Être Magazine 1 - Guide Gai du Québec

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Être Magazine 1 - Guide Gai du Québec
Être Magazine
1
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Équipe de travail
numéro
Éditeur
André Gagnon
[email protected]
Rédaction
Jordan Arseneault
Serge Jean Laviolette oeuvre dans le milieu de la mode depuis
25 ans. Il a collaboré avec les grandes maisons de couture
entre autres Chanel, Gianfranco Ferré, et Céline ici au Canada.
Il travaille pour Michel Desjardins à titre de directeur artistique et
styliste. Vous pouvez aussi profiter de ses services à la boutique
Eccetera&Co. Ce passionné à récemment lancé une page Facebook m..n.m’s (Montreal needs more style) en collaboration
avec Guillaume Bourgois. Il vient aussi de se joindre à l’agence
de coaching ASANA COACHING INC. comme accompagnateurstylistique. Le 19 il sera directeur artistique du Gala dîner en rose
et finalement, il sera en charge de l’esthétisme de l’événement
Galaphénicia 2012 qui aura comme invité d’honneur Jean-Paul
Gaultier.
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Journalistes
Antoine Aubert
[email protected]
François Bernier
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François DD
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Serge Ebacher
[email protected]
Shawn Thompson
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production
Serge Jean
Laviolette
Directeur artistique
César Ochoa
[email protected]
Graphistes
James Demitri est un habitué des plus grands magazines d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Il est considéré comme l’un des
plus grands photographes de l’Océanie. Connu pour son style
distinctif mêlant chic et sexy, le «Roll in the Hay» de Demitri pour
Teamm8 capte une idée fantasmée des années 50 qui transcende
les continents.
Olivier Pasquali
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Photographe
James Demitri
César Ochoa
Webmestre
Maël Cormier
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ventes
James
Demitri
Luc Barrette
(514) 439.4737
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Pierre Druelle
(514) 903.9463
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antoine
van doorne
Nathan Fortin
(514) 903.1782
[email protected]
Antoine Van Doorne est un véritable passionné de mode et de décoration intérieure. Il y a quelques années, cet homme de goût lançait sa
propre entreprise de design intérieur au Maroc. Il travaille partout sur
la planète, constamment en déplacement entre New York, Paris, Marrakech et Montréal qu’il perçoit comme un lieu d’avenir pour lui. Durant
plusieurs années, il a travaillé pour la maison Ralph Lauren à Paris. Grâce
à cette ancienne collaboration, monsieur Van Doorne a permis au magazine Être de profiter des vêtements de cette marque légendaire pour
le présent numéro.
Administration et distribution
Serge Ebacher
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Bertude Faustion
[email protected]
Claude Lepage
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ZONE DE CONFORT
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Luc Thellen
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David Laberge
Montréal adresse postale
C.P. 222, Succursale C,
Montréal (Québec) H2L 4K1
Tél 514 521 3873
Québec
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Magazine Être Une division du Groupe HMX
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l´article ou du photographe.
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n´engagent en rien le magazine ÊTRE. Tous droits réservés.
ISSN 1205-8793
4 Être Magazine
Amy Nstylist est originaire de l’Indiana et est diplômé de l’Institut Aveda. Elle
a poursuivi son rêve d’oeuvrer dans
le domaine de la beauté et a été esthéticienne pendant 10 ans. Elle suit un
chemin bien à elle, dirigée par sa propre
vision des choses, cherchant toujours
à explorer de nouveaux lieux et de nouveaux défis. Elle travaille actuellement
comme déléguée à la santé et à la beauté pour Amway.com/biohealth
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©2012 Simple Concept Inc. | BONE Structure. L’illustration peut différer du modèle réel. Les œuvres architecturales relatives à chacune des maisons BONE Structure sont assujetties à la Loi sur le droit d’auteur. Le simple
fait d’utiliser ou de copier les plans de Simple Concept Inc., en tout ou en partie, ou de fabriquer ou de construire, directement ou indirectement, une maison basée, en tout ou en partie, sur les plans, maquettes ou maisons
Être Magazine 5
modèles de cette dernière, sans la permission expresse de Simple Concept Inc., est susceptible de constituer une contravention à la Loi sur le droit d’auteur.
Édito
Laïcité
LE POINT DE
VUE AVEUGLE
Avec l’élection d’un gouvernement du Parti Québécois, le débat est rouvert sur la pertinence d’une
charte de la laïcité au Québec pour limiter les tentatives du religieux de s’immiscer dans les affaires
de l’État. L’ex-député du Bloc Québécois et ex-président de la SSJB Jean Dorion s’est insurgé contre
l’engagement du nouveau gouvernement d’aller de l’avant avec cet engagement électoral arguant que
cette initiative camouflait une intolérance aux limites du racisme parce qu’elle viserait d’abord et avant
tout les Musulmans et qu’il serait nuisible au projet souverainiste.
André Gagnon
[email protected]
une aussi grande majorité rejette la morale catholique en matière de sexualité autant hétérosexuelle qu’homosexuelle : si
les Québécois se disent catholiques, ils sont néanmoins pour
La candidate défaite du PQ dans Trois-Rivières Djemila le sexe avant ou en-dehors du mariage, pour la contracepBenhabib lui a répondu en défendant avec vigueur l’initia- tion, pour l’avortement, pour le divorce, pour le mariage gai,
tive et le caractère non pas sectaire, mais citoyen d’un tel à des années-lumières des diktats de l’Église romaine.
projet qui vise précisément à établir des balises claires pour
la liberté de conscience dans le respect de la neutralité de
Aussi, ce n’est pas par attachement au dogme catholique
l’État. Alors que Jean Dorion considère que le Québec ne que les Québécois rejettent l’intrusion du religieux dans les
peut se démarquer sans risquer de s’isoler de la laïcité ‛ou- affaires de l’État, mais bien parce qu’ils sont largement gaverte’ anglo-saxonne, Djemila Benhabib et , pour l’essentiel, gnés à l’idée de la séparation des Églises et de l’État. Dans ce
le Parti Québécois défendent une vision davantage dans la contexte, plutôt que d’essayer de compléter la quadrature du
tradition républicaine française.
cercle en essayant de limiter les intrusions basées sur les privilèges d’idéologies bien souvent sexistes (voire misogynes),
Dans ce débat, le point de vue aveugle qui empêche hétérosexistes et homophobes, ne serait-il pas temps de ramed’aborder la question de fond, omet de questionner le sta- ner toutes les idéologies sur le même pied dans le cadre génétut privilégié qui est accordé aux idéologies religieuses dans ral de la liberté de conscience, plutôt que de tenter de circonsnotre société. Cette question est devant la Cour Suprême en crire les privilèges accordés aux religions ? Si nous pouvons
ce moment même alors qu’on attend le jugement de celle-ci faire la concession de permettre à l’intérieur des Églises et
dans l’affaire Whatcott où la question posée à la Cour est des activités des communautés religieuses des pratiques et des
précisément de savoir si la liberté religieuse permet de faire discours qui seraient autrement jugées discriminatoires selon
de la propagande homophobe. Dans une monarchie de droit nos Chartes des droits, pourquoi devrions-nous continuer à
divin, qui reconnaît de surcroit la suprématie de Dieu dans laisser libre cours à ces pratiques et à cette propagande ou à
le préambule même de sa constitution, on ne se surprendra son prosélytisme dans les affaires de l’État ? Pourquoi les prapas que la liberté religieuse soit placée au-dessus des autres tiquants ‛convaincus’ aux tendances intégristes ne pourraientexpressions de la conscience et qu’elle bénéficie de privi- ils pas eux aussi faire cette concession à l’intérieur des affaires
lèges dont celui d’avoir des pratiques et de tenir des discours de l’État ? Pourquoi devrions-nous faire l’autruche et refudiscriminatoires à l’abri des lois contre la discrimination et ser la critique ouverte et publique des idéologies religieuses
de la propagande haineuse. À peu près personne ne ques- fondées sur la discrimination ? N’est-ce pas ce à quoi devrait
tionne ces privilèges qui permettent sur la base d’opinions aussi servir la liberté de conscience ? À permettre un débat
religieuses ‛sincères’ (comme le permet la loi canadienne sur public franc, ouvert et démocratique ?
la propagande haineuse) d’avoir des pratiques et de tenir des
discours intolérants. La Cour en arrivera probablement à un
C’est ce statut privilégié accordé aux religions eu égard
jugement byzantin pour ménager la chèvre et le chou.
à la liberté de conscience, jamais remis en question, qui ne
permet pas d’aller au fond de ce débat. Au-delà du débat
Dans le débat sur la laïcité et les ‛accommodements rai- sur le port de signes religieux dans la fonction publique ou
sonnables’ en matière de religions, à peu près personne ne des accommodements raisonnables, ce qui mérite d’être
remet en question ce statut privilégié alors qu’une nette ma- questionné c’est ce statut qui met les religions au-dessus des
jorité considère que les affaires de l’État ne doivent pas être autres idéologies et empêche un débat public libre et démodictées par la religion. Si selon les recensements une grande cratique ainsi qu’une protection égale pour tous et toutes en
majorité de Québécois s’identifient comme ‛catholiques’, vertu de nos lois.
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nouvelles
Homophobie en Russie
l’extrême droite
au combat
La décision de la Cour suprême sur le VIH
ne fait pas l’unanimité
© JoséMa Orsini
La montée du conservatisme se poursuit
en Russie où l’extrême droite a l’homosexualité dans sa mire. Leur nouveau projet répressif consiste en une loi interdisant
tout établissement gai de Moscou. Une
pétition s’est mise en branle pour déposer
ce projet de loi qu’une partie des députés
de Vladimir Poutine et l’Église orthodoxe
soutiennent.
François Bernier
[email protected]
Après la loi interdisant ce que les Russes appellent
« La propagande homosexuelle » récemment votée dans
la capitale et validée par la plus haute instance de justice du pays, voilà que le nouveau cheval de bataille du
mouvement d’extrême droite est maintenant l’abolition
de tout établissement destiné à la communauté LGBT de
Moscou.
Selon le parti Narodny Sobor, ces lieux de perdition
séduisent les jeunes. Ce groupe ne mâche pas ses mots:
« Nous visons une fermeture des clubs gais de Moscou
et une interdiction générale de l’amour homosexuel »,
indique clairement le parti. Plusieurs députés membres
du parti au pouvoir soutiennent aussi ses projets. Plusieurs souhaitent que la loi interdisant la propagande
de l’homosexualité soit appliquée à la grandeur du territoire russe. Vitalii Milonov, député au parlement de
Saint-Pétersbourg, estime que l’homosexualité n’est pas
une maladie, mais qu’elle est une « infection de l’âme »
et qu’il faut protéger nos enfants de cette « infection ».
C’est sans surprise que l’Église orthodoxe soutient elle
aussi la répression LGBT: « Nous avons le droit de maintenir la pureté de la société et de protéger nos enfants de
toute sorte de manifestations du péché ».
8 Être Magazine
Vendredi le 5 octobre dernier, la Cour suprême du Canada
rendait une décision que certains qualifient de victoire pour
les personnes atteintes du VIH. Selon ce qui en a été décidé,
un malade à la charge virale indétectable ou faible qui utilise
aussi un condom n’est plus passible de poursuite judiciaire
dans le cas de contamination accidentelle, s’il n’avait pas révélé son état à son partenaire. Les détails du jugement n’ont pas
plu à de nombreux intervenants.
François Bernier
[email protected]
Plusieurs groupes on signé un communiqué de presse critiquant la décision
du gouvernement fédéral. Le Réseau juridique canadien VIH/sida, l’HALCO,
COCQ-SIDA et plusieurs autres groupes impliqués dans la cause du SIDA ont
signé un texte critiquant l’exagération des mesures à prendre pour être protégé de
poursuites en cas d’infection accidentelle.
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1998 indiquant qu’un « risque important » de transmission du VIH est nécessaire
pour déclencher l’obligation juridique de divulguer la séropositivité au VIH. Mais
il s’agit d’une limite illusoire au recours au droit criminel. Cela fait carrément fi de
connaissances scientifiques solidement fondées, et ouvre la voie à des déclarations
de culpabilité pour non-divulgation même lorsque le risque de transmission était
négligeable, presque à zéro » explique le communiqué. Depuis 1990 c’est 130
Canadiens qui ont été inculpés pour avoir omis de révéler leur état à un partenaire
qu’ils ont contaminé. Parmi eux, une Québécoise qui a finalement été acquittée.
Selon le communiqué, une telle décision découragerait certains individus à risque de se faire tester, préférant ignorer leur état plutôt que de s’exposer au jugement d’autrui. De plus, il nourrirait la phobie du Sida auprès de la population en
général. Elle entraverait la santé publique et la prévention du VIH, en exacerbant
la stigmatisation, la désinformation et la peur.
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9
nouvelles
© Drasko Bogdanovic
© Drasko Bogdanovic
La fierté de Belgrade
annulée
Le 3 octobre dernier devait être le début de 5 jours de célébrations pour la toute petite et courageuse
communauté GLBT à Belgrade, en Serbie, qui planifiait sa première marche de la fierté officielle
pour le samedi suivant. Suite à la dénonciation du « défilé de la honte » par le Patriarche Irinej de
l’Église orthodoxe serbe, la police de la capitale de ce pays d’ex-Yougoslavie a annoncé l’annulation
de la marche pacifique pour des « raisons de sécurité » , voir la soi-disant impossibilité de contrôler les foules de néo-nazis et de hooligans religieux qui s’apprêtaient à attaquer le défilé GLBT.
Jordan Arseneault
Le lendemain, les rumeurs circulaient parmi les observateurs
internationaux présents pour participer à la fierté que l’ordre
d’annuler le défilé provenait directement du bureau du premier
ministre, et non pas du maire ou de la police. Drasko Bogdanovic, photographe torontois d’héritage serbe qui a souvent
paru dans les pages de 2Bmag, était à Belgrade pour le vernissage de son exposition dédiée à cette première fierté, intitulée Liberation, une de deux expos d’art officielles associées
au « PRAJD » (dites pride à Belgrade). Bogdanovic a raconté
à Être l’ambiance tendue et la déception que ressentaient les
quelques organisateurs face à cette collusion de la religion avec
l’état, phénomène devenu si commun dans l’Europe de l’Est
d’aujourd’hui.
de bénévoles et de participants), la toute nouvelle Fierté de
Belgrade est principalement le fruit des efforts de cinq personnes, dont le porte-parole Goran Miletic, qui demandaient
tout de suite l’aide des alliés occidentaux pour mettre de la
pression sur le premier ministre Ivica Dacic, qui est également le chef de la force policière nationale serbe. Celui-ci
dit avoir été obligé d’annuler la Fierté gaie ainsi que deux
matchs de soccer prévus pour la même journée (samedi le 6
octobre) afin de limiter la violence des hooligans.
L’annulation de la Fierté de Belgrade s’est faite vivement
critiquée par les instances européennes ainsi que par Amnistie internationale. Au moment où cette édition de Être partait à l’impression, Drasko Bogdanovic confirmait que les
organisateurs planifiaient toujours une manifestation « entre
nos murs » au lieu de la manifestation publique bannie par la
« Il y avait 200 personnes qui assistaient au vernissage police... ou par d’autres.
d’art Ecce Homo... et 2 000 policiers à l’extérieur » raconte
Drasko Bogdanovic, soucieux de ne pas « faire un repor« C’est clair que c’est l’Église qui a incité le premier mitage à sensation » comme le font tant de médias occiden- nistre à annuler le défilé » affirme Drasko Bogdanvic suite
taux, selon lui. « Ce qui me dérange vraiment, c’est que les à la conférence de presse tenue pour annoncer la réaction
médias internationaux ne parlent pas de la controverse sou- conciliante du comité de PRAJD Belgrade le 4 octobre. En
levée par nos expositions d’art » , parlant de la sienne et de contraste avec ce photographe serbo-canadien, les organicelle de la photographe lesbienne suédoise Elisabeth Ohlson sateurs n’ont pas osé critiquer ouvertement ni le Patriarche
Wallin. L’exposition homo-érotique de Wallin a été fermée Irinej ni Monsieur Dacic. Ainsi, la Serbie suit la tendance
seulement deux heures après le vernissage afin d’éviter une alarmante des pays ex-soviétiques où la religion conservaattaque des hooligans extrémistes.
trice prend de plus en plus de place dans la sphère publique.
Contrairement aux organismes pour la fierté gaie en Europe et en Amérique (qui comptent des centaines et milliers
10 Être Magazine
À suivre dans le prochain numéro de 2Bmag et Être.
Être Magazine
11
nouvelles
La Fondation Métropolis
bleu au soutien des jeunes
écrivains GLBT
Une célébration inoubliable pour la fin d’un fabuleux voyage
Le 11 octobre dernier, William St-Hilaire de la
Fondation Métropolis bleu a convoqué une
conférence de presse pour lancer une nouvelle plateforme contre l’homophobie en collaboration avec la Fondation Émergence. En
compagnie de l’auteur Peter Dubé et de Laurent
McCutcheon de Gai-Écoute, St-Hilaire a dévoilé
ce nouvel outil pour rejoindre les jeunes GLBT.
© Jean Bernier
Dany Morin
souhaite un
plan d’action
contre la
cyberintimidation
La semaine dernière à Vancouver, une jeune fille victime d’intimidation, ayant quelques semaines plus tôt publié une vidéo sur
YouTube pour révéler les difficultés auxquelles elle faisait face, s’est
enlevé la vie. Ce lundi matin, Dany Morin, député du NPD dans le
conté de Chicoutimi-Le Fjord, a suggéré à l’assemblé national une
motion réclamant la formation d’un comité spécial destiné à
combattre la cyberintimidation.
François Bernier
[email protected]
Ce comité non partisan serait composé de membres des trois parties officielles de la chambre des communes.
Il aurait la charge de développer des
stratégies, selon lui nécessaire, pour
faire face à la réalité contemporaine de
l’intimidation via internet.
Le gouvernement Harper s’est montré peu enthousiaste à la proposition du
député homosexuel. Candice Bergen,
secrétaire parlementaire du ministre de
la Sécurité publique, est d’avis que ce
genre de problème doit se régler à un
niveau local. Elle a ajouté que deux
comités gouvernementaux se penchent
déjà sur la question de l’intimidation.
compétences fédérales puisqu’il est lié
aux télécommunications. Lui-même
victime d’intimidation dans son jeune
âge, il affirme que cette période a laissé
des traces indélébiles. Cette regrettable
période de sa vie s’est produite avant
l’arrivée des médias sociaux. «La cyberintimidation, 24 heures sur 24, sept
jours sur sept, ça laisse des traces permanentes sur Internet, comme le cas
d’Amanda Todd » a expliqué M. Morin.
Pour le député, l’objectif ne serait pas
de mener vers une criminalisation des
responsables. Sans vouloir sauter aux
conclusions de la stratégie à adopter,
Morin croit que la solution résidera sans
doute dans la prévention.
Les libéraux se sont montrés ouverts à
Morin est toutefois convaincu. La appuyer la motion bien qu’ils l’accusent
cyberintimidation relève du champ de de manquer de contenu concret.
François Bernier
[email protected]
Même si la Fondation Métropolis bleu est plus connue pour
son festival littéraire qui a lieu au mois d’avril, elle a su dans les
dernières d’années s’impliquer dans des causes sociales comme
l’anorexie et la santé mentale. Maintenant, avec la collaboration
des écrivains Peter Dubé et Annie Heminway, et de la Fondation Émergence de Laurent McCutcheon, cette institution littéraire devient aussi un phare d’espoir pour les jeunes GLBT.
Un engagement envers les jeunes « à risques »
William St-Hilaire est conscient que la capacité de lire et
d’écrire a un impact sur l’emploi et la qualité de vie des individus et de leurs familles. « Je voulais faire quelque chose pour les
jeunes, explique la présidente de la Fondation. Metropolis bleu
est convaincu que l’écriture et la lecture de certaines oeuvresclés font partie des outils de résilience et de transformation qui
doivent être offerts à ces jeunes ». Métropolis bleu est allée
chercher la collaboration de Gai-Écoute pour assurer un suivi et
des conseils au besoin, pour les jeunes qui les contactent par le
biais du site metropolisbleu.org/homophobie.
Le site comprend des suggestions de lecture et vise aussi à
inspirer l’écriture comme une forme de « thérapie » explique
William St-Hilaire. Dans une version future du site, il y aura
une fonction qui permettra aux jeunes utilisateurs de soumettre
leurs écrits pour avoir des conseils de l’équipe Métropolis bleu,
dans le but de combattre les effets de l’intimidation et de briser
le silence dans lequel trop de jeunes GLBT vivent toujours.
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12 Être Magaizine
Être Magazine
13
nouvelles
Document remis
Et le Grand prix CQGL
2012 est décerné à.. …
Document remis
Sébastien Laloy
fait son tour dans
la Capitale
Sébastien Laloy présentera pour la toute
première fois ses œuvres à la galerie Domahom
à partir du 12 octobre. S’il est exposé pour le
mois à venir, et ce jusqu’au 11 novembre, c’est
vendredi que le public pourra assister à son
vernissage au 221, St-Jean.
François DD
[email protected]
Débarquant de Montréal, le photographe
émergeant qui a récemment pris des clichés
lors de la soirée des prix Gémeaux viendra
présenter aux spectateurs ses toiles, photographies sous cadres et plexis, de même que sa
ligne de t-shirts. Ses œuvres très audacieuses
et sensuelles s’exprimeront avec des nuances
et des contrastes offrant une réalité décrite par
une technique irréprochable et un puissant
sens de l’émotion.
14 Être Magazine
Le Conseil québécois des gais et lesbiennes
(CQGL) a finalement tranché : c’est Michel
Dorais qui se verra attribuer, le 20 octobre
prochain au Théâtre Corona de Montréal,
le Grand prix 2012 de l’organisation. En effet, lors de la 9e édition du Gala Arc-en-ciel,
ce sociologue de la sexualité et chercheur
réputé rejoindra l’Honorable Louise Arbour,
M. Svend Robinson, la chercheuse Viviane Namaste et le juge sud-africain Edwin Cameron,
pour ne nommer qu’eux, dans les rangs des
récipiendaires de ce prix prestigieux.
François DD
[email protected]
Le président et directeur général du CQGL Steve Foster
éprouve un grand bonheur de remettre ce prix à « un homme
de coeur, tout à faire hors du commun, qui malgré sa notoriété a toujours su demeurer accessible. Le parcours exceptionnel de Monsieur Dorais au développement du mieux-être des
communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et
transgenre d’ici et d’ailleurs, ajoute-t-il, mérite amplement que
nous lui décernions le Grand prix du CGGL. »
L’association socioculturelle gaie de la Capitale-Nationale ne tarit d’ailleurs pas d’éloges
à son sujet, évoquant entre autres son « graphisme léché (…) ses ambiances raffinées ».
Vous aurez donc la chance d’admirer les réalités mises sur toiles (golden shower, torture,
simple regard langoureux, etc.) de cet artiste
« extrêmement talentueux et exemplaire. »
M. Dorais, sociologue, chercheur, auteur et professeur titulaire à l’École de service social de l’Université Laval, est
un pionnier depuis presque quarante ans en matière d’évolution des mentalités par-delà nos frontières. Avec des travaux
comme « Pour une nouvelle vision de l’homosexualité » et
« Adapter nos interventions à la diversité des orientations
sexuelles », il a contribué à former plus de 20 000 intervenants
de la santé et des services sociaux. Il a également pavé la voie à
une multitude de gens de partout grâce à ses recherches portant
sur les impacts relationnels et sociaux de la sexualité humaine,
plus particulièrement chez les personnes marginalisées. Enfin,
ouvert et sensible aux réalités des gais et lesbiennes, rappelons
qu’il a été un des premiers à défendre une cause de discrimination envers une transsexuelle, de même qu’il est venu en aide
aux garçons victimes d’agressions sexuelles et aux jeunes personnes prostituées, sans parler de son travail pour la prévention
du VIH/Sida.
Sébastien Laloy
Galerie Domahom, 221 St-Jean
du 12 oct. Au 11 nov.
Gala Arc-en-ciel
Théâtre Corona, Montréal
20 octobre
Être Magazine
15
société
Le GGUL :
impliqué
et critique
dès la
rentrée
Le Groupe Gai de l’Université
Laval est une organisation ouverte
et mature, impliquée dans son
milieu. C’est quelque cent membres,
bénévoles, étudiants ou non, tenant
à jour un compte Twitter, une
chaîne YouTube, un blogue, un
site web, deux groupes Facebook
et participant à maintes initiatives
rassembleuses.
François DD
[email protected]
Présidente pour une seconde année consécutive, AnneSophie Ruest-Paquette est fière de l’ampleur de son organisation : « l’an passé, on a été particulièrement actif. On
a coordonné les activités prévues pour souligner la journée
de la lutte contre le SIDA. On participe encore cette année,
toute la semaine précédant le 1er décembre. On organise un
colloque dans le cadre de la semaine de la diversité sexuelle
et on espère y tenir une programmation complète sur le campus. On est évidemment visible lors de la Fête Arc-en-ciel.
On a lancé un recueil de textes au Festival Altern’Art, durant
la journée de lutte contre l’homophobie. »
2011 apporte ses dividendes… et 2012 ?
En nomination dans les catégories « Groupe par excellence », « projet ou initiative par excellence » (pour le recueil
de textes), et « Relève-bénévole par excellence » au gala Arcen-ciel le 20 octobre prochain, le GGUL et leurs entreprises
ont porté leurs fruits, et ont suscité bien des réactions parmi
la communauté. La présidente s’est d’ailleurs dite « épatée »
par ces distinctions, mais ne s’assoira pas sur ses lauriers cet
automne. Le groupe qui a comme mandat de « promouvoir
et valoriser la diversité sexuelle à travers le campus et la ville
de Québec », demeure une ressource fraternelle qui prend vie
avec une liste étonnante de rassemblements. En plus du gros
spectacle annuel au Drague et un tout nouveau recueil (avec
présentation spéciale, voire théâtrale, de celui-ci), une mul16 Être Magazine
© Courtoisie Théâtre Premier Acte
titude d’activités hebdomadaires (cueillette de pommes et
courges, souper-partage et soirée-cinéma costumée à l’Halloween, formation d’affiches, sorties théâtre et dans les bars,
célébration de la journée du souvenir-trans et j’en passe...)
meublent le calendrier automnal.
Le groupe comme symbole
Louangeant ses pairs de Québec, entre autres l’organisme
GRIS-Québec, la jeune présidente trouve toutefois dommage
que les médias et le public « s’intéressent spécialement à
l’extraordinaire » (comme les Fiertés). « Malheureusement,
dit-elle, l’empreinte de l’homophobie et de l’hétérosexisme
est encore très présente, et ce, au sein même de la communauté. En tant que société, c’est nos valeurs qu’il faut revoir et
retravailler. En tant qu’individus, indépendamment de notre
identité sexuelle, on a une responsabilité collective et humaine. Au GGUL, on accueille des personnes qui souffrent
de fermeture dans leur famille. On devient le seul espace où
ils peuvent explorer qui ils sont et voir quelles sont les limites
de leur identité. Le groupe devient un espace physique, mais
aussi un espace symbolique. Combien de personnes passent
une dizaine de fois devant le local sans arrêter ? Je rêve d’un
jour où l’empathie, le respect, la communication réciproque,
la solidarité humaine et la justice sociale vont prévaloir. Nous
c’est ainsi qu’on se positionne. »
François Beauregard
Directeur
des ventes
Serge Contant
Dir. des ventes
véhicules d’occasion
Michel Doucet
Directeur
des parcs
Nick Litinas
Représentant
aux ventes
Ricardo Cutti
Représentant
aux ventes
Sandor Mesko
Représentant
aux ventes
André Lépine
Représentant
aux ventes
Martin Lambert
Représentant
aux ventes
Jacques Seret
Représentant
aux ventes
Robert Massé
Représentant
aux ventes
Alain Branchaud
Représentant
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LE PLUS GRAND CONCESSIONNAIRE
Richard Merlini
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Être Magazine
17
sorties
Les trois
© César Ochoa
« numéro
1 »
du mois
Ardu est un bien pâle mot pour décrire la situation dans laquelle
je me trouve. C’est plutôt carrément impossible de mettre le
doigt sur les trois productions qui ne doivent pas être manquées
en ce début de saison. Avec les rentrées dans les théâtres, les festivals qui se poursuivent et l’Halloween qui s’en vient, les gros
shows ne manquent pas d’être diversifiés et ô combien intéressants. Voici mon choix des trois spectacles à voir absolument
d’ici la mi-novembre.
Document remis
rufus
wainwright
Rufus débarque en ville
Le 27 octobre prochain, l’artiste montréalais et nouvellement marié
Rufus Wainwright interprétera les succès de son nouvel album (qui n’est
plus vraiment nouveau) Out of the Game. En effet, celui qui a fait vibrer
la scène du 33ème festival de Jazz de Montréal il y a quelques semaines
(ce spectacle a été qualifié de « mémorable » par plusieurs), foulera les
planches de la salle Albert-Rousseau pour une soirée unique à Québec.
Acclamé à travers le monde grâce, entre autres, à son dernier opus,
l’artiste fera un court séjour au Canada, le temps de trois spectacles,
dont un à Québec et un autre à Saguenay. Ne manquez donc pas les
interprétations de « Jericho » , « Rashida » et « Montauk » , trois
chansons qui ont fait le tour de la planète !
© Gino Carrier
Les Swingle
singers
François DD
[email protected]
© mignews.com.ua
18 Être Magazine
Amateurs de voix, à vos oreilles !
Le 20 octobre prochain, on accueillera à
la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm un
« phénomène international dans le monde
de la musique a capella », les Swingle
Singers. Le septuor londonien interprétera un
amalgame de jazz, de classique, de rock, de
pop et de gospel pour en faire une symbiose
authentique et qui perdure depuis cinq
décennies (le groupe français original fondé
par Ward Swingle a remporté cinq Grammy).
Valsant entre du Björk et du Beyoncé en
passant par The Beatles ou encore Bach, la
quatrième génération de Swingle Singers
promet de transcender l’imaginaire du public
présent. C’est un must !
JeanPierre
Ferland
Jean-Pierre retraité ?
Qui a dit que Jean-Pierre Ferland était à la retraite ? Ça sonnera cucul
pour certains, dépassé pour d’autres, mais il ne faudra certainement
pas manquer l’artiste de 78 ans le 2 novembre prochain au Théâtre du
Capitole. Le monument de la chanson québécoise revient encore cette
année présenter Une chance qu’on s’a, son récital garni de ses plus
grands classiques, d’hier à aujourd’hui. Depuis sa sortie de scène en
2007, ses rares performances ont fait se déplacer les foules. Récemment,
il a collaboré avec Céline Dion dans le cadre du nouvel album de la
chanteuse qui sortira le 5 novembre, Sans attendre. Sera-t-elle du levé
de rideau ?
Être Magazine
19
Nightlife
Charles
Poulin
La musique
avant tout
© Michel Bazinet
CHAQUE
PERSONNE EST
UNIQUE.
À 12 ans, dans une discothèque
(déjà), il se découvrait une réelle fascination pour la musique. Trois décennies plus tard, malgré les reproches de
son père, Charles Poulin est devenu
un DJ reconnu du Québec. L’artiste se
dit motivé par ses rencontres avec le
public et, bien sûr, par la musique.
Consultez votre médecin.
François DD
[email protected]
Être. Vous avez célébré vos 30 ans de carrière, le 18 juin dernier.
Dans quel état d’esprit vous trouviez-vous ?
Charles Poulin. J’étais bien, cette semaine-là, j’ai spinné à l’Apollon, au Dagobert, ce que je fais normalement
chaque année, à La Cuisine, où les gens ne dansent pas
donc ça permet un plus grand choix dans ce que je fais.
Mais on va fêter mes 30 ans de carrière en Beauce, où tout
a commencé. J’attends des nouvelles de Matthew (Angel
LaDrag) qui vient de là et qui va participer à l’événement.
Je pense que ça aura lieu le 22 ou le 29 septembre au bar
Le Planet de Saint-Georges et ça devrait être assez excitant. Mais, 30 ans, ça dure une année, donc ça ne fait que
commencer.
Être. Vous avez fait partie du Black and Blue encore cette année.
Est-ce un des plus gros évènements auxquels vous avez participé ?
C.P. Définitivement. Celui de 2006, devant 10.000 personnes, dans la grande aire du Stade Olympique, avec des
grosses pointures de l’industrie comme Antoine Clamaran,
Chus & Ceballos, demeure gravé à jamais en moi. J’ai vécu
mon premier Black and Blue il y a 15 ans, comme bénévole, en distribuant des petits rubans rouges. C’est comme
une école pour moi, une famille. Le rêve est devenu réalité.
Ça amène au top. Y être en 2012 encore, c’est génial. Je
l’ai espéré…
Être. Et comment fait-on pour y rester ? Après 30 ans, j’imagine
qu’il faut se renouveler…
C.P. Il faut être passionné. C’est le premier critère. Mais
on ne peut pas seulement se contenter d’aimer ça : il faut
être préparé et sérieux. On n’a pas le choix. Si on veut mener une carrière qui dure, on ne peut pas se permettre de
perdre la face en arrivant en retard, par exemple. Souvent,
les gens pensent que les DJs ont des vies pas mal « Olé
Olé » mais pas du tout. On disait de Winston Churchill qu’il
20 Être Magazine
avait offert sa meilleure improvisation lorsqu’il était préparé. C’est comme ça avec moi. C’est possible de rester soimême et de s’adapter au bar dans lequel on se trouve, en
adoptant un style tantôt commercial, tantôt underground.
Moi je suis assez éclectique, alors je m’adapte.
Être. Est-ce que vos motivations ont changé avec le temps ?
C.P. Non. Ça demeure la musique avant tout. C’est une
recherche constante qu’il faut s’appliquer à réaliser. On
doute, on se remet parfois en question et c’est bien de le
faire car, lorsqu’on revient, on retrouve la flamme. Moi, je
vais toujours faire de la musique. C’est le plus beau métier
du monde. C’est un boost d’énergie incroyable.
Être. Parlant de boost d’adrénaline, vous arrivez de Montréal où
vous avez travaillé lors de la Fierté…
C.P. Oui. C’était ma quatrième fois avec Fierté Montréal. Mike Cruz et Mark Anthony étaient au parc ÉmilieGamelin avec moi pour le T-Dance. À l’extérieur, c’est une
des meilleures places. C’est pas mal plus heureux qu’ailleurs. Le dimanche, les gens vont à la marche, après ils
arrivent, énergiques, presque survoltés.
Être. En dehors du travail, menez-vous « une vie de bars » ?
C.P. Je reste à Sainte-Marie-de-Beauce (rire). Ça me permet de relaxer et ça me convient. Je n’ai aucun regret, j’aime
la vie nocturne. Je sors, j’en profite. Je fais le tour des bars
quand je travaille pour en profiter et saluer des gens.
Être. Finalement, vous avez vu le monde à travers la musique.
Qu’est-ce que vous rêveriez d’accomplir maintenant ?
C.P. J’ai mixé à Paris, à Boston, Ottawa… mais je me
sens comme chez moi à Londres, particulièrement au End
Club, renommé comme étant un des dix meilleurs clubs au
monde. J’aimerais y retourner.
Être Magazine
21
sorties
Les trompettes
résonnent déjà au
largo
Le Festival de Jazz retient son souffle avant
ses premières notes qui seront jouées à
partir du 15 octobre prochain. Si la petite
équipe de Québec bourdonne telle une
ruche depuis des mois afin que tout soit
prêt pour accueillir les meilleurs jazzmans et
trompettistes du monde, son chef d’orchestre
Gino Ste-Marie a eu le temps de nous parler
un peu de ce qui s’en vient au Largo et dans
tout Québec.
François DD
[email protected]
« Cette année, je me suis payé la traite, raconte-t-il. Tous les artistes qui jouent ici (au
restaurant de la rue St-Joseph), je pourrais les
présenter au Palais Montcalm. Les Jeremy Pelt,
Christian Scott, entre autres sont parmi les dix
meilleurs trompettistes au monde. » En effet, la
programmation qui fait place aux instruments
de cuivre cette année est en or. Gretchen Parlato, Erik Truffaz, Sophie Hunger, Omar Sosa,
Paolo Fresu seront parmi les artistes qui fouleront les planches des vingt-cinq scènes de la
ville pour l’occasion. « Certes on a perdu les
services de Roy Hargrove au profit du festival
de Shanghai (dont les dates s’entrechoquent),
mais on a frappé fort en Arturo Sandoval.
On peut dire que la vie fait bien les choses »,
exprime-t-il avec le sourire.
Le Jazz d’ici avant tout
Cette année, trois volets composent cette
6e édition du festival. D’abord, le circuit Jazz
mettra en vedette de grosses pointures comme Robert Glasper. « Des artistes de partout
veulent participer, avoue Gino Ste-Marie.
L’accueil des gens de Québec, la beauté de la
ville et notre ouverture les attirent. Au début,
22 Être Magazine
on leur offrait de venir ici, puis à Montréal,
mais on était en train de monter un festival
“B” à Montréal. Maintenant, on les oblige à
demeurer dans la ville au moins plus d’une
journée (224 chambres réparties dans les plus
gros hôtels de la ville sont commanditées), on
leur propose de donner des classes de maîtres
(il y en aura six donnés par des artistes aux étudiants de l’université Laval), et on les jumèle
à des artistes d’ici, parce qu’on fait du sacré
bon jazz à Québec. Même si j’admire Montréal pour leurs 35 ans, je n’ai aucune éloge à
leur faire pour le développement des jazzmans
d’ici. Que font-ils de leur trois millions de subventions et des diplômés sortants des quatre
universités ? On peut se vanter, nous, d’être
les seuls à produire des révélations à RadioCanada par exemple. Kuba Séguin sera aux
côtés de Gretchen Parlato; Vincent Gagnon et
son trio devant Robert Glasper. »
Le 7e art aussi jazzy
Puis, la salle de bal du Château Frontenac
se fera jazzy le mercredi 17 octobre afin de
présenter Confessions Jazz, un gala-spectacle
hommage « au grand Alfred Hitcock et à son
film I Confess, tourné il y a exactement 60 ans
dans la ville de Québec. » La soirée, organisée
en collaboration avec le festival du cinéma de
la ville de Québec alliera art musical et art visuel, avec en vedette « le pianiste et spécialiste des musiques de films noirs Ran Blake »,
le trio de la pianiste Lorraine Desmarais et
l’internationalement célèbre Tiger Okoshi. Le
Confessionnal de Robert Lepage sera également de la somptueuse recette et c’est Renée
Hudon, figure marquante de la radio et de la télévision québécoise par ailleurs intégrée au scénario de Lepage, qui sera l’invitée d’honneur.
La présentation de Québec Kerouac 2012,
en novembre, formera le troisième volet.
« Depuis 2009 qu’on présente du Kerouac.
L’empreinte est forte ici au Québec, avoue
le directeur du festival. J’espère présenter
dans la première semaine de novembre, un
gros show qui ferait le pont entre Kerouac et
les trompettes. Un Normand Guilbault avec
son « On the road »; quatre gros musiciens,
un narrateur, des grandes entrevues de Kerouac… bref : un métissage unique entre
poésie et jazz. »
Pas de trompettes au Drague
Finalement, pour ceux qui se demandaient
si une collaboration est imminente entre la
discothèque gaie de Québec et le Festival de
Jazz, la réponse est non : « C’est dommage,
mais l’an prochain, ils courront après moi. Le
Dagobert va adapter sa clientèle l’instant d’un
jeudi, mais pas question pour Le Drague de
se départir d’un show de Drag queen. Je leur
proposais une idée simple, pas très cher, mais
bon… Un spectacle de « drags » teinté de jazz
aurait « flashé »… tant pis ! Le jazz, ça ne
m’appartient pas. Plus le monde en fait, plus
les gens en veulent. Ça se marie bien avec tous
les styles; littérature, théâtre, c’est partout !
Et même dans la communauté gaie ! » Peutêtre le bar de la rue St-Augustin attend-il les
guitares l’an prochain avant de se lancer dans
l’aventure ? À suivre…
Hommage jazzy à Jack Kerouac
Si vous pensiez que le Festival de Jazz
de Québec allait s’arrêter en octobre,
détrompez-vous! Effectivement, cette 6e
édition prépare pour fin novembre, entre
le 21 et le 25, son évènement Québec
Kerouac 2012, un hommage à ce géant
de la littérature américaine, disparu en
1969.
« On s’est aperçu que l’empreinte de Kerouac est extrêmement forte à Québec, et
qu’elle fait encore vibrer pas mal, raconte
le président du festival, Gino Ste-Marie.
On a donc décidé d’en faire un évènement principal », explique le principal intéressé. Attendu de tous, spécialement de
ses organisateurs, l’évènement se prépare
depuis 2009 selon les dires du propriétaire du Largo. Spectacles, conférences,
tables rondes, poésie et chanson, célèbre-
ront Kerouac en jazz et s’occuperont de
faire vibrer les amateurs encore en appétit.
Ce sera donc un hommage avec un
rythme effréné, s’inspirant de la « prose
spontanée » qu’on attribue à l’auteur émérite de la Beat Generation. Rappelons que
parmi tous ses poèmes, essais, romans ou
nouvelles, c’est sans contredit son populaire Sur la route qui a inspiré, et continue
d’inspirer, le plus grand nombre. Le livre a
inspiré une adaptation cinématographique
qui était présentée au dernier Festival de
Cannes. On y retrouve entre autres l’actrice
de Québec Marie-Ginette Guay, dans le
rôle de la mère québécoise de Kerouac.
Québec Kerouac 2012
Festival de Jazz
21 au 25 novembre
Être Magazine
23
Cinéma
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double et en fonction des vols en classe économique au départ de l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, à moins de mention
contraire. Non remboursable. Quantité limitée et sous réserve de disponibilité au moment de la réservation. Ne s’applique pas aux réservations de
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Air Canada est une marque déposée d’Air Canada, utilisée sous licence par la société en commandite Touram, 1440, rue Sainte-Catherine Ouest,
bureau 600, Montréal (QC), H3G 1R8. Pour les plus récentes mises à jour, visitez vacancesaircanada.com.
Il y a près de quatre mois, on a vu apparaître sur la Toile la vidéodocumentaire du jeune Abitibien
David Mercier intitulée Sans le dire à personne. Quelques milliers de clics plus tard, le cinéaste se
réjouit de la popularité de son œuvre et espère bientôt réaliser du nouveau matériel.
François DD
[email protected]
d’être acceptés et d’affronter le jugement
quotidien.
Le jeune homme (célibataire qui plus est)
sourit lorsqu’il raconte le minibuzz créé par
son travail. Un succès plutôt inattendu, vu
les circonstances : « J’ai fait ce film (seul et
non en équipe) dans le cadre de mon projet
d’intégration de fin de DEC en arts et lettres,
volet « cinéma », au cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, mais je n’en possédais pas les droits.
Comme je l’ai publié sur ma page Facebook et
sur YouTube, je n’étais plus admissible à un
festival en particulier. »
« J’ai eu énormément de commentaires
— et j’en ai encore — d’hétéros qui ont été
touchés, de gens GLBT pas affirmés qui ont
fait le saut dans l’arène gaie entre autres, confie-t-il. En Abitibi, c’est très différent, c’est
encore tabou, parce que c’est moins vu, tout
simplement ».
Sans le dire à personne — documentaire
tourné rapidement, mais avec finesse — propose trois témoignages de personnes homosexuelles. David Mercier voulait avant tout
démystifier le sujet, mettre de l’avant le fait
qu’il est difficile pour les gais en région
24 Être Magazine
Si ses projets d’avenir ne sont pas encore déterminés, David Mercier retournera dans la Capitale cet automne pour entamer une autre session
universitaire avant de prendre un congé pour
travailler. « C’est à ce moment-là que j’aurai le
temps de mettre mon expertise au profit d’un
autre documentaire. Chantale, une intervenante
dans le film, me dit souvent que je devrais faire
quelque chose de plus grand. J’y pense. C’est
certain que le meilleur s’en vient. »
Être Magazine
25
Escapades
Auberge du Mont Orford
TOUT CONFORT ENTRE
LAC ET MONTAGNE
Pour décrocher de la ville et s’offrir tous les charmes des Cantons
de l’Est, l’Auberge du Mont Orford est un établissement à
découvrir à seulement une heure de Montréal, en partant du
pont Champlain. Les jeunes mariées Manoushka Ross et Brigitte
Flamand y ont repris les opérations depuis plus de deux ans et
sont très fières d’y accueillir tous et toutes dans ses vingt-deux
suites de style condo bien campées, comme son nom l’indique
au pied du Mont Orford et à seulement trois km du centre-ville
de Magog, cette charmante ville de villégiature construite sur le
splendide lac Memphrémagog.
André Gagnon
Auberge du M ont Orford
3159, rue Principale ouest
Magog, Québec
819-868-0669
1-866-828-0669
26 Être Magazine
Cet emplacement offre un joyeux compromis
à ceux et à celles qui veulent s’offrir le grand
air de la campagne et toutes les distractions
de la ville à quelques km. Les suites condo
qui comprennent toutes chambre, cuisinette
et salle de séjour et même un balcon privé,
permettent de se retrouver comme chez soi
dans un décor lumineux. Elles permettent ainsi
une occupation double ou même quadruple
à des prix extrêmement, mais extrêmement
compétitifs. Les groupes peuvent même louer
les lieux au complet.
Document remis
permet de profiter en toutes saisons des plaisirs
de la région. À la recherche de cocooning ?
L’auberge compte sur un restaurant de fine
cuisine française, le Comme chez soi, et un
centre de massothérapie Eaux Petits Soins. Pas
besoin de quitter les lieux pour faire la dolce
vita. Durant la belle saison, on peut prendre
l’air sur la terrasse fleurie côté montagne et
durant toute l’année profiter du bain tourbillon
dans le pavillon.
Nouvelle boutique !
Dégustations et vente de nos produits
gagnants de plusieurs prix.
Site enchanteur où cohabitent vignoble et pommeraie
Réceptions «clé en main» sur un site aménagé tout en haut de la montagne, spécialement conçu
pour vous faire profiter du paysage exceptionnel du vignoble et de la vallée de Rougemont.
La nature généreuse de la région permet
de réaliser une large gamme d’activités, de la
marche en montagne et des sports nautiques
l’été à la raquette, au ski de fond et alpin et
même à la pêche sur glace en hiver. À quelques
km de Magog et de Sherbrooke, ce ne sont
pas les lieux de sortie qui manquent. On est
ici bien situé pour explorer la Route des Vins,
Saint-Benoit-du-Lac et pour profiter de tous les
festivals de la région, y compris le Festival des
couleurs qui bat son plein en octobre.
Avec deux propriétaires fièrement gaies
qui ont scellé leur union en août dernier
lors d’une cérémonie sur la plage du lac
Memphrémagog (célébrée par la mairesse ellemême !), l’Auberge est des plus homosympa.
Chaque année, elles organisent même deux
fins de semaine ‛de filles’ pour femmes gaies
en novembre et avril. Elles sauront aussi bien
L’auberge qui existe depuis vingt-quatre ans, évidemment vous diriger vers les bonnes
a été entièrement rénovée il y a sept ans, et elle adresses de la région.
Dégustations de vins et cidres accompagnés de produits du terroir rougemontois.
Salle de réception adjacente à la boutique.
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Dossier: 12-973 Client: Coteau Rougemont Produit: Publicité magazine ETRE
Langue: Français Format: 7,8 x 4,7 Date: 22/08/2012 Couleurs: CMYK
Être Magazine
27
Menu Plaisirs
Le goût du
SLOW
« Je me considère un foodie »
me confie Stéphane Albert, chef
et copropriétaire du joli restaurant et épicerie fine de Magog
qu’il fonde en 2010 avec son
partenaire Alain Custeau. Buon
Gusto propose des plats italiens
composés d’ingrédients saisonniers, préparés avec un amour
total de la tradition du “bon
goût” que suggère son nom.
Buon Gusto
380-A, rue Principale
Ouest, Magog
819 843-1500
buon-gusto.ca
28 Être Magazine
Jordan Arseneault
© Helen Loverseed
est un mélange de ricotta et d’oignons rehaussé
avec du sirop d’érable, un plat de préférence
des enfants « et des enfants moins jeunes » dit
Stéphane en riant. Une autre de ses spécialités :
la recherche de recettes de grands-mères pour
montrer des facettes oubliées de cette grande
cuisine paysanne, tels leurs raviolis au canard à
la sauce aux olives.
« Ce qui fait notre force, c’est le conseil au
client », me raconte Stéphane, en expliquant la
diversité des produits italiens qui sont toujours
méconnus de ce côté de l’Atlantique. Que ce
soit l’importance de la bonne pancetta – le bacon italien – ou les plaisirs des variétés de panettones, Stéphane et ses employés peuvent se
targuer d’offrir un service personnalisé qui met
« C’est une recette qui m’a été donnée par un
l’accent sur la découverte des combinaisons de chauffeur de taxi à Rome. Quand tu voyages,
saveurs inspirées de la tradition italienne, bien les meilleurs guides sont toujours les chauffeurs
au-delà de la sauce à spag!
de taxi » dit Stéphane, avec un petit sourire
dans sa voix quand il se souvient de la fois où
Assis à une table bordant les rangées de il a passé une demi-heure à se faire expliquer la
produits italiens soigneusement placés, Sté- recette de la nona du chauffeur. Il lui a aussi apphane nous a offert un verre de rosé Fregi pris le précieux truc pour faire la parfaite sauce
Barocchi Salento pour agrémenter notre dîner aux olives : « il faut les tremper dans l’huile
léger composé d’une « gâteau » aux artichauts d’olive pour faire enlever l’eau salée, pour vraiet tomates séchées et accompagnée d’une sal- ment faire sortir le goût de l’olive » confie-t-il.
ade et d’antipasti. Le choix de plats au comptoir Le met est devenu un favori de ses clients venus
est toujours difficile : comment résister aux la- de Magog, Montréal et des États-Unis pour apsagnes de pâtes fraîches, aux arancini (boulettes précier la philosophie slow food de ce restaurade riz croustillant au fromage) ou encore au teur de la communauté.
cannelloni de veau à la sauce rosé à la vodka ?
Vient le soir, les choix risquent d’être encore
Le meilleur temps pour visiter ? Toute
plus difficiles à faire.
l’année, Buon Gusto propose des Jeudi pâtes
(Pasta Night), avec un choix des quatre sauces,
« On travaille avec les produits de saison », un des quatre pâtes faites maison, et un verre
me confirme Albert, pour qui l’automne évoque de vin, à 14 $ seulement. Pour le dessert, esles champignons, les plats mijotés aromatisés sayez une des seules parties du menu fait « à la
à l’huile de truffe, la sauce bolognaise au pou- minute » : le cannoli farci au ricotta aromatisé
let, au veau et à la pancetta, et les légumes de à l’eau de fleur d’oranger fait comme il faut, à
la récolte. Leur macaroni à la courge musquée l’ancienne. Buon appetito !
Être Magazine
29
Escapades
Saint-Sauveur
Document remis
région 4
saisons
À tort, on pense que Saint-Sauveur ne
(se) vit qu’en hiver à slalomer sur son
épais manteau neigeux. En plein été
et bientôt à l’approche des premières
feuilles rougeâtres, l’Hôtel Saint-Sauveur permet de passer un agréable
entracte bucolique à deux pas d’une
multitude de restaurants et d’activités
avec pour toile de fond un paysage de
promotion du tourisme dans les Laurentides.
à partir de
96 995$
La Rédaction
L’Hôtel Saint-Sauveur est niché au cœur de la Vallée
du même nom avec une vue dominante vierge qui donne
l’impression qu’on nous offre la nature sur un tapis vert.
D’emblée, l’accueil est naturellement chaleureux et on
se sent de suite à l’aise. Les 45 unités qui composent ce
nouvel hôtel sont — alléluia — non fumeuses et d’une finition exemplaire. Qu’il s’agisse des suites, lofts ou studios, on est comme chez soi (ou on aimerait que ça soit
comme chez nous). Ce sentiment est accentué lorsqu’on
se trouve dans les suites supérieures avec plafond cathédrale et un lit moelleux qui imposent le rapprochement.
Rapprochement qui peut débuter dans le bain thérapeutique. Après tout, c’est bon pour la santé. Un soin tout
particulier a été porté à la salle de bain de grande taille
évitant ainsi de se tamponner devant le miroir au matin.
Bien entendu, internet Wi-fi, foyer, cafetière, grillepain, miniréfrigérateur et stationnement extérieur gratuit
sont au rendez-vous et la gamme de services est impressionnante. En contrebas, vous avez plus de 300 boutiques et restaurants ainsi qu’une nature omniprésente
aux nombreux sentiers. 500, chemin des Frênes, Piedmont, Rés : 1-855-297-1800. Depuis Montréal c’est très
simple, prenez l’autoroute 15 nord sortie 60. Bon SaintSauveur et profitez en pour manger les délicieuses côtes
levées du restaurant Le Rio.
Hôtel Saint-Sauveur
500, chemin des Frênes
Piedmont (Québec) J0R 1K0
450-227-1800
[email protected]
30 Être Magazine
Être Magazine
31
arts
Nouvel espace queer au Belgo
arts
à La galerie Rats 9
L’Édifice Belgo sur la rue Sainte-Catherine est le paradis de l’art
contemporain. Avec des dizaines de galeries, on trouve de
quoi plaire à tout un chacun. Or, malgré la variété de son
offre, il a fallu du temps avant qu’un des espaces se dévoue à
l’art queer. Depuis quelques mois, la galerie Rats 9 s’en charge.
Du 17 octobre au 6 novembre, elle offrira des œuvres de
l’artiste JJ Levine.
Regards de
maîtres
Pour sa première grande exposition solo à Montréal, le
peintre Mathieu Laca a choisi de créer son propre panthéon de
vingt portraits. Connu de nos lecteurs depuis au moins l’année
dernière pour ses toiles hyper-sexuées, ses êtres fantaisistes aux
têtes d’animaux et une intensité expressive inimitable, cet artiste
Lavallois travaille depuis des mois à la création de sa série de
portrait d’artistes célèbres Mort ou vif, qui sera exposée à la
Galerie Modulum dès le 19 octobre. L’expo représente le début
d’une nouvelle période dans son oeuvre et d’une nouvelle
relation professionnelle avec le commissaire Normand Babin
de la Galerie Modulum.
Jordan Arseneault
Être. La première toile que tu nous as montrée de cette série
était un portrait du peintre Francis Bacon, un artiste gai dont les
influences ont toujours été marquées dans ton oeuvre. Est-ce qu’il
y a un élément de la vie ou du style Bacon qui était derrière le désir
de créer cette série en commençant avec lui?
Mathieu Laca. Bacon est le peintre dont j’ai peint le plus de
portraits. Il y en a quatre dans l’exposition. Son oeuvre me hante.
Comme moi, il tourne tout entier autour du corps masculin. Je
crois qu’il a ouvert une brèche fabuleuse en peignant la figure
avec des moyens non-figuratifs. C’est un dieu. J’ai beaucoup de
plaisir à peindre sa tronche moitié bulldog moitié poupon.
Mort ou vif portraits
et autres captures
par Mathieu Laca
du 19 octobre au 18
novembre, 2012
Galerie Modulum,
3081, Ontario street
Est, #301
mathieulaca.com
32 Être Magazine
E. Comparé à la sexualité débridée de tes séries précédentes, l’esprit fauviste est presque absent des portraits Mort ou vif. Y-a-t-il eu
un changement dans ta vie qui aurait influencé cette morphologie
dans les motifs de tes peintures?
M.L. Ma palette a évolué, c’est vrai. Et il y a beaucoup
plus d’effets de texture dans mes toiles maintenant. Ce que
les gens ignorent souvent, c’est que je change constamment,
j’explore toutes sortes d’avenues. Je me lasse très rapidement et j’ai horreur de me répéter.
E. Pour cette série, tu as bénéficié de la collaboration de ton
conjoint, Jean Comeau, pour la sculpture exquise des cadres.
Pourquoi pour ce projet, la question du cadre était-elle si importante?
M.L. Mon mari a sculpté des motifs en lien avec les artistes dont j’ai peint les portraits. Les cadres sont des clins
d’oeil à la tradition, de même que le prolongement des tableaux dans une dimension nouvelle. C’est un apport merveilleux et je dois dire que c’est vraiment un grand bonheur
de travailler tous les jours dans l’atelier avec Jean, lui sculptant et encadrant et moi peignant.
Queer Portraits
2010 to 2012: Une
exposition d’ œuvres
récentes, Par JJ Levine. Du 17 octobre
au 6 novembre, 2012
à l’Édifice Belgo 372
Ste-Catherine Ouest.
François Bernier
[email protected]
Intitulée Queer portrait, cette exposition propose une série
de portraits en grand format. Au fil des photos, l’artiste nous
fait découvrir la capture d’instant décrivant les relations
qu’entretiennent les sujets avec leur environnement, leur
famille, leurs amants, leurs amis. Par cette démarche, Levine
propose des images à la fois personnelles, intimistes et contrôlées, mis en scène. Ces paramètres visent à soulever des
questions en lien avec l’espace queer privé comme endroit
privilégié de développement communautaire et d’expression
de genres et de sexualités souvent marginalisés dans la
sphère publique.
gins et Jessica Roy sont venus compléter leur équipe afin
de lancer officiellement Rats 9, qui se destine entre autres à
l’art queer. Préoccupé par les questions d’identité, ce groupe
féminin (et féministe) privilégie une approche non traditionnelle de l’art actuel.
Peu après son ouverture, Rats 9 a reçu les félicitations et le
soutien d’important groupe queer montréalais, dont La Centrale et Studio 303. Pour Valérie Polychuck, cet enthousiasme
rapide est la preuve de l’importance du développement de ce
type d’art qui se caractérise entre autres par la recherche constante d’affranchissement des notions réductrices de genres.
La galerie Rats 9, c’est l’initiative de Marie-Maude et
Valérie Polychuck, deux soeurs, artistes et complices en créL’exposition de JJ Levine débutera le 17 octobre prochain.
ation qui partageaient déjà ce local du Belgo. Il y a quelques Le vernissage aura lieu le 19 octobre de 18 à 23h à la suite 530
mois, elles ont intégré d’autres collaboratrices. Carly Hig- de l’édifice Belgo.
E. Les 20 portraits de grands artistes comprennent aussi un portrait d’un jeune artiste talentueux nommé Mathieu Laca. Est-ce que
cette auto-inclusion est une manière de te situer dans la tradition
tout simplement, ou y a-t-il un certain égoïsme (même ironique)
qui peut s’en déduire?
M.L. Je peins assez régulièrement des autoportraits donc
ces oeuvres n’ont rien d’ironique. Mais leur inclusion dans
un corpus de maîtres, leur exposition parmi les portraits de
bonzes de l’histoire de l’art, ça c’est hautement ironique
! Je m’introduis moi-même dans mon propre panthéon…
L’égoïsme poussé jusqu’à la farce. Certains devraient en
prendre de la graine.
E. Tout comme RAYÉ, l’expo solo Mort ou vif représente un début
de relation avec la Galerie Modulum. Qu’est-ce qui t’a attiré à faire
partie du projet de Normand Babin et Louis Robert?
M.L. J’ai eu beaucoup de succès à Ottawa l’année passée et ça a fait en sorte que les pressions pour que j’expose
à Montréal se sont multipliées. Normand et Louis Robert
m’avaient dans leur mire. Après avoir gravi les marches
d’un bâtiment industriel plein de graffitis, je suis arrivé dans
ce splendide espace tout blanc et lumineux qu’est Modulum. Un grand mur de 25 pieds de long m’a sauté au visage.
C’était clair : j’ai dit oui.
Être Magazine
33
Théâtre
Mattew Shepard
de Laramie
à Québec
une certaine époque noire. Je crois fermement que c’est une
histoire forte et nécessaire » explique-t-il.
La pièce prendra l’affiche du théâtre du Trident le 6 novembre prochain et se poursuivra jusqu’au 1er décembre.
L’occasion pour le public de Québec d’être confronté aux
émotions que suscitent les horreurs de l’homophobie. Avec
la désensibilisation qu’opère la surabondance d’information
dans nos vies, il est facile de s’imaginer que la haine homophobe n’existe plus, alors qu’elle se vit tous les jours pour de
nombreux individus, dans nos écoles et dans nos rues.
Ce soir-là, Shepard est sorti seul après avoir vu ses invitations refusées par ses amis. Le garçon se fait aborder par
deux jeunes adultes, Russell Henderson et Aaron McKinney.
Ils lui demandent s’il est homosexuel. Shepard répond que
oui. Ils lui proposent un tour de voiture qu’il accepte. La
voiture sort de la ville pour s’arrêter au milieu d’une route
François Bernier
de campagne ou les agresseurs attachent le garçon à une clô[email protected]
ture pour ensuite lui défoncer le crane. Ils laissent le corps à
peine vivant de Shepard sur place. Il est retrouvé quand un
À une époque où la question de l’homophobie prend de cycliste chute par hasard à proximité de son corps.
plus en plus de place dans les médias, Gill Champagne a
choisi de s’attaquer à ce texte émotivement dense, traduit
L’histoire fait la manchette. Rapidement les associations
en québécois par l’acteur montréalais Emmanuel Schwartz. gaies organisent des vigiles à la chandelle afin de rendre
Réunissant une équipe d’acteurs d’expérience de la capitale hommage au garçon et demander l’adoption d’une loi contre
incluant Linda Laplante, Jean-Sébastien Ouellet, Fabien les crimes de haine. Plusieurs personnalités se sont prononCloutier, Jocelyn Pelletier et 6 autres interprètes, la produc- cées à ce sujet, faisant parfois des déclarations puissantes.
tion relate les jours qui ont suivi le terrible incident, le pro- Ellen Degeneres a dit, à propos de cette tragédie: « Arrêtez la
cès et le jugement. Chacun d’entre eux incarnera plusieurs haine, arrêtez la violence! Tout le monde a le droit d’aimer!
personnages.
(...)J’en ai tellement marre! Je ne peux pas m’arrêter de pleurer. C’est ce que j’essayais d’empêcher. C’est pour ça que
Jocelyn Pelletier a, parmi les hommes qu’il incarnera, à per- j’ai fait ce que j’ai fait. »
sonnifier Russell Henderson, l’un des accusés qui au cours du
procès a fini par plaider coupable. « C’est très troublant de
C’est à peine 2 semaines plus tard que la troupe du Techtopenser que cette mentalité d’intolérance est encore une réa- nic Theatre Project arrive à Laramie. Ils accumulent plus de
lité actuelle. Les événements se sont passés il y a moins de 200 entrevues et témoignages afin de construire un spectacle
15 ans! » affirme-t-il. L’acteur lui-même hétérosexuel trouve de théâtre documentaire qui remporte un succès immédiat.
essentiel que l’on dresse le portrait de cette société replié sur En 2002 la pièce est adaptée au cinéma par Hollywood.
elle-même, où la religion impose son hégémonie en dictant
sa définition du bien et du mal à une population conditionné
Le projet Laramie, du 6 novembre au 1er décembre, au
à cette morale judéo-chrétienne. « Ça rappelle le Québec à théâtre du Trident, à Québec http://www.letrident.com
34 Être Magazine
Mathieu
Laca
Galerie Modulum
3081 rue Ontario est | bureau 301 | Métro Préfontaine
[email protected] | 514.596.0500
Heures d’ouverture: vendredi 12h - 19h, samedi et dimanche 12h - 17h.
Mathieu Laca, Alter Ego (Trois autoportraits), huile sur lin, 153cmX122cm, 2008
Le 7 octobre 1998, un jeune homosexuel de 21 ans du
Wyoming est retrouvé meurtri et agonisant sur le bord
d’une route de la municipalité de Laramie par un cycliste.
Matthew Shepard victime de violence homophobe meurt le
12 octobre à l’hôpital de Poudre Valley quelques jours plus
tard en compagnie des siens. Interpellé par l’horreur de cette
histoire, Moisés Kaufman se rend dans la ville de la victime
avec une bande d’acteurs pour préparer la création d’un
spectacle de théâtre documentaire. 12 ans après la première
américaine, Le projet Laramie sera présenté à Québec au
théâtre du Trident dans une mise en scène du directeur
artistique sortant Gil Champagne.
© Hélène Bouffard
19 octobre - 18 novembre
vernissage: vendredi 19 octobre, 17h - 20h
commissaire: Normand Babin
www.mortouvif.weebly.com
Être Magazine
35
cinéma
Portrait of James Dean © Document remis
Festival
Image+Nation
Le festival Image+Nation célèbre cette année 25 années
de diversité sexuelle au cinéma. 25 ans à promouvoir les
réalisateurs qui s’attardent aux thématiques LGBT, à notre
communauté longtemps réprimée. Des événements comme
celui-là prouvent qu’avec les années, le cinéma queer
s’émancipe et gagne en maturité. Avec la nouvelle édition,
le festival nous offre une programmation passionnante qui
promet de satisfaire autant les amateurs de films sexy que
les passionnés de documentaire ou de biopic. Être vous fait
quelques suggestions incontournables parmi un spectre large
de films d’intérêts.
36 Être Magazine
François Bernier
[email protected]
Le point de vue des invisibles
Un des films à surveiller est certainement
le documentaire intitulé Les Invisible, réalisé
par Sébastien Lifshitz (Presque rien). Cette
oeuvre s’attarde aux homosexuels nés entre
les deux guerres, ayant vécu leur identité
avant les premiers mouvements de libération
sexuels de la fin des années 60. Ces invisibles,
parce qu’à leur âge, on ne les remarque plus,
parce que durant leur jeunesse on leur refusait d’être visible, témoignent avec humour et
sincérité la réalité du temps. Le film aborde
les moments qui ont signé la renaissance des
intervenants. Le public est donc le témoin privilégier de la parole de réels anticonformistes
qui ont osé affronter un monde qui refusait
d’admettre la légitimité des homosexuels.
Comme le dit l’une des femmes dans le film
: « À l’époque les gens savaient qu’il y avait
des homosexuels. Ce qui était impensable,
c’était de le revendiquer ». Les Invisible s’est
entre autres démarqués au dernier festival de
Cannes ou il était projeté dans la catégorie Un
certain regard. Il avait alors été accueilli très
favorablement par la critique qui le décrivait
comme un film beau et puissant.
MOTIONS
EMOTIONS
dentisterie générale
et esthétique
mini-implants
reconstruction
du sourire
greffes de gencives
blanchiment au laser
Dr Marc Raper
chirurgien-dentiste
Dre Natacha Michel
chirurgienne-dentiste
Stéphane Côté
denturologiste
Yanick Bertrand
tatoueur
Jean Fortin
galeriste
ZÏLON
22
La communauté
LGBT en 24 images
Un lieu, une expérience
hors du commun...
GALERIE
DENTAIRE
30 octobre au 4 décembre
vernissage: 24 novembre
1239, rue Amherst, Montréal
www.galeriedentaire.com
514.523.5535
Vampire (détail), acrylique et feutre sur toile,
20 po ✕ 20 po, 2012.
Annonce GD1216 (demi page 7,8 po ✕ 4,7 po), Être, novembre2012.
fête son
en grand !
PORTES OUVERTES
les samedi et dimanche
24 et 25 novembre
de 15 h à 21 h
DÉMONSTRATION DE SCULPTURE
avec modèle vivant masculin
de 18 h à 21 h chaque soir
par l’artiste Joël A. Prévost
Exposition de l’artiste en
résidence Lauren Trimble
1206, boulevard de Maisonneuve Est
Montréal, QC, H2L 1Z9
514 690 4312 [email protected]
www.ateliersculptureargile.com
Être Magazine
37
cinéma
Les Invisibles
Souvenir du rebelle à la fureur de vivre
La vérité au sujet de la véritable sexualité du regretté James
Dean fait jaser depuis longtemps. Bien des indices laissent
croire que le jeune homme aurait été gai ou bisexuel. Pour
éviter d’aller à la guerre, Dean se serait enregistré comme
homosexuel. Il s’agissait alors d’un état jugé comme pathologique justifiant d’éviter la conscription. C’est précisément
ce nouvel éclairage qui a intéressé le réalisateur Matthew
Mishory qui en signe aussi le scénario. Dans Joshua Tree,
1951: A Portrait of James Dean, on assiste à l’épisode qui a
précédé la célébrité du jeune acteur. Pour ce film, Mishory
sort des films biographiques conventionnels pour s’attarder
à un élément précis de la vie de Dean, sa bisexualité, qu’il a
tentée de dissimuler durant toute sa carrière. On est donc les
témoins d’une seule année de sa vie, 1950, année de sortie de
son premier film Fixed Bayonets !, de Samuel Fuller. Rappelons que le réalisateur est considéré par plusieurs comme
l’étoile montante du cinéma indépendant américain, vanté
autant en France par les journalistes des inRock, que par ses
paires aux États-Unis.
Jeunesse parisienne sous radiation
Retour à une réalité contemporaine avec le film de
Helena Klotz, L’Âge atomique. Dans ce film, qui met en
vedette l’acteur Québécois Neils Shneider, qu’on a pu
voir dans J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires,
on suit deux garçons dans une folle nuit de fête dans un
Paris d’aujourd’hui, loin du romantisme figé de l’époque
du Moulin Rouge. Un Paris cru et aride mis en image avec
une poésie dépourvue de nostalgie. Illustrant le spleen de
la jeunesse, le film de Klotz raconte cette nuit où pendant
qu’un jeune homme cherche à embrasser une fille, son
ami ne désire que l’embrasser lui. Peu à peu, cette oeuvre
qui flirte avec l’expérimental glisse vers la métaphore,
s’éloignant du simple réalisme pour se déployer dans la
fantasmagorie. Pour ceux qui ont horreur de s’ennuyer au
cinéma, L’Âge atomique est pour vous. Il dure à peine
plus d’une heure.
Les « kutchus » d’Ouganda
Call me Kutchu est l’un de ses films qui bouleverse. Qui
rappelle à la fois les beautés et les horreurs de l’humanité.
Tourné en 2010 à l’apogée des violences homophobe en Ouganda, il suit la vie d’un petit groupe luttant pour les droits
à l’égalité pour tous. Les journaux du pays publient leurs
photos en indiquant aux lecteurs qu’ils sont homosexuels et
inscrivent sous leur portrait « pendez-les ». S’ils continuent
la lutte, ce n’est pas sans peur, et cette peur, les réalisatrices
Malika Zouhali-Worrall et Katherine Fairfax Wright les
captent dès les premières minutes du film. Depuis les cinq
dernières années, les membres du gouvernement ougandais
se sont acharnés à faire la chasse à la sexualité LGBT. On
voit encore aujourd’hui des homosexuels violés, attaqués
ou emprisonnés par les dirigeants du pays. Malgré un sujet
sombre, Call me Kutchu raconte une histoire ou l’espoir
est permis, un espoir qui tiens dans les mains fragiles, mais
acharnées d’une communauté qui croit en la justice et en
l’égalité.
Directrice générale / Directeur général
Gai Écoute et Fondation Émergence
Poste de gestionnaire
Formation universitaire
Expérience de gestion
Connaissance des enjeux des
LGBT
communautés LGB
Voir détails
www.gaiecoute.org
38 Être Magazine
Être Magazine
39
livres
Solaire Fleurie
Merci l’écriture
De Charlevoix à Québec, la route a été plus longue que prévu pour Solaire Fleurie. Cette auteure transsexuelle de 22 ans
apprend à s’assumer depuis l’âge de cinq ans. Travaillant sur
un deuxième recueil de nouvelles et sur un projet de roman,
elle raconte ses échecs, parle de son entourage et évoque sa
détresse tout en levant le rideau sur sa démarche.
échecs amoureux, les attentes ou
l’empreinte charnelle des corps.
Afin de partager sa vision, elle
songe à publier ses textes poétiques, qu’elle nomme son « exorcisme linguistique ».
Planant sur les mythes de Marylin ou de Nelly Arcand, la jeune
femme se dit « très sombre, mais
aussi très positive ». Dans la peau
de l’esthéticienne qu’elle continue
d’être et qui se lève chaque matin
en pensant s’assumer pleinement, on sent une ruche bourdonnante de projets, dont certains
textes, encore plus viscéraux et
Solaire Fleurie a mis sa plume primitifs, dans La jeune femme
au service de thèmes comme les paranoïsante. (F.D.)
« Je suis une personne très
dramatique qui se nourrit des extrêmes », lance l’auteure. Depuis
son premier recueil, La sacrifiée et
sa prison de chair, elle a remplacé
l’alcool par l’écriture, bien que
le but, vital, demeure le même :
s’éloigner du suicide.
Histoire de texto
Textomachie de Frédéric Tremblay
Textomachie
Un quatrième
roman pour
Frédéric Tremblay
À sa naissance, Adam Dufort a été
baptisé l’enfant-texto. Sur ses
vieux jours cependant, le poids
de cet héritage lui pèse. Alourdi
par les souvenirs, il s’en libère
dans un récit qui est également
celui de sa génération; comme
tant d’autres, il a été élevé
avec le texto, a appris à
travers lui, a aimé, haï
et travaillé grâce à lui.
Ce mardi 9 octobre avait lieu le lancement du nouveau roman de Frédéric Tremblay qui du haut de ses 19 ans
publie déjà sa 4e œuvre. L’événement avait lieu au café-bar L’escalier, situé sur la rue Sainte-Catherine à deux pas
de la station Berri-Uqam. Textomachie, c’est le récit de vie d’Adam Dufort, enfant de la génération du texto. L’auteur nous plonge dans un avenir ou le poids de cette pratique va avoir modifié définitivement les paradigmes
sociaux.
Frédéric Tremblay est fier du lancement de son dernier roman. Si par
le passé les célébrations entourant ses autres publications étaient plus
modestes, c’est qu’il habitait la banlieue, loin du centre d’activité culturelle que représente l’Île de Montréal. « Celui-ci, du fait de mon passage de la banlieue à la ville et de ma plus grande sociabilité (tous les
auteurs commencent par être des rats de bibliothèque solitaires, mais
heureusement il y a de l’espoir de sortir des livres pour mieux y revenir),
a été une vraie réussite; beaucoup d’amis et d’amis de mes amis, du
mouvement, de la bonne bière et du bon vin, moi au micro racontant les
origines de Textomachie, un livre dans une main et un ancien cellulaire
dans l’autre, et des tonnes de discussions passionnantes » explique ce
jeune prodige de la plume.
Découvrez dès maintenant
ce roman d’anticipation original
en librairie et dans la couveuse
pour jeunes auteurs.
(Trois chapitres en PDF
sur le site de l’éditeur.)
Textomachie, c’est d’abord et avant tout mon retour au roman après
un long passage par les sciences humaines, l’essai, l’argumentation, Karl
Marx et tout le reste », nous explique Tremblay, visiblement enthousiaste. C’est la messagerie texte et les changements relationnels qu’amène
ce nouveau mode de communication qui ont obsédé le jeune écrivain: « Les différentes histoires tournent toutes autour du thème du texto, phénomène que je considère comme marquant pour ma génération. » (F. B.)
Textomachie
Joey Cornu Éditeur, 448 pages, 16,95$
40 Être Magazine
www.joeycornu.com
Être Magazine
41
mode
Lumière
d’automne
Photographe : César Ochoa
Stylisme : Serge Jean Laviolette
Hair : Amy NStylist
Modèles : Ted Puglia Next
Brad Smitt Montage
Vetêments : Antoine Van Doorne
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Être Magaizine
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dansla
Grange
La collection d'automne deTeamm8 de Rafael Morales
Photographe : JAMES DEMITRI
Michal Nicolas a lancé sa première collection de Teamm8 il y a 4 ans, avec l'aide de deux
stylistes spécialisés dans le sous-vêtement. Il a lui-même exploité et géré tous les aspects
de l'entreprise. Les choses ont rapidement changé, au fur et à mesure de la croissance de sa
clientèle, notamment aux Etats-Unis. Aujourd'hui, la gamme s'est élargie pour inclure un
large éventail de sous-vêtements, maillots de bain, et maintenant, des vêtements de sport.
« Notre clientèle est à la recherche d'équipement d'entraînement élégants qui leur permettent de se distinguer des autres » lance ce designer gai. « Nous offrons une gamme de
vêtements à l'avant garde de la mode que les hommes peuvent porter du gym à une rendezvous galant au restaurant. »
La société adhère à des règles strictes. Tout le matériel doit être intemporel, élégant, de
grande qualité, polyvalent, sexy, sportif, masculin, et doit projeter une image de confiance.
Selon Nicolas, teamm8 produit des « vêtements qui portent les gars, non pas des vêtements
que les gars portent. »
La collection automne 2012 Dream. Love. Live. de Teamm8 est maintenant disponible
sur LAJock.com.
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58 Être Magazine
Être Magazine
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© César Ochoa
WOD Sports
Se muscler en étant tendance
Plusieurs l’ont remarqué et même regretté : jusqu’à très récemment, aller dans une boutique de sport, c’était se rendre
partout sauf au Village, le quartier gai montréalais semblant bouder ce genre de commerces. Installés depuis le début du
mois de mai sur la rue Amherst, à l’angle de la rue Sainte-Catherine, Steeve Hamel et WOD Sports cherchent à combler ce
manque.
Pour attirer la clientèle villageoise (surtout
les personnes âgées entre 20 et 40 ans), le propriétaire mise sur « des vêtements stylisés, des
chaussures européennes, peu vendues à Montréal ». Ici, il y a tout pour s’habiller, des pieds à
la tête. Les grandes marques (et les prix qui vont
avec) bien sûr, mais aussi la propre marque du
magasin. « On veut aller vers le développement
d’une ligne », confirme Steeve Hamel, qui habite depuis longtemps dans le Village où il a également travaillé, dans la restauration et les arts.
WOD Sports
1290, rue Amherst
(514) 303.9637
www.wodsports.ca
60 Être Magazine
Néanmoins, WOD Sports a aussi, voire surtout, vu le jour pour les adeptes du crossfit,
entraînement intense mélangeant athlétisme,
gymnastique et haltérophilie. Tout l’équipement
(haltères, tapis, bancs) et différents produits
énergétiques sont proposés dans une belle bâtisse qui a abrité par le passé les grosses soirées
de la première version du Parking. (A.A.)
Être Magazine
61
Mieux-Être
Uni(T)
© Alexa Tymocko
un an Déjà
Guy Forest
Membre de la société québécoise
des psychothérapeutes professionnels(les)
Psychothérapie
individuelle, couple
Difficultés relationnelles, anxiété, dépression, manque d'estime et
de confiance en soi, solitude, isolement, dépendances, codépendance,
mal de vivre, besoin de se connaitre, difficultés reliées à l'orientation sexuelle.
Au service de la communauté gaie depuis plus de 20 ans.
Consultez le site ESTIMEETREALISATIONDESOI.COM
390 boul. St-Joseph E. Montréal QC H2T 1J6 (métro Laurier) 514 272 6648
La Charpente
La véritable base
du corps de rêve
Marie-Pier Fortier et Ariane Paradis offrent, pour les débutants
comme pour les plus avancés, des cours de Pilates et de danse se présentant comme une alternative pour travailler le corps en profondeur, dans le respect de ses capacités.
Ouverte depuis plus d’un an et demi, l’école porte bien son nom : la Charpente
solidifie les muscles fréquemment négligés afin de rééquilibrer son corps par la base
puis de le renforcer.
Les abdominaux sont ces grands oubliés de notre corps, à la base de notre
posture. En travaillant cette zone de façon complète, on diminue des douleurs
inutiles, on se tient plus droit et surtout, on peut arriver à ce ventre plat et ferme
dont on rêve souvent.
La Charpente offre différents cours de Pilates : l’un, plus général; « Yoga Pilates
», travaillera l’étirement et l’effort musculaire combinant plusieurs exercices en
même temps. Des cours de danse axés sur l’entrainement plutôt que sur la performance sont également disponibles, sous l’oeil expert des deux fondatrices de
l’école, danseuses professionnelles. Parmi ceux de la session d’automne, on note
le Ballet Pilates, une façon originale et tout aussi exigeante d’aborder l’entrainement physique.
Durant l’été, les deux femmes offrent aussi des cours en extérieur comme le Pilates
Flow. Pour en savoir plus sur les cours dispensés dans les mois à venir, consultez leur
site web.(F.B.)
La Charpente
551, avenue du Mont-Royal Est
2488, avenue du Mont-Royal Est
(514) 209-5890
(514) 817.2077
www.lacharpente.ca
62 Être Magazine
Collection de maison Scotch chez Uni(T) © Facebook
DJ, cocktails, service de traiteur et défilés de mode étaient au rendez-vous pour
célébrer le premier anniversaire de l’ouverture de la boutique Uni(T).
François DD
[email protected]
Lors de notre visite au magasin du quartier
Saint-Roch de Québec, on a pu constater avec
quelle énergie et quel dynamisme les employés
(dont plusieurs sauront plaire à nos lecteurs)
conseillaient leurs clients qui tantôt fouinaient
dans les soldes, tantôt tentaient de résister aux
collections arrivantes.
Les trois étages bien garnis du Uni(T) offrent une
marchandise variée à « une très grosse part de la
communauté gaie », nous raconte un employé. Si
les propriétaires Ingred Nourcy et Jean Morin désiraient montrer une vision différente de l’homme et
de la femme, ils ont bien réussi leur coup en accueillant des marques plus « sport » tels les G-Star,
Diesel, Tiger of Sweden et bientôt Michael Kors
du côté masculin. Le « sophistiqué » s’impose en
revanche pour les femmes et l’arrivée prochaine
des collections Rudsak, Sarah Pacini, Eden Park ou
encore Scotch and Soda.
Uni(T)
505, rue Saint-Joseph Est (Québec)
(581) 981.6283
Être Magazine
63
Santé
jazz moderne, jazz ladystyling, jazz lyrique, pilates flow,
pilates extérieur, cardio pilates, pilates avec accessoires.
Cours offerts au :
espaces locatifs pour esprits créatifs
www.lacharpente.ca / [email protected] / 514-817-2077 / 514-209-5890
Tout passe par le
© myheimu
message
Et si rajeunir était réellement possible? Si avoir un corps de rêve était accessible à tous? Le magazine
Être a découvert cet homme, Rémi Tremblay, qui offre les outils nécessaires pour y arriver. Installer en pleine nature à une heure de Montréal et d’Ottawa, il organise des retraites de deux jours et
donne aux participants les moyens d’améliorer leurs apparences physiques et psychologiques par
les bases du BioMessaging. Monsieur Tremblay a répondu à nos questions...
Genoveva Caballero
Rémi Tremblay
64 Être Magazine
d’exercice qu’un programme d’entrainement traditionnel et ceux-ci sont utilisés seulement pour véhiculer un
Être : Selon les principes du BioMessaging, on nous apprend à message au corps et non pour brûler l’excédant de gras.
décoder le langage inné du corps et dire à celui-ci de rajeunir. Le type d’exercice que BioMessaging propose donne au
Quelle est la méthode utilisée pour y parvenir?
corps les outils pour se transformer par lui-même. Il en réRT : L’approche se base sur la capacité de voir chaque sulte un corps mieux structuré et biologiquement rajeunit.
activité du quotidien comme un message envoyé au corps
qui l’absorbe et le digère. Il est donc important de com- E. Les programmes de perte de poids que l’on connait sont géprendre la nature du message que nous communiquons en néralement reliés à un régime alimentaire rigoureux, est-ce le
travaillant, en faisant de l’exercice ou en dormant; ou en- cas avec BioMessaging?
core l’impact du manque ce ceux-ci. Le programme évoRT. BioMessaging est tout le contraire d’une diète. Les
lue en différentes étapes afin de fournir progressivement repas sont aussi utilisés comme moyen de communication
les outils nécessaires à l’organisme.
reliant le corps et l’esprit pour favoriser la perte de poids,
la prise de masse musculaire et le rajeunissement. Nous
E. L’image du corps et particulièrement importante pour la com- n’avons pas besoin de nous priver pour maigrir.
munauté gaie. Est-ce qu’il y a d’autres avantages à suivre le
programme?
E. Le programme est offert sous forme de retraites de 2 jours à
RT. Avec BioMessaging, nous apprenons à voir et res- Montebello en Outaouais. Est-ce que la nature est un élément
pecter notre corps comme une entité qui pense et agit par important à la réussite du programme?
elle-même. On ne perçoit plus le corps comme un objet,
RT. La nature est au coeur même du BioMessaging.
mais comme un sujet avec lequel on interagit. De ce fait, Nous revenons aux sources pour reconnecter avec la naune profonde compassion pour notre propre corps et celui ture et ainsi favoriser la transmission du message au corps.
des autres se développe.
Le but ultime est de transposer le rythme de la nature dans
l’espace urbain dans lequel nous vivons.
E. De quelle manière BioMessaging peut-il apporter des changements corporels que l’exercice traditionnel ne fait pas?
Pour plus d’information, visitez :
RT. Avec ce programme, nous faisons beaucoup moins bio-messaging.com
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Menus plaisirs
Document remis
iBurger
Quand la technologie
rencontre la gastronomie
Quand on pense burger, on pense restauration rapide... Mais aussi malbouffe et aliments de piètre
qualité. Un restaurant de la rue Metcalfe pourrait pourtant faire mentir la conception traditionnelle
du burger avec une formule qui mêle technologie, menu gastronomique et prix abordable. Bienvenue chez iBurger.
François Bernier
choux. Notre attention s’arrête cependant sur
le sushi burger, probablement la spécialité qui
attire le plus l’attention de leur carte variée. Il
s’agit en fait d’un tartare de saumon présenté
entre deux portions de riz et étagé avec de la
mangue et de l’avocat. Le succulent résultat est
servi avec une large portion de frites maison.
À l’entrée, on remarque immédiatement le
décor charmant et moderne, sans être ostentatoire ou tape-à-l’oeil, composé de briques
blanches et d’ardoises. On est ensuite étonné
par les tables ; et pour cause : toutes sont munies
d’écrans tactiles, d’où vous pourrez vous même
passer votre commande. Chez iBurger, vous ne
On peut terminer le repas avec un de leurs desserez pas pour autant livrés à vous-même. Les serts dont la seule évocation fait saliver : la crème
serveurs prévenants s’assureront de vous expli- brûlée, le gâteau fromage et Baileys, le moelleux
quer le fonctionnement de cet outil singulier et au chocolat noir ou un trio de crème glacée maison.
en profiteront pour vous faire quelques suggestions au besoin.
L’espace peut être réservé pour des groupes
auxquels on proposera un menu traiteur. Si
La grande force d’iBurger est définitivement vous y allez seul, vous risquez de ne pas voir le
son menu abordable et franchement alléchant. temps passer. La surface interactive vous donne
On parcourt l’écran pour découvrir les burgers accès à un choix de journal du jour. Plus besoin
de boeuf Angus triple A, celui à l’agneau et bleu de chercher un coin de table pour déposer votre
où celui à l’effilochée de porc et sa salade de lecture : la table est votre lecture !
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Iburger
1237, rue Metcalfe,
Montréal
514.903.5799
Être Magazine
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déco
Stacaro
Mobilier à saveur
européenne
En plein coeur du Mille carré doré se trouve une adresse bien implantée depuis douze ans dont la
réputation n’est plus à faire. On entre ici dans une galerie qui recèle une quantité impressionnante
de trouvailles parfois surprenantes, parfois d’un esthétisme parfaitement intemporel.
François Bernier
Sachez-le : un passage s’impose chez Stacaro. Ne seraitce que pour parcourir son espace commercial subdivisé en
plusieurs menues sections, rappelant une visite muséale.
D’une pièce à l’autre, on découvre une ambiance vieille
Europe à la touche contemporaine dont la cohésion est
assurée par une ligne directrice précise: le bois.
Les différentes textures et la provenance du bois
impressionnent. Du chêne français issu d’une culture
datant de Louis XIV à du bois d’importation d’Asie, on
trouve toutes sortes de finis, du plus lisse et pur à celui si
joliment patiné par l’âge.
Difficile de ne pas évoquer la qualité de leur sélection
de luminaires. Coup de coeur pour les lampes suspendues de style chandelier ou pour les ampoules emprisonnées dans des cages d’aciers et de bois.
Toute une gamme d’objets thématiques est également
offerte. Avec des toiles s’inspirant des grandes métropoles du monde jusqu’aux voiliers en modèle réduit en
passant par différents types d’horloges, Stacaro risque
de vous inspirer un changement de décor complet.
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Stacaro
2035 rue Stanley
(Montreal)
(514) 287-9800
stacaro.com
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Culture
s
e
r
v
i
L Solaire Fleurie
Merci l’écriture
De Charlevoix à Québec, la route a été plus longue que prévu pour Solaire Fleurie. Cette auteure
transsexuelle de 22 ans apprend à s’assumer depuis l’âge de cinq ans. Travaillant sur un deuxième
recueil de nouvelles et sur un projet de roman, elle raconte ses échecs, parle de son entourage et
évoque sa détresse tout en levant le rideau sur sa démarche.
« Je suis une personne très dramatique qui se nourrit des extrêmes »,
lance l’auteure. Depuis son premier recueil, La sacrifiée et sa prison
de chair, elle a remplacé l’alcool par l’écriture, bien que le but, vital,
demeure le même : s’éloigner du suicide.
Solaire Fleurie a mis sa plume au service de thèmes comme les échecs
amoureux, les attentes ou l’empreinte charnelle des corps. Afin de partager sa vision, elle songe à publier ses textes poétiques, qu’elle nomme
son « exorcisme linguistique ».
Planant sur les mythes de Marylin ou de Nelly Arcand, la jeune femme
se dit « très sombre, mais aussi très positive ». Dans la peau de l’esthéticienne qu’elle continue d’être et qui se lève chaque matin en pensant
s’assumer pleinement, on sent une ruche bourdonnante de projets, dont
certains textes, encore plus viscéraux et primitifs, dans La jeune femme
paranoïsante. (F.D.)sans , maisdans en regard
a
m
é
n
Ci
Solairefleurie.blogspot.ca
David Mercier
Plusieurs l’ont tu,
mais Bbeaucoup l’ont dit…
Il y a près de quatre mois, on a vu apparaître sur la Toile la vidéodocumentaire du jeune Abitibien
David Mercier intitulée Sans le dire à personne. Quelques milliers de clics plus tard, le cinéaste se réjouit
de la popularité de son œuvre et espère bientôt réaliser du nouveau matériel.
François Dallaire
Le jeune homme (célibataire qui plus est)
sourit lorsqu’il raconte le minibuzz créé par son
travail. Un succès plutôt inattendu, vu les circonstances : « J’ai fait ce film (seul et non en
équipe) dans le cadre de mon projet d’intégration de fin de DEC en arts et lettres, volet « cinéma », au cégep de l’Abitibi-Témiscamingue,
mais je n’en possédais pas les droits. Comme
je l’ai publié sur ma page Facebook et sur YouTube, je n’étais plus admissible à un festival en
particulier. »
Sans le dire à personne — documentaire tourné rapidement, mais avec finesse — propose
trois témoignages de personnes homosexuelles.
David Mercier voulait avant tout démystifier le
sujet, mettre de l’avant le fait qu’il est difficile
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pour les gais en région d’être acceptés et d’affronter le jugement quotidien.
« J’ai eu énormément de commentaires — et
j’en ai encore — d’hétéros qui ont été touchés,
de gens GLBT pas affirmés qui ont fait le saut
dans l’arène gaie entre autres, confie-t-il. En
Abitibi, c’est très différent, c’est encore tabou,
parce que c’est moins vu, tout simplement ».
Si ses projets d’avenir ne sont pas encore
déterminés, David Mercier retournera dans la
Capitale cet automne pour entamer une autre
session universitaire avant de prendre un congé
pour travailler. « C’est à ce moment-là que j’aurai le temps de mettre mon expertise au profit
d’un autre documentaire. Chantale, une intervenante dans le film, me dit souvent que je devrais
faire quelque chose de plus grand. J’y pense.
C’est certain que le meilleur s’en vient. »
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