Être Magazine 1 - Guide Gai du Québec
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Être Magazine 1 - Guide Gai du Québec
Être Magazine 1 Chic... de nature Tél: (514) 866 5050 Tél: (514) 256 7555 Tél: (514) 354 1372 Tél: (450) 926 9999 2 Être Magazine Sur les rives du lac Supérieur À partir de 154 500 $ À 6 minutes seulement du ski à Tremblant Occupation immédiate Les revenus de location couvrent les dépenses et plus! Communiquez avec nous pour plus d’information suitesurlac.com | 1 866 912.8460 dans ce Équipe de travail numéro Éditeur André Gagnon [email protected] Rédaction Jordan Arseneault Serge Jean Laviolette oeuvre dans le milieu de la mode depuis 25 ans. Il a collaboré avec les grandes maisons de couture entre autres Chanel, Gianfranco Ferré, et Céline ici au Canada. Il travaille pour Michel Desjardins à titre de directeur artistique et styliste. Vous pouvez aussi profiter de ses services à la boutique Eccetera&Co. Ce passionné à récemment lancé une page Facebook m..n.m’s (Montreal needs more style) en collaboration avec Guillaume Bourgois. Il vient aussi de se joindre à l’agence de coaching ASANA COACHING INC. comme accompagnateurstylistique. Le 19 il sera directeur artistique du Gala dîner en rose et finalement, il sera en charge de l’esthétisme de l’événement Galaphénicia 2012 qui aura comme invité d’honneur Jean-Paul Gaultier. [email protected] Journalistes Antoine Aubert [email protected] François Bernier [email protected] François DD [email protected] Serge Ebacher [email protected] Shawn Thompson [email protected] production Serge Jean Laviolette Directeur artistique César Ochoa [email protected] Graphistes James Demitri est un habitué des plus grands magazines d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Il est considéré comme l’un des plus grands photographes de l’Océanie. Connu pour son style distinctif mêlant chic et sexy, le «Roll in the Hay» de Demitri pour Teamm8 capte une idée fantasmée des années 50 qui transcende les continents. Olivier Pasquali [email protected] Photographe James Demitri César Ochoa Webmestre Maël Cormier [email protected] ventes James Demitri Luc Barrette (514) 439.4737 [email protected] Pierre Druelle (514) 903.9463 [email protected] antoine van doorne Nathan Fortin (514) 903.1782 [email protected] Antoine Van Doorne est un véritable passionné de mode et de décoration intérieure. Il y a quelques années, cet homme de goût lançait sa propre entreprise de design intérieur au Maroc. Il travaille partout sur la planète, constamment en déplacement entre New York, Paris, Marrakech et Montréal qu’il perçoit comme un lieu d’avenir pour lui. Durant plusieurs années, il a travaillé pour la maison Ralph Lauren à Paris. Grâce à cette ancienne collaboration, monsieur Van Doorne a permis au magazine Être de profiter des vêtements de cette marque légendaire pour le présent numéro. Administration et distribution Serge Ebacher [email protected] Bertude Faustion [email protected] Claude Lepage [email protected] ZONE DE CONFORT BONE Structure, renommée pour son système de construction à structure d’acier léger, dévoile sa toute nouvelle collection de maisons INCOMPARABLES. Ce système emprunte une combinaison d’avancées technologiques du domaine de l’aérospatiale et de l’automobile pour créer une méthode de construction sans parallèle quant à l’efficacité énergétique, la précision et la rapidité d’assemblage. Dessinée pour inviter la nature à l’intérieur, cette gamme raffinée de modèles se dessine autour des grands principes de l’architecture moderne : grands espaces de vie à aires ouvertes, plafonds de hauteur désirée et généreuse fenestration. Luc Thellen [email protected] David Laberge Montréal adresse postale C.P. 222, Succursale C, Montréal (Québec) H2L 4K1 Tél 514 521 3873 Québec 418 523 3873 Ottawa 613 238 3873 Canada 1-866-521-3873 Magazine Être Une division du Groupe HMX Toute reproduction en tout ou en partie de cette publication est strictement interdite sans l´autorisation de l´auteur de l´article ou du photographe. Les articles ne reflètent que l´opinion de leur auteur et n´engagent en rien le magazine ÊTRE. Tous droits réservés. ISSN 1205-8793 4 Être Magazine Amy Nstylist est originaire de l’Indiana et est diplômé de l’Institut Aveda. Elle a poursuivi son rêve d’oeuvrer dans le domaine de la beauté et a été esthéticienne pendant 10 ans. Elle suit un chemin bien à elle, dirigée par sa propre vision des choses, cherchant toujours à explorer de nouveaux lieux et de nouveaux défis. Elle travaille actuellement comme déléguée à la santé et à la beauté pour Amway.com/biohealth amy nstylist Si la perfection vous habite. INSCRIVEZ-VOUS à une session d’information via notre site web. VANCOUVER . CALGARY . EDMONTON . WINNIPEG . OTTAWA . MONTRÉAL BONEstructure.ca T. 1 855 978.BONE ©2012 Simple Concept Inc. | BONE Structure. L’illustration peut différer du modèle réel. Les œuvres architecturales relatives à chacune des maisons BONE Structure sont assujetties à la Loi sur le droit d’auteur. Le simple fait d’utiliser ou de copier les plans de Simple Concept Inc., en tout ou en partie, ou de fabriquer ou de construire, directement ou indirectement, une maison basée, en tout ou en partie, sur les plans, maquettes ou maisons Être Magazine 5 modèles de cette dernière, sans la permission expresse de Simple Concept Inc., est susceptible de constituer une contravention à la Loi sur le droit d’auteur. Édito Laïcité LE POINT DE VUE AVEUGLE Avec l’élection d’un gouvernement du Parti Québécois, le débat est rouvert sur la pertinence d’une charte de la laïcité au Québec pour limiter les tentatives du religieux de s’immiscer dans les affaires de l’État. L’ex-député du Bloc Québécois et ex-président de la SSJB Jean Dorion s’est insurgé contre l’engagement du nouveau gouvernement d’aller de l’avant avec cet engagement électoral arguant que cette initiative camouflait une intolérance aux limites du racisme parce qu’elle viserait d’abord et avant tout les Musulmans et qu’il serait nuisible au projet souverainiste. André Gagnon [email protected] une aussi grande majorité rejette la morale catholique en matière de sexualité autant hétérosexuelle qu’homosexuelle : si les Québécois se disent catholiques, ils sont néanmoins pour La candidate défaite du PQ dans Trois-Rivières Djemila le sexe avant ou en-dehors du mariage, pour la contracepBenhabib lui a répondu en défendant avec vigueur l’initia- tion, pour l’avortement, pour le divorce, pour le mariage gai, tive et le caractère non pas sectaire, mais citoyen d’un tel à des années-lumières des diktats de l’Église romaine. projet qui vise précisément à établir des balises claires pour la liberté de conscience dans le respect de la neutralité de Aussi, ce n’est pas par attachement au dogme catholique l’État. Alors que Jean Dorion considère que le Québec ne que les Québécois rejettent l’intrusion du religieux dans les peut se démarquer sans risquer de s’isoler de la laïcité ‛ou- affaires de l’État, mais bien parce qu’ils sont largement gaverte’ anglo-saxonne, Djemila Benhabib et , pour l’essentiel, gnés à l’idée de la séparation des Églises et de l’État. Dans ce le Parti Québécois défendent une vision davantage dans la contexte, plutôt que d’essayer de compléter la quadrature du tradition républicaine française. cercle en essayant de limiter les intrusions basées sur les privilèges d’idéologies bien souvent sexistes (voire misogynes), Dans ce débat, le point de vue aveugle qui empêche hétérosexistes et homophobes, ne serait-il pas temps de ramed’aborder la question de fond, omet de questionner le sta- ner toutes les idéologies sur le même pied dans le cadre génétut privilégié qui est accordé aux idéologies religieuses dans ral de la liberté de conscience, plutôt que de tenter de circonsnotre société. Cette question est devant la Cour Suprême en crire les privilèges accordés aux religions ? Si nous pouvons ce moment même alors qu’on attend le jugement de celle-ci faire la concession de permettre à l’intérieur des Églises et dans l’affaire Whatcott où la question posée à la Cour est des activités des communautés religieuses des pratiques et des précisément de savoir si la liberté religieuse permet de faire discours qui seraient autrement jugées discriminatoires selon de la propagande homophobe. Dans une monarchie de droit nos Chartes des droits, pourquoi devrions-nous continuer à divin, qui reconnaît de surcroit la suprématie de Dieu dans laisser libre cours à ces pratiques et à cette propagande ou à le préambule même de sa constitution, on ne se surprendra son prosélytisme dans les affaires de l’État ? Pourquoi les prapas que la liberté religieuse soit placée au-dessus des autres tiquants ‛convaincus’ aux tendances intégristes ne pourraientexpressions de la conscience et qu’elle bénéficie de privi- ils pas eux aussi faire cette concession à l’intérieur des affaires lèges dont celui d’avoir des pratiques et de tenir des discours de l’État ? Pourquoi devrions-nous faire l’autruche et refudiscriminatoires à l’abri des lois contre la discrimination et ser la critique ouverte et publique des idéologies religieuses de la propagande haineuse. À peu près personne ne ques- fondées sur la discrimination ? N’est-ce pas ce à quoi devrait tionne ces privilèges qui permettent sur la base d’opinions aussi servir la liberté de conscience ? À permettre un débat religieuses ‛sincères’ (comme le permet la loi canadienne sur public franc, ouvert et démocratique ? la propagande haineuse) d’avoir des pratiques et de tenir des discours intolérants. La Cour en arrivera probablement à un C’est ce statut privilégié accordé aux religions eu égard jugement byzantin pour ménager la chèvre et le chou. à la liberté de conscience, jamais remis en question, qui ne permet pas d’aller au fond de ce débat. Au-delà du débat Dans le débat sur la laïcité et les ‛accommodements rai- sur le port de signes religieux dans la fonction publique ou sonnables’ en matière de religions, à peu près personne ne des accommodements raisonnables, ce qui mérite d’être remet en question ce statut privilégié alors qu’une nette ma- questionné c’est ce statut qui met les religions au-dessus des jorité considère que les affaires de l’État ne doivent pas être autres idéologies et empêche un débat public libre et démodictées par la religion. Si selon les recensements une grande cratique ainsi qu’une protection égale pour tous et toutes en majorité de Québécois s’identifient comme ‛catholiques’, vertu de nos lois. 6 Être Magazine Le luxe... au naturel Réserver votre séjour dans un de nos magnifiques chalets ou suites luxueuses cotenordtremblant.com | 1 888 268.3667 nouvelles Homophobie en Russie l’extrême droite au combat La décision de la Cour suprême sur le VIH ne fait pas l’unanimité © JoséMa Orsini La montée du conservatisme se poursuit en Russie où l’extrême droite a l’homosexualité dans sa mire. Leur nouveau projet répressif consiste en une loi interdisant tout établissement gai de Moscou. Une pétition s’est mise en branle pour déposer ce projet de loi qu’une partie des députés de Vladimir Poutine et l’Église orthodoxe soutiennent. François Bernier [email protected] Après la loi interdisant ce que les Russes appellent « La propagande homosexuelle » récemment votée dans la capitale et validée par la plus haute instance de justice du pays, voilà que le nouveau cheval de bataille du mouvement d’extrême droite est maintenant l’abolition de tout établissement destiné à la communauté LGBT de Moscou. Selon le parti Narodny Sobor, ces lieux de perdition séduisent les jeunes. Ce groupe ne mâche pas ses mots: « Nous visons une fermeture des clubs gais de Moscou et une interdiction générale de l’amour homosexuel », indique clairement le parti. Plusieurs députés membres du parti au pouvoir soutiennent aussi ses projets. Plusieurs souhaitent que la loi interdisant la propagande de l’homosexualité soit appliquée à la grandeur du territoire russe. Vitalii Milonov, député au parlement de Saint-Pétersbourg, estime que l’homosexualité n’est pas une maladie, mais qu’elle est une « infection de l’âme » et qu’il faut protéger nos enfants de cette « infection ». C’est sans surprise que l’Église orthodoxe soutient elle aussi la répression LGBT: « Nous avons le droit de maintenir la pureté de la société et de protéger nos enfants de toute sorte de manifestations du péché ». 8 Être Magazine Vendredi le 5 octobre dernier, la Cour suprême du Canada rendait une décision que certains qualifient de victoire pour les personnes atteintes du VIH. Selon ce qui en a été décidé, un malade à la charge virale indétectable ou faible qui utilise aussi un condom n’est plus passible de poursuite judiciaire dans le cas de contamination accidentelle, s’il n’avait pas révélé son état à son partenaire. Les détails du jugement n’ont pas plu à de nombreux intervenants. François Bernier [email protected] Plusieurs groupes on signé un communiqué de presse critiquant la décision du gouvernement fédéral. Le Réseau juridique canadien VIH/sida, l’HALCO, COCQ-SIDA et plusieurs autres groupes impliqués dans la cause du SIDA ont signé un texte critiquant l’exagération des mesures à prendre pour être protégé de poursuites en cas d’infection accidentelle. Beau comme dans un magazine! 40 % déjà vendu. Loft à partir de 169 000 $* Condo 2 chambres à partir de 290 000 $* Villa 2 étages à partir de 342 000 $* « ...La Cour affirme maintenir la norme qu’elle a établie dans sa décision de 1998 indiquant qu’un « risque important » de transmission du VIH est nécessaire pour déclencher l’obligation juridique de divulguer la séropositivité au VIH. Mais il s’agit d’une limite illusoire au recours au droit criminel. Cela fait carrément fi de connaissances scientifiques solidement fondées, et ouvre la voie à des déclarations de culpabilité pour non-divulgation même lorsque le risque de transmission était négligeable, presque à zéro » explique le communiqué. Depuis 1990 c’est 130 Canadiens qui ont été inculpés pour avoir omis de révéler leur état à un partenaire qu’ils ont contaminé. Parmi eux, une Québécoise qui a finalement été acquittée. Selon le communiqué, une telle décision découragerait certains individus à risque de se faire tester, préférant ignorer leur état plutôt que de s’exposer au jugement d’autrui. De plus, il nourrirait la phobie du Sida auprès de la population en général. Elle entraverait la santé publique et la prévention du VIH, en exacerbant la stigmatisation, la désinformation et la peur. condovertmezzanine.com Secteur Lebourgneuf Sortie Louis XIV de l’autoroute Laurentienne 7615, rue des Métis, Québec 418.780.5666 Être Magazine * Plus taxes. Inclus 1 stationnement intérieur. 9 nouvelles © Drasko Bogdanovic © Drasko Bogdanovic La fierté de Belgrade annulée Le 3 octobre dernier devait être le début de 5 jours de célébrations pour la toute petite et courageuse communauté GLBT à Belgrade, en Serbie, qui planifiait sa première marche de la fierté officielle pour le samedi suivant. Suite à la dénonciation du « défilé de la honte » par le Patriarche Irinej de l’Église orthodoxe serbe, la police de la capitale de ce pays d’ex-Yougoslavie a annoncé l’annulation de la marche pacifique pour des « raisons de sécurité » , voir la soi-disant impossibilité de contrôler les foules de néo-nazis et de hooligans religieux qui s’apprêtaient à attaquer le défilé GLBT. Jordan Arseneault Le lendemain, les rumeurs circulaient parmi les observateurs internationaux présents pour participer à la fierté que l’ordre d’annuler le défilé provenait directement du bureau du premier ministre, et non pas du maire ou de la police. Drasko Bogdanovic, photographe torontois d’héritage serbe qui a souvent paru dans les pages de 2Bmag, était à Belgrade pour le vernissage de son exposition dédiée à cette première fierté, intitulée Liberation, une de deux expos d’art officielles associées au « PRAJD » (dites pride à Belgrade). Bogdanovic a raconté à Être l’ambiance tendue et la déception que ressentaient les quelques organisateurs face à cette collusion de la religion avec l’état, phénomène devenu si commun dans l’Europe de l’Est d’aujourd’hui. de bénévoles et de participants), la toute nouvelle Fierté de Belgrade est principalement le fruit des efforts de cinq personnes, dont le porte-parole Goran Miletic, qui demandaient tout de suite l’aide des alliés occidentaux pour mettre de la pression sur le premier ministre Ivica Dacic, qui est également le chef de la force policière nationale serbe. Celui-ci dit avoir été obligé d’annuler la Fierté gaie ainsi que deux matchs de soccer prévus pour la même journée (samedi le 6 octobre) afin de limiter la violence des hooligans. L’annulation de la Fierté de Belgrade s’est faite vivement critiquée par les instances européennes ainsi que par Amnistie internationale. Au moment où cette édition de Être partait à l’impression, Drasko Bogdanovic confirmait que les organisateurs planifiaient toujours une manifestation « entre nos murs » au lieu de la manifestation publique bannie par la « Il y avait 200 personnes qui assistaient au vernissage police... ou par d’autres. d’art Ecce Homo... et 2 000 policiers à l’extérieur » raconte Drasko Bogdanovic, soucieux de ne pas « faire un repor« C’est clair que c’est l’Église qui a incité le premier mitage à sensation » comme le font tant de médias occiden- nistre à annuler le défilé » affirme Drasko Bogdanvic suite taux, selon lui. « Ce qui me dérange vraiment, c’est que les à la conférence de presse tenue pour annoncer la réaction médias internationaux ne parlent pas de la controverse sou- conciliante du comité de PRAJD Belgrade le 4 octobre. En levée par nos expositions d’art » , parlant de la sienne et de contraste avec ce photographe serbo-canadien, les organicelle de la photographe lesbienne suédoise Elisabeth Ohlson sateurs n’ont pas osé critiquer ouvertement ni le Patriarche Wallin. L’exposition homo-érotique de Wallin a été fermée Irinej ni Monsieur Dacic. Ainsi, la Serbie suit la tendance seulement deux heures après le vernissage afin d’éviter une alarmante des pays ex-soviétiques où la religion conservaattaque des hooligans extrémistes. trice prend de plus en plus de place dans la sphère publique. Contrairement aux organismes pour la fierté gaie en Europe et en Amérique (qui comptent des centaines et milliers 10 Être Magazine À suivre dans le prochain numéro de 2Bmag et Être. Être Magazine 11 nouvelles La Fondation Métropolis bleu au soutien des jeunes écrivains GLBT Une célébration inoubliable pour la fin d’un fabuleux voyage Le 11 octobre dernier, William St-Hilaire de la Fondation Métropolis bleu a convoqué une conférence de presse pour lancer une nouvelle plateforme contre l’homophobie en collaboration avec la Fondation Émergence. En compagnie de l’auteur Peter Dubé et de Laurent McCutcheon de Gai-Écoute, St-Hilaire a dévoilé ce nouvel outil pour rejoindre les jeunes GLBT. © Jean Bernier Dany Morin souhaite un plan d’action contre la cyberintimidation La semaine dernière à Vancouver, une jeune fille victime d’intimidation, ayant quelques semaines plus tôt publié une vidéo sur YouTube pour révéler les difficultés auxquelles elle faisait face, s’est enlevé la vie. Ce lundi matin, Dany Morin, député du NPD dans le conté de Chicoutimi-Le Fjord, a suggéré à l’assemblé national une motion réclamant la formation d’un comité spécial destiné à combattre la cyberintimidation. François Bernier [email protected] Ce comité non partisan serait composé de membres des trois parties officielles de la chambre des communes. Il aurait la charge de développer des stratégies, selon lui nécessaire, pour faire face à la réalité contemporaine de l’intimidation via internet. Le gouvernement Harper s’est montré peu enthousiaste à la proposition du député homosexuel. Candice Bergen, secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique, est d’avis que ce genre de problème doit se régler à un niveau local. Elle a ajouté que deux comités gouvernementaux se penchent déjà sur la question de l’intimidation. compétences fédérales puisqu’il est lié aux télécommunications. Lui-même victime d’intimidation dans son jeune âge, il affirme que cette période a laissé des traces indélébiles. Cette regrettable période de sa vie s’est produite avant l’arrivée des médias sociaux. «La cyberintimidation, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ça laisse des traces permanentes sur Internet, comme le cas d’Amanda Todd » a expliqué M. Morin. Pour le député, l’objectif ne serait pas de mener vers une criminalisation des responsables. Sans vouloir sauter aux conclusions de la stratégie à adopter, Morin croit que la solution résidera sans doute dans la prévention. Les libéraux se sont montrés ouverts à Morin est toutefois convaincu. La appuyer la motion bien qu’ils l’accusent cyberintimidation relève du champ de de manquer de contenu concret. François Bernier [email protected] Même si la Fondation Métropolis bleu est plus connue pour son festival littéraire qui a lieu au mois d’avril, elle a su dans les dernières d’années s’impliquer dans des causes sociales comme l’anorexie et la santé mentale. Maintenant, avec la collaboration des écrivains Peter Dubé et Annie Heminway, et de la Fondation Émergence de Laurent McCutcheon, cette institution littéraire devient aussi un phare d’espoir pour les jeunes GLBT. Un engagement envers les jeunes « à risques » William St-Hilaire est conscient que la capacité de lire et d’écrire a un impact sur l’emploi et la qualité de vie des individus et de leurs familles. « Je voulais faire quelque chose pour les jeunes, explique la présidente de la Fondation. Metropolis bleu est convaincu que l’écriture et la lecture de certaines oeuvresclés font partie des outils de résilience et de transformation qui doivent être offerts à ces jeunes ». Métropolis bleu est allée chercher la collaboration de Gai-Écoute pour assurer un suivi et des conseils au besoin, pour les jeunes qui les contactent par le biais du site metropolisbleu.org/homophobie. Le site comprend des suggestions de lecture et vise aussi à inspirer l’écriture comme une forme de « thérapie » explique William St-Hilaire. Dans une version future du site, il y aura une fonction qui permettra aux jeunes utilisateurs de soumettre leurs écrits pour avoir des conseils de l’équipe Métropolis bleu, dans le but de combattre les effets de l’intimidation et de briser le silence dans lequel trop de jeunes GLBT vivent toujours. MIS EN SCÈNE PAR FRANCO DRAGONE PRÉSENTÉ PAR DU 19 AU 30 DÉCEMBRE | CENTRE BELL BILLETS EN VENTE evenko.ca • cirquedusoleil.com COMMANDITAIRES OFFICIELS 12 Être Magaizine Être Magazine 13 nouvelles Document remis Et le Grand prix CQGL 2012 est décerné à.. Document remis Sébastien Laloy fait son tour dans la Capitale Sébastien Laloy présentera pour la toute première fois ses œuvres à la galerie Domahom à partir du 12 octobre. S’il est exposé pour le mois à venir, et ce jusqu’au 11 novembre, c’est vendredi que le public pourra assister à son vernissage au 221, St-Jean. François DD [email protected] Débarquant de Montréal, le photographe émergeant qui a récemment pris des clichés lors de la soirée des prix Gémeaux viendra présenter aux spectateurs ses toiles, photographies sous cadres et plexis, de même que sa ligne de t-shirts. Ses œuvres très audacieuses et sensuelles s’exprimeront avec des nuances et des contrastes offrant une réalité décrite par une technique irréprochable et un puissant sens de l’émotion. 14 Être Magazine Le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) a finalement tranché : c’est Michel Dorais qui se verra attribuer, le 20 octobre prochain au Théâtre Corona de Montréal, le Grand prix 2012 de l’organisation. En effet, lors de la 9e édition du Gala Arc-en-ciel, ce sociologue de la sexualité et chercheur réputé rejoindra l’Honorable Louise Arbour, M. Svend Robinson, la chercheuse Viviane Namaste et le juge sud-africain Edwin Cameron, pour ne nommer qu’eux, dans les rangs des récipiendaires de ce prix prestigieux. François DD [email protected] Le président et directeur général du CQGL Steve Foster éprouve un grand bonheur de remettre ce prix à « un homme de coeur, tout à faire hors du commun, qui malgré sa notoriété a toujours su demeurer accessible. Le parcours exceptionnel de Monsieur Dorais au développement du mieux-être des communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et transgenre d’ici et d’ailleurs, ajoute-t-il, mérite amplement que nous lui décernions le Grand prix du CGGL. » L’association socioculturelle gaie de la Capitale-Nationale ne tarit d’ailleurs pas d’éloges à son sujet, évoquant entre autres son « graphisme léché (…) ses ambiances raffinées ». Vous aurez donc la chance d’admirer les réalités mises sur toiles (golden shower, torture, simple regard langoureux, etc.) de cet artiste « extrêmement talentueux et exemplaire. » M. Dorais, sociologue, chercheur, auteur et professeur titulaire à l’École de service social de l’Université Laval, est un pionnier depuis presque quarante ans en matière d’évolution des mentalités par-delà nos frontières. Avec des travaux comme « Pour une nouvelle vision de l’homosexualité » et « Adapter nos interventions à la diversité des orientations sexuelles », il a contribué à former plus de 20 000 intervenants de la santé et des services sociaux. Il a également pavé la voie à une multitude de gens de partout grâce à ses recherches portant sur les impacts relationnels et sociaux de la sexualité humaine, plus particulièrement chez les personnes marginalisées. Enfin, ouvert et sensible aux réalités des gais et lesbiennes, rappelons qu’il a été un des premiers à défendre une cause de discrimination envers une transsexuelle, de même qu’il est venu en aide aux garçons victimes d’agressions sexuelles et aux jeunes personnes prostituées, sans parler de son travail pour la prévention du VIH/Sida. Sébastien Laloy Galerie Domahom, 221 St-Jean du 12 oct. Au 11 nov. Gala Arc-en-ciel Théâtre Corona, Montréal 20 octobre Être Magazine 15 société Le GGUL : impliqué et critique dès la rentrée Le Groupe Gai de l’Université Laval est une organisation ouverte et mature, impliquée dans son milieu. C’est quelque cent membres, bénévoles, étudiants ou non, tenant à jour un compte Twitter, une chaîne YouTube, un blogue, un site web, deux groupes Facebook et participant à maintes initiatives rassembleuses. François DD [email protected] Présidente pour une seconde année consécutive, AnneSophie Ruest-Paquette est fière de l’ampleur de son organisation : « l’an passé, on a été particulièrement actif. On a coordonné les activités prévues pour souligner la journée de la lutte contre le SIDA. On participe encore cette année, toute la semaine précédant le 1er décembre. On organise un colloque dans le cadre de la semaine de la diversité sexuelle et on espère y tenir une programmation complète sur le campus. On est évidemment visible lors de la Fête Arc-en-ciel. On a lancé un recueil de textes au Festival Altern’Art, durant la journée de lutte contre l’homophobie. » 2011 apporte ses dividendes… et 2012 ? En nomination dans les catégories « Groupe par excellence », « projet ou initiative par excellence » (pour le recueil de textes), et « Relève-bénévole par excellence » au gala Arcen-ciel le 20 octobre prochain, le GGUL et leurs entreprises ont porté leurs fruits, et ont suscité bien des réactions parmi la communauté. La présidente s’est d’ailleurs dite « épatée » par ces distinctions, mais ne s’assoira pas sur ses lauriers cet automne. Le groupe qui a comme mandat de « promouvoir et valoriser la diversité sexuelle à travers le campus et la ville de Québec », demeure une ressource fraternelle qui prend vie avec une liste étonnante de rassemblements. En plus du gros spectacle annuel au Drague et un tout nouveau recueil (avec présentation spéciale, voire théâtrale, de celui-ci), une mul16 Être Magazine © Courtoisie Théâtre Premier Acte titude d’activités hebdomadaires (cueillette de pommes et courges, souper-partage et soirée-cinéma costumée à l’Halloween, formation d’affiches, sorties théâtre et dans les bars, célébration de la journée du souvenir-trans et j’en passe...) meublent le calendrier automnal. Le groupe comme symbole Louangeant ses pairs de Québec, entre autres l’organisme GRIS-Québec, la jeune présidente trouve toutefois dommage que les médias et le public « s’intéressent spécialement à l’extraordinaire » (comme les Fiertés). « Malheureusement, dit-elle, l’empreinte de l’homophobie et de l’hétérosexisme est encore très présente, et ce, au sein même de la communauté. En tant que société, c’est nos valeurs qu’il faut revoir et retravailler. En tant qu’individus, indépendamment de notre identité sexuelle, on a une responsabilité collective et humaine. Au GGUL, on accueille des personnes qui souffrent de fermeture dans leur famille. On devient le seul espace où ils peuvent explorer qui ils sont et voir quelles sont les limites de leur identité. Le groupe devient un espace physique, mais aussi un espace symbolique. Combien de personnes passent une dizaine de fois devant le local sans arrêter ? Je rêve d’un jour où l’empathie, le respect, la communication réciproque, la solidarité humaine et la justice sociale vont prévaloir. Nous c’est ainsi qu’on se positionne. » François Beauregard Directeur des ventes Serge Contant Dir. des ventes véhicules d’occasion Michel Doucet Directeur des parcs Nick Litinas Représentant aux ventes Ricardo Cutti Représentant aux ventes Sandor Mesko Représentant aux ventes André Lépine Représentant aux ventes Martin Lambert Représentant aux ventes Jacques Seret Représentant aux ventes Robert Massé Représentant aux ventes Alain Branchaud Représentant aux ventes LE PLUS GRAND CONCESSIONNAIRE Richard Merlini Représentant aux ventes Patrick Morin Directeur commercial André Gagnon Directeur commercial Thérèse Poirier Adjointe aux directeurs commerciaux Jean-Guy Morin Préposé aux livraisons AU CANADA 2555 Matte Brossard www.brossardchevrolet.com 450 619.6666 889215 Être Magazine 17 sorties Les trois © César Ochoa « numéro 1 » du mois Ardu est un bien pâle mot pour décrire la situation dans laquelle je me trouve. C’est plutôt carrément impossible de mettre le doigt sur les trois productions qui ne doivent pas être manquées en ce début de saison. Avec les rentrées dans les théâtres, les festivals qui se poursuivent et l’Halloween qui s’en vient, les gros shows ne manquent pas d’être diversifiés et ô combien intéressants. Voici mon choix des trois spectacles à voir absolument d’ici la mi-novembre. Document remis rufus wainwright Rufus débarque en ville Le 27 octobre prochain, l’artiste montréalais et nouvellement marié Rufus Wainwright interprétera les succès de son nouvel album (qui n’est plus vraiment nouveau) Out of the Game. En effet, celui qui a fait vibrer la scène du 33ème festival de Jazz de Montréal il y a quelques semaines (ce spectacle a été qualifié de « mémorable » par plusieurs), foulera les planches de la salle Albert-Rousseau pour une soirée unique à Québec. Acclamé à travers le monde grâce, entre autres, à son dernier opus, l’artiste fera un court séjour au Canada, le temps de trois spectacles, dont un à Québec et un autre à Saguenay. Ne manquez donc pas les interprétations de « Jericho » , « Rashida » et « Montauk » , trois chansons qui ont fait le tour de la planète ! © Gino Carrier Les Swingle singers François DD [email protected] © mignews.com.ua 18 Être Magazine Amateurs de voix, à vos oreilles ! Le 20 octobre prochain, on accueillera à la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm un « phénomène international dans le monde de la musique a capella », les Swingle Singers. Le septuor londonien interprétera un amalgame de jazz, de classique, de rock, de pop et de gospel pour en faire une symbiose authentique et qui perdure depuis cinq décennies (le groupe français original fondé par Ward Swingle a remporté cinq Grammy). Valsant entre du Björk et du Beyoncé en passant par The Beatles ou encore Bach, la quatrième génération de Swingle Singers promet de transcender l’imaginaire du public présent. C’est un must ! JeanPierre Ferland Jean-Pierre retraité ? Qui a dit que Jean-Pierre Ferland était à la retraite ? Ça sonnera cucul pour certains, dépassé pour d’autres, mais il ne faudra certainement pas manquer l’artiste de 78 ans le 2 novembre prochain au Théâtre du Capitole. Le monument de la chanson québécoise revient encore cette année présenter Une chance qu’on s’a, son récital garni de ses plus grands classiques, d’hier à aujourd’hui. Depuis sa sortie de scène en 2007, ses rares performances ont fait se déplacer les foules. Récemment, il a collaboré avec Céline Dion dans le cadre du nouvel album de la chanteuse qui sortira le 5 novembre, Sans attendre. Sera-t-elle du levé de rideau ? Être Magazine 19 Nightlife Charles Poulin La musique avant tout © Michel Bazinet CHAQUE PERSONNE EST UNIQUE. À 12 ans, dans une discothèque (déjà), il se découvrait une réelle fascination pour la musique. Trois décennies plus tard, malgré les reproches de son père, Charles Poulin est devenu un DJ reconnu du Québec. L’artiste se dit motivé par ses rencontres avec le public et, bien sûr, par la musique. Consultez votre médecin. François DD [email protected] Être. Vous avez célébré vos 30 ans de carrière, le 18 juin dernier. Dans quel état d’esprit vous trouviez-vous ? Charles Poulin. J’étais bien, cette semaine-là, j’ai spinné à l’Apollon, au Dagobert, ce que je fais normalement chaque année, à La Cuisine, où les gens ne dansent pas donc ça permet un plus grand choix dans ce que je fais. Mais on va fêter mes 30 ans de carrière en Beauce, où tout a commencé. J’attends des nouvelles de Matthew (Angel LaDrag) qui vient de là et qui va participer à l’événement. Je pense que ça aura lieu le 22 ou le 29 septembre au bar Le Planet de Saint-Georges et ça devrait être assez excitant. Mais, 30 ans, ça dure une année, donc ça ne fait que commencer. Être. Vous avez fait partie du Black and Blue encore cette année. Est-ce un des plus gros évènements auxquels vous avez participé ? C.P. Définitivement. Celui de 2006, devant 10.000 personnes, dans la grande aire du Stade Olympique, avec des grosses pointures de l’industrie comme Antoine Clamaran, Chus & Ceballos, demeure gravé à jamais en moi. J’ai vécu mon premier Black and Blue il y a 15 ans, comme bénévole, en distribuant des petits rubans rouges. C’est comme une école pour moi, une famille. Le rêve est devenu réalité. Ça amène au top. Y être en 2012 encore, c’est génial. Je l’ai espéré… Être. Et comment fait-on pour y rester ? Après 30 ans, j’imagine qu’il faut se renouveler… C.P. Il faut être passionné. C’est le premier critère. Mais on ne peut pas seulement se contenter d’aimer ça : il faut être préparé et sérieux. On n’a pas le choix. Si on veut mener une carrière qui dure, on ne peut pas se permettre de perdre la face en arrivant en retard, par exemple. Souvent, les gens pensent que les DJs ont des vies pas mal « Olé Olé » mais pas du tout. On disait de Winston Churchill qu’il 20 Être Magazine avait offert sa meilleure improvisation lorsqu’il était préparé. C’est comme ça avec moi. C’est possible de rester soimême et de s’adapter au bar dans lequel on se trouve, en adoptant un style tantôt commercial, tantôt underground. Moi je suis assez éclectique, alors je m’adapte. Être. Est-ce que vos motivations ont changé avec le temps ? C.P. Non. Ça demeure la musique avant tout. C’est une recherche constante qu’il faut s’appliquer à réaliser. On doute, on se remet parfois en question et c’est bien de le faire car, lorsqu’on revient, on retrouve la flamme. Moi, je vais toujours faire de la musique. C’est le plus beau métier du monde. C’est un boost d’énergie incroyable. Être. Parlant de boost d’adrénaline, vous arrivez de Montréal où vous avez travaillé lors de la Fierté… C.P. Oui. C’était ma quatrième fois avec Fierté Montréal. Mike Cruz et Mark Anthony étaient au parc ÉmilieGamelin avec moi pour le T-Dance. À l’extérieur, c’est une des meilleures places. C’est pas mal plus heureux qu’ailleurs. Le dimanche, les gens vont à la marche, après ils arrivent, énergiques, presque survoltés. Être. En dehors du travail, menez-vous « une vie de bars » ? C.P. Je reste à Sainte-Marie-de-Beauce (rire). Ça me permet de relaxer et ça me convient. Je n’ai aucun regret, j’aime la vie nocturne. Je sors, j’en profite. Je fais le tour des bars quand je travaille pour en profiter et saluer des gens. Être. Finalement, vous avez vu le monde à travers la musique. Qu’est-ce que vous rêveriez d’accomplir maintenant ? C.P. J’ai mixé à Paris, à Boston, Ottawa… mais je me sens comme chez moi à Londres, particulièrement au End Club, renommé comme étant un des dix meilleurs clubs au monde. J’aimerais y retourner. Être Magazine 21 sorties Les trompettes résonnent déjà au largo Le Festival de Jazz retient son souffle avant ses premières notes qui seront jouées à partir du 15 octobre prochain. Si la petite équipe de Québec bourdonne telle une ruche depuis des mois afin que tout soit prêt pour accueillir les meilleurs jazzmans et trompettistes du monde, son chef d’orchestre Gino Ste-Marie a eu le temps de nous parler un peu de ce qui s’en vient au Largo et dans tout Québec. François DD [email protected] « Cette année, je me suis payé la traite, raconte-t-il. Tous les artistes qui jouent ici (au restaurant de la rue St-Joseph), je pourrais les présenter au Palais Montcalm. Les Jeremy Pelt, Christian Scott, entre autres sont parmi les dix meilleurs trompettistes au monde. » En effet, la programmation qui fait place aux instruments de cuivre cette année est en or. Gretchen Parlato, Erik Truffaz, Sophie Hunger, Omar Sosa, Paolo Fresu seront parmi les artistes qui fouleront les planches des vingt-cinq scènes de la ville pour l’occasion. « Certes on a perdu les services de Roy Hargrove au profit du festival de Shanghai (dont les dates s’entrechoquent), mais on a frappé fort en Arturo Sandoval. On peut dire que la vie fait bien les choses », exprime-t-il avec le sourire. Le Jazz d’ici avant tout Cette année, trois volets composent cette 6e édition du festival. D’abord, le circuit Jazz mettra en vedette de grosses pointures comme Robert Glasper. « Des artistes de partout veulent participer, avoue Gino Ste-Marie. L’accueil des gens de Québec, la beauté de la ville et notre ouverture les attirent. Au début, 22 Être Magazine on leur offrait de venir ici, puis à Montréal, mais on était en train de monter un festival “B” à Montréal. Maintenant, on les oblige à demeurer dans la ville au moins plus d’une journée (224 chambres réparties dans les plus gros hôtels de la ville sont commanditées), on leur propose de donner des classes de maîtres (il y en aura six donnés par des artistes aux étudiants de l’université Laval), et on les jumèle à des artistes d’ici, parce qu’on fait du sacré bon jazz à Québec. Même si j’admire Montréal pour leurs 35 ans, je n’ai aucune éloge à leur faire pour le développement des jazzmans d’ici. Que font-ils de leur trois millions de subventions et des diplômés sortants des quatre universités ? On peut se vanter, nous, d’être les seuls à produire des révélations à RadioCanada par exemple. Kuba Séguin sera aux côtés de Gretchen Parlato; Vincent Gagnon et son trio devant Robert Glasper. » Le 7e art aussi jazzy Puis, la salle de bal du Château Frontenac se fera jazzy le mercredi 17 octobre afin de présenter Confessions Jazz, un gala-spectacle hommage « au grand Alfred Hitcock et à son film I Confess, tourné il y a exactement 60 ans dans la ville de Québec. » La soirée, organisée en collaboration avec le festival du cinéma de la ville de Québec alliera art musical et art visuel, avec en vedette « le pianiste et spécialiste des musiques de films noirs Ran Blake », le trio de la pianiste Lorraine Desmarais et l’internationalement célèbre Tiger Okoshi. Le Confessionnal de Robert Lepage sera également de la somptueuse recette et c’est Renée Hudon, figure marquante de la radio et de la télévision québécoise par ailleurs intégrée au scénario de Lepage, qui sera l’invitée d’honneur. La présentation de Québec Kerouac 2012, en novembre, formera le troisième volet. « Depuis 2009 qu’on présente du Kerouac. L’empreinte est forte ici au Québec, avoue le directeur du festival. J’espère présenter dans la première semaine de novembre, un gros show qui ferait le pont entre Kerouac et les trompettes. Un Normand Guilbault avec son « On the road »; quatre gros musiciens, un narrateur, des grandes entrevues de Kerouac… bref : un métissage unique entre poésie et jazz. » Pas de trompettes au Drague Finalement, pour ceux qui se demandaient si une collaboration est imminente entre la discothèque gaie de Québec et le Festival de Jazz, la réponse est non : « C’est dommage, mais l’an prochain, ils courront après moi. Le Dagobert va adapter sa clientèle l’instant d’un jeudi, mais pas question pour Le Drague de se départir d’un show de Drag queen. Je leur proposais une idée simple, pas très cher, mais bon… Un spectacle de « drags » teinté de jazz aurait « flashé »… tant pis ! Le jazz, ça ne m’appartient pas. Plus le monde en fait, plus les gens en veulent. Ça se marie bien avec tous les styles; littérature, théâtre, c’est partout ! Et même dans la communauté gaie ! » Peutêtre le bar de la rue St-Augustin attend-il les guitares l’an prochain avant de se lancer dans l’aventure ? À suivre… Hommage jazzy à Jack Kerouac Si vous pensiez que le Festival de Jazz de Québec allait s’arrêter en octobre, détrompez-vous! Effectivement, cette 6e édition prépare pour fin novembre, entre le 21 et le 25, son évènement Québec Kerouac 2012, un hommage à ce géant de la littérature américaine, disparu en 1969. « On s’est aperçu que l’empreinte de Kerouac est extrêmement forte à Québec, et qu’elle fait encore vibrer pas mal, raconte le président du festival, Gino Ste-Marie. On a donc décidé d’en faire un évènement principal », explique le principal intéressé. Attendu de tous, spécialement de ses organisateurs, l’évènement se prépare depuis 2009 selon les dires du propriétaire du Largo. Spectacles, conférences, tables rondes, poésie et chanson, célèbre- ront Kerouac en jazz et s’occuperont de faire vibrer les amateurs encore en appétit. Ce sera donc un hommage avec un rythme effréné, s’inspirant de la « prose spontanée » qu’on attribue à l’auteur émérite de la Beat Generation. Rappelons que parmi tous ses poèmes, essais, romans ou nouvelles, c’est sans contredit son populaire Sur la route qui a inspiré, et continue d’inspirer, le plus grand nombre. Le livre a inspiré une adaptation cinématographique qui était présentée au dernier Festival de Cannes. On y retrouve entre autres l’actrice de Québec Marie-Ginette Guay, dans le rôle de la mère québécoise de Kerouac. Québec Kerouac 2012 Festival de Jazz 21 au 25 novembre Être Magazine 23 Cinéma VOYAGEZ fierté avec Réservez d’ici le 31 oct. 2012 et ÉCONOMISEZ 200 $ SUPPLÉMENTAIRES par adulte Vacances Air Canada s’est associée à Palace Resorts pour vous offrir une escapade d’une semaine au magnifique complexe Isla Mujeres Palace au Mexique. Nous avons réservé l’intégralité du complexe hôtelier pour vous, afin que vous puissiez en profiter avec FIERTÉ! 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Les prix sont en dollars canadiens, et s’appliquent seulement aux nouvelles réservations et dates mentionnées. Les prix sont établis par personne, selon une occupation double et en fonction des vols en classe économique au départ de l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, à moins de mention contraire. Non remboursable. Quantité limitée et sous réserve de disponibilité au moment de la réservation. Ne s’applique pas aux réservations de groupe. De plus amples renseignements sont disponibles chez un agent de voyages. Vols exploités par Air Canada. Pour connaître les modalités et conditions, consultez les brochures de Vacances Air Canada ou visitez vacancesaircanada.com. No d’enregistrement du Québec 702566. MDVacances Air Canada est une marque déposée d’Air Canada, utilisée sous licence par la société en commandite Touram, 1440, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 600, Montréal (QC), H3G 1R8. Pour les plus récentes mises à jour, visitez vacancesaircanada.com. Il y a près de quatre mois, on a vu apparaître sur la Toile la vidéodocumentaire du jeune Abitibien David Mercier intitulée Sans le dire à personne. Quelques milliers de clics plus tard, le cinéaste se réjouit de la popularité de son œuvre et espère bientôt réaliser du nouveau matériel. François DD [email protected] d’être acceptés et d’affronter le jugement quotidien. Le jeune homme (célibataire qui plus est) sourit lorsqu’il raconte le minibuzz créé par son travail. Un succès plutôt inattendu, vu les circonstances : « J’ai fait ce film (seul et non en équipe) dans le cadre de mon projet d’intégration de fin de DEC en arts et lettres, volet « cinéma », au cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, mais je n’en possédais pas les droits. Comme je l’ai publié sur ma page Facebook et sur YouTube, je n’étais plus admissible à un festival en particulier. » « J’ai eu énormément de commentaires — et j’en ai encore — d’hétéros qui ont été touchés, de gens GLBT pas affirmés qui ont fait le saut dans l’arène gaie entre autres, confie-t-il. En Abitibi, c’est très différent, c’est encore tabou, parce que c’est moins vu, tout simplement ». Sans le dire à personne — documentaire tourné rapidement, mais avec finesse — propose trois témoignages de personnes homosexuelles. David Mercier voulait avant tout démystifier le sujet, mettre de l’avant le fait qu’il est difficile pour les gais en région 24 Être Magazine Si ses projets d’avenir ne sont pas encore déterminés, David Mercier retournera dans la Capitale cet automne pour entamer une autre session universitaire avant de prendre un congé pour travailler. « C’est à ce moment-là que j’aurai le temps de mettre mon expertise au profit d’un autre documentaire. Chantale, une intervenante dans le film, me dit souvent que je devrais faire quelque chose de plus grand. J’y pense. C’est certain que le meilleur s’en vient. » Être Magazine 25 Escapades Auberge du Mont Orford TOUT CONFORT ENTRE LAC ET MONTAGNE Pour décrocher de la ville et s’offrir tous les charmes des Cantons de l’Est, l’Auberge du Mont Orford est un établissement à découvrir à seulement une heure de Montréal, en partant du pont Champlain. Les jeunes mariées Manoushka Ross et Brigitte Flamand y ont repris les opérations depuis plus de deux ans et sont très fières d’y accueillir tous et toutes dans ses vingt-deux suites de style condo bien campées, comme son nom l’indique au pied du Mont Orford et à seulement trois km du centre-ville de Magog, cette charmante ville de villégiature construite sur le splendide lac Memphrémagog. André Gagnon Auberge du M ont Orford 3159, rue Principale ouest Magog, Québec 819-868-0669 1-866-828-0669 26 Être Magazine Cet emplacement offre un joyeux compromis à ceux et à celles qui veulent s’offrir le grand air de la campagne et toutes les distractions de la ville à quelques km. Les suites condo qui comprennent toutes chambre, cuisinette et salle de séjour et même un balcon privé, permettent de se retrouver comme chez soi dans un décor lumineux. Elles permettent ainsi une occupation double ou même quadruple à des prix extrêmement, mais extrêmement compétitifs. Les groupes peuvent même louer les lieux au complet. Document remis permet de profiter en toutes saisons des plaisirs de la région. À la recherche de cocooning ? L’auberge compte sur un restaurant de fine cuisine française, le Comme chez soi, et un centre de massothérapie Eaux Petits Soins. Pas besoin de quitter les lieux pour faire la dolce vita. Durant la belle saison, on peut prendre l’air sur la terrasse fleurie côté montagne et durant toute l’année profiter du bain tourbillon dans le pavillon. Nouvelle boutique ! Dégustations et vente de nos produits gagnants de plusieurs prix. Site enchanteur où cohabitent vignoble et pommeraie Réceptions «clé en main» sur un site aménagé tout en haut de la montagne, spécialement conçu pour vous faire profiter du paysage exceptionnel du vignoble et de la vallée de Rougemont. La nature généreuse de la région permet de réaliser une large gamme d’activités, de la marche en montagne et des sports nautiques l’été à la raquette, au ski de fond et alpin et même à la pêche sur glace en hiver. À quelques km de Magog et de Sherbrooke, ce ne sont pas les lieux de sortie qui manquent. On est ici bien situé pour explorer la Route des Vins, Saint-Benoit-du-Lac et pour profiter de tous les festivals de la région, y compris le Festival des couleurs qui bat son plein en octobre. Avec deux propriétaires fièrement gaies qui ont scellé leur union en août dernier lors d’une cérémonie sur la plage du lac Memphrémagog (célébrée par la mairesse ellemême !), l’Auberge est des plus homosympa. Chaque année, elles organisent même deux fins de semaine ‛de filles’ pour femmes gaies en novembre et avril. Elles sauront aussi bien L’auberge qui existe depuis vingt-quatre ans, évidemment vous diriger vers les bonnes a été entièrement rénovée il y a sept ans, et elle adresses de la région. Dégustations de vins et cidres accompagnés de produits du terroir rougemontois. Salle de réception adjacente à la boutique. Activités de cueillette de pommes en montagne. RÉSERVATIONS : [email protected] GRATUIT ! Téléphone : 450.469. 3090 1105, Petite Caroline, Rougemont Présentez cette annonce et obtenez UNE DÉGUSTATION pour deux lors de votre visite . Dossier: 12-973 Client: Coteau Rougemont Produit: Publicité magazine ETRE Langue: Français Format: 7,8 x 4,7 Date: 22/08/2012 Couleurs: CMYK Être Magazine 27 Menu Plaisirs Le goût du SLOW « Je me considère un foodie » me confie Stéphane Albert, chef et copropriétaire du joli restaurant et épicerie fine de Magog qu’il fonde en 2010 avec son partenaire Alain Custeau. Buon Gusto propose des plats italiens composés d’ingrédients saisonniers, préparés avec un amour total de la tradition du “bon goût” que suggère son nom. Buon Gusto 380-A, rue Principale Ouest, Magog 819 843-1500 buon-gusto.ca 28 Être Magazine Jordan Arseneault © Helen Loverseed est un mélange de ricotta et d’oignons rehaussé avec du sirop d’érable, un plat de préférence des enfants « et des enfants moins jeunes » dit Stéphane en riant. Une autre de ses spécialités : la recherche de recettes de grands-mères pour montrer des facettes oubliées de cette grande cuisine paysanne, tels leurs raviolis au canard à la sauce aux olives. « Ce qui fait notre force, c’est le conseil au client », me raconte Stéphane, en expliquant la diversité des produits italiens qui sont toujours méconnus de ce côté de l’Atlantique. Que ce soit l’importance de la bonne pancetta – le bacon italien – ou les plaisirs des variétés de panettones, Stéphane et ses employés peuvent se targuer d’offrir un service personnalisé qui met « C’est une recette qui m’a été donnée par un l’accent sur la découverte des combinaisons de chauffeur de taxi à Rome. Quand tu voyages, saveurs inspirées de la tradition italienne, bien les meilleurs guides sont toujours les chauffeurs au-delà de la sauce à spag! de taxi » dit Stéphane, avec un petit sourire dans sa voix quand il se souvient de la fois où Assis à une table bordant les rangées de il a passé une demi-heure à se faire expliquer la produits italiens soigneusement placés, Sté- recette de la nona du chauffeur. Il lui a aussi apphane nous a offert un verre de rosé Fregi pris le précieux truc pour faire la parfaite sauce Barocchi Salento pour agrémenter notre dîner aux olives : « il faut les tremper dans l’huile léger composé d’une « gâteau » aux artichauts d’olive pour faire enlever l’eau salée, pour vraiet tomates séchées et accompagnée d’une sal- ment faire sortir le goût de l’olive » confie-t-il. ade et d’antipasti. Le choix de plats au comptoir Le met est devenu un favori de ses clients venus est toujours difficile : comment résister aux la- de Magog, Montréal et des États-Unis pour apsagnes de pâtes fraîches, aux arancini (boulettes précier la philosophie slow food de ce restaurade riz croustillant au fromage) ou encore au teur de la communauté. cannelloni de veau à la sauce rosé à la vodka ? Vient le soir, les choix risquent d’être encore Le meilleur temps pour visiter ? Toute plus difficiles à faire. l’année, Buon Gusto propose des Jeudi pâtes (Pasta Night), avec un choix des quatre sauces, « On travaille avec les produits de saison », un des quatre pâtes faites maison, et un verre me confirme Albert, pour qui l’automne évoque de vin, à 14 $ seulement. Pour le dessert, esles champignons, les plats mijotés aromatisés sayez une des seules parties du menu fait « à la à l’huile de truffe, la sauce bolognaise au pou- minute » : le cannoli farci au ricotta aromatisé let, au veau et à la pancetta, et les légumes de à l’eau de fleur d’oranger fait comme il faut, à la récolte. Leur macaroni à la courge musquée l’ancienne. Buon appetito ! Être Magazine 29 Escapades Saint-Sauveur Document remis région 4 saisons À tort, on pense que Saint-Sauveur ne (se) vit qu’en hiver à slalomer sur son épais manteau neigeux. En plein été et bientôt à l’approche des premières feuilles rougeâtres, l’Hôtel Saint-Sauveur permet de passer un agréable entracte bucolique à deux pas d’une multitude de restaurants et d’activités avec pour toile de fond un paysage de promotion du tourisme dans les Laurentides. à partir de 96 995$ La Rédaction L’Hôtel Saint-Sauveur est niché au cœur de la Vallée du même nom avec une vue dominante vierge qui donne l’impression qu’on nous offre la nature sur un tapis vert. D’emblée, l’accueil est naturellement chaleureux et on se sent de suite à l’aise. Les 45 unités qui composent ce nouvel hôtel sont — alléluia — non fumeuses et d’une finition exemplaire. Qu’il s’agisse des suites, lofts ou studios, on est comme chez soi (ou on aimerait que ça soit comme chez nous). Ce sentiment est accentué lorsqu’on se trouve dans les suites supérieures avec plafond cathédrale et un lit moelleux qui imposent le rapprochement. Rapprochement qui peut débuter dans le bain thérapeutique. Après tout, c’est bon pour la santé. Un soin tout particulier a été porté à la salle de bain de grande taille évitant ainsi de se tamponner devant le miroir au matin. Bien entendu, internet Wi-fi, foyer, cafetière, grillepain, miniréfrigérateur et stationnement extérieur gratuit sont au rendez-vous et la gamme de services est impressionnante. En contrebas, vous avez plus de 300 boutiques et restaurants ainsi qu’une nature omniprésente aux nombreux sentiers. 500, chemin des Frênes, Piedmont, Rés : 1-855-297-1800. Depuis Montréal c’est très simple, prenez l’autoroute 15 nord sortie 60. Bon SaintSauveur et profitez en pour manger les délicieuses côtes levées du restaurant Le Rio. Hôtel Saint-Sauveur 500, chemin des Frênes Piedmont (Québec) J0R 1K0 450-227-1800 [email protected] 30 Être Magazine Être Magazine 31 arts Nouvel espace queer au Belgo arts à La galerie Rats 9 L’Édifice Belgo sur la rue Sainte-Catherine est le paradis de l’art contemporain. Avec des dizaines de galeries, on trouve de quoi plaire à tout un chacun. Or, malgré la variété de son offre, il a fallu du temps avant qu’un des espaces se dévoue à l’art queer. Depuis quelques mois, la galerie Rats 9 s’en charge. Du 17 octobre au 6 novembre, elle offrira des œuvres de l’artiste JJ Levine. Regards de maîtres Pour sa première grande exposition solo à Montréal, le peintre Mathieu Laca a choisi de créer son propre panthéon de vingt portraits. Connu de nos lecteurs depuis au moins l’année dernière pour ses toiles hyper-sexuées, ses êtres fantaisistes aux têtes d’animaux et une intensité expressive inimitable, cet artiste Lavallois travaille depuis des mois à la création de sa série de portrait d’artistes célèbres Mort ou vif, qui sera exposée à la Galerie Modulum dès le 19 octobre. L’expo représente le début d’une nouvelle période dans son oeuvre et d’une nouvelle relation professionnelle avec le commissaire Normand Babin de la Galerie Modulum. Jordan Arseneault Être. La première toile que tu nous as montrée de cette série était un portrait du peintre Francis Bacon, un artiste gai dont les influences ont toujours été marquées dans ton oeuvre. Est-ce qu’il y a un élément de la vie ou du style Bacon qui était derrière le désir de créer cette série en commençant avec lui? Mathieu Laca. Bacon est le peintre dont j’ai peint le plus de portraits. Il y en a quatre dans l’exposition. Son oeuvre me hante. Comme moi, il tourne tout entier autour du corps masculin. Je crois qu’il a ouvert une brèche fabuleuse en peignant la figure avec des moyens non-figuratifs. C’est un dieu. J’ai beaucoup de plaisir à peindre sa tronche moitié bulldog moitié poupon. Mort ou vif portraits et autres captures par Mathieu Laca du 19 octobre au 18 novembre, 2012 Galerie Modulum, 3081, Ontario street Est, #301 mathieulaca.com 32 Être Magazine E. Comparé à la sexualité débridée de tes séries précédentes, l’esprit fauviste est presque absent des portraits Mort ou vif. Y-a-t-il eu un changement dans ta vie qui aurait influencé cette morphologie dans les motifs de tes peintures? M.L. Ma palette a évolué, c’est vrai. Et il y a beaucoup plus d’effets de texture dans mes toiles maintenant. Ce que les gens ignorent souvent, c’est que je change constamment, j’explore toutes sortes d’avenues. Je me lasse très rapidement et j’ai horreur de me répéter. E. Pour cette série, tu as bénéficié de la collaboration de ton conjoint, Jean Comeau, pour la sculpture exquise des cadres. Pourquoi pour ce projet, la question du cadre était-elle si importante? M.L. Mon mari a sculpté des motifs en lien avec les artistes dont j’ai peint les portraits. Les cadres sont des clins d’oeil à la tradition, de même que le prolongement des tableaux dans une dimension nouvelle. C’est un apport merveilleux et je dois dire que c’est vraiment un grand bonheur de travailler tous les jours dans l’atelier avec Jean, lui sculptant et encadrant et moi peignant. Queer Portraits 2010 to 2012: Une exposition d’ œuvres récentes, Par JJ Levine. Du 17 octobre au 6 novembre, 2012 à l’Édifice Belgo 372 Ste-Catherine Ouest. François Bernier [email protected] Intitulée Queer portrait, cette exposition propose une série de portraits en grand format. Au fil des photos, l’artiste nous fait découvrir la capture d’instant décrivant les relations qu’entretiennent les sujets avec leur environnement, leur famille, leurs amants, leurs amis. Par cette démarche, Levine propose des images à la fois personnelles, intimistes et contrôlées, mis en scène. Ces paramètres visent à soulever des questions en lien avec l’espace queer privé comme endroit privilégié de développement communautaire et d’expression de genres et de sexualités souvent marginalisés dans la sphère publique. gins et Jessica Roy sont venus compléter leur équipe afin de lancer officiellement Rats 9, qui se destine entre autres à l’art queer. Préoccupé par les questions d’identité, ce groupe féminin (et féministe) privilégie une approche non traditionnelle de l’art actuel. Peu après son ouverture, Rats 9 a reçu les félicitations et le soutien d’important groupe queer montréalais, dont La Centrale et Studio 303. Pour Valérie Polychuck, cet enthousiasme rapide est la preuve de l’importance du développement de ce type d’art qui se caractérise entre autres par la recherche constante d’affranchissement des notions réductrices de genres. La galerie Rats 9, c’est l’initiative de Marie-Maude et Valérie Polychuck, deux soeurs, artistes et complices en créL’exposition de JJ Levine débutera le 17 octobre prochain. ation qui partageaient déjà ce local du Belgo. Il y a quelques Le vernissage aura lieu le 19 octobre de 18 à 23h à la suite 530 mois, elles ont intégré d’autres collaboratrices. Carly Hig- de l’édifice Belgo. E. Les 20 portraits de grands artistes comprennent aussi un portrait d’un jeune artiste talentueux nommé Mathieu Laca. Est-ce que cette auto-inclusion est une manière de te situer dans la tradition tout simplement, ou y a-t-il un certain égoïsme (même ironique) qui peut s’en déduire? M.L. Je peins assez régulièrement des autoportraits donc ces oeuvres n’ont rien d’ironique. Mais leur inclusion dans un corpus de maîtres, leur exposition parmi les portraits de bonzes de l’histoire de l’art, ça c’est hautement ironique ! Je m’introduis moi-même dans mon propre panthéon… L’égoïsme poussé jusqu’à la farce. Certains devraient en prendre de la graine. E. Tout comme RAYÉ, l’expo solo Mort ou vif représente un début de relation avec la Galerie Modulum. Qu’est-ce qui t’a attiré à faire partie du projet de Normand Babin et Louis Robert? M.L. J’ai eu beaucoup de succès à Ottawa l’année passée et ça a fait en sorte que les pressions pour que j’expose à Montréal se sont multipliées. Normand et Louis Robert m’avaient dans leur mire. Après avoir gravi les marches d’un bâtiment industriel plein de graffitis, je suis arrivé dans ce splendide espace tout blanc et lumineux qu’est Modulum. Un grand mur de 25 pieds de long m’a sauté au visage. C’était clair : j’ai dit oui. Être Magazine 33 Théâtre Mattew Shepard de Laramie à Québec une certaine époque noire. Je crois fermement que c’est une histoire forte et nécessaire » explique-t-il. La pièce prendra l’affiche du théâtre du Trident le 6 novembre prochain et se poursuivra jusqu’au 1er décembre. L’occasion pour le public de Québec d’être confronté aux émotions que suscitent les horreurs de l’homophobie. Avec la désensibilisation qu’opère la surabondance d’information dans nos vies, il est facile de s’imaginer que la haine homophobe n’existe plus, alors qu’elle se vit tous les jours pour de nombreux individus, dans nos écoles et dans nos rues. Ce soir-là, Shepard est sorti seul après avoir vu ses invitations refusées par ses amis. Le garçon se fait aborder par deux jeunes adultes, Russell Henderson et Aaron McKinney. Ils lui demandent s’il est homosexuel. Shepard répond que oui. Ils lui proposent un tour de voiture qu’il accepte. La voiture sort de la ville pour s’arrêter au milieu d’une route François Bernier de campagne ou les agresseurs attachent le garçon à une clô[email protected] ture pour ensuite lui défoncer le crane. Ils laissent le corps à peine vivant de Shepard sur place. Il est retrouvé quand un À une époque où la question de l’homophobie prend de cycliste chute par hasard à proximité de son corps. plus en plus de place dans les médias, Gill Champagne a choisi de s’attaquer à ce texte émotivement dense, traduit L’histoire fait la manchette. Rapidement les associations en québécois par l’acteur montréalais Emmanuel Schwartz. gaies organisent des vigiles à la chandelle afin de rendre Réunissant une équipe d’acteurs d’expérience de la capitale hommage au garçon et demander l’adoption d’une loi contre incluant Linda Laplante, Jean-Sébastien Ouellet, Fabien les crimes de haine. Plusieurs personnalités se sont prononCloutier, Jocelyn Pelletier et 6 autres interprètes, la produc- cées à ce sujet, faisant parfois des déclarations puissantes. tion relate les jours qui ont suivi le terrible incident, le pro- Ellen Degeneres a dit, à propos de cette tragédie: « Arrêtez la cès et le jugement. Chacun d’entre eux incarnera plusieurs haine, arrêtez la violence! Tout le monde a le droit d’aimer! personnages. (...)J’en ai tellement marre! Je ne peux pas m’arrêter de pleurer. C’est ce que j’essayais d’empêcher. C’est pour ça que Jocelyn Pelletier a, parmi les hommes qu’il incarnera, à per- j’ai fait ce que j’ai fait. » sonnifier Russell Henderson, l’un des accusés qui au cours du procès a fini par plaider coupable. « C’est très troublant de C’est à peine 2 semaines plus tard que la troupe du Techtopenser que cette mentalité d’intolérance est encore une réa- nic Theatre Project arrive à Laramie. Ils accumulent plus de lité actuelle. Les événements se sont passés il y a moins de 200 entrevues et témoignages afin de construire un spectacle 15 ans! » affirme-t-il. L’acteur lui-même hétérosexuel trouve de théâtre documentaire qui remporte un succès immédiat. essentiel que l’on dresse le portrait de cette société replié sur En 2002 la pièce est adaptée au cinéma par Hollywood. elle-même, où la religion impose son hégémonie en dictant sa définition du bien et du mal à une population conditionné Le projet Laramie, du 6 novembre au 1er décembre, au à cette morale judéo-chrétienne. « Ça rappelle le Québec à théâtre du Trident, à Québec http://www.letrident.com 34 Être Magazine Mathieu Laca Galerie Modulum 3081 rue Ontario est | bureau 301 | Métro Préfontaine [email protected] | 514.596.0500 Heures d’ouverture: vendredi 12h - 19h, samedi et dimanche 12h - 17h. Mathieu Laca, Alter Ego (Trois autoportraits), huile sur lin, 153cmX122cm, 2008 Le 7 octobre 1998, un jeune homosexuel de 21 ans du Wyoming est retrouvé meurtri et agonisant sur le bord d’une route de la municipalité de Laramie par un cycliste. Matthew Shepard victime de violence homophobe meurt le 12 octobre à l’hôpital de Poudre Valley quelques jours plus tard en compagnie des siens. Interpellé par l’horreur de cette histoire, Moisés Kaufman se rend dans la ville de la victime avec une bande d’acteurs pour préparer la création d’un spectacle de théâtre documentaire. 12 ans après la première américaine, Le projet Laramie sera présenté à Québec au théâtre du Trident dans une mise en scène du directeur artistique sortant Gil Champagne. © Hélène Bouffard 19 octobre - 18 novembre vernissage: vendredi 19 octobre, 17h - 20h commissaire: Normand Babin www.mortouvif.weebly.com Être Magazine 35 cinéma Portrait of James Dean © Document remis Festival Image+Nation Le festival Image+Nation célèbre cette année 25 années de diversité sexuelle au cinéma. 25 ans à promouvoir les réalisateurs qui s’attardent aux thématiques LGBT, à notre communauté longtemps réprimée. Des événements comme celui-là prouvent qu’avec les années, le cinéma queer s’émancipe et gagne en maturité. Avec la nouvelle édition, le festival nous offre une programmation passionnante qui promet de satisfaire autant les amateurs de films sexy que les passionnés de documentaire ou de biopic. Être vous fait quelques suggestions incontournables parmi un spectre large de films d’intérêts. 36 Être Magazine François Bernier [email protected] Le point de vue des invisibles Un des films à surveiller est certainement le documentaire intitulé Les Invisible, réalisé par Sébastien Lifshitz (Presque rien). Cette oeuvre s’attarde aux homosexuels nés entre les deux guerres, ayant vécu leur identité avant les premiers mouvements de libération sexuels de la fin des années 60. Ces invisibles, parce qu’à leur âge, on ne les remarque plus, parce que durant leur jeunesse on leur refusait d’être visible, témoignent avec humour et sincérité la réalité du temps. Le film aborde les moments qui ont signé la renaissance des intervenants. Le public est donc le témoin privilégier de la parole de réels anticonformistes qui ont osé affronter un monde qui refusait d’admettre la légitimité des homosexuels. Comme le dit l’une des femmes dans le film : « À l’époque les gens savaient qu’il y avait des homosexuels. Ce qui était impensable, c’était de le revendiquer ». Les Invisible s’est entre autres démarqués au dernier festival de Cannes ou il était projeté dans la catégorie Un certain regard. Il avait alors été accueilli très favorablement par la critique qui le décrivait comme un film beau et puissant. MOTIONS EMOTIONS dentisterie générale et esthétique mini-implants reconstruction du sourire greffes de gencives blanchiment au laser Dr Marc Raper chirurgien-dentiste Dre Natacha Michel chirurgienne-dentiste Stéphane Côté denturologiste Yanick Bertrand tatoueur Jean Fortin galeriste ZÏLON 22 La communauté LGBT en 24 images Un lieu, une expérience hors du commun... GALERIE DENTAIRE 30 octobre au 4 décembre vernissage: 24 novembre 1239, rue Amherst, Montréal www.galeriedentaire.com 514.523.5535 Vampire (détail), acrylique et feutre sur toile, 20 po ✕ 20 po, 2012. Annonce GD1216 (demi page 7,8 po ✕ 4,7 po), Être, novembre2012. fête son en grand ! PORTES OUVERTES les samedi et dimanche 24 et 25 novembre de 15 h à 21 h DÉMONSTRATION DE SCULPTURE avec modèle vivant masculin de 18 h à 21 h chaque soir par l’artiste Joël A. Prévost Exposition de l’artiste en résidence Lauren Trimble 1206, boulevard de Maisonneuve Est Montréal, QC, H2L 1Z9 514 690 4312 [email protected] www.ateliersculptureargile.com Être Magazine 37 cinéma Les Invisibles Souvenir du rebelle à la fureur de vivre La vérité au sujet de la véritable sexualité du regretté James Dean fait jaser depuis longtemps. Bien des indices laissent croire que le jeune homme aurait été gai ou bisexuel. Pour éviter d’aller à la guerre, Dean se serait enregistré comme homosexuel. Il s’agissait alors d’un état jugé comme pathologique justifiant d’éviter la conscription. C’est précisément ce nouvel éclairage qui a intéressé le réalisateur Matthew Mishory qui en signe aussi le scénario. Dans Joshua Tree, 1951: A Portrait of James Dean, on assiste à l’épisode qui a précédé la célébrité du jeune acteur. Pour ce film, Mishory sort des films biographiques conventionnels pour s’attarder à un élément précis de la vie de Dean, sa bisexualité, qu’il a tentée de dissimuler durant toute sa carrière. On est donc les témoins d’une seule année de sa vie, 1950, année de sortie de son premier film Fixed Bayonets !, de Samuel Fuller. Rappelons que le réalisateur est considéré par plusieurs comme l’étoile montante du cinéma indépendant américain, vanté autant en France par les journalistes des inRock, que par ses paires aux États-Unis. Jeunesse parisienne sous radiation Retour à une réalité contemporaine avec le film de Helena Klotz, L’Âge atomique. Dans ce film, qui met en vedette l’acteur Québécois Neils Shneider, qu’on a pu voir dans J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires, on suit deux garçons dans une folle nuit de fête dans un Paris d’aujourd’hui, loin du romantisme figé de l’époque du Moulin Rouge. Un Paris cru et aride mis en image avec une poésie dépourvue de nostalgie. Illustrant le spleen de la jeunesse, le film de Klotz raconte cette nuit où pendant qu’un jeune homme cherche à embrasser une fille, son ami ne désire que l’embrasser lui. Peu à peu, cette oeuvre qui flirte avec l’expérimental glisse vers la métaphore, s’éloignant du simple réalisme pour se déployer dans la fantasmagorie. Pour ceux qui ont horreur de s’ennuyer au cinéma, L’Âge atomique est pour vous. Il dure à peine plus d’une heure. Les « kutchus » d’Ouganda Call me Kutchu est l’un de ses films qui bouleverse. Qui rappelle à la fois les beautés et les horreurs de l’humanité. Tourné en 2010 à l’apogée des violences homophobe en Ouganda, il suit la vie d’un petit groupe luttant pour les droits à l’égalité pour tous. Les journaux du pays publient leurs photos en indiquant aux lecteurs qu’ils sont homosexuels et inscrivent sous leur portrait « pendez-les ». S’ils continuent la lutte, ce n’est pas sans peur, et cette peur, les réalisatrices Malika Zouhali-Worrall et Katherine Fairfax Wright les captent dès les premières minutes du film. Depuis les cinq dernières années, les membres du gouvernement ougandais se sont acharnés à faire la chasse à la sexualité LGBT. On voit encore aujourd’hui des homosexuels violés, attaqués ou emprisonnés par les dirigeants du pays. Malgré un sujet sombre, Call me Kutchu raconte une histoire ou l’espoir est permis, un espoir qui tiens dans les mains fragiles, mais acharnées d’une communauté qui croit en la justice et en l’égalité. Directrice générale / Directeur général Gai Écoute et Fondation Émergence Poste de gestionnaire Formation universitaire Expérience de gestion Connaissance des enjeux des LGBT communautés LGB Voir détails www.gaiecoute.org 38 Être Magazine Être Magazine 39 livres Solaire Fleurie Merci l’écriture De Charlevoix à Québec, la route a été plus longue que prévu pour Solaire Fleurie. Cette auteure transsexuelle de 22 ans apprend à s’assumer depuis l’âge de cinq ans. Travaillant sur un deuxième recueil de nouvelles et sur un projet de roman, elle raconte ses échecs, parle de son entourage et évoque sa détresse tout en levant le rideau sur sa démarche. échecs amoureux, les attentes ou l’empreinte charnelle des corps. Afin de partager sa vision, elle songe à publier ses textes poétiques, qu’elle nomme son « exorcisme linguistique ». Planant sur les mythes de Marylin ou de Nelly Arcand, la jeune femme se dit « très sombre, mais aussi très positive ». Dans la peau de l’esthéticienne qu’elle continue d’être et qui se lève chaque matin en pensant s’assumer pleinement, on sent une ruche bourdonnante de projets, dont certains textes, encore plus viscéraux et Solaire Fleurie a mis sa plume primitifs, dans La jeune femme au service de thèmes comme les paranoïsante. (F.D.) « Je suis une personne très dramatique qui se nourrit des extrêmes », lance l’auteure. Depuis son premier recueil, La sacrifiée et sa prison de chair, elle a remplacé l’alcool par l’écriture, bien que le but, vital, demeure le même : s’éloigner du suicide. Histoire de texto Textomachie de Frédéric Tremblay Textomachie Un quatrième roman pour Frédéric Tremblay À sa naissance, Adam Dufort a été baptisé l’enfant-texto. Sur ses vieux jours cependant, le poids de cet héritage lui pèse. Alourdi par les souvenirs, il s’en libère dans un récit qui est également celui de sa génération; comme tant d’autres, il a été élevé avec le texto, a appris à travers lui, a aimé, haï et travaillé grâce à lui. Ce mardi 9 octobre avait lieu le lancement du nouveau roman de Frédéric Tremblay qui du haut de ses 19 ans publie déjà sa 4e œuvre. L’événement avait lieu au café-bar L’escalier, situé sur la rue Sainte-Catherine à deux pas de la station Berri-Uqam. Textomachie, c’est le récit de vie d’Adam Dufort, enfant de la génération du texto. L’auteur nous plonge dans un avenir ou le poids de cette pratique va avoir modifié définitivement les paradigmes sociaux. Frédéric Tremblay est fier du lancement de son dernier roman. Si par le passé les célébrations entourant ses autres publications étaient plus modestes, c’est qu’il habitait la banlieue, loin du centre d’activité culturelle que représente l’Île de Montréal. « Celui-ci, du fait de mon passage de la banlieue à la ville et de ma plus grande sociabilité (tous les auteurs commencent par être des rats de bibliothèque solitaires, mais heureusement il y a de l’espoir de sortir des livres pour mieux y revenir), a été une vraie réussite; beaucoup d’amis et d’amis de mes amis, du mouvement, de la bonne bière et du bon vin, moi au micro racontant les origines de Textomachie, un livre dans une main et un ancien cellulaire dans l’autre, et des tonnes de discussions passionnantes » explique ce jeune prodige de la plume. Découvrez dès maintenant ce roman d’anticipation original en librairie et dans la couveuse pour jeunes auteurs. (Trois chapitres en PDF sur le site de l’éditeur.) Textomachie, c’est d’abord et avant tout mon retour au roman après un long passage par les sciences humaines, l’essai, l’argumentation, Karl Marx et tout le reste », nous explique Tremblay, visiblement enthousiaste. C’est la messagerie texte et les changements relationnels qu’amène ce nouveau mode de communication qui ont obsédé le jeune écrivain: « Les différentes histoires tournent toutes autour du thème du texto, phénomène que je considère comme marquant pour ma génération. » (F. B.) Textomachie Joey Cornu Éditeur, 448 pages, 16,95$ 40 Être Magazine www.joeycornu.com Être Magazine 41 mode Lumière d’automne Photographe : César Ochoa Stylisme : Serge Jean Laviolette Hair : Amy NStylist Modèles : Ted Puglia Next Brad Smitt Montage Vetêments : Antoine Van Doorne 42 Être Magazine Être Magazine 43 mode 44 Être Magazine Être Magazine 45 mode 46 Être Magazine Être Magazine 47 mode Être Magazine 49 mode 50 Être Magazine Être Magazine 51 mode 52 Être Magazine Être Magazine 53 mode 54 Être Magazine Être Magaizine 55 mode dansla Grange La collection d'automne deTeamm8 de Rafael Morales Photographe : JAMES DEMITRI Michal Nicolas a lancé sa première collection de Teamm8 il y a 4 ans, avec l'aide de deux stylistes spécialisés dans le sous-vêtement. Il a lui-même exploité et géré tous les aspects de l'entreprise. Les choses ont rapidement changé, au fur et à mesure de la croissance de sa clientèle, notamment aux Etats-Unis. Aujourd'hui, la gamme s'est élargie pour inclure un large éventail de sous-vêtements, maillots de bain, et maintenant, des vêtements de sport. « Notre clientèle est à la recherche d'équipement d'entraînement élégants qui leur permettent de se distinguer des autres » lance ce designer gai. « Nous offrons une gamme de vêtements à l'avant garde de la mode que les hommes peuvent porter du gym à une rendezvous galant au restaurant. » La société adhère à des règles strictes. Tout le matériel doit être intemporel, élégant, de grande qualité, polyvalent, sexy, sportif, masculin, et doit projeter une image de confiance. Selon Nicolas, teamm8 produit des « vêtements qui portent les gars, non pas des vêtements que les gars portent. » La collection automne 2012 Dream. Love. Live. de Teamm8 est maintenant disponible sur LAJock.com. 56 Être Magazine Être Magazine 57 mode 58 Être Magazine Être Magazine 59 mode © César Ochoa WOD Sports Se muscler en étant tendance Plusieurs l’ont remarqué et même regretté : jusqu’à très récemment, aller dans une boutique de sport, c’était se rendre partout sauf au Village, le quartier gai montréalais semblant bouder ce genre de commerces. Installés depuis le début du mois de mai sur la rue Amherst, à l’angle de la rue Sainte-Catherine, Steeve Hamel et WOD Sports cherchent à combler ce manque. Pour attirer la clientèle villageoise (surtout les personnes âgées entre 20 et 40 ans), le propriétaire mise sur « des vêtements stylisés, des chaussures européennes, peu vendues à Montréal ». Ici, il y a tout pour s’habiller, des pieds à la tête. Les grandes marques (et les prix qui vont avec) bien sûr, mais aussi la propre marque du magasin. « On veut aller vers le développement d’une ligne », confirme Steeve Hamel, qui habite depuis longtemps dans le Village où il a également travaillé, dans la restauration et les arts. WOD Sports 1290, rue Amherst (514) 303.9637 www.wodsports.ca 60 Être Magazine Néanmoins, WOD Sports a aussi, voire surtout, vu le jour pour les adeptes du crossfit, entraînement intense mélangeant athlétisme, gymnastique et haltérophilie. Tout l’équipement (haltères, tapis, bancs) et différents produits énergétiques sont proposés dans une belle bâtisse qui a abrité par le passé les grosses soirées de la première version du Parking. (A.A.) Être Magazine 61 Mieux-Être Uni(T) © Alexa Tymocko un an Déjà Guy Forest Membre de la société québécoise des psychothérapeutes professionnels(les) Psychothérapie individuelle, couple Difficultés relationnelles, anxiété, dépression, manque d'estime et de confiance en soi, solitude, isolement, dépendances, codépendance, mal de vivre, besoin de se connaitre, difficultés reliées à l'orientation sexuelle. Au service de la communauté gaie depuis plus de 20 ans. Consultez le site ESTIMEETREALISATIONDESOI.COM 390 boul. St-Joseph E. Montréal QC H2T 1J6 (métro Laurier) 514 272 6648 La Charpente La véritable base du corps de rêve Marie-Pier Fortier et Ariane Paradis offrent, pour les débutants comme pour les plus avancés, des cours de Pilates et de danse se présentant comme une alternative pour travailler le corps en profondeur, dans le respect de ses capacités. Ouverte depuis plus d’un an et demi, l’école porte bien son nom : la Charpente solidifie les muscles fréquemment négligés afin de rééquilibrer son corps par la base puis de le renforcer. Les abdominaux sont ces grands oubliés de notre corps, à la base de notre posture. En travaillant cette zone de façon complète, on diminue des douleurs inutiles, on se tient plus droit et surtout, on peut arriver à ce ventre plat et ferme dont on rêve souvent. La Charpente offre différents cours de Pilates : l’un, plus général; « Yoga Pilates », travaillera l’étirement et l’effort musculaire combinant plusieurs exercices en même temps. Des cours de danse axés sur l’entrainement plutôt que sur la performance sont également disponibles, sous l’oeil expert des deux fondatrices de l’école, danseuses professionnelles. Parmi ceux de la session d’automne, on note le Ballet Pilates, une façon originale et tout aussi exigeante d’aborder l’entrainement physique. Durant l’été, les deux femmes offrent aussi des cours en extérieur comme le Pilates Flow. Pour en savoir plus sur les cours dispensés dans les mois à venir, consultez leur site web.(F.B.) La Charpente 551, avenue du Mont-Royal Est 2488, avenue du Mont-Royal Est (514) 209-5890 (514) 817.2077 www.lacharpente.ca 62 Être Magazine Collection de maison Scotch chez Uni(T) © Facebook DJ, cocktails, service de traiteur et défilés de mode étaient au rendez-vous pour célébrer le premier anniversaire de l’ouverture de la boutique Uni(T). François DD [email protected] Lors de notre visite au magasin du quartier Saint-Roch de Québec, on a pu constater avec quelle énergie et quel dynamisme les employés (dont plusieurs sauront plaire à nos lecteurs) conseillaient leurs clients qui tantôt fouinaient dans les soldes, tantôt tentaient de résister aux collections arrivantes. Les trois étages bien garnis du Uni(T) offrent une marchandise variée à « une très grosse part de la communauté gaie », nous raconte un employé. Si les propriétaires Ingred Nourcy et Jean Morin désiraient montrer une vision différente de l’homme et de la femme, ils ont bien réussi leur coup en accueillant des marques plus « sport » tels les G-Star, Diesel, Tiger of Sweden et bientôt Michael Kors du côté masculin. Le « sophistiqué » s’impose en revanche pour les femmes et l’arrivée prochaine des collections Rudsak, Sarah Pacini, Eden Park ou encore Scotch and Soda. Uni(T) 505, rue Saint-Joseph Est (Québec) (581) 981.6283 Être Magazine 63 Santé jazz moderne, jazz ladystyling, jazz lyrique, pilates flow, pilates extérieur, cardio pilates, pilates avec accessoires. Cours offerts au : espaces locatifs pour esprits créatifs www.lacharpente.ca / [email protected] / 514-817-2077 / 514-209-5890 Tout passe par le © myheimu message Et si rajeunir était réellement possible? Si avoir un corps de rêve était accessible à tous? Le magazine Être a découvert cet homme, Rémi Tremblay, qui offre les outils nécessaires pour y arriver. Installer en pleine nature à une heure de Montréal et d’Ottawa, il organise des retraites de deux jours et donne aux participants les moyens d’améliorer leurs apparences physiques et psychologiques par les bases du BioMessaging. Monsieur Tremblay a répondu à nos questions... Genoveva Caballero Rémi Tremblay 64 Être Magazine d’exercice qu’un programme d’entrainement traditionnel et ceux-ci sont utilisés seulement pour véhiculer un Être : Selon les principes du BioMessaging, on nous apprend à message au corps et non pour brûler l’excédant de gras. décoder le langage inné du corps et dire à celui-ci de rajeunir. Le type d’exercice que BioMessaging propose donne au Quelle est la méthode utilisée pour y parvenir? corps les outils pour se transformer par lui-même. Il en réRT : L’approche se base sur la capacité de voir chaque sulte un corps mieux structuré et biologiquement rajeunit. activité du quotidien comme un message envoyé au corps qui l’absorbe et le digère. Il est donc important de com- E. Les programmes de perte de poids que l’on connait sont géprendre la nature du message que nous communiquons en néralement reliés à un régime alimentaire rigoureux, est-ce le travaillant, en faisant de l’exercice ou en dormant; ou en- cas avec BioMessaging? core l’impact du manque ce ceux-ci. Le programme évoRT. BioMessaging est tout le contraire d’une diète. Les lue en différentes étapes afin de fournir progressivement repas sont aussi utilisés comme moyen de communication les outils nécessaires à l’organisme. reliant le corps et l’esprit pour favoriser la perte de poids, la prise de masse musculaire et le rajeunissement. Nous E. L’image du corps et particulièrement importante pour la com- n’avons pas besoin de nous priver pour maigrir. munauté gaie. Est-ce qu’il y a d’autres avantages à suivre le programme? E. Le programme est offert sous forme de retraites de 2 jours à RT. Avec BioMessaging, nous apprenons à voir et res- Montebello en Outaouais. Est-ce que la nature est un élément pecter notre corps comme une entité qui pense et agit par important à la réussite du programme? elle-même. On ne perçoit plus le corps comme un objet, RT. La nature est au coeur même du BioMessaging. mais comme un sujet avec lequel on interagit. De ce fait, Nous revenons aux sources pour reconnecter avec la naune profonde compassion pour notre propre corps et celui ture et ainsi favoriser la transmission du message au corps. des autres se développe. Le but ultime est de transposer le rythme de la nature dans l’espace urbain dans lequel nous vivons. E. De quelle manière BioMessaging peut-il apporter des changements corporels que l’exercice traditionnel ne fait pas? Pour plus d’information, visitez : RT. Avec ce programme, nous faisons beaucoup moins bio-messaging.com Être Magazine 65 Menus plaisirs Document remis iBurger Quand la technologie rencontre la gastronomie Quand on pense burger, on pense restauration rapide... Mais aussi malbouffe et aliments de piètre qualité. Un restaurant de la rue Metcalfe pourrait pourtant faire mentir la conception traditionnelle du burger avec une formule qui mêle technologie, menu gastronomique et prix abordable. Bienvenue chez iBurger. François Bernier choux. Notre attention s’arrête cependant sur le sushi burger, probablement la spécialité qui attire le plus l’attention de leur carte variée. Il s’agit en fait d’un tartare de saumon présenté entre deux portions de riz et étagé avec de la mangue et de l’avocat. Le succulent résultat est servi avec une large portion de frites maison. À l’entrée, on remarque immédiatement le décor charmant et moderne, sans être ostentatoire ou tape-à-l’oeil, composé de briques blanches et d’ardoises. On est ensuite étonné par les tables ; et pour cause : toutes sont munies d’écrans tactiles, d’où vous pourrez vous même passer votre commande. Chez iBurger, vous ne On peut terminer le repas avec un de leurs desserez pas pour autant livrés à vous-même. Les serts dont la seule évocation fait saliver : la crème serveurs prévenants s’assureront de vous expli- brûlée, le gâteau fromage et Baileys, le moelleux quer le fonctionnement de cet outil singulier et au chocolat noir ou un trio de crème glacée maison. en profiteront pour vous faire quelques suggestions au besoin. L’espace peut être réservé pour des groupes auxquels on proposera un menu traiteur. Si La grande force d’iBurger est définitivement vous y allez seul, vous risquez de ne pas voir le son menu abordable et franchement alléchant. temps passer. La surface interactive vous donne On parcourt l’écran pour découvrir les burgers accès à un choix de journal du jour. Plus besoin de boeuf Angus triple A, celui à l’agneau et bleu de chercher un coin de table pour déposer votre où celui à l’effilochée de porc et sa salade de lecture : la table est votre lecture ! 66 Être Magazine Iburger 1237, rue Metcalfe, Montréal 514.903.5799 Être Magazine 67 déco Stacaro Mobilier à saveur européenne En plein coeur du Mille carré doré se trouve une adresse bien implantée depuis douze ans dont la réputation n’est plus à faire. On entre ici dans une galerie qui recèle une quantité impressionnante de trouvailles parfois surprenantes, parfois d’un esthétisme parfaitement intemporel. François Bernier Sachez-le : un passage s’impose chez Stacaro. Ne seraitce que pour parcourir son espace commercial subdivisé en plusieurs menues sections, rappelant une visite muséale. D’une pièce à l’autre, on découvre une ambiance vieille Europe à la touche contemporaine dont la cohésion est assurée par une ligne directrice précise: le bois. Les différentes textures et la provenance du bois impressionnent. Du chêne français issu d’une culture datant de Louis XIV à du bois d’importation d’Asie, on trouve toutes sortes de finis, du plus lisse et pur à celui si joliment patiné par l’âge. Difficile de ne pas évoquer la qualité de leur sélection de luminaires. Coup de coeur pour les lampes suspendues de style chandelier ou pour les ampoules emprisonnées dans des cages d’aciers et de bois. Toute une gamme d’objets thématiques est également offerte. Avec des toiles s’inspirant des grandes métropoles du monde jusqu’aux voiliers en modèle réduit en passant par différents types d’horloges, Stacaro risque de vous inspirer un changement de décor complet. 68 Être Magazine Stacaro 2035 rue Stanley (Montreal) (514) 287-9800 stacaro.com Être Magazine 69 70 Être Magazine Être Magazine 71 72 Être Magazine Être Magazine 73 Culture s e r v i L Solaire Fleurie Merci l’écriture De Charlevoix à Québec, la route a été plus longue que prévu pour Solaire Fleurie. Cette auteure transsexuelle de 22 ans apprend à s’assumer depuis l’âge de cinq ans. Travaillant sur un deuxième recueil de nouvelles et sur un projet de roman, elle raconte ses échecs, parle de son entourage et évoque sa détresse tout en levant le rideau sur sa démarche. « Je suis une personne très dramatique qui se nourrit des extrêmes », lance l’auteure. Depuis son premier recueil, La sacrifiée et sa prison de chair, elle a remplacé l’alcool par l’écriture, bien que le but, vital, demeure le même : s’éloigner du suicide. Solaire Fleurie a mis sa plume au service de thèmes comme les échecs amoureux, les attentes ou l’empreinte charnelle des corps. Afin de partager sa vision, elle songe à publier ses textes poétiques, qu’elle nomme son « exorcisme linguistique ». Planant sur les mythes de Marylin ou de Nelly Arcand, la jeune femme se dit « très sombre, mais aussi très positive ». Dans la peau de l’esthéticienne qu’elle continue d’être et qui se lève chaque matin en pensant s’assumer pleinement, on sent une ruche bourdonnante de projets, dont certains textes, encore plus viscéraux et primitifs, dans La jeune femme paranoïsante. (F.D.)sans , maisdans en regard a m é n Ci Solairefleurie.blogspot.ca David Mercier Plusieurs l’ont tu, mais Bbeaucoup l’ont dit… Il y a près de quatre mois, on a vu apparaître sur la Toile la vidéodocumentaire du jeune Abitibien David Mercier intitulée Sans le dire à personne. Quelques milliers de clics plus tard, le cinéaste se réjouit de la popularité de son œuvre et espère bientôt réaliser du nouveau matériel. François Dallaire Le jeune homme (célibataire qui plus est) sourit lorsqu’il raconte le minibuzz créé par son travail. Un succès plutôt inattendu, vu les circonstances : « J’ai fait ce film (seul et non en équipe) dans le cadre de mon projet d’intégration de fin de DEC en arts et lettres, volet « cinéma », au cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, mais je n’en possédais pas les droits. Comme je l’ai publié sur ma page Facebook et sur YouTube, je n’étais plus admissible à un festival en particulier. » Sans le dire à personne — documentaire tourné rapidement, mais avec finesse — propose trois témoignages de personnes homosexuelles. David Mercier voulait avant tout démystifier le sujet, mettre de l’avant le fait qu’il est difficile 74 Être Magazine pour les gais en région d’être acceptés et d’affronter le jugement quotidien. « J’ai eu énormément de commentaires — et j’en ai encore — d’hétéros qui ont été touchés, de gens GLBT pas affirmés qui ont fait le saut dans l’arène gaie entre autres, confie-t-il. En Abitibi, c’est très différent, c’est encore tabou, parce que c’est moins vu, tout simplement ». Si ses projets d’avenir ne sont pas encore déterminés, David Mercier retournera dans la Capitale cet automne pour entamer une autre session universitaire avant de prendre un congé pour travailler. « C’est à ce moment-là que j’aurai le temps de mettre mon expertise au profit d’un autre documentaire. Chantale, une intervenante dans le film, me dit souvent que je devrais faire quelque chose de plus grand. J’y pense. C’est certain que le meilleur s’en vient. » Être Magazine 75