Des femmes et des coiffes
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Des femmes et des coiffes
Exposition 2012-2013 Des femmes et des coiffes La Maison du Kochersberg a présenté une collection particulièrement riche et variée, consacrée à un élément essentiel du costume féminin connu sous des appellations diverses : bonnets, coiffes, rubans et autres fichus. Diverse est aussi l'origine des objets expo puisque le cheminement propose un voyage à travers nos provinces de France. Voici seulement quelques éclairages… Des bonnets… Coiffe souple sans bords, cousue ou tricotée, portée de jour ou de nuit, ne présentant ni passe, ni bords larges. Les bonnets se nouent de différentes manières : sous le menton (bonnet à brides), sur la nuque, ou sur la tête. De forme simple, le bonnet était surtout porté par les femmes de la campagne pour se protéger les cheveux. On ne se lavait les cheveux que deux fois par an !Anciennement simple bandeau servant de coiffure, le bonnet est devenu une Différents types de bonnets : ● ● ● ● bonnet de dessous de toile amidonnée servant de support de coiffes. béguin : bonnet de dessous porté sous les coiffes. bonnet piqué : bonnet de toile matelassée. bonnet de nuit : Coiffure sans ornement portée pendant le sommeil. Et des coiffes… Après 1800, le rôle utilitaire que jouait le bonnet porté par les paysannes disparaît, au bénéfice d'une fonction essentiellement sociale. Le bonnet, se transforme en coiffe. Celle-ci va devenir le véritable signe d'identité de la femme du peuple. Cette évolution va débuter après la Restauration, et la guerre de 1914 en achèvera le déclin. L'heure de gloire des coiffes correspond à l'âge d'or de la paysannerie française. Héritière du petit bonnet de toile, la coiffe, plus ou moins ornée, de grosse toile, de soie ou de dentelle, se doit de cach /Decouvrir/Musees/Exposition_2012-2013? page 1/3 © 2010 les cheveux par une sorte de pudeur que l'on retrouve dans toutes les régions françaises. Son évolution ira dans le sens du dégagement du front pour laisser apparaître, par coquetterie, de plus en plus de boucles brunes ou blondes. Les lingères vont contribuer à cette évolution. Pour toute coiffe, quelle que soit la région, on a les mêmes éléments de départ, c'est par leur forme, leurs dimensions, les matériaux utilisés, les broderies réalisées que chaque coiffe va façonner son identité. La Schlupfkàpp, fierté des paysannes du Kochersberg Tout au long des années 1800 dans le Kochersberg, le ruban ne cesse de croître. Sa largeur de 20 cm environ en 1860, passe à 27 cm vers 1890 et peut atteindre 1 m en 1900 ! A partir des années 1860, le n½ud ne sera plus noué mais plissé, puis redressé et façonné en plis solaires . Ces coiffes hautes et larges offraient un spectacle pittoresque lors des réunions familiales, gênaient la visibilité, permettaient une prise au vent et empêchaient les parapluies de s'ouvrir. La canette du Morvan et la fidélité Dans le Morvan, les femmes mariées ou promises dont l'époux ou le fiancé était parti pour de longues années au service militaire (sept années) ou pour leur Tour de France de compagnon, portaient une canette noire. Ce n'était pas un signe de deuil mais un signe d'attente, de promesse fidélité. Dans les années 1930, une grand-mère du Nivernais expliquait que jeune promise en 1855, elle avait porté une coiffe noire sur sa coiffe blanche tout le temps que dura la campagne de Crimée où son futur mari se trouvait engagé. Entre 1915 et 1918, toujours dans le Morvan, beaucoup de prostitu se costumaient en prétendues veuves de guerre, en ville. Mais le noir n'était pas commercial, alors elles adoptaient le demi-deuil, la coiffe mi-blanche, mi-noire. Pour ainsi dire… Être coiffé : s'enticher, marquer un goût très vif pour une personne, être aveuglé, réduit à la merci de quelqu'un en raison de l'image de celui qui a le bonnet enfoncé sur les yeux. Avoir le béguin : le béguin était la coiffure des béguines, religieuses du tiers-ordre de saint François, fondé au XIIe siècle en Belgique. Etre embéguiné, c'est être aveuglé par quelqu'un, quelque chose, ou par des propos… Enfin, "avoir le béguin pour quelqu'un, c'est être amoureux". ● ● ● ● ● ● Il aimerait une chèvre coiffée : il aimerait toutes les femmes, même les plus laides… Bonnet blanc et blanc bonnet : les deux éventualités envisagées reviennent au même. Gros bonnet : personnage influent, important, éminent. Opiner du bonnet : donner son adhésion totale à l'avis de l'autre. Prendre sous son bonnet : le faire de sa propre autorité. Avoir la tête près du bonnet : être vif, emporté. /Decouvrir/Musees/Exposition_2012-2013? page 2/3 © 2010 ● ● Jeter son bonnet par-dessus les moulins : s'affranchir des règles de la bienséance. Avaler son chapeau : accepter à contre c½ur, avaler une humiliation. A. Lo /Decouvrir/Musees/Exposition_2012-2013? page 3/3 © 2010