26/03/2015 HERRY Claire D1 CR : INGHILTERRA Jérôme RUV
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RVU - AGM – La douleur en néphrologie 26/03/2015 HERRY Claire D1 CR : INGHILTERRA Jérôme RUV-AGM Pr BURTEY Stéphane 14 pages La douleur en néphrologie Plan A. La douleur I. Généralités II. Les types de douleurs III. Caractériser la douleur IV. Trame d'un entretien B. La colique néphrétique CN I. Épidémiologie II. Physiopathologie III . Symptomatologie IV. Signes cliniques V. Diagnostics différentiels des lombalgies aiguës VI. Examens para cliniques VII. Critères de gravité C. Les douleurs rénales chroniques I. Caractéristiques des douleurs rénales chroniques II. Principales douleurs rénales chroniques III. Quelques exemples D. Les autres douleurs Il y a beaucoup de choses que vous savez déjà dans le cours. La partie A) contient beaucoup de rappels et du blabla. Attardez vous plus sur B) et C). A. La douleur I. Généralités La douleur est « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle, ou décrite en termes d’une telle lésion » définition de Merskey Het Bogduk N Soit les douleurs sont présentes quand il y a vraiment une anomalie, une agression → douleur existantes. Soit il peut y avoir aussi des douleurs partielles c'est à dire que suite à une lésion, des messages persistent après 1/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie dans le système nerveux. La douleur est une expérience individuelle, totalement subjective++, liée au ressenti de la personne. On ne peut jamais évaluer la douleur ! Difficile à évaluer de façon objective, on vit la douleur. On a tous expérimenté la douleur, et il est probable qu’on ai chacun notre propre vécu de ce qu'est la douleur. → Un des gros défaut qu'on a : Lorsque qu'on évalue la douleur du patient, on a tendance à l’évaluer à partir de ses propres expériences. Il faut se détacher de sa propre subjectivité d'interrogateur pour rester à l’échelle du patient pour tenir compte du fait que le ressenti, le vécu de la douleur du patient est la réalité. Faut faire attention parce que si on projette trop nos idées on n'écoute plus le patient. Exercice compliqué de sortir de soi pour avoir une certaine objectivité. (Les seuils de sensibilité à la douleur peuvent être très différents pour les mêmes stimulus.) Je vous met l'exemple du prof qui est assez viril : Ex : « On va tous au cinéma voir une comédie romantique à deux balles : Love story. Des gens ne peuvent pas s’empêcher de pleurer, et d’autres ne pleurent pas. Moi je l'ai vu 3 ou 4 fois, à chaque fois je pleure mais ma femme ne pleure jamais. Pourtant ce qu’il y a à l’écran est la même chose objectivement, mais on a pas les mêmes seuils → c’est pareil pour la douleur. » Pourquoi la douleur est importante ? • • • C'est la cause de 2/3 des consultations. Les patients ne consultent que lorsqu’ils ont mal ! 10-25% de la population est confrontée à des douleurs chroniques. Il faut distinguer la douleur symptôme de la douleur qui devient maladie. En France on a vécu avec une image de la douleur Judéo-chrétienne : douleur rédemptrice → Si on est malade c'est parce que on a fait quelque chose de mal et la douleur permet d’expier le pêché qui est la cause de tout. Pendant longtemps on a estimé que la douleur était partie intégrante de la maladie. → C'est normal d'avoir mal Puis on est passé à un autre extrême : toute douleur devient insupportable. → toute douleur doit être anesthésiée de façon immédiate et totale. Ce mode de raisonnement donne ce qui se passe aux USA où on a des milliers de morts par overdose de morphiniques. La douleur est un sujet complexe car elle est subjective mais la réponse thérapeutique doit être adaptée au niveau de stimulus! (en pratique si on donne des morphiniques pour des douleurs pas très intenses qui pourraient être traitées avec des antalgiques moins puissants, il y a de fort risque d’intoxication rapide aux morphiniques!) 2/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie II. Les types de douleurs On distingue les douleurs : ➢ nociceptives : il y a une lésion tissulaire → Aiguë : réaction normale permettant une protection (brûlure entraîne retrait de la main). Réaction normale et saine, signal d’alarme → pas forcement à traiter Dans le milieux sportif de haut niveau, il y a une consommation énorme d'antalgiques pour encaisser des charges de plus en plus importantes d'exercices pour améliorer la performance. Ils n’écoute plus leurs douleurs. Mal pendant l'effort → signal pour s'arrêter) → Chronique : réaction qui persiste dans le temps et devient anormale due à des lésions chroniques. Ex : tumeurs qui compriment certaines racines nerveuses (exemple tumeur du pancréas) Avoir mal au long cours est déstructurant (déstructure la personnalité) → à traiter ! ➢ Douleurs neuropathiques : Altération du système nerveux responsable d’une sensation disproportionnée par rapport au stimulus, ou douleur sans stimulus. Ex : Membre fantôme. Des patients amputés ont mal au pied. Très difficile à soigner. III. Caractériser la douleur C'est essentiel pour le diagnostic. Un moyen mnémotechnique: SITIDRAC : (on peut analyser tous type de douleurs de cette manière) Siège Irradiation Type Intensité Durée Rythme Accompagnants Calmants • Siège : où le patient a mal ? (parfois difficile à déterminer, ex : mal au dos...mais où ? Haut ? Bas ?) • Irradiation : Où va la douleur. (Douleur de la vésicule biliaire → irradie vers l’épaule. IDM ou angine de poitrine irradie vers la mâchoire) • Type : brûlure, pince, coupure, coups de poignard … • Intensité : Échelle Visuelle Analogique. Un coté est face au face au patient « pas de douleur / douleur maximale imaginable ». Un autre coté est face au soignant et permet de mesurer la douleur de 0 à 10. Une autre méthode est proposée pour les personnes qui ne sont pas capables de répondre. C'est l'analyse de la douleur en fonction du faciès. 3/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie • Durée : Depuis combien de temps ça dure? (permanente ou paroxystique … ) • Rythme : Existe-t-il des paroxysmes, un fond douloureux? Existe-t-il des facteurs déclenchant? • Accompagnants: nausées, vomissements, chaleur, rougeur, brûlures mictionnelles, etc • Calmants: Position (péricardite +++), chaleur, froid, médicaments efficaces ou pas ? La douleur doit être soulagée et doit idéalement être prévenue de façon raisonnable. Quand on fait un geste invasif maintenant on peut difficilement dire au patient « ça va faire mal » et on ne va pas non plus faire une AG pour deux points de suture ! Il est plus facile de soigner un patient qui ne souffre pas, qu’un patient algique. → Prendre en charge de façon optimale la douleur est un objectif de tout médecin. Le confort du patient est essentiel. IV. Trame d'un entretien Le prof nous propose la trame d'un entretient très classique: ➢ Motif de consultation : plus important! Circonscrire la plainte. Pourquoi vous venez me voir? Pourquoi vous venez à l’hôpital? Il faut tenir compte de la plainte initiale du patient ! L’absence de pédagogie génère une mauvaise compréhension, si on ne tient pas compte de cette plainte on perd toute crédibilité. « Exemple : Si un patient vient avec une hématurie macroscopique et qu'on lui dit que c'est pas grave mais que le mélanome qu'il a dans le dos nous inquiète. Certes le mélanome peut donner une métastase rénale. Il ne va pas comprendre pourquoi vous vous intéressez pas à la plainte mais au bouton dans son dos » ➢ Histoire de la maladie: Ne pas rester à l’écume des informations. Il faut être Curieux. (Une des grandes qualités de la profession est la curiosité!) ➢ Antécédents: • • • → Personnels : médicaux (HTA, diabète, FdR cardio-vasculaires), chirurgicaux, obstétriques Habitus ++ : profession, mode de vie, tabac, alcool, drogues, médicaments « On vit dans un pays ou l’alcool est vécu comme valorisant « se bourrer la gueule c'est très chouette » donc bien préciser la quantité d'OH. On peut être confronté à des gens qui ont 75ans et qui ont vécu leurs jeunesse à une période où beaucoup de drogues sont arrivées sur le marché donc il y a énormément de très vieux toxicomanes qui continuent l’héroïne, la LSD ! Sur le marché si il y a moins de 10% de principes actifs. En particulier la cocaïne de bonne qualité est introuvable en PACA, elles sont toutes coupées avec des produits toxiques dangereux. » Allergies → Familiaux : S’intéresser plutôt à ceux en rapport avec la pathologie du patient. Si on veut avoir tous les trucs il faut poser toutes les questions et orienter le patient sur ce que l'on recherche (on se souvient de pas tout à 90ans !) 4/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie ➢ Interrogatoire : Se fait appareil par appareil dans l’ordre que l’on veut, mais on doit toujours le faire de la même manière ça rassure. La rencontre avec le malade est hautement traumatisante car il a mal et nous demande de ne plus souffrir. Il faut être armé → donc avoir des habitudes d'interrogatoire. Pour la néphrologie : oedèmes (jambes gonflées), évolution du poids, de la tension artérielle, sang dans les urines, douleurs lombaires, brûlures en urinant, pollakyurie (uriner souvent), dysurie (avoir du mal à uriner), miction en deux temps, nycturie … ➢ Examen clinique : appareil par appareil il faut un minimum de logique : Le prof lui part des mains, et remonte jusqu’à la tête, puis thorax, Abdomen, membre inférieur et ils les fait s’asseoir après pour les ausculter. → il faut toujours faire la même chose pour se l’approprier. Pour la néphrologie : TA, Poids, pouls, pli cutané, œdèmes, contact lombaire, globe vésical, auscultation pulmonaire … /!\ Ne pas oublier la bouche, la peau, les mains et les pieds +++ (chez les diabétiques ++ « pas le truc le plus sexy mais ça donne des informations sur le fait qu'ils aiment la savonnette »). Il faut s'astreindre à bien regarder, ce n'est pas donner à tout le monde mais c'est super important donc il faut apprendre. Conseils sur la trame de l'entretien : • • Mettez-vous au niveau du patient (Si on arrive devant un prof d’université en lui disant « Bobo où ? » ou à un balayeur « votre dyspnée de quel type? » On risque de les perdre !) Présentez vous • Adaptez vous. Les patients de l’hôpital aiment bien qu’on s’occupe d'eux globalement. • Soyez empathique, gentil et poli, souriez /!\ « Les patients sont pas vos amis → ils sont là parce qu'ils ont un problème et veulent que vous les soignez. Quand on est à l'hôpital on est des professionnels donc on laisse de côté nos problèmes et on se concentre sur notre job, les patients sont mal en point donc pas la peine qu'ils se tapent en plus notre gueule de 6 pieds de long. Faire attention toutefois à ne pas se laisser envahir par la compassion et ramener les patients à la maison, il faut faire la part des choses ». • Entraînez vous à l'interrogatoire et à l'examen clinique. • Aimez les histoires et les patients (faut avoir le soucis de l’autre !) • Faire une conclusion. Le patient doit tenir en une phrase. [Conseil du prof : La mort des autres et la souffrance sont douloureux → Il faut en parler ! Personne ne vous dira pour votre premier mort qu’il ne veut pas en parler. Sinon vous allez souffrir.] 5/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie B. La colique néphrétique CN C'est LA douleur aiguë par excellence en uro-néphrologie. Une des douleurs les plus intenses. La CN est un syndrome douloureux lombo-abdominal traduisant la mise en tension brutale de la voie excrétrice du haut appareil urinaire sur un obstacle en aval quelqu'en soit la cause. (on relie classiquement CN et lithiase rénale mais elle peut être due à d'autres types d'obstacles!) Cette douleur ne peut pas être chronique ! I. Épidémiologie La colique néphrétique représente : • 1 à 2 % des passages des urgences (à Marseille : 200 passages/jour donc 4 coliques néphrétiques / j) • 5 à 10% de la population présentera un épisode de colique néphrétique dans sa vie. (risque augmente avec le réchauffement climatique car les urines seront plus concentrées et on sera plus à risque des faire des calculs.) • • 85% des cas secondaires à une lithiase (calcul qui s'enclave dans une uretère) De nombreuses autres étiologies et de diagnostic différentiel. II. Physiopathologie La CN est due à l'augmentation de la pression dans les cavités excrétrices rénales (bassinet) au dessus d'un obstacle. L'enclavement du calcul qui gène l’écoulement de l’urine est responsable d’un œdème qui aggrave l’obstruction et qui gène le passage. En réponse à l’augmentation de pression il y a production de Prostaglandine PGE2 qui augmente le débit sanguin rénal (vasodilatation) et le DFG augmentant ainsi le débit urinaire. Ce qui maintient la pression dans les cavités urinaires. Au début de la CN l'organisme essaye d'augmenter le débit urinaire pour faire passer l'obstacle → ce qui fait vraiment très mal. Dans un second temps un spasme urétéral (la musculeuse lisse de l'uretère se contracte par stimulation des nerfs de la lamina propria) se met en place pour faire passer l'obstacle ce qui augmente la production d’acide lactique qui active la nociception. Les signaux douloureux passent par les racines de T11 à L1. De nombreux médiateurs au niveau central jouent un rôle dans la perception douloureuse. (pas rentré dans les détails) Schéma d'une colique néphrétique : Calcul obstruant l’uretère lombaire qui dilate au dessus le bassinet. 6/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie Après la phase de vasodilatation médiée par les PG, apparaît une phase réflexe de vasoconstriction rénale secondaire à une augmentation de la production d’Angiotensine 2 qui va entraîner une diminution du DFG. → Ceci permet de diminuer la pression intra-pyélique pour diminuer la douleur. Pendant toute la CN il y a un jeu entre vasoconstriction qui tente de faire baisser la pression puis une vasodilatation qui remet l'arbre urinaire en tension ce qui refait mal. III. Symptomatologie +++ • Siège : Fosse lombaire ou flanc unilatéral (c'est rare que ce soit bilatéral) • Irradiation: vers la fosse iliaque homolatérale ou organes génitaux externes (ou la racine de la cuisse surtout pour les calculs urétéraux). Les calculs du bassinet donnent plutôt des douleurs qui restent au niveau du flanc. • Type : péristaltique (paroxysmes brefs mais répétés) « Comme des spasmes, ça essaye d'avancer mais ça passe pas docteur … » • Intensité : très intense 10/10 • Durée: plusieurs heures à plusieurs jours (c'est rare que ça dépasse 48h parce que la dilatation chronique des cavités urinaires ne fait plus mal) La douleur peut être présente depuis une semaine si le calcul descend en se bloquant puis se détachant le long de l'uretère. • Rythme: Apparition brutale, nocturne, déclenchée par un voyage (vibrations voiture++). Paroxystique : des montées douloureuses entrecoupées de phases moins douloureuses, occupées par une douleur plus sourde. • Accompagnants : - Signes urinaires: hématurie surtout microscopique, pollakyurie, ténesme vésical, dysurie - Signes digestifs: nausées, vomissements - Agitation , anxiété • Calmants: aucune position n’est antalgique (on parle de douleur frénétique car le patient se tourne dans tous les sens pour essayer de trouver une position antalgique mais n'y arrive pas), la chaleur peut diminuer la douleur. Nécessité d’antalgiques puissants pour soulager les douleurs. Le ténesme vésical est l'impression d'avoir envie d'uriner en permanence sans jamais avoir la sensation d'avoir vider sa vessie → peut être du soit à une tumeur soit à un calcul dans la vessie. Localisation de la douleur en fonction de la position du calcul : Calcul entre bassinet et uretère : Douleur dans l'air rénale (zone supérieure, plus foncée) : lombaire haut et irradiation vers le flan. Calcul urétéraux (plus fréquents, zone inférieure) : Douleur urétérale : plus basse au dessus de la crête iliaque. 7/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie Irradiation vers les organes génitaux. /!\++ Ne pas oublier à l'interrogatoire de vérifier l’absence d’anurie. L’anurie transforme la CN simple en CN compliquée → urgence +++. Anurie et fièvre sont les deux indicateurs de la complication d'une CN. IV. Signes cliniques • Douleur à l’ébranlement de la fosse lombaire : signe de Giordano (image a droite) ++ On donne un coup sur la fosse lombaire qui ébranle l'arbre urinaire en tension → douleur. (rein hyper mobile avec une amplitude avec respiration variant de plusieurs cm donc quand on file un coup ça bouge !) /!\ y aller doucement, pas de gros coups ! • TA élevée (non systématique) lié à la réaction adrénergique. • Rechercher une déshydratation • Prendre la température /!\ + , s'il y a de la fièvre ce n’est pas une CN simple→ URGENCE urologique! CN + infection = pyélonéphrite bloquée → choc septique et mort rapide. • Vérifier absence de signe de Murphy, de Mac Burney, pas de contracture ou de défense abdominale, pas de douleur au TR, orifices herniaires libres. (pour éliminer les diagnostics abdominaux). V. Diagnostics différentiels des lombalgies aiguës a) Douleur brutale avec paroxysmes et sans fièvre : • Colique hépatique : calcul dans le canal cystique. Douleur plus profonde, paroxystique et antérieure irradiant à l’épaule droite, le patient est prostré, il ne bouge plus ! La colique néphrétique est frénétique, la colique hépatique est pathétique → permet de faire la différence. b) Douleur avec paroxysme et fièvre : URGENCE ++ • Colique néphrétique fébrile surinfectée ou pyélonéphrite sur obstacle. • Angiocholite (la présence d'un ictère fait redresser le diagnostic) • c) Douleur brutale sans paroxysme ni fièvre : (il n'a pas cité cette diapo je la met pour ceux que ça intéresse) Lumbago • Radiculalgie aiguë • Fracture ou tassement vertébral 8/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie • Hématome du psoas ou rétropéritonéal • Fissuration d'un anévrysme de l'aorte abdominale • Infarctus rénal • Hémorragie intrakystique ou intratumorale d) Douleur brutale sans paroxysme mais fièvre : • La pyélonéphrite aiguë : Le début de la pyélonéphrite aiguë est rapide mais non brutale, localisation identique mais douleur permanente sans paroxysme, plus de la fièvre (39-40°c) /!\ Si des il y a des paroxysmes, c'est une pyélonéphrite sur obstacle jusqu’à preuve du contraire. Nécessite une imagerie en urgence. • Spondylodiscite (infection des kystes et des vertèbres) e) Les douleurs rapportées : (passé très vite dessus) • Digestif: colique intestinale, appendicite aiguë (rétro caecale), diverticulite, occlusion, péritonite • Pelvienne: fissuration Grossesse extra-utérine, torsion kyste ovarien, • Basithoracique: pneumopathie, pleurésie VI. Examens para cliniques Examen systématique : ➢ Bandelette urinaire++ : hématurie microscopique, absence de leucocyturie et de nitrites « Une colique néphrétique sans hématurie microscopie n'existe pas !» Si le tableau est typique : aucun examen n'est obligatoire à part la bandelette en phase aiguë (sauf s'il y a une anurie ou de la fièvre → urgence) ! Aux urgences ils font systématiquement : - Numération formule sanguine (normale), - Créatininémie (peut être augmentée), - Ionogramme sanguin, CRP, ECBU. A faire dans les 24h-48h (pas urgent) : ➢ Scanner rénal++ sans injection ou échographie rénale → Permet d'identifier l’origine de l’obstacle qui sera dans la plupart des cas un calcul enclavé dans la voie excrétrice. → Permet d’éliminer les autres causes et prédit la possibilité de passage du calcul sans intervention. 9/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie VII. Critères de gravités Quatre situations nécessitent une hospitalisation et un avis urologique urgent : • CN hyperalgique (pas banal → souvent la voie excrétrice est rompue) [Question d'un étudiant : Comment faire la différence entre algique et hyperalgique ? → Des patients Hyperalgiques sont des patients qui ne sont calmés par rien. (c'est plus la réponse à la thérapeutique qui traduit l'hyperalgie.)] • CN fébrile ++ (tue en moins de 6h si non traitée. Ex choc septique à E. Coli) • CN anurique ++ • CN chez la femme enceinte (car augmente la probabilité d'accouchement prématuré) C'est un diagnostic compliqué car on ne peut pas fare de scanner et les uretères sont normalement dilatées dans cette situation. De plus la prise en charge n'est pas simple car pas d'utilisation d'AINS. /!\ Deux plus importants à retenir sont la fièvre et l'anurie +++ L’urgence dans la CN est à la prise en charge de la douleur par des antalgiques. • Pas de cure de diurèse (« c'est le truc le plus con qu'on puisse faire car on risque de rompre le pyélon si on remplit trop le patient ! ») • Prévenir la déshydratation • Traitement symptomatique des signes digestifs • Surveillance simple → disparition de la douleur On essaye de récupérer le caillot (surtout dans les CN à répétition) pour analyser la nature physicochimique du calcul qui guidera le bilan paraclinique et la prise en charge thérapeutique. « Pour filtrer les urines il faut faire pipi sur un filtre à café ou au dessus d'une compresse.» C. Les douleurs rénales chroniques Les douleurs rénales chroniques sont plutôt exceptionnelles. → Le rein n'est pas innervé donc on peut avoir une énorme tumeur du rein sans aucun symptôme. → La dilatation chronique des cavités pyélocalicielles est totalement indolore (après le stade aiguë de la CN ou si l'obstacle s'est installé progressivement). C’est le plus souvent une distension de la capsule ou la traction sur le pédicule rénal ou les compressions de voisinage ou encore l'envahissement local par un processus tumoral malin qui peuvent être responsables de douleurs chroniques. La douleur chronique rénale apparaît que dans deux maladies génétiques rénales : ➢ La polykystose rénale ➢ la sclérose tubéreuse de Bourneville 10/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie I. Caractéristiques des douleurs rénales chroniques – – – – – – – – Siège : lombaire, flanc , abdominale Irradiation vers le bas, souvent antérieure Type : pesanteur, pression, coup de poignard Intensité : tous les niveaux Durée : variable Rythme : variable Accompagnement : variable Calmants : chaleur ou froid, pas de position antalgiques II. Principales douleurs chroniques rénales a) Polykystose rénale autosomique dominante ++ C'est la maladie génétique rénale la plus fréquente se caractérisant par la formation de kystes rénaux qui vont progressivement détruire le parenchyme sain. (image à droite : rein gauche faisait 7,5 kg. On voit que le rein a perdu son axe normal. Il tire sur le pédicule et compresse les organes aux alentours, les kystes saignent → douleurs ++) Figure 1 et 2 : (pour votre culture G) Il s'agit du plus gros volume kystique qui a été publié dans la littérature. Ce patient avait un volume kystique de 18- 20L et une fonction rénale quasi normale et les chirurgiens ne voulaient pas faire de néphrectomie donc ils ont fait une opération qu'on ne fait jamais normalement : ils ont effondré tous les kystes. 11/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie b) Sclérose tubéreuse de Bourneville La sclérose tubéreuse de Bourneville peut donner des douleurs chroniques par le développement de tumeur bénigne appelée : angiomyolipome = tumeurs graisseuses autour du rein qui a une fonction normale. Patiente de 20 ans avec des angiomyolipomes énormes (tout ce qui est noir autours des reins) mais avec une fonction rénale normale. Ses angiomyolipomes continuent à grossir. Les retentissements sont : le volume « on dirait qu'elle est tout le temps enceinte » et les douleurs en permanence. III. Quelques exemples ➢ Exemple d'une dilatation des cavités urinaires: Le rein droit est normal, alors que le rein gauche a des cavités totalement dilatées. On ne distingue plus le parenchyme du rein gauche on ne voit que le bassinet et les calices. Patient totalement asymptomatique, aucune douleur. Elle venait pour de l'hypertension artérielle. 12/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie ➢ Autre exemple : dilatation chronique de la vessie La rétention aiguë d’urine est très douloureuse, alors que la dilatation chronique de la vessie est aussi indolore. Ce patient avait un bloc vésical de 1,8L et n'avait aucune plainte douloureuse. Une fois que le muscle vésical est détruit la distension n'est pas douloureuse. Retenir : • distension aiguë → fait très mal, insupportable ! ++ • distension chronique → ne fait plus mal (probablement due à une adaptation progressive de l'organisme à la douleur, on sait pas trop pourquoi.) • Faire une imagerie dans les 48h pour vérifier que le calcul est bien éliminé. D. Les autres douleurs Parmi les autres douleurs en néphrologie : ➢ Douleurs vésicales: rétention aiguë d’urine et cystite (fait très mal) ➢ Douleurs prostatiques: prostatite ➢ Douleurs urétrales: urétrite (douleur type brûlure) ➢ Douleurs lors de l’insuffisance rénale chronique: (les douleurs rénales chroniques font pas mal, mais les insuffisants rénaux chroniques sont des patients super douloureux!) douleurs thoraciques, douleurs abdominales ( font souvent des ulcères), douleurs ostéoarticulaires 13/14 RVU - AGM – La douleur en néphrologie Conclusion La douleur est un symptôme fréquent en uro-néphrologie La colique néphrétique est une urgence thérapeutique douloureuse. Il faut soulager le patient. Analyse systématique pour faire un diagnostic le plus souvent clinique. La paraclinique confirme le diagnostic et identifie l’origine. Question d'un étudiant : pourquoi les douleurs ostéo-articulaires sont fréquentes ? Elles sont fréquentes parce que le rein contrôle le bilan du phosphore → contrôle le bilan de la parathormone. Quand il y a trop de parathormone et pas assez de vit D il y a des douleurs ostéo-articulaires. Merci à celle qui partage ma vie (little sunshine!), à Elena pour l’enregistrement, à Marcelo Bielsa qui a 59 ans (60 ans le 21 juillet), au bal des 508 ! Une pensée pour mon Flo, joli Alex, Jordanus, le CR, et tous les gens qui ont des coliques néphrétiques ! Et pour Maxime : 14/14