national des forêts. Ces campagnes, qui ont lieu tous les 2 ans, se font sur le site de référence « Les Arcs/Villaroger », site divisé en 9 secteurs dont 5 aménagés et 4 non aménagés. Une analyse des tendances observées sur ce site de référence permet de constater que les effectifs de coqs chanteurs s’avèrent à la hausse sur ces 30 années de suivi. EVOLUTION DES COMPTAGES DE COQS DEPUIS 1980 Nombre de coqs comptés Tendance 80 70 60 50 40 30 20 *ONCFS : Office national de la chasse et de la faune sauvage. 74 Observatoire savoyard de l’environnement n°18 19 8 19 0 8 19 1 82 19 8 19 3 8 19 4 8 19 5 8 19 6 87 19 9 19 0 9 19 3 9 20 6 00 20 0 20 2 04 20 0 20 6 08 20 10 10 A noter par ailleurs qu’un aigle royal « adulte » a été trouvé mort, fin janvier par un agent de l’Office national des forêts, dans la vallée d’Avérole. Source : PNV De ce fait, nous aurions tendance à interpréter que cette fraction de la population de Haute-Tarentaise est relativement en bonne santé. L’étude de la zone de référence permet de tirer des conclusions sur l’impact des aménagements sur l’évolution des populations. En effet, la différence de densités entre les zones aménagées et non aménagées s’accentue au fil des ans. Les oiseaux semblent donc se concentrer de plus en plus vers des zones calmes, créant ainsi des noyaux de population qui s’isolent de plus en plus des autres. Cette observation vient en complément des études de parasitologie qui mettent en évidence le fait que des oiseaux dérangés en hiver présentent une diversité et une densité de parasites nettement supérieures à des oiseaux non dérangés. La 1ère cause du déclin de l’espèce serait donc la destruction de son habitat. SUIVI DES ESPECES Mais il s’agit d’intégrer cette zone dans un contexte géographique beaucoup plus important, telles que les Alpes internes du nord qui représenterait plus de 40% des effectifs de Tétras-lyre des Alpes françaises. Ainsi, entre 1990 et 2009, la population de cette espèce y a diminué en moyenne de 25%. REPARTITION DES EFFECTIFS DE TETRAS-LYRE DES ALPES FRANÇAISES % des effectifs du Tétras-lyre % des habitats potentiels du Tétras-lyre En % 50 46% 40% 40 30 20 17% 11% 10 0 Parcs nationaux des Ecrins, du Mercantour et de la Vanoise Parc national de la Vanoise Source : PNV REPERE Les 3 parcs nationaux de la Vanoise, des Ecrins et du Mercantour constituent 40% de l’aire potentielle du Tétras-lyre dans les Alpes françaises et regroupent 46% de la population. Le parc national de la Vanoise constitue 11% de l’aire potentielle du Tétras-lyre dans les Alpes françaises et regroupe 17% de la population. Observatoire savoyard de l’environnement n°18 75