Les 21 éventualités

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Les 21 éventualités
Les 21 éventualités
Dr Édourad Broussalian
ÉVENTUALITÉ 1
L’immortel Kent nous a légué 12 éventualités, qui
datent d’une époque malheureusement révolue
où les malades se situaient majoritairement dans
les groupes A et B. C’est devant les réactions
assez intenses de ce type de patients, suivies de
magnifiques guérisons que bien des prescripteurs
se contentent d’une connaissance superficielle de
l’homéopathie et croient que tous les cas seront
semblables. C’est de moins en moins le cas.
Les réactions que vous pouvez attendre à vos doses
sont éminemment fonction du niveau de santé du
patient et c’est à l’aune du niveau de santé qu’il
logique d’analyser ce « retour » que nous fait le
patient. C’est à un véritable sondage en profondeur
que nous procédons ainsi, qui nous livre aussi un
pronostic détaillé. Les cas où le système de défense
est profondément perturbé ne pourront pas
répondre de façon aussi claire et brillante.
Quelques règles absolues
Vous ne savez jamais d’avance ce qui peut se produire après
la prise d’un médicament, donc il faut être bien préparé à
gérer les cas de figure différents. Une première évaluation
du cas doit se baser d’après l’existence ou non de perturbations sur le plan émotionnel ou mental. Dans l’affirmative,
vous savez que le cas sera difficile à résoudre car il faudra
passer par des moments d’aggravation physique que le
patient sera tenté de « bricoler » allopathiquement. Ce
processus peut d’ailleurs s’établir naturellement, comme le
rappelle Vithoulkas, un patient ayant subi une dépression
épouvantable dans le passé peut s’en trouver soulagé
spontanément ou après des années d’antidépresseurs et
présenter à la place une pathologie physique très grave
comme un cancer ou une intense polyarthrite rhumatoïde. En
tout premier lieu, de grandes règles se dégagent et doivent
toujours être observées, sachant que dans le doute vous
devez prescrire un placebo pour acheter un peu de temps
et laisser le tableau se clarifier.
1 - Ne jamais répéter si une prise provoque une réaction nette
et parfois spectaculaire. Attendez de voir la fin de l’action du
médicament pour renouveler. Cela peut prendre des jours,
voire des semaines si le niveau de santé du patient est élevé.
2 - En cas de réaction d’aggravation similaire nette, de
nombreux symptômes vont se produire :
>> Si la réaction est vraiment trop forte, vous avez donné
trop de médicament, la dose est trop importante, ainsi
qu’éventuellement la dynamisation ;
>> Dans l’ordre, vous essayez d’attendre quelques jours si
c’est possible ;
>> Sinon vous faites faire une friction du même médicament,
sur une zone de peau saine ;
>> Dernière solution : donnez le médicament en 6c, c’est
le frein d’urgence.
S’il est possible d’attendre, respectez la règle absolue de
ne jamais rien prescrire tant que le tableau symptomatique
n’est pas fixé. Autrement vous risquez de massacrer le cas
en trouvant je ne sais quel médicament qui sera adapté à
quelques uns des symptômes produits.
3 - En cas d’aggravation dissimilaire :
>> Cessez toute prise ;
>> Antidotez au besoin.
Vous pouvez être certain que ce médicament ne convient
pas au cas et vous n’y retoucherez plus. Les observations
qui suivent maintenant sont dérivées de celles décrites par
George Vithoulkas, qui s’est lui-même inspiré de Kent.
Nette aggravation du (ou des) trouble physique principal, des symptômes
mentaux-émotionnels et du niveau d’énergie, suivie d’une récupération
rapide et de longue durée.
Niveaux : A jusque bas au groupe B.
Diagnostic : Dose trop importante.
Nous sommes devant un organisme plein de vitalité,
qui a absorbé avidement la dose. Cependant, la forte
réaction témoigne de l’excès de dose et / ou de dynamisation. L’aggravation dure de quelques heures
à quelques jours aussi bien sur le plan émotionnel
que physique puis le patient va de mieux en mieux.
Vous aurez souvent besoin d’attendre très longtemps avant
de voir revenir quelques symptômes, à moins que l’effet de
la dose ne soit antidotée.
Bien qu’évitable, cette aggravation similaire importante, marquée clairement et de brève durée est
de très bon pronostic la pathologie est curable.
Si l’aggravation est intenable et qu’il faille ¡intervenir, il
vous reste à suivre les procédures décrites ci-dessus.
En règle générale il faut tâcher de ne pas se placer dans
ces situations : commencez par une faible quantité d’une
dynamisation moyenne.
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ÉVENTUALITÉ 2
ÉVENTUALITÉ 3
Le patient se sent beaucoup mieux sur tous les plans, et ¡I n’y a que peu ou
pas d’aggravation.
Le patient se sent mieux sur tous les plans après une aggravation initiale,
mais quelques problèmes mineurs persistent cependant.
Niveaux : spontanément les patients en haut du groupe
A réagissent ainsi quelle que soit la dose administrée.
De même ceux du groupe D ne feront pas de réaction
d’aggravation mais ensuite leur état va s’aggraver très
vite de nouveau.
Niveaux : A et B.
Diagnostic : cas idéal, dose bien adaptée. C’est ce que
l’on recherche.
Comme nous ne recherchons surtout pas une réaction violente, voici idéalement ce que vous devez observer dans tous
les cas si la dose est bien ajustée. N’importe quelle pathologie
fonctionnelle réagira ainsi. Disons que l’aggravation est si
faible qu’elle n’est probablement pas perçue par le malade.
Dans les cas où la souffrance est déjà maximale, il n’y aura
pas non plus d’aggravation.
Diagnostic : dose un peu trop faible.
Ce genre de cas est très ennuyeux à traiter en dose sèche,
où l’on est obligé d’attendre le plus longtemps possible pour
voir jusqu’où l’organisme pour progresser, tout en évitant les
causes possibles d’antidotage.
Avec la dose liquide, la situation devient bien plus simple à
gérer. C’est Ici qu’intervient le changement de repère dont
je vous ai parlé associé à l’augmentation de la dose. Par
exemple, le patient se sent en grande forme mais persiste
une ancienne constipation.
Conduite à tenir
II faut maintenant augmenter progressivement la dose en se
basant sur la constipation comme point de repère. Au bout
de quelques prises croissantes, la constipation va céder et
il faudra alors cesser les prises pour laisser l’organisme se
débrouiller et déterminer l’intervalle de répétition quand la
constipation reviendra.
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ÉVENTUALITÉ 4
ÉVENTUALITÉ 5
Après une aggravation initiale plus ou moins marquée, il y a une
amélioration locale et générale, mais de nouveaux symptômes
apparaissent qui appartiennent au médicament prescrit.
Les symptômes physiques s’améliorent après qu’ils se soient aggravés au
début du traitement mais il n’y aucune réaction au niveau émotionnel /
mental ni sur le plan énergétique général.
Niveaux : A et B, mais souvent aussi C.
Niveaux : A et B sans troubles émotionnels / mentaux.
C nécessitant plusieurs remèdes successifs.
Diagnostic : excellente homéopathicité sur un patient
hypersensible.
La réaction d’aggravation que vous êtes parvenue à limiter
grâce à la dose minimale signe que le patient a un bon
système de défense. Une amélioration générale se fait jour
et le patient a très bien progressé sur tous les plans.
Tache d’huile
L’apparition de ce symptôme « tache d’huile » témoigne
d’une grande sensibilité du patient à la dose qui est étroitement ajustée sur le plan de la similitude, mais ce patient très
sensible se retrouve probablement très vite en surdosage,
ce genre de réactions se voit volontiers après une aggravation tout de même assez nette. Typiquement ces malades
seront hypersensibles aux doses LM et seules des centésimales basses de 30 à 200 leur conviendront bien au début.
Parfois ce genre de patient sensible sera capable de réagir
ainsi avec n’importe quelle dose et fera un expérimentateur
de choix à défaut d’être un malade modèle !
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Diagnostic : homéopathicité parcellaire.
A part les niveaux de santé élevés où le niveau d’énergie
est tel que la symptomatologie est confinée sur le plan
physique, ce cas de figure est typiquement celui où vous
attaquez un cas du groupe C qui vous consulte pour une
pathologie physique qu’il faut traiter sans attendre. Vous
êtes donc obligés de vous baser sur le groupe nouvellement
apparu de symptômes. Une fois la crise gérée, vous pouvez
mieux voir le médicament qui est plus adapté à la totalité.
C’est ce genre cas que nous cultivons volontiers
lorsque nous ouvrons un traitement avec Aconit,
Nux-vomica ou autre, avant de donner Sulfur ou Sepia.
Ainsi nous faisons remonter le niveau d’énergie et le patient
pourra mieux supporter le puissant médicament qui suit.
Dans ce cas vous basez la répétition sur le retour du ou des
symptômes physiques en vous contentant de faire progresser
le cas pas à pas.
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ÉVENTUALITÉ 6
ÉVENTUALITÉ 7
Absence d’aggravation initiale, le patient se dit mieux, mais ne l’est pas
réellement.
L’affection principale s’est améliorée sans aggravation, mais apparaît
maintenant un nouveau symptôme.
Niveaux : A et B, et en dessous.
Série de remèdes
Niveaux : A à D.
Diagnostic : prescription parcellaire.
La notion de succession de remèdes tord définitivement
le cou à l’illusion du remède « parfait », « idéal » qui couvrirait un cas pour toute la vie. Cette vision statique a
engendré une génération d’homéopathes qui s’acharnent
à chercher des médicaments toujours plus nouveaux, en
quête d’un Graal imaginaire alors qu’une succession de
polychrestes aurait amené leur patient à une guérison.
Chez un patient des groupes A ou B, cela veut dire que
votre anamnèse était mal prise. Votre prescription peut
ajouter de la confusion si vous la continuez. Le mieux
est de stopper toute prise et de reprendre tout le tableau.
Chez les patients de bas niveau de santé, vous serez heureux
de ce résultat partiel et c’est par une succession de médicaments approximatifs qu’un jour l’organisme possède assez
d’énergie pour afficher des réactions d’aggravation sous la
forme d’un épisode aigu. Ce ne sera peut-être pas une température à 39° mais ces états aigus, qui ne sont rien d’autre que
l’exacerbation de l’état chronique sous-jacent, méritent d’être
vus en urgence. Vous disposez là d’une fenêtre ouverte sur
l’état interne, ce serait vraiment dommage de manquer cela.
Toujours chez ces patients de bas groupe, le résultat ici est
volontiers celui produit par la prescription d’un anti miasmatique.
Comparez cette réaction avec son inverse dans l’éventualité
21, où chez un patient de groupe B se produit une forte amélioration tandis qu’un petit groupe de symptômes physiques
s’aggrave considérablement.
Diagnostic : suppression de symptôme.
Dans les hauts niveaux de santé, vous avez prescrit un simile,
dans les bas niveaux de santé au tableau peu apparent c’est
une situation normale qui demandera de passer souvent à
un autre médicament (cure en zigzag, voir §167 et §168)
Dans cette situation, l’absence de réaction apparente sur
le plan émotionnel ou mental doit attirer votre attention. La
nouvelle posologie peut très bien limiter les réactions, mais
ici vous constatez que seul un petit groupe de symptômes
locaux s’est amendé tandis que visiblement la dose n’a eu
aucun effet sur l’énergie en général du patient.
Zigzag
C’est la notion de cure en « zigzag » telle que Kent la décrivait.
Ce cas de figure se rencontre dans les cas défectifs où même le
meilleur homéopathe du monde ne perçoit pas de totalité significative, ce sont les cas du Groupe C ou même D de Vithoulkas.
Cependant cela survient aussi avec des homéopathes
débutants qui ne perçoivent pas la totalité et sont obligés
d’obtenir en une succession de plusieurs médicaments ce
qu’un maître aurait accompli directement avec un seul.
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Dans un niveau de santé élevé, il est difficile d’arriver à
établir une vraie suppression, ce que vous observerez sera
un déplacement de la symptomatologie, par exemple une
douleur de l’épaule migrera au coude. A partir du groupe C
vous pouvez très bien constater la guérison d’une sinusite
qui sera suivie par la survenue de cystite un peu plus tard.
Dans les bas niveaux de santé, on peut voir une sorte de
succession de suppressions, médicament après médicament
et cela est malheureusement le signe d’une incurabilité du
malade.
Conduite à tenir
Ces cas sont bien difficiles à gérer. Tout d’abord vous savez
qu’il ne faudra plus renouveler le médicament prescrit qui
ne peut pas être homéopathique. Ensuite, si la chose est
possible il faudra attendre pour voir comment le patient se
stabilise avec au besoin une bonne période sous placebo. Il
faut alors vous repencher sur la symptomatologie initiale sans
trop vous préoccuper des nouveaux symptômes. Certaines
fois ces nouveaux symptômes cadrent avec le médicament
nouveau que vous avez reconsidéré avec le tableau initial,
certaines fois non et vous pourrez les négliger.
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ÉVENTUALITÉ 8
L’affection de départ est un peu améliorée, mais de nouveaux symptômes
très marqués complètent le tableau médicamenteux.
Niveaux : B et C.
Diagnostic : la dose fait « lever le lièvre » dans un
tableau qui n’est pas clair.
Cette observation ressemble à première vue à la précédente
mais ici nous avons affaire à l’apparition claire, marquée, de
nouveaux symptômes qui vont permettre de préciser l’image
médicamenteuse.
Le tableau se précise
Cette fois, au lieu de voir le cas nous glisser entre les doigts,
suite à l’action perturbatrice du médicament prescrit, nous
voyons un médicament qui n’est pas exactement le simillimum, faire réagir l’organisme. Littéralement, le remède fait
sortir le lièvre : le véritable médicament homéopathique se
fait jour. Votre première prescription couvrait bien des signes
communs et peut-être quelques caractéristiques mais son
homéopathicité n’était pas suffisante. Dans ce cas, l’organisme réagit en vous servant encore plus de symptômes
pour vous aider !
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Hahnemann décrit clairement la situation dans les §180 et §181 :
§180. — Dans ces cas de symptomatologie insuffisante, le remède, sélectionné aussi bien que possible,
mais imparfaitement homéopathique, n’étant que partiellement analogue à l’ensemble de la maladie, provoquera au cours de son action des maux accessoires.
Ce remède imparfait ajoutera à l’état du malade plusieurs
symptômes accidentels appartenant à sa propre symptomatologie. Mais ceux-ci relèvent également de la mala-
die elle-même, bien que le patient ne les ait éprouvés
que rarement ou même jusqu’alors pas encore ressentis.
Même si le nouveau groupe de symptômes est apparu à la
suite de la sollicitation du médicament imparfait, il est produit
par un organisme qui avait la capacité de le faire, le malade
en avait la prédisposition. Vous complétez ainsi l’image de
la maladie, ou sur ce seul élément le miasme vous apparaît
enfin clairement.
§ 181. — II serait faux de penser que les maux accessoires
et les symptômes nouveaux ainsi produits doivent être mis
sur le seul compte du remède qui vient d’être administré. Ils
tirent leur origine de là indiscutablement (a), mais ils n’en
sont pas moins des symptômes que cette maladie était apte,
par elle-même, à faire apparaître particulièrement dans
cet organisme, et le remède employé — en sa qualité de
provocateur de symptômes semblables — les a seulement
mis à jour, les a en quelque sorte dévoilés.
Vithoulkas nous donne un joli exemple que je vous retranscris
tel quel. Prenons l’exemple d’un patient qui souffre de céphalées modérées et de gastrite, Il a des douleurs brûlantes et
désire boire de l’eau froide qu’il vomit ensuite, tout aliment
quel qu’il soit est également vomi immédiatement après son
absorption. Ces symptômes sont similaires à ceux de Phosphorus, mais lors de la consultation, nous ne trouvons ailleurs
aucune confirmation de ce remède dans d’autres régions de
l’organisme, nous ne notons pas non plus de symptômes
nous orientant vers un autre remède. Nous supposons qu’il
s’agit d’un cas défectif et nous prescrivons Phosphorus
en nous fondant uniquement sur une ou deux keynotes.
Après la prise du médicament, le trouble gastrique s’amé-
Relations et familles de médicaments
liore, mais surgit une aggravation des céphalées dont les
modalités se sont modifiées. Le patient se plaint maintenant
d’une constipation, qui n’existait pas auparavant et il est plus
sensible au froid. Il souligne aussi une anxiété au sujet de sa
santé avec agitation et une anxiété qui monte de l’estomac.
Il a moins soif maintenant mais il désire boire de petites
gorgées d’eau. Il est maintenant évident que le patient présente une symptomatologie qui évoque Arsenicum album.
Point d’entrée
Un praticien qui n’a pas une bonne connaissance de la théorie
et de la Matière Médicale peut penser qu’après Phosphorus
il y a eu une suppression car le patient présente des symptômes émotionnels qu’il n’avait pas auparavant. Cependant,
après avoir prescrit Arsenicum album nous observerons une
amélioration générale et locale, ce qui nous montre bien
que le remède a une action plus profonde que Phosphorus.
Phosphorus a fait apparaître des symptômes qui indiquent
clairement Arsenicum album qui donne maintenant de très
bons résultats. Si on avait pu reconnaître Arsenicum album
dès le début, nous n’aurions peut-être pas eu besoin de
Phosphorus.
Vous mesurez maintenant toute l’importance qu’il
y a à comprendre les relations médicamenteuses
et les familles de médicaments. Quand on donne
Phosphorus, on doit s’attendre à ce que le cas évolue vers
Arsenicum, Thuya ou Staphysagria.
Nous verrons plus loin les §172- §175 où Hahnemann traite
des maladies défectives pour comprendre la stratégie de
prescription dans ces cas de bas niveau de santé où seules
quelques facettes du médicament sont visibles. Il faut prescrire
dans ce cas uniquement d’après les seules caractéristiques
de la partie visible, qui se manifeste à nous au moment où
l’on voit le malade. La difficulté ici est de trouver le « point
d’entrée », le meilleur médicament pour ouvrir le cas et faire
remonter le niveau d’énergie du patient. Ainsi l’organisme
peut présenter une image de plus en plus claire.
Etape par étape
A chaque étape, on choisira un médicament d’après les signes
résiduels auxquels on ajoutera les nouveaux symptômes
apparus. A postériori dans ce genre de cas, tout le monde
sera capable de « voir » le grand polychreste qui finit par
se faire jour et on se demandera comment un prescripteur
renommé n’a pas été capable de le voir du premier coup.
Tout l’art a consisté à trouver la bonne série de médicaments
pour arriver jusque-là.
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ÉVENTUALITÉ 9
Courte aggravation suivie par une amélioration locale et générale et rechute partielle
au bout d’un mois malgré la répétition du médicament.
C’est le cas où une seule prise du médicament semble agir magnifiquement après que
le patient ait produit quelques signes réactionnels montrant l’activité du médicament,
mais l’amélioration fulgurante décrite semble ne pas durer en proportion du splendide résultat initial.
Niveaux : A à C.
Diagnostic : l’organisme absorbe avec avidité la première
dose et la sensibilité à celle-ci se tant rapidement.
C’est une variante de l’observation 1. Ici nous sommes
ennuyés car l’état un peu extatique à la suite de la dose
semble ne pas perdurer. Nous ne sommes pas en présence
d’une véritable rechute, cas traité dans l’observation 10,
mais bien dans la situation où les principaux symptômes qui
nous ont servi de guides pour la prescription se sont quasi
complètement amendés mais le cas ne veut plus progresser
La nouvelle posologie nous affranchit de l’attente qui serait
obligatoire en dose sèche : l’organisme a littéralement pompé
la première dose et il reste peu de sensibilité pour la même
préparation. En d’autres termes, vous essaierez de monter la
puissance de la dose en secousses et quantité, sans grand
résultat en général. C’est typiquement le cas où la dose a « trop
bien marché » et vous n’hésiterez pas à monter la préparation
d’un cran, c’est à dire de passer par exemple de 0/1 à 0/2.
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ÉVENTUALITÉ 10
Véritable rechute après une réaction favorable
qui a duré longtemps.
Niveaux : A à B (C).
Antidotage
Diagnostic : antidotage de la dose ou prescription en
centésimales.
Dans un haut niveau de santé, une si belle réaction initiale
qui se retrouve stoppée net ne peut l’être qu’à la suite d’un
antidotage. Une fois la source d’antidote identifiée, il suffit
de renouveler la dose avec le réglage qui était correct (par
exemple 2 succussions et une goutte diluée dans un verre
d’eau). Notez qu’un antidotage éventuel sera d’autant plus
facile à déclencher que le niveau de santé est bas, par
conséquent ce sera surtout chez ces patients là que vous
devrez être draconien avec les règles d’hygiène de vie.
Disons-le tout net : cette éventualité se discute en dose
sèche mais pour ainsi dire jamais avec la nouvelle posologie et encore moins avec des doses LM dont l’effet s’accumule avec les prises. Il y a deux éventualités :
Avec des centésimales : cela se passe dans les niveaux
de santé élevés, il n’y a pas assez d’énergie pour pousser
la pathologie. Vous serez ainsi poussé à répéter dans des
dynamisations croissantes parce qu’elles agissent rapidement, atteignent un pic d’activité, puis tout se dégrade et on
a tendance à revenir à la case départ. Ici, il sera académique
de distinguer d’avec l’éventualité 9 certains cas où la première
dose agit exceptionnellement longtemps et lorsque le patient
rechute, vous pourrez observer une absence de réponse à
la même dynamisation. Mais cette éventualité se voit surtout avec les doses sèches. C’est une courbe d’évolution
typique de la centésimale, et c’est probablement à cause
de ce phénomène que Hahnemann a cherché à changer le
mode de préparation et a abouti aux LM.
11
ÉVENTUALITÉ 11
ÉVENTUALITÉ 12
Amélioration transitoire sans aggravation initiale et rechute complète très
peu de temps après.
Amélioration partielle sans aggravation notable, mais après quelques
prises le patient est pire qu’avant le traitement (avec ou sans modification
des symptômes).
Niveaux : A à D.
Niveaux : B ou C bas ou patient du groupe D.
Diagnostic : Dynamisation insuffisante. Médicament
partiellement homéopathique.
Contrairement à la seconde observation, qui représente
en somme le cas idéal, nous sommes placés Ici devant
une dose qui dure très peu de temps dans ses effets.
Chez un patient appartenant aux trois premiers groupes de
santé, notre premier réflexe avec la nouvelle posologie sera
d’augmenter la dynamisation. Dans le groupe D, pour toutes
les raisons déjà évoquées, ce patient n’est pas capable d’avoir
une aggravation, et nous aurons ce type de réactions après
chaque médicament, et ce n’est que peu à peu, après une série
de médicaments corrects que l’image morbide va se préciser.
L’autre possibilité très courante est quand nous avons prescrit
par exemple Nux-vomica avant de pouvoir « attaquer » sur
Sulfur. Typiquement alors Nux n’est que partiellement homéopathique et la première dose donnera un soulagement relatif,
qui va durer peu de temps avant que la seconde ou la troisième
prise ne fasse plus rien du tout. Pendant ce temps le tableau
symptomatique de Sulfur est devenu de plus en plus clair, Il ne
reste plus qu’à récolter ce que nous avons semé en passant à
Sulfur.
Placebo
12
Enfin, le troisième cas de figure sera représenté par un
simple effet placebo. La plupart du temps celle-ci touche un
symptôme isolé ou un petit groupe de symptômes, parfois
l’état général, mais on réalise qu’il n’y a aucune action réelle
sur la pathologie dans sa profondeur.
Nous disposons de très bons moyens cliniques pour savoir
si nous avons affaire au phénomène. Même si finalement
Vithoulkas a raison en disant que l’effet homéopathique
n’est pas très différent de l’effet placebo. L’effet du remède
homéopathique stimule les processus naturels de guérison
de la force vitale, l’effet placebo va être induit psychiquement
et est capable de calmer un petit groupe de symptômes, de
façon peu durable, alors qu’avec le remède correctement
prescrit vous avez une amélioration générale avec une
direction d’évolution. En effet, l’action d’une dose correcte
comprend toujours les phases suivantes.
Diagnostic : Simile dans les niveaux B ou C (voir Eventualité 7) Très mauvais pronostic dans les groupes
inférieurs.
Signes d’activité du médicament :
Soit il s’agit d’un cas de pathologie avancée dans un très
bas niveau de santé, c’est de très mauvais pronostic, et le
cas n’est probablement pas curable, soit dans un groupe B
nous avons donné un médicament qui était un simile et qui
va avoir une action suppressive pendant quelques temps.
C’est le genre de sottise que vous ferez typiquement, si
vous traitez un patient juste d’après l’aspect d’une éruption. Aggravation initiale. Quand elle se produit, c’est l’un des
signes absolus d’une prescription correcte et active.
L’analyse ici est entièrement dépendante du niveau de
santé du patient.
Apparition de nouveaux symptômes périphériques. C’est
bien entendu le signe que nous guettons dans chaque cas
et qui signifie que le système de défense est en train de
pousser vers la sortie la pathologie chronique.
1) Cas incurable
Retour d’anciens symptômes. Ici la force vitale est en train de
reconquérir terrain perdu et e rétablir les anciennes « lignes
de front ». Si ces notions ne sont pas claires, il faut revoir
le §138 page 399.
Le tout accompagné d’une amélioration générale et de la disparition des keynotes sur lesquelles le remède a été prescrit.
Cas incurable : nous nous situons alors forcément dans un
très bas niveau de santé, il ne peut donc pas y avoir d’aggravation initiale, la réaction n’a rien d’un développement de
symptômes similaires ou non, c’est bien tout l’organisme qui
se dégrade face à un processus pathologique sans retenue.
C’est typiquement ce qui se produit dans une affection cancéreuse où vous passez votre temps à « courir derrière les
symptômes ». Leur symptomatologie ne cesse de changer. Je
n’ai pas assez de recul ici pour me prononcer mais j’explore la
piste de la prescription de Tuberculinum à cause de l’aspect
continuellement changeant de l’image symptomatique et de la
dégradation rapide. Plusieurs cas ont magnifiquement réagi.
La pathologie n’est, à ce niveau de santé, que l’expression
du miasme. Il faut donc avoir bien compris les miasmes pour
s’en sortir, en donnant l’anti-miasmatique correspondant au
cas, dans le cas d’une pathologie cancéreuse ce sera bien
entendu un anti-sycotique. Hahnemann a bien fait mention
du traitement anti-miasmatique intercurrent, mais à son
époque il avait moins de pathologies cancéreuses.
2) Suppression « Super suppression » : l’organisme est encore apte à réagir devant le stimulus du médicament mais on dirait que la
dose enfonce littéralement les défenses de l’organisme. Un
groupe de symptômes est annihilé par la prise mais ensuite
une forte réaction se produit pour afficher un tableau nouveau sur lequel il faudra chercher un nouveau médicament.
Inutile de préciser qu’il faudra essayer d’antidoter l’effet de
la dose avec du camphre ou une basse dilution, et pour le
nouveau médicament, une basse centésimale s’impose ici.
13
ÉVENTUALITÉ 13
Pas le moindre changement
14
Niveaux : A à D.
Doute...
Restez sur place !
Diagnostic : Dose accumulée encore insuffisante. Médicament altéré. Dynamisation incorrecte. Antidotage.
Homéopathicité nulle.
Dans la discussion de cette éventualité, nous partons du
principe que nous ne sommes pas devant un patient timide,
réservé, ou très secret, ni contrôlant ses émotions (type
Kali carb). Cette situation sera traitée avec l’éventualité 15.
Dans le cas où rien ne change, vous pourrez commencer à
avoir des doutes sur la qualité de la préparation. Combien
de fois ai-je répété que vous devez être absolument sûrs de
la provenance de vos doses. Tout praticien sérieux devrait
posséder une diluthèque afin d’avoir à sa disposition la dose
dont on a cruellement besoin devant telle ou telle urgence.
Dans mon travail, cette éventualité est exclue du fait des
doses Schmidt, Fincke, Chowdhury.
Vous constatez ici mon aversion à quitter un médicament.
La pire erreur est d’avoir trouvé le bon médicament et de
l’abandonner ! Ne le faites jamais avant d’y être vraiment
obligé, quand vous avez épuisé toutes les autres possibilités.
Quand donc les différentes hypothèses ci-dessus ont été
explorées, il reste une conclusion logique (hormis celle d’un
patient qui n’en est pas un et qui cherche délibérément à se
moquer de vous) : le médicament est erroné.
Bas niveaux
Dynamisation
Erreur dans le choix
Commençons par les niveaux les plus altérés. Faites ici bien
attention à réétudier le cas avec la plus grande attention, à
la recherche par exemple d’une légère amélioration de l’état
émotionnel qui signe le fait que le médicament a bien commencé d’agir, surtout si celle-ci s’accompagne d’une irritabilité
accrue. Ces patients ont tendance à être focalisés, et c’est
normal, sur la pathologie et risquent de ne pas s’apercevoir
d’une légère amélioration sur le plan émotionnel : apparition
d’une irritabilité mais moins d’anxiété, le regard du conjoint
peut être très utile ici.
Reste alors la possibilité que la dynamisation était trop faible
(je pars du principe que vous êtes prudents et avez administré plutôt une dynamisation raisonnable qu’une bombe
au-delà de la 10 MK) Cela vaut toujours la peine de monter
d’un cran et de voir si quelque chose se produit. À l’inverse
il peut arriver dans les pathologies avancées, avec des
changements structurels, qu’il vaille la peine de diminuer la
dynamisation et passer aux TM ou basses dilutions. Ceci
est valable avec les centésimales mais le problème ne se
pose pas avec les LM bien-sûr.
Gardez la tête froide
Antidotage
Votre premier réflexe ici doit être de ne pas perdre
les pédales et courir changer de médicament.
Commencez par augmenter la dose car la plupart du temps
vous êtes juste en dessous du seuil qui va déclencher une
réaction. N’oubliez pas qu’avec la dose liquide nous fleuretons continuellement avec cette limite. Bien souvent, à la
troisième prise, que vous avez rendu un peu plus corsée,
vous allez soudainement déclencher une aggravation. Et
là, bien sûr : stop.
Pendant ce temps bien sûr vous devez absolument vous
assurez que la dose n’a pas été antidotée d’une manière
ou d’une autre. Une enquête serrée, notamment concernant
l’environnement du travail peut suffire à découvrir le facteur
responsable (corticoïdes, café, odeurs fortes, etc.).
Mais alors là il faut admettre qu’il y a quelque chose d’énorme
qui vous a échappé. Pour qu’il n’y ait aucune réaction il faut
vraiment que la similitude soit loin de celle escomptée. En
somme : vous vous êtes mis le doigt dans l’œil, vous avez carrément raté la cible au lieu d’être plus ou moins près du centre.
Il va falloir de bonnes raisons pour expliquer cette situation, car
il faut qu’une caractéristique importante ne vous soit pas apparue et que le cas qui vous semblait simple ne l’était pas du tout.
Typiquement ici, vous prescrivez un polychreste d’après
un tableau qui va bien avec, mais vous avez forcément
négligé un symptôme qui ne cadrait pas du tout et pouvait
représenter la partie émergée d’un tout autre médicament,
moins fréquent, avec lequel vous avez fait la confusion.
Dernier cas de figure : les cas vraiment difficiles, souvent
de nature familiale, où tous les membres vont vous poser
des problèmes. Heureusement c’est fort rare, mais vous
verrez que vous n’arriverez que très difficilement à trouver
un médicament correct chez le père, la mère ou les enfants.
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ÉVENTUALITÉ 14
ÉVENTUALITÉ 15
Patient, réservé ou timide qui déclare que la dose n’a rien fait, mais quelque
chose s’est produit sur le plan émotionnel. Ici il s’agit d’une amélioration sur
le plan émotionnel à l’insu du malade.
Amélioration d’un symptôme physique mineur chez un patient réservé ou qui
contrôle ses émotions sans autre changement par ailleurs.
Kent
Niveaux : B profond, C et D.
Diagnostic : Début de réaction chez les patients de
groupe élevé (B voire début de C), dose trop faible.
Médicament incorrect dans les bas niveaux.
Nous touchons ici une réaction émotionnelle anormale
comme on peut les rencontrer très fréquemment chez
des sujets Ignatia, Natrum muriaticum ou Thuya. (sycose)
Rigidité des pensées qui ne leur permet pas de voir l’amélioration.
Les patients avec ce type de symptômes mentaux ou émotionnels font déjà partie des niveaux inférieurs de santé.
L’organisme a perdu de l’énergie et la perturbation s’est déjà
enfoncée dans des régions plus profondes.
Ceci est typique d’un cas sycotique, où existe une pression inconsciente écrasante pour maintenir à tout prix
une image telle qu’il est parfois presque impossible au
patient de voir ou d’admettre qu’un mieux est apparu sur le
plan émotionnel.
Je me souviens une fois d’avoir été choqué de la manière
presque brutale dont George Vithoulkas s’y prenait pour
mener l’entretien chez un patient qui avait besoin de Thuya, le
moins qu’on puisse dire c’était qu’il ne prenait pas de gants. Et avec le recul je comprends maintenant son attitude, il avait parfaitement raison de ne pas se faire « embarquer» par le patient ».
Le pire existe bien sûr, dans les cas où cette attitude fait partie de
la maladie, rendant le patient méfiant, secret, voire manipulateur.
Ces cas seront beaucoup plus difficiles à traiter. On peut avoir des patients qui inconsciemment aiment être malades afin d’attirer l’attention.
Kent évoque un cas similaire dans sa matière médicale à
propos de Plumbum metallicum où une femme atteinte d’une
sorte d’état d’hystérie prétendait être malade lorsqu’elle se
trouvait en compagnie.
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Plumbum crée une tendance à tromper, à frauder.
L’acétate de plomb produisit chez une femme, qui en
prit un peu pour se suicider, une hystérie confirmée.
Elle avait l’aspect d’une hystérique pendant
des heures lorsque qui que ce soit la regardait.
Quand elle pensait que personne n’était auprès d‘elle, elle
se levait, marchait de-ci de-là, se regardait dans la glace
pour voir comme elle était belle, mais quand elle entendait
un pas dans l’escalier elle se recouchait sur son lit et revêtait
le masque de l’inconscience. Elle supportait des piqûres en
grand nombre et c’est à peine si on distinguait sa respiration.
Plumbum établit dans l’organisme un état hystérique, une
tendance à tromper, à feindre la maladie, à exagérer ses
maux. Pris comme remède, il va à la racine mal pourvu
que ses symptômes concordent avec ceux du malade.
(On prescrit chez les enfants qui sont en très mauvais niveau
de santé, souvent chez les trisomiques qui ont souvent une
constipation «comme des crottes de moutons» très foncées
presque noires).
Vous devez donc être bien prudents et analyser finement
les réactions de votre patient, ses moindres hésitations dans
ses tournures ou ses réponses. Toute la difficulté tient ici au
« make-up » émotionnel qui rend le dialogue, le contact difficile. Le tempérament du patient ne doit jamais constituer une
indication pour prescrire. C’est hélas une erreur aussi grave
que fréquente et qui a fait perdre bien du temps aux praticiens et aux patients qui attendent en vain qu’on les secoure.
Seuls les symptômes que l’on a « reconnus comme indubitablement morbides » permettent de déterminer l’indication
du remède. Il faut se pencher en détail sur ces cas (pas de
suivi internet ou courrier), un petite tressaillement, une petite
inflexion de voix peut vous alerter. Attention cependant à ne
pas finir par couper les cheveux en quatre. La présente discussion n’a aucun sens dans les niveaux de santé dégradés
C à D où nous exigeons une réaction rapide avec à la clé des
modifications physiques palpables. Une légère modification
sur le plan émotionnel peut être attribuable à un effet placébo,
et il faut savoir rester critique de vos résultats.
Niveaux : B profond, C et D.
Diagnostic : Début de réaction chez les patients de
groupe élevé, dose trop faible ou médicament partiel.
Médicament peut-être correct dans les bas niveaux.
Ici nous sommes en présence d’une situation très semblable
au cas précédent, mais nous sommes devant une amélioration
indiscutable d’un petit symptôme de peu d’importance chez
un patient qui en somme nous concède cette amélioration
après nous avoir expliqué initialement « votre dose ne m’a
rien fait ! ».
Dans les bas groupe C ou D on est bien content d’avoir ce
changement même mineur.
Attention notez l’absence de réaction initiale (agg).
Dans la phase liquide l’aggravation est soft.
Comme nous l’avons décrit précédemment, ces réactions ne peuvent pas se produire dans des hauts niveaux
de santé, mais bien celles d’un système de défense
qui réagit lentement à la sollicitation du médicament.
Signe que le médicament est partiellement indiqué
Dans tous les groupes de santé, notre premier réflexe
consiste à amplifier l’action du médicament en augmentant
la dose : on passe de 2 à 4 secousses et on augmente
la prise à une ou plusieurs cuillers du verre de dilution.
Vous mesurez ici encore l’avantage de pouvoir répéter pour accélérer la cure aussi bien que
notre compréhension de la réaction du patient. Même chez un patient du groupe D il faudra absolument
insister avant de se décider à changer de prescription.
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ÉVENTUALITÉ 16
ÉVENTUALITÉ 17
Amélioration de quelque symptôme physique mineur chez un patient
enthousiaste qui « croit » à l’homéopathie, mais sans autre changement.
En fait c’est un effet placebo : objectivement rien de va vraiment mieux.
Longue aggravation qui finit par aller en s’améliorant.
C’est rare en dose liquide.
Niveaux : tous
Diagnostic : Effet placebo
Par rapport à l’éventualité précédente, nous sommes devant
un patient qui cherche absolument à nous faire plaisir
et trouve que tel ou tel petit symptôme est allé vraiment
mieux alors que nous constatons que rien n’a changé
sur le plan général, et qu’il n’existe pas de signe d’évolution des symptômes dans la direction de la guérison. C’est typiquement un effet placebo, qui se voir plus fréquemment qu’ l’éventualité 11 décrite précédemment.
C’est en vérifiant la loi de Hering sur la direction des
symptômes qu’on pourra valider le diagnostic de
placebo. Et ce sont les Keynotes qui doivent régresser.
Comme le souligne Vithoulkas : « Même si le patient est
enthousiaste et fait un compte-rendu positif, il n’y a pas de véritable changement, que ce soit une aggravation ou une amélioration véritable, et il faut reprendre le cas en conséquence.»
Certaines fois, mais nous sortons presque de l’éventualité
décrite, on assiste au changement d’un symptôme plus
général et non plus simplement d’un signe local. Alors
cela signifie que le médicament n’a été que partiellement
homéopathique.
On se retrouve devant un tableau modifié et il faudra reprendre
l’observation en fonction.
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Niveaux : bas groupe B, C, D.
Diagnostic : Surdosage (quantité et/ou dynamisation).
Hypersensibilité à la dose LM. En aigu, diagnostic
favorable.
Voici typiquement le genre de cas de figure que nous
ne voulons plus voir du tout et qui pouvait d’ailleurs
rendre incurables les patients traités en dose sèche.
Ces patients présentent un niveau de santé déjà
dégradé et ils sont incapables de répondre à la stimulation en excès du médicament, ce qui génère cette
aggravation prolongée et décourageante, même si au
bout du compte, une petite amélioration se fait jour.
Si hyper sensibilité au LM alors il faut repasser en 6 CH.
L’horreur
Dans un cas chronique, il fallait déployer des trésors de persuasion pour garder le malade et l’empêcher de prendre des
médicaments allopathiques qui pouvaient alors complétement
ruiner ce tout petit début de progression vers la guérison.
On se trouvait alors devant un dilemme ingérable : attendre ?
Mais alors combien de temps attendre ? Donner quelque
chose ? Un médicament standard ? Antidoter au risque de
compromettre définitivement toute réaction homéopathique ?
Si vous prescrivez une centésimale, administrez la plus
haute dynamisation envisageable à la plus faible quantité
possible.
Une 30 CH ou une 200 K devant tout cas « suspect », rarement plus que 1 M si vous avez ce doute. L’olfaction règne
ici en maîtresse absolue. Si vous donnez une LM, mêmes
consignes. Mais vous pouvez avoir dans les bas niveaux de
santé une sorte d’hyper réaction à ce type de doses et vous
aurez beau revoir à la baisse la posologie, ajouter des verres
de dilution, rien n’y fera, le patient réagit toujours trop fort.
Il faudra purger cette hypersensibilité avec une lente escalade
de l’échelle centésimale avant de revenir aux LM.
Contrôle de l’aggravation
Si malgré tout survient ce type de réaction, avec une aggravation qui se prolonge, alors il faut parvenir à la maitriser.
Comme nous savons que cette aggravation similaire est
de bon aloi, nous ferons tout notre possible pour ne pas
« casser » l’action du médicament qui montre qu’il est
bien choisi. Les solutions sont les suivantes, dans l’ordre :
Une friction à la peau du médicament. Cela va souvent permettre
de stopper net cette réaction d’aggravation qui voulait perdurer.
Prescrire le même médicament en basse centésimale
souvent, qui est le frein d’urgence.
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ÉVENTUALITÉ 18
ÉVENTUALITÉ 19
L’état du patient est en chute libre.
Aggravation plus ou moins longue, puis retour à la case départ après une
amélioration qui a très peu duré. L’erreur fatale par excellence.
En dose sèche la dose manque de pêche pour faire vraiment progresser le cas.
Quoi qu’il en soit, je partage tout à fait l’observation
de Vithoulkas qui écrit : Voir Niveaux de Santé, p 122.
Si on ne peut attendre et qu’un remède plus adapté n’est
pas indiqué, le mieux sera de calmer l’affection en cours de
façon transitoire par un traitement allopathique tant que la
situation ne s’est pas stabilisée. Après cette évolution, si le
patient souhaite toujours un traitement homéopathique, vous
pouvez reprendre le cas et assez bizarrement, le remède
apparaît souvent beaucoup plus clairement ensuite.
Niveaux : C moyen à début D.
Diagnostic : Incurabilité. Médicament partiel dans un
bas niveau de santé.
Si l’expression «ouvrir la boîte de Pandore » n’a pas encore
de sens pour vous, c’est le moment ou jamais de bien comprendre ce qu’elle signifie. Vous avez pris les précautions
habituelles devant ce cas en bas niveau de santé et pourtant
vous assistez à une véritable dégringolade du patient, c’est
une chute libre.
C’est l’observation de Kent « aggravation prolongée et déclin
final du patient ».
Bien sûr, nous pouvons toujours envisager, comme dans
l’observation précédente, que la tourmente observée provient
d’une dynamisation trop haute, ou d’une dose excessive,
mais ici l’état du patient se dégrade de jour en jour. Vous
pourrez essayer de limiter les dégâts avec les mesures
habituelles, mais cela reste très aléatoire, le recours à la
médecine classique sera le seul recours. C’est ici que brille
l’allopathie dans toute sa dimension palliative. Finalement
tout le dégout que nous inspire l’allopathie provient du fait
qu’on traite systématiquement les patients avec des mesures
qui devraient être cantonnées à la seule palliation. Apres le
traitement allopathique de palliation on pourra voir apparaitre
un nouveau médicament et prescrire un nouveau médicament
Ce genre de réaction se voit aussi si vous avez commis l’imprudence de cesser brutalement un traitement allopathique
de longue durée qui maintenait» le patient. Cela n’a alors
pas la même signification.
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Parfois, le recours à des traitements allopathiques est inévitable et dès qu’on les arrête, l’affection de départ reprend de
plus belle, comme on le voit dans des cas d’asthme sévère,
où vous avez continuellement recours aux bronchodilatateurs.
Plusieurs essais seront parfois nécessaires avant d’atteindre
un état de santé qui soit acceptable et où vous n’aurez plus
besoin des médicaments chimiques lors d’une aggravation.
A la suite de ces efforts répétés, il semble que le système
immunitaire puisse lentement se reconstruire et parvienne
finalement à ne plus avoir besoin de cortisone.
Incertitude
Cependant, nous ne sommes jamais certains de savoir si le
cas est réellement incurable ou si notre prescription, forcément limitée dans son homéopathicité dans un bas groupe
de santé, n’a pas produit une flambée à cause de son effet
partiel. Vous comprenez immédiatement tout l’avantage
que procure ici la dose liquide dans la gestion de ce genre
d’évènements. Il faudra toujours s’assurer de la direction des
symptômes, c’est à dire vérifier si une petite amélioration
émotionnelle s’est fait jour par exemple. On pourra alors
essayer de « corriger le tir » avec une nouvelle prescription
mieux ajustée, car finalement cette libération de symptômes
peut finalement aussi permettre de clarifier le tableau.
Miasmes
Niveaux : C haut à moyen.
Diagnostic : Dynamisation trop basse. Antidotage.
Cette réaction était la plus difficile de toutes à interpréter quand
on prescrivait en dose sèche. Le patient traversait une période
parfois longue où on pouvait voir la lutte du médicament contre
l’état pathologique, sans vraiment savoir qui allait gagner.
Comme ce jeu où chaque équipe tire sur la corde, il y avait
un quasi équilibre des forces. Alors une petite amélioration
survenait, puis retour à la « case départ ». C’était la situation
où la dose « manquait de pêche », elle « brassait, remuait »
le cas mais manquait d’énergie pour franchir la « couche de
nuages » si je peux employer autant de métaphores. Une nouvelle prise amenait alors souvent des résultats spectaculaire.
On peut ¡ci être en présence d’une variante de l’éventualité 10, avec la survenue d’un antidotage alors que
la dose commençait à faire sentir ses effets favorables.
Ce genre de cas ne doit pas vous décourager.
Typiquement vous serez tenté de quitter le médicament pour
en essayer un autre, ce qui est une erreur fatale. Montez
simplement la dynamisation et la plupart des fois vous
assisterez l’amélioration du patient dès la première prise
de nouvelle préparation.
Sans une profonde compréhension des phénomènes miasmatiques, ce genre de cas restera impossible à traiter. Si les
symptômes qui sont en train de flamber n’appartiennent qu’à
la pathologie, cela signifie que le miasme est véritablement
déchaîné et vous devrez absolument trouver le médicament
anti-miasmatique approprié pour freiner et peut être stopper
l’évolution.
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ÉVENTUALITÉ 20
ÉVENTUALITÉ 21
Amélioration générale modérée qui passe inaperçue du fait de l’aggravation
de la symptomatologie locale. Seconde source d’erreurs fatales.
Amélioration générale marquée, accompagnée de l’aggravation de la
symptomatologie locale. (Miroir de l’éventualité 6).
Niveau C
Niveau B. C’est forcément un groupe de très bonne
santé avec un FV forte.
Diagnostic : Surdosage.
La fréquence de cette réaction, grande source d’erreurs fatales,
me permet de dégager une nouvelle règle absolue : toujours revoir
vos cas avant de prendre la moindre décision thérapeutique. A la lecture d’un email, votre patient décrira son état
« catastrophique », en omettant de noter son amélioration émotionnelle. La même chose se passe devant vous
lors de l’entretien : « Docteur, la dose ne m’a rien fait,
ma douleur d’épaule est pire qu’avant ». Vous risquez
alors de perdre le fil vous mettant à prescrire autre chose.
Typiquement les patients sont arrivés dans le groupe C à la
suite de nombreuses suppressions allopathiques, si je puis
me permettre ce pléonasme. Il reste suffisamment d’énergie
pour effectuer un violent retour en arrière sur ces anciennes
positions, la force vitale reconquiert le terrain perdu au prix
d’une vive ag9ravation. Ce genre de situation, fréquente
avec la dose sèche, devient bien plus rare avec la dose
liquide. C’est tout l’enjeu du contrôle de la quantité. Dans
mon expérience, il est important ici de souligner l’intérêt de
la prescription du placebo, votre meilleur allié pour acheter
un peu de temps. Certes les méthodes habituelles (friction
à la peau, etc.) donneront des résultats mais devant un
organisme capable de montrer autant d’énergie, il serait
dommage d’interférer => placebo. Il faut attendre.
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Diagnostic : Surdosage et fort risque de suppression
allopathique.
Cette éventualité est un cauchemar en dose sèche, où l’on
est condamné à l’attentisme, comme nous l’avons déjà vu par
ailleurs et avec toutes les chances que le patient procède à
un antidotage en règle à coup d’anti-inflammatoires. Ce genre
de réaction sera volontiers confondu avec l’éventualité précédente avec la prescription liquide : de toute façon nous pouvons limiter la réaction. Il existe cependant une différence avec
la précédente réaction, ici nous avons un organisme qui est
encore vaillant et qui suscite une réaction claire, qui fait que le
malade se rend bien compte (et donc vous aussi) que le médicament travaille dans la bonne direction. Je cite de nouveau
Vithoulkas qui décrit très bien ce que nous observerons ici :
«Nous constatons ici que l’organisme parvient uniquement à
réagir en procédant par étapes, il améliore d’abord les régions
les plus profondes, et déplace la perturbation vers l’affection
locale qui s’aggrave transitoirement. Il n’a pas la force de
gérer les deux actions en même temps, c’est- à-dire transférer la perturbation vers la périphérie tout en diminuant son
intensité. Plus le système immunitaire sera affaibli et plus la
pathologie profonde, plus il faudra de temps avant d’atténuer
l’intensité de la maladie quant aux symptômes périphériques.
L’évolution montre, cependant, que le remède est
correct et par conséquent il nous faut attendre
pour voir comment la situation va se stabiliser.»
Une parenthèse s’impose ici sur les effets de la répression
des symptômes avec un traitement allopathique, grande
tentation avec ce type de réaction.
Comme nous l’avons déjà vu, tout est fonction de l’intensité de l’agent suppresseur et du niveau de santé du
patient. Nous sommes ici dans un groupe B avec une
bonne énergie, il faudra donc une bonne dose d’allopathie pour interférer réellement, mais on n’est évidemment
jamais sûr, et il ne fait pas bon tirer le Diable par la queue.
Le plus grand risque ici est que la réaction curative qui prenait
place soit brutalement interrompue, l’organisme revenant à la
situation d’avant la prise du médicament. Parfois la rechute
n’est que partielle, mais dans tous les cas il faudra renouveler
le même médicament en revoyant la dose à la baisse. La
pire des réactions après la répression allopathique est de
voir l’organisme dégringoler de niveau de santé, par exemple
de B profond à C moyen. On aura alors très peu de symptômes, l’image symptomatique s’appauvrit, voire disparaît.
La première solution st de revenir au médicament employé
initialement. La seconde est de prescrire un anti-miasmatique
intercurrent avant de relancer le médicament.
Variante
Une variante de la présente éventualité se rencontre quand
nous observons aussi une forte aggravation sur le plan
émotionnel et mental qui accompagne les signes physiques
qui vont aussi s’amplifier énormément. Ceci ne s’observe
quasiment pas avec la dose liquide donnée correctement,
mais mérite d’être mentionné. Cela peut être le cas chez les
patients profondément déprimés (C moyen à profond), qui
vont marquer une aggravation de leur état psychique, puis
développer à mesure une forte symptomatologie physique
à mesure que le plan émotionnel va mieux. Cela ne se voit
plus en dose liquide c’est l’extrême du cas 21 (le cas 22
pour Vithoulkas).
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Planete Homeo School
Directeur de publication : Dr Édouard Broussalian
Retranscription écrite : Dominique Lazartigues
Mise en page : Julie Chavaribeyre
Conseils : Lionel Adam
Février 2014